La Tribu Libre, tome 2 de la saga de fantasy de Catherine Boullery
La saga d'Aila  fantasy


fantasy

Note : 4.6 / 5 avec 283  critiques

Le début de l'histoire (avec un rappel du tome 1)

Aila a grandi dans le comté d'Antan, élevée par son oncle et entourée par Mélinda, la châtelaine et Hamelin, le mage du comté. Sa volonté est de devenir une combattante et, poussée par son oncle, elle participe à des joutes orchestrées dans le but de sélectionner les membres de la garde rapprochée du roi Sérain d'Avotour. Finalement choisie, elle commence par être envoyée en mission en compagnie du fils aîné du roi, Hubert. Peu à peu, ses talents de combattante empruntent des voies inhabituelles qui semblent décupler ses sens et sa perception du monde qui l'entoure. Troublée, elle ne découvre que plus tard l'origine de tous ces bouleversements, liée aux pouvoirs que les fées partagent avec elle à son insu. Dorénavant, la vie en a décidé pour elle, elle n'aura plus qu'autre choix que celui d'accepter ses nouvelles aptitudes et toutes les conséquences, bonnes ou moins bonnes, qu'elles induiront.

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L'heure est grave. Venu du nord, un empereur, Césarus, avance vers eux pour conquérir Avotour et tous les pays environnants. Il apparaît si puissant que tous doutent de leur capacité à le contrer. Convaincu de la nécessité de créer des alliances même avec leurs ennemis de toujours, Sérain d'Avotour envoie son fils cadet, Adrien, en compagnie d'Aila, vers le pays Hagan. La route des deux compagnons emprunte des chemins de traverse et amène la jeune fille à semer dans les esprits des villageois le souffle d'un espoir insensé : pour lutter contre Césarus et pourquoi pas le vaincre, la seule solution réside dans le fait de s'allier et de se battre tous ensemble pour la liberté.


Début du tome 2 - La Tribu Libre

Parvenue aux frontières du pays Hagan, Aila récupère les affaires d'une chamane, Marça, qui vient de rejoindre les esprits de la Terre. À peine la tenue revêtue et la bague passée à son doigt, elle se retrouve dans une grotte, accueillie par une femme cachée dans l'ombre. Cette dernière lui révèle qu'elle est à présent, Topéca, la première chamane guerrière. Aila, sans avoir la moindre idée de ce que signifie être chamane, endosse ce nouveau rôle sans joie… Accompagnée par Adrien devenu Kazar, elle quitte Avotour pour le pays Hagan.

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Plus rien ne va… Depuis qu'Aila est devenue Topéca, Adrien et elle se parlent à peine. Rapidement, le prince réalise que la jeune femme, une fois de plus, porte sur ses épaules un fardeau beaucoup trop lourd et tente la réconforter : Aila ne peut pas disparaître aussi facilement derrière Topéca. Rassérénée par les propos de son compagnon, la nouvelle chamane reprend la route sur les sentiers montagneux, le coeur apaisé.

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Leur chemin les mène à la rencontre de la tribu Appa dont le chef se nomme Quéra. Dès cet instant, Aila affirme sa nouvelle personnalité : elle est Topéca, la première chamane guerrière et le sol comme le ciel vibre sous sa puissance au son des clochettes de son kenda. Elle va d'ailleurs prouver rapidement à tous que les esprits de la Terre l'habitent en sauvant les uns après les autres les enfants de la tribu tombés malades. Cependant, chez Topéca comme chez Aila, rien n'est offert aux autres sans qu'elle en paye le prix. C'est sous les regards inquiets des mères de la tribu que la chamane épuise son énergie dans le seul but de préserver des vies.

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Mais la lutte ne fait que commencer. Derrière cette maladie insidieuse se cachent l'ombre de sorciers et leur perversité. Face à cette certitude, les détruire peu à peu devient une évidence, mais comment ? À présent, le moment est venu d'en affronter un parmi eux. Mais est-il possible de vaincre ces représentants du mal ? Quelle puissance nouvelle et inédite Aila - Topéca déploiera-t-elle pour y parvenir ?

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Parcourez les coups de cœur de mes premiers lecteurs

Cassandre, Incroyable roman, qui vous donne des frissons

Après le 1er tome, place au 2e que j'ai commencé à lire très rapidement ! Aila nous surprend une fois de plus avec ses nouveaux pouvoirs, son nouveau combat, ses nouvelles difficultés qui la font tant douter… Elle nous prend au coeur des tripes, on s'accroche, on suspend sa respiration à chaque action… On fait défiler les pages, au travail, en voiture, partout on l'on peut… La curiosité et l'affection que l'on porte aux personnages nous porte dans un univers magique et réel à la fois… Il entraîne également sur des réactions primaires, oui primaires ^^ un collègue m'a fait la blague de cacher mon livre quand je voulais le lire et je devais absolument finir la page pour comprendre un moment important du livre, je suis devenue folle à le chercher partout !!!!! Et quand je l'ai retrouvé, je lui ai fait passer un mauvais quart d'heure !!
J'ai fini le 2e tome il y a 3 jours et ma lecture préferée me manque !! vivement le 3e tome… Cela faisait très longtemps que je n'avais pas pris autant de plaisir à lire un livre… Un grand Bravo à cette auteur à un avenir très prometteur !!

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Romain, Envoûtant encore

… et c'est un exploit. Superbe.
Ce deuxième tome s'inscrit dans la foulée du premier, avec le même brio, un panache encore plus grand… et les mêmes forces et faiblesses malheureusement. Il faudra attendre le tome trois pour un peu plus d'ouverture.
Aila reste au centre d'un récit qui tour à tour vous donnera des ailes et vous vous fera sombrer dans le chagrin.
Catherine améliore encore son style, et nous fait vivre Aila-Topéca avec une force inédite.
Et rien d'autre. Si vous aimez votre fantasy uniquement pour les mondes créés, passez votre chemin. La saga d'Aila est uniquement celà — Aila. Et c'est sublime.
La force du tome deux est le chamanisme, non pas dans le récit raconté, mais dans le style de celui-ci. Il vous emporte dans quelque chose de plus grand, de vibrant… C'est la force évocatrice de l'écriture qui porte le récit et le rend possible.
Et une fin qui vous laissera sur vos dents… pendant une bonne partie du tome suivant également.
C'est avec regret que j'ai refermé le chapitre Topéca, et une grande tristesse de cette époque révolue pour Aila.

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SFFF-amateur, Très prenant

J'avais découvert le tome 1 grâce aux commentaires des lecteurs précédents et avait trouvé ce roman de fantasy très original.
Avec le tome 2, La Tribu Libre, le qualificatif « prenant » est plus approprié tant j'ai été est happé par la quête d'Aila dans les montagnes haganes, ses combats contre la sorcière et les sorciers, sa confrontation avec la grande souffrance, le château de Faraday — pour la partie action —, mais aussi par les nouvelles amitiés qui se nouent avec quelques Hagans, sa rencontre avec les chamans et les esprits de la terre et enfin l'apothéose de Topéca.
Que du bonheur dans un style alerte, que de l'action avec des rebondissements toujours inattendus, que des dialogues passionnants avec Adrien et Pardon, que de beaux sentiments avec Hang et Hatta…
Un point négatif pour équilibrer mon commentaire : le dernier chapitre m'a surpris au plus haut point et ce qui s'y passe a causé une immense frustration m'obligeant à acheter L'Oracle de Tennesse.

Sur Amazon
Math1977, Superbe

Encore une fois, Catherine Boullery nous emmène dans son univers. Si on vous êtes fan de Robin Hobb ou dans une moindre mesure du Seigneur des anneaux, cet univers pourra vous sembler familier, mais néanmoins original tant par les idées que par l'écriture fluide et efficace.
Ne prévoyez pas trop de choses à faire après avoir ouvert ce livre, on le dévore, comme le premier tome ! Je m'étonne cependant de ne pas trouver ce livre en papier… merci donc au format numérique de nous permettre de profiter de cette saga dont j'attends la suite, avec impatience !

Sur iTunes
Élodie, Une fois n'est pas coutume, j'attends avec impatience le tome 3 !

J'ai de nouveau plongé dans cet univers envoûtant et il était difficile d'en sortir. Alors que je lis de moins en moins en ce moment, j'ai profité de chaque minute de temps libre pour sortir mon livre de fantasy et avancer dans l'histoire.
Il est assez facile de s'identifier à ce personnage d'Aila. Elle cherche qui elle est vraiment (mais sait-on un jour réellement qui nous sommes ?) Du coup, sa quête dans ces différents mondes fait ressortir ses diverses personnalités (et chacun de nous se comporte différemment selon son environnement). En ajoutant bien sûr toutes les aventures qu'elle vit (mais qui n'a pas rêvé un jour de lâcher sa petite vie tranquille pour partir à l'aventure ?), ça donne un superbe roman ! Bravo !

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Anne-Claire, Quel bonheur de retrouver Aila !

Quel bonheur de retrouver Aila dans ce second tome et de se laisser de nouveau complètement happer par sa quête, portée par un souffle qui anime le livre du début à la fin et nous laisse au bout un peu haletant… et dans l'attente de repartir dans le tourbillon des aventures du tome 3, dès qu'il sortira! Un grand merci pour ce plaisir de lecture renouvelé!
Donc merci encore… et pas merci!
Merci encore pour le plaisir inouï que j'ai retrouvé à dévorer le 2e tome d'Aila. Et pas merci, car je l'ai stupidement commencé vers 19  h ce soir et que je le finis juste (minuit et demi passé), moi qui restais tranquillement à la maison pour me coucher tôt et me reposer un peu… !

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Laurie, La Tribu Libre d'une écrivaine libérée, audacieuse et percutante de génie : assurément à ne pas louper !

Après avoir découvert Aila dans le tome 1, je n'ai pu m'empêcher de me jeter avidement sur le second. Spielberg, James Cameron et compagnie devraient, je le pense, se pencher sur la littérature indépendante française. Celle-ci, grâce à des plateformes telles qu'UPblisher, se positionnant en complément des circuits Parisiens, voient de véritables talents émerger. C'est ce pourquoi je parle de littérature, car même si l'imaginaire et la fantaisie sont une force dans cette œuvre, elles ne l'en dépossèdent pas de son style d'écriture remarquable. Ici, nul empaquetage, nulle formule enrobée ; juste de l'essentiel, du pertinent, et du dépouillé. Un style qui va droit à l'imaginaire et au rêve. C'est bien le terme qui s'impose. La Tribu Libre, le pays hagan, Aila-Topéca : tout cet univers ne peut que transporter les âmes dans un monde parallèle « libre » à chacun. Tout lecteur y verra sa propre tribu libre, sa propre Aila, et construira ses propres espoirs sur ce synopsis. La projection est inévitable, et le voyage n'en est que plus beau.
Accrochez-vous, Catherine Boullery est une auteure qui n'a pas fini de vous surprendre. Son arme la plus douce réside dans l'envoûtement de ses textes. Le suspens qui y règne, la poétique et la poésie qui s'en dégagent, la stylistique de la magie et des sens: tout vous dépossèdera de votre quotidien pour un monde haut en couleurs. L'effet persistera même après avoir refermé la dernière page, et vous attendrez impatiemment le prochain tome.
Alors de ma petite expérience en lettres, j'apprécie l'ouverture de ces éditeurs. Ils ont eu raison de se pencher sur cette collection d’œuvres : la vie d'Aila vous rapportera !

PS : Quel supplice de ne pas savoir avec qui elle a passé sa dernière nuit au château d'Avotour…! Mais c'est génial : bravo… ! Ce sera un best seller…

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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Et les jours se succédèrent au château d’Avotour selon un rythme assez casanier qui pesait sur Aila. Elle ressentait le besoin de sortir de ces quatre murs dont l’exiguïté l’incitait à chevaucher longuement avec Lumière pour se changer les idées, souvent accompagnée d’Avelin et Aubin. Maintenant qu’elle avait apaisé ses relations avec Hubert, il lui tardait de partir en mission. Seulement, voilà, il fallait attendre les informations que rapporteraient Orian et Tristan… Heureusement, après trois semaines d’absence, le retour d’Eustache, l’homme à tout faire du roi, produisit de l’animation au château. Après s’être occupé d’Adam et de Pardon au début de leur expédition en Aroure, il avait profité de leur séjour pour visiter tous ses contacts. Seul Sérain semblait partager les secrets de ce bonhomme, plutôt petit et rusé, aux traits fins et mobiles, qu’Aila soupçonnait d’être uni au souverain par un lien plus intime que professionnel. Si elle s’amusa de son apparence parfois pompeuse, elle devina derrière son visage indéchiffrable, un esprit sagace et une efficacité à toute épreuve. Le plus drôle résidait dans cette double personnalité qu’il affichait. Il paraissait impossible de le manquer s’il avait choisi de se rendre visible ou de le remarquer s’il avait décidé de se faire oublier l’instant d’après : un personnage de l’ombre capable de vivre en pleine lumière et inversement, un individu aux multiples facettes…

Pour éviter de s’ennuyer quand elle ne chevauchait ni ne se battait au kenda, Aila partageait son temps avec son frère et ses camarades. Elle partait prospecter la bibliothèque du château ou se promenait avec Lomaï dans la ville haute. Son amie, un vrai rayon de soleil au quotidien, souriait en permanence lorsqu’elle ne riait pas aux éclats, débordant d’énergie, heureuse de tout et de rien. Par le plus grand des hasards, Aila avait découvert qu’elle prenait des cours d’équitation avec Sérain en personne. La combattante avait été stupéfaite par cet investissement royal, car n’importe qui ici aurait pu se substituer à lui. Elle conserva pour elle ce qu’elle avait vu, une petite voix lui soufflant que s’ils avaient voulu que cela se sût, ils en auraient parlé. Puis elle prolongeait sa soirée chez les fées avant qu’une journée analogue recommençât le lendemain…

Cependant, ce nouveau matin débuta différemment. Un signal de danger la réveilla en sursaut dans son lit, alors qu’au même moment la compagnie qui s’était rendue au village de l’aubergiste traversait au grand galop les rues d’Avotour vers le château. La première cloche venait de sonner. Elle s’habilla à toute vitesse et dévala les escaliers avant que quiconque dans la cour fût arrivé pour accueillir la troupe. Elle se précipita vers celui qui dirigeait en qui elle reconnut Aténor.
— Capitaine, je m’appelle Aila Grand et je me vois obligée, sans disposer de la moindre autorité, de vous demander de me faire confiance et de mettre immédiatement vos cavaliers en isolement, ainsi que vous-même. C’est une question de vie ou de mort, les vôtres et celles des habitants de la ville.
En face de cette toute jeune fille si sûre d’elle et en songeant à ce qu’il avait vécu dans le village qu’il venait de quitter, il n’hésita qu’un instant pour donner son accord et des ordres à ses hommes dans ce sens. Il emmena sa troupe vers une maisonnette vide qui servait d’entrepôt au château. De son regard, elle balaya toute la cour, n’observant qu’un nombre limité de personnes présentes et, selon elle, suffisamment éloignées du danger qu’elle pressentait. Elle lança son esprit vers elles pour être totalement rassurée, avant de pénétrer à la suite des soldats dans le baraquement. Son signal devint plus fort, alors qu’elle passait auprès d’un jeune homme à la mine pâle. Elle ne s’arrêta pas devant lui et, faisant face aux yeux braqués sur elle, elle se présenta :
— Bonjour à tous. Je suis Aila Grand et votre capitaine a accédé à ma demande en vous isolant temporairement. Je vous en explique la raison. Vous avez rapporté, dans vos corps, une maladie très contagieuse qui risque d’infecter tous ceux avec lesquels vous avez maintenu un contact prolongé. Cela a-t-il été le cas de l’un d’entre vous sur le chemin du retour ?
— Moi, ma dame, dit doucement le jeune soldat qu’elle avait remarqué. Ma vieille mère habite une lieue avant l’entrée de la ville et mon capitaine, comme nous avions été partis longtemps, m’a donné la permission de voir si elle ne manquait de rien.
— Vit-elle seule ? Risque-t-elle de rencontrer d’autres personnes ce matin ?
— Oui, elle vit seule et non, ma dame, elle ne sortira pas pendant les premières cloches. Elle attend que je revienne lui apporter ce dont elle a besoin.
— Très bien. Nous irons la chercher pour la traiter dès que j’aurai fini de vous soigner.
— Dame Aila, questionna le capitaine, sommes-nous tous menacés par cette maladie et, il se racla la gorge, risquons-nous de mourir ?
— Non parce que je vais vous guérir en commençant par ce jeune soldat qui me paraît le plus atteint. Enlevez tous votre harnachement, je vous prie.
Chacun se débarrassa de ses affaires et, quand le premier soldat s’avança, Aila se plaça devant lui. Elle posa d’abord ses mains sur ses cheveux, balayant de son esprit tout son corps, descendant de la tête vers les pieds sans découvrir la cause de cette infection. Volontaire, elle recommença très lentement cette fois, explorant à fond chaque organe, et parvint enfin à localiser la source du mal. Elle s’en rapprocha mentalement et l’enveloppa de son esprit pour l’analyser. Mais qu’était-ce vraiment ? Comment cette toute petite vésicule pouvait-elle être si meurtrière ? Elle frémit légèrement, mais ne s’affola pas tout en ressentant juste l’urgence de la situation avec une acuité quasi terrifiante. La magie des fées n’était pas conçue pour détruire, mais cette horreur en minuscule ne représentait pas réellement la vie ; bien au contraire, elle l’anéantissait sans regret ni remords, malgré son aspect anodin… Maintenant, comment allait-elle l’empêcher de nuire ? Cette interrogation la tarauda un instant, puis elle songea à ce que les fées lui avaient appris. Quel pouvoir conviendrait le mieux ? Le feu, la glace ? Cette alternative lui sembla inappropriée, elle détériorerait l’organe où s’abritait la bulle, donc la solution résidait ailleurs… Elle chercha parmi les éléments de la nature ceux susceptibles de l’aider et elle n’en trouva ni dans la terre, ni dans l’air, ni dans les plantes ou les animaux… Par les fées, il devait bien exister une chose à laquelle elle n’avait pas encore pensé ! Et comme une lumière intérieure, le remède se révéla à l’esprit d’Aila. Revigorée par son idée, elle fut certaine qu’elle allait réussir avec un des derniers dons de ses amies : façonner le cristal des fées… La pierre obtenue devenait indestructible, sauf quand elle était toute petite et là, elle serait minuscule. Focalisant son esprit comme le lui avait appris Amylis, elle cristallisa l’objet de tous les dangers avant de le réduire en une fine poudre inoffensive que le corps pourrait rapidement éliminer. Soulagée, elle soupira, elle avait triomphé ! Son cœur battait étrangement dans sa poitrine, partagée entre l’émotion et la fatigue, un sentiment de victoire et un autre de crainte irraisonnée. Petit à petit, Aila, en nage, reprenait conscience de ce qui l’entourait, alors que la deuxième cloche sonnait. Son malaise s’accentua lorsqu’elle réalisa qu’elle avait consacré plus d’une heure pour soigner un seul et unique homme… Maintenant qu’elle savait comment procéder, elle espéra que guérir le reste de la troupe s’effectuerait rapidement et sans trop d’efforts. Elle jeta un coup d’œil aux soldats. Ils attendaient leur tour, assis sur des bancs de fortune, animés par une nervosité que trahissaient leurs mains crispées ou leurs mouvements saccadés.
— Jeune homme, allez immédiatement chercher votre mère. Vérifiez qu’elle n’a établi de contact avec personne d’autre que vous et ramenez-la-moi le plus vite possible. Vu votre stade avancé de la maladie et son âge, il faut se dépêcher…
Il ne prit pas la peine de récupérer ses affaires et sortit de la pièce à toutes jambes. Elle entendit son cheval partir au triple galop.
— À vous, mon capitaine.
Un premier balayage rapide ne lui apprit rien de plus que chez le jeune soldat. Convaincue que le problème se situait dans le même organe, elle y retourna directement. Et ce fut exactement là qu’elle dénicha la bête meurtrière. Maintenant qu’elle la connaissait mieux, elle ne s’entoura pas de précautions supplémentaires et lui infligea un sort identique à la précédente. Elle procéda à un contrôle final qui lui indiqua que tout était rentré dans l’ordre.
— Capitaine, allez expliquer au roi ce que vous avez vu et compris. Je soigne vos hommes et, après, je viendrai lui offrir toutes les précisions nécessaires.
Elle poursuivit sa tâche avec les soldats restants. Quand, enfin, la dernière source de contagion eut disparu, elle s’assit, épuisée. Un bruit de cavalcade lui apprit que le jeune cavalier rappliquait avec sa mère dont les jambes flageolaient encore d’être montée pour la première fois de sa vie sur un cheval lancé au galop. Il rentra avec précipitation, la tirant derrière lui… Aila se redressa pour les accueillir, repoussant sa grande lassitude.
— Venez, brave femme, je vais vous soigner.
Aila recommença l’opération sur la vieille dame, certaine de parvenir à la guérir rapidement. Malheureusement, son signal de danger ne s’éteignit pas. Pensive, elle contrôla le jeune homme à nouveau et l’absence de risque de contagion chez lui la tranquillisa, puis revint à sa mère. Elle croisa son regard effrayé et l’apaisa gentiment, lui garantissant que tout serait bientôt terminé et qu’elle pourrait regagner sa chaumière. En elle-même, elle songea qu’elle devait découvrir avant tout la nouvelle origine de la menace qui persistait. Comme elle l’avait réalisé pour son fils, elle explora chaque organe de la femme, lentement, à la recherche d’une autre cause au signal. Ce fut presque par hasard qu’elle finit par la trouver, tapie au creux des reins, à peine accessible… Par les fées, il s’attaquait déjà à un autre organe ! Elle se hâta de la détruire, soulagée de constater aussitôt l’extinction de l’alerte. Quelle était donc cette entité destructrice qui se propageait aussi vite dans l’organisme et l’anéantissait progressivement ? Quelles étaient sa nature et son origine ? Elle se sentit submergée par toutes ces interrogations et, alors qu’elle vacillait de fatigue, le jeune soldat lui approcha une chaise sur laquelle elle s’assit. Absent, son regard erra un instant avant de revenir vers les hommes qui attendaient la permission de quitter l’endroit.
— Confirmez-moi, chacun individuellement, que vous n’avez pas établi, sur le chemin du retour depuis le village, d’autres contacts qu’avec cette femme ? Vous n’êtes pas fautifs, parce que vous ignoriez la gravité de ce que vous transportiez avec vous. Cependant, il est vital que je le sache.
Tous, chacun leur tour, secouèrent négativement la tête.
— Comment allaient les villageois de Pontet quand vous les avez quittés ?
— Mal, ma dame, ce qui nous a décidés à rentrer prévenir le roi. La situation nous dépassait, nous avons mis le village en quarantaine et revenions chercher de l’aide.
Adrien entra à ce moment.
— Aila, tout se déroule bien ?
Elle se leva, tremblant sur ses jambes. D’un geste naturel, le prince passa le bras au-dessous du sien pour la soutenir avec discrétion. Elle s’appuya sur lui, rassurée par son renfort.
— Je dois aller parler à votre père avant de partir le plus rapidement possible au village de l’aubergiste.
— Vous ne pourrez pas dans cet état, vous devez vous reposer.
— Pas maintenant, il faut se dépêcher…
Elle se tourna vers les soldats.
— Vous pouvez rentrer chez vous, mais si jamais l’un d’entre vous se souvenait d’un détail, d’un paysan croisé, d’un enfant rencontré, il devrait me prévenir au plus vite. C’est vital pour eux et pour nous !

Adrien, lui donnant toujours le bras, l’emmena voir son père.
— Aila ! s’exclama Lomaï en se précipitant vers elle. Qu’arrive-t-il ? Est-ce que tu vas bien ?
Aila la rassura d’un petit signe amical de la tête avant de s’adresser à Sérain :
— Sire, la situation est grave, voire périlleuse. Vos soldats sont revenus très atteints du village où ils patrouillaient. Nous affrontons une infection contagieuse dont j’ignore presque tout. Elle se transmet lors d’un contact prolongé entre deux personnes et attaque les organes successivement. Vos cavaliers ne s’étant arrêtés qu’une seule fois en cours de route, je crois avoir éliminé tout risque de propagation jusqu’à Avotour. Au départ très fragile, le vecteur de la maladie a gagné en puissance et va déboucher sur une épidémie destructrice. Je dois me mettre en chemin immédiatement !
— Je vous donne mon accord à votre départ, mais pas avant que vous vous soyez reposée. Votre objectif consiste à sauver des hommes, sans mourir d’épuisement avant ! Je vous ordonne donc de dormir une demi-cloche et, ensuite, vous n’aurez qu’à enfourcher votre cheval pour vous rendre là-bas.
Consciente de son abattement, elle l’approuva.
— Père, m’accordez-vous la permission de l’accompagner ? demanda Adrien.
— Ah ! non, c’est moi son partenaire ! Et j’y vais ! répliqua Avelin qui déboulait.
— Je crois que nous ne serons pas trop de deux pour affronter ce que je viens d’entendre. Je m’y rends avec toi si tu le veux bien, reprit Adrien.
— Pas de souci, plus on est de fous, plus on rit ! s’exclama son jeune frère.


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