La Première Époque de la saga d'Aila, époque 1 de la saga de fantasy de Catherine Boullery
La saga d'Aila  fantasy


fantasy préféré

Note : 4.6 / 5 avec 256  critiques high

Le début de l'histoire

Les légendes en Avotour racontent qu'hommes et fées vécurent en parfaite harmonie jusqu'au jour où un interdit absolu fut transgressé : l'amour entre un homme et une fée. Pour qu'un tel malheur ne se reproduise plus, les fées choisirent de disparaître aux yeux des hommes et c'est ainsi qu'aujourd'hui, en Avotour, plus personne ne croît aux fées ou presque…

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Orpheline de mère, Aila a grandi élevée par son oncle Bonneau dans le comté d'Antan. De loin, enfermée dans l'incompréhension totale de ce père qui l'a reniée à sa naissance sans raison apparente, elle observe son père Barou Grand et son petit frère Aubin vivre ensemble. Et, pourtant, ce colosse est le plus grand héros du royaume. C'est lui qui, des années auparavant, a repoussé chez eux les Hagans, peuple frontalier, féroce et sanguinaire, qui venait piller et tuer.

Heureusement, la jeune fille n'est pas seule. La châtelaine d'Antan, Mélinda s'occupe d'elle comme de ses trois filles, lui offrant une présence féminine indispensable tandis que Hamelin, le mage du château, érudit et sage, lui enseigne tout ce qu'il sait. De plus, Aubin, bravant l'interdit parental, décide de se rapprocher d'elle dans le plus grand secret.

Alors qu'Aila devient adolescente, Bonneau décèle chez sa nièce une aptitude peu commune à se battre et décide de la former. Aujourd'hui, à seize ans, elle est devenue une exceptionnelle combattante, en particulier, lorsqu'elle manipule le kenda, un bâton de combat aux propriétés peu conventionnelles. Elle est l'élève qui ferait la fierté de Barou. Cependant, rien n'a changé et ce dernier persiste à l'ignorer.

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Deux journées de deuil sont décrétées quand le roi Sérain d'Avotour perd sa femme et sa fille dans un attentat qui lui était destiné. À la suite de cet événement tragique, il décide de protéger ses trois fils en créant une garde rapprochée. Naturellement, il envoie chercher ces hommes parmi l'élite d'Avotour, c'est-à-dire dans le camp de formation de Barou Grand. C'est la chance que saisit Aila pour enfin prouver sa valeur. Malheureusement, Barou refuse sa participation. Alors, pour la première fois de sa vie, Aila s'oppose à lui et fait appel à une loi ancienne qui l'autorise à changer de père. Sa joie explose quand elle est sélectionnée, mais c'est aussi tout son monde qui bascule. Dorénavant, elle va quitter la sécurité d'Antan et son bonheur est teinté d'une légère appréhension.

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Son départ proche perturbe plus que de raison Hamelin. Aila connaît depuis bien longtemps son intérêt pour les fées et l'a toujours considéré comme l'expression d'une forme de nostalgie chez un homme attaché de traditions ancestrales. Seulement, quand elle touche le petit livre aux paysages mouvants qu'il lui tend, elle se sent immédiatement happée dans un autre monde avant de briser la magie du moment. Hamelin est convaincu qu'Aila peut communiquer avec les fées tandis que la jeune fille refuse totalement d'envisager, même l'espace d'un instant, l'existence de telles créatures. Malgré tout, par affection pour le vieil homme, elle emporte le livre qu'elle fourre au fond de son sac, espérant ainsi l'oublier au plus vite.

La qualité de vie en Avotour s'est bien dégradée depuis quelques années. La misère y côtoie la disette. De plus, affaibli, le pays redevient la cible de nouvelles attaques haganes et l'objet de convoitise de contrées limitrophes soutenues par la traîtrise interne de certains comtés du royaume. C'est ainsi que les membres de la garde rapprochée se voient attribuer différentes missions en vue de confondre ceux dont la loyauté a failli.

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Heureuse de partir avec le benjamin de la famille royale, Avelin, Aila déchante quand elle découvre que, en fin de compte, elle accompagnera l'héritier du trône, Hubert, aussi froid que rigide, dans une mission dans le comté d'Escarfe. Sa déception s'accroît quand elle apprend qu'elle sera présentée comme sa promise et qu'elle va devoir troquer sa tenue de combattante contre robes et frou-frou.

Tandis qu'Aila se prend finalement au jeu, des phénomènes bizarres apparaissent dans sa vie et la troublent. Comment se fait-il qu'elle pressente le danger ? Pourquoi son esprit devient-il capable de survoler l'espace qui l'entoure ?

Alors qu'un danger encore plus grand menace le royaume en la personne de Césarus, un empereur venu du nord qui détruit toute vie sur son passage, de nouvelles coalitions vont devoir naître pour contrer un oppresseur prêt à tout. Comment les ennemis d'aujourd'hui pourront-ils devenir les alliés demain ?

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Parcourez les coups de cœur de mes premiers lecteurs

Cassandre, 20 ans

Aila et la Magie des Fées, un joli titre qui n'attirait pas spécialement ma curiosité… Si j'avais su un jour qu'un livre de fantasy allait me rendre autant adepte de la lecture, je ne l'aurais pas cru. On pourrait croire à un livre pour fillettes rêvant de magie et d'univers parallèles, pourtant je dirais que c'est un livre qui en passionnerait plus d'un, tous âges confondus. Un livre magnifiquement bien écrit, qui révèle des détails qu'on ne pourrait imaginer…
Je me lance… j'ouvre le livre, je commence à lire quelques pages, 13, 20, 35… je dévore toutes ces lignes à une vitesse folle. Et voilà maintenant que je le prends dans le bus le matin, à ma pause déjeuner, le soir pour rentrer, et juste avant de me coucher. Je tourne les pages plus vite que mon ombre et naît un sentiment d'impatience de connaître la suite.
Au fil de l'histoire, je me suis complètement identifiée à l'héroïne ; elle était moi et j'étais elle. C'est comme si nous ne faisions qu'un. Une sensation qui reflète ma façon d'agir, de penser, de vivre… une aventure que j'ai lue et surtout vécue intérieurement pendant mes quelques jours de lecture passionnée. Je le relirai encore avec plaisir et avec les mêmes sentiments que la première fois ! Un livre à l'avenir tout tracé que je conseillerai à tous mes proches !!!

Sur UPblisher

Emmanuelle, 30 ans

Olala !!!!! Rien que le premier chapitre, et j'étais déjà accro !!! Ce qui est vraiment génial, c'est d'avoir pris plein de thèmes et histoires qui font partie de notre inconscient imaginaire et d'en avoir fait quelque chose de neuf ! Le tour de force de Catherine, c'est de parvenir à dévier ces éléments pour créer son propre monde et, ainsi, de générer un plaisir double pour le lecteur : celui de revivre un imaginaire de l'enfance dans un autre.
Tout est vraiment bien écrit et très fluide (et merci d'employer le subjonctif imparfait !!! J'adore ce temps qui ajoute un côté féerique et intemporel, justement typique du conte).
Aucune pesanteur, les personnages, leur origine, tout est bien posé en douceur et, pourtant, au milieu de péripéties palpitantes ! Le rythme est parfait ! C'est super bien ficelé, drôle, et, de plus, étonnamment d'actualité ! (toute la description d'Avotour, des problèmes causés par la misère, l'angoisse de ce qui va survenir…) Bref, je suis toujours aussi fan !!!

Didier, 53 ans

Eh bien, si je m'attendais un jour à donner mon avis sur un livre de fantasy, moi qui ne lis que des magazines d'économie, un ou deux ouvrages (sérieux) par an, et jamais de fantasy. J'ai été fortement incité à parcourir Aila et la Magie des Fées et je ne le regrette absolument pas. Une fois le prologue avalé, je pénètre dans un roman qui débute à la fois doucement (un environnement bien brossé, une fine description des personnages — aux caractères très affirmés — qui offrent tous un élément auquel s'attacher, une subtile entrée en matière des fées, imperceptiblement) et rapidement avec de l'action dès le premier chapitre — ça ne s'arrête plus jamais — et des dialogues d'une incroyable pétulance. Pas moyen de s'interrompre une fois qu'on a mis le doigt dans ce livre…

Miss Mag

Il faut aussi que je vous précise qu'après cette lecture, je suis en mesure de vous affirmer que le titre « Aila et la Magie des Fées » est très réducteur, en effet, ce roman déborde d'éléments qui en font un excellent moment littéraire.
Catherine Boullery parvient à nous tenir en haleine tout au long de cette histoire, nous y passons d'aventures en aventures. Alia est non seulement une combattante hors paire et une jeune femme au caractère bien trempé, mais aussi une personne pleine de douceur, qui sans le savoir est avide d'amour et de romantisme. Bien sûr , il me faut aussi parler des fées et du coté magique de ce livre, qui y tient aussi une partie importante et qui fait le lien avec les deux tomes suivants.
Avec ce roman j'ai donc vécu des moments romanesque, fantastique, d'aventure, J'ai voyagé au sein d'une contrée imaginaire.
Je ne saurai donc que vous conseiller de découvrir les aventures d'Alia si vous êtes en quête de toutes ces choses.
« Aila et la Magie des Fées » est donc le premier tome d'une saga, qui je maintiens mon opinion, aurait mérité un titre un peu plus recherché.

Sur Babelio
Virginie

Voilà ce qui se passe quand, en lisant un livre pour la seconde fois, je me sens une nouvelle fois littéralement happée par l'histoire : je me lâche ! Extrait : « Qu'est-ce qui m'a plu dans Aila et la Magie des Fées ? […] ce qui est intéressant, c'est que contrairement à d'habitude […], c'est une femme, Aila, qui reçoit toutes les caractéristiques des héros : combattante efficace, elle sait manier les armes, et peut se montrer fine stratège. Cela donne de la profondeur au personnage, et le roman a une coloration féministe en montrant comment une très jeune femme peut s'affirmer dans un monde d'hommes et instaurer un nouveau rapport à autrui. […] Autre chose : Aila est un personnage amusant et touchant, parce que contrairement à certains héros de fantasy, elle est un personnage inachevé : elle est encore en train de grandir, elle est souvent montrée en train d'apprendre à devenir une guerrière, on la voit même être très naïve, faire des erreurs importantes, et se méprendre sur les intentions d'autres personnages. C'est rassurant, ou réaliste, comme on veut, de découvrir un personnage qui n'est pas auréolé de toutes les perfections. […] on peut lire une réflexion sur le pouvoir et sur les modes de gouvernement. Ainsi, les actions humaines ont autant de place que la magie : Aila instille la volonté, chez les princes et les rois, de sortir de leur passivité, d'arrêter d'attendre une évolution extérieure, et de réfléchir par eux-mêmes à la manière de mieux gouverner leur pays et d'améliorer les conditions de vie de leur peuple. C'est surtout un roman sur la disparition de la magie […]. Or, cette magie ne peut disparaître, et cela nous est prouvé doublement : parce qu'elle aide à sauver le monde dans l'histoire racontée par le livre, mais aussi d'une autre manière : elle est peut-être fée, l'auteure de ce livre, car son livre agit sur le lecteur comme celui des fées sur Aila ; on se sent comme aspiré par une histoire qu'on ne veut plus quitter et qui s'offre très facilement à la lecture. Comment mieux affirmer que les livres et la lecture font ressusciter la magie et peuvent réenchanter notre monde ? »

Olivier, 40 ans

Un monde féerique envoûtant, une histoire passionnante qui vous tient en haleine de la première jusqu'à la dernière ligne. On vit des émotions intenses avec Aila ! J'ai autant dévoré les livres de Boullery que ceux de Goodkind, Tolkien ou Martin. Lisez les trois premiers chapitres : vous ne pourrez plus vous arrêter !

Sur UPblisher

Guillaume, 31 ans

Catherine Boullery réenchante la saga fantastique en trempant sa fine plume dans la clarté du conte. Les fluides aventures d'Aila sauront sans aucun doute poser leur charme puissant sur les enfants de 10 à 90 ans : un sort suffisamment puissant pour tenir en haleine au fil d'une histoire-fleuve.

Adrien, 27 ans

J'ai eu le privilège de découvrir en avant-première les aventures d'Aila. Elles m'ont tenu en haleine pendant plusieurs jours, c'est ce genre de roman qu'on peine à refermer tard le soir, mais dont on essaie d'économiser certains chapitres pour le lendemain ! J'ai hâte de découvrir la suite et suis ravi d'apprendre que d'autres personnes découvriront cet univers vraiment particulier et attachant. Bonne lecture à tout le monde !

Yollande, 45 ans

Je suis en train de relire Aila et la MAGIE est toujours là. C'est époustouflant, car je sais que, dans un an, dans dix ans, il y aura toujours cette magie que je me régalerai à redécouvrir. Ce livre enchanteur, envoûtant, fait partie de ceux qui me sont « intemporels » et dont le plaisir de la relecture reste toujours aussi fort : on s'attache à Aila, on se l'approprie, on vit sa vie au fil des mots, au fil des pages, on la voit grandir comme un enfant (on en est fière n'est-ce pas, Catherine ?) et on en redemande encore et encore. Et on se dit qu'on sera patiente comme jamais pour connaître la suite, mais surtout, surtout, ne jamais connaître sa fin !

Tous les ingrédients sont là : l'amour, l'amitié, la fidélité, le courage, l'aventure, l'espérance, les joies et les peines, le doute, l'angoisse, la violence, la mort… Exercice de très haute voltige. Je suis très touchée d'avoir eu le privilège de lire le 1er tome il y a un an et je n'ai plus qu'un mot à dire : longue vie à Aila.


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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Aila avançait sur la route vers Niankor, le cœur en miettes. De toutes les épreuves qu'elle avait été amenée à traverser jusqu'à présent, celle-ci était, de loin, la plus cruelle et certainement la plus injuste…

Alors que les souvenirs de sa nuit repassaient en boucle dans sa tête, tout son être se révoltait à la simple pensée d'être séparée de lui… Tant de chemin parcouru pour parvenir à aimer et être aimée auquel succédait le vide insondable de l'abandon…, sauf que c'était elle qui avait renoncé, et ce, de façon définitive parce qu'elle ne connaissait pas d'autres voies possibles. Et si, pour une fois, elle refusait le destin qui lui était imposé ! Et si elle envoyait promener cette existence emplie de contraintes qui brisaient sa résistance et sa vie ! Il lui suffirait de faire tourner bride à Lumière pour galoper vers Avotour et ainsi rejoindre l'homme qu'elle avait choisi, exactement comme son cœur le souhaitait. Aila fronça les sourcils. Mais pour combien de temps ? Jusqu'à ce que l'empereur Césarus les eût tous anéantis pour la simple raison qu'elle aurait refusé l'inexorable fatalité qui était la sienne… Comment pourrait-elle ignorer qu'elle condamnerait les nations à plier l'échine devant ce dictateur sanguinaire jusqu'à l'agonie, trois fois rien, en somme… Elle soupira de regret, elle aurait dû l'accepter depuis le début ; aimer lui serait impossible… Dans quelle mesure pouvait-elle lutter contre son inexorable destin ? Ou comment le moindre sentiment pourrait-il s'épanouir dans un pays réduit en esclavage, peuplé d'hommes et de femmes qui mourraient à chaque instant ? Certaines décisions résultaient d'une absence d'alternative et sa brève rébellion lui parut soudain ridicule, presque risible. Un dernier soupir, long et triste, puis elle se résigna à poursuivre sa route, cherchant désespérément à éteindre la voix intérieure qui lui criait de repartir vers lui… Tiraillée entre son désir intime et le choix devant lequel elle s'inclinait, elle éprouvait tout à la fois l'envie de hurler, de pleurer et de taper. Mais, renonçant à suivre son cœur, elle se contenta de fixer la voie qui se déroulait face à elle, terriblement seule et malheureuse, certaine, instinctivement, que jamais l'Oracle ne la laisserait rebrousser chemin… L'heure du déjeuner approchant, elle décida de s'arrêter à côté d'un champ pour permettre à Lumière de se reposer un peu. Elle n'avait pas faim et resta simplement assise sur une souche à regarder dans le vide, préférant l'absence de pensées conscientes à des sentiments trop violents et douloureux…

Alors qu'Aila s'apprêtait à repartir, un bruit de sabot lui fit tourner la tête en direction d'Avotour. Un rêve fou l'envahit soudainement et son cœur bondit dans sa poitrine, mais la surprise se révéla à la hauteur de la désillusion. Niamie ! C'était Niamie… Il ne manquait plus que ça ! Elle ouvrit la bouche pour l'interpeller à propos de sa présence, mais la petite fille la devança et, d'un ton assuré, lui demanda :
— Pourquoi ne m'as-tu pas attendue ? Je t'avais dit que nous partirions ensemble.
Saisie par la teneur de ces propos, la jeune femme la fixa un instant avant de réagir.
— Niamie, tu dois retourner au château. Ta place n'est pas à mes côtés.
— Mais si, Aila ! Je viens sauver Amata avec toi ! Nous devons être toutes les deux pour y parvenir.
La combattante resta silencieuse, abasourdie, cherchant à assimiler le sens des mots prononcés, sans succès. Incertaine, elle hasarda :
— De quoi parles-tu ?
— L'Oracle de Tennesse, il m'a appelé aussi ! Souviens-toi, je te l'ai dit !
Ébranlée, Aila secoua la tête. Certaines phrases, incomprises sur le moment, lui revenaient effectivement en mémoire. Vaguement excédée, elle fixa sa jeune amie longuement avant de capituler. Après tout, si l'Oracle avait également invité une gamine pour partager sa vie aventureuse, très bien ! Mais il était juste temps de cesser de lui compliquer ses journées à tout bout de champ ! Après tout, son existence partait déjà en lambeaux, alors, finalement, un peu plus, un peu moins, quelle différence pour elle ?
— Bon, allons-y, concéda Aila d'un ton maussade.
La combattante enfourcha Lumière et reprit son voyage, enfermée dans un silence obstiné, suivie par une Niamie, pas le moins du monde perturbée par l'attitude revêche de la jeune femme.
Au milieu de la forêt clairsemée, la route défilait lentement, presque irréelle sous le regard d'Aila qui n'avait pas daigné ouvrir la bouche depuis des heures, murée dans une profonde résignation. Cette situation morose aurait persisté encore longtemps si une question dérangeante n'avait soudainement surgi dans son esprit. Elle se mordit les lèvres, persuadée de la réponse qu'elle allait obtenir en la posant à Niamie et, d'avance, profondément ennuyée par son contenu.
— Niamie, as-tu mangé depuis ce matin ?
Souriante, l'enfant secoua la tête et la culpabilité étreignit le cœur d'Aila. La combattante poursuivit :
— Nous parviendrons bientôt au prochain village. Nous nous installerons à l'auberge et je te promets qu'une fois dans la salle, tu pourras dévorer tout ce que tu veux.
Le visage de la fillette s'éclaira un peu plus tandis qu'Aila l'observait avec attention, se demandant quelle force intérieure permettait à Niamie de résister à toutes les épreuves traversées depuis leur rencontre : la disparition de toute sa famille, la souffrance et le souvenir d'une mort presque inéluctable, une nouvelle vie si différente de la première et, aujourd'hui, un départ vers un monde inconnu… Rien ne semblait atteindre sa petite compagne. Alors que l'estomac de Niamie devait crier famine, celle-ci, le regard clair et serein, n'en paraissait nullement affectée. Peut-être était-ce en raison de cet optimisme inébranlable et de cette lumière si personnelle que l'Oracle avait choisi Niamie pour soulager le chagrin d'Aila.

Malgré une allure plus rapide, une bonne heure de route s'écoula avant d'apercevoir le village en fin d'après-midi. Seule, Aila aurait sûrement avancé plus loin et dormi en forêt, mais la situation venait radicalement de changer, elle devait tenir compte de la fatigue de la fillette. Parvenir à l'unique auberge fut aisé et se débarrasser de leurs affaires dans leur chambre vite fait. Amusée, Aila remarqua que, comme elle, Niamie saisissait son kenda au moment de sortir de la pièce. Elle se demanda ce que Bonneau avait pu apprendre à sa petite élève le temps des quelques leçons dispensées à Avotour.
Installées dans la salle, les deux filles commandèrent un repas chaud. Alors que Niamie entamait avec entrain son assiette au fumet appétissant, Aila se contenta d'en remuer le contenu sans appétit et finalement d'en avaler une bouchée à contrecœur. Comme si son estomac contracté ne suffisait pas, un nouveau sentiment de malaise s'empara d'elle et, bientôt, des pensées étrangères et malveillantes s'infiltrèrent dans son esprit : elle courait un danger. Non, elles couraient un danger ! Quelle idée saugrenue que celle d'entraîner une gamine innocente dans sa vie périlleuse avait traversé ce maudit Oracle !
L'attitude d'Aila ne changea en rien sinon qu'elle se pencha vers Niamie et lui glissa à voix basse :
— Comment te débrouilles-tu au kenda ?
— Bonneau affirme que je deviendrai bientôt aussi bonne que toi, répondit la fillette avec un aplomb naturel qui arracha un sourire fugace à la combattante.
Probablement agile et rapide, Niamie ne disposait assurément pas du bénéfice de l'âge, ni même de celui de l'expérience… Le regard d'Aila parcourut la pièce autour d'elle d'un air nonchalant, sans parvenir à y détecter la source du danger. Ce dernier pourrait-il venir de l'extérieur ? Ses sens en éveil jusqu'à la fin du repas, elle guetta la moindre manifestation hostile et, pourtant, aucun événement ne se produisit. Malgré tout, son sentiment d'alerte persistait, preuve que la menace n'avait pas disparu. Qu'attendaient donc ces nouveaux ennemis pour attaquer ? Pendant ce temps, Niamie, insouciante, vidait tous les plats, se régalant visiblement, heureuse de pouvoir apaiser sa faim. Une fois rassasiée, elle leva ses yeux brillants de plaisir vers Aila.
— Que faisons-nous maintenant ?
— Nous allons retourner là-haut. Mais, d'abord, laisse-moi régler l'aubergiste.
Celui-ci l'accueillit avec bonhomie, discutant de choses et d'autres, de toute évidence inconscient des manigances qui se tramaient autour de son établissement.

Parvenue dans leur chambre, en fermant les volets d'un geste lent, Aila jeta un rapide coup d'œil par la fenêtre dans la rue sombre et d'apparence tranquille, mais elle ne se fia pas à sa première impression ; elle se sentait surveillée sans pouvoir en localiser l'origine. En aucun cas, ceux qui l'attendaient ne la laisseraient fuir par ici. Cependant, d'autres ouvertures existaient dans l'auberge et l'une d'entre elles leur permettrait obligatoirement de s'échapper. Elle attira sa compagne d'infortune à ses côtés sur un lit.
— Niamie, si je ne désirais pas que tu m'accompagnes, ce n'est pas que je ne voulais pas de toi, mais parce que le danger croise mon chemin en permanence. Tu ne devrais pas avoir à risquer ta vie à cause de moi…
La fillette ouvrit de grands yeux, l'écoutant avec concentration, tout en mordillant son ongle. Aila poursuivit :
— Des hommes dont j'ignore encore tout m'attendent, animés de mauvaises intentions. Nous allons devoir quitter l'auberge discrètement et rejoindre les chevaux pour nous enfuir. Te sens-tu prête à m'obéir au doigt et à l'œil ?
Niamie opina.
— Alors, enfile ton sac, je m'occupe des sacoches et des kendas. Une idée commence à germer dans ma tête pour nous sortir de cette situation inconfortable.
La combattante entrebâilla le battant qui donnait sur le couloir et vérifia que le lieu était déserté. Elle amena la petite fille à la suivre et, à pas de loup, elles longèrent le vestibule sombre et vétuste, attentives au moindre grincement des planches mal ajustées qui révélerait leur tentative de fuite. Rapidement, elles parvinrent à un escalier étroit qui montait vers les combles et s'y engagèrent. Une vingtaine de marches plus haut, une porte close leur barrait le chemin et, d'un geste de l'esprit, Aila la déverrouilla. Elle découvrit une minuscule pièce mansardée, encombrée d'objets hétéroclites et poussiéreux, exactement ce qu'elle cherchait : un endroit discret et à l'écart. S'approchant lentement de la lucarne aux carreaux sales, elle l'ouvrit légèrement et observa la configuration du lieu en contrebas ; à peine éclairée par la lumière d'une torche lointaine, l'arrière-cour de l'auberge servait de dépotoir, mais présentait le défaut majeur de se situer trois étages plus bas. Quitter cette chambre ne serait pas facile pour Niamie et Aila allait devoir faire preuve d'inventivité pour les sortir toutes les deux de ce mauvais pas. Elle réfléchit. Le petit appentis, bâti sur la droite, pourrait être utilisé comme point de chute, mais restait inaccessible pour une enfant. En revanche, si elle parvenait à amener Niamie jusqu'en bas par un autre moyen, il lui servirait d'étape pour la rejoindre. Cette solution apparut la plus simple à mettre en œuvre. Après avoir fouillé dans son sac, elle emmena la fillette près de la fenêtre pour lui expliquer son projet.
— Regarde, je vais t'attacher avec cette corde et, une fois assurée, tu pourras atteindre le bord du toit en contrebas. Ensuite, tu n'auras plus qu'à basculer, puis te laisser porter, c'est moi qui te descendrai jusqu'au sol. En bas, il te restera à te détacher. Est-ce que tu sauras rejoindre l'écurie et harnacher nos chevaux ?
L'air concentré, Niamie opina avant de préciser.
— J'aurai sûrement un peu de mal pour la bride de Lumière, mais je parviendrai bien à me hisser pour arriver à la hauteur de sa tête.
— Bien. Tu raccourciras ses étriers le plus possible et tu coinceras ses rênes pour éviter qu'elles s'accrochent sur un quelconque obstacle. Ce plan te convient-il ?
La petite fille acquiesça avant de demander :
— Et après, je fais quoi des chevaux ?
— Niamie, écoute bien. Tu prends juste le tien et tu pars en laissant les portes entrouvertes. Lumière n'aura plus qu'à se glisser entre ces dernières quand, plus tard, je l'appellerai. Dès que tu as fini, tu me rejoins. As-tu bien tout compris ? Bon, tu es géniale. Maintenant, on passe à l'action !
Aila testa la longueur de la corde et estima qu'elle suffirait à mener Niamie en bas. Elle l'attacha avec soin autour de la fillette, enroulant le bout opposé derrière une poutre. Elle se cala pour éviter d'être entraînée par le poids de l'enfant.
— Allez, ma grande, vas-y.
Niamie enfourcha l'huisserie puis, après un dernier regard vers son amie, amorça lentement sa descente sur les tuiles, s'assurant à chaque pas de rester silencieuse. Cette discrétion tranquillisa un peu Aila qui redoutait cette équipée inhabituelle pour sa petite compagne. À intervalle régulier, la combattante laissait la corde filer, ses muscles bandés et le souffle retenu jusqu'au moment où la tension disparut à l'autre bout : Niamie avait touché terre. Sa pression intérieure enfin relâchée, la jeune femme se redressa et s'approcha de la fenêtre. Un instant plus tard, elle vit sa protégée courir vers les écuries, sans même un regard vers elle.
« Une bonne chose de faite », songea Aila, rassurée. Remontant le filin, elle accrocha sacs, sacoches et kendas d'un côté et fixa solidement la seconde extrémité à une poutre. D'un geste ample, elle balança leurs affaires vers le bord du toit pentu, en espérant qu'emportées par leur poids, elles basculeraient dans le vide. Gagné ! À présent, elles n'avaient plus qu'à suivre le même chemin que Niamie, une fois détaché le nœud qui les retenait encore. Aila laissa rapidement filer le paquet jusqu'au sol. À son tour maintenant ! Un dernier coup d'œil en arrière, puis elle bondit sur la fenêtre avant de se retrouver en équilibre instable sur les tuiles glissantes. Avec précaution, elle s'approcha du bord et estima la hauteur qu'elle devrait franchir trop importante pour sauter directement. Donc, il ne lui restait plus qu'à gagner l'appentis accolé à l'auberge, divisant ainsi sa descente en deux étapes. Circonspecte, elle évalua la distance qui la séparait de son futur point d'arrivée, puis, enfin décidée, s'élança vers le faîtage en contrebas. Elle s'agrippa de justesse à son arête, malheureusement avec moins d'élégance que prévu, son souffle coupé par la rudesse du choc. Lors de l'impact, le crissement des tuiles résonna dans le silence ambiant tandis qu'elle guettait un mouvement des occupants de la maison, prête à intervenir. Rassurée par l'absence de réaction, elle dérapa progressivement vers le bord de la toiture, puis bascula son corps dans le vide, uniquement retenue par ses mains. Sans réfléchir plus, elle lâcha prise et atterrit avec un bruit sourd sur le sol poussiéreux. Elle ne perdit pas une seconde, ramassa leurs affaires pour les entraîner dans l'ombre d'un mur, puis détacha la corde qu'elle enroula et rangea, persuadée de l'arrivée imminente de Niamie. Le temps écoulé lui parut vite long et son inquiétude s'intensifia, elle songea même à partir vérifier où en était la petite fille avant de se forcer à attendre. Aila devait rester consciente que sa partenaire du moment ne comptait qu'une bonne dizaine d'années et qu'elle devait lui accorder sa confiance. Sa patience fut enfin récompensée quand Niamie apparut au coin du mur.
— Tu es formidable ! lui souffla Aila. À présent, est-ce que tu sauras rejoindre la place du village et prendre le chemin que je t'avais montré en arrivant ?
— Oui, mais après, comment pourrai-je avancer dans le noir ?
Par les fées, Aila avait oublié ce détail. Après un instant d'hésitation, correspondant à la durée nécessaire pour choisir une orientation, elle conclut :
— Ne t'inquiète pas, nous allons procéder autrement.
Aila enfila son sac tandis que Niamie faisait de même avec le sien et posa les sacoches sur le poney, puis, se fondant dans l'ombre, elles quittèrent l'auberge, puis le bourg, la combattante tirant la monture derrière elle.

Plusieurs heures s'étaient écoulées depuis leur départ. Elles avançaient dans la forêt noyée par la nuit, au cœur du bruissement des ailes des oiseaux nocturnes et de leurs hululements si singuliers. Depuis longtemps, Aila avait déserté les sentiers battus pour emprunter des layons dont elle pressentait la direction. Sur son cheval, Niamie, éreintée de fatigue, ballottait de plus en plus et la jeune femme comprit qu'elle devrait s'arrêter bientôt. Elle aurait aimé les éloigner plus encore du danger, mais elle devait tenir compte de la présence de son amie. Sa couverture installée sur sol, elle attrapa la fillette qui dodelinait sur sa monture, la posa dessus et l'en enveloppa. Un dernier geste mental lui permit de se tranquilliser : leurs ennemis ne les rejoindraient pas avant un bon moment. Apaisée temporairement, elle se coucha à même le sol et s'endormit rapidement, trop épuisée pour réfléchir.

Au petit matin, le chant vif des oiseaux dans la lueur naissante du soleil réveilla Aila en sursaut. Tous les souvenirs qu'elle avait réussi à tenir à l'écart de sa vie pendant la nuit revinrent en force hanter son cœur et son esprit. La douleur la fit suffoquer, puis reflua lentement. Toutefois, l'heure n'était pas venue de faire un point sur tout ce qu'elle éprouvait. Si le sentiment d'alerte s'était atténué, il n'avait pas disparu pour autant. Elle prépara toutes leurs affaires avant de réveiller Niamie. Une pensée pleine de compassion la traversa, une pensée pour cette demoiselle qui se retrouvait embarquée dans une histoire qui n'était pas la sienne et qui la malmenait… Aila se promit que, quoi qu'il arrivât, elle prendrait soin d'elle. Mais pourquoi entraîner une fillette dans ses aventures périlleuses, et pourquoi pas un nourrisson pendant qu'on y était ! Elle secoua la tête, fâchée par cette vie qui ne cessait de lui jouer des tours pendables. Elle ne s'estimait pas à la hauteur pour s'occuper de cette enfant malgré l'affection qu'elle lui portait… Elle caressa sa joue avec légèreté, l'appelant doucement pour l'éveiller.
— Aila, répondit Niamie en se frottant les yeux, sommes-nous encore en danger ?
— Oui, mais il est loin pour l'instant, c'est pour cette raison que nous devons lever le camp le plus vite possible.
— Où est Lumière ?
— Ne t'inquiète pas pour elle, je crois que, dorénavant, elle sait à chaque instant où je suis…
La combattante fronça les sourcils, mais d'où lui venait cette nouvelle certitude ? Qu'est-ce qui avait changé entre Lumière et elle depuis ce grand trou dans lequel Aila l'avait vue périr ? Toutefois, si au lieu de se poser toujours autant de questions, elle commençait par percevoir une ébauche d'explication, elle se sentirait soulagée.
Aila devançait Niamie, tirant son poney parmi les arbres. Elle était retombée dans un silence attentif, guettant le moindre signe de danger.
— Aila ? Est-ce que tu m'en veux beaucoup de t'avoir suivie ? demanda Niamie d'une voix inquiète. Est-ce à cause de moi que tu as l'air si malheureuse ?
La jeune femme se figea avant de se tourner vers sa compagne de route. Décidément, elle avait encore oublié qu'elle avait en face d'elle juste une petite fille…
— Non. Ma tristesse n'a rien à voir avec toi. Et, s'il n'existait pas de danger, je serais même heureuse que tu sois là.
Niamie hocha la tête avant d'ébaucher un sourire mutin.
— Et si je te fais un câlin, tu seras moins triste ?
— J'en suis persuadée, mais, pour l'instant, il faut me laisser un peu de temps avant d'en profiter pleinement.
Cette réponse parut rassurer la fillette dont le visage s'illumina. Elles repartirent côte à côte.

Lumière arrivait, Aila le percevait. Elle savait aussi que, derrière sa jument, le danger se rapprochait également sous la forme de six hommes, tous déterminés, dont un, encore caché dans l'ombre, bien plus que les autres… Elle ne détectait que des bribes incompréhensibles de leurs pensées, mais suffisantes pour deviner qu'ils voulaient la tuer au plus vite. Pour l'instant, sa principale préoccupation consistait à mettre Niamie à l'abri et, pour y réussir, elle courait dans la forêt, entraînant la fillette dans son sillage, cherchant de tous ses vœux, un endroit qui la dissimulerait. Enfin, elle distingua une vieille bicoque à demi délabrée et l'atteignit sans prendre la peine d'effacer ses traces. Elle y installa Niamie et lui expliqua :
— Je ne dispose que de très peu de temps pour t'éloigner du danger. Tu dois rester ici et surtout ne pas te montrer. Les hommes qui nous suivent ne s'embarrasseront pas d'un témoin s'ils te découvrent. Est-ce que tu me comprends ?
Niamie hocha gravement la tête. Libérée de sa nouvelle responsabilité, Aila partit à vive allure, désireuse d'attirer le futur combat loin de la fillette. Elle lança un appel vers Lumière pour qu'elle la rattrapât, maintenant.


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