➂ L'Oracle de Tennesse | Roman de FANTASY | La saga d'Aila de C. Boullery

L'Oracle de Tennesse, tome 3 de la saga de fantasy de Catherine Boullery
La saga d'Aila  fantasy


fantasy

Note : 4.6 / 5 avec 283  critiques

Le début de l'histoire (avec un rappel des tomes 1 et 2)

Aila a grandi dans le comté d'Antan, élevée par son oncle et entourée par Mélinda, la châtelaine et Hamelin, le mage du comté. Sa volonté est de devenir une combattante et, poussée par son oncle, elle participe à des joutes orchestrées dans le but de sélectionner les membres de la garde rapprochée du roi Sérain d'Avotour. Finalement choisie, elle commence par être envoyée en mission en compagnie du fils aîné du roi, Hubert. Peu à peu, ses talents de combattante empruntent des voies inhabituelles qui semblent décupler ses sens et sa perception du monde qui l'entoure. Troublée, elle ne découvre que plus tard l'origine de tous ces bouleversements, liée aux pouvoirs que les fées partagent avec elle à son insu. Dorénavant, la vie en a décidé pour elle, elle n'aura plus qu'autre choix que celui d'accepter ses nouvelles aptitudes et toutes les conséquences, bonnes ou moins bonnes, qu'elles induiront.

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L'heure est grave. Venu du nord, un empereur, Césarus, avance vers eux pour conquérir Avotour et tous les pays environnants. Il apparaît si puissant que tous doutent de leur capacité à le contrer. Convaincu de la nécessité de créer des alliances même avec leurs ennemis de toujours, Sérain d'Avotour envoie son fils cadet, Adrien, en compagnie d'Aila, vers le pays hagan. La route des deux compagnons emprunte des chemins de traverse et amène la jeune fille à semer dans les esprits des villageois le souffle d'un espoir insensé : pour lutter contre Césarus et pourquoi pas le vaincre, la seule solution réside dans le fait de s'allier et de se battre tous ensemble pour la liberté.

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Parvenue aux frontières du pays hagan, Aila récupère les affaires d'une chamane, Marça, qui vient de rejoindre les esprits de la Terre. À peine la tenue revêtue et la bague passée à son doigt, elle se retrouve dans une grotte, accueillie par une femme cachée dans l'ombre. Cette dernière lui révèle qu'elle est à présent, Topéca, la première chamane guerrière. Aila, sans avoir la moindre idée de ce que signifie être chamane, endosse ce nouveau rôle sans joie… Accompagnée par Adrien devenu Kazar, elle quitte Avotour pour le pays hagan.

Plus rien ne va… Depuis qu'Aila est devenue Topéca, Adrien et elle se parlent à peine. Rapidement, le prince réalise que la jeune femme, une fois de plus, porte sur ses épaules un fardeau beaucoup trop lourd et tente de la réconforter : Aila ne peut pas disparaître aussi facilement derrière Topéca. Rassérénée par les propos de son compagnon, la nouvelle chamane reprend la route sur les sentiers montagneux, le coeur apaisé.

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Leur chemin les mène à la rencontre de la tribu Appa dont le chef se nomme Quéra. Dès cet instant, Aila affirme sa nouvelle personnalité : elle est Topéca, la première chamane guerrière et le sol comme le ciel vibrent sous sa puissance au son des clochettes de son kenda. Elle va d'ailleurs prouver rapidement à tous que les esprits de la Terre l'habitent en sauvant les uns après les autres les enfants de la tribu tombés malades. Cependant, chez Topéca comme chez Aila, rien n'est offert aux autres sans qu'elle en paye le prix. C'est sous les regards inquiets des mères de la tribu que la chamane épuise son énergie dans le seul but de préserver des vies.

Mais la lutte ne fait que commencer. Derrière cette maladie insidieuse se cachent l'ombre de sorciers et leur perversité. Face à cette certitude, les détruire peu à peu devient une évidence, mais comment ? À présent, le moment est venu d'en affronter un parmi eux. Mais est-il possible de vaincre ces représentants du mal ? Quelle puissance nouvelle et inédite Aila - Topéca déploiera-t-elle pour y parvenir ?


Début du tome 3 - L'Oracle de Tennesse

Dévastée par le tour que prend sa vie, obligée d'abandonner au petit matin le plus beau de ses rêves, Aila reprend la route pour retourner en pays hagan. Tout en elle se rebelle contre cette destinée qui la brise jour après jour, insensible à sa souffrance ou ses désirs. Alors qu'un bruit de sabot retentit sur le chemin, elle découvre avec stupeur la venue de Niamie, la petite fille qu'elle avait sauvée de la sorcellerie au village de Pontet. Mais quelle idée saugrenue a traversé l'esprit de cet Oracle qui a choisi d'entraîner une enfant si jeune dans ses aventures périlleuses ?

Comme pour concrétiser les pensées d'Aila, un premier danger guette le duo et force les deux filles à fuir dans la nuit. Au cours de la journée suivante, alors qu'Aila a dissimulé sa compagne de route, le combat s'engage contre des mercenaires venus pour la tuer et dépêchés par un ennemi qu'elle a, elle-même, tué de ses mains. Les menaces de son ultime ennemi flottent encore dans l'air quand ce dernier fait demi-tour et s'enfuit.

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Le retour chez Nestor est douloureux pour Aila. Dans sa mémoire affluent tant de souvenirs émouvants voire éprouvants dont celui, si vibrant, de Topéca qu'elle ne pourra jamais redevenir… L'appréhension de la combattante ne cesse de s’accentuer jusqu’au pied des montagnes et, quand elle s'arrête, pétrifiée par la peur, Lumière continue d'avancer. Quand le premier sabot de son cheval foule le sol du pays hagan, Aila acquiert la certitude que, si elle revient en terre connue, la Terre, elle, ne la reconnaîtra pas…

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Parcourez les coups de cœur de mes premiers lecteurs

Yollande, Mon cadeau de Noël !

J'ai fini L'Oracle de Tennesse à 23 h 50 la nuit dernière avec un sentiment de grande joie pour la suite à venir : l'histoire au fil des tomes devient de plus en plus passionnante (mais où vas-tu chercher tous ces rebondissements !!!) Dur, dur de fermer ce tome, j'en voulais encore plus : la fin de l'Oracle est géniale. Chapeau, je me régale autant que si je lisais les Goodkind ou Hobb.
C'est un pur bonheur de retrouver Aila chaque Noël : j'ai ainsi mon cadeau !!! Merci.
Je m'impatiente déja de connaitre la suite, tu t'en doutes, alors… après les fêtes, il faudra se mettre au prochain tome. Non ? J'ai une patience infinie et j'attendrai, j'attendrai, j'attendrai… mais pas trop quand même !!

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MermaidC, Une saga envoûtante !

Avec ce troisième tome l'intrigue se complique pour notre plus grand plaisir ! Celui-ci est dense et même si j'ai eu un peu de mal à me plonger dans l'histoire au début et si j'aurais aimé un découpage du livre plus aéré (changement de chapitre plus fréquent par exemple, surtout lorsqu'on change de lieu et de personnage) j'ai quand même adoré ce livre ! L'Auteure possède une très belle écriture, elle nous fait partager tous les questionnements et tourments des personnages qui sont presque tous attachants (Pas cette horreur de Césarus hein !) J'ai particulièrement aimé dans ce 3e tome le fait qu'on puisse se placer du point de vue d'autres personnages (Hang, Aquiri…) En tout cas bravo et merci pour cette saga !

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Florence, Je suis en manque dès la dernière page !!

Préparez vous à une plongée en apnée de 600 pages
On replonge dans l'histoire d'Aila pour n'en ressortir que 600 pages plus loin. En effet, une fois la lecture commencée on ne décroche plus ! Ce tome, un peu plus cérébral que les précédents (et tout à fait en adéquation avec l'état physique de l'héroïne), fait davantage travailler l'imagination du lecteur pour notre plus grand plaisir. Le suspens est à son apogée à la fin… une seule chose à faire… attendre le quatrième tome !

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Marjolaine, MAGNIFIQUE !!

Passionnée par l'héroïque fantaisie, je suis gâtée !!!
L'histoire est belle, la poésie et le suspense toujours présents. Quel talent !! Chaque tome me laisse en haleine et j'attends la suite avec impatience. À quand le 4e ??

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Miss Macaron, Un très bon cru ce 3e tome !

Un très bon 3e tome, avec une Aila qui évolue encore, qui se pose mille questions dans lesquelles chacun peut se retrouver. Des questions qui trouvent leurs réponses, de nouvelles qui se posent, des héros qui vivent des moments de bonheur et de tristesse, du suspense, on se laisse une nouvelle fois complètement transporter au pays des Fées !

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VETIER, une fois de plus piégée par la magie d'Aila !

Le troisième tome a été englouti à la même vitesse que les deux précédents. On se replonge à chaque lecture avec bonheur dans cet univers de force et de fragilité. Aila est passée d'enfant à femme mais on ne veut surtout pas la quitter ! Vite, la suite !

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Gagnesaviepetitàpetit, Vivement la suite !!

Lecteur toujours tenu en haleine dans ce troisième tome comme dans les deux premiers.
Odyssée qui mériterait un succès international voire une adaptation au cinéma ou même en jeu vidéo (pour les duels au kenda cela plairait bcp).
Vivement la suite et la traduction en plusieurs langues.

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Sarah, Ma première nuit blanche

Après avoir séché des cours pour lire le tome 2, j'ai vécu ma première nuit blanche pour finir le tome 3 (alors que mes vacances de février arrivent !) Formidable, je veux être Aila. Quel roman ! Quelle histoire ! Quels personnages ! Et toutes ces reines…
Bref, lisez ce roman de fantasy mais ne vous faites pas prendre par vos parents en lisant la nuit. Je m'en suis tirée en leur montrant le passage de l'infiniment petit à l'infiniment grand en leur expliquant que je lisais de la science poétique ou de la poésie scientifique. Bingo  Ça a marché et ils m'ont laissée finir. Du coup, ils vont lire le tome 1. Et voilà !!!
J'attends la suite avec une très grande impatience. BRAVO !

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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Et les jours se succédèrent au château d’Avotour selon un rythme assez casanier qui pesait sur Aila. Elle ressentait le besoin de sortir de ces quatre murs dont l’exiguïté l’incitait à chevaucher longuement avec Lumière pour se changer les idées, souvent accompagnée d’Avelin et Aubin. Maintenant qu’elle avait apaisé ses relations avec Hubert, il lui tardait de partir en mission. Seulement, voilà, il fallait attendre les informations que rapporteraient Orian et Tristan… Heureusement, après trois semaines d’absence, le retour d’Eustache, l’homme à tout faire du roi, produisit de l’animation au château. Après s’être occupé d’Adam et de Pardon au début de leur expédition en Aroure, il avait profité de leur séjour pour visiter tous ses contacts. Seul Sérain semblait partager les secrets de ce bonhomme, plutôt petit et rusé, aux traits fins et mobiles, qu’Aila soupçonnait d’être uni au souverain par un lien plus intime que professionnel. Si elle s’amusa de son apparence parfois pompeuse, elle devina derrière son visage indéchiffrable, un esprit sagace et une efficacité à toute épreuve. Le plus drôle résidait dans cette double personnalité qu’il affichait. Il paraissait impossible de le manquer s’il avait choisi de se rendre visible ou de le remarquer s’il avait décidé de se faire oublier l’instant d’après : un personnage de l’ombre capable de vivre en pleine lumière et inversement, un individu aux multiples facettes…

Pour éviter de s’ennuyer quand elle ne chevauchait ni ne se battait au kenda, Aila partageait son temps avec son frère et ses camarades. Elle partait prospecter la bibliothèque du château ou se promenait avec Lomaï dans la ville haute. Son amie, un vrai rayon de soleil au quotidien, souriait en permanence lorsqu’elle ne riait pas aux éclats, débordant d’énergie, heureuse de tout et de rien. Par le plus grand des hasards, Aila avait découvert qu’elle prenait des cours d’équitation avec Sérain en personne. La combattante avait été stupéfaite par cet investissement royal, car n’importe qui ici aurait pu se substituer à lui. Elle conserva pour elle ce qu’elle avait vu, une petite voix lui soufflant que s’ils avaient voulu que cela se sût, ils en auraient parlé. Puis elle prolongeait sa soirée chez les fées avant qu’une journée analogue recommençât le lendemain…

Cependant, ce nouveau matin débuta différemment. Un signal de danger la réveilla en sursaut dans son lit, alors qu’au même moment la compagnie qui s’était rendue au village de l’aubergiste traversait au grand galop les rues d’Avotour vers le château. La première cloche venait de sonner. Elle s’habilla à toute vitesse et dévala les escaliers avant que quiconque dans la cour fût arrivé pour accueillir la troupe. Elle se précipita vers celui qui dirigeait en qui elle reconnut Aténor.
— Capitaine, je m’appelle Aila Grand et je me vois obligée, sans disposer de la moindre autorité, de vous demander de me faire confiance et de mettre immédiatement vos cavaliers en isolement, ainsi que vous-même. C’est une question de vie ou de mort, les vôtres et celles des habitants de la ville.
En face de cette toute jeune fille si sûre d’elle et en songeant à ce qu’il avait vécu dans le village qu’il venait de quitter, il n’hésita qu’un instant pour donner son accord et des ordres à ses hommes dans ce sens. Il emmena sa troupe vers une maisonnette vide qui servait d’entrepôt au château. De son regard, elle balaya toute la cour, n’observant qu’un nombre limité de personnes présentes et, selon elle, suffisamment éloignées du danger qu’elle pressentait. Elle lança son esprit vers elles pour être totalement rassurée, avant de pénétrer à la suite des soldats dans le baraquement. Son signal devint plus fort, alors qu’elle passait auprès d’un jeune homme à la mine pâle. Elle ne s’arrêta pas devant lui et, faisant face aux yeux braqués sur elle, elle se présenta :
— Bonjour à tous. Je suis Aila Grand et votre capitaine a accédé à ma demande en vous isolant temporairement. Je vous en explique la raison. Vous avez rapporté, dans vos corps, une maladie très contagieuse qui risque d’infecter tous ceux avec lesquels vous avez maintenu un contact prolongé. Cela a-t-il été le cas de l’un d’entre vous sur le chemin du retour ?
— Moi, ma dame, dit doucement le jeune soldat qu’elle avait remarqué. Ma vieille mère habite une lieue avant l’entrée de la ville et mon capitaine, comme nous avions été partis longtemps, m’a donné la permission de voir si elle ne manquait de rien.
— Vit-elle seule ? Risque-t-elle de rencontrer d’autres personnes ce matin ?
— Oui, elle vit seule et non, ma dame, elle ne sortira pas pendant les premières cloches. Elle attend que je revienne lui apporter ce dont elle a besoin.
— Très bien. Nous irons la chercher pour la traiter dès que j’aurai fini de vous soigner.
— Dame Aila, questionna le capitaine, sommes-nous tous menacés par cette maladie et, il se racla la gorge, risquons-nous de mourir ?
— Non parce que je vais vous guérir en commençant par ce jeune soldat qui me paraît le plus atteint. Enlevez tous votre harnachement, je vous prie.
Chacun se débarrassa de ses affaires et, quand le premier soldat s’avança, Aila se plaça devant lui. Elle posa d’abord ses mains sur ses cheveux, balayant de son esprit tout son corps, descendant de la tête vers les pieds sans découvrir la cause de cette infection. Volontaire, elle recommença très lentement cette fois, explorant à fond chaque organe, et parvint enfin à localiser la source du mal. Elle s’en rapprocha mentalement et l’enveloppa de son esprit pour l’analyser. Mais qu’était-ce vraiment ? Comment cette toute petite vésicule pouvait-elle être si meurtrière ? Elle frémit légèrement, mais ne s’affola pas tout en ressentant juste l’urgence de la situation avec une acuité quasi terrifiante. La magie des fées n’était pas conçue pour détruire, mais cette horreur en minuscule ne représentait pas réellement la vie ; bien au contraire, elle l’anéantissait sans regret ni remords, malgré son aspect anodin… Maintenant, comment allait-elle l’empêcher de nuire ? Cette interrogation la tarauda un instant, puis elle songea à ce que les fées lui avaient appris. Quel pouvoir conviendrait le mieux ? Le feu, la glace ? Cette alternative lui sembla inappropriée, elle détériorerait l’organe où s’abritait la bulle, donc la solution résidait ailleurs… Elle chercha parmi les éléments de la nature ceux susceptibles de l’aider et elle n’en trouva ni dans la terre, ni dans l’air, ni dans les plantes ou les animaux… Par les fées, il devait bien exister une chose à laquelle elle n’avait pas encore pensé ! Et comme une lumière intérieure, le remède se révéla à l’esprit d’Aila. Revigorée par son idée, elle fut certaine qu’elle allait réussir avec un des derniers dons de ses amies : façonner le cristal des fées… La pierre obtenue devenait indestructible, sauf quand elle était toute petite et là, elle serait minuscule. Focalisant son esprit comme le lui avait appris Amylis, elle cristallisa l’objet de tous les dangers avant de le réduire en une fine poudre inoffensive que le corps pourrait rapidement éliminer. Soulagée, elle soupira, elle avait triomphé ! Son cœur battait étrangement dans sa poitrine, partagée entre l’émotion et la fatigue, un sentiment de victoire et un autre de crainte irraisonnée. Petit à petit, Aila, en nage, reprenait conscience de ce qui l’entourait, alors que la deuxième cloche sonnait. Son malaise s’accentua lorsqu’elle réalisa qu’elle avait consacré plus d’une heure pour soigner un seul et unique homme… Maintenant qu’elle savait comment procéder, elle espéra que guérir le reste de la troupe s’effectuerait rapidement et sans trop d’efforts. Elle jeta un coup d’œil aux soldats. Ils attendaient leur tour, assis sur des bancs de fortune, animés par une nervosité que trahissaient leurs mains crispées ou leurs mouvements saccadés.
— Jeune homme, allez immédiatement chercher votre mère. Vérifiez qu’elle n’a établi de contact avec personne d’autre que vous et ramenez-la-moi le plus vite possible. Vu votre stade avancé de la maladie et son âge, il faut se dépêcher…
Il ne prit pas la peine de récupérer ses affaires et sortit de la pièce à toutes jambes. Elle entendit son cheval partir au triple galop.
— À vous, mon capitaine.
Un premier balayage rapide ne lui apprit rien de plus que chez le jeune soldat. Convaincue que le problème se situait dans le même organe, elle y retourna directement. Et ce fut exactement là qu’elle dénicha la bête meurtrière. Maintenant qu’elle la connaissait mieux, elle ne s’entoura pas de précautions supplémentaires et lui infligea un sort identique à la précédente. Elle procéda à un contrôle final qui lui indiqua que tout était rentré dans l’ordre.
— Capitaine, allez expliquer au roi ce que vous avez vu et compris. Je soigne vos hommes et, après, je viendrai lui offrir toutes les précisions nécessaires.
Elle poursuivit sa tâche avec les soldats restants. Quand, enfin, la dernière source de contagion eut disparu, elle s’assit, épuisée. Un bruit de cavalcade lui apprit que le jeune cavalier rappliquait avec sa mère dont les jambes flageolaient encore d’être montée pour la première fois de sa vie sur un cheval lancé au galop. Il rentra avec précipitation, la tirant derrière lui… Aila se redressa pour les accueillir, repoussant sa grande lassitude.
— Venez, brave femme, je vais vous soigner.
Aila recommença l’opération sur la vieille dame, certaine de parvenir à la guérir rapidement. Malheureusement, son signal de danger ne s’éteignit pas. Pensive, elle contrôla le jeune homme à nouveau et l’absence de risque de contagion chez lui la tranquillisa, puis revint à sa mère. Elle croisa son regard effrayé et l’apaisa gentiment, lui garantissant que tout serait bientôt terminé et qu’elle pourrait regagner sa chaumière. En elle-même, elle songea qu’elle devait découvrir avant tout la nouvelle origine de la menace qui persistait. Comme elle l’avait réalisé pour son fils, elle explora chaque organe de la femme, lentement, à la recherche d’une autre cause au signal. Ce fut presque par hasard qu’elle finit par la trouver, tapie au creux des reins, à peine accessible… Par les fées, il s’attaquait déjà à un autre organe ! Elle se hâta de la détruire, soulagée de constater aussitôt l’extinction de l’alerte. Quelle était donc cette entité destructrice qui se propageait aussi vite dans l’organisme et l’anéantissait progressivement ? Quelles étaient sa nature et son origine ? Elle se sentit submergée par toutes ces interrogations et, alors qu’elle vacillait de fatigue, le jeune soldat lui approcha une chaise sur laquelle elle s’assit. Absent, son regard erra un instant avant de revenir vers les hommes qui attendaient la permission de quitter l’endroit.
— Confirmez-moi, chacun individuellement, que vous n’avez pas établi, sur le chemin du retour depuis le village, d’autres contacts qu’avec cette femme ? Vous n’êtes pas fautifs, parce que vous ignoriez la gravité de ce que vous transportiez avec vous. Cependant, il est vital que je le sache.
Tous, chacun leur tour, secouèrent négativement la tête.
— Comment allaient les villageois de Pontet quand vous les avez quittés ?
— Mal, ma dame, ce qui nous a décidés à rentrer prévenir le roi. La situation nous dépassait, nous avons mis le village en quarantaine et revenions chercher de l’aide.
Adrien entra à ce moment.
— Aila, tout se déroule bien ?
Elle se leva, tremblant sur ses jambes. D’un geste naturel, le prince passa le bras au-dessous du sien pour la soutenir avec discrétion. Elle s’appuya sur lui, rassurée par son renfort.
— Je dois aller parler à votre père avant de partir le plus rapidement possible au village de l’aubergiste.
— Vous ne pourrez pas dans cet état, vous devez vous reposer.
— Pas maintenant, il faut se dépêcher…
Elle se tourna vers les soldats.
— Vous pouvez rentrer chez vous, mais si jamais l’un d’entre vous se souvenait d’un détail, d’un paysan croisé, d’un enfant rencontré, il devrait me prévenir au plus vite. C’est vital pour eux et pour nous !

Adrien, lui donnant toujours le bras, l’emmena voir son père.
— Aila ! s’exclama Lomaï en se précipitant vers elle. Qu’arrive-t-il ? Est-ce que tu vas bien ?
Aila la rassura d’un petit signe amical de la tête avant de s’adresser à Sérain :
— Sire, la situation est grave, voire périlleuse. Vos soldats sont revenus très atteints du village où ils patrouillaient. Nous affrontons une infection contagieuse dont j’ignore presque tout. Elle se transmet lors d’un contact prolongé entre deux personnes et attaque les organes successivement. Vos cavaliers ne s’étant arrêtés qu’une seule fois en cours de route, je crois avoir éliminé tout risque de propagation jusqu’à Avotour. Au départ très fragile, le vecteur de la maladie a gagné en puissance et va déboucher sur une épidémie destructrice. Je dois me mettre en chemin immédiatement !
— Je vous donne mon accord à votre départ, mais pas avant que vous vous soyez reposée. Votre objectif consiste à sauver des hommes, sans mourir d’épuisement avant ! Je vous ordonne donc de dormir une demi-cloche et, ensuite, vous n’aurez qu’à enfourcher votre cheval pour vous rendre là-bas.
Consciente de son abattement, elle l’approuva.
— Père, m’accordez-vous la permission de l’accompagner ? demanda Adrien.
— Ah ! non, c’est moi son partenaire ! Et j’y vais ! répliqua Avelin qui déboulait.
— Je crois que nous ne serons pas trop de deux pour affronter ce que je viens d’entendre. Je m’y rends avec toi si tu le veux bien, reprit Adrien.
— Pas de souci, plus on est de fous, plus on rit ! s’exclama son jeune frère.


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