La Première Époque de la saga d'Aila, époque 1 de la saga de fantasy de Catherine Boullery
La saga d'Aila  fantasy


fantasy

Note : 4.6 / 5 avec 283  critiques

Le début de l'histoire

Les légendes en Avotour racontent qu'hommes et fées vécurent en parfaite harmonie jusqu'au jour où un interdit absolu fut transgressé : l'amour entre un homme et une fée. Pour qu'un tel malheur ne se reproduise plus, les fées choisirent de disparaître aux yeux des hommes et c'est ainsi qu'aujourd'hui, en Avotour, plus personne ne croît aux fées ou presque…

◎ ◎ ◎

Orpheline de mère, Aila a grandi élevée par son oncle Bonneau dans le comté d'Antan. De loin, enfermée dans l'incompréhension totale de ce père qui l'a reniée à sa naissance sans raison apparente, elle observe son père Barou Grand et son petit frère Aubin vivre ensemble. Et, pourtant, ce colosse est le plus grand héros du royaume. C'est lui qui, des années auparavant, a repoussé chez eux les Hagans, peuple frontalier, féroce et sanguinaire, qui venait piller et tuer.

Heureusement, la jeune fille n'est pas seule. La châtelaine d'Antan, Mélinda s'occupe d'elle comme de ses trois filles, lui offrant une présence féminine indispensable tandis que Hamelin, le mage du château, érudit et sage, lui enseigne tout ce qu'il sait. De plus, Aubin, bravant l'interdit parental, décide de se rapprocher d'elle dans le plus grand secret.

Alors qu'Aila devient adolescente, Bonneau décèle chez sa nièce une aptitude peu commune à se battre et décide de la former. Aujourd'hui, à seize ans, elle est devenue une exceptionnelle combattante, en particulier, lorsqu'elle manipule le kenda, un bâton de combat aux propriétés peu conventionnelles. Elle est l'élève qui ferait la fierté de Barou. Cependant, rien n'a changé et ce dernier persiste à l'ignorer.

◎ ◎ ◎

Deux journées de deuil sont décrétées quand le roi Sérain d'Avotour perd sa femme et sa fille dans un attentat qui lui était destiné. À la suite de cet événement tragique, il décide de protéger ses trois fils en créant une garde rapprochée. Naturellement, il envoie chercher ces hommes parmi l'élite d'Avotour, c'est-à-dire dans le camp de formation de Barou Grand. C'est la chance que saisit Aila pour enfin prouver sa valeur. Malheureusement, Barou refuse sa participation. Alors, pour la première fois de sa vie, Aila s'oppose à lui et fait appel à une loi ancienne qui l'autorise à changer de père. Sa joie explose quand elle est sélectionnée, mais c'est aussi tout son monde qui bascule. Dorénavant, elle va quitter la sécurité d'Antan et son bonheur est teinté d'une légère appréhension.

◎ ◎ ◎

Son départ proche perturbe plus que de raison Hamelin. Aila connaît depuis bien longtemps son intérêt pour les fées et l'a toujours considéré comme l'expression d'une forme de nostalgie chez un homme attaché de traditions ancestrales. Seulement, quand elle touche le petit livre aux paysages mouvants qu'il lui tend, elle se sent immédiatement happée dans un autre monde avant de briser la magie du moment. Hamelin est convaincu qu'Aila peut communiquer avec les fées tandis que la jeune fille refuse totalement d'envisager, même l'espace d'un instant, l'existence de telles créatures. Malgré tout, par affection pour le vieil homme, elle emporte le livre qu'elle fourre au fond de son sac, espérant ainsi l'oublier au plus vite.

La qualité de vie en Avotour s'est bien dégradée depuis quelques années. La misère y côtoie la disette. De plus, affaibli, le pays redevient la cible de nouvelles attaques haganes et l'objet de convoitise de contrées limitrophes soutenues par la traîtrise interne de certains comtés du royaume. C'est ainsi que les membres de la garde rapprochée se voient attribuer différentes missions en vue de confondre ceux dont la loyauté a failli.

◎ ◎ ◎

Heureuse de partir avec le benjamin de la famille royale, Avelin, Aila déchante quand elle découvre que, en fin de compte, elle accompagnera l'héritier du trône, Hubert, aussi froid que rigide, dans une mission dans le comté d'Escarfe. Sa déception s'accroît quand elle apprend qu'elle sera présentée comme sa promise et qu'elle va devoir troquer sa tenue de combattante contre robes et frou-frou.

Tandis qu'Aila se prend finalement au jeu, des phénomènes bizarres apparaissent dans sa vie et la troublent. Comment se fait-il qu'elle pressente le danger ? Pourquoi son esprit devient-il capable de survoler l'espace qui l'entoure ?

Alors qu'un danger encore plus grand menace le royaume en la personne de Césarus, un empereur venu du nord qui détruit toute vie sur son passage, de nouvelles coalitions vont devoir naître pour contrer un oppresseur prêt à tout. Comment les ennemis d'aujourd'hui pourront-ils devenir les alliés demain ?

❈ ❈ ❈ ❈ ❈

Parcourez les coups de cœur de mes premiers lecteurs

Cassandre, 20 ans

Aila et la Magie des Fées, un joli titre qui n'attirait pas spécialement ma curiosité… Si j'avais su un jour qu'un livre de fantasy allait me rendre autant adepte de la lecture, je ne l'aurais pas cru. On pourrait croire à un livre pour fillettes rêvant de magie et d'univers parallèles, pourtant je dirais que c'est un livre qui en passionnerait plus d'un, tous âges confondus. Un livre magnifiquement bien écrit, qui révèle des détails qu'on ne pourrait imaginer…
Je me lance… j'ouvre le livre, je commence à lire quelques pages, 13, 20, 35… je dévore toutes ces lignes à une vitesse folle. Et voilà maintenant que je le prends dans le bus le matin, à ma pause déjeuner, le soir pour rentrer, et juste avant de me coucher. Je tourne les pages plus vite que mon ombre et naît un sentiment d'impatience de connaître la suite.
Au fil de l'histoire, je me suis complètement identifiée à l'héroïne ; elle était moi et j'étais elle. C'est comme si nous ne faisions qu'un. Une sensation qui reflète ma façon d'agir, de penser, de vivre… une aventure que j'ai lue et surtout vécue intérieurement pendant mes quelques jours de lecture passionnée. Je le relirai encore avec plaisir et avec les mêmes sentiments que la première fois ! Un livre à l'avenir tout tracé que je conseillerai à tous mes proches !!!

Sur UPblisher

Emmanuelle, 30 ans

Olala !!!!! Rien que le premier chapitre, et j'étais déjà accro !!! Ce qui est vraiment génial, c'est d'avoir pris plein de thèmes et histoires qui font partie de notre inconscient imaginaire et d'en avoir fait quelque chose de neuf ! Le tour de force de Catherine, c'est de parvenir à dévier ces éléments pour créer son propre monde et, ainsi, de générer un plaisir double pour le lecteur : celui de revivre un imaginaire de l'enfance dans un autre.
Tout est vraiment bien écrit et très fluide (et merci d'employer le subjonctif imparfait !!! J'adore ce temps qui ajoute un côté féerique et intemporel, justement typique du conte).
Aucune pesanteur, les personnages, leur origine, tout est bien posé en douceur et, pourtant, au milieu de péripéties palpitantes ! Le rythme est parfait ! C'est super bien ficelé, drôle, et, de plus, étonnamment d'actualité ! (toute la description d'Avotour, des problèmes causés par la misère, l'angoisse de ce qui va survenir…) Bref, je suis toujours aussi fan !!!

Didier, 53 ans

Eh bien, si je m'attendais un jour à donner mon avis sur un livre de fantasy, moi qui ne lis que des magazines d'économie, un ou deux ouvrages (sérieux) par an, et jamais de fantasy. J'ai été fortement incité à parcourir Aila et la Magie des Fées et je ne le regrette absolument pas. Une fois le prologue avalé, je pénètre dans un roman qui débute à la fois doucement (un environnement bien brossé, une fine description des personnages — aux caractères très affirmés — qui offrent tous un élément auquel s'attacher, une subtile entrée en matière des fées, imperceptiblement) et rapidement avec de l'action dès le premier chapitre — ça ne s'arrête plus jamais — et des dialogues d'une incroyable pétulance. Pas moyen de s'interrompre une fois qu'on a mis le doigt dans ce livre…

Miss Mag

Il faut aussi que je vous précise qu'après cette lecture, je suis en mesure de vous affirmer que le titre « Aila et la Magie des Fées » est très réducteur, en effet, ce roman déborde d'éléments qui en font un excellent moment littéraire.
Catherine Boullery parvient à nous tenir en haleine tout au long de cette histoire, nous y passons d'aventures en aventures. Alia est non seulement une combattante hors paire et une jeune femme au caractère bien trempé, mais aussi une personne pleine de douceur, qui sans le savoir est avide d'amour et de romantisme. Bien sûr , il me faut aussi parler des fées et du coté magique de ce livre, qui y tient aussi une partie importante et qui fait le lien avec les deux tomes suivants.
Avec ce roman j'ai donc vécu des moments romanesque, fantastique, d'aventure, J'ai voyagé au sein d'une contrée imaginaire.
Je ne saurai donc que vous conseiller de découvrir les aventures d'Alia si vous êtes en quête de toutes ces choses.
« Aila et la Magie des Fées » est donc le premier tome d'une saga, qui je maintiens mon opinion, aurait mérité un titre un peu plus recherché.

Sur Babelio
Virginie

Voilà ce qui se passe quand, en lisant un livre pour la seconde fois, je me sens une nouvelle fois littéralement happée par l'histoire : je me lâche ! Extrait : « Qu'est-ce qui m'a plu dans Aila et la Magie des Fées ? […] ce qui est intéressant, c'est que contrairement à d'habitude […], c'est une femme, Aila, qui reçoit toutes les caractéristiques des héros : combattante efficace, elle sait manier les armes, et peut se montrer fine stratège. Cela donne de la profondeur au personnage, et le roman a une coloration féministe en montrant comment une très jeune femme peut s'affirmer dans un monde d'hommes et instaurer un nouveau rapport à autrui. […] Autre chose : Aila est un personnage amusant et touchant, parce que contrairement à certains héros de fantasy, elle est un personnage inachevé : elle est encore en train de grandir, elle est souvent montrée en train d'apprendre à devenir une guerrière, on la voit même être très naïve, faire des erreurs importantes, et se méprendre sur les intentions d'autres personnages. C'est rassurant, ou réaliste, comme on veut, de découvrir un personnage qui n'est pas auréolé de toutes les perfections. […] on peut lire une réflexion sur le pouvoir et sur les modes de gouvernement. Ainsi, les actions humaines ont autant de place que la magie : Aila instille la volonté, chez les princes et les rois, de sortir de leur passivité, d'arrêter d'attendre une évolution extérieure, et de réfléchir par eux-mêmes à la manière de mieux gouverner leur pays et d'améliorer les conditions de vie de leur peuple. C'est surtout un roman sur la disparition de la magie […]. Or, cette magie ne peut disparaître, et cela nous est prouvé doublement : parce qu'elle aide à sauver le monde dans l'histoire racontée par le livre, mais aussi d'une autre manière : elle est peut-être fée, l'auteure de ce livre, car son livre agit sur le lecteur comme celui des fées sur Aila ; on se sent comme aspiré par une histoire qu'on ne veut plus quitter et qui s'offre très facilement à la lecture. Comment mieux affirmer que les livres et la lecture font ressusciter la magie et peuvent réenchanter notre monde ? »

Olivier, 40 ans

Un monde féerique envoûtant, une histoire passionnante qui vous tient en haleine de la première jusqu'à la dernière ligne. On vit des émotions intenses avec Aila ! J'ai autant dévoré les livres de Boullery que ceux de Goodkind, Tolkien ou Martin. Lisez les trois premiers chapitres : vous ne pourrez plus vous arrêter !

Sur UPblisher

Guillaume, 31 ans

Catherine Boullery réenchante la saga fantastique en trempant sa fine plume dans la clarté du conte. Les fluides aventures d'Aila sauront sans aucun doute poser leur charme puissant sur les enfants de 10 à 90 ans : un sort suffisamment puissant pour tenir en haleine au fil d'une histoire-fleuve.

Adrien, 27 ans

J'ai eu le privilège de découvrir en avant-première les aventures d'Aila. Elles m'ont tenu en haleine pendant plusieurs jours, c'est ce genre de roman qu'on peine à refermer tard le soir, mais dont on essaie d'économiser certains chapitres pour le lendemain ! J'ai hâte de découvrir la suite et suis ravi d'apprendre que d'autres personnes découvriront cet univers vraiment particulier et attachant. Bonne lecture à tout le monde !

Yollande, 45 ans

Je suis en train de relire Aila et la MAGIE est toujours là. C'est époustouflant, car je sais que, dans un an, dans dix ans, il y aura toujours cette magie que je me régalerai à redécouvrir. Ce livre enchanteur, envoûtant, fait partie de ceux qui me sont « intemporels » et dont le plaisir de la relecture reste toujours aussi fort : on s'attache à Aila, on se l'approprie, on vit sa vie au fil des mots, au fil des pages, on la voit grandir comme un enfant (on en est fière n'est-ce pas, Catherine ?) et on en redemande encore et encore. Et on se dit qu'on sera patiente comme jamais pour connaître la suite, mais surtout, surtout, ne jamais connaître sa fin !

Tous les ingrédients sont là : l'amour, l'amitié, la fidélité, le courage, l'aventure, l'espérance, les joies et les peines, le doute, l'angoisse, la violence, la mort… Exercice de très haute voltige. Je suis très touchée d'avoir eu le privilège de lire le 1er tome il y a un an et je n'ai plus qu'un mot à dire : longue vie à Aila.


L'auteure Catherine Boullery Blog de fantasy Univers de fantasy Aila, l'héroïne Interviews Communauté d'Aila Salons du livre Coups de cœur des lecteurs Avis des lecteurs Je déclare ma flamme Pourquoi écrire Auteurs de fantasy Liens de fantasy Ramdam Photos d'ambiance Photos de papillons Piratage Campagne de financement Remerciements Supportez la romancière… Téléchargez, achetez… Tout sur l'auteure de fantasy


Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Aila dégustait son petit déjeuner quand Bonneau entra. Sans un mot, il s’assit et engloutit l’assiette qu’elle avait préparée pour lui. N’espérant plus guère être choisie, elle avait de nouveau revêtu ses jupes traditionnelles et se sentait désœuvrée malgré les tâches qui ne manquaient pas. Cependant, elle demeurait incapable de la moindre action avant la proclamation des résultats, en fin de matinée. C’était sans compter sur son nouveau père qui, le petit déjeuner terminé, lui imposa de venir s’entraîner avec elle. Elle céda sans résister et, une fois dans les enchaînements, elle en oublia le reste. Ce fut encore lui qui lui rappela l’heure et l’invita à aller se changer avant de gagner la cour du château. Elle se rafraîchit, échangea ses affaires trempées de sueur contre d’autres, toutes propres, les revêtit et rejoignit Bonneau. Il lui prit la main l’espace d’un instant :
— Aila, quels que soient les résultats à l’issue de la proclamation, je veux que tu saches à quel point je me sens très fier de toi. Même si aujourd’hui, ils ne te retiennent pas, ne t’inquiète pas, ils reviendront.
— Ils ne peuvent pas me choisir, papa. Je n’apporterai que la discorde au sein d’une équipe où tous les autres éléments seraient des élèves de Barou. Ils ont besoin de combattants soudés, pas de ceux qui s’affrontent entre eux…
— Tu perds trop vite espoir, Aila. Allons-y avant de rater le meilleur !
Ils arrivèrent parmi les derniers dans la cour, au moment où le conseil prenait place aux tables réservées à leur intention. Hubert se leva et prit la parole :
— Comme vous le savez, nous sommes venus chercher chez vous une équipe dont les membres fonctionneront aussi bien en groupe que seuls. Nous voulons des personnalités loyales, acquises à notre cause, capables de réagir vite et de manière appropriée, de résister aux attaques et de lutter contre n’importe quel ennemi. Citoyens d’Antan, soyez fiers des combattants formés par votre maître d’armes auquel je rends hommage, mais aussi par…
Un tonnerre d’applaudissements éclata, noyant la fin de la phrase d’Hubert et nul ne sut vraiment ce qu’il avait dit…
— Nous hésitions sur le nombre de membres de l’équipe et nous sommes tombés d’accord sur quatre personnes : nous sommes trois frères et un roi et nous pourrons ainsi chacun bénéficier d’une garde rapprochée. Notre premier choix se porte sur Aubin Grand, le plus jeune de tous, avec ses quatorze ans qu’il rattrape largement par sa taille et sa maturité, en alliant réflexion et action. Capable d’établir une stratégie sur le long terme et de construire rapidement les moyens pour y parvenir, il possède la capacité, sous le coup d’une attaque-surprise, de réagir de façon rapide et sensée. Pour ses qualités essentielles, nous lui demandons de bien vouloir rejoindre notre groupe. En seconde position, Pardon Juste, vingt ans, qui a démontré sa réactivité devant une arme inconnue, il apprend vite et s’adapte à l’adversaire dont il analyse les faiblesses avec justesse. De nouveaux atouts très précieux ainsi qu’une compréhension approfondie du corps humain. En troisième choix, Tristan Karest, dix-neuf ans, dont la compétence en armes le dispute en excellence à leur connaissance. Véritable colosse du groupe, il possède une force que même Barou pourrait lui envier. Fort, et néanmoins rapide et surtout efficace, un avantage indéniable dans notre équipe.
Aila murmura à Bonneau :
— Allez, le prochain sur la liste : Adam Meille. Viens, Bonneau, je préfère partir.
Il la retint d’un geste sans appel.
— Non, nous restons jusqu’au bout. Et puis moi, c’est papa !
Elle lui jeta un regard d’abord boudeur, puis amusé.
— Notre dernier choix, poursuivit le prince, se porte sur Aila Grand.
La foule bruissait autour d’elle, mais Aila, les yeux rivés sur Hubert, n’entendait plus rien. Il ne l’avait quand même pas choisie, pas elle, la fille de seize ans, enfant abhorrée de Barou. Elle manqua la plus grande partie de ce que le prince disait et ne revint à elle que sur ses ultimes mots « … traces. Elle complète ainsi la liste des membres de notre groupe de combattants ». Elle n’avait rien écouté et se répétait inlassablement : « Ils m’ont choisie ! Ils m’ont choisie ! Mais pourquoi ? »
Partout, la population en liesse venait féliciter les gagnants. Aila, souriante, serrait des mains, remerciait, échangeait quelques mots polis, écoutait à peine, répondait au mieux. Bonneau avait disparu, elle ne le voyait plus. Pardon Juste se fraya un chemin jusqu’à elle.
— Je vous l’avais bien dit qu’ils nous choisiraient ! Et puis, être en compagnie d’Aubin et de Tristan, c’est vraiment chouette. Vous connaissez votre frère, alors je n’ai rien à vous prouver. Je vous emmène boire à mon réfectoire, aujourd’hui ?
Elle hésita, prête à refuser, mais il ajouta, sérieusement cette fois :
— Il est temps, Aila, que vous tourniez une page. Tous, sauf quelques stupides irréductibles, ont apprécié votre valeur. Vous devez dépasser votre appréhension.
— Mais…, Barou ? interrogea-t-elle, inquiète.
— Il ne le fréquente plus. De toute façon, il nous accompagne de moins en moins ces derniers mois, mais il n’en reste pas moins un maître d’armes extraordinaire. Venez, je vous invite !
Il lui tendit le bras et elle s’y accrocha, jetant au passage un ultime regard pour trouver Bonneau qui, décidément, demeurait invisible.

Le cœur d’Aila battait à tout rompre lorsqu’ils s’approchèrent du réfectoire. Pardon avait depuis longtemps lâché son bras, et de jeunes élèves, qui virevoltaient auprès d’eux comme des mouches autour du miel, leur posaient mille questions, tout en les félicitant pour leur réussite. Elle suscitait une attention considérable avec ses talents au kenda et l’intérêt pour cette arme, qui fusait de tous les coins, la submergea. D’autres apprentis, plus âgés cette fois-ci, les rejoignirent et eux aussi la bombardèrent de questions. Quand, finalement arrivés au réfectoire, Pardon poussa la porte, il s’exclama cérémonieusement :
— Je vous ai amené la reine du jour et elle est mon invitée !
Aila, stupéfaite, vit une vraie nuée d’élèves de Barou se ruer vers elle pour lui parler, la questionner encore et toujours. Elle n’en finissait pas d’écouter, de répondre et la tête lui tournait à force de se répéter. Elle comprit que Pardon avait raison : seuls quelques récalcitrants demeuraient englués dans leur dédain.
— Voilà Adam ! s’exclama Pardon.
Sur le visage du jeune homme, elle entrevit un soupçon de tristesse qui s’effaça à l’approche de son ami.
— Vous êtes un redoutable combattant, Adam, et je suis sincèrement désolée que vous n’ayez pas été pris, déclara-t-elle, en tendant la main au nouveau venu.
— Sur le coup, et pour être honnête, je vous dirais bien que moi aussi, mais bon, je vous apporte une nouvelle toute fraîche. Je pars avec vous !
Pardon se redressa avec vivacité.
— Qu’est-ce que tu racontes, Adam ? C’est quoi ton histoire ?
— Si, je vous assure ! Le mage royal est venu me parler après votre sélection et m’a emmené vers le conseil qui m’a offert un rôle de remplaçant. Si l’un d’entre vous n’est pas dans son assiette, je suis là ! Je ne fais pas officiellement partie du groupe, mais je vous accompagne !
— Mais c’est génial !
Et voilà les deux grands gaillards s’étreignant vigoureusement, se gratifiant d’accolades à n’en plus finir, avant de se ressaisir. Elle décocha un petit sourire amusé que Pardon perçut, ce qui le fit rougir légèrement… À croire qu’il était sensible, ce garçon-là ! Bientôt ce fut au tour d’Aila de subir le même sort ; Aubin cherchait sa sœur partout et, quand il la retrouva enfin au réfectoire, ils se précipitèrent dans les bras l’un de l’autre, puis il l’envoya voltiger dans les airs.
— Aila, je suis sélectionné ! Tu te rends compte, ils m’ont pris !
— C’est merveilleux, Aubin, on va partir ensemble !
— Qu’ils t’aient choisi toi, c’est logique, mais moi !
Aubin était aux anges et rayonnait de bonheur.
— Aubin, arrête de te sous-estimer. Tu te comportes comme un vrai chef et je ne connais pas de meilleur frère que toi !
À présent, elle irradiait : elle avait cru perdre son frère et voilà qu’elle le retrouvait à ses côtés et qu’ils ne se quitteraient plus !
— À ce que je vois, l’heure des effusions sonne également de ton côté, se moqua Pardon en la regardant.
Aila sourit sans commenter. Sur ces retrouvailles, les élèves se retiraient vers d’autres tables et les cinq membres de l’équipe se regroupèrent autour d’un verre de l’amitié.
— Bière pour tout le monde ? invita Pardon, à la cantonade.
Tous hochèrent la tête. Aila ne buvait pas souvent, mais elle se dit qu’une bière ou ce qu’elle en goûterait ne changerait pas grand-chose à son état, elle nageait déjà dans le bonheur… Pardon revint avec Tristan et les chopes qu’il distribua au nouveau groupe. Ils s’installèrent, discutant, riant, échangeant des plaisanteries, d’une finesse contestable pour certaines. Aila s’assit en retrait pour les observer, sirotant sa boisson à petites gorgées. Ces quatre garçons semblaient bien s’entendre. Le hasard aurait-il été le seul responsable de leur sélection ? Sans doute le conseil avait-il choisi, non pas les meilleurs de tous, mais une équipe évolutive et soudée dont l’union créerait la force. Chez aucun, elle ne sentait la volonté de dominer les autres ou de s’imposer. C’était peut-être la faiblesse de ce groupe, personne ne prévalait comme chef… À moins que le conseil n’eût pressenti chez l’un d’entre eux une aptitude à le devenir… Oui, mais lequel ? Elle les passa tous en revue sans arriver à déceler celui qui correspondait le mieux à ce rôle.
— Hé, Aila ! Je te trouve bien trop silencieuse. Tu veux une autre bière ? suggéra Pardon.
Baissant les yeux, il remarqua qu’elle n’avait consommé que la moitié de la sienne.
— Non, merci, Pardon, ce que j’ai bu me suffira.
— Par les fées, nous qui escomptions de filer ta première cuite pour fêter notre réussite, je présume que nous en serons pour nos frais ! Tu n’es pas le genre à perdre le contrôle ! lança-t-il en s’esclaffant gentiment.
Elle hocha la tête, touchée par la perspicacité de Pardon. Chacune des réflexions du jeune homme visait juste et la poussait à réfléchir. Finalement, il dirigerait peut-être la petite troupe… Ils passèrent encore du temps à parler et à s’amuser avant de songer à se séparer. Aila dévorait des yeux cette équipe qui allait devenir la sienne, assimilant inconsciemment tout ce qu’elle déduisait de ses observations. Ce ne fut qu’à la fin d’après-midi, que Tristan leur raconta ce qu’il avait entendu : ils ne resteraient plus que quelques jours à Avotour. Ensuite, ils seraient testés séparément dans une mission avec un représentant du roi, prince ou mage. Soudain, elle aspira à retrouver sa douce tranquillité et les quitta pour rejoindre Bonneau. Elle jeta un dernier coup d’œil sur eux, pour mémoriser ce moment extraordinaire où elle avait bu dans le réfectoire, au milieu des élèves de Barou, avec ses compagnons. Elle voulait s’assurer que tout ce qu’elle venait de vivre n’était pas un rêve et que, demain, tout serait encore bien réel…

Elle retourna à l’écurie persuadée de trouver Bonneau au milieu des chevaux. Quand elle franchit la porte, elle entendit le bruit d’une cavalcade dans le manège et le découvrit chevauchant Torrent, son kenda brandi. Par les fées, elle avait l’impression de le voir pour la première fois. Il affichait une telle prestance, ses cheveux dénoués, flottant au vent, son bâton sifflant et tournoyant. Elle sourit, car, depuis hier, ce si bel homme était son père. Si seulement sa mère avait pu l’admirer avec les mêmes yeux qu’elle… Eh bien, elle devait être honnête, avec une telle hypothèse, Efée n’aurait pas épousé Barou ; Aila n’existerait pas et en parlerait encore moins ! Donc, maintenant que sa vie surpassait ses rêves les plus fous, hors de question d’accorder la moindre place à un quelconque regret !
— Vous avez bien choisi votre nouveau père, Aila.
La jeune fille sursauta. Admirant Bonneau, bercée par le rythme de la course du cheval, elle ne l’avait pas entendu arriver.
— Je vous ai surprise, reprit Avelin, j’en suis désolé. Je voulais vous dire à quel point j’étais ravi de vous compter dans l’équipe, surtout en tant que ma partenaire…
Fidèle à son habitude, Avelin générait chez elle des sentiments contradictoires qui transparurent malheureusement sur son visage, car Avelin ajouta :
— Je sais. Je suis le terrible de la famille ! Imprévisible, insaisissable, incompréhensible, mais tellement attachant… Je connais le refrain par cœur, à tel point…
— … que vous en abusez, termina-t-elle.
— Très juste. Imaginiez-vous que la fortune de votre nouveau père dépassait celle de l’ancien ?
Aila éclata de rire :
— Bonneau, riche ! Vous vous moquez de moi ! Notre maison ne lui appartient même pas, elle lui est prêtée par nos châtelains !
— Non, je suis très sérieux. Comme Barou, l’attribution d’un manoir l’a récompensé de ses prouesses, mais il l’a mis entre des mains compétentes : celles d’une famille de cousins éloignés qui ont fait prospérer le bien en remerciement. L’importance des gains générés lui permit d’acquérir deux haras qu’il confia, là encore, à des gens de qualité. Votre père sait indubitablement choisir ses hommes de confiance, alors, qu’il vous ait prise comme élève ne démontrait qu’une fois de plus vos aptitudes. Barou n’a pas tiré parti de cette chance et le sien vivote faiblement.
Elle le regardait incrédule :
— Vous êtes sérieux ?
— Sachez, damoiselle, que, même quand j’affecte un air de petit rigolo, je ne mens jamais, répliqua-t-il.
Avelin possédait ce don de la décontenancer. Sur le même ton, elle se risqua à le prendre de haut et déclara solennellement :
— Je vous prie, sire, de m’excuser pour cette maladresse. Je vous promets de ne jamais plus la commettre.
Avelin pouffa et enchaîna sur le même ton :
— De par ma grande mansuétude, je vous pardonne et vous quitte. Ah ! j’oubliais, vous viendrez avec moi au château d’Escarfe, dans une semaine.
Il se tourna pour s’éloigner.
— Sire Avelin ! le rappela Aila. Pourquoi m’avez-vous aidée hier avant le rendez-vous du conseil ?
Avelin ne se retourna pas et, pourtant, elle devina son hésitation sur la réponse à donner.
— Parce que je voulais obtenir confirmation que vos aptitudes ne se limitaient pas au combat, cela ne vous aurait pas suffi pour être choisie… Malgré tout, je l’avoue, j’ai regretté votre don d’observation à propos de mon poignard qui m’a valu une mauvaise querelle avec mon frère et le mage royal. Soyez sans crainte, après ma grande mansuétude, mon auguste clémence vous a déjà tout pardonné. Bien le bonsoir, gente damoiselle…
Et Avelin s’en fut comme il était arrivé, en silence. Derrière elle, elle entendit Bonneau qui entrait, tirant son cheval.
— Avec qui parlais-tu ? questionna-t-il.
— Sire Avelin… Il vient de m’apprendre que j’étais une richissime héritière depuis que j’avais changé de père.
— Ah !…
— Donc, c’est vrai !…
— Oui.
— Bon… Tu as encore d’autres secrets à me révéler, papa ? lui rétorqua-t-elle en accentuant la fin de sa question. Ce serait bien de tout déballer sur-le-champ, parce que, pour les surprises, j’en ai eu plus que mon compte ces dernières heures.
— Je ne cherche pas à te dissimuler quoi que ce soit, Aila. Est-ce que la connaissance de ma fortune aurait changé ta volonté de devenir ma fille, alors que tu me croyais démuni ?
Elle hocha la tête négativement.
— Alors, aucune importance. L’amour que nous avons partagé l’est, pas cet argent. Je vis sans, toi aussi et si demain tu en avais besoin, je pourrais t’aider, sinon il ne sert pas à grand-chose…
Elle se sentit soudainement toute contrite et plongea dans ses bras :
— Mon papa, dit-elle avec tendresse.
Bonneau la serra bien fort.
— Papa, pourquoi m’ont-ils choisie ? s’enquit-elle, en se dégageant subitement.
— Parce que tu étais la meilleure, pardi !
— Non, je veux savoir ce que sire Hubert a raconté exactement sur moi et ne me mens pas en prétendant que tu as tout oublié, tu as une prodigieuse mémoire !
— Attends que je me souvienne… Il a déclaré : « Cette jeune fille de seize ans nous a convaincus par son agilité, ses talents d’archer et de cavalière. Elle possède des connaissances médicinales indispensables à notre groupe ainsi qu’une maîtrise du terrain qui manque aux autres membres. Elle sait traquer et effacer ses traces. Elle complète ainsi la liste des équipiers de notre groupe de combattants. » Et voilà !
— Ce sont vraiment ses mots ?
— Oui, puisque je te le dis !
— Bien. Rentrons.
— Pas maintenant, Aila, il n’est même pas l’heure du dîner !
— Ah ! bon, tant pis ! Moi, j’ai envie d’aller m’allonger quand même. À plus tard !
Sur ce, elle tourna les talons sous le regard ébahi de son père.
— Te coucher en fin d’après-midi, mais quelle idée ! lui cria-t-il, tandis qu’elle disparaissait.


Envie de voir toutes les œuvres de Catherine Boullery, auteure de fantasy ? Retour sur le site de fantasy
'