Le conseil 5★ de dummycaro : « Une fois de plus piégée par la magie d'Aila »
tome 3 - L'Oracle de Tennesse

La saga d'Aila  fantasy


fantasy auteure

Note : 4.6 / 5 avec 241  critiques français

Le conseil 5★ de dummycaro :

« Une fois de plus piégée par la magie d'Aila »

Le troisième tome a été englouti à la même vitesse que les deux précédents. On se replonge à chaque lecture avec bonheur dans cet univers de force et de fragilité. Aila est passée d'enfant à femme, mais on ne veut surtout pas la quitter ! Vite, la suite ! (source)

Retour aux avis des lecteurs - tome 3 de fantasy Catherine Boullery

L'Oracle de Tennesse
de

Prix : 5,99  ebook toujours disponible
Date de parution : 13 décembre 2013
Environ 510 pages
✯  Éditeur : UPblisher
  → ISBN-13 : 978-2-7599-0142-5 en epub
✯  Éditeur : UPblisher
  → ISBN-13 : 978-2-7599-0141-8 en pdf
✯  Éditeur : UPblisher
  → ISBN-13 : 978-2-7599-0143-2 en format Kindle (Amazon)
✯  Diffuseur : Amazon
  → ISBN-13 : 2759903184 en livre papier pour ceux qui aiment (14,99 €)
✯  Diffuseur : Amazon
  → ASIN :  B01GERN0CM pour Kindle
✯  Diffuseur : Bookeen
  → EAN :  9782759901425 pour tout appareil
✯  Diffuseur : Kobo
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✯  Diffuseur : Decitre
  → id :  9782759901425 pour tout appareil

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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Aila, malgré son coucher tardif, se leva de bonne heure et partit se promener, seule. Ne connaissant guère les alentours, elle retourna avec Lumière à l’étang. Elle appréciait ce moment de solitude quand le bruit d’un trot lui fit tourner la tête et découvrir Barnais qui arrivait. Venant vers elle d’un pas léger, il ne semblait pas marcher, mais simplement flotter au-dessus du sol. Il souriait et ses yeux dorés palpitaient de mille feux sous la douce lumière de l’aube.
— Aila, je vous ai cherchée partout ! La soirée d’hier restera gravée comme la plus belle de ma vie et je l’ai passée en votre compagnie. Je n’avais jamais cru possible un tel partage avec une femme et je m’aperçois du contraire… Ce fut une révélation. Je ne savais pas que je pouvais ressentir des sentiments aussi exquis avant de vous croiser. Quittez sire Hubert ! Venez avec moi et je déposerai le monde à vos pieds, lança-t-il avec panache.
— Voici de bien belles paroles, Barnais, mais votre réputation vous a précédé et, je ne peux, ni ne veux, sur une toquade, renoncer à mon avenir.
— C’est vrai, je l’avoue, je suis un coureur. J’ai troussé plus de filles à moi tout seul que tous les hommes du château. Je les ai prises à mon goût, jeunes ou mûres, servantes ou comtesses, libres ou mariées. Mais, aujourd’hui, tout est fini, je vous ai découverte…
Barnais mit un genou en terre :
— Épousez-moi et je vous promets que je serai le mari le plus sage au monde, que je ferai de chacun de vos jours un havre de paix et de bonheur. J’ai enfin trouvé en vous la femme de mes rêves et, sans vous, je ne survivrai pas…
Sa demande, sa promesse même médusait complètement Aila. Il lui déballait vraiment le grand jeu, mais, simultanément, il manifestait une si sincère conviction qu’elle aurait été tentée de s’y laisser abuser… Il se rapprocha d’elle :
— Aila, ce premier baiser que nous avons partagé hier fut comme si c’était le premier de ma vie. J’en tremble encore… J’ai à peine dormi, ne cessant de penser à vous jusqu’au petit matin. Vous avez hanté mes rêves comme une ombre éclatante. Ne me dites pas, je vous en conjure, que vous n’avez rien ressenti de semblable…
— Non, Barnais, j’ai beaucoup apprécié ces moments, je vous l’assure. Mais si vous avez songé à moi pendant toute la nuit, le trouble a aussi envahi mes propres rêves. Je suis la promise de sire Hubert et, en aucun cas, je ne dois l’oublier. La soirée fut des plus délicieuses en votre compagnie et peut-être ai-je proféré des propos que je n’aurai pas dû tenir ou laisser entendre. Sachez-le, Barnais, je le regrette.
— Aila, reconsidérez ma proposition, s’il vous plaît ! Je vous implore à genoux ! Ne répondez pas non, maintenant. Vous êtes la seule, l’unique ! Ne faites pas de moi l’homme le plus misérable d’Avotour sans y avoir réfléchi. Je vous en prie, Aila, je vous en supplie. Pour vous, je renoncerai à tout, à ma vie, à mon château. Je me ferai fermier si vous me le demandez, ou cordonnier. Tout, Aila, je ferai tout pour vous garder…
— Combien de fois, Barnais, avez-vous promis à celles que vous avez croisées votre amour indéfectible ? Comment voulez-vous que je me figure que ce coup-ci sera le bon entre tous ? Soyez réaliste autant que je le suis, aucun amour n’est possible entre nous.
Au fur et à mesure qu’elle parlait, les yeux de Barnais s’emplissaient de larmes, tandis qu’une étrange émotion la saisit. Pour la première de sa vie, cet homme semblait vraiment sincère et elle n’en croyait ni ses yeux, ni ses oreilles.
— Mais, balbutia-t-il, désemparé, vous êtes la seule que j’ai demandée en mariage. Il ne tient qu’à vous que tous soient au courant, je suis prêt à formuler ma demande officielle dès notre retour au château. Aila, acceptez !
L’espace d’un instant, elle imagina ce que deviendrait son existence si elle acquiesçait : elle serait la femme d’un des seigneurs les plus séduisants d’Avotour, ses enfants, les héritiers du plus important comté de son pays et son mari, fidèle et aimant… Toutefois, elle le réalisa, partager un baiser, même agréable avec un homme ne suffisait pas pour passer sa vie avec lui… Elle ressentait de la tendresse pour lui, mais elle ne l’aimait pas. Elle chassa son rêve d’avenir comme on souffle la flamme d’une bougie et refusa poliment son offre. Barnais s’effondra sur le sol en sanglotant comme un enfant. Elle eut pitié de lui malgré tout ce qu’il avait pu accomplir avant.
— Peut-être que, si nous nous étions rencontrés dans d’autres temps, nous aurions pu nous trouver et partager notre bonheur ensemble. Aujourd’hui, c’est impossible. Je ne peux demeurer insensible à la souffrance de mon futur royaume et je dois, comme vous, remplir mon devoir. Vous venez de me montrer l’être admirable que vous dissimulez sous votre carapace de séducteur patenté. Ne le perdez plus jamais des yeux, ni du cœur. À partir de maintenant, il doit vous guider sur la bonne voie, la même que la mienne. Par ailleurs, n’auriez-vous pas, vous aussi, une promise que vous m’avez cachée ?
— Mais… comment le savez-vous ? Personne n’est dans la confidence, hormis père…, articula-t-il entre deux sanglots.
— Je sais même qui elle est. Alors, pour moi, rendez cette femme aussi heureuse que si elle était la personne que je chérissais le plus au monde. Redressez-vous, Barnais ! Nous avons un pays à sauver ! Intéressez-vous aux hommes qui vous entourent, les grands comme les petits. Jugez-les sur leurs actes et non sur leur titre ou leurs promesses mensongères. Enfin, devenez pour votre père le fils dont il a toujours rêvé. Soyez digne ! Protégez votre famille, votre entourage, votre royaume. Soyez sûr qu’un jour, nous nous retrouverons et nous deviendrons les amis que nous ne pouvons être aujourd’hui…
Descendant à sa hauteur, elle essuya les larmes qui mouillaient encore ses joues d’un geste doux.
— Je vais vous quitter maintenant. Devenez l’homme que je viens de vous décrire et, rien que pour cette métamorphose, notre histoire aura été l’une des plus belles de ma vie. Je vous promets de garder en mon cœur tous les plaisants souvenirs que nous avons partagés, des plus émouvants aux plus intimes, ainsi qu’une tendresse particulière à votre égard…
Elle déposa un baiser sur son front, puis s’éloigna, laissant Barnais sangloter tout seul.

Arrivée dans sa chambre, Aila se sentait épuisée. Quelle journée ! Elle regarda vers son lit, puis, avec un soupir résigné, frappa à la porte d’Hubert et entra.
— Où étiez-vous ? Encore avec Barnais ? osa le prince, sur le ton de la moquerie.
— Oui et je viens de refuser sa demande en mariage.
— Vous vous moquez de moi ?
— Même pas, je préférerais presque… Je crois que j’ai temporairement brisé sa vie, enfin jusqu’à ce qu’il arrive à la reconstruire. Ceci mis à part, j’ai beaucoup d’éléments à vous apprendre. Êtes-vous disponible pour m’écouter ?
Hubert la regarda avec attention. Elle était calme, peut-être trop calme… Elle paraissait éteinte.
— Je vous écoute.
— Comme vous vous en doutiez, nous avons affaire à un véritable complot, malheureusement plus étendu que nous ne l’avions prévu. J’ai entendu beaucoup de noms dont celui d’Ardenais et, surprise, de Rebecca. Cette femme a embobiné Barnais. Je pense qu’il a collaboré au début, puis il a commencé à réfléchir. Comme il devient de plus en plus réticent, voire dangereux pour eux, ils songent à l’éliminer. Rebecca doit l’attirer dans un piège, mais elle a refermé la fenêtre avant que j’apprenne lequel. De la même façon, nous représentons une gêne et leur intérêt justifie de créer un incident diplomatique entre Avotour et Escarfe afin de pousser sire Airin dans leur filet. Voici déjà deux points sur lesquels nous pouvons influer. J’ai également imaginé une idée pour ralentir temporairement nos adversaires. Ici, en ce moment, se trouve une des têtes du complot. J’hésite entre deux individus et seul le fait d’entendre leur voix me permettra de déterminer laquelle.
— Je pencherais pour Bascetti, un tout petit homme discret, voire insipide, qui cache bien son jeu, mais il faudra s’en assurer… Je le piste depuis notre arrivée, mais, personnellement, je ne suis pas parvenu à le surprendre. Bravo, Aila !
— Remerciez la chance et un baiser langoureux qui vous donnent des ailes pour espionner aux bonnes fenêtres au bon moment ! Un léger somme avant le déjeuner me fera le plus grand bien.
Hubert constata qu’elle avait repris un peu d’énergie et de mordant. Bien, cela signifiait qu’elle allait déjà mieux.

Aila attendait avec impatience la fin du repas. Barnais ressemblait à l’ombre de lui-même au point que même son père s’en était aperçu et semblait préoccupé par l’état de son fils. Barnais ne cessait de prétexter qu’il était juste un peu indisposé et que tout irait mieux demain. Pourrait-il tromper son monde bien longtemps ?
Quittant la table, elle fut malheureusement accaparée par la bande féminine du château, dont faisait partie Astria. Quand cette dernière s’éclipsa discrètement, Aila invoqua un oubli de son mouchoir pour suivre ses traces légères jusqu’à une couverture de lierre qu’elle souleva. Astria leva des yeux effarés et noyés de larmes vers elle.
— Allez, faites-moi une petite place, Astria. Je ne peux ni ne veux vous abandonner dans une pareille détresse. Pourquoi pleurez-vous ?
Elle prit une grande inspiration, essayant de calmer ses pleurs :
— Vous ne le savez pas, mais mon prénom est synonyme de pureté en Hagan et mon père l’a choisi pour moi. Cette pureté, la mienne, est sa raison de vivre et, fidèle aux traditions haganes, tout déshonneur de sa famille devient le sien. Ignorez-vous ce que font les pères quand leur enfant les a déshonorés ?
— Oui, ils se tuent…
Une idée douloureuse s’insinua en Aila. Les larmes d’Astria jaillirent encore plus fort.
— Je l’ai déshonoré, dame Aila, et, par ma faute, il va mourir !
Elle se remit à pleurer à gros sanglots. Aila la prit dans ses bras, cherchant des mots réconfortants pour la rassurer :
— Votre déshonneur n’est probablement pas aussi grand que vous le croyez. Laissez donc votre père en juger. Sans doute se montrera-t-il moins sévère envers vous-même que vous ne l’êtes ?
Astria ne répondit pas, sanglotant sans répit. Aila patienta longuement jusqu’à ce que son chagrin se calmât.
— Il ne pourra pas, dame Aila, ce que j’ai fait est inexcusable…
— Voyons, Astria, vous êtes si jeune. Que pouvez-vous avoir commis d’aussi grave ?
— J’attends un enfant…
Cette nouvelle assomma Aila. Non, Barnais n’aurait quand même pas… Comme si Astria avait lu dans le regard d’Aila, elle précisa :
— Barnais en est le père, mais il n’a causé aucun tort, c’est moi qui l’ai piégé…
Quand elle évoqua le fils d’Airin, une lueur particulière flotta dans les yeux de la toute jeune fille, une lueur qui fit frémir Aila, tandis qu’Astria poursuivait ses explications.
— Je me souviens de la première fois où j’ai vu Barnais, juste après mon arrivée… Il était si beau !
Les yeux d’Astria se mirent à briller. Elle replongeait dans ses souvenirs, si doux et merveilleux. D’une voix à peine audible, elle continua :
— Je suis devenue folle de lui… Je le suivais partout où il allait, je ne pensais qu’à lui. Mais il ne s’intéressait pas à moi et refusait toutes mes avances. « Tu es trop petite ! », me disait-il. Vous savez, ce n’est pas vrai qu’il court après tous les jupons. Toutes les femmes le veulent dans leur lit, donc il choisit… Et il ne me désirait pas ! Mon désespoir fut tel que j’en devins prête à tout ! Un soir, j’ai emprunté les vêtements d’une servante avec laquelle il passe une nuit de temps en temps et je suis allée dans sa chambre. Il s’était chamaillé avec Rebecca, alors, énervé, il avait bu plus que de raison et savait à peine où retrouver son lit. C’est moi qui l’y ai emmené, c’était si simple, trop simple même, de la remplacer dans la pénombre. J’avais tant rêvé de lui…
Astria s’arrêta un instant. Les yeux dans le vague, elle revivait le moment magique où Barnais l’avait enfin désirée.
— Je croyais pouvoir tout stopper après quelques baisers, mais je me suis trompée, tout s’est emballé. J’étais aussi ivre d’amour que lui de caresses et je l’ai laissé faire ce qu’il voulait. Le lendemain, il ne s’en souvenait même pas. Mon plus grand rêve était devenu réalité et, quelques semaines plus tard, mon pire cauchemar…
Son regard vacilla.
— Il faut le mettre devant ses responsabilités ! répliqua Aila.
— Non ! Ce n’est pas de sa faute ! S’il avait su que c’était moi, il ne l’aurait jamais fait ! Je le sais parce… parce qu’il a continué à ne pas vouloir de moi.
Une nouvelle lueur s’alluma dans les yeux d’Astria, mais cette fois, Aila eut peur. Elle se demanda ce qui était le plus douloureux pour cette jeune fille : de savoir que Barnais ne l’aimerait jamais ou qu’elle attendait un enfant…
— Surtout, mon père ne doit pas l’apprendre ! Jurez-le-moi ! S’il vous plaît, supplia Astria.
Aila prêta serment tout en argumentant :
— Mais il finira bien par le découvrir un jour, Astria. Vous ne pourrez cacher cette grossesse indéfiniment. De combien de mois êtes-vous enceinte ?
— Environ cinq, je crois…
— Et qui vous aide au château ? Qui est au courant ?
— Personne ne le sait, alors personne ne m’assiste…
Aila en eut le cœur gonflé. Cela faisait cinq mois que la jeune fille vivait son calvaire toute seule et nul ne s’en était rendu compte… Elle la serra un peu plus fort contre elle, désireuse de lui apporter tout le réconfort possible.
— Dame Aila, Barnais n’est pas mauvais. Il a toujours démontré tant de gentillesse à mon égard. J’aurais tellement voulu qu’il me désire pour moi-même.
Ses larmes redoublèrent. Entre deux sanglots, elle poursuivit :
— Là-bas, vers la forêt, il y a une falaise, la falaise des amoureux et, parfois, je m’imagine que j’y monte. Un pas maladroit et, après, tout est fini…
— Astria ! Non, pas cela ! Je comprends qu’aujourd’hui la situation peut vous apparaître insoluble, mais je trouverai une issue à tous vos soucis. Je ne vous abandonnerai pas, je vous le promets. Avez-vous confiance en moi, Astria ?
La jeune fille leva les yeux vers elle.
— Oui, dame Aila, je vous fais confiance, lui répondit-elle, avant de se pelotonner à nouveau dans ses bras comme un petit chat.
Elles restèrent un long moment toutes les deux avant de se décider à rentrer vers le château.
— Pas de bêtises, Astria, promis ?
— Promis, dame Aila. Je serai sage.

Aila devait se changer avant le repas, mais elle n’en avait pas le cœur. La situation d’Astria la peinait terriblement. Barnais, cet abruti, s’était laissé berner par une jouvencelle ! Cependant, elle devait être honnête, Astria avait bien mené son affaire. L’amour irraisonné qu’elle portait au fils d’Airin avait balayé toutes les barrières, l’amenant à commettre des folies. Les vrais responsables étaient tous les adultes de ce château qui n’avaient pas décelé son obsession, alors qu’une seule rencontre lui suffit pour détecter sa détresse. Les gens étaient-ils donc aveugles à ce point ou seulement indifférents ? Arrivée à sa chambre, Élina avait tout préparé et Aila renonça à lui dire de tout remballer. Alors, elle enfila sa robe et se fit coiffer, bien loin des effets que cela avait produits sur elle le premier jour. Préoccupée, elle ne se regarda même pas dans le miroir. Quand Hubert passa la prendre, elle remarqua qu’il ne bougonnait plus, c’était déjà ça…


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