Les Archives du blog de #fantasy de juillet-août 2015
tome 4 - La Dame Blanche

La saga d'Aila  fantasy


fantasy recommandation

Note : 4.5 / 5 avec 210  critiques Catherine Boullery

Les archives du blog de fantasy d'Aila de juillet-août 2015

28 Août Deux métiers et, quand l'un prend le pas sur l'autre à cette période, l'écrivain disparaît totalement derrière l'enseignant. Ce moment se négocie toujours de façon un peu délicate pour moi, car il m'oblige à faire un choix raisonné entre différentes options : je retrouve mes élèves dans quelques jours et mon nouveau programme doit être au clair dans ma tête alors que je peux repousser la relecture du tome V… Ne parlons même pas de l'écriture du tome VI ! Il m'arrive parfois d'envier ceux qui rentrent chez eux sans ramener du travail entre leurs murs, leur tête probablement plus libre que la mienne. De plus, la rentrée représente un moment chronophage et énergivore, même si lui est associé le plaisir de retrouver collègues et anciens élèves, de travailler avec eux pour, une nouvelle fois à la fin de l'année, ressentir la tristesse de les quitter… Un éternel recommencement, mais ça, c'est le titre du futur tome VII !

Le 1er septembre, j'achète un livre/ebook de SFFFH francophone - 2e édition
Le 1er septembre, j'achète un livre/ebook de SFFFH francophone - 2e édition

Nouvelle opération relayée par L'invasion des Grenouilles dont j'avais déjà parlé sur mon blog le 11 juillet dernier et sur ma page Facebook. Toutes ces initiatives sont vraiment indispensables pour promouvoir la lecture et la découverte éventuelle de nouveaux auteurs. En plus, dans ce domaine SFFFH, toujours dominé par les Anglo-saxons, un zeste de francophonie ne peut nuire. Alors, j'y participe ? Bien sûr ! Et la saga d'Aila avec UPblisher également !
Dernier week-end pour profiter de l'offre Ray's day sur UPblisher : rendez-vous sur la page du tome I ,Aila et la Magie des Fées et utiliser le code promo AILARAYSDAY pour obtenir cet ebook gratuitement.
Bon week-end.

23 AoûtPour commencer, une petite anecdote sympathique, le genre à vous redonner le moral quand il vous abandonne. Message de la médiathèque de Sartrouville :
« Bonjour,
Vous nous avez gentiment offert les 3 premiers tomes de votre série fantastique 'La saga d'Aila'. Vos livres ont beaucoup de succès et les lecteurs réclament la suite.
Est-il possible d'avoir le tome 4 pour compléter la série ? Malheureusement, chez notre fournisseur […] vos livres n'existent pas, et nous sommes obligés de passer par leur site pour nos commandes.
 »
Comment résister à une telle demande ? De toute façon, je m'étais déjà mise d'accord avec la directrice de la médiathèque pour l'apporter. En conclusion : le tome IV peut dorénavant être emprunté.

Opération Ray's day
Opération Ray's day

Super opération Ray's Day #RaysDay chez UPblisher dont vous pouvez profiter jusqu'au 30 août. Il vous suffit de vous rendre sur la page du tome I, Aila et la Magie des Fées et d'utiliser le code promo AILARAYSDAY pour obtenir cet ebook gratuitement.
Bon dimanche.

17 AoûtC'est fait ! J'ai repris la mauvaise habitude de ne mettre des nouvelles que lorsque j'en ai le temps, c'est-à-dire pas souvent… À ma décharge, j'ai pris quelques vacances bien méritées à la montagne ! Que j'aime ces paysages magnifiques, ces lacs miroitants, ces espaces tellement ouverts que plus rien ne peut retenir mon esprit qui s'envole par delà l'horizon. Bien sûr, ils se méritent, de 550 à 950 m de dénivelé et jusqu'à quinze kilomètres pour les plus longues balades. De quoi bien dormir la nuit après une journée d'effort, la tête emplie de beaux souvenirs et le cœur léger et heureux. Ne pas penser que j'attendrai un an pour y retourner. Ne garder que le meilleur, à l'image du bonheur vécu…
Mes différents projets avancent. J'ai fini ma partie pour mon projet à plusieurs écrivains. J'aurais voulu y passer un peu moins de temps, mais la perfectionniste que je suis ne se refera pas. Cependant, à un moment, il faut se dire que le maximum a été donné et passer à autre chose. Extrait : « Dans l’immense pièce sombre, uniquement éclairée par la lumière de hautes chandelles et de bougies individuelles, la disciple Saphie, au milieu de tous les autres, s’appliquait à sa tâche quotidienne. De la pointe de sa plume trempée dans l’encre, elle calligraphiait ses lettres avec un art consommé dans de grands livres qui rejoignaient les rayonnages de la bibliothèque des maîtres de la Guilde, une fois leur dernière page remplie. Cette activité aurait pu lui paraître rébarbative, mais tel n’était pas le cas, car Saphie appréciait son existence calme et réglée ainsi que l’ambiance feutrée de la salle d’écriture. Elle adorait particulièrement le crissement de sa plume sur le vélin rêche et les arabesques régulières auxquelles sa main donnait vie en les traçant, noir sur blanc, avec une indubitable adresse. Elle savait qu’elle n’aurait pas dû, car, le Guide Suprême le répétait inlassablement, un disciple ne devait pas être orgueilleux, mais, quelquefois, elle se reculait légèrement pour admirer la beauté de son travail. Peut-être n’était-elle que copiste, mais, en ce domaine, elle excellait. »
J'ai poursuivi le tome VI, mais mon avancée a été pour le moins laborieuse… En effet, il m'a fallu reprendre les premiers chapitres écrits et les remettre en cohérence avec la fin du tome V, tant dans la chronologie que dans la logique des événements, et, pour dire les choses clairement, ça m'a pris un temps fou pour, enfin, me satisfaire approximativement des deux premiers chapitres (trente-cinq pages environ et plus de 27 000 mots), surtout qu'en parallèle, j'ai effectué de nombreuses recherches : forteresse (dimension et constitution), mer intérieure, topographie, et, principalement, mis au clair les âges des personnages et les étapes clés de leur existence… Tout me paraît bien ordonné à présent, mais la raison me dit que je dois abandonner son écriture pour passer à la relecture du tome V et à la préparation du nouveau programme que j'enseigne cette année. Mon cœur lui me dit autre chose et cette décision rationnelle pèse sur mes épaules plus que je ne le voudrais. Tant pis. En conclusion, me voici en alternance sur la correction du tome V et la spécialité de TS !
PS : je crois qu'il va m'être difficile d'abandonner totalement le tome VI, finalement…
Bientôt de nouveaux papillons dans la catégorie français, dont un magnifique Morio qui a posé pour moi, ses ailes grandes ouvertes, avec une patience d'ange. Enfin, ça ne s'est pas tout à fait passé ainsi, mais je rends l'histoire plus belle. À très bientôt.

23 JuilletVoici une semaine, jour pour jour, que j'ai écrit les mots de la fin du tome V et, naturellement, ressenti le plaisir indicible de celle qui a atteint son objectif. Quel bonheur profond et intense ! Quelle jubilation ! Quelle irremplaçable satisfaction, de celle qui te murmure à l'oreille : « Tu l'as fait ! », de celle qui te démontre que la joie de l'écriture reste inscrite dans tes gènes, que tu es capable de pianoter sur ton clavier sept à huit heures par jour et de terminer sur un petit nuage tant l'acte t'emporte, d'être parvenue à aller de ton point A jusqu'à ton point B sans même te perdre, une capacité à construire intacte, une imagination totalement déchaînée. Mots, je vous aime !
En revanche, je n'ai vraiment terminé les deux derniers chapitres que deux jours plus tard… Héhé, je triche ! En effet, si tous les éléments principaux étaient en place jusqu'au point final temporaire, il manquait quelques articulations du récit pour renforcer leur succession et la cohérence de l'histoire. Je pense d'ailleurs que je renforcerai encore, lors de la relecture, quelques descriptions sur lesquelles je suis passée un peu trop rapidement. Voici donc un nouveau volet de la saga de plus de 176 000 mots, le plus volumineux de tous, mais qui devrait s'amincir un peu lorsque je le retravaillerai, car le début que j'ai écrit en plusieurs fois nécessite d'éliminer quelques paragraphes redondants.
Alors que faire quand se termine un premier projet ? Laissez-moi réfléchir, j'hésite… Embrayer sur le tome VI ? Voici une excellente idée ! Comment ai-je pu ne pas y penser toute seule ? Plus d'un chapitre et demi déjà d'écrit ! Allez, je vais être complètement honnête, je triche, car je dispose d'une petite centaine de pages rédigées. Malheureusement, comme j'ai précisé la fin du tome V, je ne peux pas les reprendre telles quelles. En parallèle, j'avance sur mon projet à plusieurs auteurs, quatre pages de plus à mon actif et une fin qui s'approche. Fantastique !
Bon, c'est pas le tout, il faut que je retourne écrire. Belle journée.

11 JuilletQuelle semaine ! Ne pas perdre les bonnes habitudes ! Rangement et photocopies au lycée dans l'objectif de la prochaine rentrée (pas loin de sept heures de boulot cette semaine, mine de rien !), une super randonnée d'une vingtaine de kilomètres dans la forêt de Saint-Germain entre copines et, trop bien, la fin du chapitre seize (17 pages…), déjà plus de sept pages écrites sur le chapitre dix-sept avec, enfin, une idée clé qui me convient parfaitement et du grain à moudre par mon moulin (!) imaginaire.
Un premier retour du Salon du livre : « Bonjour, je vous écris suite à ma lecture du tome 1 d'Aila et la magie des fées pour vous dire que j'ai beaucoup aimé votre manière d'écrire ainsi que l'histoire : de la magie, des aventures… tous les ingrédients pour un bon roman. Tellement prenant que j'ai d'ores et déjà commandé les autres tomes !
Encore bravo.
 » Contente ! :)
Date à noter dans vos annales, opération « ‎Le 1er septembre, j'achète un livre/ebook de SFFFH francophone - 2e édition - », piquée aux Québécois dixit Maxime, relayée par L'Invasion des Grenouilles. Pensez-y !

Le 1er septembre, j'achète un livre/ebook de SFFFH francophone - 2ème édition -
Le 1er septembre, j'achète un livre/ebook de SFFFH francophone - 2ème édition -

4 JuilletPour résoudre tous mes problèmes, je me suis décidée à éliminer les activités satellites les unes après les autres pour parvenir à me concentrer sur l'essentiel. Je n'y suis pas encore totalement parvenue, mais, petit à petit, je m'en rapproche. Je garde le cap !
En plus, vous comprenez, j'essaie de prendre le temps de vivre un peu et de ne pas faire que travailler. En conclusion, hier, deux magnifiques balades, la première à Giverny et ce plaisir intense à parcourir les jardins de Claude Monet, malgré la chaleur torride ! Puis, en revenant vers la maison, une visite imprévue, celle du château de la Roche-Guyon, situé dans une boucle de la Seine, accolé à une blanche falaise. Je me suis littéralement enthousiasmée pour ce lieu, dont l'architecture jouait au grand écart entre des parties plus anciennes et plus récentes et qui offrait un exceptionnel panorama sur cette vallée de l'Île-de-France. D'indéniables atouts : la surprenante découverte d'un pigeonnier constitué par un ensemble de niches creusées à même la paroi, la traversée de la roche crayeuse grâce à d'impressionnants escaliers taillés dans la falaise, l'arrivée au donjon surplombant le château, les jardins et les rives de la Seine. Deux regrets cependant, j'ai manqué les écuries, pourtant réputées, et n'ai pas poussé jusqu'au jardin et aux bords de Seine, il faisait trop, trop chaud. En conclusion, j'y retournerai et, si vous disposez d'un moment, n'hésitez pas !

La Roche-Guyon
La Roche-Guyon

Dans les bonnes nouvelles, j'ai commencé à résoudre le problème de chronologie de mon tome V. En attendant cette évolution positive, je ne suis pas restée sans écrire puisque j'ai rédigé quelques passages qui ne nécessitaient pas de construction préalable. En conclusion, je suis sur la bonne voie !
De nouveaux commentaires sur UPblisher :
- « Un univers fantastique !
On plonge dans un monde magique où se mêlent entre autres héros, fées, chamans, rois et reines, le bien et le mal. Tous les ingrédients d'une belle aventure ! J'adoré les tomes I, II, et III
Je me suis tout de suite attachée au personnage d'Aila, avec ses doutes, sa force, mais aussi son grand courage et sa détermination et ce, malgré sa jeunesse. Au fil des tomes, l'histoire se densifie, de rebondissement en rebondissement, le suspense devient vraiment prenant, on veut absolument savoir la suite !
Les personnages secondaires qui gravitent autour l’héroïne sont tout aussi attachants, chacun avec leur caractère, leur mystère et ajoutent au piment de l'histoire. Il y a des côtés sombres, graves, mais aussi de l'humour, bref une bonne lecture que je recommande. Je viens de recevoir le tome IV et je l'emporte en vacances en me délectant par avance !
 »
Les trois autres, écrits par la même personne, sur les tomes I, III et IV sont plus lapidaires, mais terriblement efficaces ! - « Vous ne pourrez plus vous en passer !!!! »
- « Tous aussi réussis ! »
- « Toujours un grand moment de pur bonheur… ! »
Voici une belle façon de terminer une semaine et de commencer un week-end.
Belle journée.


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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Le jour à peine levé, le bourreau vint la réveiller. Il ne lui coupa pas les cheveux comme elle s’y attendait, mais lui offrit simplement de se rafraîchir. Ensemble, ils parcoururent les interminables couloirs qui menaient à la cour au milieu de laquelle trônait le billot. Arrivant au pied de ce dernier, l’aspect du sang qui le maculait suscita chez elle cette réflexion étrange : il ne devait pas servir souvent. Pourtant d’ici une poignée de minutes, le sien s’écoulerait dessus et ce serait fini d’Aila Grand. Dépitée, elle songea soudain qu’elle ne pourrait pas tenir sa parole auprès du vieux boutiquier. Encore une promesse qu’elle ne respecterait pas… Constatant le nombre limité de gardes présents, l’idée de s’échapper lui traversa l’esprit… Cependant, elle avait offert sa vie pour sauver celle de Lomaï, elle ne reviendrait pas en arrière malgré la panique qui l’envahissait peu à peu. Par les fées, elle allait mourir et elle avait peur, tellement peur… Au bruit de pas qui résonnaient, elle sut que plusieurs personnes entraient dans la cour. Elle jeta un vague coup d’œil vers eux, rassurée qu’Aubin ne fût pas là pour la voir décapitée, seuls le roi et ses trois fils assistaient à son exécution matinale.
La voix du souverain retentit, lapidaire, dans l’enceinte fermée :
— Qu’on en finisse !
Un soldat lia les mains d’Aila derrière le dos et la jeune fille s’agenouilla, posant sa tête sur le billot crasseux qui la dégoûtait. Le bourreau saisit sa hache qu’il leva lentement. La fin, c’était la fin… Par les fées, vite ! Les yeux clos, elle entendit un court sifflement, suivi d’un bref courant d’air, puis ce fut le bruit sec d’un impact à ses côtés. Dans un brouillard complet, elle discerna une voix :
— Détachez-la et aidez-la à se relever.
Elle reprenait conscience du monde extérieur tandis que le bourreau lui libérait les mains. À son oreille, la voix d’Avelin murmura :
— C’est fini, Aila, tout est terminé, tu es libre…
Puis ce fut celle d’Aubin qui résonna dans son cerveau :
— Aila, je suis là. Remets-toi, s’il te plaît. Aila !
Aubin était ici… Pourtant, elle ne l’avait pas vu… Elle ne comprenait plus. Finalement, elle ne devait pas être morte ou alors la mort prenait les couleurs de la vie…
— Aubin, c’est toi ? articula-t-elle péniblement.
Elle sentit la pression de sa main sur la sienne, tandis que, passant son bras sous le sien, il l’aidait à se relever. Son autre bras fut attrapé par Avelin qui lui murmura :
— Nous devons aller voir père. Courage, Aila.
Elle vacillait. Elle bénit ceux qui lui permettaient d’avancer sans s’effondrer. Arrivée en face de son suzerain, au prix d’un effort surhumain, elle se dégagea des bras qui la soutenaient. Elle voulait se présenter devant lui, debout et seule. Aubin et Avelin s’écartèrent d’un pas.
— Aila Grand, regardez-moi !
Elle leva ses yeux vers lui.
— Je suis le roi, vous êtes un de mes sujets. Que vous l’ayez écrit ou non, vous me devez obéissance et je n’admettrai jamais qu’il en fût autrement. Hier, vous avez dépassé les bornes, au-delà de ce que peut tolérer un souverain, même de ses propres enfants, alors je vous ai punie avec une grande sévérité. Je ne vous accorderai aucune seconde chance. Tenez-le-vous pour dit !
Punie, elle avait été punie ! Il lui avait fait vivre les dernières heures de sa vie comme une punition ! La colère enfla en elle. Et c’était elle qui avait été trop loin ! Jamais elle ne lui pardonnerait non plus et elle allait le lui déclarer immédiatement. Qu’importait si elle devait mourir pour de vrai cette fois, elle ne partirait pas sans lui avoir dit son fait !
Resté en retrait depuis le début, Hubert la regardait, songeur. Cette fille révélait un courage à toute épreuve, il fallait bien l’admettre. Elle s’était présentée devant son père, la tête haute, dégagée de tout appui, alors qu’il la sentait prête à chanceler. Il suivait les nuances de son regard qui changeaient au fur et à mesure que le roi la sermonnait et reconnut ce qu’il voyait régulièrement dans ses yeux, quand la colère montait en elle. Il eut la certitude qu’elle allait envoyer paître son père ! Prenant les devants de ce qu’il pressentait, il l’attrapa d’un geste et la bascula par-dessus sur son épaule, abusant de sa trop grande faiblesse pour se défendre. Devant l’assistance médusée, il déclara :
— Hector arrive bientôt. Je vous l’emprunte, car nous devons effectuer un gros travail de préparation avant sa visite.
Hubert croisa les yeux de son père qui, interloqué, avait froncé ses sourcils pour exprimer son mécontentement quant à l’intervention de son fils. Il ne savait pas ce dont Aila était capable quand la colère l’enflammait. Hubert, si… ! Il l’avait déjà essuyée plusieurs fois et Aila ne faisait aucun cadeau. Elle portait directement ses coups là où ils faisaient mal. Comme il embarquait la jeune fille, elle se mit à le bourrer de coups, preuve qu’elle reprenait des forces peu à peu. La voix plus assurée, elle commença à hurler pour qu’il la lâchât. Cherchant un endroit paisible, il se dirigea sans réfléchir vers sa chambre et la déposa vivement sur le lit après avoir refermé la porte.
— Mais qu’est-ce que vous faites ? explosa-t-elle.
— Je vous ai empêché de commettre la deuxième plus grosse sottise de votre vie ! riposta-t-il sur le même ton.
— Pourtant, vous auriez été débarrassé de moi !
— Alors, ne me le faites pas regretter et, pour une fois, tenez-vous tranquille ! Vous étiez à deux doigts de répliquer sans ambages à mon père !
— Et j’y retourne ! Il va savoir ce que je pense de sa façon de faire !
— Parce que bien sûr, ça ne vous a pas effleuré une seconde que l’on a tous passé une nuit blanche à étudier les textes pour trouver une solution afin de vous sauver la vie !
L’estomac d’Aila se contracta dangereusement.
— Même vous ?
— Même moi… Ça vous étonne ? Vous connaissez trop de choses, Aila. Hamelin n’a pas été assez sélectif dans ce qu’il vous a appris et vous utilisez des règles périlleuses pour vous ! Après plusieurs heures de recherche, Avelin a fini par dégotter un antécédent historique qui transformait cette loi en châtiment exemplaire, c’était le cas de le dire. Mon père a exécuté la mise en scène jusqu’au bout. Nous avons tous joué le jeu et vous, avec votre tempérament de folle furieuse, vous avez failli tout gâcher. Qu’avez-vous à répondre, maintenant ?
Elle était devenue livide.
— Je veux vomir…
Hubert se précipita et lui tendit une cuvette juste à temps, alors qu’Aila, ayant glissé du lit sur le sol, vidait comme elle pouvait le contenu inexistant de son estomac. Le prince héla un serviteur et s’entretint un court instant avec lui. Quand ce dernier revint, Hubert échangea les bassines, puis referma la porte. Il humidifia un linge et s’approcha d’elle. Le dos appuyé contre le lit, elle ne bougeait plus, les paupières closes et le visage trempé de sueur. Sa nuit avait été sûrement encore plus difficile que la leur… Il épongea délicatement ses tempes et son front, puis attendit patiemment que la jeune fille reprît ses esprits. Quelques minutes plus tard, elle ouvrait les yeux et posait son regard sur lui.
— Cela a été tellement…
Elle ne finit pas sa phrase et éclata en sanglots. Réconfortant, le prince passa ses bras autour de sa taille, lui chuchotant :
— Je sais, Aila, je sais.
Il la garda sur son épaule jusqu’au moment où la respiration paisible d’Aila lui indiqua qu’elle s’était endormie. La soulevant, il l’allongea dans son lit et remonta le duvet sur son buste avant de sortir. Il envoya chercher Élina pour qu’elle veillât sur elle en son absence et rejoignit le bureau.

— Comment va-t-elle ? s’enquit Avelin dès son entrée.
— Elle est secouée, mais elle s’en remettra, répondit Hubert.
— Mais qu’est-ce qui t’a pris de la charger sur ton dos ? questionna Sérain, encore interloqué.
— À part Aubin, je crois qu’aucun de vous ne se doute de quoi elle est capable quand elle entre dans une de ses colères folles.
Hubert se tourna vers Aubin qui le lui confirma d’un hochement de tête.
— Si je ne l’avais pas ravie sous vos yeux ébahis, elle allait dire ses quatre vérités à père.
Sérain fronça les sourcils.
— Elle n’aurait pas osé ?…
Le roi regarda alternativement Aubin qui baissa le regard, Avelin qui sourit en coin et Hubert qui secoua sa tête.
— Mais, par les fées, qu’est-ce que c’est que cette fille ? s’exclama-t-il, balançant entre incompréhension et agacement.
— … la personne la plus valeureuse que j’ai eu l’honneur de rencontrer, résonna une voix gracieuse.
Lomaï, restée dans l’ombre jusqu’à présent, s’avança dans la lumière.
— Je lui dois la vie et je me tiens prête à donner la mienne pour elle si nécessaire. Je deviendrai son humble servante si elle veut de moi.
— En tout cas, elle ne laisse personne indifférent ! termina Avelin, un tantinet ironique.
— Hubert, peux-tu conclure la paix avec elle pour les jours à venir ?
— Je ferai de mon mieux, père.
Sérain l’évalua du regard.
— Après cette trop courte nuit, la journée promet d’être très longue avec le bal qui se profile ce soir. Je vous invite à vous reposer avant l’arrivée d’Hector ce midi pour qu’il nous trouve à peu près en forme. Lomaï, allez dormir chez Aila. Élina vous montera un lit. Une remarque, Hubert ?
— Elle gigotait tellement que je suis allé au plus court. Elle sommeille dans ma chambre.
Sérain soupira :
— Elle possède quand même un don certain pour compliquer la vie des gens qu’elle croise, mais, dans le même temps, fascinés, vous la regardez voler comme un oiseau lorsqu’elle vous sauve la vie… Hubert, va dormir également. On peut espérer qu’elle ne t’étripera pas quand elle rouvrira ses yeux…
Quand le prince s’étendit, le visage d’Aila avait retrouvé une évidente sérénité. Il avait aussi envoyé Élina dresser un lit pour Lomaï, puis chercher à manger pour qu’Aila, à son réveil, pût grignoter un en-cas. La fatigue le terrassant, il s’endormit rapidement.

L’esprit embrouillé, Aila émergea après un affreux cauchemar, en fait, carrément épouvantable… Puis ses idées se clarifièrent. Ah ! non, elle avait vraiment failli être décapitée, mais, au final, elle avait survécu… Où se trouvait-elle maintenant ? Elle ne reconnaissait pas sa chambre. Se tournant doucement sur le côté, elle découvrit avec stupeur un individu allongé qui dormait près d’elle. Un prince ? Lequel ? Se redressant délicatement, elle fit à peine grincer le lit et l’homme se retourna vers elle. Hubert… Elle avisa le plateau sur lequel elle saisit un petit morceau de pain avec du fromage. Silencieusement, elle ouvrit, puis referma la porte avant de rejoindre sa chambre tout en grignotant.
Elle croisa Élina qui marchait dans les couloirs.
— Dame Aila, je venais vous chercher. Il reste une cloche pour vous préparer.
Aila gémit, incertaine d’être complètement remise de ses émotions matinales :
— Non, pas maintenant ! Je me sens incapable de faire bonne figure à quiconque pour l’instant, Élina, et je vous l’assure, je ne tente pas de me défiler…
Élina se mordit la lèvre avant de continuer :
— Je vais voir le roi pour lui en parler, mais ce soir, le bal a lieu et vous y danserez.
Aila hocha la tête.
— Nous avons installé Lomaï dans votre chambre où elle dort.
La jeune fille sourit à cette nouvelle rassurante.
— Elle va bien ?
— Beaucoup mieux depuis que vous êtes revenue parmi nous. J’en suis également ravie, ajouta Élina en rougissant.
Aila se pencha vers elle et déposa un baiser sur sa joue.
— Merci beaucoup. Je suis aussi très contente de vous retrouver.
Reprenant son chemin, elle surprit le geste d’Élina qui portait ses doigts à l’endroit où elle l’avait embrassée. Elle pénétra ensuite doucement dans sa chambre et récupéra son kenda qui trônait à côté de l’autre tout crasseux. Aubin avait dû les poser là. Elle redescendit vers les écuries et fut étonnée du nombre de gens qui la saluèrent de bon cœur : ils semblaient heureux de la revoir ! Allez comprendre la nature humaine… Elle s’astreignit à un entraînement salutaire qui lui permit de tout oublier, excepté de rentrer discrètement dans sa chambre, à l’insu du dénommé Hector qui venait d’arriver. Mais si elle sut éviter que le second père d’Hubert l’aperçût, elle ne put échapper à Élina qui, toujours aussi efficace, avait préparé un bain dans lequel elle se plongea avec délectation pour se laver de la tête aux pieds. Sa suivante, soucieuse de respecter son intimité, avait fait installer un paravent pour séparer la baignoire de la pièce où Lomaï logeait désormais.

À présent, Aila se sentait d’aplomb et le déjeuner n’avait pas encore commencé. Peut-être devait-elle consentir un minimum d’efforts pour y assister malgré tout ?
— Ce serait effectivement une idée judicieuse, lui glissa Élina.
— Par les fées, vous lisez dans les pensées ?
— Non, mais suivre où elles vous emmenaient ne présentait aucune difficulté : votre regard est arrivé sur la malle, puis il est passé de celle-ci à la porte et vous avez soupiré. La déduction était évidente.
— Vous êtes terrifiante !
Élina choisit la robe rouge qu’Aila avait déjà portée en Escarfe et l’aida à la revêtir. Sa teinte rehaussait la fraîcheur de son visage et la couleur sombre de ses cheveux, nattés avec des rubans rouges et puis enroulés en un élégant chignon. Aila enleva la lanière avec son pendentif en forme de fée et la remplaça par le collier avec la fleur rouge. Un coup frappé à la porte mit un terme temporaire à sa préparation. La servante se précipita pour ouvrir. Hubert se tenait sur le seuil.
— Je venais prendre des nouvelles de dame Aila.
Entendant sa voix, elle s’était redressée et, lissant maladroitement sa robe, s’approcha de l’ouverture, Élina s’effaçant.
— J’ai pensé que vous apprécieriez que je vous accompagne au repas de ce midi.
Hubert s’inclina.
— Je suis heureux de voir que vous vous portez mieux et, en effet, votre compagnie me sera agréable pendant le déjeuner.
— Probablement parce que sire Hector va vous bombarder de questions sur moi et que, si je suis là, c’est à moi qu’il les posera… Ainsi, vous serez épargné !
— Je constate avec plaisir que votre perspicacité n’a pas été affectée par votre aventure…
Il lui offrit son bras et ils avancèrent dans le couloir pour rallier la salle à manger.

Quand, enfin, ils l’atteignirent et y pénétrèrent, elle remarqua immédiatement le visage d’Aubin : sa mâchoire béait au risque de se décrocher sous l’effet de la surprise et ce fut Avelin qui, d’un coup de coude dans les côtes, la lui fit refermer. Lomaï, présente aussi, revêtue d’une jolie robe crème toute simple qui mettait sa silhouette svelte en valeur, rayonna de bonheur à la vue d’Aila. Un inconnu se tenait entre Hubert et Sérain, sire Hector, selon toute évidence. Il ne ressemblait absolument pas à ce qu’elle avait imaginé. Elle, qui se le représentait semblable à sire Airin, fut étonnée de découvrir un homme grand et sec, par ailleurs très affable. Le second père d’Hubert lui prit sa main en s’inclinant et la baisa.
— Dame Aila, c’est pour moi un immense plaisir de faire la connaissance de la promise de mon second fils. J’espérais ce moment depuis plusieurs années déjà, m’angoissant du fait qu’il attendait ma mort pour se marier et ainsi ne pas m’inviter à la fête.
Hubert dénia d’un signe de tête les propos d’Hector.
— Je vois, de plus, qu’il a su choisir sa future épouse, à la fois pour sa beauté, mais aussi pour la vivacité que je lis dans ses yeux. Permettez que je vous accompagne à votre place.

Tout le monde s’attabla et le repas commença par le récit des dernières péripéties d’Hector pour regagner Avotour. L’homme, subtil, maniait avec aplomb un humour caustique, frôlant parfois une forme d’ironie pour le moins décapante. Ses façons de décrire les personnages croisés, de traduire sans concession leurs gestes et leurs manières en trait de caractère étaient hilarantes et l’atmosphère se fit légère, puis enthousiaste, chacun rajoutant une note pittoresque avec ses propres expériences. Hubert resta en retrait, écoutant plus que participant. Elle se dit que ce silence devait bien être le seul point commun qu’ils avaient tous les deux ce soir…
— Je ne vous ai pas encore entendue, dame Aila, intervint Hector.
— J’étais passionnée par votre narration, car je ne connais pas le monde comme vous…
— Je suis intimement persuadé que vous n’avez pas à aller aussi loin pour toucher le cœur des hommes…
Elle ne répondit pas et Hector poursuivit :
— D’où venez-vous ?
— Je suis née en Antan.
— Et de quel châtelain êtes-vous la fille ? Peut-être nos routes se sont-elles croisées… ?
Devait-elle mentir ? Elle choisit que non, ne décelant aucun message particulier dans les yeux du roi qui l’écoutait avec attention.
— Je ne suis l’enfant d’aucun châtelain. Je fus juste la fille de Barou Grand.
— Notre héros !
Puis il réalisa la teneur de ses propos.
— Fus ? Pourquoi « fus » ?
— Parce que j’ai demandé, selon une loi ancienne, à changer de père.
— Aurait-il été meilleur héros que père ?
— Il a su être un bon père pour Aubin qui est son fils, mais je n’ai pas bénéficié de cette chance.
Hector prit doucement sa main.
— Le chemin pour arriver ici a dû être pavé d’obstacles pour une aussi jeune fille que vous et je suis heureux qu’Hubert et vous vous soyez rencontrés. Maintenant que vous avez trouvé le bonheur avec lui, ne lui donnez plus le droit de quitter votre vie. Ce garçon extraordinaire mérite absolument d’être connu.
— C’est vrai, on me l’a déjà dit, précisa-t-elle en rougissant.
Elle repensa aux paroles de dame Éléonore. Cependant, tournant le dos à Hubert, elle ne vit pas la légère réaction de surprise dont il fit preuve.
— Et à quoi occupez-vous donc vos journées ?
Elle n’avait vraiment pas le cœur à raconter des histoires à cet homme si gentil, alors elle décida de lui offrir la vérité dans sa simplicité :
— J’accompagne le roi dans ses déplacements et…, elle hésita malgré tout, j’enseigne le kenda, une arme de combat.
Hector semblait tout à fait conquis.
— Vous êtes une vraie combattante ! Par les fées, la chance sourit à Hubert d’avoir trouvé une jeune fille telle que vous ! La première qualité d’un souverain consiste à savoir choisir sa reine et il a fait preuve d’un grand discernement en jetant son dévolu sur une femme de valeur qui peut le seconder à tout instant ! Puis-je solliciter une première faveur ? Vous allez voir, je suis un grand farfelu aux idées excentriques. Vous serait-il possible de me montrer un entraînement ?
Elle adressa un regard interrogateur vers le roi qui acquiesça.
— Cela ne pose aucun souci. Nous pourrons, à la sixième cloche, si cela vous convient, nous rejoindre au manège.
— Parfait ! J’ai grande hâte de vous y retrouver !


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