Aila et la Magie des Fées, tome 1 de la saga de fantasy de Catherine Boullery
La saga d'Aila  fantasy


fantasy lectrice

Note : 4.6 / 5 avec 236  critiques Catherine Boullery

Le début de l'histoire

Les légendes en Avotour racontent qu'hommes et fées vécurent en parfaite harmonie jusqu'au jour où un interdit absolu fut transgressé : l'amour entre un homme et une fée. Pour qu'un tel malheur ne se reproduise plus, les fées choisirent de disparaître aux yeux des hommes et c'est ainsi qu'aujourd'hui, en Avotour, plus personne ne croît aux fées ou presque…

◎ ◎ ◎

Orpheline de mère, Aila a grandi élevée par son oncle Bonneau dans le comté d'Antan. De loin, enfermée dans l'incompréhension totale de ce père qui l'a reniée à sa naissance sans raison apparente, elle observe son père Barou Grand et son petit frère Aubin vivre ensemble. Et, pourtant, ce colosse est le plus grand héros du royaume. C'est lui qui, des années auparavant, a repoussé chez eux les Hagans, peuple frontalier, féroce et sanguinaire, qui venait piller et tuer.

Heureusement, la jeune fille n'est pas seule. La châtelaine d'Antan, Mélinda s'occupe d'elle comme de ses trois filles, lui offrant une présence féminine indispensable tandis que Hamelin, le mage du château, érudit et sage, lui enseigne tout ce qu'il sait. De plus, Aubin, bravant l'interdit parental, décide de se rapprocher d'elle dans le plus grand secret.

Alors qu'Aila devient adolescente, Bonneau décèle chez sa nièce une aptitude peu commune à se battre et décide de la former. Aujourd'hui, à seize ans, elle est devenue une exceptionnelle combattante, en particulier, lorsqu'elle manipule le kenda, un bâton de combat aux propriétés peu conventionnelles. Elle est l'élève qui ferait la fierté de Barou. Cependant, rien n'a changé et ce dernier persiste à l'ignorer.

◎ ◎ ◎

Deux journées de deuil sont décrétées quand le roi Sérain d'Avotour perd sa femme et sa fille dans un attentat qui lui était destiné. À la suite de cet événement tragique, il décide de protéger ses trois fils en créant une garde rapprochée. Naturellement, il envoie chercher ces hommes parmi l'élite d'Avotour, c'est-à-dire dans le camp de formation de Barou Grand. C'est la chance que saisit Aila pour enfin prouver sa valeur. Malheureusement, Barou refuse sa participation. Alors, pour la première fois de sa vie, Aila s'oppose à lui et fait appel à une loi ancienne qui l'autorise à changer de père. Sa joie explose quand elle est sélectionnée, mais c'est aussi tout son monde qui bascule. Dorénavant, elle va quitter la sécurité d'Antan et son bonheur est teinté d'une légère appréhension.

◎ ◎ ◎

Son départ proche perturbe plus que de raison Hamelin. Aila connaît depuis bien longtemps son intérêt pour les fées et l'a toujours considéré comme l'expression d'une forme de nostalgie chez un homme attaché de traditions ancestrales. Seulement, quand elle touche le petit livre aux paysages mouvants qu'il lui tend, elle se sent immédiatement happée dans un autre monde avant de briser la magie du moment. Hamelin est convaincu qu'Aila peut communiquer avec les fées tandis que la jeune fille refuse totalement d'envisager, même l'espace d'un instant, l'existence de telles créatures. Malgré tout, par affection pour le vieil homme, elle emporte le livre qu'elle fourre au fond de son sac, espérant ainsi l'oublier au plus vite.

La qualité de vie en Avotour s'est bien dégradée depuis quelques années. La misère y côtoie la disette. De plus, affaibli, le pays redevient la cible de nouvelles attaques haganes et l'objet de convoitise de contrées limitrophes soutenues par la traîtrise interne de certains comtés du royaume. C'est ainsi que les membres de la garde rapprochée se voient attribuer différentes missions en vue de confondre ceux dont la loyauté a failli.

◎ ◎ ◎

Heureuse de partir avec le benjamin de la famille royale, Avelin, Aila déchante quand elle découvre que, en fin de compte, elle accompagnera l'héritier du trône, Hubert, aussi froid que rigide, dans une mission dans le comté d'Escarfe. Sa déception s'accroît quand elle apprend qu'elle sera présentée comme sa promise et qu'elle va devoir troquer sa tenue de combattante contre robes et frou-frou.

Tandis qu'Aila se prend finalement au jeu, des phénomènes bizarres apparaissent dans sa vie et la troublent. Comment se fait-il qu'elle pressente le danger ? Pourquoi son esprit devient-il capable de survoler l'espace qui l'entoure ?

Alors qu'un danger encore plus grand menace le royaume en la personne de Césarus, un empereur venu du nord qui détruit toute vie sur son passage, de nouvelles coalitions vont devoir naître pour contrer un oppresseur prêt à tout. Comment les ennemis d'aujourd'hui pourront-ils devenir les alliés demain ?

❈ ❈ ❈ ❈ ❈

Parcourez les coups de cœur de mes premiers lecteurs

Cassandre, 20 ans

Aila et la Magie des Fées, un joli titre qui n'attirait pas spécialement ma curiosité… Si j'avais su un jour qu'un livre de fantasy allait me rendre autant adepte de la lecture, je ne l'aurais pas cru. On pourrait croire à un livre pour fillettes rêvant de magie et d'univers parallèles, pourtant je dirais que c'est un livre qui en passionnerait plus d'un, tous âges confondus. Un livre magnifiquement bien écrit, qui révèle des détails qu'on ne pourrait imaginer…
Je me lance… j'ouvre le livre, je commence à lire quelques pages, 13, 20, 35… je dévore toutes ces lignes à une vitesse folle. Et voilà maintenant que je le prends dans le bus le matin, à ma pause déjeuner, le soir pour rentrer, et juste avant de me coucher. Je tourne les pages plus vite que mon ombre et naît un sentiment d'impatience de connaître la suite.
Au fil de l'histoire, je me suis complètement identifiée à l'héroïne ; elle était moi et j'étais elle. C'est comme si nous ne faisions qu'un. Une sensation qui reflète ma façon d'agir, de penser, de vivre… une aventure que j'ai lue et surtout vécue intérieurement pendant mes quelques jours de lecture passionnée. Je le relirai encore avec plaisir et avec les mêmes sentiments que la première fois ! Un livre à l'avenir tout tracé que je conseillerai à tous mes proches !!!

Sur UPblisher

Emmanuelle, 30 ans

Olala !!!!! Rien que le premier chapitre, et j'étais déjà accro !!! Ce qui est vraiment génial, c'est d'avoir pris plein de thèmes et histoires qui font partie de notre inconscient imaginaire et d'en avoir fait quelque chose de neuf ! Le tour de force de Catherine, c'est de parvenir à dévier ces éléments pour créer son propre monde et, ainsi, de générer un plaisir double pour le lecteur : celui de revivre un imaginaire de l'enfance dans un autre.
Tout est vraiment bien écrit et très fluide (et merci d'employer le subjonctif imparfait !!! J'adore ce temps qui ajoute un côté féerique et intemporel, justement typique du conte).
Aucune pesanteur, les personnages, leur origine, tout est bien posé en douceur et, pourtant, au milieu de péripéties palpitantes ! Le rythme est parfait ! C'est super bien ficelé, drôle, et, de plus, étonnamment d'actualité ! (toute la description d'Avotour, des problèmes causés par la misère, l'angoisse de ce qui va survenir…) Bref, je suis toujours aussi fan !!!

Didier, 53 ans

Eh bien, si je m'attendais un jour à donner mon avis sur un livre de fantasy, moi qui ne lis que des magazines d'économie, un ou deux ouvrages (sérieux) par an, et jamais de fantasy. J'ai été fortement incité à parcourir Aila et la Magie des Fées et je ne le regrette absolument pas. Une fois le prologue avalé, je pénètre dans un roman qui débute à la fois doucement (un environnement bien brossé, une fine description des personnages — aux caractères très affirmés — qui offrent tous un élément auquel s'attacher, une subtile entrée en matière des fées, imperceptiblement) et rapidement avec de l'action dès le premier chapitre — ça ne s'arrête plus jamais — et des dialogues d'une incroyable pétulance. Pas moyen de s'interrompre une fois qu'on a mis le doigt dans ce livre…

Miss Mag

Il faut aussi que je vous précise qu'après cette lecture, je suis en mesure de vous affirmer que le titre « Aila et la Magie des Fées » est très réducteur, en effet, ce roman déborde d'éléments qui en font un excellent moment littéraire.
Catherine Boullery parvient à nous tenir en haleine tout au long de cette histoire, nous y passons d'aventures en aventures. Alia est non seulement une combattante hors paire et une jeune femme au caractère bien trempé, mais aussi une personne pleine de douceur, qui sans le savoir est avide d'amour et de romantisme. Bien sûr , il me faut aussi parler des fées et du coté magique de ce livre, qui y tient aussi une partie importante et qui fait le lien avec les deux tomes suivants.
Avec ce roman j'ai donc vécu des moments romanesque, fantastique, d'aventure, J'ai voyagé au sein d'une contrée imaginaire.
Je ne saurai donc que vous conseiller de découvrir les aventures d'Alia si vous êtes en quête de toutes ces choses.
« Aila et la Magie des Fées » est donc le premier tome d'une saga, qui je maintiens mon opinion, aurait mérité un titre un peu plus recherché.

Sur Babelio
Virginie

Voilà ce qui se passe quand, en lisant un livre pour la seconde fois, je me sens une nouvelle fois littéralement happée par l'histoire : je me lâche ! Extrait : « Qu'est-ce qui m'a plu dans Aila et la Magie des Fées ? […] ce qui est intéressant, c'est que contrairement à d'habitude […], c'est une femme, Aila, qui reçoit toutes les caractéristiques des héros : combattante efficace, elle sait manier les armes, et peut se montrer fine stratège. Cela donne de la profondeur au personnage, et le roman a une coloration féministe en montrant comment une très jeune femme peut s'affirmer dans un monde d'hommes et instaurer un nouveau rapport à autrui. […] Autre chose : Aila est un personnage amusant et touchant, parce que contrairement à certains héros de fantasy, elle est un personnage inachevé : elle est encore en train de grandir, elle est souvent montrée en train d'apprendre à devenir une guerrière, on la voit même être très naïve, faire des erreurs importantes, et se méprendre sur les intentions d'autres personnages. C'est rassurant, ou réaliste, comme on veut, de découvrir un personnage qui n'est pas auréolé de toutes les perfections. […] on peut lire une réflexion sur le pouvoir et sur les modes de gouvernement. Ainsi, les actions humaines ont autant de place que la magie : Aila instille la volonté, chez les princes et les rois, de sortir de leur passivité, d'arrêter d'attendre une évolution extérieure, et de réfléchir par eux-mêmes à la manière de mieux gouverner leur pays et d'améliorer les conditions de vie de leur peuple. C'est surtout un roman sur la disparition de la magie […]. Or, cette magie ne peut disparaître, et cela nous est prouvé doublement : parce qu'elle aide à sauver le monde dans l'histoire racontée par le livre, mais aussi d'une autre manière : elle est peut-être fée, l'auteure de ce livre, car son livre agit sur le lecteur comme celui des fées sur Aila ; on se sent comme aspiré par une histoire qu'on ne veut plus quitter et qui s'offre très facilement à la lecture. Comment mieux affirmer que les livres et la lecture font ressusciter la magie et peuvent réenchanter notre monde ? »

Olivier, 40 ans

Un monde féerique envoûtant, une histoire passionnante qui vous tient en haleine de la première jusqu'à la dernière ligne. On vit des émotions intenses avec Aila ! J'ai autant dévoré les livres de Boullery que ceux de Goodkind, Tolkien ou Martin. Lisez les trois premiers chapitres : vous ne pourrez plus vous arrêter !

Sur UPblisher

Guillaume, 31 ans

Catherine Boullery réenchante la saga fantastique en trempant sa fine plume dans la clarté du conte. Les fluides aventures d'Aila sauront sans aucun doute poser leur charme puissant sur les enfants de 10 à 90 ans : un sort suffisamment puissant pour tenir en haleine au fil d'une histoire-fleuve.

Adrien, 27 ans

J'ai eu le privilège de découvrir en avant-première les aventures d'Aila. Elles m'ont tenu en haleine pendant plusieurs jours, c'est ce genre de roman qu'on peine à refermer tard le soir, mais dont on essaie d'économiser certains chapitres pour le lendemain ! J'ai hâte de découvrir la suite et suis ravi d'apprendre que d'autres personnes découvriront cet univers vraiment particulier et attachant. Bonne lecture à tout le monde !

Yollande, 45 ans

Je suis en train de relire Aila et la MAGIE est toujours là. C'est époustouflant, car je sais que, dans un an, dans dix ans, il y aura toujours cette magie que je me régalerai à redécouvrir. Ce livre enchanteur, envoûtant, fait partie de ceux qui me sont « intemporels » et dont le plaisir de la relecture reste toujours aussi fort : on s'attache à Aila, on se l'approprie, on vit sa vie au fil des mots, au fil des pages, on la voit grandir comme un enfant (on en est fière n'est-ce pas, Catherine ?) et on en redemande encore et encore. Et on se dit qu'on sera patiente comme jamais pour connaître la suite, mais surtout, surtout, ne jamais connaître sa fin !

Tous les ingrédients sont là : l'amour, l'amitié, la fidélité, le courage, l'aventure, l'espérance, les joies et les peines, le doute, l'angoisse, la violence, la mort… Exercice de très haute voltige. Je suis très touchée d'avoir eu le privilège de lire le 1er tome il y a un an et je n'ai plus qu'un mot à dire : longue vie à Aila.


L'auteure Catherine Boullery saga Blog de fantasy roman Univers de fantasy recommandation Aila, l'héroïne meilleur Interviews auteure Communauté d'Aila favorites Salons du livre saga Coups de cœur des lecteurs heroic Avis des lecteurs auteure Je déclare ma flamme auteure Pourquoi écrire top Auteurs de fantasy favorites Liens de fantasy saga Ramdam roman Photos d'ambiance top Photos de papillons meilleur Piratage recommandation Campagne de financement roman Remerciements auteure Supportez la romancière… recommandation Téléchargez, achetez… auteure Tout sur l'auteure de fantasy top


Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Au cours du repas, Airin leur apprit la visite du sire Carustre pour le lendemain. Ce dernier venait récupérer sa fille qu’il avait laissée à leurs bons soins pendant une année. Aila, un peu absente, suivait la conversation de loin, cherchant des yeux Astria dans la salle sans la trouver. Dans les phrases qui résonnaient à ses oreilles, elle entendit le prénom d’Astria et revint dans la discussion.
— Excusez-moi, j’étais distraite. Pouvez-vous répéter vos derniers propos, sire Airin ?
— Je disais simplement que sire Carustre venait récupérer sa fille demain. Vous la connaissez peut-être, elle s’appelle Astria.
— Oui, je la connais, et a-t-elle été avertie de son arrivée ? coupa Aila, soudain inquiète.
— Oui. Elle a eu la bonne surprise d’apprendre la venue de son père ce soir en rentrant pour se changer.
— Excusez-moi, sire Airin, l’apercevez-vous dans la salle ?
— Je ne sais pas… Non, a priori non ! dit Airin, en balayant l’assemblée d’un regard.
Elle sentit la panique la gagner et demanda à une servante qui passait d’aller voir si Astria occupait sa chambre. Conscient de l’agitation de sa promise, Hubert s’enquit :
— Un problème ?
Elle acquiesça, l’air inquiet :
— Excusez-moi.
Elle se leva. Airin et Hubert l’observèrent s’affairer autour des tables, questionnant tout le monde à propos de la présence d’Astria, mais les réponses furent négatives. La servante revint l’informer qu’Astria était descendue à l’heure du dîner, comme chaque jour. Blaise s’était rapproché.
— Hubert, apprêtez-vous, il faut aller la chercher. Blaise, pouvez-vous faire seller nos montures ?
— Je vous accompagne, intervint Barnais. Demandez à ce que l’on me prépare également mon cheval, ajouta-t-il en se tournant vers Blaise.
Il parut si concerné, si volontaire qu’elle lui sourit.
— Dame Aila, pensez-vous qu’il puisse lui être arrivé quelque chose ou qu’elle ait commis une bêtise ? questionna Airin, préoccupé à son tour. Ce serait dommage, c’est une brave petite…
— Pour l’instant, sire Airin, je n’en sais rien, mais je m’inquiète.
Hubert et elle se changèrent rapidement et descendirent vers l’écurie où Barnais les attendait :
— J’ai recueilli une information. Un jeune garçon l’a vue partir dans cette direction, expliqua-t-il en montrant une route qui filait vers des arbres.
— Quand ?
— Au début du repas.
— Et qu’y a-t-il par là ?
— La forêt.
Le cœur d’Aila se mit à battre un peu plus vite.
— Et dans la forêt ?
— Pas grand-chose, la falaise aux amoureux et l’étang où je vous avais emmenée.
— Elle est là-bas ! s’écria-t-elle. Barnais, conduisez-nous immédiatement à cette falaise !
Munis de lanternes, ils partirent rapidement. Cependant, leur allure ralentit tout aussi vite, car, même sous la lueur lunaire, ils voyaient difficilement le chemin. Barnais les guidait avec efficacité dans les embranchements qui s’ouvraient devant eux, leur indiquant les pièges à éviter. Quelquefois, ils appelaient Astria dans l’espoir d’une réponse, qui ne vint pas. Enfin, ils arrivèrent au pied de la falaise.
— Où est le départ de la montée ? questionna Aila, en prenant son kenda.
— Par là, je vous emmène. Mais pourquoi serait-elle venue ici et pour quelles raisons grimper cette falaise en pleine nuit ? C’est idiot…
— Oui, c’est idiot, mais elle l’a fait.
— Comment pouvez-vous en être sûre ?
— J’ai aperçu des traces récentes qui ne peuvent être que les siennes. En route, Hubert. Barnais, restez ici à nous attendre. Si, d’ici deux heures, nous ne sommes pas revenus, retournez chercher des secours, vous seul connaissez la région, alors soyez prudent.

Sous l’éclat de la lune, suivant Hubert, elle commença l’ascension sans grande difficulté, malgré la nuit qui ralentissait leur progression.
— Est-ce que vous voyez quelque chose ?
— Toujours rien, Aila.
Arrivé en haut, Hubert lui tendit sa main pour l’aider à franchir les derniers mètres qui la séparaient du sommet.
— Pourquoi est-elle montée ici, Aila ?
— Elle est venue pour se tuer, répondit-elle, étouffant un sanglot.
Le prince resta silencieux un moment, puis sa main serra doucement l’épaule d’Aila.
— Continuons les recherches.
Ils avançaient lentement, scrutant chaque ombre. Elle appelait et écoutait tous les bruits, à la recherche de celui qui la guiderait à Astria. Soudain, dans un croissant de lumière, une petite forme blanche se détacha sur une plate-forme en contrebas.
— Elle est là !
— Attendez un instant, j’ai ce qu’il faut !
Hubert déroula une corde et l’accrocha autour d’un rocher avant de ceinturer la taille d’Aila.
— Vous ne pouvez pas descendre sans une assurance, c’est bien trop abrupt.
Elle émit un petit sifflement approbateur.
— Bonne idée, la corde…
Elle posa son kenda et commença son rappel, posément. Voyant difficilement où elle allait, elle mit un temps infini à accéder à la plate-forme. Elle se sentait tellement bouleversée que ses mains en tremblaient. Tout au long de sa descente, elle parlait à Astria, la tranquillisait, devisant de demain et des autres jours, de ce qu’elles feraient ensemble. Elle ignorait si la jeune fille avait survécu, mais si c’était le cas, au moins, elle saurait qu’elle arrivait près d’elle. Même en atterrissant souplement sur la plate-forme, cette dernière vacilla. Guère rassurée, Aila se colla à la paroi et s’agenouilla délicatement auprès de la jeune fille.
— Aila, prononça Astria d’une voix étouffée.
Le cœur d’Aila bondit : elle vivait encore !
— Je ne sens plus mon corps, balbutia-t-elle.
— Ce n’est pas grave, ma douce. Demain, il n’y paraîtra plus.
— Ce n’est pas beau de mentir…
— Je ne mens jamais, Astria.
— Vous ferez une bonne reine.
Que pouvait lui dire Aila ? de se battre ? de ne pas abandonner ? ou qu’elle ne serait jamais reine ? Astria s’éteignait petit à petit, irrémédiablement. Aila puisa au fond d’elle-même tout ce qui lui restait de courage :
— Prenez-moi dans vos bras, souffla la toute jeune fille.
Aila se décala légèrement, sentant la corniche vibrer sous ses pieds, et entoura Astria comme elle le pouvait, évitant de provoquer le déséquilibre du rocher.
— Père ne doit pas savoir, vous avez promis. Ni Barnais ! Lui seul a été gentil avec moi, je le voulais si fort…
— Je te le promets.
— Merci. Dites à mon papa…
Elle n’arriva pas à finir sa phrase.
— Je le lui dirai, je n’oublierai pas.

Le temps s’écoula et Aila en perdit la notion. Elle frémit juste au moment où Astria poussa son dernier soupir. Elle eut envie de hurler son chagrin, mais elle se retint tant la corniche, de plus en plus fragilisée, branlait. Elle s’endormit sûrement, car le jour se levait quand elle rouvrit les yeux. Elle se sentait lasse et accablée. Elle entendait des bruits sur la falaise, mais n’osait ni appeler, ni crier. Un craquement juste au-dessus d’elle lui révéla que quelqu’un descendait.
— Aila, je suis là, chuchota Hubert.
— La corniche va céder…
— Je m’en doutais, c’est pour cela que je suis venu vous chercher. Inutile que vous mourriez à deux…
— Je ne peux pas la laisser.
— Je ne vous le demande pas. Un harnais va nous être envoyé.
— Vous avez pensé à tout.
— Il faut bien que cela m’arrive quelquefois.
Bientôt, le baudrier se posa sur le rocher, tandis qu’Aila n’osait plus bouger. Lugubrement, la plate-forme crissait de plus en plus, elle ne tarderait pas à céder. D’un geste sûr, Hubert passa le harnais entre les jambes d’Astria qui pendaient dans le vide, puis, très doucement, il le fit glisser vers ses hanches.
— Vous devez m’aider. Finissons de l’attacher avant que la corniche s’effondre. Comme nous sommes reliés tous les deux, nous ne craignons rien, mais elle doit être assurée.
Très lentement, ils finalisèrent la fixation du baudrier.
— Je vais leur dire de la remonter. La plate-forme risque certainement de s’écrouler dès que j’élèverai la voix. Préparez-vous. Allez-y ! cria-t-il.
Un craquement sinistre se propagea et Aila aperçut dans son champ de vision une corde qui filait à grande vitesse pour plonger dans l’abîme ! La sienne ! Sa corde !
— Hubert ! hurla-t-elle.
Elle perdit l’équilibre et dégringola avec la corniche sans arriver à se retenir quand, soudain, elle devina qu’une main empoignait la sienne in extremis.
— Aila, accrochez-vous ! Je ne peux pas vous remonter, mais je vous tiens. Pouvez-vous basculer pour venir vous agripper à moi le plus vite possible, je ne résisterai pas longtemps. Allez !
Elle avait senti la peur s’insinuer en elle comme un serpent froid et visqueux, mais elle se reprit rapidement. Pour la seconde fois de sa vie, elle voyait la mort de près, mais là elle ne combattait pas… Se balançant d’avant en arrière, elle réussit à accrocher les jambes d’Hubert avec les siennes, soulageant ainsi la main de ce dernier d’une grande partie de son poids. Hubert put aussitôt se redresser et la hisser petit à petit vers lui. Encerclant son cou de ses bras, puis, verrouillant ses jambes sur ses hanches, elle l’enserra si fort qu’elle devait l’étouffer, mais il ne protesta pas, passant juste un bras autour de sa taille, attendant qu’elle reprît ses esprits.
— Aila, il faut filer d’ici. Envoyez une autre corde ! cria-t-il vers le sommet de la falaise.
Hubert remonta le premier et supervisa le retour de sa partenaire. La peur revenait dans la tête de la jeune fille, tandis qu’elle gravissait les derniers mètres. Elle mit toutes ses forces pour ne pas abandonner et, parvenue sur la crête, elle s’aperçut qu’elle grelottait et que ses dents claquaient.
— Par les fées, qu’nous sommes contents qu’vous soyez entiers tous les deux ! Le sire n’aurait pas aimé qu’on perde l’un d’vous, dit l’homme qui avait lancé les cordes. On a eu peur quand elle a cédé, mais on n’a pas eu le temps de faire. J’suis vraiment ben aise que vous ayez rien.
— Venez, Aila, nous rentrons au château, conclut Hubert, en la prenant par les épaules.
— Par ici, sire. La descente est facile de c’côté et vos chevaux attendent en bas, poursuivit l’homme.
Au coup d’œil d’Aila, incapable de parler, Hubert récupéra son kenda.
— Où est Astria ?
— La p’tiote a été redescendue et, sûr, elle est en route pour l’château.
Les yeux d’Aila se remplirent de larmes.
— Défaisons les cordes et retournons là-bas, décida Hubert.
Maladroitement, elle démêla celles qui auraient dû l’assurer. Les enroulant, elle suspendit son geste avant de tendre à Hubert l’extrémité de celle qui avait cédé, visiblement effilochée, mais des coupures nettes apparaissaient également.
Elle vit la réaction du prince, prêt à ameuter toutes les personnes demeurées sur la corniche, mais un doigt sur sa bouche le contint. Il se ressaisit :
— Brave homme, qui était sur la plate-forme pour récupérer Astria ? interrogea-t-il, d’une voix contrôlée.
Ce dernier se mit à réfléchir, comptant sur ses doigts.
— Sire Barnais, messires Duclin et Roguau, dame Rebecca, et puis deux compagnons à moi.
— Sire Airin n’était donc pas présent ?
— Oh que non ! L’a le vertige rien qu’en montant sur une chaise. Avec un peu d’chance, vous l’trouverez encore en bas. Il doit vouloir vérifier d’ses yeux que vous allez bien.
En bas de la falaise, ils retrouvèrent effectivement le châtelain d’Escarfe, complètement décomposé. Aila aperçut Lumière et, s’écartant d’Hubert, elle partit enfouir son visage contre la crinière de son cheval.
— Vous voici ! Comme je suis soulagé ! J’étais tellement inquiet pour vous et Astria. Oh ! pauvre petite ! Et son père, comment lui annoncer cette nouvelle ? Et vous, comment vous sentez-vous ?
— Fatigués, sire Airin, nous allons prendre un peu de repos.
— Faites, faites ! Oh ! pauvre petite…
Accablé, Airin secoua la tête.

Aila laissa Lumière à la charge de Blaise et partit s’allonger. Les yeux à peine fermés, elle plongea dans un sommeil lourd de chagrin sans voir de petite fée lumineuse.
Hubert vint la réveiller en début d’après-midi.
— J’ai pensé que vous ne préféreriez pas manger en bas, alors je vous ai fait préparer un plateau. Si vous désirez grignoter quelques fruits…
— Êtes-vous allé déjeuner avec eux ? s’enquit Aila qui reprenait progressivement ses esprits.
— Je n’ai pas voulu abandonner Airin qui s’est mis dans tous ses états. J’ai aussi promis de l’assister quand il accueillera Carustre. Ce serait bien que vous soyez là également. Vous en sentez-vous capable ?
Astria revenait avec force dans les pensées d’Aila, engourdie par le sommeil et une larme se forma le long de sa joue qu’elle essuya sans réfléchir.
— J’y serai.
— Aila, nous repartirons demain. Quelqu’un a cherché à vous tuer et je n’accepterai pas de risquer votre existence un jour de plus.
— Non, impossible, nous devons finir notre mission. Il en va de la vie de Barnais, des nôtres et de notre pays.
— C’est vraiment ce que vous voulez ?
— Oui. Je sais tout ce qui a été dit sur Barnais, mais je pense sincèrement qu’il vaut mieux que ce qu’il a offert jusqu’à présent de lui-même. Laissons de côté sa relation avec les femmes et considérons l’essentiel : il peut devenir un allié, j’en mettrais ma main au feu. Au fait, à propos de vie, vous avez sauvé la mienne. Merci.
— Nous avons échangé nos rôles, juste pour voir. Je ne suis pas mal non plus en garde du corps !
Elle esquissa un sourire :
— Peut-être mieux qu’en prince !
Hubert se raidit.
— Excusez-moi, sire Hubert, pour cette plaisanterie de mauvais goût, essaya-t-elle de se rattraper. J’en suis désolée…
Il sourit. Aurait-il appris l’ironie ?
— Il n’est jamais trop tard pour devenir drôle ! renchérit-il, puis, changeant de ton, il ajouta :
— À moins que ce soit vous qui soyez dans le vrai…
Elle posa sa main sur la sienne.
— Non, sire Hubert, s’il y a bien une chose dont je ne doute pas, c’est de votre compétence en tant que prince.
— Merci, Aila.
Elle le sentit sur le point de prononcer quelques mots de plus, mais il s’abstint et se retira, cédant la place à Élina qui entreprit de gommer la nuit presque blanche d’Aila.

Sire Carustre arrivait dans la cour où l’attendaient Airain et Barnais qui le saluèrent. Le châtelain présenta ensuite sobrement le prince et sa promise.
Tournant sur lui-même, le visiteur demanda :
— Où est Astria ? J’aurais juré qu’elle aurait accouru pour se jeter dans mes bras !
— Venez dans mon bureau, sire Carustre, nous devons parler, dit doucement Airin.
— Vous me paraissez tous d’une humeur bien maussade. Y aurait-il un problème avec Astria ?
— Venez dans mon bureau, sire Carustre, insista Airin.
Tandis qu’une inquiétude légitime se peignait sur son visage, Carustre se laissa entraîner par Airin. La porte du bureau à peine refermée, il se racla la gorge.
— Est-il arrivé quelque chose à Astria ?
— Oui, sire Carustre, elle s’est tuée hier dans un accident, énonça simplement Hubert.
Carustre accusa le coup ; il devint blême, mais refusa de s’asseoir.
— Que s’est-il passé ?
— Elle est partie toute seule se promener sur une falaise à la nuit tombée et elle s’est cassé le cou dans sa chute.
— Mais pourquoi a-t-elle fait cela ? Et pourquoi l’avez-vous laissée aller là-bas ?
Le visage de Carustre reflétait la complexité de ce qu’il ressentait. La colère et l’incompréhension le disputaient au désarroi le plus profond.
— L’endroit est dangereux et interdit, alors, en plus, seule et de nuit, nous ne l’aurions jamais autorisée à gravir la falaise. Elle s’est enfuie sans notre permission, précisa Airin. C’est dame Aila, amie avec Astria, qui a donné l’alerte et qui est partie avec sire Hubert et Barnais pour la rechercher. Malheureusement, ils sont arrivés trop tard pour la sauver.
— Par les fées, ma fille est morte toute seule…
— Non, sire Carustre, j’étais auprès d’elle quand elle a rendu son dernier soupir, en paix et sans souffrance, intervint Aila.
— Dame Aila ? Je ne me souviens pas qu’elle m’ait jamais parlé de vous dans ses lettres.
— C’est normal, je venais d’arriver, mais nous sommes rapidement devenues proches.
— Alors, savez-vous pourquoi elle était là-bas ? demanda Carustre qui s’effondrait de plus en plus à chaque mot.
Ses yeux restaient secs, mais il tanguait d’un pied sur l’autre, comme éperdu de douleur.
— J’ai fait une promesse à Astria, sire Carustre et je vais la tenir. La falaise aux amoureux est réputée comme un endroit de vœux. Astria, impatiente de votre venue, en avait formulé un. Quand elle a su votre arrivée prochaine, je suppose qu’elle a voulu remercier la falaise de l’avoir exaucé. Elle était si naturelle, si spontanée qu’elle n’a pas pensé à mal en s’y rendant…
— Par les fées, ma fille est morte, répéta Carustre, en s’asseyant finalement sur la chaise mise à sa disposition. Pourriez-vous me laisser seul, je vous prie… ?
Tous sortirent, sauf Aila, qui s’approcha de lui.
— J’ai un message à vous transmettre de la part d’Astria. Elle était désolée de vous causer ce chagrin et elle vous aime.
— Aimait…
— Je préfère « aime », parce que l’amour sincère survit à la mort et qu’il sera autour de vous aujourd’hui, demain et jusqu’à votre propre décès. Elle restera ainsi toujours à vos côtés.
Carustre la remercia d’un geste de la tête et Aila referma la porte derrière elle, le laissant seul avec son immense douleur. Elle remonta vers sa chambre, ayant elle aussi envie de s’isoler.
— Vous lui avez menti ?
C’était plus une affirmation qu’une question. Hubert la regardait et elle ne décela aucun reproche dans sa voix.
— Oui, j’ai menti, admit-elle.
— La vérité était donc si cruelle pour que vous, si droite, y renonciez afin de protéger une jeune fille, de surcroît décédée ? et un père ?
— Et plus que cela encore…
Elle mit sa tête entre ses mains. Elle se sentait tellement coupable comme si elle avait renié tout ce que Bonneau lui avait enseigné.
— Alors, n’ayez aucun regret, vous avez bien fait. La vie comporte des moments où nous devons dévier de notre route avant d’y retourner. Ces chemins parallèles existent, car nulle part il n’est écrit que nous devons avancer uniquement en ligne droite. Vous avez respecté le serment que vous lui avez prêté, Astria ne savait sûrement pas ce qu’elle exigeait de vous, et vous avez fait preuve d’un immense courage. Si jamais vous avez besoin de moi, je serai en bas, je descends réconforter Airin et Barnais. Eux aussi se sentent terriblement coupables et, probablement, à plus juste titre que vous.
Il quitta la pièce. Il ne lui avait posé aucune question et elle lui en était reconnaissante. Mais, maintenant qu’il était parti, sa tête s’emplit à nouveau de toutes les images d’Astria jusqu’à sa mort. Anéantie, Aila se précipita sur son lit et éclata en sanglots.


Envie de voir toutes les œuvres de Catherine Boullery, auteure de fantasy ? Retour sur le site de fantasy
'