La Tribu Libre, tome 2 de la saga de fantasy de Catherine Boullery
La saga d'Aila  fantasy


fantasy heroic

Note : 4.6 / 5 avec 225  critiques meilleur

Le début de l'histoire (avec un rappel du tome 1)

Aila a grandi dans le comté d'Antan, élevée par son oncle et entourée par Mélinda, la châtelaine et Hamelin, le mage du comté. Sa volonté est de devenir une combattante et, poussée par son oncle, elle participe à des joutes orchestrées dans le but de sélectionner les membres de la garde rapprochée du roi Sérain d'Avotour. Finalement choisie, elle commence par être envoyée en mission en compagnie du fils aîné du roi, Hubert. Peu à peu, ses talents de combattante empruntent des voies inhabituelles qui semblent décupler ses sens et sa perception du monde qui l'entoure. Troublée, elle ne découvre que plus tard l'origine de tous ces bouleversements, liée aux pouvoirs que les fées partagent avec elle à son insu. Dorénavant, la vie en a décidé pour elle, elle n'aura plus qu'autre choix que celui d'accepter ses nouvelles aptitudes et toutes les conséquences, bonnes ou moins bonnes, qu'elles induiront.

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L'heure est grave. Venu du nord, un empereur, Césarus, avance vers eux pour conquérir Avotour et tous les pays environnants. Il apparaît si puissant que tous doutent de leur capacité à le contrer. Convaincu de la nécessité de créer des alliances même avec leurs ennemis de toujours, Sérain d'Avotour envoie son fils cadet, Adrien, en compagnie d'Aila, vers le pays Hagan. La route des deux compagnons emprunte des chemins de traverse et amène la jeune fille à semer dans les esprits des villageois le souffle d'un espoir insensé : pour lutter contre Césarus et pourquoi pas le vaincre, la seule solution réside dans le fait de s'allier et de se battre tous ensemble pour la liberté.


Début du tome 2 - La Tribu Libre

Parvenue aux frontières du pays Hagan, Aila récupère les affaires d'une chamane, Marça, qui vient de rejoindre les esprits de la Terre. À peine la tenue revêtue et la bague passée à son doigt, elle se retrouve dans une grotte, accueillie par une femme cachée dans l'ombre. Cette dernière lui révèle qu'elle est à présent, Topéca, la première chamane guerrière. Aila, sans avoir la moindre idée de ce que signifie être chamane, endosse ce nouveau rôle sans joie… Accompagnée par Adrien devenu Kazar, elle quitte Avotour pour le pays Hagan.

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Plus rien ne va… Depuis qu'Aila est devenue Topéca, Adrien et elle se parlent à peine. Rapidement, le prince réalise que la jeune femme, une fois de plus, porte sur ses épaules un fardeau beaucoup trop lourd et tente la réconforter : Aila ne peut pas disparaître aussi facilement derrière Topéca. Rassérénée par les propos de son compagnon, la nouvelle chamane reprend la route sur les sentiers montagneux, le coeur apaisé.

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Leur chemin les mène à la rencontre de la tribu Appa dont le chef se nomme Quéra. Dès cet instant, Aila affirme sa nouvelle personnalité : elle est Topéca, la première chamane guerrière et le sol comme le ciel vibre sous sa puissance au son des clochettes de son kenda. Elle va d'ailleurs prouver rapidement à tous que les esprits de la Terre l'habitent en sauvant les uns après les autres les enfants de la tribu tombés malades. Cependant, chez Topéca comme chez Aila, rien n'est offert aux autres sans qu'elle en paye le prix. C'est sous les regards inquiets des mères de la tribu que la chamane épuise son énergie dans le seul but de préserver des vies.

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Mais la lutte ne fait que commencer. Derrière cette maladie insidieuse se cachent l'ombre de sorciers et leur perversité. Face à cette certitude, les détruire peu à peu devient une évidence, mais comment ? À présent, le moment est venu d'en affronter un parmi eux. Mais est-il possible de vaincre ces représentants du mal ? Quelle puissance nouvelle et inédite Aila - Topéca déploiera-t-elle pour y parvenir ?

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Parcourez les coups de cœur de mes premiers lecteurs

Cassandre, Incroyable roman, qui vous donne des frissons

Après le 1er tome, place au 2e que j'ai commencé à lire très rapidement ! Aila nous surprend une fois de plus avec ses nouveaux pouvoirs, son nouveau combat, ses nouvelles difficultés qui la font tant douter… Elle nous prend au coeur des tripes, on s'accroche, on suspend sa respiration à chaque action… On fait défiler les pages, au travail, en voiture, partout on l'on peut… La curiosité et l'affection que l'on porte aux personnages nous porte dans un univers magique et réel à la fois… Il entraîne également sur des réactions primaires, oui primaires ^^ un collègue m'a fait la blague de cacher mon livre quand je voulais le lire et je devais absolument finir la page pour comprendre un moment important du livre, je suis devenue folle à le chercher partout !!!!! Et quand je l'ai retrouvé, je lui ai fait passer un mauvais quart d'heure !!
J'ai fini le 2e tome il y a 3 jours et ma lecture préferée me manque !! vivement le 3e tome… Cela faisait très longtemps que je n'avais pas pris autant de plaisir à lire un livre… Un grand Bravo à cette auteur à un avenir très prometteur !!

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Romain, Envoûtant encore

… et c'est un exploit. Superbe.
Ce deuxième tome s'inscrit dans la foulée du premier, avec le même brio, un panache encore plus grand… et les mêmes forces et faiblesses malheureusement. Il faudra attendre le tome trois pour un peu plus d'ouverture.
Aila reste au centre d'un récit qui tour à tour vous donnera des ailes et vous vous fera sombrer dans le chagrin.
Catherine améliore encore son style, et nous fait vivre Aila-Topéca avec une force inédite.
Et rien d'autre. Si vous aimez votre fantasy uniquement pour les mondes créés, passez votre chemin. La saga d'Aila est uniquement celà — Aila. Et c'est sublime.
La force du tome deux est le chamanisme, non pas dans le récit raconté, mais dans le style de celui-ci. Il vous emporte dans quelque chose de plus grand, de vibrant… C'est la force évocatrice de l'écriture qui porte le récit et le rend possible.
Et une fin qui vous laissera sur vos dents… pendant une bonne partie du tome suivant également.
C'est avec regret que j'ai refermé le chapitre Topéca, et une grande tristesse de cette époque révolue pour Aila.

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SFFF-amateur, Très prenant

J'avais découvert le tome 1 grâce aux commentaires des lecteurs précédents et avait trouvé ce roman de fantasy très original.
Avec le tome 2, La Tribu Libre, le qualificatif « prenant » est plus approprié tant j'ai été est happé par la quête d'Aila dans les montagnes haganes, ses combats contre la sorcière et les sorciers, sa confrontation avec la grande souffrance, le château de Faraday — pour la partie action —, mais aussi par les nouvelles amitiés qui se nouent avec quelques Hagans, sa rencontre avec les chamans et les esprits de la terre et enfin l'apothéose de Topéca.
Que du bonheur dans un style alerte, que de l'action avec des rebondissements toujours inattendus, que des dialogues passionnants avec Adrien et Pardon, que de beaux sentiments avec Hang et Hatta…
Un point négatif pour équilibrer mon commentaire : le dernier chapitre m'a surpris au plus haut point et ce qui s'y passe a causé une immense frustration m'obligeant à acheter L'Oracle de Tennesse.

Sur Amazon
Math1977, Superbe

Encore une fois, Catherine Boullery nous emmène dans son univers. Si on vous êtes fan de Robin Hobb ou dans une moindre mesure du Seigneur des anneaux, cet univers pourra vous sembler familier, mais néanmoins original tant par les idées que par l'écriture fluide et efficace.
Ne prévoyez pas trop de choses à faire après avoir ouvert ce livre, on le dévore, comme le premier tome ! Je m'étonne cependant de ne pas trouver ce livre en papier… merci donc au format numérique de nous permettre de profiter de cette saga dont j'attends la suite, avec impatience !

Sur iTunes
Élodie, Une fois n'est pas coutume, j'attends avec impatience le tome 3 !

J'ai de nouveau plongé dans cet univers envoûtant et il était difficile d'en sortir. Alors que je lis de moins en moins en ce moment, j'ai profité de chaque minute de temps libre pour sortir mon livre de fantasy et avancer dans l'histoire.
Il est assez facile de s'identifier à ce personnage d'Aila. Elle cherche qui elle est vraiment (mais sait-on un jour réellement qui nous sommes ?) Du coup, sa quête dans ces différents mondes fait ressortir ses diverses personnalités (et chacun de nous se comporte différemment selon son environnement). En ajoutant bien sûr toutes les aventures qu'elle vit (mais qui n'a pas rêvé un jour de lâcher sa petite vie tranquille pour partir à l'aventure ?), ça donne un superbe roman ! Bravo !

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Anne-Claire, Quel bonheur de retrouver Aila !

Quel bonheur de retrouver Aila dans ce second tome et de se laisser de nouveau complètement happer par sa quête, portée par un souffle qui anime le livre du début à la fin et nous laisse au bout un peu haletant… et dans l'attente de repartir dans le tourbillon des aventures du tome 3, dès qu'il sortira! Un grand merci pour ce plaisir de lecture renouvelé!
Donc merci encore… et pas merci!
Merci encore pour le plaisir inouï que j'ai retrouvé à dévorer le 2e tome d'Aila. Et pas merci, car je l'ai stupidement commencé vers 19  h ce soir et que je le finis juste (minuit et demi passé), moi qui restais tranquillement à la maison pour me coucher tôt et me reposer un peu… !

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Laurie, La Tribu Libre d'une écrivaine libérée, audacieuse et percutante de génie : assurément à ne pas louper !

Après avoir découvert Aila dans le tome 1, je n'ai pu m'empêcher de me jeter avidement sur le second. Spielberg, James Cameron et compagnie devraient, je le pense, se pencher sur la littérature indépendante française. Celle-ci, grâce à des plateformes telles qu'UPblisher, se positionnant en complément des circuits Parisiens, voient de véritables talents émerger. C'est ce pourquoi je parle de littérature, car même si l'imaginaire et la fantaisie sont une force dans cette œuvre, elles ne l'en dépossèdent pas de son style d'écriture remarquable. Ici, nul empaquetage, nulle formule enrobée ; juste de l'essentiel, du pertinent, et du dépouillé. Un style qui va droit à l'imaginaire et au rêve. C'est bien le terme qui s'impose. La Tribu Libre, le pays hagan, Aila-Topéca : tout cet univers ne peut que transporter les âmes dans un monde parallèle « libre » à chacun. Tout lecteur y verra sa propre tribu libre, sa propre Aila, et construira ses propres espoirs sur ce synopsis. La projection est inévitable, et le voyage n'en est que plus beau.
Accrochez-vous, Catherine Boullery est une auteure qui n'a pas fini de vous surprendre. Son arme la plus douce réside dans l'envoûtement de ses textes. Le suspens qui y règne, la poétique et la poésie qui s'en dégagent, la stylistique de la magie et des sens: tout vous dépossèdera de votre quotidien pour un monde haut en couleurs. L'effet persistera même après avoir refermé la dernière page, et vous attendrez impatiemment le prochain tome.
Alors de ma petite expérience en lettres, j'apprécie l'ouverture de ces éditeurs. Ils ont eu raison de se pencher sur cette collection d’œuvres : la vie d'Aila vous rapportera !

PS : Quel supplice de ne pas savoir avec qui elle a passé sa dernière nuit au château d'Avotour…! Mais c'est génial : bravo… ! Ce sera un best seller…

Sur UPblisher


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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Aila se leva de bonne heure pour vérifier ses affaires : sa ceinture à onguents, son livret de feuilles, son livre des fées, son arc. Elle empaqueta ses vêtements pour confectionner un sac à la fois léger et compact. Elle présumait qu’Eustache ne les laisserait pas partir sans leur avoir délivré ses dernières instructions. Pour se fondre dans le paysage hagan, Adrien et elle devraient revêtir des tenues adaptées et elle ne s’imaginait pas transporter jusque-là, à dos de cheval, de gros manteaux en peau pour les altitudes élevées et leur froidure. Elle verrait ces détails avec le prince en fin de matinée. Elle sortit un instant de sa chambre pour se retrouver devant Avelin. Il semblait hésiter à frapper, ne sachant pas s’il risquait de réveiller quelqu’un. Il paraissait tristounet.
— Bonjour, Avelin. En forme pour un petit voyage avec ton père ?
— Cela aurait été plus drôle avec toi !
— Ne sois pas déçu. Tu as réellement progressé en hagan et surtout, tu poursuis l’entraînement avec Aubin, même sans moi pour notre prochaine mission ! Promis ?
— D’accord, mais ce n’est pas juste… Ton frère est devenu meilleur que moi et, cela, en très peu de temps…
— Au fait, dis à ton père de demander à Lomaï qu’elle vous accompagne. Sa présence se révélera importante. N’oublie pas. Et puis, quand, sur le chemin du retour, vous croiserez Adam et Pardon, entraînez-les avec vous. Vous serez tout juste assez de quatre et d’une femme pour vous confronter à la mangeuse d’hommes, la fameuse reine Alsone d’Estanque. Tu y penseras ?
— Aila, c’est à moi que tu parles ?
Elle secoua la tête. Était-elle encore partie ailleurs ?
— J’ai raconté quelque chose ?
— Oui, sur Lomaï, Adam, Pardon et une reine croqueuse d’hommes !
— Ah ! Eh bien, agis comme moi, ne te pose pas de questions et exécute ce que je dis !
Doucement, elle l’entoura de ses bras avant de l’étreindre très fort.
— Aubin et toi allez me manquer, terriblement…
— Tu vas nous manquer aussi… Et moi, en plus, je raterai le spectacle de tes aventures ! Vraiment, je n’ai pas de chance !
— Allez, ce n’est que partie remise ! Je suis certaine que nous en vivrons d’autres ensemble. Bon voyage à toi et sois bien prudent !
— Bien sûr ! Tu ne crois quand même pas que je vais prendre des risques ! Bon, je file et j’éviterai qu’Eustache me tire les oreilles pour mon retard !

Élina, fidèle à elle-même, arriva avec trois plateaux qu’elle posa sur la table, tandis qu’Aila partait réveiller Niamie en douceur.
— Bonjour, ma puce, bien dormi ?
La gamine ouvrit les yeux, émergeant difficilement de ses rêves.
— Bonjour, Aila.
Elle se redressa pour se blottir aussi sec dans les bras d’Aila. Un instant, décontenancée par cette marque d’affection, la jeune fille se mit à caresser doucement ses cheveux.
— Viens vite prendre ton petit déjeuner.
Les trois filles se retrouvèrent attablées devant leur plateau, mangeant avec appétit.
— Niamie, je vais partir en Hagan, mais sans toi, tu restes ici. Je te confie à Eustache. Tu l’as vu, ce monsieur pas très grand, mais qui a l’air très malin ! Je lui demanderai de se charger de ton éducation : il t’apprendra à lire, à compter et à écrire. Je lui recommanderai aussi de t’entraîner à monter à cheval et à tirer à l’arc. Je serai de retour dans quelques mois. Cela dépendra du succès de notre mission.
— Tu pars avec qui ?
— Avec sire Adrien.
— Et tu vas faire quoi ?
— Notre objectif consiste à convaincre les Hagans de se battre avec nous contre le Tancral et son empereur.
— Vous réussirez, c’est certain. Et la prochaine fois, il faudra que tu m’emmènes. Je vais bien travailler pour être prête quand tu reviendras et je partirai avec toi !
Aila scruta la petite fille des yeux, sa fourchette suspendue dans le vide. Niamie avait l’air si sérieuse, comme si elle savait quelque chose qu’Aila ignorait pour être si affirmative et volontaire. Même Lomaï perçut cet échange silencieux entre Aila et Niamie. Elle décida de rompre la tension particulière qui s’était installée.
— Et moi, Aila, que me conseilles-tu en ton absence ? Je peux m’occuper de Niamie, également. Je pourrais lui trouver un kenda et lui apprendre les premières notions de combat, qu’en penses-tu ?
Aila se secoua et tourna la tête vers Lomaï.
— Il faut que tu accompagnes Sérain en Estanque, c’est indispensable. Tu empêcheras les hommes de commettre des bêtises, envoûtés par la sensualité féline de la reine. Je compte sur toi.
— Mais, Aila, le roi ne m’a pas conviée, et je ne peux pas m’imposer ainsi…
— Je crois très sincèrement qu’il prendra ta requête au sérieux. Et puis, tu n’auras pas à t’en préoccuper, j’ai déjà chargé Avelin de lui en parler…
Lomaï parut soulagée, ce qui intrigua un peu Aila, tandis que son regard revenait à Niamie. Elle observait la petite fille manger avec application tout en essayant de comprendre comment, après avoir perdu toute sa famille, elle demeurait si sereine. Indubitablement, aucun sentiment ne la troublait, et pourtant elle exprimait une telle demande d’amour dans son désir de ne pas quitter Aila, que ce fût à Pontet ou lors de son câlin matinal.
— Niamie ?
Elle releva la tête et posa ses yeux verts dans ceux d’Aila. La jeune fille affronta son regard intense.
— Quand je reviendrai, nous pourrons retourner dans ton village si tu veux aller te recueillir là où repose ta famille…
— Ne te donne pas cette peine, Aila. Maman m’a bien expliqué qu’elle et papa veilleraient toujours sur moi où que je sois. À Pontet, quand la maladie a surgi, elle redoutait de nous voir tous mourir. Et puis, comme je ne suis pas tombée malade tout de suite, elle a recommencé à espérer que je pourrais m’en sortir et elle m’a offert son pendentif. Regarde, je les ai tous avec moi !
Niamie extrayait de son vêtement un bijou extraordinaire, en cristal transparent avec un réservoir clos par un petit couvercle coulissant. Aila demeura bouche bée.
— Depuis longtemps, maman avait mis une mèche de cheveux de chacun de nous, pour que, quoi qu’il arrive, nous restions tous ensemble. Et puis, quand tu m’as sauvée, j’ai su ce que je devais faire, je devais te suivre parce que tu étais devenue ma nouvelle famille. Ainsi, je ne vivrai plus jamais seule ! C’est vrai, je les porte sur moi et je t’ai, toi !
Niamie lui sourit avec une candeur étonnante. Légèrement émue, Aila lui ébouriffa les cheveux d’un geste maladroit.
— Ta maman était sûrement une femme extraordinaire pour avoir su te protéger malgré son absence.
— Pourquoi ? Ta maman à toi, elle ne l’aurait pas fait ?
— Si, tu as raison. Elle l’a fait à sa façon… J’avais moi aussi une maman fantastique.
— Pourquoi ? Elle est morte aussi ?
— Oui, quand j’étais toute petite, j’avais deux ans.
— Oh !… Alors, tu as eu moins de chance que moi. J’en aurai profité onze ans. Si un jour, tu veux en parler avec moi, je t’écouterai.
La gravité et l’empathie de Niamie la frappèrent, ses paroles ressemblaient plus à celles d’un adulte qu’à celles d’une fillette de cet âge-là et, dans le même temps, elle affichait une forme de naïveté ou plus simplement de pureté, un mélange incroyable de maturité et de fraîcheur chez cette enfant singulière, une enfant hors norme à l’image de la combattante qu’Aila était devenue. Elles étaient destinées à se croiser. Cependant, Aila connaissait la douleur de grandir sans famille et elle aurait préféré ne jamais rencontrer Niamie si, en échange, cette dernière avait conservé ses parents…
— C’est très gentil, Niamie. Je me le rappellerai…

Le petit déjeuner avalé, Aila se rendit au manège pour s’entraîner. Elle y retrouva Avelin et Aubin qui, au fait de ses petites manies, l’attendaient de pied ferme. La séance débuta. Le jeune prince progressait de façon sidérante. Il faisait de plus en plus corps avec son kenda, s’oubliant dans un ballet endiablé sous le regard appréciateur d’Aila. Aubin, s’il avait largement dépassé Avelin en hagan, se débrouillait bien, mais sans égaler la dextérité d’Avelin. Ses gestes sûrs et ses attaques mûrement réfléchies créaient un inconvénient de taille : il prévoyait tout, avec une méthode très efficace, et, hélas, le partage avec le kenda restait encore trop superficiel. Il se raisonnait trop, un peu comme Hubert, mais dans une moindre mesure, car ce dernier acceptait le pouvoir du kenda. Peut-être le prince aîné avait-il enfin compris sa magie ?
— Je peux me joindre à vous ? demanda Adrien qui arrivait avec un sourire aux lèvres.
— Vous vous êtes tous donné le mot pour venir me polluer mon heure de solitude ou quoi ? persifla Aila. Pour la peine, je vous prends contre moi. Laissons Avelin et Aubin entre eux, ils se débrouillent très bien.
— Holà ! Vous mettez la pression au modeste débutant que je suis…
Aila esquissa un sourire ironique.
— Alors, c’est le moment ou jamais de progresser, sinon je vous fais mordre la poussière !
L’affrontement débuta. Aila fut immédiatement persuadée que son futur partenaire devait s’entraîner en cachette, ses progrès considérables depuis les derniers cours l’attestaient. Elle prit plaisir à le pousser dans ses retranchements et lui à la repousser, atteignant les limites de ce qu’il savait. Ils s’arrêtèrent à la fin d’une séquence particulièrement physique, le souffle court.
— Je vais vous montrer une prise très utile pour immobiliser, créer une pression sur une personne ou la tuer.
Elle pensa ne lui présenter que la première partie des enchaînements qu’elle avait enseignés à Hubert, la seconde lui ayant laissé un goût amer… Ainsi, elle resterait l’esprit clair et éloigné de l’émotion irrationnelle qui l’avait envahie la fois précédente.
— Prenez votre kenda. Sentez-le, écoutez-le.
Suivant ses propres conseils, elle ferma les yeux, cédant au sentiment que le vent simultanément puissant et doux qui tourbillonnait autour d’elle l’emportait. Elle n’avait jamais ressenti le lien de façon aussi exceptionnelle avec son kenda. Il lui donnait l’impression de lui raconter une histoire qu’elle ne comprenait pas, mais qui la transportait ailleurs… La voix d’Aubin la tira de son voyage lointain :
— Aila, tu es où ?
— Pardonnez-moi. C’est mon kenda, il… Non, ce n’est rien, balbutia-t-elle, dans un murmure.
Elle répéta devant eux plusieurs fois l’exercice qu’ils devaient réaliser dans un combat tournant. De nouveau concentrée, elle corrigeait chaque erreur de position, de geste, les poussait à renforcer le lien avec leur arme et à ressentir en permanence son influence pour mieux réagir aux attaques.
— Je peux me joindre à vous ?
Aila se retourna pour découvrir Hubert. Elle hocha la tête brièvement et se plaça en face de lui pour la joute. Aila fut stupéfaite des progrès qu’elle observa dans son comportement. Cela conforta son idée que les deux frères s’exerçaient ensemble à son insu. L’héritier semblait avoir accepté la partie magique du kenda et, partageant son esprit avec lui, il devenait impressionnant. Subjuguée par le changement total d’Hubert, Aila, admirative, se laissa emporter par son élan. Puis, quand il sauta en arrière dans les airs et effectua son renversement, il se retrouva derrière elle, bloquant son cou, le bâton appuyant sur sa gorge. Personne n’avait été dupé par la résistance moindre qu’elle avait opposée, mais la prouesse d’Hubert déclencha une salve d’applaudissements de la part de son frère et d’Aubin. Aila, dégagée de la prise du kenda, afficha un sourire approbateur.
— Si tu y arrives, nous aussi ! s’exclama Avelin. Allez, on recommence !
Tout le monde se remit à la tâche et Aila laissa les deux princes aînés se confronter entre eux. À les regarder anticiper avec autant de facilité les attaques de l’autre, le doute ne fut plus permis, ces deux-là avaient décidé de multiplier discrètement les entraînements ! Le groupe se sépara bientôt, Adrien et elle étant attendus par Eustache dont la patience n’était pas la qualité première.

Le bain préparé par Élina fut agréable et rapide. Par souci de se présenter sous son meilleur profil à Eustache, Aila revêtit sa tenue de garde. Sur le point de quitter la pièce, elle soupira.
— Élina, quand je serai partie, vous me manquerez. Comment vais-je faire maintenant pour manger, me laver et m’habiller toute seule ?
— Je suis certaine que vous vous débrouillerez à la perfection. Il vous faudra retrouver vos habitudes d’antan !
— C’est bien ce qui me fait peur ! Je ne vais plus savoir !
Élina rit avec légèreté.
— Je crois que vous devriez vous presser. Sire Eustache n’aime pas attendre…
— C’est juste, j’y cours !
Malheureusement, descendre les escaliers quatre à quatre ne lui permit pas de remonter le temps et elle arriva après l’heure convenue, reçue par le regard noir et sévère d’Eustache.
— Vous êtes en retard, dame Grand !
S’il voulait se jouer d’elle ainsi, elle allait lui rendre la pareille !
— Vous avez tout à fait raison ! Je vous présente mes excuses. Et maintenant, j’entre ou je repars ?
Eustache émit un grognement peu clair qu’Aila prit pour un assentiment et elle s’assit à côté d’Adrien, lui jetant un coup d’œil complice auquel il répondit par un sourire à peine ébauché.
— Je disais donc, reprit Eustache, que vous n’auriez pas pu transporter sur vos chevaux les tenues que je vous ai préparées pour résister au grand froid hagan. Elles vous attendent désormais chez un ami à moi dont je vous donnerai l’adresse et qui habite à la frontière commune entre Épicral, Hagan et Uruduo. Ce sera d’ailleurs par ce comté que vous devrez rentrer dans leur territoire. Je vous ai prévu des manteaux en fourrure, des vêtements en peau et des bottes, ainsi que des chapeaux et il vous faudra troquer vos coursiers contre d’autres. En effet, leurs doubles poneys, aguerris à l’altitude, sont râblés et puissants, tandis que vos chevaux, plus grands et fins, ne passeraient pas inaperçus et peineraient en altitude.
Aila s’en doutait, mais à l’entendre le dire avec autant de clarté, elle se sentit toute triste de quitter Lumière… Saisissant son inquiétude informulée, Eustache leur précisa que les montures resteraient, le temps de la mission, chez son ami qui les traiterait parfaitement jusqu’à leur retour. Aila se mordit la lèvre et le regard d’Eustache s’arrêta sur elle. Par les fées, lui aussi lisait en elle comme dans un livre ouvert. Cela l’agaçait de penser qu’elle était si transparente que la moindre de ses idées se déchiffrait sur son visage sans difficulté.
— Je vous écoute, mademoiselle Grand.
— J’ai besoin d’une robe de chamane.
Les yeux d’Eustache cillèrent. Cela ne devait pas lui arriver souvent de se faire surprendre. Se reprenant, il fronça les sourcils.
— Et ça vous est venu comme cela ?
— En fait, je sais que j’en ai besoin depuis quelques secondes…
— Les femmes chamanes, comme les chamanes d’ailleurs, se font de plus en plus rares en Hagan et leurs robes d’autant plus que celles qui survivent les portent !
Aila rougit involontairement. À nouveau, Eustache grommela de façon inaudible. Réprimant à grand-peine un geste d’énervement, il ajouta :
— Bon ! je m’en occupe ! J’envoie un message à mon ami dès maintenant, dégourdi comme il est, il va bien vous dégotter quelque chose. Voici son nom : Nestor Aldebar. Il habite dans le village de Niankor juste ici, dit-il en désignant un point sur la carte. Vous y laisserez toutes vos affaires et Nestor vous donnera tous les accessoires nécessaires pour que vous soyez Hagans des pieds à la tête. Oubliez vos armes, kendas et autres, il vous fournira des arcs courts et des épées ainsi que l’équipement adapté pour les chevaux. Si jamais vous aviez besoin de lui, il vous suffira de lui expédier un message et il saura réagir de manière appropriée et efficace. Vous pouvez lui faire confiance. Nestor vous procurera de la monnaie hagane, mais le troc fonctionne à merveille. Voici ce que je vous ai préparé pour pratiquer des échanges. Les grands chefs hagans en raffolent pour décorer leurs armes.
Il se saisit d’un coffret qu’il ouvrit sur de petites pierres précieuses et quelques bijoux qui se mirent à scintiller sous les yeux incrédules d’Aila, tandis qu’Adrien ne semblait pas le moins du monde impressionné.
— Il faudra les insérer dans les doublures de vos vêtements et les utiliser avec parcimonie, expliqua Eustache.
Il les confia à Adrien, au grand soulagement d’Aila qui n’aurait pas aimé en endosser la responsabilité.
— Voilà, j’ai fait le tour de la question. À présent, vous pouvez aller régler les derniers détails de votre mission entre vous dans la salle à manger, je dois instruire d’autres personnes avant le repas.

Aila et Adrien ne se le firent pas dire deux fois et déguerpirent de la pièce, croisant Orian et Tristan qui attendaient leur épreuve. Elle sourit intérieurement en pensant que le mage recevrait le même traitement que le prince et elle. Elle les salua et, à nouveau, elle perçut le regard pénétrant qu’Orian posait sur elle.
— Dame Aila, je désirerais m’entretenir avec vous, chez moi, après le déjeuner, l’interpella-t-il.
Elle acquiesça et rejoignit Adrien qui l’escomptait pour gagner la salle à manger.
— Avez-vous une idée précise de la façon de conduire notre mission ? questionna Adrien.
— Non, pas encore, sire.
— Et en aurez-vous une bientôt ?
Aila soupira. Pourquoi les décisions graves échouaient-elles continuellement sur ses épaules ? Quand elle n’avait même pas à y penser et que la solution fusait toute seule d’on ne savait où, cela allait, mais lorsqu’elle avançait en terrain inconnu, attendant que subitement qu’elle sût comment faire, c’était assurément trop ingrat !
— Je l’ignore. Je le saurai quand…
Elle s’arrêta. Elle le saurait quand elle le saurait… Il fallait être vraiment niaise pour débiter de telles platitudes.
— … quand enfin une petite voix dans votre tête daignera vous renseigner…, termina Adrien, venant à son secours.
— C’est fort joliment dit et bien mieux que ce que j’avais trouvé. Merci.
Elle lui sourit.
— Pas trop dépité de partir avec moi ?
Aila, surprise par cette question, répliqua :
— Pourquoi le serais-je ? Cela me donnera l’occasion de faire la connaissance de celui des trois princes que j’ai le moins fréquenté.
— Et des comparaisons ?
— Quelle idée ! Non ! C’est le genre de manège qui tourne à vos dépens !
Ils rirent aux éclats.
— En tout cas, Avelin est vraiment déçu de ne pas se mettre en route avec vous. Je n’ai cessé d’en entendre parler depuis hier…
— Je pense surtout qu’il regrette de ne pas entreprendre l’aventure tout court, avec ou sans moi. Il doit considérer qu’accompagner votre père n’est que la continuité de ce qu’il fait quotidiennement…
— Il y a sûrement une part de vrai dans vos propos, mais je crois que vous sous-estimez son envie de s’engager à vos côtés pour la vivre ! Il n’arrête pas de me seriner que je ne vais pas m’ennuyer ! J’ai déjà observé le train d’enfer que nous avons mené au village de Pontet et si j’en juge par tout ce que vous avez traversé depuis votre arrivée, je serai tenté de lui accorder ce crédit, donc, sans le moindre doute, je ne vais pas m’ennuyer !
Il rit de nouveau et Aila le considéra avec intérêt, sa prestance l’avait marquée au premier coup d’œil. Pourtant, rien chez lui ne semblait le distinguer des autres. Des traits réguliers et harmonieux donnaient à son visage une sérénité apparente. Il était assez grand sans afficher de carrure particulièrement imposante. Malgré tout, une touche subtile dans son attitude et son regard captait l’attention, peut-être ses yeux si caractéristiques aux reflets mouchetés, si différents des prunelles bleues d’Hubert et si diamétralement opposés dans ce qu’ils laissaient transparaître… Quand elle y repensa, elle se dit que sa première impression du prince aîné n’avait guère été flatteuse pour cet homme qu’elle avait trouvé falot. Ce n’était que, par la suite, qu’elle s’était sentie troublée par ce qu’il dégageait. À présent, elle avait identifié ses sentiments et l’appréciait pour ce qui ne demandait qu’à s’exprimer chez lui et qui, par petites touches, semblait enfin émerger. Il avait fait preuve de brio tout à l’heure lors de sa démonstration. Il aurait pu se passer quelque chose entre eux s’il avait été moins arrogant et si elle n’avait pas été Aila… De fait, cela faisait beaucoup trop de conditions irréalisables ! Aujourd’hui, de toute façon, il allait se marier et sa vie prenait un chemin divergent. Son existence de femme s’arrêterait bientôt et ce type de préoccupations ne lui embrumerait plus l’esprit. Cela expliquait peut-être pourquoi elle devenait enfin lucide sur ses sentiments et ce qu’elle en attendait : rien.

Les autres membres de la troupe royale arrivèrent par petits groupes et le repas débuta rapidement. Plus qu’un repas, ce fut un moment de discussion, en particulier à propos des différentes missions suivantes. Attentive, Aila écoutait tous les échanges. À plusieurs reprises, elle croisa le regard d’Hubert sans donner l’apparence de s’y attarder, principalement chaque fois que l’on parlait de sa future promise, Schizée de Wallanie. Le roi partagea des détails ainsi qu’une esquisse de ladite demoiselle qu’il venait de recevoir. Si Hubert fit tout son possible pour la récupérer rapidement, ce fut sans compter sur Avelin qui s’en empara et la fit circuler de mains en mains, sous les sifflements tout à la fois connaisseurs et moqueurs des hommes attablés. Quand le croquis parvint à Aila, elle contempla une jeune femme superbe, aux traits remarquables, vêtue d’une tenue charmante qui ne cachait que ce qu’il fallait, suggérant habilement le reste de ses attraits. Si le talentueux dessinateur avait valorisé les qualités physiques de Schizée, qui n’étaient pas des moindres, il avait également laissé transpercer une espèce de détermination implacable qu’Aila perçut. L’attitude décidée de la princesse dévoilait un soupçon d’arrogance… Un peu rouge, Hubert paraissait passablement énervé lorsqu’il arracha le portrait aux dernières mains qui le tenaient pour le dissimuler définitivement aux yeux de tous.
— Alors ça, je n’y crois pas ! On te choisit une femme et toi, tu ne tombes pas sur le laideron de la famille, non, non, mais sur une beauté aux formes voluptueuses ! Ce n’est pas à moi que cela arriverait ! s’exclama Avelin.
— À moins que l’esquisse ne soit plus flatteuse que la réalité ! objecta Adrien.
— Non, non, précisa Orian. Je connais cette Schizée de vue. Elle est encore plus belle que le croquis ne le dévoile. De plus, consciente de la portée de ses attraits, elle maîtrise la séduction avec talent et, il faut le lui reconnaître, avec intelligence, mais…
Le mage laissa en suspens la fin de sa phrase. Il était clair que tous avaient perçu l’égoïsme de la jeune princesse derrière sa mine attirante. De toute évidence, le prince héritier aurait surtout voulu être oublié dans la discussion et essaya plusieurs fois de changer de sujet sans hélas y parvenir, car son petit frère, complètement sous le charme, ne cessait de parler de la nouvelle promise de son frère ! Tout au contraire, Adrien sembla particulièrement taciturne…


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