La Tribu Libre, tome 2 de la saga de fantasy de Catherine Boullery
La saga d'Aila  fantasy


fantasy littérature

Note : 4.6 / 5 avec 244  critiques favorites

Le début de l'histoire (avec un rappel du tome 1)

Aila a grandi dans le comté d'Antan, élevée par son oncle et entourée par Mélinda, la châtelaine et Hamelin, le mage du comté. Sa volonté est de devenir une combattante et, poussée par son oncle, elle participe à des joutes orchestrées dans le but de sélectionner les membres de la garde rapprochée du roi Sérain d'Avotour. Finalement choisie, elle commence par être envoyée en mission en compagnie du fils aîné du roi, Hubert. Peu à peu, ses talents de combattante empruntent des voies inhabituelles qui semblent décupler ses sens et sa perception du monde qui l'entoure. Troublée, elle ne découvre que plus tard l'origine de tous ces bouleversements, liée aux pouvoirs que les fées partagent avec elle à son insu. Dorénavant, la vie en a décidé pour elle, elle n'aura plus qu'autre choix que celui d'accepter ses nouvelles aptitudes et toutes les conséquences, bonnes ou moins bonnes, qu'elles induiront.

◎ ◎ ◎

L'heure est grave. Venu du nord, un empereur, Césarus, avance vers eux pour conquérir Avotour et tous les pays environnants. Il apparaît si puissant que tous doutent de leur capacité à le contrer. Convaincu de la nécessité de créer des alliances même avec leurs ennemis de toujours, Sérain d'Avotour envoie son fils cadet, Adrien, en compagnie d'Aila, vers le pays Hagan. La route des deux compagnons emprunte des chemins de traverse et amène la jeune fille à semer dans les esprits des villageois le souffle d'un espoir insensé : pour lutter contre Césarus et pourquoi pas le vaincre, la seule solution réside dans le fait de s'allier et de se battre tous ensemble pour la liberté.


Début du tome 2 - La Tribu Libre

Parvenue aux frontières du pays Hagan, Aila récupère les affaires d'une chamane, Marça, qui vient de rejoindre les esprits de la Terre. À peine la tenue revêtue et la bague passée à son doigt, elle se retrouve dans une grotte, accueillie par une femme cachée dans l'ombre. Cette dernière lui révèle qu'elle est à présent, Topéca, la première chamane guerrière. Aila, sans avoir la moindre idée de ce que signifie être chamane, endosse ce nouveau rôle sans joie… Accompagnée par Adrien devenu Kazar, elle quitte Avotour pour le pays Hagan.

◎ ◎ ◎

Plus rien ne va… Depuis qu'Aila est devenue Topéca, Adrien et elle se parlent à peine. Rapidement, le prince réalise que la jeune femme, une fois de plus, porte sur ses épaules un fardeau beaucoup trop lourd et tente la réconforter : Aila ne peut pas disparaître aussi facilement derrière Topéca. Rassérénée par les propos de son compagnon, la nouvelle chamane reprend la route sur les sentiers montagneux, le coeur apaisé.

◎ ◎ ◎

Leur chemin les mène à la rencontre de la tribu Appa dont le chef se nomme Quéra. Dès cet instant, Aila affirme sa nouvelle personnalité : elle est Topéca, la première chamane guerrière et le sol comme le ciel vibre sous sa puissance au son des clochettes de son kenda. Elle va d'ailleurs prouver rapidement à tous que les esprits de la Terre l'habitent en sauvant les uns après les autres les enfants de la tribu tombés malades. Cependant, chez Topéca comme chez Aila, rien n'est offert aux autres sans qu'elle en paye le prix. C'est sous les regards inquiets des mères de la tribu que la chamane épuise son énergie dans le seul but de préserver des vies.

◎ ◎ ◎

Mais la lutte ne fait que commencer. Derrière cette maladie insidieuse se cachent l'ombre de sorciers et leur perversité. Face à cette certitude, les détruire peu à peu devient une évidence, mais comment ? À présent, le moment est venu d'en affronter un parmi eux. Mais est-il possible de vaincre ces représentants du mal ? Quelle puissance nouvelle et inédite Aila - Topéca déploiera-t-elle pour y parvenir ?

❈ ❈ ❈ ❈ ❈

Parcourez les coups de cœur de mes premiers lecteurs

Cassandre, Incroyable roman, qui vous donne des frissons

Après le 1er tome, place au 2e que j'ai commencé à lire très rapidement ! Aila nous surprend une fois de plus avec ses nouveaux pouvoirs, son nouveau combat, ses nouvelles difficultés qui la font tant douter… Elle nous prend au coeur des tripes, on s'accroche, on suspend sa respiration à chaque action… On fait défiler les pages, au travail, en voiture, partout on l'on peut… La curiosité et l'affection que l'on porte aux personnages nous porte dans un univers magique et réel à la fois… Il entraîne également sur des réactions primaires, oui primaires ^^ un collègue m'a fait la blague de cacher mon livre quand je voulais le lire et je devais absolument finir la page pour comprendre un moment important du livre, je suis devenue folle à le chercher partout !!!!! Et quand je l'ai retrouvé, je lui ai fait passer un mauvais quart d'heure !!
J'ai fini le 2e tome il y a 3 jours et ma lecture préferée me manque !! vivement le 3e tome… Cela faisait très longtemps que je n'avais pas pris autant de plaisir à lire un livre… Un grand Bravo à cette auteur à un avenir très prometteur !!

Sur UPblisher

Romain, Envoûtant encore

… et c'est un exploit. Superbe.
Ce deuxième tome s'inscrit dans la foulée du premier, avec le même brio, un panache encore plus grand… et les mêmes forces et faiblesses malheureusement. Il faudra attendre le tome trois pour un peu plus d'ouverture.
Aila reste au centre d'un récit qui tour à tour vous donnera des ailes et vous vous fera sombrer dans le chagrin.
Catherine améliore encore son style, et nous fait vivre Aila-Topéca avec une force inédite.
Et rien d'autre. Si vous aimez votre fantasy uniquement pour les mondes créés, passez votre chemin. La saga d'Aila est uniquement celà — Aila. Et c'est sublime.
La force du tome deux est le chamanisme, non pas dans le récit raconté, mais dans le style de celui-ci. Il vous emporte dans quelque chose de plus grand, de vibrant… C'est la force évocatrice de l'écriture qui porte le récit et le rend possible.
Et une fin qui vous laissera sur vos dents… pendant une bonne partie du tome suivant également.
C'est avec regret que j'ai refermé le chapitre Topéca, et une grande tristesse de cette époque révolue pour Aila.

Sur UPblisher
SFFF-amateur, Très prenant

J'avais découvert le tome 1 grâce aux commentaires des lecteurs précédents et avait trouvé ce roman de fantasy très original.
Avec le tome 2, La Tribu Libre, le qualificatif « prenant » est plus approprié tant j'ai été est happé par la quête d'Aila dans les montagnes haganes, ses combats contre la sorcière et les sorciers, sa confrontation avec la grande souffrance, le château de Faraday — pour la partie action —, mais aussi par les nouvelles amitiés qui se nouent avec quelques Hagans, sa rencontre avec les chamans et les esprits de la terre et enfin l'apothéose de Topéca.
Que du bonheur dans un style alerte, que de l'action avec des rebondissements toujours inattendus, que des dialogues passionnants avec Adrien et Pardon, que de beaux sentiments avec Hang et Hatta…
Un point négatif pour équilibrer mon commentaire : le dernier chapitre m'a surpris au plus haut point et ce qui s'y passe a causé une immense frustration m'obligeant à acheter L'Oracle de Tennesse.

Sur Amazon
Math1977, Superbe

Encore une fois, Catherine Boullery nous emmène dans son univers. Si on vous êtes fan de Robin Hobb ou dans une moindre mesure du Seigneur des anneaux, cet univers pourra vous sembler familier, mais néanmoins original tant par les idées que par l'écriture fluide et efficace.
Ne prévoyez pas trop de choses à faire après avoir ouvert ce livre, on le dévore, comme le premier tome ! Je m'étonne cependant de ne pas trouver ce livre en papier… merci donc au format numérique de nous permettre de profiter de cette saga dont j'attends la suite, avec impatience !

Sur iTunes
Élodie, Une fois n'est pas coutume, j'attends avec impatience le tome 3 !

J'ai de nouveau plongé dans cet univers envoûtant et il était difficile d'en sortir. Alors que je lis de moins en moins en ce moment, j'ai profité de chaque minute de temps libre pour sortir mon livre de fantasy et avancer dans l'histoire.
Il est assez facile de s'identifier à ce personnage d'Aila. Elle cherche qui elle est vraiment (mais sait-on un jour réellement qui nous sommes ?) Du coup, sa quête dans ces différents mondes fait ressortir ses diverses personnalités (et chacun de nous se comporte différemment selon son environnement). En ajoutant bien sûr toutes les aventures qu'elle vit (mais qui n'a pas rêvé un jour de lâcher sa petite vie tranquille pour partir à l'aventure ?), ça donne un superbe roman ! Bravo !

Sur UPblisher
Anne-Claire, Quel bonheur de retrouver Aila !

Quel bonheur de retrouver Aila dans ce second tome et de se laisser de nouveau complètement happer par sa quête, portée par un souffle qui anime le livre du début à la fin et nous laisse au bout un peu haletant… et dans l'attente de repartir dans le tourbillon des aventures du tome 3, dès qu'il sortira! Un grand merci pour ce plaisir de lecture renouvelé!
Donc merci encore… et pas merci!
Merci encore pour le plaisir inouï que j'ai retrouvé à dévorer le 2e tome d'Aila. Et pas merci, car je l'ai stupidement commencé vers 19  h ce soir et que je le finis juste (minuit et demi passé), moi qui restais tranquillement à la maison pour me coucher tôt et me reposer un peu… !

Sur UPblisher
Laurie, La Tribu Libre d'une écrivaine libérée, audacieuse et percutante de génie : assurément à ne pas louper !

Après avoir découvert Aila dans le tome 1, je n'ai pu m'empêcher de me jeter avidement sur le second. Spielberg, James Cameron et compagnie devraient, je le pense, se pencher sur la littérature indépendante française. Celle-ci, grâce à des plateformes telles qu'UPblisher, se positionnant en complément des circuits Parisiens, voient de véritables talents émerger. C'est ce pourquoi je parle de littérature, car même si l'imaginaire et la fantaisie sont une force dans cette œuvre, elles ne l'en dépossèdent pas de son style d'écriture remarquable. Ici, nul empaquetage, nulle formule enrobée ; juste de l'essentiel, du pertinent, et du dépouillé. Un style qui va droit à l'imaginaire et au rêve. C'est bien le terme qui s'impose. La Tribu Libre, le pays hagan, Aila-Topéca : tout cet univers ne peut que transporter les âmes dans un monde parallèle « libre » à chacun. Tout lecteur y verra sa propre tribu libre, sa propre Aila, et construira ses propres espoirs sur ce synopsis. La projection est inévitable, et le voyage n'en est que plus beau.
Accrochez-vous, Catherine Boullery est une auteure qui n'a pas fini de vous surprendre. Son arme la plus douce réside dans l'envoûtement de ses textes. Le suspens qui y règne, la poétique et la poésie qui s'en dégagent, la stylistique de la magie et des sens: tout vous dépossèdera de votre quotidien pour un monde haut en couleurs. L'effet persistera même après avoir refermé la dernière page, et vous attendrez impatiemment le prochain tome.
Alors de ma petite expérience en lettres, j'apprécie l'ouverture de ces éditeurs. Ils ont eu raison de se pencher sur cette collection d’œuvres : la vie d'Aila vous rapportera !

PS : Quel supplice de ne pas savoir avec qui elle a passé sa dernière nuit au château d'Avotour…! Mais c'est génial : bravo… ! Ce sera un best seller…

Sur UPblisher


L'auteure Catherine Boullery fantasy Blog de fantasy préféré Univers de fantasy roman Aila, l'héroïne français Interviews high Communauté d'Aila officiel Salons du livre officiel Coups de cœur des lecteurs high Avis des lecteurs auteure Je déclare ma flamme saga Pourquoi écrire recommandation Auteurs de fantasy français Liens de fantasy roman Ramdam Catherine Boullery Photos d'ambiance Catherine Boullery Photos de papillons Catherine Boullery Piratage roman Campagne de financement littérature Remerciements top Supportez la romancière… roman Téléchargez, achetez… high Tout sur l'auteure de fantasy roman


Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Il existe une loi ancienne, toujours en vigueur. Elle est si rarement utilisée qu’elle en est pratiquement tombée en désuétude, mais pas tout à fait. Je la connais et j’ai décidé de m’en servir aujourd’hui pour te libérer définitivement de ce père qui n’en a jamais endossé la responsabilité. Le « Patrico Determago » énonce qu’un enfant dont le père (ou la mère) n’a assuré ni sa protection ni son entretien depuis son enfance peut revendiquer un changement de parent. Pour satisfaire aux conditions, cela nécessite la demande de la mère, même si elle est décédée, et celle de trois proches de la famille. J’ai rédigé la mienne, donc toutes les conditions sont réunies et tu vas pouvoir remplacer ce père. Si Bonneau a bien été celui que je décelais, choisis-le. Cet immense honneur que tu lui accorderas comblera la peine causée par cette inévitable trahison envers son frère.

En ce qui concerne ton père, mon cœur est profondément malheureux de voir qu’il n’a pas dépassé son inaptitude. Tu n’es en rien responsable de son comportement. Ce sera dans son histoire qu’il faudra chercher la raison de cette incapacité à te reconnaître et à t’aimer. Si un jour, tu as envie de comprendre, retourne sur le chemin de sa vie. Ce que tu y trouveras te donnera peut-être la force de lui pardonner et de lui offrir une nouvelle chance… C’est un homme merveilleux, grandiose, mais je sais que je n’arriverai pas à te convaincre, sa conduite a été en dessous de tout avec toi et rien de ce que je pourrais faire ou dire n’y changera rien… à toi d’avancer sur ta propre route.

Ma puce, mon ange, ma douce… Que ces mots, que je ne pourrai bientôt plus prononcer à ton oreille, me font plaisir à écrire une dernière fois ! Ta naissance et ces années passées à tes côtés incarnent les plus beaux moments de ma vie. J’essaie d’engranger le plus de souvenirs de toi et de ton frère pour mourir avec sérénité et sans regret. Barou sera près de moi, je l’aime tant, ainsi qu’Aubin et toi… Je serre ta poupée dans ma main, tu sais celle avec des cheveux de laine. J’ai prié Bonneau de la mettre avec moi après ma mort, à l’insu de Barou. J’espère qu’elle ne te manquera pas. Mélinda devrait t’en retrouver une autre.

J’ai fait ce que je devais faire… Maintenant, je peux partir.

Je t’aime, Aila
Ta maman Efée

Aila sentit les larmes couler sur ses joues, tandis qu’une grande détresse l’envahissait. Elle s’était aperçue que l’écriture de sa mère devenait de plus en plus hésitante au fur et à mesure que la lettre s’allongeait. Efée semblait penser que le choix serait simple et facile, mais comment allait-elle pouvoir demander aux plus proches amis de son père de le trahir pour elle ? Elle ne pourrait pas solliciter cela de Bonneau dont il était le frère, d’attendre de lui de renoncer au dernier membre de sa famille ! Dame Mélinda avait bien dit l’estime qu’elle portait à Barou et la souffrance que lui causerait tout acte contre lui. Les paroles énigmatiques qu’elle avait prononcées prenaient à présent tout leur sens. Et Hamelin, cet homme de paix, comment allait-il vivre cette confrontation avec Barou ? Non, jamais, elle ne pourrait imposer cette épreuve à tous ceux qu’elle aimait. Elle s’effondra sur la table, encore plus anéantie qu’avant…

Ce fut la main de Bonneau sur son cou qui la ramena à la réalité. Elle s’était endormie sur le bois, la lettre devant elle, ses manches noyées de larmes.
— Que se passe-t-il, Aila ? interrogea Bonneau avec tendresse.
— Je ne peux pas exiger cela, pas de vous, ses amis, sa famille. C’est impossible !
— Si, Aila. Nous avons tous donné notre promesse à Efée et nous la tiendrons.
— Mais Barou ne te le pardonnera jamais !
— J’ai opéré ce choix il y a longtemps et j’y demeure toujours fidèle.
— Mais si jamais il te rejetait ! Ou s’il en mourait ?
— Tous les êtres qui ne s’adaptent pas disparaissent, ainsi va la vie…
— Mais, Bonneau, c’est ton frère !
— Oui, mais il est allé trop loin et, même si je l’aime infiniment, j’ai choisi de te protéger de lui.
— Et dame Mélinda et Hamelin ?
— Ils ont pris la même décision en ayant envisagé et accepté toutes les conséquences. Nous nous sommes tous engagés. Mais la seule personne qui peut exercer la demande initiale, c’est toi et nous n’attendons que cela pour te suivre. Tu dois agir, Aila ! Qu’Efée n’ait pas entrepris toute cette démarche pour rien… !
Elle le regarda avec attention avant de détourner les yeux.
— J’ai besoin de réfléchir, Bonneau. J’ai besoin de prendre l’air.
Elle sortit précipitamment de la maison.

Songeuse, Aila était assise sur une pierre, dans un champ à l’écart du château. Qu’allait-elle pouvoir faire ? Qu’allait-elle devenir ? À quoi allait-elle devoir renoncer pour continuer à avancer ? Nerveusement, elle dépouillait de petites branches de leurs feuilles tout en les regardant s’entasser les unes sur les autres. Elle réalisait que son choix serait à l’origine d’un tournant dans sa vie. Dame Mélinda, Hamelin et Bonneau avaient concrétisé le leur longtemps auparavant, ils avaient d’ores et déjà consenti à perdre Barou, mais elle, pas encore… Si elle s’opposait à son père, elle aliénerait définitivement le dernier espoir de retrouver son amour. Si elle ne s’opposait pas, son ultime chance de devenir ce qu’elle espérait disparaîtrait… Comment savoir quel choix était le bon ? Et comment assumer que le meilleur des deux signifiât la fin d’un rêve, d’un espoir fou ? Toutes ces questions se bousculaient dans son esprit, tandis que les réponses lui échappaient. Un bruit de pas lui fit lever la tête, elle vit Aubin qui la rejoignait :
— Je te cherchais, Aila, je suis désolé…
Un instant, elle posa son front contre son buste, avant de se redresser.
— Il faut que nous parlions, Aubin, j’ai des choses graves à partager avec toi.
Il s’écarta, le regard interrogateur, puis ils s’assirent côte à côte.
— Ce soir, maman m’a offert mon héritage à travers Bonneau.
Elle plongea ses yeux dans ceux de son frère, avec gravité.
— J’ai un portrait d’elle, à présent. Est-ce que tu l’as déjà vue, Aubin ?
— Oui, père en conserve un, camouflé dans un de ses tiroirs. J’aurais pu faire un bon voleur, car il ne s’est jamais aperçu que j’allais le regarder régulièrement !
Il esquissa un petit rire.
— Elle m’a offert sa robe de mariée et sa parure de bijoux, elles sont de toute beauté…
— Alors, tu comptes les porter quand ?
Ce fut au tour d’Aila de légèrement s’esclaffer avant de redevenir grave.
— Aubin, elle m’a laissé une lettre…
Au haussement de sourcils de son frère, elle sentit sa déception de ne jamais en avoir reçu. Elle le rassura :
— Ne t’inquiète pas, il y en a sûrement une pour toi que tu découvriras pour un événement marquant de ta vie. Quand tu porteras sa robe de mariée par exemple !
Ils rirent ensemble, mais cette légèreté ne fut que passagère.
— Aubin, l’héritage qu’elle m’a laissé dans cette lettre est terriblement douloureux. Je ne sais plus quoi faire…
— Vas-y, explique-toi.
— Une loi existe, qui me permet de changer de père.
— Après tout, pourquoi pas ?
— Aubin, pour en arriver là, quatre personnes proches de la famille doivent témoigner de son inaptitude à me donner de l’amour, à me protéger et à subvenir à mes besoins…
Son frère pâlit et osa une question :
— Tu voudrais que je témoigne ?
— Non. Maman s’est occupée de tout et a tout prévu avant sa mort. Bonneau, dame Mélinda et Hamelin ont déjà écrit leurs lettres ou vont le faire.
Aila sentit l’émotion la submerger à nouveau.
— Et le dernier témoignage ? s’enquit-il, encore plus inquiet.
— Ce sera le sien, elle affirmera que Barou n’a pas été un père pour moi…
Un silence lourd s’abattit. Il secoua pensivement la tête :
— Par les fées… Ce sera épouvantable pour lui. Ses amis et mère…, murmura Aubin.
— Mais tu es là, toi aussi, je vais bouleverser ta vie si je le demande…
— Qu’en disent les autres témoins ?
— Ils se sont mis d’accord avec maman. Ils s’y résoudront tous, c’est prévu, malgré l’estime qu’ils portent à Barou. Ils en acceptent les conséquences quelles qu’elles soient…
— Par les fées…, ne fit que répéter Aubin.
— Qu’est-ce que je dois faire ?
— Je ne sais pas, Aila. Ce sera redoutable pour père de voir ses amis le laisser tomber et surtout notre mère se retourner contre lui, vraiment dramatique…
— J’en suis consciente…
Aubin se leva d’un bond. Aila, désespérée, crut qu’il partait, mais il se mit à arpenter l’allée d’une démarche saccadée, ponctuée de soupirs et de mouvements d’humeur. Elle le suivait des yeux, résistant de son mieux à la tension ambiante qu’elle ressentait, puis, soudain, elle prit sa décision.
— Aubin !
Il se figea devant elle et lui coupa l’herbe sous le pied :
— Tu dois le demander, Aila. Père n’a pas le droit de t’empêcher de devenir ce pour quoi tu es faite. C’est un homme admirable. Si tu savais à quel point il compte pour moi…
Sa voix se cassa.
— Je le sais, Aubin, et je ne comprends même pas comment, l’aimant autant, tu as rempli ta place de frère auprès de moi…
Il eut un rire sans joie et poursuivit :
— Tu es comme lui, un personnage charismatique, même si tu n’en as pas encore conscience… Tu vois, il n’ignore pas que je ne dépasserai guère le stade du combattant médiocre, que je ne marcherai pas dans ses pas, mais il ne cesse de m’encourager et je progresse doucement… Il aurait pu me renier moi aussi, mais il n’en est pas moins resté un père aimant et confiant. Je sais pourquoi ses hommes le suivraient jusque dans la mort, parce que je ferais comme eux, je l’accompagnerais n’importe où, les yeux fermés. Quelle zone d’ombre, existant dans sa vie, expliquerait son attitude envers toi ? Je l’ignore… Je l’ai cherchée, Aila, mais je n’ai pas réussi à la découvrir…
Aubin se tut comme à bout de souffle, le visage crispé. Chaque mot lui coûtait.
— Mais à ta place, j’exercerais mon droit. Je connais la douleur de grandir sans l’amour d’un parent. Toi, tu as poussé sans l’amour d’aucuns, alors que l’un d’entre eux était encore vivant et si près… Demande-le, Aila, mais ne m’en réclame pas plus.
Son frère tourna les talons et partit en courant.
— Aubin ! cria Aila.
Mais il avait déjà disparu…

La nuit obscurcissait tout depuis longtemps quand elle rentra à la chaumière, une assiette de soupe froide l’attendait avec un quignon de pain, mais elle n’avait pas faim. Elle déposa ses affaires sur sa chaise, se glissa dans sa grande chemise, puis dans les draps frais de son lit et s’endormit comme une masse…


Envie de voir toutes les œuvres de Catherine Boullery, auteure de fantasy ? Retour sur le site de fantasy
'