Acri : chef de la tribu principale, il est l'investigateur de toutes les incursions meutrières et dévastrices en Avotour. Cet homme impitoyable, inflexible et orgueilleux, règne sur les siens avec une main de fer qui se referme sans pitié sur les plus téméraires.
Et si Topéca ne parvient pas à le faire plier, qui y réussira ou, plutôt, quoi ?
Aquiri : sous l'aspect d'une enfant d'une dizaine d'année, se cache une jeune fille de 15 ans dont le développement physique a été ralenti par la maladie. Frustrée, malheureuse, c'est une menteuse impénitente qui n'a trouvé sa place ni au sein de sa famille, ni au sein de sa tribu. Quand Aila détecte en elle de grands pouvoirs lors d'un contact, l'avenir d'Aquiri change irrémédiablement.
La jeune fille saura-t-elle saisir la chance qui lui est offerte de devenir chamane ?
Astria : maari de Quéra, à aucun moment ses yeux ne quitteront Topéca quand cette dernière sauvera, les uns après les autres, tous les enfants de sa tribu. Elle saura apprécier le dévouement sans limite de la chamane et y répondre par une amitié et une fidélité sans faille. Son engagement sera à la hauteur de ses convictions.
De quelle façon saura-t-elle convaincre les siens de choisir la vie plutôt qu'une mort certaine ?
Borine : chamane, peut-être, mais c'était il y a longtemps… À présent, ce n'est plus qu'une vieille femme, grincheuse et associale. Elle vit en ermite dans une maison dissimulée par un manteau d'herbe, mais qui sera repérée par Aquiri. Et, pourtant, ce sera elle que viendront chercher Adrien et Quéra pour sauver Aila et Hang. Bien que forcée, la venue de la chamane au sein de La Tribu Libre permettra-t-elle la guérison de leurs amis ?
Saura-t-elle honorer tous ses engagements ?
La Femme aux mille visages : enfermée dans une grotte, cette femme cachée par la pénombre est celle qui donne… C'est de sa main que les hommes ou femmes recoivent les attributs, bague et amulette, qui leur confèrent le titre de chaman(e). Aila la considère comme une alliée, Guétri comme une ennemie. Chez cette femme aux mille visages, lequel d'entre eux sera le véritable ?
Guétri : chaman à l'origine, c'est un homme qui a renoncé à ses pouvoirs, mais qui arrive à point nommé pour sauver le trio Aila, Hang et Hara d'une situation particulièrement inconfortable. Lorsque ses doigts touchent ceux d'Aila à qui il tend la main, le contact se révèle si violent qu'ils se retrouvent l'un et l'autre projetés dans les airs.
Cette réaction tellement incroyable aura-t-elle des conséquences sur leur avenir ?
Hang : fils d'Acri, le chef de la tribu principale, il va se mesurer à Aila avant, battu, de quitter son père pour elle. Ce dernier n'acceptera pas cette désertion et cherchera à le faire tuer. Sauvé in extremis par Aila, il rejoindra La Tribu Libre où il devra faire ses preuves, non plus en temps que l'impitoyable fils d'Acri, mais en tant que Hang. Saura-t-il parvenir à faire oublier son père et sa réputation ? Quelle sera la nature du lien particulier qui va le lier à la chamane ?
Hara : fille d'Acri, c'est une jeune femme pleine de surprise… Femme fatale d'un côté, elle réussira à prendre Adrien dans ses filets pour fuir son père. Enfant ingénue de l'autre, c'est une petite fille apeurée, à la recherche de protection et d'amour, dont les paroles possèdent la candeur de l'enfance. Mais sa relation avec Adrien, Avotourin d'origine, n'est pas aussi simple qu'elle le souhaiterait.
Comment parviendra-t-elle à trouver sa véritable place entre deux mondes aussi éloignés ?
Nestor : ce personnage tout en simplicité (sauf en ce qui concerne l'estime qu'il se porte) prend soin d'Aila depuis leur première rencontre (à la fin du tome I). De nouveau, la jeune femme loge dans sa maison à son retour en Avotour et lui propose à son invitée tout ce que la nature peut offrir de savoureux.
Par amitié pour Aila, quel rôle ce gastronome sera-t-il capable d'endosser et jusqu'où ira-t-il ?
Odénie d'Avotour : sœur du roi Sérain, c'est une femme excentrique tant par son habillage coloré et d'un goût douteux que par son babillage incessant et futile. Elle prête à sourire et personne ne la prend au sérieux. Quelles richesses Aila saura-t-elle découvrir derrière ce personnage fantasque ?
Tel un papillon, Odénie cherchera-t-elle à briser la chrysalide qui la retient prisonnière d'une image empreinte de douce folie ?
Pardon Juste : membre de la garde rapprochée du roi Sérain, Pardon va succéder à Adrien comme compagnon de fortune d'Aila ou plutôt d'infortune, car Aila, privée des esprits de la Terre, menacée par la sorcellerie et refusant d'utiliser la magie des fées, devient difficile à approcher et à comprendre. Parviendra-t-il à rassurer la jeune femme et à la protéger d'elle-même ? De plus, quel lourd secret cache-t-il derrière son nom et son histoire ?
Quéra : le chef de la tribu Appa, la première rencontrée par Aila-Topéca et Adrien-Kazar arrivant en pays hagan. Uni à Astria, il fera partie de ceux qu'Aila n'aura pas besoin de convaincre pour qu'il se décide à les suivre. Alors que sa tribu se scinde en deux, il sera le premier chef hagan à se rallier à la cause de la chamane. Quel sera son rôle dans cette conquête de son pays par Topéca ?
En quoi bouleversera-t-il la vie d'Adrien-Kazar dans le monde Hagan ?
Le lendemain, Aila se leva de bonne heure et retrouva ses compagnons ainsi que Bonneau pour l’entraînement journalier. Quand elle saisit son kenda, un délicieux sentiment de plénitude l’envahit immédiatement. Rien ne serait jamais plus comme avant maintenant qu’elle s’était ouverte à lui. La séance ne fut pas non plus ce qu’elle en attendait. Les nouveaux combattants rivalisèrent de maladresse et même Pardon prit l’allure d’un mauvais débutant. Bonneau les rassura :
— Je vous vois bien déçus par cet entraînement. Hier, vous avez partagé une immense émotion et vous imaginiez qu’aujourd’hui vous voleriez dans les airs comme Aila… Cela ne fonctionne pas ainsi et, en tout cas, pas aussi vite. Le lien entre votre kenda et vous se fortifiera progressivement. Développez votre confiance, projetez-vous dans la danse que vous mènerez, fondez-vous en lui et, bientôt, des jours comme celui-ci où rien ne va disparaîtront d’eux-mêmes.
L’entraînement s’acheva sur ces mots et personne ne posa de questions, pas même Aila. Pourtant, elle se demandait pourquoi elle avait échappé à cette difficulté dans son apprentissage…
Alors qu’elle vérifiait une dernière fois, dans son sac, histoire de voir si elle n’avait rien oublié, Bonneau rentra.
— Bonn… Papa, je te confie les cadeaux que maman m’a offerts. Je sais que tu en prendras bien soin.
Elle ajouta en souriant :
— Je reviendrai juste les chercher pour mon mariage !
Puis son sourire vacilla et ils se regardèrent intensément. Elle avait constamment vécu avec lui et le quitter, ne serait-ce que pour dormir au château, sonnait comme une véritable rupture avec sa vie d’avant. « Encore une », pensa-t-elle en soupirant. Décidément, son existence allait de surprise en surprise et elle devrait s’y habituer. Demain ne serait plus que des pas dans l’inconnu, alors que jusqu’à présent, ils rentraient toujours dans ceux du jour précédent…
Il la prit tendrement dans ses bras et elle se mit à pleurer doucement. Quand elle sentit une goutte d’eau tomber sur son épaule, elle sut que Bonneau s’était aussi laissé envahir par la douleur de leur séparation. Ils restèrent enlacés un long moment, tandis qu’Aila s’imprégnait de sa présence. De toutes ses forces, elle voulait retenir son odeur, son image, le son de sa voix, tout ce qu’il était pour elle.
— Aila, où que tu sois, je me tiendrai à tes côtés, lui souffla-t-il avec une intonation que le chagrin rendait rauque.
Un pincement au cœur, elle réalisa qu’il venait de lui dire adieu. Bonneau ne serait pas là quand elle partirait définitivement. Il l’observerait sûrement de loin, leur évitant ainsi cette dernière épreuve.
— Papa, où que tu sois, je ne t’oublierai jamais.
Elle s’éloigna de lui, prit son sac et sortit de la pièce sans se retourner.
Elle installa ses affaires dans la chambre du conseil transformée en dortoir. Des garçons étaient déjà passés avant elle et des effets traînaient en désordre sur des lits faits en dépit du bon sens. Elle s’arrêta sur un détail qui lui sauta aux yeux : son groupe comptait cinq membres et, cependant, huit couchages garnissaient la pièce… Elle en était là de ses réflexions quand, la réunion étant sur le point de débuter, Hubert, Avelin et Orian s’assirent sur les trois lits inoccupés. L’énigme était résolue, ils servaient juste de chaises !
Hubert commença à parler :
— Nous avons décidé d’effectuer des petits changements par rapport à la répartition présentée hier. Il nous a semblé qu’une permutation entre Tristan, à la carrure colossale, et Pardon s’imposait pour une mission discrète en Partour.
Du coin de l’œil, Hubert capta le hochement de tête appréciateur d’Aila. Il poursuivit :
— Comme vous ne pouvez pas aller là-bas sans une couverture crédible, vous vous transformerez en colporteurs. Ainsi, le fait que vous vous déplaciez beaucoup passera inaperçu. Vous commencerez votre périple à Avotour où Eustache vous fournira tout ce dont vous avez besoin avant de gagner votre destination. Voici une lettre que vous lui remettrez et qui vous ouvrira la porte de tous ses placards, mais évitez les déguisements trop voyants et les denrées chères ou périssables. Laissez traîner vos oreilles partout, ramassez toutes les renseignements pertinents que vous pourrez recueillir, vérifiez-les, le cas échéant, mais la consigne absolue est de revenir ! Je préfère des informations partielles à aucune et, surtout, à des hommes inutilisables ! Bon, sujet suivant. Avelin, rappelé en urgence à Avotour, ne peut réaliser la mission à Escarfe qui est la plus importante de toutes. Nous devons l’exécuter maintenant ; nous n’avons que trop tardé. Il fallait encore choisir qui d’Orian ou de moi allait prendre le relais. Orian connaît les mages de chacun de nos comtés et particulièrement celui de Valmor. Ce sont donc lui et Tristan qui partiront là-bas. Reste le dernier point à aborder. Comme je vous l’ai dit, Avelin retourne à Avotour, accompagné d’Aubin. Cependant…
Aila tressaillit et posa ses yeux noirs sur Hubert, les sourcils froncés, attendant la suite.
— … une femme est nécessaire pour la mission à Escarfe. Avec Adam, j’ai eu l’occasion de rediscuter de Barnais, le fils de sire Airin. Nous profiterons donc du penchant de ce jeune homme pour les dames afin de lui soutirer toutes les informations essentielles.
Aila devint cramoisie.
— Vous n’iriez quand même pas jusqu’à me demander de me déguiser aussi ! lâcha-t-elle.
— Dame Mélinda a donné vos mensurations à une jeune femme compétente, Élina, déjà partie avec un de nos hommes, Blaise, pour préparer ce dont nous aurons besoin. Nous les rejoindrons à Guestain où nous récupérerons carrosse et malles avant d’arriver à Escarfe où nous sommes attendus en grande pompe. Nous ne venons pas discrètement, mais en affirmant que je suis l’héritier du trône d’Avotour. Des remarques, des questions ? interrogea-t-il, en fixant Aila.
La jeune fille secoua la tête, mais, clairement, elle ne décolérait pas.
— Naturellement, toutes nos missions sont secrètes et ne doivent jamais être partagées avec qui que ce soit. Derniers conseils : ne buvez pas outre mesure, ne tombez pas amoureux… De votre fidélité absolue et de votre maîtrise totale dépend l’avenir de notre pays. Vous vous y êtes chacun personnellement engagés.
Il lança un regard grave à la ronde, surprenant au passage celui noir qu’Aila lui renvoya en échange.
— Départ demain matin à la première cloche. Je clos cette réunion et vous invite à aller nous rassasier au réfectoire.
Ils partirent tous, très silencieux. Certains se remémoraient chaque objectif de leur mission, d’autres essayaient de s’y projeter. Pour sa part, Aila boudait. Elle se sentait très énervée d’être rabaissée au rang de cruche à séduire. En plus, par Barnais ! Elle ne l’avait jamais vu, mais elle le détestait déjà ! Enfin, elle n’allait pas s’arrêter pour si peu, elle avait suffisamment de choses à terminer avant la fin de l’après-midi.
Pour commencer, elle décida de saluer Hamelin. Quatre à quatre, elle grimpa les escaliers qui menaient à sa chambre et frappa à sa porte.
— Entrez !
Elle tourna la poignée et pénétra avec appréhension. À sa vue, Hamelin se hâta vers elle.
— Oh ! Aila, comme je suis content de te revoir ! Je craignais tellement que tu partes sans me dire au revoir. Après notre dernière rencontre, tu semblais si fâchée…
— Je ne vous aurais jamais quitté sans vous saluer.
Légèrement mal à l’aise, elle s’assit en face de lui. Elle ignorait manifestement la raison de sa présence et surtout, elle ne savait plus quoi dire…
— Veux-tu que je te le redonne ? lui demanda-t-il avec un sourire plein d’espoir.
Sans attendre de réponse, il se précipita vers sa bibliothèque pour en revenir, après un court instant, tenant le livre de la magie des fées. Il le lui présenta. Elle tendit sa main vers lui, suspendit brièvement son geste, puis le saisit, sentant instantanément une douce chaleur printanière se répandre sur sa peau. Elle rouvrit les yeux — elle ne se souvenait pas de les avoir fermés — et se découvrit dans le champ de fleurs rouges. Stupéfaite, elle entendait les abeilles bourdonner et, soudain, elle aperçut une fine trace lumineuse dorée qui s’approchait d’elle. Un papillon ? Non… Elle fronça les yeux pour mieux distinguer, plutôt un minuscule être avec des ailes. Ce fut un choc immense pour elle… et tout s’effaça aussi soudainement que cela était apparu. Elle se retrouvait dans la chambre d’Hamelin, complètement désorientée, le livre tombé à ses pieds.
— Tu les as vues ? Dis-moi, tu les as vues ?
Le ton du mage devenait presque suppliant. La jeune fille balbutia, encore troublée :
— Je ne sais pas, je crois… Elle était toute petite, dorée et vraiment toute petite…
Elle se pencha pour ramasser l’ouvrage, mais rien ne se déclencha plus à son contact.
— Une fée, Aila ! Tu en as vu une ! s’écria Hamelin. Comment as-tu fait ?
— J’avais comme l’impression d’être rentrée dans le paysage du livre…
— Extraordinaire ! Et maintenant ?
— Il ne se passe plus rien, désolée…
— Ce n’est pas grave. Je suis certain qu’elle reviendra te chercher !