La Tribu Libre, tome 2 de la saga de fantasy de Catherine Boullery
La saga d'Aila  fantasy


fantasy roman

Note : 4.6 / 5 avec 225  critiques meilleur

Le début de l'histoire (avec un rappel du tome 1)

Aila a grandi dans le comté d'Antan, élevée par son oncle et entourée par Mélinda, la châtelaine et Hamelin, le mage du comté. Sa volonté est de devenir une combattante et, poussée par son oncle, elle participe à des joutes orchestrées dans le but de sélectionner les membres de la garde rapprochée du roi Sérain d'Avotour. Finalement choisie, elle commence par être envoyée en mission en compagnie du fils aîné du roi, Hubert. Peu à peu, ses talents de combattante empruntent des voies inhabituelles qui semblent décupler ses sens et sa perception du monde qui l'entoure. Troublée, elle ne découvre que plus tard l'origine de tous ces bouleversements, liée aux pouvoirs que les fées partagent avec elle à son insu. Dorénavant, la vie en a décidé pour elle, elle n'aura plus qu'autre choix que celui d'accepter ses nouvelles aptitudes et toutes les conséquences, bonnes ou moins bonnes, qu'elles induiront.

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L'heure est grave. Venu du nord, un empereur, Césarus, avance vers eux pour conquérir Avotour et tous les pays environnants. Il apparaît si puissant que tous doutent de leur capacité à le contrer. Convaincu de la nécessité de créer des alliances même avec leurs ennemis de toujours, Sérain d'Avotour envoie son fils cadet, Adrien, en compagnie d'Aila, vers le pays Hagan. La route des deux compagnons emprunte des chemins de traverse et amène la jeune fille à semer dans les esprits des villageois le souffle d'un espoir insensé : pour lutter contre Césarus et pourquoi pas le vaincre, la seule solution réside dans le fait de s'allier et de se battre tous ensemble pour la liberté.


Début du tome 2 - La Tribu Libre

Parvenue aux frontières du pays Hagan, Aila récupère les affaires d'une chamane, Marça, qui vient de rejoindre les esprits de la Terre. À peine la tenue revêtue et la bague passée à son doigt, elle se retrouve dans une grotte, accueillie par une femme cachée dans l'ombre. Cette dernière lui révèle qu'elle est à présent, Topéca, la première chamane guerrière. Aila, sans avoir la moindre idée de ce que signifie être chamane, endosse ce nouveau rôle sans joie… Accompagnée par Adrien devenu Kazar, elle quitte Avotour pour le pays Hagan.

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Plus rien ne va… Depuis qu'Aila est devenue Topéca, Adrien et elle se parlent à peine. Rapidement, le prince réalise que la jeune femme, une fois de plus, porte sur ses épaules un fardeau beaucoup trop lourd et tente la réconforter : Aila ne peut pas disparaître aussi facilement derrière Topéca. Rassérénée par les propos de son compagnon, la nouvelle chamane reprend la route sur les sentiers montagneux, le coeur apaisé.

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Leur chemin les mène à la rencontre de la tribu Appa dont le chef se nomme Quéra. Dès cet instant, Aila affirme sa nouvelle personnalité : elle est Topéca, la première chamane guerrière et le sol comme le ciel vibre sous sa puissance au son des clochettes de son kenda. Elle va d'ailleurs prouver rapidement à tous que les esprits de la Terre l'habitent en sauvant les uns après les autres les enfants de la tribu tombés malades. Cependant, chez Topéca comme chez Aila, rien n'est offert aux autres sans qu'elle en paye le prix. C'est sous les regards inquiets des mères de la tribu que la chamane épuise son énergie dans le seul but de préserver des vies.

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Mais la lutte ne fait que commencer. Derrière cette maladie insidieuse se cachent l'ombre de sorciers et leur perversité. Face à cette certitude, les détruire peu à peu devient une évidence, mais comment ? À présent, le moment est venu d'en affronter un parmi eux. Mais est-il possible de vaincre ces représentants du mal ? Quelle puissance nouvelle et inédite Aila - Topéca déploiera-t-elle pour y parvenir ?

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Parcourez les coups de cœur de mes premiers lecteurs

Cassandre, Incroyable roman, qui vous donne des frissons

Après le 1er tome, place au 2e que j'ai commencé à lire très rapidement ! Aila nous surprend une fois de plus avec ses nouveaux pouvoirs, son nouveau combat, ses nouvelles difficultés qui la font tant douter… Elle nous prend au coeur des tripes, on s'accroche, on suspend sa respiration à chaque action… On fait défiler les pages, au travail, en voiture, partout on l'on peut… La curiosité et l'affection que l'on porte aux personnages nous porte dans un univers magique et réel à la fois… Il entraîne également sur des réactions primaires, oui primaires ^^ un collègue m'a fait la blague de cacher mon livre quand je voulais le lire et je devais absolument finir la page pour comprendre un moment important du livre, je suis devenue folle à le chercher partout !!!!! Et quand je l'ai retrouvé, je lui ai fait passer un mauvais quart d'heure !!
J'ai fini le 2e tome il y a 3 jours et ma lecture préferée me manque !! vivement le 3e tome… Cela faisait très longtemps que je n'avais pas pris autant de plaisir à lire un livre… Un grand Bravo à cette auteur à un avenir très prometteur !!

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Romain, Envoûtant encore

… et c'est un exploit. Superbe.
Ce deuxième tome s'inscrit dans la foulée du premier, avec le même brio, un panache encore plus grand… et les mêmes forces et faiblesses malheureusement. Il faudra attendre le tome trois pour un peu plus d'ouverture.
Aila reste au centre d'un récit qui tour à tour vous donnera des ailes et vous vous fera sombrer dans le chagrin.
Catherine améliore encore son style, et nous fait vivre Aila-Topéca avec une force inédite.
Et rien d'autre. Si vous aimez votre fantasy uniquement pour les mondes créés, passez votre chemin. La saga d'Aila est uniquement celà — Aila. Et c'est sublime.
La force du tome deux est le chamanisme, non pas dans le récit raconté, mais dans le style de celui-ci. Il vous emporte dans quelque chose de plus grand, de vibrant… C'est la force évocatrice de l'écriture qui porte le récit et le rend possible.
Et une fin qui vous laissera sur vos dents… pendant une bonne partie du tome suivant également.
C'est avec regret que j'ai refermé le chapitre Topéca, et une grande tristesse de cette époque révolue pour Aila.

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SFFF-amateur, Très prenant

J'avais découvert le tome 1 grâce aux commentaires des lecteurs précédents et avait trouvé ce roman de fantasy très original.
Avec le tome 2, La Tribu Libre, le qualificatif « prenant » est plus approprié tant j'ai été est happé par la quête d'Aila dans les montagnes haganes, ses combats contre la sorcière et les sorciers, sa confrontation avec la grande souffrance, le château de Faraday — pour la partie action —, mais aussi par les nouvelles amitiés qui se nouent avec quelques Hagans, sa rencontre avec les chamans et les esprits de la terre et enfin l'apothéose de Topéca.
Que du bonheur dans un style alerte, que de l'action avec des rebondissements toujours inattendus, que des dialogues passionnants avec Adrien et Pardon, que de beaux sentiments avec Hang et Hatta…
Un point négatif pour équilibrer mon commentaire : le dernier chapitre m'a surpris au plus haut point et ce qui s'y passe a causé une immense frustration m'obligeant à acheter L'Oracle de Tennesse.

Sur Amazon
Math1977, Superbe

Encore une fois, Catherine Boullery nous emmène dans son univers. Si on vous êtes fan de Robin Hobb ou dans une moindre mesure du Seigneur des anneaux, cet univers pourra vous sembler familier, mais néanmoins original tant par les idées que par l'écriture fluide et efficace.
Ne prévoyez pas trop de choses à faire après avoir ouvert ce livre, on le dévore, comme le premier tome ! Je m'étonne cependant de ne pas trouver ce livre en papier… merci donc au format numérique de nous permettre de profiter de cette saga dont j'attends la suite, avec impatience !

Sur iTunes
Élodie, Une fois n'est pas coutume, j'attends avec impatience le tome 3 !

J'ai de nouveau plongé dans cet univers envoûtant et il était difficile d'en sortir. Alors que je lis de moins en moins en ce moment, j'ai profité de chaque minute de temps libre pour sortir mon livre de fantasy et avancer dans l'histoire.
Il est assez facile de s'identifier à ce personnage d'Aila. Elle cherche qui elle est vraiment (mais sait-on un jour réellement qui nous sommes ?) Du coup, sa quête dans ces différents mondes fait ressortir ses diverses personnalités (et chacun de nous se comporte différemment selon son environnement). En ajoutant bien sûr toutes les aventures qu'elle vit (mais qui n'a pas rêvé un jour de lâcher sa petite vie tranquille pour partir à l'aventure ?), ça donne un superbe roman ! Bravo !

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Anne-Claire, Quel bonheur de retrouver Aila !

Quel bonheur de retrouver Aila dans ce second tome et de se laisser de nouveau complètement happer par sa quête, portée par un souffle qui anime le livre du début à la fin et nous laisse au bout un peu haletant… et dans l'attente de repartir dans le tourbillon des aventures du tome 3, dès qu'il sortira! Un grand merci pour ce plaisir de lecture renouvelé!
Donc merci encore… et pas merci!
Merci encore pour le plaisir inouï que j'ai retrouvé à dévorer le 2e tome d'Aila. Et pas merci, car je l'ai stupidement commencé vers 19  h ce soir et que je le finis juste (minuit et demi passé), moi qui restais tranquillement à la maison pour me coucher tôt et me reposer un peu… !

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Laurie, La Tribu Libre d'une écrivaine libérée, audacieuse et percutante de génie : assurément à ne pas louper !

Après avoir découvert Aila dans le tome 1, je n'ai pu m'empêcher de me jeter avidement sur le second. Spielberg, James Cameron et compagnie devraient, je le pense, se pencher sur la littérature indépendante française. Celle-ci, grâce à des plateformes telles qu'UPblisher, se positionnant en complément des circuits Parisiens, voient de véritables talents émerger. C'est ce pourquoi je parle de littérature, car même si l'imaginaire et la fantaisie sont une force dans cette œuvre, elles ne l'en dépossèdent pas de son style d'écriture remarquable. Ici, nul empaquetage, nulle formule enrobée ; juste de l'essentiel, du pertinent, et du dépouillé. Un style qui va droit à l'imaginaire et au rêve. C'est bien le terme qui s'impose. La Tribu Libre, le pays hagan, Aila-Topéca : tout cet univers ne peut que transporter les âmes dans un monde parallèle « libre » à chacun. Tout lecteur y verra sa propre tribu libre, sa propre Aila, et construira ses propres espoirs sur ce synopsis. La projection est inévitable, et le voyage n'en est que plus beau.
Accrochez-vous, Catherine Boullery est une auteure qui n'a pas fini de vous surprendre. Son arme la plus douce réside dans l'envoûtement de ses textes. Le suspens qui y règne, la poétique et la poésie qui s'en dégagent, la stylistique de la magie et des sens: tout vous dépossèdera de votre quotidien pour un monde haut en couleurs. L'effet persistera même après avoir refermé la dernière page, et vous attendrez impatiemment le prochain tome.
Alors de ma petite expérience en lettres, j'apprécie l'ouverture de ces éditeurs. Ils ont eu raison de se pencher sur cette collection d’œuvres : la vie d'Aila vous rapportera !

PS : Quel supplice de ne pas savoir avec qui elle a passé sa dernière nuit au château d'Avotour…! Mais c'est génial : bravo… ! Ce sera un best seller…

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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Retournant vers le château, Aila, songeuse, n’arrivait pas à déterminer si repartir en mission avec Hubert la rendait heureuse. Effectivement, ils avaient réussi à se supporter de manière raisonnable, mais toute décision donnait lieu à des emportements de part et d’autre. Pour elle, c’était normal, elle était comme cela, mais dans le cas du prince ? Même devant les bêtises de son jeune frère, il restait calme ; elle était donc la seule qui le faisait sortir de ses gonds… Et puis ce fichu bal où elle devrait de nouveau porter une robe et ressembler à une princesse… Une nouvelle fois, elle allait danser et jouer son rôle de promise. Catastrophe ! Tout ce qu’elle détestait ! Au moins, Élina saurait quoi faire pour choisir tenue et coiffure.

La journée s’achevait. Aila retourna tôt dans sa chambre pour s’isoler. Elle s’allongea dans son lit quand l’idée de vérifier si son livre des fées était encore là lui traversa l’esprit. Elle passa sa main sous l’oreiller pour l’en retirer et contempla une nouvelle fois sa couverture aux nuances changeantes, presque vivantes. Elle l’effleura d’un geste et glissa dans le paysage. Le battement de son cœur s’accéléra, elle était revenue au pays des fées… Pivotant sur elle-même, elle ne savait comment réagir lorsqu’un nuage de papillons dorés l’enveloppa. Le souvenir de la nuit chez Argue la frappa de plein fouet. Voilà où elle l’avait vu ! Elle s’en souvenait à présent ! Les papillons s’étoffèrent à vue d’œil et elle se retrouva entourée, non plus par de minuscules petits êtres dorés, mais par des fées magnifiques à taille humaine. Bouche bée, elle observa leur métamorphose, admirant chacune d’elles. Toutes la fascinaient… Avec amusement, la jeune fille constata que si les fées grandissaient, ce n’était pas le cas de leurs ailes dorées qui restaient miniatures à battre lentement dans leur dos.
— Bonjour, dit timidement Aila.
— Tu arrives bien tôt aujourd’hui, il n’est que…
Saisie, Amylis s’arrêta :
— Mais tu ne dors pas ?
— Non, je devrais… ? répondit-elle, perplexe.
— Non. C’est parfait ainsi. Je me présente, je m’appelle Amylis et voici mes sœurs. Nous attendions ta visite depuis longtemps et nous sommes heureuses de te rencontrer.
Aila ne savait plus où regarder, son regard glissant d’une fée à l’autre, d’une silhouette gracieuse, que parait une robe fluide, à une autre. Elle admira leurs yeux en amande aux couleurs fluctuantes, leurs cheveux longs aux nuances claires qui s’associaient en boucles entremêlées ou en mèches lisses et souples.
— Est-ce moi qui dois sauver votre magie ? demanda-t-elle, toujours aussi impressionnée.
Les boucles châtain foncé d’Amylis semblaient flotter autour de son visage et ses yeux si lumineux fixèrent Aila avec tendresse.
— Non, tu n’es malheureusement pas notre héritière, mais tu représentes notre seule chance de la trouver… Alors, nous allons bien prendre soin de toi pour que tes pas te mènent vers elle avant notre disparition !
Aila avait le sentiment d’avoir déjà vécu cette scène et, dans sa tête, tout s’embrouillait. Perturbée, elle se força à écouter la fée qui poursuivait :
— Comme tu portes tous nos espoirs et que nous souhaitons t’accompagner dans ta quête, nous allons partager notre magie avec toi. Nous en sommes les huit représentantes, chacune avec un pouvoir spécifique. Voici Tétys, la fée Lumière.
La plus petite des fées, avec des prunelles flamboyantes, s’approcha d’Aila et lui sourit.
— Je sais créer le feu ou les éclairs. Je peux retarder légèrement la nuit ou le jour, ou l’avancer. Je peux réchauffer ou refroidir et même jouer avec le soleil.
Une autre fée dont les yeux dorés rayonnaient de douceur intervint :
— Je m’appelle Lysaille et je suis la fée Terre.
Aila sentit la bonne odeur du champ tout juste retourné monter à ses narines. Baissant ses paupières un instant, elle inspira à fond, s’imprégnant de sa force et de sa richesse. Son regard glissa sur la magnifique chevelure auburn de la fée avant de saluer la suivante.
— Et moi, c’est Oulys. Je suis la fée Sève, se présenta-t-elle, juste à sa droite.
Des mèches châtain aux reflets cuivrés retombaient autour de ses yeux d’un vert étincelant. Tout autour d’elle se développa un cocon de végétation, des branches d’abord, entrelacées, puis les feuilles, de la petite pousse au bouquet émeraude et frémissant et enfin les fleurs, délicates et parfumées, qui s’épanouirent en quelques secondes. Pétrifiée, Aila ne quittait pas la scène du regard, partagée entre le rêve et la réalité.
— Je suis Fylis, la fée Onde.
Un sourire doux fit pétiller ses yeux dont la couleur changeait à chaque instant, comme la mer en mouvement. Repoussant ses boucles blondes, elle créa d’un geste un geyser d’eau qui retomba en fines gouttes de pluie autour d’elle. La suivante s’exprima d’une voix grave, presque surprenante pour une personne aussi fluette :
— Je me nomme Errys et je suis la fée Mère. Je prends soin de tous mes enfants. Je leur offre la vie, je les soigne, je les fais grandir et je les guide quand l’heure de partir est venue.
Avec une infinie douceur, elle toucha le bras d’Aila qui oublia toutes ses appréhensions. La jeune fille plongea son regard dans le sien, attirée par leurs reflets mouvants aux teintes mordorées.
— Je suis la fée Souffle, je m’appelle Myle et le vent m’accompagne, expliqua la fée à sa droite.
— Moi, je me nomme Blysse, la fée Vie.
Aila se retrouva entourée par une multitude d’êtres vivants qui gambadaient autour d’elle sur une immense sphère en mouvement. C’était magnifique ! Incroyable, absolument impossible et tellement réel…
— J’écoute et j’entends tout ce que me disent les êtres vivants, poursuivit Blysse.
— Et pour terminer, je suis Amylis, la fée Esprit.
Elle fit naître dans sa main une fleur qui se transforma en oiseau, avant de venir se percher sur l’épaule d’Aila et de disparaître dans un nuage de paillettes étincelantes.
— Allons nous installer sur la rive du lac, nous pourrons nous détendre et parler, proposa la fée Esprit.
Suivant les fées, Aila déboucha sur une clairière et le panorama qui se dévoila à elle la saisit. Aussi loin qu’elle pouvait observer, un lac, miroitant comme une pluie d’étincelles, s’étendait à perte de vue. De majestueux arbres séculaires aux branches pendantes encadraient ce paysage paradisiaque. Émerveillée, son regard ne cessait de passer d’un endroit à l’autre jusqu’au moment où elle se résigna à rejoindre les fées, disposées en cercle sur un tapis d’herbe et de fleurs. Ces dernières avaient laissé une place vacante où Aila s’assit en tailleur. Étrangement, cette scène dégageait une impression de déjà vu et, pourtant, ce n’était pas possible…
— Maintenant, Aila, nous allons te raconter notre histoire, mais en tant que fée Esprit, je m’adresserai directement au tien, associée à mes sœurs, ce sera plus simple et cela te donnera un aperçu de ce que nous pouvons réaliser.

Ce fut ainsi qu’Aila découvrit la douceur de vivre que les fées offraient aux hommes par leur présence. Ensemble, ils vivaient dans une telle harmonie que, même à travers les images qui défilaient dans sa tête, elle perçut l’indéfectible amour qui les unissait. Leurs talents s’y succédaient comme une vague de bonté qui déferlait dans la vie des humains. Elle eut une vision fugitive des amants interdits et de la fulgurance de leur passion qui les poussa à dépasser leur peur naturelle de la mort. L’abnégation totale d’elle-même qu’elle détecta dans le regard d’Eery la troubla profondément. Sa gorge se noua quand, au milieu des images de l’histoire des hommes et de leurs amies, le visage de sa mère apparut l’espace d’un instant avec le même regard passionné… Mais était-ce bien sa mère ? Elle revécut le dernier conseil où les fées décidèrent de devenir invisibles aux yeux des hommes et où ceux-ci se résignèrent. Vint le moment où ils assistèrent à la lente disparition des fées de leur perception visuelle, tandis qu’une immense souffrance les envahissait, détruisant en eux tout bonheur de vivre. Ils avaient partagé tant, pendant si longtemps que leur absence creusa un gouffre à leurs pieds. Ils vacillèrent devant lui, hésitant à y sombrer, puis, peu à peu, s’en éloignèrent, sauvés par l’oubli. Elle versa une larme quand elle réalisa que, pour survivre à leur perte, les êtres humains devaient oublier les fées et qu’elles mouraient de cette indifférence ! La dernière image de toutes ces fées endormies pour l’éternité dans une grotte gigantesque se grava dans sa tête comme une vérité absolue, leur disparition était irrémédiable.
— Voici notre histoire, Aila. Nous sommes condamnées à disparaître, mais nous avons trop aimé les hommes pour les laisser seuls en face de l’adversité. Nous connaissons la misère qui règne en Avotour et la peine de ses habitants blessés par la vie. Malheureusement, notre force a trop faibli pour tous les aider.
De façon fugitive, le beau visage d’Amylis se troubla et Aila n’y lut plus qu’une grande lassitude doublée de tristesse. Puis tout s’effaça et la fée Esprit poursuivit comme si de rien n’était :
— Aila, tu es la première depuis bien des années à pouvoir nous rencontrer et tu es notre dernière chance. Tu dois accompagner les hommes grâce à nos pouvoirs et les sauver jusqu’à la naissance de l’héritière. Après, quand elle aura accepté et recueilli nos pouvoirs, nous pourrons disparaître à jamais, le cœur en paix. Consens-tu à nous aider ?
— Oui, bien sûr, mais que dois-je accomplir ?
— Revenir ce soir quand tu t’endormiras, c’est le seul moment où nous pouvons te transmettre nos pouvoirs, les uns après les autres.
À nouveau, Aila se sentait mal à l’aise : l’impression de revivre sans cesse les mêmes scènes la harcelait et la nausée l’envahit. Mal assurée sur ses jambes, elle tenta de se lever avant de retomber sur le sol, très faible. Toutes les fées se précipitèrent vers elle ; la fée Mère apposa ses mains avec une infinie douceur sur les tempes d’Aila, tandis qu’Amylis recherchait le contact avec son esprit. La jeune fille reprit un peu de force, mais restait complètement désorientée. Elle lança un regard bouleversé vers Amylis, son esprit perdu dans une extrême confusion.
Les traits contractés par l’inquiétude de la fée se relâchèrent et Amylis poussa un immense soupir.
— Tout ceci est de notre faute… Si nous avions su… Si seulement nous pouvions agir autrement, tu ne serais pas dans cet état-là… Je te présente toutes mes excuses.
Aila essayait de retrouver des repères. Tout s’avérait si différent dans ce monde nouveau et inconnu. Soudain, l’image d’Aubin émergea dans son esprit et, comme une bouée de sauvetage, elle s’y accrocha avec l’énergie du désespoir. Petit à petit, les pièces de sa conscience se remirent en place et elle s’apaisa.
— Que voulez-vous dire, Amylis ? s’enquit-elle, avec anxiété.
— Tu es déjà entrée ici, plusieurs fois. Nous avons obtenu ton accord et le partage de notre magie avec toi a commencé.
— Mais… mais je m’en souviendrais !
— Non, tu arrives quand tu t’endors et j’efface les souvenirs de ton passage parmi nous lorsque tu repars.
— Mais pourquoi ?
— Pour éviter ce que tu viens de vivre ! Tu apprends avec ton inconscient et nous faisons coexister deux êtres en toi : un qui partage nos pouvoirs et un qui ignore tout de nous. Ceci revient presque à mettre deux personnes différentes dans un même corps. Si les deux se rencontrent, leurs esprits se télescoperont et s’affronteront jusqu’à ce qu’un seul l’emporte sur l’autre. Nous avions peur que tu sois absorbée par ce pouvoir avant d’être suffisamment aguerrie pour lui résister. Comment ton bon sens pouvait-il, sans se troubler, assimiler un tel flot de connaissances magiques ? Et quand la raison flanche, la folie guette…
— Et c’est ce qui vient de m’arriver ?
— En quelque sorte… Mais, comme tu peux le constater, tu n’es pas devenue folle. Je ne sais si nous devons ce prodige à ta robuste constitution ou à une chance infinie, mais je suis heureuse que tu ailles bien. L’inquiétude nous troublait tellement que nous cherchions sans répit une solution pour t’amener à concilier ces deux entités distinctes sans te faire mal. Malheureusement, pour l’instant, nous n’avions rien trouvé…
Petit à petit, Aila achevait de remettre ses idées en place, ses souvenirs anciens et récents. Une douleur lancinante martelait ses tempes.
— Je peux te soulager si tu le désires, intervint la fée Mère.
Aila acquiesça, laissant Errys s’occuper d’elle. Rapidement, son état s’améliora et la jeune fille se redressa.
— Je comprends à présent d’où je tiens ces pouvoirs qui me dépassaient… Et ce soir, je reviens pour la suite ?
— Non, pas cette nuit, Aila. Je crois que tu as réussi assez d’exploits pour aujourd’hui ! Je suis impressionnée par le fait que tu t’es adaptée aussi promptement à cette dualité. Je ne voudrais pas faire basculer ce fragile équilibre en allant trop vite. Demain sera bien assez tôt pour poursuivre notre partage. En t’endormant, tu n’auras qu’à toucher le livre.
— Et maintenant, vous n’effacerez plus mes souvenirs ?
Amylis jeta un coup d’œil vers ses sœurs avant de répondre :
— Non, désormais ta résistance hors du commun devrait te permettre d’assimiler nos pouvoirs et de te les rappeler sans problèmes.
— Est-ce la magie qui provoque mes nausées le matin ?
— Des nausées ! Mais tu ne nous en avais jamais parlé ! Fée Terre, s’il te plaît, apporte-moi des graines de Canubre. Dorénavant, tu en mâcheras une avant de te coucher, ceci devrait les éliminer. Et si elles ne disparaissent pas en totalité, elles deviendront tolérables. Désires-tu encore quelque chose ?
— Oui, une dernière question…, ou peut-être plusieurs. Pourquoi est-ce que j’utilise vos dons malgré moi ? Et pourquoi ma volonté seule ne peut-elle les solliciter ? Et pourquoi… ?
Aila s’arrêta. Elle se sentait épuisée et ses idées s’obscurcissaient de nouveau.
— À présent que tu es consciente de tes pouvoirs, le bon choix se fera naturellement, mais la magie ne sera pas disponible à tout moment… En effet, nous ne pouvons t’en donner qu’un accès illimité parce que nous ne disposons plus de force. Nous tentons, comme nous le pouvons, de préserver l’énergie qui nous reste…
— Alors, il faut que je restreigne son utilisation pour ne pas vous affaiblir trop vite !
— Aila ! Tout va bien. Fais ce que tu as à faire, sans tenir compte de nous ! Il suffira naturellement qu’une d’entre nous survive jusqu’au transfert complet de nos pouvoirs pour tous les sauver…
Aila eut peur de comprendre. Elle revit toutes ces fées sans vie étendues dans la grotte et déglutit douloureusement avant d’enchaîner :
— Vous êtes en train de me dire que, lors de chacun des partages de votre magie avec moi, des fées meurent…
« Dites-moi que je me trompe », supplia-t-elle, dans sa tête. Amylis la regarda sans tristesse.
— Pas une fée, mais une partie d’elle…, telle est notre destinée ! Et nous sommes fières de l’accomplir. Succomber ne signifie rien, puisque nous survivrons dans l’héritière et chaque fée que nous sommes donnera sa vie sans regret pour ne pas disparaître tout à fait. Si nous réussissons, ce sera grâce à toi, Aila. Et puis, n’oublie pas que si tu peux utiliser nos dons, c’est parce que nous l’acceptons et même que nous le souhaitons ! T’en souviendras-tu ? Au lit maintenant ! Et pour dormir cette fois ! Je te conseille de prendre une graine dès à présent pour éviter une éventuelle nausée demain matin.
Attristée par l’idée de leur sacrifice, elle embrassa toutes les fées, les étreignant avec ferveur. Comment des êtres aussi merveilleux pouvaient-ils disparaître ? Elle s’apprêtait à les quitter, le cœur rempli d’amertume et de regrets.
Toutes l’accompagnèrent pour lui dire au revoir dans un joyeux brouhaha. Puis elle se retrouva seule dans sa chambre. Rapidement, elle mit sa chemise et s’étendit loin du livre pour ne pas le toucher par inadvertance. Alors que le sommeil s’emparait d’elle, les dernières images dans son esprit ne furent plus celles d’un petit être doré, mais d’une multitude de fées aux noms étranges et de leur magie que les hommes avaient reçue comme un don.


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