Aila et la Magie des Fées, tome 1 de la saga de fantasy de Catherine Boullery
La saga d'Aila  fantasy


fantasy livre

Note : 4.6 / 5 avec 238  critiques livre

Le début de l'histoire

Les légendes en Avotour racontent qu'hommes et fées vécurent en parfaite harmonie jusqu'au jour où un interdit absolu fut transgressé : l'amour entre un homme et une fée. Pour qu'un tel malheur ne se reproduise plus, les fées choisirent de disparaître aux yeux des hommes et c'est ainsi qu'aujourd'hui, en Avotour, plus personne ne croît aux fées ou presque…

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Orpheline de mère, Aila a grandi élevée par son oncle Bonneau dans le comté d'Antan. De loin, enfermée dans l'incompréhension totale de ce père qui l'a reniée à sa naissance sans raison apparente, elle observe son père Barou Grand et son petit frère Aubin vivre ensemble. Et, pourtant, ce colosse est le plus grand héros du royaume. C'est lui qui, des années auparavant, a repoussé chez eux les Hagans, peuple frontalier, féroce et sanguinaire, qui venait piller et tuer.

Heureusement, la jeune fille n'est pas seule. La châtelaine d'Antan, Mélinda s'occupe d'elle comme de ses trois filles, lui offrant une présence féminine indispensable tandis que Hamelin, le mage du château, érudit et sage, lui enseigne tout ce qu'il sait. De plus, Aubin, bravant l'interdit parental, décide de se rapprocher d'elle dans le plus grand secret.

Alors qu'Aila devient adolescente, Bonneau décèle chez sa nièce une aptitude peu commune à se battre et décide de la former. Aujourd'hui, à seize ans, elle est devenue une exceptionnelle combattante, en particulier, lorsqu'elle manipule le kenda, un bâton de combat aux propriétés peu conventionnelles. Elle est l'élève qui ferait la fierté de Barou. Cependant, rien n'a changé et ce dernier persiste à l'ignorer.

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Deux journées de deuil sont décrétées quand le roi Sérain d'Avotour perd sa femme et sa fille dans un attentat qui lui était destiné. À la suite de cet événement tragique, il décide de protéger ses trois fils en créant une garde rapprochée. Naturellement, il envoie chercher ces hommes parmi l'élite d'Avotour, c'est-à-dire dans le camp de formation de Barou Grand. C'est la chance que saisit Aila pour enfin prouver sa valeur. Malheureusement, Barou refuse sa participation. Alors, pour la première fois de sa vie, Aila s'oppose à lui et fait appel à une loi ancienne qui l'autorise à changer de père. Sa joie explose quand elle est sélectionnée, mais c'est aussi tout son monde qui bascule. Dorénavant, elle va quitter la sécurité d'Antan et son bonheur est teinté d'une légère appréhension.

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Son départ proche perturbe plus que de raison Hamelin. Aila connaît depuis bien longtemps son intérêt pour les fées et l'a toujours considéré comme l'expression d'une forme de nostalgie chez un homme attaché de traditions ancestrales. Seulement, quand elle touche le petit livre aux paysages mouvants qu'il lui tend, elle se sent immédiatement happée dans un autre monde avant de briser la magie du moment. Hamelin est convaincu qu'Aila peut communiquer avec les fées tandis que la jeune fille refuse totalement d'envisager, même l'espace d'un instant, l'existence de telles créatures. Malgré tout, par affection pour le vieil homme, elle emporte le livre qu'elle fourre au fond de son sac, espérant ainsi l'oublier au plus vite.

La qualité de vie en Avotour s'est bien dégradée depuis quelques années. La misère y côtoie la disette. De plus, affaibli, le pays redevient la cible de nouvelles attaques haganes et l'objet de convoitise de contrées limitrophes soutenues par la traîtrise interne de certains comtés du royaume. C'est ainsi que les membres de la garde rapprochée se voient attribuer différentes missions en vue de confondre ceux dont la loyauté a failli.

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Heureuse de partir avec le benjamin de la famille royale, Avelin, Aila déchante quand elle découvre que, en fin de compte, elle accompagnera l'héritier du trône, Hubert, aussi froid que rigide, dans une mission dans le comté d'Escarfe. Sa déception s'accroît quand elle apprend qu'elle sera présentée comme sa promise et qu'elle va devoir troquer sa tenue de combattante contre robes et frou-frou.

Tandis qu'Aila se prend finalement au jeu, des phénomènes bizarres apparaissent dans sa vie et la troublent. Comment se fait-il qu'elle pressente le danger ? Pourquoi son esprit devient-il capable de survoler l'espace qui l'entoure ?

Alors qu'un danger encore plus grand menace le royaume en la personne de Césarus, un empereur venu du nord qui détruit toute vie sur son passage, de nouvelles coalitions vont devoir naître pour contrer un oppresseur prêt à tout. Comment les ennemis d'aujourd'hui pourront-ils devenir les alliés demain ?

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Parcourez les coups de cœur de mes premiers lecteurs

Cassandre, 20 ans

Aila et la Magie des Fées, un joli titre qui n'attirait pas spécialement ma curiosité… Si j'avais su un jour qu'un livre de fantasy allait me rendre autant adepte de la lecture, je ne l'aurais pas cru. On pourrait croire à un livre pour fillettes rêvant de magie et d'univers parallèles, pourtant je dirais que c'est un livre qui en passionnerait plus d'un, tous âges confondus. Un livre magnifiquement bien écrit, qui révèle des détails qu'on ne pourrait imaginer…
Je me lance… j'ouvre le livre, je commence à lire quelques pages, 13, 20, 35… je dévore toutes ces lignes à une vitesse folle. Et voilà maintenant que je le prends dans le bus le matin, à ma pause déjeuner, le soir pour rentrer, et juste avant de me coucher. Je tourne les pages plus vite que mon ombre et naît un sentiment d'impatience de connaître la suite.
Au fil de l'histoire, je me suis complètement identifiée à l'héroïne ; elle était moi et j'étais elle. C'est comme si nous ne faisions qu'un. Une sensation qui reflète ma façon d'agir, de penser, de vivre… une aventure que j'ai lue et surtout vécue intérieurement pendant mes quelques jours de lecture passionnée. Je le relirai encore avec plaisir et avec les mêmes sentiments que la première fois ! Un livre à l'avenir tout tracé que je conseillerai à tous mes proches !!!

Sur UPblisher

Emmanuelle, 30 ans

Olala !!!!! Rien que le premier chapitre, et j'étais déjà accro !!! Ce qui est vraiment génial, c'est d'avoir pris plein de thèmes et histoires qui font partie de notre inconscient imaginaire et d'en avoir fait quelque chose de neuf ! Le tour de force de Catherine, c'est de parvenir à dévier ces éléments pour créer son propre monde et, ainsi, de générer un plaisir double pour le lecteur : celui de revivre un imaginaire de l'enfance dans un autre.
Tout est vraiment bien écrit et très fluide (et merci d'employer le subjonctif imparfait !!! J'adore ce temps qui ajoute un côté féerique et intemporel, justement typique du conte).
Aucune pesanteur, les personnages, leur origine, tout est bien posé en douceur et, pourtant, au milieu de péripéties palpitantes ! Le rythme est parfait ! C'est super bien ficelé, drôle, et, de plus, étonnamment d'actualité ! (toute la description d'Avotour, des problèmes causés par la misère, l'angoisse de ce qui va survenir…) Bref, je suis toujours aussi fan !!!

Didier, 53 ans

Eh bien, si je m'attendais un jour à donner mon avis sur un livre de fantasy, moi qui ne lis que des magazines d'économie, un ou deux ouvrages (sérieux) par an, et jamais de fantasy. J'ai été fortement incité à parcourir Aila et la Magie des Fées et je ne le regrette absolument pas. Une fois le prologue avalé, je pénètre dans un roman qui débute à la fois doucement (un environnement bien brossé, une fine description des personnages — aux caractères très affirmés — qui offrent tous un élément auquel s'attacher, une subtile entrée en matière des fées, imperceptiblement) et rapidement avec de l'action dès le premier chapitre — ça ne s'arrête plus jamais — et des dialogues d'une incroyable pétulance. Pas moyen de s'interrompre une fois qu'on a mis le doigt dans ce livre…

Miss Mag

Il faut aussi que je vous précise qu'après cette lecture, je suis en mesure de vous affirmer que le titre « Aila et la Magie des Fées » est très réducteur, en effet, ce roman déborde d'éléments qui en font un excellent moment littéraire.
Catherine Boullery parvient à nous tenir en haleine tout au long de cette histoire, nous y passons d'aventures en aventures. Alia est non seulement une combattante hors paire et une jeune femme au caractère bien trempé, mais aussi une personne pleine de douceur, qui sans le savoir est avide d'amour et de romantisme. Bien sûr , il me faut aussi parler des fées et du coté magique de ce livre, qui y tient aussi une partie importante et qui fait le lien avec les deux tomes suivants.
Avec ce roman j'ai donc vécu des moments romanesque, fantastique, d'aventure, J'ai voyagé au sein d'une contrée imaginaire.
Je ne saurai donc que vous conseiller de découvrir les aventures d'Alia si vous êtes en quête de toutes ces choses.
« Aila et la Magie des Fées » est donc le premier tome d'une saga, qui je maintiens mon opinion, aurait mérité un titre un peu plus recherché.

Sur Babelio
Virginie

Voilà ce qui se passe quand, en lisant un livre pour la seconde fois, je me sens une nouvelle fois littéralement happée par l'histoire : je me lâche ! Extrait : « Qu'est-ce qui m'a plu dans Aila et la Magie des Fées ? […] ce qui est intéressant, c'est que contrairement à d'habitude […], c'est une femme, Aila, qui reçoit toutes les caractéristiques des héros : combattante efficace, elle sait manier les armes, et peut se montrer fine stratège. Cela donne de la profondeur au personnage, et le roman a une coloration féministe en montrant comment une très jeune femme peut s'affirmer dans un monde d'hommes et instaurer un nouveau rapport à autrui. […] Autre chose : Aila est un personnage amusant et touchant, parce que contrairement à certains héros de fantasy, elle est un personnage inachevé : elle est encore en train de grandir, elle est souvent montrée en train d'apprendre à devenir une guerrière, on la voit même être très naïve, faire des erreurs importantes, et se méprendre sur les intentions d'autres personnages. C'est rassurant, ou réaliste, comme on veut, de découvrir un personnage qui n'est pas auréolé de toutes les perfections. […] on peut lire une réflexion sur le pouvoir et sur les modes de gouvernement. Ainsi, les actions humaines ont autant de place que la magie : Aila instille la volonté, chez les princes et les rois, de sortir de leur passivité, d'arrêter d'attendre une évolution extérieure, et de réfléchir par eux-mêmes à la manière de mieux gouverner leur pays et d'améliorer les conditions de vie de leur peuple. C'est surtout un roman sur la disparition de la magie […]. Or, cette magie ne peut disparaître, et cela nous est prouvé doublement : parce qu'elle aide à sauver le monde dans l'histoire racontée par le livre, mais aussi d'une autre manière : elle est peut-être fée, l'auteure de ce livre, car son livre agit sur le lecteur comme celui des fées sur Aila ; on se sent comme aspiré par une histoire qu'on ne veut plus quitter et qui s'offre très facilement à la lecture. Comment mieux affirmer que les livres et la lecture font ressusciter la magie et peuvent réenchanter notre monde ? »

Olivier, 40 ans

Un monde féerique envoûtant, une histoire passionnante qui vous tient en haleine de la première jusqu'à la dernière ligne. On vit des émotions intenses avec Aila ! J'ai autant dévoré les livres de Boullery que ceux de Goodkind, Tolkien ou Martin. Lisez les trois premiers chapitres : vous ne pourrez plus vous arrêter !

Sur UPblisher

Guillaume, 31 ans

Catherine Boullery réenchante la saga fantastique en trempant sa fine plume dans la clarté du conte. Les fluides aventures d'Aila sauront sans aucun doute poser leur charme puissant sur les enfants de 10 à 90 ans : un sort suffisamment puissant pour tenir en haleine au fil d'une histoire-fleuve.

Adrien, 27 ans

J'ai eu le privilège de découvrir en avant-première les aventures d'Aila. Elles m'ont tenu en haleine pendant plusieurs jours, c'est ce genre de roman qu'on peine à refermer tard le soir, mais dont on essaie d'économiser certains chapitres pour le lendemain ! J'ai hâte de découvrir la suite et suis ravi d'apprendre que d'autres personnes découvriront cet univers vraiment particulier et attachant. Bonne lecture à tout le monde !

Yollande, 45 ans

Je suis en train de relire Aila et la MAGIE est toujours là. C'est époustouflant, car je sais que, dans un an, dans dix ans, il y aura toujours cette magie que je me régalerai à redécouvrir. Ce livre enchanteur, envoûtant, fait partie de ceux qui me sont « intemporels » et dont le plaisir de la relecture reste toujours aussi fort : on s'attache à Aila, on se l'approprie, on vit sa vie au fil des mots, au fil des pages, on la voit grandir comme un enfant (on en est fière n'est-ce pas, Catherine ?) et on en redemande encore et encore. Et on se dit qu'on sera patiente comme jamais pour connaître la suite, mais surtout, surtout, ne jamais connaître sa fin !

Tous les ingrédients sont là : l'amour, l'amitié, la fidélité, le courage, l'aventure, l'espérance, les joies et les peines, le doute, l'angoisse, la violence, la mort… Exercice de très haute voltige. Je suis très touchée d'avoir eu le privilège de lire le 1er tome il y a un an et je n'ai plus qu'un mot à dire : longue vie à Aila.


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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Il existe une loi ancienne, toujours en vigueur. Elle est si rarement utilisée qu’elle en est pratiquement tombée en désuétude, mais pas tout à fait. Je la connais et j’ai décidé de m’en servir aujourd’hui pour te libérer définitivement de ce père qui n’en a jamais endossé la responsabilité. Le « Patrico Determago » énonce qu’un enfant dont le père (ou la mère) n’a assuré ni sa protection ni son entretien depuis son enfance peut revendiquer un changement de parent. Pour satisfaire aux conditions, cela nécessite la demande de la mère, même si elle est décédée, et celle de trois proches de la famille. J’ai rédigé la mienne, donc toutes les conditions sont réunies et tu vas pouvoir remplacer ce père. Si Bonneau a bien été celui que je décelais, choisis-le. Cet immense honneur que tu lui accorderas comblera la peine causée par cette inévitable trahison envers son frère.

En ce qui concerne ton père, mon cœur est profondément malheureux de voir qu’il n’a pas dépassé son inaptitude. Tu n’es en rien responsable de son comportement. Ce sera dans son histoire qu’il faudra chercher la raison de cette incapacité à te reconnaître et à t’aimer. Si un jour, tu as envie de comprendre, retourne sur le chemin de sa vie. Ce que tu y trouveras te donnera peut-être la force de lui pardonner et de lui offrir une nouvelle chance… C’est un homme merveilleux, grandiose, mais je sais que je n’arriverai pas à te convaincre, sa conduite a été en dessous de tout avec toi et rien de ce que je pourrais faire ou dire n’y changera rien… à toi d’avancer sur ta propre route.

Ma puce, mon ange, ma douce… Que ces mots, que je ne pourrai bientôt plus prononcer à ton oreille, me font plaisir à écrire une dernière fois ! Ta naissance et ces années passées à tes côtés incarnent les plus beaux moments de ma vie. J’essaie d’engranger le plus de souvenirs de toi et de ton frère pour mourir avec sérénité et sans regret. Barou sera près de moi, je l’aime tant, ainsi qu’Aubin et toi… Je serre ta poupée dans ma main, tu sais celle avec des cheveux de laine. J’ai prié Bonneau de la mettre avec moi après ma mort, à l’insu de Barou. J’espère qu’elle ne te manquera pas. Mélinda devrait t’en retrouver une autre.

J’ai fait ce que je devais faire… Maintenant, je peux partir.

Je t’aime, Aila
Ta maman Efée

Aila sentit les larmes couler sur ses joues, tandis qu’une grande détresse l’envahissait. Elle s’était aperçue que l’écriture de sa mère devenait de plus en plus hésitante au fur et à mesure que la lettre s’allongeait. Efée semblait penser que le choix serait simple et facile, mais comment allait-elle pouvoir demander aux plus proches amis de son père de le trahir pour elle ? Elle ne pourrait pas solliciter cela de Bonneau dont il était le frère, d’attendre de lui de renoncer au dernier membre de sa famille ! Dame Mélinda avait bien dit l’estime qu’elle portait à Barou et la souffrance que lui causerait tout acte contre lui. Les paroles énigmatiques qu’elle avait prononcées prenaient à présent tout leur sens. Et Hamelin, cet homme de paix, comment allait-il vivre cette confrontation avec Barou ? Non, jamais, elle ne pourrait imposer cette épreuve à tous ceux qu’elle aimait. Elle s’effondra sur la table, encore plus anéantie qu’avant…

Ce fut la main de Bonneau sur son cou qui la ramena à la réalité. Elle s’était endormie sur le bois, la lettre devant elle, ses manches noyées de larmes.
— Que se passe-t-il, Aila ? interrogea Bonneau avec tendresse.
— Je ne peux pas exiger cela, pas de vous, ses amis, sa famille. C’est impossible !
— Si, Aila. Nous avons tous donné notre promesse à Efée et nous la tiendrons.
— Mais Barou ne te le pardonnera jamais !
— J’ai opéré ce choix il y a longtemps et j’y demeure toujours fidèle.
— Mais si jamais il te rejetait ! Ou s’il en mourait ?
— Tous les êtres qui ne s’adaptent pas disparaissent, ainsi va la vie…
— Mais, Bonneau, c’est ton frère !
— Oui, mais il est allé trop loin et, même si je l’aime infiniment, j’ai choisi de te protéger de lui.
— Et dame Mélinda et Hamelin ?
— Ils ont pris la même décision en ayant envisagé et accepté toutes les conséquences. Nous nous sommes tous engagés. Mais la seule personne qui peut exercer la demande initiale, c’est toi et nous n’attendons que cela pour te suivre. Tu dois agir, Aila ! Qu’Efée n’ait pas entrepris toute cette démarche pour rien… !
Elle le regarda avec attention avant de détourner les yeux.
— J’ai besoin de réfléchir, Bonneau. J’ai besoin de prendre l’air.
Elle sortit précipitamment de la maison.

Songeuse, Aila était assise sur une pierre, dans un champ à l’écart du château. Qu’allait-elle pouvoir faire ? Qu’allait-elle devenir ? À quoi allait-elle devoir renoncer pour continuer à avancer ? Nerveusement, elle dépouillait de petites branches de leurs feuilles tout en les regardant s’entasser les unes sur les autres. Elle réalisait que son choix serait à l’origine d’un tournant dans sa vie. Dame Mélinda, Hamelin et Bonneau avaient concrétisé le leur longtemps auparavant, ils avaient d’ores et déjà consenti à perdre Barou, mais elle, pas encore… Si elle s’opposait à son père, elle aliénerait définitivement le dernier espoir de retrouver son amour. Si elle ne s’opposait pas, son ultime chance de devenir ce qu’elle espérait disparaîtrait… Comment savoir quel choix était le bon ? Et comment assumer que le meilleur des deux signifiât la fin d’un rêve, d’un espoir fou ? Toutes ces questions se bousculaient dans son esprit, tandis que les réponses lui échappaient. Un bruit de pas lui fit lever la tête, elle vit Aubin qui la rejoignait :
— Je te cherchais, Aila, je suis désolé…
Un instant, elle posa son front contre son buste, avant de se redresser.
— Il faut que nous parlions, Aubin, j’ai des choses graves à partager avec toi.
Il s’écarta, le regard interrogateur, puis ils s’assirent côte à côte.
— Ce soir, maman m’a offert mon héritage à travers Bonneau.
Elle plongea ses yeux dans ceux de son frère, avec gravité.
— J’ai un portrait d’elle, à présent. Est-ce que tu l’as déjà vue, Aubin ?
— Oui, père en conserve un, camouflé dans un de ses tiroirs. J’aurais pu faire un bon voleur, car il ne s’est jamais aperçu que j’allais le regarder régulièrement !
Il esquissa un petit rire.
— Elle m’a offert sa robe de mariée et sa parure de bijoux, elles sont de toute beauté…
— Alors, tu comptes les porter quand ?
Ce fut au tour d’Aila de légèrement s’esclaffer avant de redevenir grave.
— Aubin, elle m’a laissé une lettre…
Au haussement de sourcils de son frère, elle sentit sa déception de ne jamais en avoir reçu. Elle le rassura :
— Ne t’inquiète pas, il y en a sûrement une pour toi que tu découvriras pour un événement marquant de ta vie. Quand tu porteras sa robe de mariée par exemple !
Ils rirent ensemble, mais cette légèreté ne fut que passagère.
— Aubin, l’héritage qu’elle m’a laissé dans cette lettre est terriblement douloureux. Je ne sais plus quoi faire…
— Vas-y, explique-toi.
— Une loi existe, qui me permet de changer de père.
— Après tout, pourquoi pas ?
— Aubin, pour en arriver là, quatre personnes proches de la famille doivent témoigner de son inaptitude à me donner de l’amour, à me protéger et à subvenir à mes besoins…
Son frère pâlit et osa une question :
— Tu voudrais que je témoigne ?
— Non. Maman s’est occupée de tout et a tout prévu avant sa mort. Bonneau, dame Mélinda et Hamelin ont déjà écrit leurs lettres ou vont le faire.
Aila sentit l’émotion la submerger à nouveau.
— Et le dernier témoignage ? s’enquit-il, encore plus inquiet.
— Ce sera le sien, elle affirmera que Barou n’a pas été un père pour moi…
Un silence lourd s’abattit. Il secoua pensivement la tête :
— Par les fées… Ce sera épouvantable pour lui. Ses amis et mère…, murmura Aubin.
— Mais tu es là, toi aussi, je vais bouleverser ta vie si je le demande…
— Qu’en disent les autres témoins ?
— Ils se sont mis d’accord avec maman. Ils s’y résoudront tous, c’est prévu, malgré l’estime qu’ils portent à Barou. Ils en acceptent les conséquences quelles qu’elles soient…
— Par les fées…, ne fit que répéter Aubin.
— Qu’est-ce que je dois faire ?
— Je ne sais pas, Aila. Ce sera redoutable pour père de voir ses amis le laisser tomber et surtout notre mère se retourner contre lui, vraiment dramatique…
— J’en suis consciente…
Aubin se leva d’un bond. Aila, désespérée, crut qu’il partait, mais il se mit à arpenter l’allée d’une démarche saccadée, ponctuée de soupirs et de mouvements d’humeur. Elle le suivait des yeux, résistant de son mieux à la tension ambiante qu’elle ressentait, puis, soudain, elle prit sa décision.
— Aubin !
Il se figea devant elle et lui coupa l’herbe sous le pied :
— Tu dois le demander, Aila. Père n’a pas le droit de t’empêcher de devenir ce pour quoi tu es faite. C’est un homme admirable. Si tu savais à quel point il compte pour moi…
Sa voix se cassa.
— Je le sais, Aubin, et je ne comprends même pas comment, l’aimant autant, tu as rempli ta place de frère auprès de moi…
Il eut un rire sans joie et poursuivit :
— Tu es comme lui, un personnage charismatique, même si tu n’en as pas encore conscience… Tu vois, il n’ignore pas que je ne dépasserai guère le stade du combattant médiocre, que je ne marcherai pas dans ses pas, mais il ne cesse de m’encourager et je progresse doucement… Il aurait pu me renier moi aussi, mais il n’en est pas moins resté un père aimant et confiant. Je sais pourquoi ses hommes le suivraient jusque dans la mort, parce que je ferais comme eux, je l’accompagnerais n’importe où, les yeux fermés. Quelle zone d’ombre, existant dans sa vie, expliquerait son attitude envers toi ? Je l’ignore… Je l’ai cherchée, Aila, mais je n’ai pas réussi à la découvrir…
Aubin se tut comme à bout de souffle, le visage crispé. Chaque mot lui coûtait.
— Mais à ta place, j’exercerais mon droit. Je connais la douleur de grandir sans l’amour d’un parent. Toi, tu as poussé sans l’amour d’aucuns, alors que l’un d’entre eux était encore vivant et si près… Demande-le, Aila, mais ne m’en réclame pas plus.
Son frère tourna les talons et partit en courant.
— Aubin ! cria Aila.
Mais il avait déjà disparu…

La nuit obscurcissait tout depuis longtemps quand elle rentra à la chaumière, une assiette de soupe froide l’attendait avec un quignon de pain, mais elle n’avait pas faim. Elle déposa ses affaires sur sa chaise, se glissa dans sa grande chemise, puis dans les draps frais de son lit et s’endormit comme une masse…


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