Les coups de cœur des lecteurs de la saga d'Aila
La saga d'Aila  fantasy


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Note : 4.6 / 5 avec 252  critiques recommandation

Les coups de cœur des lecteurs de la saga de fantasy d'Aila

5

le  ‒ 5 ★★★★★

✎ « Une très belle histoire… »

« Aila et la Magie des Fées », un joli titre qui n'attirait pas spécialement ma curiosité…
Si j'avais su un jour qu'un livre de fantasy allait me rendre autant adepte de la lecture, je ne l'aurais pas cru. On pourrait croire à un livre pour fillettes rêvant de magie et d'univers parallèles, pourtant je dirais que c'est un livre qui en passionnerait plus d'un, tous âges confondus. Un livre magnifiquement bien écrit, qui révèle des détails qu'on ne pourrait imaginer…
Je me lance… j'ouvre le livre, je commence à lire quelques pages, 13, 20, 35… je dévore toutes ces lignes à une vitesse folle. Et voilà maintenant que je le prends dans le bus le matin, à ma pause déjeuner, le soir pour rentrer, et juste avant de me coucher. Je tourne les pages plus vite que mon ombre et naît un sentiment d'impatience de connaître la suite.
Au fil de l'histoire, je me suis complètement identifiée à l'héroïne ; elle était moi et j'étais elle. C'est comme si nous ne faisions qu'un. Une sensation qui reflète ma façon d'agir, de penser, de vivre… une aventure que j'ai lue et surtout vécue intérieurement pendant mes quelques jours de lecture passionnée.
Je le relirai encore avec plaisir et avec les mêmes sentiments que la première fois ! Un livre à l'avenir tout tracé que je conseillerai à tous mes proches !!! (source)

5

‒ 5 ★★★★★

Parler d'Aila et la Magie des Fées est pour moi difficile, tant cette expérience de lecture a été riche et profonde. J'ai eu la chance inouïe de pouvoir lire le roman en feuilleton au cours de son écriture et il m'a tenu des mois en haleine, dans une attente continue et jamais déçue. Encore aujourd'hui, quand j'ouvre le premier tome, je suis happée par le récit et n'arrive pas à lâcher le livre avant d'en avoir relu chaque ligne.
J'aime le foisonnement de ses personnages, chacun si différent et tous si attachants, complexes et emplis d'humanité : Aila, Adrien, Pardon, Aubin, Hubert, Lomaï, Hamelin, Hang et tant d'autres.
J'aime la façon dont on voyage au gré des aventures, dans des royaumes nouveaux que l'on apprend à connaître ; certains deviennent si familiers au cours du récit qu'on les quitte à regret et qu'on les retrouve avec joie.
J'aime la façon dont on est entraîné vers des mondes insondables, dans le jardin des fées, au cœur des esprits humains, sur la spirale étroite des souvenirs…
J'aime les pouvoirs poétiques dont Aila est dotée par les fées, et qui me font rêver : projeter son esprit pour prévenir les dangers, fabriquer des boucliers d'amour, entendre à distance les appels à l'aide… Mais tous ces pouvoirs ne font pas d'Aila une « superwoman », loin de là, et c'est l'un des charmes profonds de cette histoire : Aila est une héroïne qui grandit, qui aime, qui doute, qui refuse son destin, qui se bagarre avec elle-même et qui, en ce sens, est incroyablement humaine.
J'aime enfin la façon magistrale dont le récit se construit, dévidant les bobines de multiples aventures en autant de fils qui se coupent, se nouent, se perdent, et qui tissent pourtant un tableau cohérent, que l'on découvre avec stupeur dans les dernières pages… Mais chut ! Tout le monde n'a pas encore eu la chance d'aller au bout de l'aventure. Par les fées, on n'en ressort pas indemne !

5

‒ 5 ★★★★★

Olala !!!!!
Rien que le premier chapitre, et j'étais déjà accro !!!
Ce qui est vraiment génial, c'est d'avoir pris plein de thèmes et histoires qui font partie de notre inconscient imaginaire et d'en avoir fait quelque chose de neuf !
Le tour de force de Catherine, c'est de parvenir à dévier ces éléments pour créer son propre monde et, ainsi, de générer un plaisir double pour le lecteur : celui de revivre un imaginaire de l'enfance dans un autre. Tout est vraiment bien écrit et très fluide (et merci d'employer le subjonctif imparfait !!! J'adore ce temps qui ajoute un côté féerique et intemporel, justement typique du conte).
Aucune pesanteur, les personnages, leur origine, tout est bien posé en douceur et, pourtant, au milieu de péripéties palpitantes ! Le rythme est parfait !
C'est super bien ficelé, drôle, et, de plus, étonnamment d'actualité ! (toute la description d'Avotour, des problèmes causés par la misère, l'angoisse de ce qui va survenir…) Bref, je suis toujours aussi fan !!!

5

‒ 5 ★★★★★

Eh bien, si je m'attendais un jour à donner mon avis sur un livre de fantasy, moi qui ne lis que des magazines d'économie, quelques bandes dessinées, un ou deux ouvrages (sérieux) par an, et jamais de fantasy.
J'ai été fortement incité à parcourir Aila et la Magie des Fées et je ne le regrette absolument pas.
Une fois le prologue avalé, je pénètre dans un roman qui débute à la fois doucement (un environnement bien brossé, une fine description des personnages ‒ aux caractères très affirmés ‒ qui offrent tous un élément auquel s'attacher, une subtile entrée en matière des fées, par touches imperceptibles) et rapidement avec de l'action dès le premier chapitre ‒ ça ne s'arrête plus jamais ‒ et des dialogues d'une incroyable pétulance.
Pas moyen de s'interrompre une fois qu'on a mis le doigt dans ce livre…

5

‒ 5 ★★★★★

Un monde féerique envoûtant, une histoire passionnante qui vous tient en haleine de la première jusqu'à la dernière ligne. On vit des émotions intenses avec Aila ! J'ai autant dévoré les livres de Boullery que ceux de Goodkind, Tolkien ou Martin.
Lisez les trois premiers chapitres : vous ne pourrez plus vous arrêter !

5

‒ 5 ★★★★★

J'ai eu le privilège de découvrir en avant-première les aventures d'Aila. Elles m'ont tenu en haleine pendant plusieurs jours, c'est ce genre de roman qu'on peine à refermer tard le soir, mais dont on essaie d'économiser certains chapitres pour le lendemain !
J'ai hâte de découvrir la suite et suis ravi d'apprendre que d'autres personnes découvriront cet univers vraiment particulier et attachant.
Bonne lecture à tout le monde !

5

‒ 5 ★★★★★

Je suis en train de relire Aila et la MAGIE est toujours là. C'est époustouflant, car je sais que, dans un an, dans dix ans, il y aura toujours cette magie que je me régalerai à redécouvrir. Ce livre enchanteur, envoûtant, fait partie de ceux qui me sont « intemporels » et dont le plaisir de la relecture reste toujours aussi fort : on s'attache à Aila, on se l'approprie, on vit sa vie au fil des mots, au fil des pages, on la voit grandir comme un enfant (on en est fière n'est-ce pas, Catherine ?) et on en redemande encore et encore. Et on se dit qu'on sera patiente comme jamais pour connaître la suite, mais surtout, surtout, ne jamais connaître sa fin !
Tous les ingrédients sont là : l'amour, l'amitié, la fidélité, le courage, l'aventure, l'espérance, les joies et les peines, le doute, l'angoisse, la violence, la mort…Exercice de très haute voltige. Je suis très touchée d'avoir eu le privilège de lire le 1er tome il y a un an et je n'ai plus qu'un mot à dire : longue vie à Aila.

5

‒ 5 ★★★★★

Catherine Boullery réenchante la saga fantastique en trempant sa fine plume dans la clarté du conte.
Les fluides aventures d'Aila sauront sans aucun doute poser leur charme puissant sur les enfants de 10 à 90 ans : un sort suffisamment puissant pour tenir en haleine au fil d'une histoire-fleuve.

5

‒ 5 ★★★★★

Qu'est-ce qui m'a plu dans Aila et la Magie des Fées ?

C'est un roman de fantasy qui reprend les codes des romans de chevalerie et des contes merveilleux. On est bien dans un univers médiéval avec ses étendues désertiques, ses forêts et ses châteaux. On retrouve le merveilleux avec les fées - surtout la petite Amilys - les dons que l'héroïne apprend peu à peu, les sorciers qui rôdent.

Mais ce qui est intéressant, c'est que contrairement à d'habitude - où ceux qui sont dotés de qualités de combat, d'une volonté d'indépendance, ce sont des chevaliers - ici, dans ce livre, c'est une femme, Aila, qui reçoit toutes les caractéristiques des héros : combattante efficace, elle sait manier les armes, et peut se montrer fine stratège. Cela donne de la profondeur au personnage, et le roman a une coloration féministe en montrant comment une très jeune femme peut s'affirmer dans un monde d'hommes et instaurer un nouveau rapport à autrui. Ce n'est d'ailleurs pas la seule femme à jouer un rôle important.

Autre chose : Aila est un personnage amusant et touchant, parce que contrairement à certains héros de fantasy, elle est un personnage inachevé : elle est encore en train de grandir, elle est souvent montrée en train d'apprendre à devenir une guerrière, on la voit même être très naïve, faire des erreurs importantes, et se méprendre sur les intentions d'autres personnages. C'est rassurant, ou réaliste, comme on veut, de découvrir un personnage qui n'est pas auréolé de toutes les perfections.

L'histoire d'Aila, c'est aussi l'histoire d'une jeune fille abandonnée, qui n'a pas toujours reçu l'affection parentale dont elle aurait eu besoin, et qui se forge une solidité par d'autres moyens. L'importance de la filiation, la contradiction qui existe entre le lignage et le talent, apparaît à de nombreuses reprises, que ce soit chez Aila ou chez d'autres personnages. C'est l'importance de l'éducation qui est ici démontrée.

Les complots et tractations à l'intérieur des cours des châteaux sont aussi un thème important : on peut lire une réflexion sur le pouvoir et sur les modes de gouvernement. Ainsi, les actions humaines ont autant de place que la magie : Aila instille la volonté, chez les princes et les rois, de sortir de leur passivité, d'arrêter d'attendre une évolution extérieure, et de réfléchir par eux-mêmes à la manière de mieux gouverner leur pays et d'améliorer les conditions de vie de leur peuple.

C'est surtout un roman sur la disparition de la magie, qui raconte comment les hommes ont fait en sorte que les fées disparaissent de leur univers, et quelles difficultés ils rencontrent depuis. Les fées elles-mêmes semblent accepter leur extinction, et pourtant tout le livre nous montre leur rôle fondamental. Seuls quelques personnages ont encore l'intuition que la magie peut encore exister : quelques mages, mais aussi Aila qui possède un livre grâce auquel les fées partagent leur savoir.

Or, cette magie ne peut disparaître, et cela nous est prouvé doublement : parce qu'elle aide à sauver le monde dans l'histoire racontée par le livre, mais aussi d'une autre manière : elle est peut-être fée, l'auteure de ce livre, car son livre agit sur le lecteur comme celui des fées sur Aila ; on se sent comme aspiré par une histoire qu'on ne veut plus quitter et qui s'offre très facilement à la lecture. Comment mieux affirmer que les livres et la lecture font ressusciter la magie et peuvent réenchanter notre monde ?»


Coups de cœur de la saga de fantasy saga ➀ Avis des lecteurs d'Aila et la Magie des Fées Catherine Boullery ➁ Avis des lecteurs de La Tribu Libre roman ➂ Avis des lecteurs de L'Oracle de Tennesse préféré ➃ Avis des lecteurs de La Dame Blanche saga ➄ Avis des lecteurs de La Porte des Temps officiel ➅ Avis des lecteurs d'Une Vie, voire Deux lectrice ➆ Avis des lecteurs d'Un Éternel Recommencement français ➇ Avis des lecteurs de L'Ultime Renoncement auteure ➀ à ➃ Avis des lecteurs de La Première Époque favorites Tous les avis des lecteurs des romans de fantasy high


Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Quelques secondes suffirent à Aila, la tête sur l’oreiller, pour s’endormir. Quand Élina la réveilla une demi-cloche plus tard, quelques secondes lui furent nécessaires pour reconstituer le début de sa journée. Son sentiment d’urgence ravivé, elle prit sa ceinture à onguents, son kenda et se précipita dans les escaliers vers la cour où les deux plus jeunes princes l’attendaient déjà, Lumière à leur côté.
— Deux hommes pour moi toute seule ! Quel incroyable privilège !
— Et faudra pas t’y habituer ! plaisanta Avelin.
Elle talonna Lumière et partit au trot, suivie des deux frères. La ville dépassée, ils allongèrent l’allure pour gagner Pontet le plus rapidement possible. Ils profitèrent de la traversée des villages pour partager entre eux les informations rapportées par le capitaine Aténor. Dès le début de la mission, l’étang avait été interdit à la population, par précaution. Arrivés à Pontet, les cavaliers avaient cherché à prouver le lien entre la nature de son eau et les décès quand, tout d’un coup, tout s’était emballé. Les gens tombaient malades les uns après les autres. Les soldats avaient assisté de leur mieux les villageois paniqués, sans parvenir à endiguer la fulgurante propagation du mal. L’apparition de la mort dans la nuit avait décidé le capitaine, dépassé par les événements, à retourner au château avec tous ses hommes, promettant de revenir avec de l’aide le soir même. La troupe était partie ce matin de très bonne heure, après avoir mis le village en quarantaine et donné l’ordre d’exécuter toute personne qui se risquerait à le quitter.
Alors que leur arrivée à Pontet était imminente, les princes et Aila s’arrêtèrent un instant.
— Par quoi commençons-nous, Aila ? demanda Adrien.
— Par l’étang, je suis convaincue que les problèmes viennent de là. Si nous voulons stopper cette hécatombe, je dois découvrir qui disperse ce poison et l’éliminer.
Suivant les indications transmises par le capitaine Aténor, ils tombèrent rapidement sur le lac. Elle descendit de cheval.
— Y a-t-il un risque pour que le virus s’en prenne à nos montures ? s’enquit Avelin, tout de même inquiet.
— Non, je ne le crois pas, sinon je l’aurais su, répondit la jeune fille.
Elle se plaça devant l’étendue d’eau, la sondant de son esprit, tentant de localiser la source du mal.
— Je vais plonger.
— Où ? s’exclama Avelin.
— Dans l’étang. Je dois neutraliser l’origine de la maladie.
Adrien la retint par le bras, l’air grave.
— Je ne peux pas vous laisser exposer votre vie de façon inutile et si je dois vous en empêcher par la force, je le ferai, même si je doute de prendre le dessus. Je ne me rendrai pas sans me battre !
Elle lui sourit avec gentillesse et posa sa main sur la sienne.
— Ne vous inquiétez pas pour moi, je serai protégée par une bulle que les fées m’ont appris à créer. Par contre, je solliciterais votre courtoisie en vous priant de vous tourner de l’autre côté, ajouta-t-elle en rougissant, je n’ai pas de quoi me changer et je vais me déshabiller pour ne pas risquer de mouiller mes affaires. Vous voulez bien ?
— Est-ce certain que vous ne craignez rien ? insista Adrien.
Elle hocha la tête, sans hésitation.
— Viens, Avelin, allons allumer un feu là-bas, proposa-t-il.
Il ajouta à l’attention d’Aila, saisissant un objet derrière sa selle :
— Tenez, c’est pour vous. Ma couverture vous réchauffera quand vous sortirez de l’eau…
Elle le remercia, puis se glissa derrière un arbre à l’abri des regards. Elle ôta ses affaires et contempla l’étang dont la surface lisse ne reflétait pas le trouble dont il était la cause. Qu’allait-elle découvrir sous ce miroir ?
— J’espère, mes petites fées, que j’ai correctement assimilé ce que vous m’avez appris, parce que, là, je joue ma vie et bien plus encore !
Et elle se lança. La bulle se forma autour d’elle dès que son corps atteignit l’eau, telle une seconde peau à travers laquelle elle pouvait même respirer. Aila tendit tous ses sens pour trouver les racines du mal, se dirigeant en aveugle vers le signal de danger qu’elle percevait.
— Par les fées, si seulement je pouvais disposer d’un peu de lumière…
Il suffisait de le demander et la bulle se mit à rayonner doucement, perçant l’obscurité des profondeurs, à la plus grande stupéfaction de la jeune fille qui ne se souvenait pas de détenir ce pouvoir-là… En tout cas, c’était parfaitement adapté à la situation ! Elle continua à descendre et découvrit, nichée tout au fond de l’étang, une espèce d’affreuse plante, affreuse et meurtrière… Cette dernière libérait, à chaque ondulation de ses feuilles, des milliers de petites vésicules vertes, brassées par le vent et les poissons, qui allaient répandre leur poison dans toute la pièce d’eau. Enfin, était-ce vraiment une plante ? Aila ne savait plus rien avec certitude. Envahie par le doute, elle ne percevait que des sensations contradictoires dont elle n’analysait pas la nature. Intérieurement, elle espérait que la magie des fées ne reconnaîtrait pas en cette abomination un être vivant, sinon, par ses seuls moyens, elle n’aurait aucune chance de la détruire, et que ferait-elle donc alors ? Contenant ses craintes, elle projeta de toutes ses forces son esprit vers la plante, la cristallisant dans ses moindres recoins. Progressivement, cette dernière se figea, comme prise dans un cocon de glace, cessant dans le même temps de disséminer le mal qui était en elle. Aila patienta un instant, elle voulait être certaine que son action suffirait, puis, rassurée par l’atténuation du signal de danger, elle remonta à la surface, prenant conscience du froid qui la fit frissonner. Elle s’occuperait plus tard de la menace potentielle des vésicules qui flottaient encore, entre deux eaux. Pour l’instant, elle avait des hommes à sauver. Elle sortit du lac, sèche mais frigorifiée. Grelottant de tous ses membres, elle enfila rapidement ses affaires et passa la couverture autour d’elle avant de rejoindre les deux princes qui attendaient devant le feu. Ils avaient fait chauffer un peu d’eau.
— Une boisson chaude ? Ne me dites pas non. Vous avez beau ne pas être mouillée, vous êtes bleue ! s’exclama Adrien.
Elle s’assit à côté d’eux et prit le temps d’avaler à petites gorgées la tisane brûlante qui la réchauffa de l’intérieur. Ensuite, ils ramassèrent rapidement leurs affaires et se dirigèrent vers le village. Le signal de danger d’Aila se réveilla, brutal, presque insupportable… De Pontet, une souffrance émanait avec une si forte puissance que chacun de ses muscles, se crispant, en devenait douloureux. Elle arrêta les princes.
— Je vous invite à demeurer ici, en sécurité. Je ne voudrais pas endosser la responsabilité de la mort de deux des fils du roi…
— Pas question, je suis un vrai partenaire et je t’accompagne ! répliqua Avelin.
— Et je ne resterai pas derrière ! ajouta Adrien, tout aussi déterminé.
— Alors, descendez de cheval, je vais m’efforcer de créer une protection autour de vous. Cependant, je ne suis en rien certaine de sa totale efficacité…
Ses mains tendues vers eux, son esprit balaya leurs corps, nourrissant le bouclier qu’elle construisait à proximité d’eux de toute sa tendresse, sa générosité et son abnégation… Sa pensée rebondit de Barou à dame Mélinda en passant par Hamelin, ces personnes qu’elle aimait plus que tout et qui lui avaient donné plus qu’elle ne pourrait jamais leur rendre. Elle s’était convaincue que si une chose devait protéger les princes d’une éventuelle contamination, ce serait la force de l’amour dont elle les avait enveloppés…
— Allons-y maintenant.

Ils arrivèrent au village, découvrant les ravages de la maladie. Tous les râles, les plaintes, les gémissements résonnaient dans la tête d’Aila et des larmes se mirent à couler sur ses joues sans qu’elle les contrôlât. Mais par où devait-elle commencer pour soulager ces villageois torturés de douleur ? Touchés par l’atmosphère lugubre qui les entourait, Avelin et Adrien gardaient le silence, la mine sombre et le cœur lourd. Alors qu’ils descendaient de leurs chevaux, un homme accourut, le souffle court et l’inquiétude perceptible.
— Messires, ma dame, il vous faut partir très vite. Vous n’auriez jamais dû rentrer, des gardes auraient dû vous en empêcher. Je me nomme Dopier, chef du conseil de Pontet. Notre village a été mis en quarantaine, car nous mourons tous les uns après les autres.
— C’est pour cette raison que nous arrivons, dépêchés par le roi. Voici les princes Avelin et Adrien d’Avotour et je suis Aila Grand. Nous devons agir vite.
Une lueur d’espoir s’alluma immédiatement dans le regard de l’homme.
— Quelle est cette salle ? questionna-t-elle, en désignant un bâtiment muni de grandes fenêtres.
— Celle du conseil, répondit Dopier.
— Bien. Localisez les malades les plus atteints et amenez-les ici. Ce sont eux que je dois les guérir en premier ainsi que les enfants et les personnes âgées qui sont plus fragiles devant la maladie. Faites enterrer les cadavres au plus vite pour éviter une transmission encore plus rapide.
Le chef du conseil acquiesça et tout s’enchaîna alors très vite. Elle plongea dans les corps les uns après les autres, détruisant le mal, s’épuisant peu à peu. Quand Avelin et Adrien voulurent qu’elle mangeât un peu, elle refusa, ne souhaitant pas s’interrompre sous peine de ne plus repartir. Trop de souffrance hantait son esprit et son corps flanchait, perclus de douleurs. Le jour déclina, la nuit envahit le village moribond et s’écoula, à la fois trop vite et pas assez. Les traits tirés, le visage fermé, la jeune fille passa le dos de sa main sur son front, puis regarda autour d’elle pour appeler le suivant. Adrien s’approcha.
— Aila, il faut vous arrêter. Vous avez guéri tous ceux dont la vie ne tenait qu’à un fil. Reposez-vous quelques cloches et c’est un ordre cette fois.
Le prince la fixait de ses yeux dorés. Malgré sa simplicité, il affichait cette forme de majesté innée qui impressionnait Aila. Comme le courage lui manquait pour se rebeller, elle le suivit jusqu’à une petite maison attenante à la salle du conseil. Elle voulut s’asseoir un instant auprès d’Avelin, mais, à peine avait-elle touché le lit qu’elle glissa sur le côté, sa tête tombant sur l’épaule du jeune homme, elle dormait déjà.
— Adrien, j’ai besoin de toi…, murmura-t-il.
Adrien tourna les yeux pour découvrir son frère, coincé entre le mur et Aila, n’osant plus bouger de peur de la réveiller. Un sourire aux lèvres, il attrapa la jeune fille, puis l’allongea, tandis qu’Avelin gagnait un autre lit. Un coup fut frappé à la porte.
— Avelin, va voir.
Comme personne ne remuait, Adrien se retourna une nouvelle fois, constatant que son frère sommeillait lui aussi… Résigné, il alla ouvrir. Dopier, contrit, s’excusa de sa présence avant d’enchaîner :
— Mon bon sire, où est la dame qui guérit ?
— Elle dort. Elle doit absolument se reposer avant de recommencer à vous secourir…
— Je le comprends. Cependant, nous venons de retrouver une gamine qui pleure de chagrin et de douleur, seule survivante de sa famille qui habitait dans une maison très à l’écart du village. Des hommes sont en train d’enterrer ses parents et son frère. La dame désirait soigner tous les enfants et, comme la fillette me paraît au plus mal, nous avons pensé…
Dopier laissa sa phrase en suspens, attendant la décision du prince. Adrien tenait pour certain que si la petite fille mourait avant le réveil d’Aila, cette dernière ne se le pardonnerait jamais. À moins que cela fût à Adrien qu’elle en voudrait éternellement et il ignorait s’il saurait le supporter.
— Allez chercher l’enfant, je réveille Aila.
Adrien s’approcha de la jeune fille et la regarda dormir. Elle dégageait une telle sérénité dans son sommeil qu’il se laissa absorber un court moment avant de se décider à l’éveiller. Il lui parla doucement sans obtenir de réaction, puis tapota son épaule sans plus de succès. Il hésitait encore à la secouer plus fort quand il vit une larme couler le long de la joue d’Aila. Les yeux embués, elle les ouvrit et son regard douloureux coupa la respiration du prince l’espace d’un instant.
— Ils ont trouvé une autre petite fille, lui dit Adrien.
— Je sais, je l’ai sentie, elle va si mal…
Il perçut le doute dans sa voix, celui de pouvoir la sauver. Alors qu’il lui prêtait la main pour se redresser, elle posa sa paume sur son épaule un moment.
— Votre bouclier résiste, vous êtes encore protégé. Aidez-moi à rejoindre Avelin, je veux examiner le sien.
Soutenue par le prince, elle vérifia celui du corps endormi d’Avelin et hocha la tête, satisfaite avant de retourner s’asseoir sur son lit.
— Les voilà. Pouvez-vous me ramener l’enfant, je vous prie ? Demandez-leur son prénom.

Sur le pas de la porte, Adrien saisit dans ses bras la petite Niamie qui pleurnichait, si frêle et si pâle. Il la déposa en face d’Aila qui commença son combat presque perdu d’avance. Alors que la jeune fille n’avait échangé que quelques propos rassurants avec chaque personne soignée, ce fut un flot de paroles dont elle enveloppa l’enfant qui gémissait sans répit. Elle lui racontait sa vie lorsque les beaux jours reviendraient, lui parlait du goût des pommes et du jus de ces dernières qu’elles boiraient ensemble.
— Tu sais, un jour, si j’ai une petite fille, je voudrais qu’elle te ressemble. Deux yeux verts, aussi clairs que les tiens, éclaireraient son visage, ouvert sur le monde, et sa jolie peau, dorée par le soleil, serait à croquer. Elle posséderait le même rire que celui qui résonne dans l’air quand tu es heureuse et une volonté de vivre aussi forte que la tienne. Je l’emmènerais se promener longuement à cheval et je lui apprendrais à se battre. Je lui expliquerais les fleurs et les plantes et je lui enseignerais le bonheur d’être, celui de se contenter de ce que la vie vous donne et de savoir se relever quoi qu’il arrive. Allez, vis, ma douce, vis ! Tu as encore un monde à ta portée ! Reviens avec moi, je t’en prie. Tu ne me laisserais sûrement pas tomber si tu te doutais à quel point j’ai besoin que tu survives…
Malgré sa fatigue, le cœur étreint, Adrien, qui ne les avait pas quittées des yeux, écoutait chaque mot prononcé, sous le charme de la voix chaude et convaincante d’Aila. Puis, quand cette dernière ne fut plus qu’un murmure, il réalisa à quel point la jeune fille s’écroulait, épuisée. Soudain, il la vit déposer un baiser sur le front de l’enfant et lui chuchoter :
— Merci.
Sans se tourner vers Adrien, elle murmura tout en retombant sur le lit.
— Elle est sauvée.
Il récupéra la fillette dont les joues avaient retrouvé les couleurs de la vie et qui dormait à présent d’un sommeil paisible.
— Eh bien ! On peut dire que tu l’as échappé belle ! Bienvenue dans le monde des vivants, petite fille, lui souffla le prince.
Un bref instant après, il la remit au chef du village qui patientait.
— Maintenant, nous devons absolument nous reposer. Ne nous réveillez qu’en cas d’urgence.
— Je vais laisser des hommes protéger votre sommeil, lui assura Dopier. Dormez en paix.
Enfin libéré, Adrien s’allongea sur son lit, la voix d’Aila résonnait toujours à ses oreilles. Il réalisait qu’en une journée, il avait vécu presque plus d’événements intenses que dans toute son existence et comprit le malaise que son frère aîné pouvait éprouver en face de la jeune fille. Elle apportait dans son sillage une tornade qui bouleversait votre vie d’un mot ou d’un geste. Adrien ne connaissait pas les sentiments exacts d’Hubert pour elle, son frère avait depuis si longtemps refoulé tout partage amoureux ou même amical, mais il en était sûr, cette fille l’avait touché, à son cœur défendant. La façon dont il se protégeait d’elle le démontrait clairement… Si seulement il acceptait de se livrer, il pourrait prétendre au bonheur qu’il méritait et, pourquoi pas, avec elle… Au moins, il ne s’ennuierait plus jamais ! Adrien sourit. Il adorait Hubert et aurait donné n’importe quoi pour le voir simplement heureux. Seulement, il est impossible de rendre heureux les gens malgré eux. La fatigue eut bientôt raison de ses dernières pensées et il sombra dans un lourd sommeil réparateur.

Le soleil illuminait le village quand Adrien se réveilla. Son frère et Aila dormaient encore. Il passa la porte et réclama aux hommes qui la surveillaient de quoi manger. Deux d’entre eux partirent en courant s’acquitter de la commission, tandis qu’il rentrait. Il s’approcha d’Avelin et le secoua doucement jusqu’à ce que ce dernier déniât émerger.
— Aila ? demanda Avelin d’une voix un peu caverneuse.
— Elle dort encore. Tu la réveilleras une fois le petit déjeuner servi. Je vais me dégourdir les jambes.
Adrien, heureux de se promener au grand air, passa voir les chevaux et marcha un petit quart de cloche vers la forêt, respirant à pleins poumons. Comme une réponse à toute cette souffrance, il sentait en lui un amour immodéré pour la vie et la joie d’être en bonne santé. Il songea à la journée qui les attendait, confiant. Aila saurait faire face à tout. Il ne se doutait pas qu’un jour, il en viendrait à admirer une personne plus que son père et cela l’étonnait. Dans le même temps, il s’avouait ravi d’avoir croisé sa route, rien ne serait plus tout à fait comme avant maintenant et, contrairement à Hubert, cela lui prodiguait un bien fou. Quand il revint à la maison, elle était assise, la mine bien pâlotte. Cependant, ses yeux brillaient de vitalité et elle mangeait d’un solide appétit, écoutant en riant les plaisanteries d’un Avelin en pleine forme. La vue de toutes les victuailles réveillait la faim d’Adrien qui ne tarda pas à venir partager le petit déjeuner et leurs rires. Dès que son estomac cessa de la tirailler, elle partit chez Dopier pour établir un bilan sur le nombre de personnes toujours malades. Elle recommença ses soins, s’efforçant, pour ces cas plus bénins, de préserver son énergie. En une demi-journée, elle avait fini, tandis que, peu à peu, son signal d’urgence s’amenuisait. Malgré tout, elle percevait encore un bruit de fond lié au risque potentiel que l’étang représentait, mais elle avait décidé de terminer par là.

Après une nouvelle nuit réparatrice, elle acheva les guérisons avant d’assister à la réunion du conseil, réduit d’un quart. Beaucoup d’hommes manquaient à l’appel… Ce village allait devoir renaître malgré les absents. Dopier prit la parole :
— Le constat est terrible : nous avons perdu la moitié des nôtres. Le seul point positif est que nous n’ayons eu aucun d’entre nous à tuer de nos propres mains. Chacun a respecté les règles, car, apparemment, personne n’a cherché à s’enfuir d’ici après la mise en quarantaine. À présent, nous allons pleurer nos disparus et nous reconstruire une nouvelle vie après votre départ. Au nom de tous, je tenais à rendre grâce au roi pour l’aide qu’il nous a accordée, alors que nous désespérions.
Très ému, le chef du conseil se mit à bafouiller en poursuivant :
 — Qu’en plus, il ait envoyé ses enfants parmi nous, c’est… Enfin, quand nous pourrons…, plutôt quand nous saurons comment vous remercier, nous…
Adrien le coupa :
— Nous n’avons accompli que notre devoir. C’est la préoccupation perpétuelle du souverain et de ses héritiers que de veiller sur ses concitoyens. Répétez-le autour de vous, ce sera la seule récompense que nous accepterons.
— Vous êtes trop bons, messires. Sachez que notre reconnaissance et notre fidélité vous sont acquises à tout jamais. Je vous en donne ma parole.
— Nous n’en doutons pas, chef Dopier.
Aila intervint, elle paraissait inquiète :
— Êtes-vous sûr que personne n’a quitté le village ?
Dopier se concerta avec les autres membres du conseil et l’un d’entre eux se leva pour commencer la tournée des habitations. Une demi-cloche s’était écoulée quand il revint, très énervé.
— Messires, il manque Frappier, le fils du boulanger ! s’exclama-t-il. Comme il n’était toujours pas levé, je suis parti voir avec son père s’il n’était pas malade, mais l’oiseau s’était envolé ! Personne ne l’a aperçu depuis hier soir.
Elle jeta un coup d’œil rapide aux princes, se releva et attrapa ses affaires.
— Il faut le retrouver et vite !
Se tournant vers Dopier, elle ajouta :
— Interdisez l’étang ! La source initiale est anéantie, mais, pour l’instant, il reste encore une possibilité de contamination à son contact. Annoncez-le à votre population en leur expliquant les raisons de cette décision. Pour les récalcitrants, indiquez-leur que je ne m’occuperai pas d’eux une nouvelle fois !
Sur le point de quitter la salle, Adrien et Avelin sur ses talons, elle se retourna vers le chef du conseil encore une fois.
— Frappier est-il à cheval ?
— Non, aucun cheval ne manque à l’appel. Il a dû partir à pied à travers la forêt.
— Quelle est la ville la plus proche ?
Dopier réfléchit un instant.
— Il en existe plusieurs. Cependant, dans son cas, je me dirigerais plutôt vers Barreuse, à l’ouest du village.


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