Aila et la Magie des Fées, tome 1 de la saga de fantasy de Catherine Boullery
La saga d'Aila  fantasy

fantasy fantasy

Note : 4.5 / 5 avec 210  critiques high

Le début de l'histoire

Les légendes en Avotour racontent qu'hommes et fées vécurent en parfaite harmonie jusqu'au jour où un interdit absolu fut transgressé : l'amour entre un homme et une fée. Pour qu'un tel malheur ne se reproduise plus, les fées choisirent de disparaître aux yeux des hommes et c'est ainsi qu'aujourd'hui, en Avotour, plus personne ne croît aux fées ou presque…

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Orpheline de mère, Aila a grandi élevée par son oncle Bonneau dans le comté d'Antan. De loin, enfermée dans l'incompréhension totale de ce père qui l'a reniée à sa naissance sans raison apparente, elle observe son père Barou Grand et son petit frère Aubin vivre ensemble. Et, pourtant, ce colosse est le plus grand héros du royaume. C'est lui qui, des années auparavant, a repoussé chez eux les Hagans, peuple frontalier, féroce et sanguinaire, qui venait piller et tuer.

Heureusement, la jeune fille n'est pas seule. La châtelaine d'Antan, Mélinda s'occupe d'elle comme de ses trois filles, lui offrant une présence féminine indispensable tandis que Hamelin, le mage du château, érudit et sage, lui enseigne tout ce qu'il sait. De plus, Aubin, bravant l'interdit parental, décide de se rapprocher d'elle dans le plus grand secret.

Alors qu'Aila devient adolescente, Bonneau décèle chez sa nièce une aptitude peu commune à se battre et décide de la former. Aujourd'hui, à seize ans, elle est devenue une exceptionnelle combattante, en particulier, lorsqu'elle manipule le kenda, un bâton de combat aux propriétés peu conventionnelles. Elle est l'élève qui ferait la fierté de Barou. Cependant, rien n'a changé et ce dernier persiste à l'ignorer.

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Deux journées de deuil sont décrétées quand le roi Sérain d'Avotour perd sa femme et sa fille dans un attentat qui lui était destiné. À la suite de cet événement tragique, il décide de protéger ses trois fils en créant une garde rapprochée. Naturellement, il envoie chercher ces hommes parmi l'élite d'Avotour, c'est-à-dire dans le camp de formation de Barou Grand. C'est la chance que saisit Aila pour enfin prouver sa valeur. Malheureusement, Barou refuse sa participation. Alors, pour la première fois de sa vie, Aila s'oppose à lui et fait appel à une loi ancienne qui l'autorise à changer de père. Sa joie explose quand elle est sélectionnée, mais c'est aussi tout son monde qui bascule. Dorénavant, elle va quitter la sécurité d'Antan et son bonheur est teinté d'une légère appréhension.

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Son départ proche perturbe plus que de raison Hamelin. Aila connaît depuis bien longtemps son intérêt pour les fées et l'a toujours considéré comme l'expression d'une forme de nostalgie chez un homme attaché de traditions ancestrales. Seulement, quand elle touche le petit livre aux paysages mouvants qu'il lui tend, elle se sent immédiatement happée dans un autre monde avant de briser la magie du moment. Hamelin est convaincu qu'Aila peut communiquer avec les fées tandis que la jeune fille refuse totalement d'envisager, même l'espace d'un instant, l'existence de telles créatures. Malgré tout, par affection pour le vieil homme, elle emporte le livre qu'elle fourre au fond de son sac, espérant ainsi l'oublier au plus vite.

La qualité de vie en Avotour s'est bien dégradée depuis quelques années. La misère y côtoie la disette. De plus, affaibli, le pays redevient la cible de nouvelles attaques haganes et l'objet de convoitise de contrées limitrophes soutenues par la traîtrise interne de certains comtés du royaume. C'est ainsi que les membres de la garde rapprochée se voient attribuer différentes missions en vue de confondre ceux dont la loyauté a failli.

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Heureuse de partir avec le benjamin de la famille royale, Avelin, Aila déchante quand elle découvre que, en fin de compte, elle accompagnera l'héritier du trône, Hubert, aussi froid que rigide, dans une mission dans le comté d'Escarfe. Sa déception s'accroît quand elle apprend qu'elle sera présentée comme sa promise et qu'elle va devoir troquer sa tenue de combattante contre robes et frou-frou.

Tandis qu'Aila se prend finalement au jeu, des phénomènes bizarres apparaissent dans sa vie et la troublent. Comment se fait-il qu'elle pressente le danger ? Pourquoi son esprit devient-il capable de survoler l'espace qui l'entoure ?

Alors qu'un danger encore plus grand menace le royaume en la personne de Césarus, un empereur venu du nord qui détruit toute vie sur son passage, de nouvelles coalitions vont devoir naître pour contrer un oppresseur prêt à tout. Comment les ennemis d'aujourd'hui pourront-ils devenir les alliés demain ?

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Parcourez les coups de cœur de mes premiers lecteurs

Cassandre, 20 ans

Aila et la Magie des Fées, un joli titre qui n'attirait pas spécialement ma curiosité… Si j'avais su un jour qu'un livre de fantasy allait me rendre autant adepte de la lecture, je ne l'aurais pas cru. On pourrait croire à un livre pour fillettes rêvant de magie et d'univers parallèles, pourtant je dirais que c'est un livre qui en passionnerait plus d'un, tous âges confondus. Un livre magnifiquement bien écrit, qui révèle des détails qu'on ne pourrait imaginer…
Je me lance… j'ouvre le livre, je commence à lire quelques pages, 13, 20, 35… je dévore toutes ces lignes à une vitesse folle. Et voilà maintenant que je le prends dans le bus le matin, à ma pause déjeuner, le soir pour rentrer, et juste avant de me coucher. Je tourne les pages plus vite que mon ombre et naît un sentiment d'impatience de connaître la suite.
Au fil de l'histoire, je me suis complètement identifiée à l'héroïne ; elle était moi et j'étais elle. C'est comme si nous ne faisions qu'un. Une sensation qui reflète ma façon d'agir, de penser, de vivre… une aventure que j'ai lue et surtout vécue intérieurement pendant mes quelques jours de lecture passionnée. Je le relirai encore avec plaisir et avec les mêmes sentiments que la première fois ! Un livre à l'avenir tout tracé que je conseillerai à tous mes proches !!!

Sur UPblisher

Emmanuelle, 30 ans

Olala !!!!! Rien que le premier chapitre, et j'étais déjà accro !!! Ce qui est vraiment génial, c'est d'avoir pris plein de thèmes et histoires qui font partie de notre inconscient imaginaire et d'en avoir fait quelque chose de neuf ! Le tour de force de Catherine, c'est de parvenir à dévier ces éléments pour créer son propre monde et, ainsi, de générer un plaisir double pour le lecteur : celui de revivre un imaginaire de l'enfance dans un autre.
Tout est vraiment bien écrit et très fluide (et merci d'employer le subjonctif imparfait !!! J'adore ce temps qui ajoute un côté féerique et intemporel, justement typique du conte).
Aucune pesanteur, les personnages, leur origine, tout est bien posé en douceur et, pourtant, au milieu de péripéties palpitantes ! Le rythme est parfait ! C'est super bien ficelé, drôle, et, de plus, étonnamment d'actualité ! (toute la description d'Avotour, des problèmes causés par la misère, l'angoisse de ce qui va survenir…) Bref, je suis toujours aussi fan !!!

Didier, 53 ans

Eh bien, si je m'attendais un jour à donner mon avis sur un livre de fantasy, moi qui ne lis que des magazines d'économie, un ou deux ouvrages (sérieux) par an, et jamais de fantasy. J'ai été fortement incité à parcourir Aila et la Magie des Fées et je ne le regrette absolument pas. Une fois le prologue avalé, je pénètre dans un roman qui débute à la fois doucement (un environnement bien brossé, une fine description des personnages — aux caractères très affirmés — qui offrent tous un élément auquel s'attacher, une subtile entrée en matière des fées, imperceptiblement) et rapidement avec de l'action dès le premier chapitre — ça ne s'arrête plus jamais — et des dialogues d'une incroyable pétulance. Pas moyen de s'interrompre une fois qu'on a mis le doigt dans ce livre…

Miss Mag

Il faut aussi que je vous précise qu'après cette lecture, je suis en mesure de vous affirmer que le titre « Aila et la Magie des Fées » est très réducteur, en effet, ce roman déborde d'éléments qui en font un excellent moment littéraire.
Catherine Boullery parvient à nous tenir en haleine tout au long de cette histoire, nous y passons d'aventures en aventures. Alia est non seulement une combattante hors paire et une jeune femme au caractère bien trempé, mais aussi une personne pleine de douceur, qui sans le savoir est avide d'amour et de romantisme. Bien sûr , il me faut aussi parler des fées et du coté magique de ce livre, qui y tient aussi une partie importante et qui fait le lien avec les deux tomes suivants.
Avec ce roman j'ai donc vécu des moments romanesque, fantastique, d'aventure, J'ai voyagé au sein d'une contrée imaginaire.
Je ne saurai donc que vous conseiller de découvrir les aventures d'Alia si vous êtes en quête de toutes ces choses.
« Aila et la Magie des Fées » est donc le premier tome d'une saga, qui je maintiens mon opinion, aurait mérité un titre un peu plus recherché.

Sur Babelio
Virginie

Voilà ce qui se passe quand, en lisant un livre pour la seconde fois, je me sens une nouvelle fois littéralement happée par l'histoire : je me lâche ! Extrait : « Qu'est-ce qui m'a plu dans Aila et la Magie des Fées ? […] ce qui est intéressant, c'est que contrairement à d'habitude […], c'est une femme, Aila, qui reçoit toutes les caractéristiques des héros : combattante efficace, elle sait manier les armes, et peut se montrer fine stratège. Cela donne de la profondeur au personnage, et le roman a une coloration féministe en montrant comment une très jeune femme peut s'affirmer dans un monde d'hommes et instaurer un nouveau rapport à autrui. […] Autre chose : Aila est un personnage amusant et touchant, parce que contrairement à certains héros de fantasy, elle est un personnage inachevé : elle est encore en train de grandir, elle est souvent montrée en train d'apprendre à devenir une guerrière, on la voit même être très naïve, faire des erreurs importantes, et se méprendre sur les intentions d'autres personnages. C'est rassurant, ou réaliste, comme on veut, de découvrir un personnage qui n'est pas auréolé de toutes les perfections. […] on peut lire une réflexion sur le pouvoir et sur les modes de gouvernement. Ainsi, les actions humaines ont autant de place que la magie : Aila instille la volonté, chez les princes et les rois, de sortir de leur passivité, d'arrêter d'attendre une évolution extérieure, et de réfléchir par eux-mêmes à la manière de mieux gouverner leur pays et d'améliorer les conditions de vie de leur peuple. C'est surtout un roman sur la disparition de la magie […]. Or, cette magie ne peut disparaître, et cela nous est prouvé doublement : parce qu'elle aide à sauver le monde dans l'histoire racontée par le livre, mais aussi d'une autre manière : elle est peut-être fée, l'auteure de ce livre, car son livre agit sur le lecteur comme celui des fées sur Aila ; on se sent comme aspiré par une histoire qu'on ne veut plus quitter et qui s'offre très facilement à la lecture. Comment mieux affirmer que les livres et la lecture font ressusciter la magie et peuvent réenchanter notre monde ? »

Olivier, 40 ans

Un monde féerique envoûtant, une histoire passionnante qui vous tient en haleine de la première jusqu'à la dernière ligne. On vit des émotions intenses avec Aila ! J'ai autant dévoré les livres de Boullery que ceux de Goodkind, Tolkien ou Martin. Lisez les trois premiers chapitres : vous ne pourrez plus vous arrêter !

Sur UPblisher

Guillaume, 31 ans

Catherine Boullery réenchante la saga fantastique en trempant sa fine plume dans la clarté du conte. Les fluides aventures d'Aila sauront sans aucun doute poser leur charme puissant sur les enfants de 10 à 90 ans : un sort suffisamment puissant pour tenir en haleine au fil d'une histoire-fleuve.

Adrien, 27 ans

J'ai eu le privilège de découvrir en avant-première les aventures d'Aila. Elles m'ont tenu en haleine pendant plusieurs jours, c'est ce genre de roman qu'on peine à refermer tard le soir, mais dont on essaie d'économiser certains chapitres pour le lendemain ! J'ai hâte de découvrir la suite et suis ravi d'apprendre que d'autres personnes découvriront cet univers vraiment particulier et attachant. Bonne lecture à tout le monde !

Yollande, 45 ans

Je suis en train de relire Aila et la MAGIE est toujours là. C'est époustouflant, car je sais que, dans un an, dans dix ans, il y aura toujours cette magie que je me régalerai à redécouvrir. Ce livre enchanteur, envoûtant, fait partie de ceux qui me sont « intemporels » et dont le plaisir de la relecture reste toujours aussi fort : on s'attache à Aila, on se l'approprie, on vit sa vie au fil des mots, au fil des pages, on la voit grandir comme un enfant (on en est fière n'est-ce pas, Catherine ?) et on en redemande encore et encore. Et on se dit qu'on sera patiente comme jamais pour connaître la suite, mais surtout, surtout, ne jamais connaître sa fin !

Tous les ingrédients sont là : l'amour, l'amitié, la fidélité, le courage, l'aventure, l'espérance, les joies et les peines, le doute, l'angoisse, la violence, la mort… Exercice de très haute voltige. Je suis très touchée d'avoir eu le privilège de lire le 1er tome il y a un an et je n'ai plus qu'un mot à dire : longue vie à Aila.


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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Aila s’étendit sur son lit, derrière son paravent, dans la pénombre. Elle avait besoin de solitude et de calme pour trier les pensées qui se bousculaient dans sa tête. Trop de changements venaient de se produire dans sa vie et elle, qui croyait avoir réussi à tout gérer, se retrouvait en fait dépassée par ces événements qui se succédaient trop vite. Elle était trop lucide pour ignorer que d’autres secrets gravitaient autour d’elle : l’attitude de Barou, par exemple. Sa mère semblait en connaître la raison, puisque sa lettre l’invitait à en découvrir l’explication dans le passé de son ancien père, si jamais un jour elle souhaitait lui pardonner. Qui d’autres pouvait le savoir ? Bonneau ? Il était son frère après tout, ils avaient donc partagé leur enfance, mais peut-être la cause était-elle postérieure à leur séparation ? D’ailleurs pourquoi Bonneau était-il devenu maître d’armes, alors que Barou restait fermier ? En fait, en était-il vraiment un ? Et puis lequel des deux était le plus âgé ? Bonneau probablement… Et de combien ? Et qui étaient leurs grands-parents ? Elle savait sa mère fille de châtelain, mais où ? Peut-être un jour l’occasion se présenterait-elle de retourner vers ses racines de ce côté-là… L’avantage d’avoir ses deux « pères » descendant des mêmes parents lui simplifierait la vie et lui épargnerait une double recherche. Les questions se multipliaient dans sa tête et, pourtant, perdant peu à peu leur contrôle, elle s’endormit. Il lui sembla avoir à peine fermé les yeux qu’un appel lui vrilla les tympans :
— Aila, es-tu là ?
La voix d’Hamelin la sortit brutalement de sa torpeur et elle lui répondit qu’elle arrivait.
— Suis-moi, lui dit-il, il faut que nous parlions.
— Quelle heure est-il ? Je n’ai pas mangé.
— Tu prendras un en-cas en passant par les cuisines si tu en as envie, mais ce que je dois t’annoncer s’avère d’une importance primordiale.
Dans l’attitude du mage, Aila nota une fébrilité qui détonnait chez cet homme si placide… Elle se laissa guider, piochant pain et fromage au passage sur les tables garnies de mets et grignota tout en grimpant jusqu’à l’antre d’Hamelin.
— Installe-toi, lui dit-il, désignant une chaise.
Elle obtempéra, ses victuailles dans une assiette à ses côtés. Hamelin ayant disparu dans sa bibliothèque, elle estima qu’il se trouvait près des livres interdits. Bientôt, elle le vit revenir avec deux petits ouvrages, tandis qu’elle se rassasiait.
— Tu connais notre histoire, Aila. Notre pays est celui des fées, mais les gens ne leur accordent plus aucun crédit, elles ont déserté leurs pensées et leurs songes. Si je pouvais partager avec eux ce que je sais, ils ne douteraient plus… Cependant, je n’en ai pas le droit, je suis tenu au secret par un serment éternel. Heureusement, toi, tu te fies à elles, comme moi…
Elle se sentit très mal tout à coup. Elle n’avait jamais souhaité mentir à Hamelin, elle avait juste cessé de remettre en cause ses croyances qu’elle estimait farfelues, pour ne pas le froisser… Elle chercha à rectifier le tir :
— Hamelin, il me paraît délicat, malgré tout, de croire en une légende. Après tout, je ne les ai jamais vues, ces fées, moi…
— Aila ! Ce n’est pas une légende ! Tu ne peux remettre en cause l’histoire de notre pays, même si elle remonte à des siècles auparavant ! Je comprends que tu puisses traverser des périodes d’hésitation, rien de plus légitime et, comme je ne peux te prouver leur existence, tu dois me croire sur parole ! Enfin, revenons à l’essentiel. Voici deux livres : ici, l’original, il n’en existe qu’un exemplaire, que mon maître mage m’a offert quand je le suis devenu à mon tour, et l’autre là, une pâle copie que j’ai réalisée.
Hamelin lui tendit le petit ouvrage, de la taille de sa main, avec une magnifique couverture : elle représentait un champ de fleurs rouges sous un ciel bleu d’été dans lequel le soleil resplendissait. Aila conçut l’idée saugrenue qu’une brise légère agitait les fleurs et qu’elle sentait leur doux parfum chatouiller ses narines… Dans un deuxième temps, elle découvrit le titre qu’elle n’avait pas remarqué de prime abord, en dépit de son talent de fine observatrice : « La magie des fées ». Elle ouvrit le livre avec précaution et, parcourant les pages, perçut cette sensation bizarre que les mots apparaissaient au fur et à mesure qu’elle les lisait et s’effaçaient dès qu’elle les avait survolés. Encore plus étrange, ces mots n’appartenaient pas à sa langue, mais à une autre, inconnue, et, pourtant, elle les déchiffrait sans problèmes… Hamelin, plein d’espoir, la dévorait des yeux :
— Est-ce que tu vois quelque chose ?
— Oui…, mais c’est indéfinissable, voire déconcertant…
— Maintenant, regarde le deuxième exemplaire.
Aila prit l’autre ouvrage à l’aspect classique, avec un titre inscrit sur la couverture, et les couleurs du dessin moins chatoyantes comme… moins vivantes, moins réelles. Elle ouvrit le livre et parcourut ses pages. Quant aux textes, écrits dans sa langue, elle leur donnait difficilement une interprétation, tandis que cela paraissait si limpide dans le premier…
— Tu comprends ce qui est rédigé ? questionna Hamelin, avec une pointe de curiosité.
— Moins bien, répondit Aila, fronçant les sourcils. C’est mon vocabulaire pourtant, mais le sens de ces mots qui se suivent m’échappe totalement.
— Alors que dans le premier, tu as tout assimilé ?
— Oui, tout me semblait plus clair, mais en même temps…
— C’est décidé ! Je te donne le premier livre, Aila.
La jeune fille releva la tête :
— Mais pourquoi Hamelin, il est à vous ! Et puis, voyager dans la sacoche d’un cheval abîmerait ce trop bel ouvrage !
Il soupira et plongea ses yeux dans les siens :
— La magie anime ce livre et non, ne hausse pas les épaules, tu l’as ressentie. Elle seule est responsable de tout ce que tu n’arrives pas à comprendre… Tu lis plus facilement un ouvrage dans une langue dont tu ignores tout, alors que tu déchiffres à peine celui écrit avec ton propre vocabulaire : c’est la magie. Tu vois le soleil poursuivre sa course dans le ciel et des nuages le voiler : c’est la magie, expliqua-t-il, en tendant son doigt vers la couverture.
Les yeux d’Aila suivirent l’index du mage et découvrirent quelques cumulus qui n’existaient pas auparavant. Hamelin continua :
— Tu distingues les herbes et les fleurs onduler sous l’effet d’une brise légère : c’est la magie. Tu sens des odeurs et tu ressens la caresse du vent : c’est la magie. Mais pas n’importe laquelle, celle des fées, dont ce livre t’ouvre les secrets. J’ai longtemps hésité avant de t’en parler, car tu as connu bien trop de chagrins et de bouleversements ; je ne voulais pas te rendre la vie plus compliquée qu’elle ne l’est déjà, mais là, tu vas partir et je m’aperçois que j’ai trop tardé. Tu devras apprendre seule…
Aila écarquilla les yeux, puis secoua la tête. Heureusement que sa sieste l’avait remise d’aplomb, sinon elle aurait explosé… Son cerveau refusait d’intégrer cette nouveauté et elle ne savait plus quoi répondre au mage, sans le blesser, tant les objections se bousculaient dans son esprit :
— Mais, voyons Hamelin, la magie n’existe plus. Rien autour de nous ne la reflète et plus personne ne la pratique…
Il la coupa une nouvelle fois :
— Tu crois ? Vraiment ?…
Et dans ses mains, il fit naître une fleur qui s’épanouit en une poignée de secondes avant de disparaître. Aila, les yeux rivés sur les doigts d’Hamelin, la distinguait encore… Elle resta bouche bée.
— Alors, elle…, elle existe réellement…
Le mage approuva d’un signe de tête.
— Mais pourquoi rien autour de nous ne semble magique ?
— Quand les fées sont devenues invisibles, leur magie a subi le même sort, elle aussi.
— Mais vous êtes visible et vous la connaissez, alors pourquoi ?
— Mon statut de mage me confère ce pouvoir, mais je ne peux l’employer de façon manifeste.
— Allons donc ! Conclusion, moi je suis une fée et j’ai le droit de l’utiliser !
— Pas tout à fait, mais presque…
Aila accusa le coup et creusa la question :
— Pas tout à fait une fée ou pas tout à fait le droit de l’utiliser ?
— D’après mes recherches, probablement seuls les descendants d’Eery et Amien détiennent ce pouvoir.
— Qui c’est ceux-là encore ?
— La seule fée et l’unique homme qui ont partagé un amour charnel ! Aila, tu connais leur histoire, tu l’as déjà lue et relue.
Elle hocha la tête, signifiant qu’effectivement elle s’en souvenait.
— Oh ! Hamelin, voyons ! Ce n’était qu’un conte pour enfants ! Ne me dites pas que je pourrais descendre de personnages légendaires ! Par les fées, j’en perds la raison…
— Aila, je sais que je te demande beaucoup… Je ne dispose que d’un temps restreint pour te convaincre et te montrer comment faire, mais il faut essayer ! Je…
— Non !
La réponse d’Aila claqua comme un coup de fouet, coupant le mage.
— Non, Hamelin, là, je ne vous suis pas. Écoutez, je m’en vais. Ne le prenez pas mal, mais un grand bol d’air frais me paraît indispensable pour remettre les pieds sur terre !
— Garde le livre, au moins, soupira-t-il, presque suppliant.
Il le lui tendit, mais elle le repoussa avec fermeté.
— Non plus ! Je vous le laisse, il est à vous.

Tournant les talons, elle sortit, renonçant in extremis à claquer la porte… Sans réfléchir, elle se dirigea vers la maison qu’elle partageait avec Bonneau, s’allongea sur son lit, espérant s’endormir vite fait et tout oublier sur-le-champ, mais le sommeil ne vint pas tant des milliers de nouvelles questions l’assaillaient. Tout d’un coup, elle se redressa si vite qu’elle en ressentit un haut de cœur. Par les fées, si elle pouvait être la descendante d’un couple mi-homme mi-fée, Aubin aussi ! Peut-être serait-il plus réceptif à ces histoires abracadabrantes… Pour elle, c’était hors de propos ! Elle venait d’acquérir le statut de combattante, alors une magicienne, pas question, et encore moins une fée, si c’était jamais possible !
— Aila, es-tu là ?
Mais qu’avaient donc tous ces gens à lui courir après aujourd’hui ? D’un bond, elle se leva pour ouvrir la porte :
— Oui, Pardon. Que désires-tu ?
— Les représentants de la famille du roi nous convoquent pour nous annoncer le programme des réjouissances.
— Quand ?
— Demain matin, à la deuxième cloche, dans la salle du conseil, et ils m’ont prié de te prévenir maintenant.
— Je te remercie.
— Tu veux nous rejoindre ? Nous fêtons notre réussite avec les copains ce soir.
— C’est gentil, mais je pense que je vais m’entraîner.
— Au kenda ? l’interrompit Pardon, fortement intéressé.
— Oui, probablement.
— Je peux venir ?
Elle sourit au jeune homme dont le regard, plein d’enthousiasme, brillait d’envie. C’est avec regret qu’elle lui répondit :
— Non, Pardon, pas maintenant. J’éprouve un vrai besoin de solitude, pour encore plus de raisons que tu ne peux t’imaginer, mais, si demain nous disposons de temps, c’est promis, je m’exercerai avec toi.
Sur le moment, Pardon eut l’air très déçu, puis il se remit à sourire.
— D’accord, je comprends, mais demain, sans faute ?
— S’ils nous en laissent l’occasion, oui.
— Bien. Je pourrais amener Adam ? Il a vraiment envie que tu lui apprennes à combattre avec un kenda.
— Et c’est tout ? ajouta-t-elle pour plaisanter.
— Ben non, les autres membres de l’équipe aimeraient bien aussi, mais je ne veux pas t’imposer tout le monde.
Elle tomba des nues, ils désiraient tous venir ! Elle réfléchit :
— Si nous sommes tous présents, à cinq combattants, nous pourrons constituer deux paires que je pourrai superviser, oui, c’est envisageable.
— Alors, t’es d’accord ?
Elle adhéra à la proposition.
— Bien ! Je file prévenir les autres ! Merci, Aila, à demain !
Elle le regarda partir en courant, ponctuant son avancée de grands bonds de joie. Elle se mit à rire doucement, puis, récupérant son kenda dans la maison, elle se dirigea vers le manège pour s’entraîner, sans oublier un petit câlin pour Lumière en passant.


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