La Tribu Libre, tome 2 de la saga de fantasy de Catherine Boullery
La saga d'Aila  fantasy


fantasy recommandation

Note : 4.5 / 5 avec 210  critiques préféré

Le début de l'histoire (avec un rappel du tome 1)

Aila a grandi dans le comté d'Antan, élevée par son oncle et entourée par Mélinda, la châtelaine et Hamelin, le mage du comté. Sa volonté est de devenir une combattante et, poussée par son oncle, elle participe à des joutes orchestrées dans le but de sélectionner les membres de la garde rapprochée du roi Sérain d'Avotour. Finalement choisie, elle commence par être envoyée en mission en compagnie du fils aîné du roi, Hubert. Peu à peu, ses talents de combattante empruntent des voies inhabituelles qui semblent décupler ses sens et sa perception du monde qui l'entoure. Troublée, elle ne découvre que plus tard l'origine de tous ces bouleversements, liée aux pouvoirs que les fées partagent avec elle à son insu. Dorénavant, la vie en a décidé pour elle, elle n'aura plus qu'autre choix que celui d'accepter ses nouvelles aptitudes et toutes les conséquences, bonnes ou moins bonnes, qu'elles induiront.

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L'heure est grave. Venu du nord, un empereur, Césarus, avance vers eux pour conquérir Avotour et tous les pays environnants. Il apparaît si puissant que tous doutent de leur capacité à le contrer. Convaincu de la nécessité de créer des alliances même avec leurs ennemis de toujours, Sérain d'Avotour envoie son fils cadet, Adrien, en compagnie d'Aila, vers le pays Hagan. La route des deux compagnons emprunte des chemins de traverse et amène la jeune fille à semer dans les esprits des villageois le souffle d'un espoir insensé : pour lutter contre Césarus et pourquoi pas le vaincre, la seule solution réside dans le fait de s'allier et de se battre tous ensemble pour la liberté.


Début du tome 2 - La Tribu Libre

Parvenue aux frontières du pays Hagan, Aila récupère les affaires d'une chamane, Marça, qui vient de rejoindre les esprits de la Terre. À peine la tenue revêtue et la bague passée à son doigt, elle se retrouve dans une grotte, accueillie par une femme cachée dans l'ombre. Cette dernière lui révèle qu'elle est à présent, Topéca, la première chamane guerrière. Aila, sans avoir la moindre idée de ce que signifie être chamane, endosse ce nouveau rôle sans joie… Accompagnée par Adrien devenu Kazar, elle quitte Avotour pour le pays Hagan.

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Plus rien ne va… Depuis qu'Aila est devenue Topéca, Adrien et elle se parlent à peine. Rapidement, le prince réalise que la jeune femme, une fois de plus, porte sur ses épaules un fardeau beaucoup trop lourd et tente la réconforter : Aila ne peut pas disparaître aussi facilement derrière Topéca. Rassérénée par les propos de son compagnon, la nouvelle chamane reprend la route sur les sentiers montagneux, le coeur apaisé.

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Leur chemin les mène à la rencontre de la tribu Appa dont le chef se nomme Quéra. Dès cet instant, Aila affirme sa nouvelle personnalité : elle est Topéca, la première chamane guerrière et le sol comme le ciel vibre sous sa puissance au son des clochettes de son kenda. Elle va d'ailleurs prouver rapidement à tous que les esprits de la Terre l'habitent en sauvant les uns après les autres les enfants de la tribu tombés malades. Cependant, chez Topéca comme chez Aila, rien n'est offert aux autres sans qu'elle en paye le prix. C'est sous les regards inquiets des mères de la tribu que la chamane épuise son énergie dans le seul but de préserver des vies.

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Mais la lutte ne fait que commencer. Derrière cette maladie insidieuse se cachent l'ombre de sorciers et leur perversité. Face à cette certitude, les détruire peu à peu devient une évidence, mais comment ? À présent, le moment est venu d'en affronter un parmi eux. Mais est-il possible de vaincre ces représentants du mal ? Quelle puissance nouvelle et inédite Aila - Topéca déploiera-t-elle pour y parvenir ?

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Parcourez les coups de cœur de mes premiers lecteurs

Cassandre, Incroyable roman, qui vous donne des frissons

Après le 1er tome, place au 2e que j'ai commencé à lire très rapidement ! Aila nous surprend une fois de plus avec ses nouveaux pouvoirs, son nouveau combat, ses nouvelles difficultés qui la font tant douter… Elle nous prend au coeur des tripes, on s'accroche, on suspend sa respiration à chaque action… On fait défiler les pages, au travail, en voiture, partout on l'on peut… La curiosité et l'affection que l'on porte aux personnages nous porte dans un univers magique et réel à la fois… Il entraîne également sur des réactions primaires, oui primaires ^^ un collègue m'a fait la blague de cacher mon livre quand je voulais le lire et je devais absolument finir la page pour comprendre un moment important du livre, je suis devenue folle à le chercher partout !!!!! Et quand je l'ai retrouvé, je lui ai fait passer un mauvais quart d'heure !!
J'ai fini le 2e tome il y a 3 jours et ma lecture préferée me manque !! vivement le 3e tome… Cela faisait très longtemps que je n'avais pas pris autant de plaisir à lire un livre… Un grand Bravo à cette auteur à un avenir très prometteur !!

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Romain, Envoûtant encore

… et c'est un exploit. Superbe.
Ce deuxième tome s'inscrit dans la foulée du premier, avec le même brio, un panache encore plus grand… et les mêmes forces et faiblesses malheureusement. Il faudra attendre le tome trois pour un peu plus d'ouverture.
Aila reste au centre d'un récit qui tour à tour vous donnera des ailes et vous vous fera sombrer dans le chagrin.
Catherine améliore encore son style, et nous fait vivre Aila-Topéca avec une force inédite.
Et rien d'autre. Si vous aimez votre fantasy uniquement pour les mondes créés, passez votre chemin. La saga d'Aila est uniquement celà — Aila. Et c'est sublime.
La force du tome deux est le chamanisme, non pas dans le récit raconté, mais dans le style de celui-ci. Il vous emporte dans quelque chose de plus grand, de vibrant… C'est la force évocatrice de l'écriture qui porte le récit et le rend possible.
Et une fin qui vous laissera sur vos dents… pendant une bonne partie du tome suivant également.
C'est avec regret que j'ai refermé le chapitre Topéca, et une grande tristesse de cette époque révolue pour Aila.

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SFFF-amateur, Très prenant

J'avais découvert le tome 1 grâce aux commentaires des lecteurs précédents et avait trouvé ce roman de fantasy très original.
Avec le tome 2, La Tribu Libre, le qualificatif « prenant » est plus approprié tant j'ai été est happé par la quête d'Aila dans les montagnes haganes, ses combats contre la sorcière et les sorciers, sa confrontation avec la grande souffrance, le château de Faraday — pour la partie action —, mais aussi par les nouvelles amitiés qui se nouent avec quelques Hagans, sa rencontre avec les chamans et les esprits de la terre et enfin l'apothéose de Topéca.
Que du bonheur dans un style alerte, que de l'action avec des rebondissements toujours inattendus, que des dialogues passionnants avec Adrien et Pardon, que de beaux sentiments avec Hang et Hatta…
Un point négatif pour équilibrer mon commentaire : le dernier chapitre m'a surpris au plus haut point et ce qui s'y passe a causé une immense frustration m'obligeant à acheter L'Oracle de Tennesse.

Sur Amazon
Math1977, Superbe

Encore une fois, Catherine Boullery nous emmène dans son univers. Si on vous êtes fan de Robin Hobb ou dans une moindre mesure du Seigneur des anneaux, cet univers pourra vous sembler familier, mais néanmoins original tant par les idées que par l'écriture fluide et efficace.
Ne prévoyez pas trop de choses à faire après avoir ouvert ce livre, on le dévore, comme le premier tome ! Je m'étonne cependant de ne pas trouver ce livre en papier… merci donc au format numérique de nous permettre de profiter de cette saga dont j'attends la suite, avec impatience !

Sur iTunes
Élodie, Une fois n'est pas coutume, j'attends avec impatience le tome 3 !

J'ai de nouveau plongé dans cet univers envoûtant et il était difficile d'en sortir. Alors que je lis de moins en moins en ce moment, j'ai profité de chaque minute de temps libre pour sortir mon livre de fantasy et avancer dans l'histoire.
Il est assez facile de s'identifier à ce personnage d'Aila. Elle cherche qui elle est vraiment (mais sait-on un jour réellement qui nous sommes ?) Du coup, sa quête dans ces différents mondes fait ressortir ses diverses personnalités (et chacun de nous se comporte différemment selon son environnement). En ajoutant bien sûr toutes les aventures qu'elle vit (mais qui n'a pas rêvé un jour de lâcher sa petite vie tranquille pour partir à l'aventure ?), ça donne un superbe roman ! Bravo !

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Anne-Claire, Quel bonheur de retrouver Aila !

Quel bonheur de retrouver Aila dans ce second tome et de se laisser de nouveau complètement happer par sa quête, portée par un souffle qui anime le livre du début à la fin et nous laisse au bout un peu haletant… et dans l'attente de repartir dans le tourbillon des aventures du tome 3, dès qu'il sortira! Un grand merci pour ce plaisir de lecture renouvelé!
Donc merci encore… et pas merci!
Merci encore pour le plaisir inouï que j'ai retrouvé à dévorer le 2e tome d'Aila. Et pas merci, car je l'ai stupidement commencé vers 19  h ce soir et que je le finis juste (minuit et demi passé), moi qui restais tranquillement à la maison pour me coucher tôt et me reposer un peu… !

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Laurie, La Tribu Libre d'une écrivaine libérée, audacieuse et percutante de génie : assurément à ne pas louper !

Après avoir découvert Aila dans le tome 1, je n'ai pu m'empêcher de me jeter avidement sur le second. Spielberg, James Cameron et compagnie devraient, je le pense, se pencher sur la littérature indépendante française. Celle-ci, grâce à des plateformes telles qu'UPblisher, se positionnant en complément des circuits Parisiens, voient de véritables talents émerger. C'est ce pourquoi je parle de littérature, car même si l'imaginaire et la fantaisie sont une force dans cette œuvre, elles ne l'en dépossèdent pas de son style d'écriture remarquable. Ici, nul empaquetage, nulle formule enrobée ; juste de l'essentiel, du pertinent, et du dépouillé. Un style qui va droit à l'imaginaire et au rêve. C'est bien le terme qui s'impose. La Tribu Libre, le pays hagan, Aila-Topéca : tout cet univers ne peut que transporter les âmes dans un monde parallèle « libre » à chacun. Tout lecteur y verra sa propre tribu libre, sa propre Aila, et construira ses propres espoirs sur ce synopsis. La projection est inévitable, et le voyage n'en est que plus beau.
Accrochez-vous, Catherine Boullery est une auteure qui n'a pas fini de vous surprendre. Son arme la plus douce réside dans l'envoûtement de ses textes. Le suspens qui y règne, la poétique et la poésie qui s'en dégagent, la stylistique de la magie et des sens: tout vous dépossèdera de votre quotidien pour un monde haut en couleurs. L'effet persistera même après avoir refermé la dernière page, et vous attendrez impatiemment le prochain tome.
Alors de ma petite expérience en lettres, j'apprécie l'ouverture de ces éditeurs. Ils ont eu raison de se pencher sur cette collection d’œuvres : la vie d'Aila vous rapportera !

PS : Quel supplice de ne pas savoir avec qui elle a passé sa dernière nuit au château d'Avotour…! Mais c'est génial : bravo… ! Ce sera un best seller…

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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

— Sire Hubert ! Ne racontez pas n’importe quoi !
— Vous voyez, vous recommencez ! Vous ne savez pas vous taire !
— Et vous ne savez pas écouter ! Alors, faites un effort et entendez-moi ! J’admets que je ne dois pas être facile à vivre si vous cherchez un chien bien dressé à vos côtés. Pour être franche, je ne le deviendrai pas, mais de là à gagner plus d’importance auprès de votre père que vous, vous faites fausse route sur toute la ligne ! Il a une immense confiance en vous. À qui a-t-il confié le gouvernement de son pays quand il était mal ? À vous !
— Il n’avait pas le choix, de toute façon !
— À croire que je connais mieux la loi que vous ! Bien sûr que si ! Il aurait pu le donner en régence à sire Hector… Et c’est vous qu’il a choisi ! Qu’est-ce que j’apporte moi, avec mon sale caractère ? Une vision nouvelle qui bouscule la routine dans laquelle vous vous êtes installés. Je pose les questions qui dérangent, je dis les mots qu’il ne faut pas, je vous oblige simplement à sortir de vos ornières ! Votre père l’a accepté, mais pas vous ! Vous vous y refusez parce que je bouleverse votre petit monde ! Mais, que vous le vouliez ou non, tout change… Et vous ne pourrez pas l’en empêcher ! Alors, au lieu de freiner des deux pieds, essayez de comprendre et de vous adapter…
— C’est pour vous que vous dites cela ? rétorqua-t-il.
Aila sourit.
— Consciemment non, mais inconsciemment, peut-être ! Il faut que nous arrivions à surmonter ce qui nous sépare et que vous cessiez aussi de douter de vous en permanence ! Personne ne peut prendre votre place dans le cœur des gens, ils en ont assez pour accueillir d’autres personnes. Vous savez, votre attitude porte un nom : la jalousie.
— Vous êtes dure.
— Je suis honnête. Et vous, sire Hubert, vous vous devez de l’être envers vous-même. Quels efforts êtes-vous prêt à consentir ? Je vous rappelle que votre père, même si je dois le laisser en dehors de nos querelles, a été on ne peut plus clair à ce sujet, dit-elle, en rendant sa voix plus grave pour imiter celle du roi.
Il afficha un timide sourire.
— Vous ne me faites pas vraiment confiance, n’est-ce pas ? questionna-t-il.
— Vous m’avez déjà sauvé la vie. Croyez-vous que je puisse l’oublier ? Vous êtes un homme courageux, fiable, mais je ne sais pas si je peux tenir mon rôle à vos côtés. Vous avez tellement peur que je vous prenne votre place ou l’amour de votre père que vous m’enlevez toute chance de vous prouver que je ne veux rien vous voler et ceci m’insupporte. Vous ne me changerez pas et, même si vous pensez que c’est bien dommage, c’est ainsi. Je reste une potiche qui ne plie pas !
— Vous connaissez beaucoup de potiches pliables ?
— Non, mais ce n’est pas grave ! conclut-elle en éclatant de rire.
— Bon, j’ai compris la leçon. Enfin, je crois. Père sera content quand il va retrouver deux monstres transformés en anges…
— Sire Hubert, vous vous êtes déjà engagé une fois pour vous défiler dès que vous en avez eu l’occasion. Je ne le supporterai plus…
— Je le regrette sincèrement, Aila, coupa Hubert. Je sais que je n’ai pas agi comme j’aurais dû. Le pire de tout est que vous aviez raison sur les Hagans. En dédaignant vos conseils, par fierté ou par bêtise, j’aurais pu commettre une grave erreur et je l’ai réalisé… Je vous fais une proposition pour que nous repartions sur de nouvelles bases, je vous offre un serment comme celui que vous avez pris envers notre famille.
Elle pencha la tête sur le côté, attentive.
— Je vous écoute.
— Moi, Hubert d’Avotour, m’engage à considérer Aila Grand comme une partenaire compétente, digne de respect et d’écoute. Je m’engage aussi à ne plus trahir sa confiance.
— J’apprécie ce début encourageant. Cependant, sire Hubert, j’attends encore davantage, j’ai besoin que vous m’accordiez une confiance absolue. Et pour que vous compreniez pourquoi, je dois partager un secret.
Elle chercha comment présenter ce qu’elle avait à partager.
— Nous partons en mission pour tuer le chef hagan. Seulement, si je vous dis sur place que nous ne devons pas l’exécuter, vous devrez me croire parce que je sais des choses que vous ignorez.
Dans les prunelles d’Hubert, elle reconnut la petite lueur qui signalait qu’elle l’agaçait. Ressentant une pointe de découragement, elle poursuivit malgré tout :
— Sire Hubert, depuis Escarfe, je partage la magie des fées, lui confia-t-elle, guettant sa réaction.
Elle en avait prévu beaucoup, de la plus plausible à la plus excentrique, mais pas celle qui suivit. Il éclata de rire.
— Voyons, les fées n’existent pas ! s’exclama-t-il, quand il reprit enfin son souffle.
— Mais vous avez déclaré le contraire à Antan ! répliqua-t-elle, carrément indignée.
— Je ne pouvais quand même pas contredire Orian !
— Alors, je vais vous prouver que je dis la vérité. Regardez !
D’un geste mental, elle projeta les trois épées, suspendues sur le mur droit, directement dans la porte du bureau. Elles s’y fichèrent fermement dans un bruit mat, tandis qu’Aila bénissait les fées de lui avoir donné le petit coup de pouce dont elle avait besoin. Si elles l’avaient laissée tomber à ce moment-là, elle était fichue. Interdit, le prince, immobile et bouche bée, regardait les lames qui vibraient encore.
Ce fut le moment que choisit le roi pour revenir et sa voix retentit :
— Ne me dites pas que vous en êtes venus à régler vos comptes à l’épée ?
— Non, je suis désolée, sire, c’est de ma faute. Je vais réparer votre porte immédiatement et ranger les armes, précisa Aila, avec empressement.
Elle se précipita pour enlever les lames qui avaient transpercé le panneau et grimaça en constatant à quel point elle avait effectivement abîmé le bois…
— Laissez tomber les épées ! Pourriez-vous m’expliquer quelle démonstration nécessitait de détériorer ma porte ?
— Père, Aila voulait juste me prouver qu’elle partageait le pouvoir des fées et elle a parfaitement réussi.
Le visage de Sérain se détendit tandis qu’il observait la jeune fille avec attention.
— Aila, vous avez enfin trouvé d’où vous viennent tous vos nouveaux talents ?
— Oui, mon roi.
— Bien ! Je veux tout savoir. Je vous écoute.
— Je rencontre les fées depuis la fin du séjour à Escarfe. Elles partagent avec moi leur pouvoir, mais je ne les détiens pas et, sans elles, je ne peux rien. Si je l’ignorais, c’était que, pour me préserver, elles effaçaient ma mémoire après chaque visite.
— Est-ce tout ?
— Non, malheureusement. Sire, elles meurent jour après jour et, aujourd’hui, elles n’ont plus la force d’assister les hommes. Si elles partagent leur magie avec moi, c’est parce que je suis la seule à être en mesure de communiquer avec elles et espèrent ainsi que je les aiderai à trouver et à protéger l’héritière, l’être humain qui recueillera tous leurs pouvoirs.
— Et quel rôle joue cette Amata dans toute cette histoire ?
— Il faut croire que je suis sollicitée de multiples parts, car elles ne sont pas à l’origine des visions, ce sont les Oracles. Je suppose que l’un d’eux a pris contact avec moi à sa façon et qu’il m’impose le sentiment de ce que je dois ou ne dois pas faire. Je ne sais même pas si l’appel que j’ai reçu pour sauver la femme qui accouchait venait de lui…
— Et pour sortir notre pays de sa misère ?
— Peut-être devons-nous attendre la naissance de l’héritière ou, si nous ne voulons pas patienter jusqu’à sa venue comme la solution miracle, réfléchir à ce que nous pourrons trouver pour protéger par nous-mêmes nos récoltes ainsi que la population. Comme, jusqu’à présent, nous étions préservés de tout, nous avons perdu l’habitude de faire face et de réagir de façon adaptée.
— Voilà une idée terriblement intéressante… Réapprendre aux gens comment se comporter devant les catastrophes et survivre dans l’adversité… Mais comment savoir ce qu’il convient de faire ? Exceptées ces dix dernières années, nous avons toujours vécu plutôt protégés de tout. À quelle époque devons-nous remonter pour trouver les réponses ?
— Dans les livres antérieurs à la magie des fées, s’il en existe, ou tout simplement en nous creusant les méninges pour réinventer les solutions. Nous ignorons quand arrivera cette héritière, peut-être allons-nous devoir nous débrouiller tout seuls pendant longtemps…
— Quand Orian sera de retour, peut-être aura-t-il des suggestions à nous apporter ? Pour en revenir à vous, dit le roi, en fixant alternativement Aila et Hubert, j’exige votre projet demain après-midi, dernier délai. Maintenant, entraînement de kenda !
— Vous m’excuserez, je n’en serai pas aujourd’hui, je me suis engagé ailleurs, objecta Hubert.
— Pas de souci, mon fils. Les autres, retrouvons-nous au manège !

Ces heures d’exercices procurèrent un bien fou à Aila qui évacua toute la tension accumulée. Elle avait franchi des étapes importantes en concluant une paix provisoire avec Hubert et en parlant de sa mission auprès des fées. Pourquoi le prince n’était-il pas venu s’entraîner ? Elle ne croyait pas à cette histoire d’engagement. Elle avait deviné la souffrance qu’il ressentait à regarder ses partenaires progresser, alors qu’il végétait. Il ne faisait pas mieux que le roi avec un banal bâton de combat, et encore… Si elle avait pu l’aider… Avant de quitter Avelin, elle lui offrit de commencer les cours de hagan le soir même et il fut enchanté par cette proposition.

Sur le chemin du retour, l’idée de revoir le jardin obscur la traversa. Elle parcourut les couloirs jusqu’à sa porte qu’elle ouvrit. L’endroit paraissait toujours aussi magnifique, même en pleine lumière du jour. Elle ignorait pourquoi il touchait autant son cœur, mais elle s’y sentait bien. Un bruit de respiration derrière un massif attira son attention et, curieuse, elle le contourna pour y découvrir Hubert qui s’entraînait seul au kenda. Il s’escrimait comme un beau diable, sans succès, néanmoins sans renoncer. Comme s’il savait d’avance qu’il n’y arrivait pas…
« Il ne manque pas de courage », pensa-t-elle, tandis qu’elle s’approchait à pas feutrés.
— Sire Hubert ?
Surpris, il se tourna vers elle. Il paraissait gêné.
— Aila ! J’ignorais que vous étiez là.
— Je m’en doute… Sire Hubert, ce que vous faites ne peut pas marcher parce que, comme d’habitude, vous voulez tout maîtriser… Le kenda n’est pas une arme qui fonctionne de cette façon, il se ressent. Vous devez apprendre à vous laisser entraîner par lui. Il vous invite à sauter par-dessus un ravin, n’écoutez que sa voix et bondissez ! Il vous souffle de voler, faites-le ! Tant que vous ne lui ferez pas absolument confiance, tant que vous n’entreprendrez les choses qu’à votre manière sans recevoir la sienne, la fusion entre vous deux ne s’accomplira pas. Vous en souffrirez tous les deux : lui, parce qu’il échouera à vous faire voler et vous, parce que vous ne saurez jamais que vous auriez réussi…
Elle se tut un instant avant de poursuivre :
— En vous regardant, l’idée m’est venue de tenter une technique différente pour débloquer la situation. Voulez-vous l’essayer ?
Mal à l’aise, le prince hocha la tête. Elle se mit debout, les mains tendues vers l’avant, tenant son kenda parallèle au sol.
— Placez-vous comme moi, puis passez vos bras autour de moi de telle façon que nos deux kendas se touchent. J’espère, de cette façon-là, vous entraîner avec moi dans sa danse et, cette fois, c’est moi qui vous guide.
Elle lui sourit. Le prince la contourna et plaqua ses bras contre les siens, leurs armes se rejoignant. Dès leur contact, elle eut l’impression d’être projetée dans les airs par une bourrasque phénoménale sans en comprendre la raison. Pourtant, quand elle rouvrit les yeux, elle n’avait pas bougé de place, les bras d’Hubert l’entouraient toujours. Elle reprit le contrôle de son esprit que le tourbillon avait entraîné et continua :
— Vous allez reproduire chacun de mes gestes comme si vous étiez mon ombre. Accordez-vous à la fois sur votre kenda et sur le mien et laissez-vous emporter.
Elle commença par de légers mouvements, guettant la réaction du prince. Bientôt, elle accentua leur cadence et, tout en restant sur place, amplifia ses actions. Pour l’instant, il arrivait à la suivre, mais elle détectait l’effort considérable que représentait pour lui de n’être que son double…
— Ressens ! lui ordonna-t-elle.
Et elle l’entraîna à sa suite, dans un tourbillon de gestes et de déplacements, sentant sa réticence céder graduellement.
— Perçois ! Agis !
Elle quitta ses bras et se retrouva en face de lui. À chaque attaque qu’elle déclenchait, il parait.
— Encore !
Et elle recommença, augmentant le niveau et l’intensité de chacun de ses enchaînements.
— Attaque !
Et Hubert attaqua tel un lion lâché dans une arène, féroce, sauvage, avec une authentique volonté de vaincre. Loin d’avoir donné toute sa mesure, Aila esquiva sans trop de difficulté, malgré tout très impressionnée par la puissance du prince débarrassé de ses chaînes, un autre combattant qu’elle aurait été balayé…
— Repos ! cria-t-elle.
Ils s’arrêtèrent tous deux, essoufflés.
— C’était magnifique ! Vous êtes prodigieux quand vous libérez votre énergie. À présent, je vous enseigne un enchaînement très complexe et je parie que vous allez le réussir. L’objectif final consiste à immobiliser son adversaire, le kenda sur le cou, ici en particulier, dit-elle en montrant un point sur sa gorge. Si l’intention est de tuer, il suffit, au lieu d’arrêter son geste, de le poursuivre jusqu’à l’étouffement. Sinon, on peut seulement diminuer la capacité à respirer de son ennemi et, ainsi, le garder sous contrôle. Il existe deux variantes possibles : l’une où l’appui se pratique debout et l’autre, allongé. Je vous montre la première. Ressens ! Quand mon kenda me dit « vole ! », je vole !
Et elle s’élança comme toujours avec la légèreté d’un oiseau. Elle fit face à un adversaire invisible, puis, lui tournant le dos, elle lança son arme en l’air, exécuta un prodigieux saut arrière au cours duquel l’oiseau qu’elle était, prenant appui sur ses mains, voltigea par-dessus l’homme imaginaire. Arrivée derrière son dos virtuel, elle rattrapa son kenda et le plaqua sur sa gorge, verrouillé par ses deux avant-bras.
— À présent, avec vous !
Elle se mit en face de lui et répéta le même mouvement. Il se retrouva la gorge doucement comprimée par le bâton d’Aila. Elle lui répéta :
— Mon kenda me dit « vole » et je vole ! À vous, sire Hubert !
Il prit position devant un adversaire imaginaire et échoua, tant sa retenue limitait ses gestes. Il doutait à nouveau, tandis que sa raison reprenait le dessus. Aila arrêta rapidement l’exercice, le sentant encore perdu à cause de son échec.
— Sire Hubert, nous allons réellement combattre, je ne vous ferai aucun cadeau et vous volerez ! Si vous ne luttez pas, je vous jure que je vous écrabouillerai ! En garde ! À l’attaque !
Et elle s’élança : assaut, enchaînement de positions, charge, repli, nouvel engagement, paré et, pas à pas, elle poussait le prince dans ses retranchements. Soudain, pour contenir une attaque encore plus violente que les autres, il lança spontanément son kenda, effectua le saut arrière par-dessus sa partenaire et se retrouva derrière elle, son arme rattrapée et posée sur la gorge d’Aila. Il en relâcha la pression immédiatement et, sans réfléchir, Aila se jeta à son cou en explosant de joie.
— Extraordinaire ! Fantastique ! Maintenant, vous avez dépassé vos deux frères sans aucun problème ! Continuons. La deuxième attaque permet d’achever un homme à terre. Là aussi, il faut voler et s’écraser sur lui en appuyant le bâton sur sa gorge pour l’anéantir, éventuellement. Allongez-vous sur le sol, je vous montre.
Docile, Hubert se retrouva sur l’herbe, attendant sans un mot ce qui allait advenir. Il eut à peine le temps de se poser la question qu’elle atterrissait sur lui, l’accablant de tout son poids, le kenda sur son gosier, lui coupant le souffle.
— Maintenant, à vous ! Volez !
Elle se coucha sur le sol, prenant la place d’Hubert, et se prépara au choc. Elle le vit, largement plus massif qu’elle, décoller. Si les jambes du prince broyèrent les siennes, il n’aplatit pas son buste sur le sien, restant en appui sur ses bras. « A-t-il eu peur de me faire mal ? », pensa-t-elle. Levant ses yeux vers lui, l’intensité du regard qui la fixait surprit Aila. Que dissimulaient ses fenêtres bleues ? Elle y plongea pour découvrir l’homme qui s’y cachait, un être tellement secret qu’il s’enfermait derrière un mur inaccessible aux autres, fuyant la moindre expression de ses sentiments, une personne dont la peur d’exister faisait rimer vie avec souffrance. Puis elle revint vers lui, sentant sa chaleur contre elle, ressentant sa puissance et ce qu’il taisait comme un tourbillon vertigineux, son regard rivé au sien comme un aveu de sa fragilité intérieure. Il se fléchit légèrement sur ses avant-bras, se rapprochant d’elle. De lui, elle ne perçut plus que son souffle sur son visage. Il était si près…
— Désolé, j’ai échoué, lâcha-t-il dans un murmure.
Hubert se releva, ramassa son kenda et disparut sans un mot. Complètement secouée, Aila se redressa, tremblant de tous ses membres, partagée entre l’incompréhension de ce qu’elle venait de vivre et la détresse face à ce qu’elle avait entraperçu. Elle prit sa tête entre ses mains et se mit à pleurer doucement, submergée par un flot d’émotions qu’elle ne contenait plus. Par les fées, que lui arrivait-il ? Qu’y avait-il chez cet homme impossible qui la fragilisait autant ? Pourtant, elle s’était fait des promesses, elle avait affirmé son indifférence et elle mentait, elle se mentait… Elle n’était pas indifférente, mais ce qu’elle ressentait, elle l’ignorait. Peut-être lui rappelait-il trop Barou et que, malgré elle, briser le mur de glace qui la séparait d’Hubert figurait une façon de prouver que même son ancien père pourrait l’aimer…

Peu à peu, Aila se calma, progressivement envahie par la quiétude du jardin. Renoncer, elle devait renoncer. Tous les rêves ne s’exaucent pas et son père ne l’aimerait jamais. Si au moins Hubert pouvait arriver à la supporter sans s’énerver, ce serait un tel progrès ! Elle finit par se lever, saisit son kenda et se résolut à regagner sa chambre pour se changer. Elle entendit un bruit à peine audible comme celui du cliquetis d’un pêne. S’accroupissant, elle prit le temps d’analyser les traces laissées par l’intrus qui venait de s’éclipser. Difficilement perceptibles, ce ne fut qu’un heureux hasard qui lui permit de découvrir son identité. Sentant la colère l’envahir, elle décida d’aller sur-le-champ lui demander des explications. Parvenue devant la porte de sa chambre, elle frappa sans hésiter. Lorsqu’il ouvrit, il comprit au premier coup d’œil qu’elle l’avait démasqué. C’était bien lui qui venait de quitter le jardin obscur… Elle s’écria :
— À croire que c’est de famille ! Vous espionnez toujours les gens ainsi ! Pourtant, vous êtes une des rares personnes que j’aurais imaginée réduite à une telle lâcheté ! s’exclama-t-elle, furieuse.
— Acceptez-vous d’écouter mes explications ou suis-je condamné avant de pouvoir me défendre ? Entrez, avant que tout le couloir ne soit ameuté par vos cris…
Elle obtempéra, se sentant un peu gênée à présent.
— Je passais devant le jardin quand j’ai aperçu Hubert en sortir. Il paraissait tellement ébranlé que j’ai voulu en comprendre la raison. Je suis donc rentré et je vous ai entendue pleurer. Comme je ne souhaitais pas vous abandonner seule dans cette tristesse, je suis resté caché, derrière le buisson, attendant de voir si vous aviez besoin d’un ami ou non. Puis, une fois votre calme revenu, je suis reparti silencieusement. Apparemment, j’ai raté ma sortie discrète. Alors, qu’est-ce qui m’a trahi ?
Elle lui tendit un bouton. Adrien s’en saisit et découvrit l’endroit de sa veste d’où il provenait.
— Pas de chance… Je suis quand même rassuré, je n’avais pas laissé de traces… Aila, je n’ai pas voulu vous espionner, je me sentais juste inquiet pour vous… Vous êtes toujours si forte, si sûre de vous et vous paraissiez si malheureuse…, comprenez-moi…
Adrien se tut. Il semblait sincèrement contrit et elle l’observait, silencieuse. Il reprit :
— Que s’est-il passé entre vous ?
— Rien.
— Ne me dites pas qu’un rien peut vous mettre dans cet état !
— Si, quand ce rien est une absence de tout…
Adrien, pensif, ne sut que répondre, mais se lança tout de même.
— Vous l’aimez ?
— Vous croyez que je pourrais l’aimer ?
— Je l’ignore.
— Moi aussi… J’ignore ce que votre frère m’inspire et il déchaîne des sentiments : la colère, la tristesse, le respect, mais l’amour ? Ma mère a deviné au premier coup d’œil que Barou deviendrait l’homme de sa vie et j’en suis loin.
Tout à coup, elle eut envie de tout lui dire, de se raconter, de lui confier ses doutes, ses peurs, ses désirs. Son regard amical posé sur elle lui donnait la sensation qu’il pourrait tout entendre, tout comprendre… Cependant, n’ayant guère l’habitude de se livrer, elle choisit de se taire.
— M’en voulez-vous toujours ? tenta-t-il.
Elle secoua la tête.
— Alors, dépêchez-vous ! Vous allez être en retard pour le dîner si, comme je le pense, vous ne portez pas la tenue adaptée pour passer à table, conclut-il.

Elle retourna rapidement dans sa chambre où Élina l’attendait. N’ayant plus le temps de se baigner, elle se contenta de changer d’affaires avant de rejoindre la salle à manger. Seuls le roi et Adrien échangèrent des banalités pendant ce repas tristement silencieux. À la fin, Avelin vint demander à Aila l’heure et le lieu pour le cours de hagan. Attiré par leurs propos, Aubin sauta sur l’occasion de participer aux leçons, nullement découragé par les remarques d’Aila sur la difficulté de cette langue. Ils décidèrent de se retrouver dans la chambre d’Aubin immédiatement.

Confortablement installée au pied de la cheminée, elle se partagea entre perfectionnement pour Avelin et apprentissage pour Aubin. Pour amener le jeune prince à progresser en douceur, elle lui suggéra de se substituer à elle et d’enseigner le hagan à Aubin. Cet exercice se révéla très formateur pour lui. Il l’obligea à reprendre ses connaissances depuis le début et à les organiser. Graduellement, Avelin introduisit le vocabulaire de base, les règles de grammaire et de conjugaison à l’aide d’exemples simples, sous l’oreille vigilante d’Aila qui corrigeait la moindre erreur, rectifiant prononciations et tournures de phrase. Au bout d’une demi-cloche de travail intense, les trois amis se quittèrent, promettant de se retrouver le lendemain, même heure, même endroit.

Elle erra un moment dans les couloirs avant de regagner sa chambre, laissant flotter ses pensées. Soudain, la question d’Adrien resurgissait dans son esprit : « Vous l’aimez ? » Non, elle n’aimait pas Hubert, ceci apparaissait subitement comme une évidence. Comment pourrait-elle s’éprendre d’un homme qui la traitait avec autant de désinvolture ? À vrai dire, il la déconcertait, mais être troublée par une personne ne signifiait pas obligatoirement en être amoureuse. Elle sentait en lui un vrai besoin d’être aimé, le même que le sien, avec une fragilité similaire. Elle avait envie de le serrer contre elle pour le protéger des autres et de lui-même. Elle aurait voulu le rassurer et lui apprendre que la vie pouvait être belle. Elle y serait peut-être parvenue, s’ils avaient été différents, s’ils avaient partagé un peu plus, mais ce n’était pas le cas…
Mâchonnant sa graine de Canubre, elle rejoignit son lit, glissa sa main sous l’oreiller, pressentant le sommeil et le moment de retrouver les fées.
— Aila, bienvenue ! s’exclama Amylis qui l’attendait avec un sourire éclatant.
Elles partirent toutes les deux rapidement vers le lac où la jeune fille salua toutes ses amies. Toutes s’enquirent de sa santé et lui proposèrent de partager avec elle le pouvoir de l’eau. Au regard de l’extrême complexité de ce pouvoir, elles ne perdirent pas de temps et commencèrent l’apprentissage immédiatement. La nuit y passa et, à l’heure du premier rayon de soleil, la fée Esprit raccompagna Aila vers la porte entre leurs deux mondes.
— Amylis, j’oubliais ! Pouvez-vous remercier vos sœurs du petit coup de pouce pour les épées ? Si vous ne m’aviez pas secondée, j’aurais eu l’air plus que stupide…
Amylis se mit à rire doucement.
— Pas de souci ! Il y avait urgence, il me semble !
Aila se figea. Jamais encore, elle n’avait vu une fée rire et elle eut l’impression que l’univers entier entrait en vibration et étincelait de mille feux.
— Une dernière question, reprit-elle, est-ce vous qui m’avez appelée pour que j’aille sauver la femme et son bébé ?
— Non, je pensais que tu étais tombée sur eux par hasard. Pourquoi ?
— L’appel de l’homme a résonné dans ma tête, je ne l’ai vraiment entendu que lorsque nous sommes arrivés près de sa maison.
— Une vision, des appels mentaux, tout cela sonne de manière bien étrange et j’en parlerai à mes sœurs. Il serait utile de savoir l’expliquer. En tout cas, nous ferons ce que nous pourrons pour t’aider.
— L’Oracle peut-il en être à l’origine ?
— Pour la vision, c’est certain, mais pour l’appel, ce n’est qu’une possibilité parmi d’autres…
— Bonsoir, Amylis.
— C’est le matin, alors bonne journée, Aila !
Et Amylis rit de nouveau, enchantant la vie autour d’elle et le cœur d’Aila avec…


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