Un Éternel Recommencement, tome 7 de la saga de fantasy de Catherine Boullery
La saga d'Aila  fantasy


fantasy meilleur

Note : 4.6 / 5 avec 261  critiques high

Le début de l'histoire

Résumé du tome 6 - Une Vie, voire Deux

Quand le gardien de la porte des temps sonne l’alerte, Kerryen, roi du Guerek, débarque avec ses soldats pour découvrir un être recroquevillé sur lui-même, une femme, dont il se désintéresse aussitôt, au grand désarroi de sa tante, Inou, qui l’a élevé à la mort de sa mère. Désespérée par l’attitude de son neveu, celle-ci choisit un garde, Amaury, pour l’aider à s’occuper de cette invitée inattendue dont la peau porte de nombreuses meurtrissures.
Préoccupé par le désir de conquête d’un empereur noir qui descend du nord, Kerryen écrit aux souverains des pays voisins avec lesquels il devrait s’unir pour contrer la menace : Pagok du Pergun, Péredur du Kerdal, Eddar de l’Entik, Gardj de Brucie. Il rejette toutes les affirmations d’Inou sur l’importance de cette femme dans ce futur combat.
Bien décidée à prouver à Kerryen son erreur de jugement, Inou entreprend de réveiller sa protégée de son actuelle léthargie. Malheureusement, si de légers réflexes semblent réapparaître, l’esprit de celle-ci demeure absent. Pourtant, elle échappe une première fois à la vigilance d’Amaury qui la retrouve en tête à tête avec l’infernal étalon du roi, Ardan, puis à Inou. Alors, une nuit, elle retourne prendre un kenda d’Avotour fixé sur un mur, puis refuse de s’en séparer.

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Sous l’impulsion d’Inou, Amaury choisit de l’emmener en ville. Profitant de l’aide de Mira, l’assistante d’Inou, il troque la tenue de la femme pour une autre plus masculine. Cependant, énervé par son manque de réactivité, il tente de lui arracher son bâton. Aussitôt, elle le met à terre. Surpris sur le moment, le garde décide de développer cette ébauche d’autonomie.
Rendant visite à son neveu, Inou découvre dans un courrier que Kerryen a vendu leur invitée pour appâter Eddar. Furieuse, elle part immédiatement chez Mukin, le sage, en compagnie d’Amaury et de sa protégée, confiant à celle-ci comme une ultime vengeance, Ardan.
Mukin s’intéresse à la femme qu’il baptise Ellah en raison de la légende d’Ellah Leiring. La nuit venue, certain qu’elle renaît grâce à l’affection de ceux qui l’entourent, il partage son esprit avec elle, puis entraîne ses compagnons dans la montagne. Devant leurs yeux, un lien inédit se crée entre Ellah et un énorme chien blanc sauvage. Face à tous les bouleversements de sa vie, Inou résiste difficilement. Au matin, le groupe s’ébranle pour rejoindre la maison de Béa, la plus ancienne amie d’Inou. De là, ils décident une visite chez Tournel pour obtenir de lui d’éventuels renseignements sur le fonctionnement de la porte.

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Quand un messager leur apprend que la menace est arrivée à proximité de leurs frontières, ils reviennent chez Béa pour y découvrir Kerryen, accompagné de sa demi-sœur, Adélie. Celui-ci en profite pour reprendre Ardan au grand désespoir de la femme, puis identifie entre ses mains un kenda de sa collection. Après un affrontement bref, Ellah défait le garde chargé de le récupérer, puis le confie à Amaury qui le rend à son roi. Alors que Kerryen s’apprête à repartir avec son arme, Ellah la rappelle à elle. Puisqu’elle souhaite la conserver, le souverain lui ordonne d’intégrer sa garnison. Tournel qui a assisté de loin à l’altercation offre à Ellah la traduction d’un précieux parchemin à propos de la porte.
Revenue à Orkys, alors qu’elle surveille la cour remplie de futurs combats, ouvriers, artisans ou paysans, Ellah remarque un jeune garçon qui veut s’enrôler, Raustic. Réalisant que tous ces hommes vont mourir pour rien, elle débarque dans le bureau de Kerryen pour lui suggérer mettre à profit les talents de chacun et, ainsi, éviter leur disparition inutile, mais celui-ci la chasse sans même l’écouter. En dernier recours, elle sollicite l’aide Mukin pour amener le roi à reconnaître la pertinence de ses idées.
Pour avoir désobéi au chef des gardes, Ellah est emprisonnée avec Raustic. Le lendemain matin, quand Kerryen l’apprend, il fait aussitôt libérer les deux captifs. Alors qu’Ellah retourne dans la cour, Amaury la rejoint et lui transmet un message de Mukin. Au même instant, son esprit discerne une grave explosion et, incapable de résister, emprunte Ardan une nouvelle fois. Après avoir prévenu Inou, Amaury se précipite pour la seconder. Croisant sa tante et Béa, Kerryen, frappé par leur attitude comploteuse, se décide à les précéder et se rend chez Mukin par un autre chemin.
Parvenu chez Mukin, le souverain accompagne Ellah et Amaury pour dégager un accès vers la salle effondrée dans laquelle gît le corps du sage. Sans bien savoir comment, Ellah le sauve. Dans le fond de la maison, une étrange ouverture mène par un escalier vers quelques geôles. Dans l’armoire d’une pièce adjacente, elle tombe sur quatre livres dont le premier, un carnet, possède un titre qui la surprend : « Les Portes d’Antan ». En raison de la présence du roi derrière elle, elle ne peut les consulter, mais arrive à subtiliser ce dernier. Alors que Mukin explique les raisons de l’explosion, des expériences sur une substance noire rapportée de ses lointains voyages, Kerryen y voit immédiatement une extraordinaire opportunité pour repousser leurs ennemis.
Malgré ses efforts pour exister, Ellah peine à retrouver ses marques dans ce monde qu’elle redécouvre, de plus en plus sensible à son absence de passé, à son corps meurtri et à son incapacité à envisager un futur, sans parler des informations qui surgissent dans son esprit sans contrôle. Dans la garnison, son intégration dérange et les coups tordus se multiplient.

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Au grand désarroi de Kerryen, Allora rejoint Orkys et se révèle d’une aide précieuse dans la planification des défenses du Guerek, tandis que le souverain précise pièges et innovations. Puis, au cours d’un combat dans la cour de la forteresse contre Mukin, Ellah démontre son exceptionnel potentiel, sous le regard admiratif d’Adélie. Observateur lointain, Kerryen la déteste encore plus.
Lors d’une visite à Adélie, la jeune fille parle à Ellah de la magie, mais cette dernière ne sait comment réagir, surtout qu’elle ne maîtrise rien, ni les souvenirs étranges qui reviennent à elle sans choix conscient ni les picotements qu’elle ressent dans les doigts. Préoccupée par son propre sort, elle ne cherche pas à approfondir les mystères qu’elle perçoit dans les propos d’Adélie. Pendant la nuit, elle se rend au col de Brume pour rencontrer Tournel. Une fois, là-bas, l’homme lui explique que le livret qu’elle détient comporte plusieurs langages et qu’il a constaté l’insuffisance de ses connaissances pour le traduire. Cependant, il lui transmet l’original d’un parchemin qu’elle arrive à lire. Son contenu renforce sa décision de retourner à la porte.
Blessée dans un accident, Allora est ramenée au château. Énervée par l’insensibilité de son neveu, Inou reproche vertement à celui-ci sa muflerie. Hanté par les paroles de sa tante, le roi demande Allora en mariage.

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Quand Ellah et Amaury atteignent le col, ils apprennent que Kerryen et son escorte sont partis un peu plus tôt vers le Pergun. Alors que les images se précipitent dans la tête de la combattante, celle-ci comprend que l’empereur a envoyé quelques éclaireurs qui ne feront qu’une bouchée de la troupe. Saisissant l’imminence de la menace, elle délègue à Amaury le soin d’aller prévenir la forteresse et dévale la pente. Si elle n’arrive pas à temps pour sauver les gardes, elle se bat aux côtés de Kerryen, soutenue par son chien blanc et l’étalon, puis se débarrasse de l’ultime soldat de Tancral. Dévastée d’avoir tué deux hommes, elle se maudit et ne résiste qu’en raison de la présence de ses animaux, comme de son kenda.
Au pied des fortifications, elle quitte Kerryen pour étudier le marais, puis lui apprend un peu plus tard que leurs ennemis attaqueront le lendemain et que, comme elle, les assaillants voient la nuit. De nouveau à Orkys, elle rejoint la porte qui lui ouvre une petite part de son mystère. Quand Ellah se réveille après un étrange voyage, elle comprend qu’elle ne la franchira plus jamais, refusant de revivre une nouvelle fois une telle épreuve. Alors qu’elle revient, se méprenant sur ses intentions, Amaury l’embrasse et lui propose de l’épouser pour l’empêcher de partir avant de s’apercevoir de l’excès de son comportement. Ellah lui demande de garder son chien, puis retourne au col.
Quand la marée humaine annoncée par Ellah devient visible, Béa, pressée par le temps, déclare sa flamme à Tournel.
Alors que quelques heures précèdent encore l’attaque, le regard d’Ellah erre sur le marais ; elle a oublié l’essentiel. Avec trois compagnons, Raustic, Greck et Jiffeu, elle y descend pour y installer un dernier piège.
Alors que la confrontation avec leurs ennemis débute, un souvenir surgit dans l’esprit d’Ellah. Abattant deux soldats, relais de Césarus, le combat cesse. Ellah sauve Mukin une seconde fois, puis découvre un instant plus tard la mort de son chien qui s’est échappé de la forteresse. Ébranlée par cette perte, elle s’engage dans une mission suicide avant que Césarus ne reprenne la main sur ses guerriers. Accompagnée de Kerryen, elle repart devant la muraille pour faire exploser les barils de poudre. Si le roi retourne derrière la protection temporaire des remparts, Ellah renonce à y rentrer. Cependant, un clapotis étrange la surprend : les hommes de l’empereur traversent le marais. Et une idée jaillit dans sa tête. Bientôt, grâce aux tirs enflammés des archers de Kerryen unis au sien, la totalité de la tourbière s’embrase, brûlant vifs tous les soldats présents. L’armée de Césarus est détournée ; le Guerek a triomphé.
Sans son chien, Ellah ne souhaite plus vivre. Décidant de rendre son kenda à Kerryen, elle rejoint celui-ci dans son bureau et, à la suite d’une discussion animée, escalade la balustrade qui domine la mer Eimée, déterminée à se jeter dans le vide. Mais Kerryen l’empêche de sauter et la ramène dans sa chambre. Ils finissent la nuit ensemble avant de se souvenir que le roi est engagé avec Allora. Pour cet homme, Ellah se donne un sursis, mais, elle n’a pas changé d’avis, la mort l’attend.


Début du tome 7 - Un Éternel Recommencement

Quand Allora de Srill, auprès de qui il s’était engagé, l’a relevé de sa promesse, Kerryen a épousé Ellah. De leur union est née une petite fille, Amylis, et la famille vit heureuse dans la forteresse d’Orkys, capitale du Guerek ou presque… En effet, de son actuelle histoire, Ellah a conservé une grande vulnérabilité à laquelle elle résiste grâce à la présence de Kerryen et de son bébé. Sur le point de fêter le premier anniversaire de la victoire sur Césarus, le château se prépare à accueillir des visiteurs, des proches comme des curieux. De façon contradictoire, Allora annonce son départ du Guerek à Ellah, lui expliquant qu’elle a renoncé à Kerryen, alors qu’elle l’aimait, en raison des sentiments qu’elle avait devinés entre eux.

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De son côté, Adélie qui n’a jamais cessé de vouer à la porte une vénération, ce matin-là, se rend devant elle, bercée par une magie conciliante. Parallèlement à un bruit sourd extérieur, un changement d’éclairage la dérange, puis trois silhouettes se dessinent dans la lumière. Les nouveaux arrivants, Pardon et ses enfants, espérant tomber sur Aila, sont déstabilisés par cet accueil imprévu associé à la différence de langage que Tristan ne parvient pas à corriger. La cloche d’alerte sonnée, Kerryen débarque l’épée au poing, bientôt suivi d’Ellah et d’Amaury. Reconnue par les visiteurs, la reine se décompose, tandis que Pardon ne désire plus que repasser la porte pour mettre fin au cauchemar de voir sa femme avec un autre homme.

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Dans une pièce plus confortable d’Orkys, la discussion entre les nouveaux venus et Ellah ne se révèle pas pour autant plus facile, principalement en raison du silence de Pardon, dévasté, et celui habituel de Tristan. Ellah leur apprend qu’elle est arrivée presque deux ans plus tôt elle ne se souvient plus de rien. Par politesse, elle les invite cependant à rester aussi longtemps qu’ils le souhaitent. Alors que Pardon désire uniquement fuir cet endroit, Naaly obtient un délai pour renouer avec sa mère. Montant dans les étages, elle la retrouve dans sa chambre et se découvre une petite sœur, Amy ou plutôt Amylis.

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Pendant ce temps, perturbé par les propos échangés, Tristan se promène dans la forteresse, se posant des questions auxquelles personne d’autre que lui ne semble songer. Où sont-ils et quand ? Avant de rejoindre son père, Naaly redescend dans les sous-sols et observe quelques mouvements de troupes souterrains. Le trio réuni, ses membres envisagent de repasser la porte, mais Ellah les invite à fêter avec eux le premier anniversaire de la victoire du Guerek, permettant du même coup à Tristan d’associer les pièces ; il comprend qu’ils ont atterri dans la forteresse du Guerek qu’ils ont connue en ruines, le jour même où celle-ci a été attaquée. Pressé par l’urgence, grâce au retour d’un léger contrôle de la magie, il parvient à partager les pensées, contournant la barrière de la langue. Ainsi, Kerryen apprend que sa cité sera totalement détruite et que son roi finira les os brisés. Cependant, Tristan leur explique que le passé précédent peut avoir été modifié par la venue d’Ellah et, que le déroulement des événements actuels peut différer du premier. Au même moment, Naaly parle des mouvements observés dans les sous-sols et l’alerte est donnée : le château est attaqué par l’intérieur, mais aussi par l’extérieur. Pardon et Naaly accompagnent Kerryen pour défendre le lieu, tandis qu’Ellah met Amy à l’abri. Quand Inou réalise l’absence d’Adélie, Tristan se propose de partir la rechercher. Sa fille en sécurité, la reine rejoint les combattants dans la cour. Malheureusement, la forteresse apparaît perdue. Organisant la fuite du personnel par le souterrain, les yeux d’Adélie se posent sur Pardon qui a généré chez elle des sentiments inédits, pendant que ce dernier, définitivement éprouvé, découvre le bébé du couple. Alors qu’ils atteignent la salle de la porte, Kerryen annonce à Ellah qu’elle doit suivre son ancienne famille en raison du pacte qui l’oblige à respecter un vœu unique de sa part. Malgré sa colère, elle ne peut refuser et, sa fille dans le bras, passe les ondes avec Pardon et ses enfants. Dès cet instant, Kerryen ordonne à ses hommes de la détruire.

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Parcourez les coups de cœur de mes premiers lecteurs

Client Amazon, Impatiente de lire la suite. Même si un peu « noir »

Impatiente de lire la suite, même si un peu « noir ». Pourvu qu'elle s'en sorte bien ainsi que sa famille

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Alexandre Mecalac, Différent… Mais que du plaisir !

De la noirceur !?… Moi, j'y ai vu beaucoup de verdure…😁
Une fin… Haletante, je n'ai repris mon souffle qu'à la dernière page… Avec toujours ce même résultat, La Suite !!!!
Toutes les émotions y passent, de la frustration, de la colère, de la peur, de l'amour… Que ça soit pour nos héros ou pour nous lecteurs…
Un volume différent… Décidément, rien ne sera épargné à notre héroïne. Comment tout cela va-t-il finir, tellement de possibilités…
En résumé, c'est toujours aussi bon et on en redemande.
Merci Catherine !!

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Nicole, Déroutant, mais haletant !

J'ai été un peu déstabilisée dans ce septième volet de la Saga d'Aila, mais on apprend bien des choses aussi sur les personnages de sa famille qu'elle a oubliés et on attend la suite avec toujours autant d'impatience !!!
L'auteur a encore de quoi nous surprendre et nous captiver !
On attend le Tome VIII maintenant !!!

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flo svt, suspense et émotion

Ce volume nous entraîne dans un monde parallèle où notre héroïne et sa famille doivent s'entraider pour progresser. Finalement, c'est un peu comme un escape game dans son fauteuil ! J'ai dévoré… et je conseille vivement.

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isa, Une course effrénée…

Comme un escape game avec des possibilités incroyables, des vies parallèles, des choix où chacun doit décider de ce qu'il sera ou seront ses compagnons…
Ce roman est à mon sens une analyse des sentiments et des réactions possibles, un voyage dans l'humain et dans ses débats intérieurs.
J'attends donc le tome 8 !!!

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L'auteure Catherine Boullery fantasy Blog de fantasy auteure Univers de fantasy meilleur Aila, l'héroïne lectrice Interviews top Communauté d'Aila auteure Salons du livre officiel Coups de cœur des lecteurs littérature Avis des lecteurs livre Je déclare ma flamme top Pourquoi écrire high Auteurs de fantasy français Liens de fantasy high Ramdam officiel Photos d'ambiance officiel Photos de papillons auteure Piratage officiel Campagne de financement meilleur Remerciements préféré Supportez la romancière… favorites Téléchargez, achetez… Catherine Boullery Tout sur l'auteure de fantasy français


Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Au cœur de la nuit, sous la lumière diffuse de la lune, Hang longeait au grand galop la côte aux alentours de Bâmes. Depuis plusieurs jours, il guettait la venue du bateau tout à la fois redouté et espéré : celui des hommes de Césarus. À présent que ce dernier se rapprochait enfin de la rive, le Hagan affichait un sourire satisfait. Pauvres petits soldats de cet empereur, si seulement ils avaient soupçonné le comité d'accueil qu'il leur avait concocté avec art, ils auraient fait demi-tour avant même de songer à mettre un pied à terre. Malheureusement pour eux, ils ignoraient tout des pièges qui les attendaient sur la plage et se dirigeaient, non pas vers une victoire supplémentaire, mais une cuisante défaite. Ils paieraient le prix fort, foi de Hagan ! Tout était prêt pour les recevoir et les tailler en pièces, les uns après les autres. Césarus se souviendrait de cette invasion ratée avec une cruelle amertume. Le sourire sur son visage balayé par la brise s'agrandit à cette idée réjouissante.

Le navire de Tancral venait d'atteindre une crique au nord de la cité, discrète et déserte, exactement là où Hang avait estimé que Césarus déposerait ses premiers guerriers. Sans le moindre bruit, plusieurs chaloupes déversèrent leur contenu sur le sable et une centaine d'hommes s'y installèrent, attendant le signal qui les enverrait combattre. Rapidement, le bateau récupéra ses embarcations, puis reprit son voyage, le tout dans un silence presque inquiétant. À présent, il allait contourner le port en passant par le large et décharger sa seconde cargaison d'ennemis dans un endroit situé au sud de la ville cette fois, histoire d'enserrer cette dernière pour mieux l'étrangler. Hang imaginait même qu'une partie des guerriers de chaque groupe pénétrerait dans Bâmes par l'ouest, à seule fin d'accélérer le massacre des habitants ou d'obtenir leur reddition sans condition. Une surprise guettait les soldats de Césarus ; effectivement, il restait bien des villageois, mais pas un seul qui ne fut armé jusqu'aux dents et prêt à en découdre. En conclusion, aucunement ceux que leurs adversaires s'attendaient à trouver…

Revenu au camp, il descendit de cheval et rejoignit Alsone au poste de commandement.
— Ils arrivent. Comme prévu, ils ont accosté dans la première crique. Maintenant, leur navire fait route vers la suivante qu'ils atteindront dans une petite heure.
Dans la lumière d'une torche, le profil de la reine se détachait. Les sourcils froncés, un léger pli saillait entre eux à l'image de sa détermination, Alsone hocha lentement la tête. Son expression ne laissait planer aucun doute sur les sentiments qu'elle éprouvait : littéralement, elle rayonnait, ses yeux étrécis dans lesquels flottait une nuance de férocité. Ce combat allait pimenter de façon exceptionnelle sa vie devenue presque trop tranquille, bien plus que toutes ses nuits d'amour qui ne comblaient jamais totalement son vide intérieur. Elle y retrouverait exactement les sensations que son existence ne rencontrait que trop rarement : une excitation inhabituelle, une montée d'adrénaline, une forme de dépassement de soi et, plus que jamais, de l'action. Sur ce point, son partenaire actuel ne s'était pas trompé. Un court instant, son regard se perdit en direction du Hagan. L'homme avait su se glisser avec souplesse dans le moule qu'elle lui imposait, un brin d'ironie manié avec tact et une indéniable capacité à la satisfaire à tout point de vue. Alors qu'un autre l'aurait déjà lassée, il conservait sa place la nuit à ses côtés et très souvent le jour au point que d'étranges idées lui traversaient l'esprit, des idées auxquelles jamais elle n'aurait pensé avant lui, mais qu'elle rejetait impitoyablement. Elle suspectait que de nombreux paris couraient sur le temps qu'elle lui octroierait encore et s'en amusait. Après tout, surprendre restait une façon différente de séduire qu'elle adorait exploiter. La présence du Hagan ne l'empêchait pas de papillonner et de se distraire avec divers partenaires : trop d'appétit, la nécessité absolue de conquérir, mais elle revenait vers lui, parce qu'il lui offrait bien davantage que de simples moments de plaisir.
Son regard tourné vers le futur lieu de l'affrontement, Hang réfléchissait à toute vitesse, tout en vérifiant mentalement, une ultime fois, la cohérence parfaite de ses plans dans les moindres détails. Un bref instant, un vague sourire éclaira son visage ; finalement, il se révélait un excellent stratège…
Puis ses pensées s'attardèrent sur Alsone ; elle jubilait, excitée par le massacre sur le point d'être perpétré. Pourtant, au départ, la convaincre avait relevé du défi. Quand Hang lui avait proposé d'aller défendre le port de Bâmes, elle s'y était opposée avec fermeté. Il était hors de question qu'elle envoyât un seul soldat supplémentaire pour soutenir l'alliance entre les pays au nord du sien, persuadée qu'elle ne craignait rien de Césarus ; elle saurait le faire plier comme tous les autres. Opiniâtre, Hang avait testé toutes les ficelles imaginables pour l'amener à fléchir, voire à réfléchir, mais, butée, elle refusait tout en bloc, démontant chacun de ses arguments avec une mauvaise foi évidente, impossible à contrecarrer. Pourtant, le Hagan ne s'était pas découragé et avait fini par l'atteindre.
— En fait, je comprends enfin la raison de ta résistance : tu ne veux pas te battre. J'en suis sûr, car, si tu désirais manier l'épée ou la hache comme une véritable femme de guerre, tu serais la première à te jeter sur quelques ennemis avec moi. Aucun combattant digne de ce nom ne manquerait une telle occasion de vivre ces instants exceptionnels.
Alsone s'était figée. Du coin de l'œil, il avait observé avec plaisir la légère crispation de sa mâchoire, très explicite sur la façon dont elle venait de ressentir son attaque. Tardant à répondre, elle avait fini par lâcher :
— C'est faux.
— Alors, prouve-le ! Bats-toi avec moi ! Si tu te sens un peu rouillée, pas de souci. Dorénavant, ce sera entraînement tous les matins et tous les soirs pendant le trajet jusqu'à Bâmes. Et même la nuit si tu le souhaites…
Hang avait relevé le menton, la défiant du regard tout en se rapprochant sensiblement d'elle. Elle s'éloigna avec un geste d'humeur, les maxillaires toujours serrés et les yeux allongés en deux fentes emplies de colère qu'elle tourna vers lui.
— C'est ça ! Je lis sur ton visage que tu ne me crois pas capable de me battre aussi bien que toi ! Mais tu te trompes ! D'ailleurs, à ce sujet, tu te ramollis également ! Je ne t'ai pas vu t'exercer une seule fois depuis que tu es ici. Peut-être te donnerai-je des leçons de modestie ! Je suis une reine, ne l'oublie jamais si tu veux rester en vie…
Nullement effrayé par sa menace, Hang s'avança vers elle et l'enlaça avec force, son magnifique sourire aux lèvres, mi-moqueur mi-enjôleur, destiné à achever de la faire fléchir.
— Je dois reconnaître que j'ai davantage utilisé mes heures à de voluptueuses et charnelles occupations depuis mon arrivée, mais je suis prêt à en changer pour toi et avec toi, tout de suite, et à te montrer que ma puissance physique se prête à tous les combats…
Sans le moindre égard, Alsone repoussa ses bras. Cependant, le regard fixé sur un horizon imaginaire, l'expression sur son visage s'était modifiée, tandis que, dans ses prunelles, brillait une lueur dangereuse, celle de la femme déterminée qui lui prouverait sa valeur au cœur des batailles. Après un long silence qui aurait pu signifier à Hang qu'il était temps pour lui de prendre congé, mutine, elle se tourna vers lui :
— Est-ce qu'une poudre sombre qui explose quand on l'enflamme pourrait t'intéresser ?
Étonné, il l'observa un instant avant de se rapprocher de nouveau.
— Belle et surprenante souveraine, raconte-moi tout à son sujet…
Du pas de l'homme de guerre sur le point d'en découdre, Eustache pénétra dans le poste de commandement, rejoignant la reine d'Estanque et le Hagan. Ces derniers et leur armée n'avaient pas eu besoin de leur laissez-passer à la frontière parce que l'intendant d'Avotour les y avait attendus de pied ferme, accompagné par une centaine de soldats. Lui aussi participerait à la bataille. Il n'allait quand même pas abandonner la défense de son pays à une poignée d'inconnus sans même lever le petit doigt ! Discret bras droit du roi, peut-être, il n'en demeurait pas moins un chef efficace et volontaire qui, en l'absence de Sérain, saurait se montrer à la hauteur de sa tâche.
— Quelles sont les nouvelles ? demanda-t-il sans préambule.
— Le premier débarquement des hommes de Césarus vient d'avoir lieu. Ils patientent sur la plage. Nous devons regagner nos positions respectives avant la seconde fournée, expliqua Hang, son regard dirigé d'abord vers Alsone, puis Eustache. La stratégie de l'empereur se déroule conformément à nos estimations. Il ne se méfie absolument pas… Comme prévu, je m'occupe des soldats de la première crique, Alsone, tu retournes rapidement à la deuxième et vous, sire Eustache, préservez la ville et l'arrière-pays.
Sous la tente, un silence d'une gravité particulière s'installa. Alsone venait enfin de cesser de prendre cette attaque pour une simple distraction exaltante. Bientôt, ils se confronteraient tous au sang, à la mort, à la souffrance et en ressortiraient soit grandis soit anéantis. Pour elle qui résolvait la majorité de ses problèmes par des jeux de manipulation et de séduction, le pari apparaissait de taille. Sans un mot, après un léger hochement de tête, ils se séparèrent, affichant une assurance qui cachait forcément une légitime appréhension.

Hang rejoignit les soldats sur la falaise et s'adressa au gradé qui se présentait devant lui.
— Les hommes sont-ils tous à leur poste ?
— Oui, monsieur, nous n'attendons plus que votre signal pour les arrêter.
— Non, pas les arrêter, capitaine, les tuer tous, sans exception. Nous ne ferons pas de quartier. Si le moindre doute persiste dans votre esprit, refaites passer la consigne immédiatement et, souvenez-vous, ces guerriers n'en sont plus tout à fait. L'empereur leur a enlevé la capacité de réfléchir par eux-mêmes. Ils sont venus nous exterminer et se moquent éperdument de mourir. Ceux que vous ne parviendrez pas à éliminer se débarrasseront de vous sans hésiter, suis-je bien clair ?
— À vos ordres, monsieur. Je transmets vos précisions sur-le-champ pour être certain que tous nos soldats ont saisi l'importance de les achever.
Le capitaine s'esquiva tandis que Hang s'installait en observateur discret, attendant les premiers mouvements de la troupe de Césarus pour intervenir. Sous la lumière blafarde de la lune, les guerriers de Tancral se tenaient immobiles, serrés les uns contre les autres, dans un silence absolu. Aila avait expliqué au Hagan que l'empereur leur avait enlevé toute humanité. En son for intérieur, il espéra qu'il leur restait suffisamment de vie pour la leur ôter, sinon le combat risquait de devenir fort compliqué. Aila… Son image ne cessait de flotter dans son esprit. Quelle n'avait pas été sa surprise de la découvrir près de son lit le fameux soir où elle avait débarqué pour lui demander son aide et combien il avait dû lui en coûter de venir le solliciter ! Aila… Toujours aussi… Aussi quoi ? Quelle femme… Il revoyait son regard sombre et pétillant d'énergie, celui qu'elle posait sans concession sur le monde et, parfois, sur lui… Que n'aurait-il pas donné dans ces instants pour y lire de l'amour à son égard ? Il adorait sa souplesse féline, à la fois physique et mentale, qui lui permettait de se glisser à travers toutes les épreuves et d'en ressortir encore plus aguerrie et fascinante. Quoi qu'il lui arrivât, elle rebondissait avec une espèce de candeur désarmante, mue par cette fragilité intérieure qui, en permanence, se métamorphosait en force après quelques larmes et un moment de découragement. Elle possédait un pouvoir bien plus grand que la plupart des êtres qu'il côtoyait, pas un de ceux offerts par la magie des fées ou les Esprits de la Terre, non, un pouvoir qui n'était que le sien et qu'elle utilisait sans même s'en apercevoir. Elle savait aimer, pas un, mais tous, et sa profonde bienveillance protégeait les gens comme une onde de chaleur, avant de les entraîner dans son sillage comme un torrent de vie tout à la fois impétueux et impérieux… Elle en devenait terrifiante, car, presque inaccessible, et pourtant il l'avait trouvée terriblement irrésistible, à tel point qu'il avait préféré la quitter plutôt que de demeurer avec elle sans jamais en être aimé. Une nouvelle fois, l'image de sa silhouette blanche se forma devant ses yeux et il se revit la suivre vers le balcon, comme un papillon de nuit attiré par sa lumière… Quoi qu'il advînt, il en était cruellement conscient, elle pourrait lui demander n'importe quoi et il s'y plierait. Parce qu'Aila resterait la première femme à avoir touché son cœur, certains sentiments ne s'effaçant jamais vraiment complètement, parce qu'elle n'agissait jamais au hasard, même quand elle le croyait, parce qu'il sentait en elle une grandeur d'âme qui dépassait celle d'une simple personne. Elle aurait pu être reine… Non, de fait, elle apparaissait plus qu'un titre dans une quelconque hiérarchie. Un peu comme les Esprits de la Terre, elle se révélait omniprésente et insaisissable, un être vivant comme lui, même si, avec sa pierre bleue et ses prunelles argentées, elle brillait d'une façon de moins en moins humaine. Un soupir enfla dans sa poitrine, vaguement douloureux.
Attirante, fière et exigeante, Alsone avait constitué un dérivatif efficace à son amour sans retour. Si Hang n'était pas totalement insensible à ses charmes et à sa force de caractère, il appréciait surtout le défi qu'elle avait représenté pour lui et qu'il avait sciemment choisi de relever. Elle avait occupé son corps et ses pensées, tandis qu’il rivalisait d'imagination pour la surprendre et se rendre indispensable. Jusqu'à présent, son stratagème avait plutôt bien fonctionné, à un détail près, Aila était revenue le chercher, réveillant dans le même temps les émotions qu'il avait refoulées. Loin d'elle, tout semblait tellement plus facile… Il s'en était bien sorti dans leur face à face, avec l'impression d'avoir su contrôler sans trop de difficultés les sentiments que sa présence avait ravivés. Enfin, jusqu'au moment où elle avait saisi ses mains pour l'emmener vers Bâmes, son corps, bien que distant du sien, entre ses bras. À cet instant précis, leur relation avait irrémédiablement basculé. Leurs esprits s'étaient unis et la seule évocation de ce contact le troublait toujours aussi profondément. Étrangement, sa façon de le ressentir semblait, elle aussi, avoir évolué, à présent différente de celle qui l'animait depuis le premier jour où Aila était apparue dans sa vie. Ils avaient partagé un instant unique qui l'avait lié à elle plus que ne l'aurait fait n'importe quelle nuit d'amour. Depuis, il la sentait en permanence en lui, comme l'aboutissement d'une communion intérieure, comme si, en fusionnant leurs âmes, elle avait disséminé un peu d'elle-même dans les cellules de Hang. Elle était en lui, même si elle ne serait jamais à lui. La sensation éprouvée lui paraissait toujours plus intense et plus profonde, car la plénitude qu'elle avait abandonnée en lui par ce geste était infinie… Avait-il dispersé autant de traces chez Aila ? Ressentait-elle également cette intimité qui les liait étroitement ?
Tout d'un coup, sans la moindre raison visible ou audible, les hommes de Tancral se mirent en mouvement. Plongé dans ses pensées, ce fut à peine si le cliquetis de leurs armes alerta le Hagan. Réagissant aussitôt, il enflamma la première ligne de poudre. Avant son départ pour Avotour, il s'était bien amusé à tester le principe de cette découverte fortuite et la façon de l'employer, les explications d'Alsone se révélant plus que succinctes à ce sujet, sans parler des origines des quatre tonneaux disposés dans un endroit sec et oubliés jusqu'à cette occasion. Si, au début, il avait essuyé de cuisants échecs et de multiples déboires, il était parvenu à maîtriser les facéties de cette matière sombre, entraînant finalement la souveraine dans ses ultimes expérimentations et, du même coup, dans des discussions animées sur l'optimisation de son utilisation. Une salve de détonations lointaines retentit un instant avant les siennes. Alsone avait été plus réactive que lui et elle allait lui en rebattre les oreilles pendant un bon moment. Hang regarda les guerriers de la plage projetés en l'air par les explosions et, incrédule, observa la grande majorité d'entre eux, pourtant en piteux état, se relever malgré tout. Vivants tant qu'ils n'étaient pas morts… Ce constat résonna d'une façon toute particulière dans les pensées du Hagan pour qui leur incroyable résistance prenait à présent une signification concrète, une sourde angoisse naissant dans son cœur. En tout cas, un fait était avéré, ces hommes n'étaient vraiment plus comme les autres. D'un geste sûr, il alluma sa deuxième ligne de poudre et de nouvelles déflagrations retentirent, mais Hang s'aperçut rapidement que le compte n'y était pas, trop rares étaient ceux parmi les soldats de l'empereur qui restaient à terre, moins d'un pour vingt… À son signal, une nuée de flèches s'abattit sur leurs adversaires qui s'obstinèrent malgré tout à progresser, même transpercés de part et d'autre. La douleur ne les ralentissait pas et, tant que leurs fonctions vitales demeuraient intactes, ils avançaient. Dans ces conditions, cent hommes de Césarus en valaient facilement deux cents et eux n'étaient qu'une cinquantaine pour tenir la crique. Le Hagan hurla aux archers :
— Ne touchez plus que le cœur ! Vous devez les tuer, pas les blesser !
Sans hésitation, il attrapa l'arme d'un Avotourin maladroit et ajusta sa visée.
— Moins un ! cria-t-il.
Il plaça une deuxième flèche, puis la décocha.
— Moins deux ! Faites comme moi, réjouissez-vous de ceux qui tombent à terre !
Les projectiles ne pleuvaient plus, remplacés par les traits des meilleurs tireurs qui transperçaient l'organe central de leurs adversaires, tandis que l'énumération de la quantité de morts maintenait de façon artificielle une ambiance dynamique et positive au sein de la troupe, ébranlée un instant auparavant par l'anormale vitalité des guerriers de l'empereur. Cependant, malgré tous leurs efforts conjugués, Hang songeait que ces derniers restaient encore trop nombreux à se tenir debout, peut-être une cinquantaine qui, malheureusement, comptait double… Rapidement, le stock de flèches se tarit et il se redressa. Pour lui, le temps était venu de se lancer physiquement dans la bataille. Saisissant sa magnifique hache à deux têtes, il demeura un moment immobile, son regard fixé sur ses ennemis. Il avait toujours adoré quand Aila faisait tournoyer son kenda au-dessus d'elle. Rien que par ce mouvement, elle impulsait une telle énergie qu'elle décuplait la force de tous. Aujourd'hui, cette heure était la sienne et il ne manquerait ni de panache ni de courage dans cette lutte au corps à corps. Elle n'était pas là, mais il se battrait pour elle et il vaincrait, quel que fût le prix à payer. Alors, ses muscles bandés, les mâchoires serrées, il brandit son arme, puis l'amena à pivoter, lentement d'abord, puis de plus en plus vite. Tandis que naissait le léger sifflement de l'acier qui fendait l'air, il hurla :
— À l'attaque ! Tuez-les tous !
Un véritable mugissement monta dans les rangs des soldats et tous s'élancèrent vers leur destin, Hang en tête, sa hache prête à faucher tous ceux qui se mettraient sur sa route.

Alors que les contractions d'Aila se rapprochaient, la souffrance lui paraissait à peine supportable par moment. Le temps était peut-être venu de rejoindre Nestor et de le réveiller. Elle pénétra dans la maison et frappa à la porte de sa chambre. Très rapidement, il apparut en chemise de nuit, les cheveux en bataille.
— Dame Aila ? Que se passe-t-il ?
Il remarqua le souffle un peu court d'Aila et son teint blême.
— Êtes-vous blessée ? demanda-t-il, visiblement inquiet.
— Non, j'ai juste besoin que vous me trouviez une Hagane, une accoucheuse, plus précisément.
Nestor écarquilla les yeux. Il regarda derrière Aila, cherchant la femme concernée. Ses sourcils se froncèrent.
— Pour quelle raison ? Qui va accoucher ? ajouta-t-il, un peu dérouté.
— Moi…, répondit-elle.
Son visage perdit sa sérénité quand une nouvelle contraction lui coupât la respiration, sa main s'accrochant au chambranle de la porte.
Nestor ouvrit des yeux encore plus ronds.
— Mais… mais vous n'étiez pas enceinte hier ? balbutia-t-il, incertain.
Visiblement, le brave homme ne comprenait plus rien.
— Si, mais je le cachais habilement. Nestor, personne ne doit le savoir, absolument personne. Choisissez avec grand soin la Hagane que vous ramènerez et prétendez que je suis fiévreuse.
Puis elle insista :
— Je vous le répète, pas un mot à quiconque, c'est une question de vie ou de mort.
De multiples expressions fugitives s'affichèrent sur les traits de Nestor, puis un immense sourire s'épanouit sur ses lèvres.
— Je vais être grand-père ! s'exclama-t-il, radieux.
Aila ne put s'empêcher d'émettre un rire tandis qu'il continuait :
— C'est vrai. Vous êtes comme ma fille. Venez, installez-vous dans ma chambre.
— Nestor, c'est inutile, je peux…
— Je n'admettrai aucune protestation. Il ne sera pas dit que je laisserai mon enfant accoucher ailleurs que dans un endroit confortable.
La soutenant par le bras, il la conduisit avec prévenance vers le lit.
— Auriez-vous une grande chemise à me prêter ? demanda-t-elle.
— Je vous en donne une tout de suite.
La jeune femme s'assit tandis que Nestor fouillait dans son armoire. Il se tourna vers elle et, quand leurs regards se croisèrent, elle s'aperçut de l'émotion extrême de son ami que trahissaient ses yeux humides. Les mains légèrement tremblantes, il lui tendit le vêtement escompté. Un instant, il sembla hésiter, puis, se penchant vers elle, il déposa un baiser très doux sur ses cheveux avant de préciser :
— Ne vous inquiétez pas, je me dépêche !
— Pas de souci, Nestor. Je vous promets que je serai encore là à votre retour.
— J'y compte bien ! Je veux être un des premiers à faire la connaissance de ce petit bout de chou !
Aila grimaça une nouvelle fois.
— Finalement, si vous pouviez courir, je crois que j'ai un peu trop tardé à vous prévenir…
Nestor ne fit ni une ni deux. Il enfila juste son pantalon et ses chaussures en quatrième vitesse avant de se précipiter vers le camp.
Hang traçait son chemin au milieu des guerriers de Césarus. Pas de quartier, ne cessait-il de se répéter, tandis que, sans répit, sa hache tranchait tout ce qui passait à sa portée. Il devait tous les tuer et, petit à petit, l'un après l'autre, ils périssaient. Sa bravoure et sa détermination stimulaient ses compagnons, alors même que certains tombaient sous les coups des hommes de Tancral. Malheureusement, leurs soldats ne résisteraient plus très longtemps dans cette lutte inégale. Dorénavant moins nombreux qu'eux, leurs ennemis se révélaient plus forts parce qu'insensibles à toutes formes de douleur. Tant qu'ils n'étaient pas morts, ils combattaient comme s'ils n'avaient rien. Un moment envahi par le découragement, le Hagan se ressaisit et, sans faillir, la hache levée, repartit à l'attaque.


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