L'Ultime Renoncement, tome 8 de la saga de fantasy de Catherine Boullery
La saga d'Aila  fantasy


fantasy meilleur

Note : 4.6 / 5 avec 266  critiques lectrice

Le début de l'histoire

Résumé du tome 7 - Un Éternel Recommencement

Quand Allora de Srill, auprès de qui il s’était engagé, l’a relevé de sa promesse, Kerryen a épousé Ellah. De leur union est née une petite fille, Amylis, et la famille vit heureuse dans la forteresse d’Orkys, capitale du Guerek ou presque… En effet, de son actuelle histoire, Ellah a conservé une grande vulnérabilité à laquelle elle résiste grâce à la présence de Kerryen et de son bébé. Sur le point de fêter le premier anniversaire de la victoire sur Césarus, le château se prépare à accueillir des visiteurs, des proches comme des curieux. De façon contradictoire, Allora annonce son départ du Guerek à Ellah, lui expliquant qu’elle a renoncé à Kerryen, alors qu’elle l’aimait, en raison des sentiments qu’elle avait devinés entre eux.

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De son côté, Adélie qui n’a jamais cessé de vouer à la porte une vénération, ce matin-là, se rend devant elle, bercée par une magie conciliante. Parallèlement à un bruit sourd extérieur, un changement d’éclairage la dérange, puis trois silhouettes se dessinent dans la lumière. Les nouveaux arrivants, Pardon et ses enfants, espérant tomber sur Aila, sont déstabilisés par cet accueil imprévu associé à la différence de langage que Tristan ne parvient pas à corriger. La cloche d’alerte sonnée, Kerryen débarque l’épée au poing, bientôt suivi d’Ellah et d’Amaury. Reconnue par les visiteurs, la reine se décompose, tandis que Pardon ne désire plus que repasser la porte pour mettre fin au cauchemar de voir sa femme avec un autre homme.

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Dans une pièce plus confortable d’Orkys, la discussion entre les nouveaux venus et Ellah ne se révèle pas pour autant plus facile, principalement en raison du silence de Pardon, dévasté, et celui habituel de Tristan. Ellah leur apprend qu’elle est arrivée presque deux ans plus tôt elle ne se souvient plus de rien. Par politesse, elle les invite cependant à rester aussi longtemps qu’ils le souhaitent. Alors que Pardon désire uniquement fuir cet endroit, Naaly obtient un délai pour renouer avec sa mère. Montant dans les étages, elle la retrouve dans sa chambre et se découvre une petite sœur, Amy ou plutôt Amylis.

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Pendant ce temps, perturbé par les propos échangés, Tristan se promène dans la forteresse, se posant des questions auxquelles personne d’autre que lui ne semble songer. Où sont-ils et quand ? Avant de rejoindre son père, Naaly redescend dans les sous-sols et observe quelques mouvements de troupes souterrains. Le trio réuni, ses membres envisagent de repasser la porte, mais Ellah les invite à fêter avec eux le premier anniversaire de la victoire du Guerek, permettant du même coup à Tristan d’associer les pièces ; il comprend qu’ils ont atterri dans la forteresse du Guerek qu’ils ont connue en ruines, le jour même où celle-ci a été attaquée. Pressé par l’urgence, grâce au retour d’un léger contrôle de la magie, il parvient à partager les pensées, contournant la barrière de la langue. Ainsi, Kerryen apprend que sa cité sera totalement détruite et que son roi finira les os brisés. Cependant, Tristan leur explique que le passé précédent peut avoir été modifié par la venue d’Ellah et, que le déroulement des événements actuels peut différer du premier. Au même moment, Naaly parle des mouvements observés dans les sous-sols et l’alerte est donnée : le château est attaqué par l’intérieur, mais aussi par l’extérieur. Pardon et Naaly accompagnent Kerryen pour défendre le lieu, tandis qu’Ellah met Amy à l’abri. Quand Inou réalise l’absence d’Adélie, Tristan se propose de partir la rechercher. Sa fille en sécurité, la reine rejoint les combattants dans la cour. Malheureusement, la forteresse apparaît perdue. Organisant la fuite du personnel par le souterrain, les yeux d’Adélie se posent sur Pardon qui a généré chez elle des sentiments inédits, pendant que ce dernier, définitivement éprouvé, découvre le bébé du couple. Alors qu’ils atteignent la salle de la porte, Kerryen annonce à Ellah qu’elle doit suivre son ancienne famille en raison du pacte qui l’oblige à respecter un vœu unique de sa part. Malgré sa colère, elle ne peut refuser et, sa fille dans le bras, passe les ondes avec Pardon et ses enfants. Dès cet instant, Kerryen ordonne à ses hommes de la détruire.

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Quand ils reprennent pied, Naaly identifie la grotte initiale, tandis qu’Ellah est affolée de ne rien reconnaître, dont la maison vide de Mukin. Son désarroi est partagé par le groupe conscient des différences entre le moment du départ et celui de leur retour. Tristan finit par leur avouer leur triste réalité : le changement du passé avec la venue d’Aila a effectivement modifié le présent actuel. Soit leur ennemie grimée existe encore et a manipulé Aila provoquant leur quête, soit c’est le contraire et donc, à l’instant, ils vivent toujours en Avotour. Au même moment, Ellah comprend que treize ans se sont peut-être écoulés et, totalement bouleversée, emprunte le souterrain vers la forteresse. À destination, ils tombent sur Adélie qui leur apprend la mort de Kerryen. Pardon et ses enfants décident de repartir au petit matin. Dans sa chambre, Ellah récupère le livret qu’elle avait dissimulé et, cette fois, tente d’en percer les mystères en faisant appel à ses connaissances sans y parvenir. Elle le glisse dans son gilet. De son côté, Adélie confie à son amant, Marin, ses impressions à propos de ces événements.

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Quand Ellah se réveille, Amy a disparu. Mise au courant, Adélie refuse de croire en la culpabilité de Marin. Renouant avec la magie, la reine fonce vers la maison de Mukin sur les traces du ravisseur. Malheureusement pour lui, Marin demeure coincé dans le couloir, doublement, d’abord par un piège posé par Tristan et, ensuite, par Pardon, Naaly et Tristan revenus vers le seul endroit connu. Quand l’amant d’Adélie perçoit tardivement la présence d’Ellah, il tente le tout pour le tout et, après avoir distrait les visiteurs, il s’échappe, le bébé avec lui, Ellah sur talons, ainsi que son ancienne famille. En dépit des efforts conjugués pour le retenir, aucun pouvoir ne semble l’atteindre. De nouveau, dans la grotte, Marin a déjà disparu. Ses poursuivants franchissent la porte.

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Quand la magie éveille Tristan, il découvre autour de lui une gigantesque salle remplie de cocons contenant probablement des corps. Grâce à son alliée providentielle, il réveille sa sœur, puis, avec l’aide de Naaly, ses parents. Si la reprise de conscience de leur père se révèle douloureuse, en revanche, celle d’Ellah revêt des allures de cataclysme, car elle refuse de revenir à la vie. Après un combat qui l’oppose à Pardon, ce dernier finit par la maîtriser ; elle s’effondre, vaincue par l’infernale succession de chagrins. Sans arme et sans l’aide de la magie qui vient définitivement de s’éteindre, ils débouchent dans un univers aveuglant et uniforme. En attendant d’y pénétrer, Tristan leur explique que les cocons représentent un système de protection de la porte et conclut que ce lieu cherchera à les retenir à tout prix ; pour y parvenir, tous les coups seront permis. Quand le monde se déplie devant eux sous la forme d’une route, leur différence de comportement devient plus visible. Pardon, étouffé par la culpabilité, hésite sur tout, Naaly, malgré les catastrophes en série, continue à avancer et Tristan, en raison de sa clairvoyance, sent peser sur ses épaules le poids de plus en plus lourd de cette aventure. Quant à Ellah, elle ne les accompagne que contrainte et forcée, car elle a tout perdu. Elle les suivra tant qu’elle le voudra, mais, le moment venu, elle les quittera.

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Alors que les mondes s’enchaînent, chacun apporte son lot de déconvenues, mais aussi de révélations. Ainsi, bien que Tristan reste réticent face à l’entité qu’il perçoit, Ellah se lie progressivement à elle, réveillant la magie chez Pardon à l’insu de celui-ci. Tandis que les épreuves se succèdent se développe dans le groupe une solidarité, voire une complicité. Puis une nouvelle contrainte s’impose : le temps décompté par un sablier que chaque membre doit parvenir à remplir en se confrontant à l’événement le plus cruel de son existence. Bonneau meurt dans les bras de Pardon, Sekkaï échappe à l’étreinte de Naaly pour sauter dans le vide et Tristan découvre les conséquences tragiques sur sa vie de son histoire avec la magie, puis l’amour avec Merielle. Quant à Ellah, elle reçoit par le biais d’Amaury une lettre de Kerryen.

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Alors que le monde qu’ils traversent s’effondre, ils parviennent grâce à l’aide providentielle d’un homme étrange, Martin, à rejoindre le prochain, un espace de sérénité après le chaos. Ensemble, ils cherchent l’accès pour atteindre le monde d’après, tandis que le dernier espoir de Pardon de reconquérir Ellah s’évanouit ; elle ne l’aime pas et ne les suivra pas.

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Leur porte localisée, des gravures sur le sol leur donnent des indications à la fois précieuses et perturbantes : chacun peut offrir à l’un d’entre eux ce qu’il désire, mais, parallèlement, l’un d’entre eux restera dans le monde précédent…

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Au moment des adieux entre Pardon et Ellah, celle-ci tend à Pardon la pierre qu’elle porte à son cou et qui s’est rallumée ainsi que le carnet qu’elle a conservé dans son gilet, et lui transmet ses compétences en langage.

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Tandis que les ondes s’avivent, Ellah retient Martin éloigné de son ancienne famille. Méfiante envers lui, elle plonge dans son esprit pour découvrir que cet homme n’est autre que celui qui a enlevé sa fille. Ce dernier perçoit son intrusion, puis apprend la fuite de ses compagnons. S’ensuit entre les deux un combat qui ébranle l’univers autour d’eux. Dans un ultime geste vers les siens, Ellah envoie une bulle avec des informations sur Martin que Pardon saisit au moment de franchir la porte. Pour vaincre son ennemi, Ellah s’imprègne de la face noire de la magie du labyrinthe, définitivement.

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Début du tome 8 - L'Ultime Renoncement

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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Il existe une loi ancienne, toujours en vigueur. Elle est si rarement utilisée qu’elle en est pratiquement tombée en désuétude, mais pas tout à fait. Je la connais et j’ai décidé de m’en servir aujourd’hui pour te libérer définitivement de ce père qui n’en a jamais endossé la responsabilité. Le « Patrico Determago » énonce qu’un enfant dont le père (ou la mère) n’a assuré ni sa protection ni son entretien depuis son enfance peut revendiquer un changement de parent. Pour satisfaire aux conditions, cela nécessite la demande de la mère, même si elle est décédée, et celle de trois proches de la famille. J’ai rédigé la mienne, donc toutes les conditions sont réunies et tu vas pouvoir remplacer ce père. Si Bonneau a bien été celui que je décelais, choisis-le. Cet immense honneur que tu lui accorderas comblera la peine causée par cette inévitable trahison envers son frère.

En ce qui concerne ton père, mon cœur est profondément malheureux de voir qu’il n’a pas dépassé son inaptitude. Tu n’es en rien responsable de son comportement. Ce sera dans son histoire qu’il faudra chercher la raison de cette incapacité à te reconnaître et à t’aimer. Si un jour, tu as envie de comprendre, retourne sur le chemin de sa vie. Ce que tu y trouveras te donnera peut-être la force de lui pardonner et de lui offrir une nouvelle chance… C’est un homme merveilleux, grandiose, mais je sais que je n’arriverai pas à te convaincre, sa conduite a été en dessous de tout avec toi et rien de ce que je pourrais faire ou dire n’y changera rien… à toi d’avancer sur ta propre route.

Ma puce, mon ange, ma douce… Que ces mots, que je ne pourrai bientôt plus prononcer à ton oreille, me font plaisir à écrire une dernière fois ! Ta naissance et ces années passées à tes côtés incarnent les plus beaux moments de ma vie. J’essaie d’engranger le plus de souvenirs de toi et de ton frère pour mourir avec sérénité et sans regret. Barou sera près de moi, je l’aime tant, ainsi qu’Aubin et toi… Je serre ta poupée dans ma main, tu sais celle avec des cheveux de laine. J’ai prié Bonneau de la mettre avec moi après ma mort, à l’insu de Barou. J’espère qu’elle ne te manquera pas. Mélinda devrait t’en retrouver une autre.

J’ai fait ce que je devais faire… Maintenant, je peux partir.

Je t’aime, Aila
Ta maman Efée

Aila sentit les larmes couler sur ses joues, tandis qu’une grande détresse l’envahissait. Elle s’était aperçue que l’écriture de sa mère devenait de plus en plus hésitante au fur et à mesure que la lettre s’allongeait. Efée semblait penser que le choix serait simple et facile, mais comment allait-elle pouvoir demander aux plus proches amis de son père de le trahir pour elle ? Elle ne pourrait pas solliciter cela de Bonneau dont il était le frère, d’attendre de lui de renoncer au dernier membre de sa famille ! Dame Mélinda avait bien dit l’estime qu’elle portait à Barou et la souffrance que lui causerait tout acte contre lui. Les paroles énigmatiques qu’elle avait prononcées prenaient à présent tout leur sens. Et Hamelin, cet homme de paix, comment allait-il vivre cette confrontation avec Barou ? Non, jamais, elle ne pourrait imposer cette épreuve à tous ceux qu’elle aimait. Elle s’effondra sur la table, encore plus anéantie qu’avant…

Ce fut la main de Bonneau sur son cou qui la ramena à la réalité. Elle s’était endormie sur le bois, la lettre devant elle, ses manches noyées de larmes.
— Que se passe-t-il, Aila ? interrogea Bonneau avec tendresse.
— Je ne peux pas exiger cela, pas de vous, ses amis, sa famille. C’est impossible !
— Si, Aila. Nous avons tous donné notre promesse à Efée et nous la tiendrons.
— Mais Barou ne te le pardonnera jamais !
— J’ai opéré ce choix il y a longtemps et j’y demeure toujours fidèle.
— Mais si jamais il te rejetait ! Ou s’il en mourait ?
— Tous les êtres qui ne s’adaptent pas disparaissent, ainsi va la vie…
— Mais, Bonneau, c’est ton frère !
— Oui, mais il est allé trop loin et, même si je l’aime infiniment, j’ai choisi de te protéger de lui.
— Et dame Mélinda et Hamelin ?
— Ils ont pris la même décision en ayant envisagé et accepté toutes les conséquences. Nous nous sommes tous engagés. Mais la seule personne qui peut exercer la demande initiale, c’est toi et nous n’attendons que cela pour te suivre. Tu dois agir, Aila ! Qu’Efée n’ait pas entrepris toute cette démarche pour rien… !
Elle le regarda avec attention avant de détourner les yeux.
— J’ai besoin de réfléchir, Bonneau. J’ai besoin de prendre l’air.
Elle sortit précipitamment de la maison.

Songeuse, Aila était assise sur une pierre, dans un champ à l’écart du château. Qu’allait-elle pouvoir faire ? Qu’allait-elle devenir ? À quoi allait-elle devoir renoncer pour continuer à avancer ? Nerveusement, elle dépouillait de petites branches de leurs feuilles tout en les regardant s’entasser les unes sur les autres. Elle réalisait que son choix serait à l’origine d’un tournant dans sa vie. Dame Mélinda, Hamelin et Bonneau avaient concrétisé le leur longtemps auparavant, ils avaient d’ores et déjà consenti à perdre Barou, mais elle, pas encore… Si elle s’opposait à son père, elle aliénerait définitivement le dernier espoir de retrouver son amour. Si elle ne s’opposait pas, son ultime chance de devenir ce qu’elle espérait disparaîtrait… Comment savoir quel choix était le bon ? Et comment assumer que le meilleur des deux signifiât la fin d’un rêve, d’un espoir fou ? Toutes ces questions se bousculaient dans son esprit, tandis que les réponses lui échappaient. Un bruit de pas lui fit lever la tête, elle vit Aubin qui la rejoignait :
— Je te cherchais, Aila, je suis désolé…
Un instant, elle posa son front contre son buste, avant de se redresser.
— Il faut que nous parlions, Aubin, j’ai des choses graves à partager avec toi.
Il s’écarta, le regard interrogateur, puis ils s’assirent côte à côte.
— Ce soir, maman m’a offert mon héritage à travers Bonneau.
Elle plongea ses yeux dans ceux de son frère, avec gravité.
— J’ai un portrait d’elle, à présent. Est-ce que tu l’as déjà vue, Aubin ?
— Oui, père en conserve un, camouflé dans un de ses tiroirs. J’aurais pu faire un bon voleur, car il ne s’est jamais aperçu que j’allais le regarder régulièrement !
Il esquissa un petit rire.
— Elle m’a offert sa robe de mariée et sa parure de bijoux, elles sont de toute beauté…
— Alors, tu comptes les porter quand ?
Ce fut au tour d’Aila de légèrement s’esclaffer avant de redevenir grave.
— Aubin, elle m’a laissé une lettre…
Au haussement de sourcils de son frère, elle sentit sa déception de ne jamais en avoir reçu. Elle le rassura :
— Ne t’inquiète pas, il y en a sûrement une pour toi que tu découvriras pour un événement marquant de ta vie. Quand tu porteras sa robe de mariée par exemple !
Ils rirent ensemble, mais cette légèreté ne fut que passagère.
— Aubin, l’héritage qu’elle m’a laissé dans cette lettre est terriblement douloureux. Je ne sais plus quoi faire…
— Vas-y, explique-toi.
— Une loi existe, qui me permet de changer de père.
— Après tout, pourquoi pas ?
— Aubin, pour en arriver là, quatre personnes proches de la famille doivent témoigner de son inaptitude à me donner de l’amour, à me protéger et à subvenir à mes besoins…
Son frère pâlit et osa une question :
— Tu voudrais que je témoigne ?
— Non. Maman s’est occupée de tout et a tout prévu avant sa mort. Bonneau, dame Mélinda et Hamelin ont déjà écrit leurs lettres ou vont le faire.
Aila sentit l’émotion la submerger à nouveau.
— Et le dernier témoignage ? s’enquit-il, encore plus inquiet.
— Ce sera le sien, elle affirmera que Barou n’a pas été un père pour moi…
Un silence lourd s’abattit. Il secoua pensivement la tête :
— Par les fées… Ce sera épouvantable pour lui. Ses amis et mère…, murmura Aubin.
— Mais tu es là, toi aussi, je vais bouleverser ta vie si je le demande…
— Qu’en disent les autres témoins ?
— Ils se sont mis d’accord avec maman. Ils s’y résoudront tous, c’est prévu, malgré l’estime qu’ils portent à Barou. Ils en acceptent les conséquences quelles qu’elles soient…
— Par les fées…, ne fit que répéter Aubin.
— Qu’est-ce que je dois faire ?
— Je ne sais pas, Aila. Ce sera redoutable pour père de voir ses amis le laisser tomber et surtout notre mère se retourner contre lui, vraiment dramatique…
— J’en suis consciente…
Aubin se leva d’un bond. Aila, désespérée, crut qu’il partait, mais il se mit à arpenter l’allée d’une démarche saccadée, ponctuée de soupirs et de mouvements d’humeur. Elle le suivait des yeux, résistant de son mieux à la tension ambiante qu’elle ressentait, puis, soudain, elle prit sa décision.
— Aubin !
Il se figea devant elle et lui coupa l’herbe sous le pied :
— Tu dois le demander, Aila. Père n’a pas le droit de t’empêcher de devenir ce pour quoi tu es faite. C’est un homme admirable. Si tu savais à quel point il compte pour moi…
Sa voix se cassa.
— Je le sais, Aubin, et je ne comprends même pas comment, l’aimant autant, tu as rempli ta place de frère auprès de moi…
Il eut un rire sans joie et poursuivit :
— Tu es comme lui, un personnage charismatique, même si tu n’en as pas encore conscience… Tu vois, il n’ignore pas que je ne dépasserai guère le stade du combattant médiocre, que je ne marcherai pas dans ses pas, mais il ne cesse de m’encourager et je progresse doucement… Il aurait pu me renier moi aussi, mais il n’en est pas moins resté un père aimant et confiant. Je sais pourquoi ses hommes le suivraient jusque dans la mort, parce que je ferais comme eux, je l’accompagnerais n’importe où, les yeux fermés. Quelle zone d’ombre, existant dans sa vie, expliquerait son attitude envers toi ? Je l’ignore… Je l’ai cherchée, Aila, mais je n’ai pas réussi à la découvrir…
Aubin se tut comme à bout de souffle, le visage crispé. Chaque mot lui coûtait.
— Mais à ta place, j’exercerais mon droit. Je connais la douleur de grandir sans l’amour d’un parent. Toi, tu as poussé sans l’amour d’aucuns, alors que l’un d’entre eux était encore vivant et si près… Demande-le, Aila, mais ne m’en réclame pas plus.
Son frère tourna les talons et partit en courant.
— Aubin ! cria Aila.
Mais il avait déjà disparu…

La nuit obscurcissait tout depuis longtemps quand elle rentra à la chaumière, une assiette de soupe froide l’attendait avec un quignon de pain, mais elle n’avait pas faim. Elle déposa ses affaires sur sa chaise, se glissa dans sa grande chemise, puis dans les draps frais de son lit et s’endormit comme une masse…


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