Le début de l'histoire de L'Oracle de Tennesse de Catherine Boullery
La saga d'Aila  fantasy


fantasy livre

Note : 4.6 / 5 avec 216  critiques recommandation

Le début de l'histoire de L'Oracle de Tennesse

Aila a grandi dans le comté d'Antan, élevée par son oncle et entourée par Mélinda, la châtelaine et Hamelin, le mage du comté. Sa volonté est de devenir une combattante et, poussée par son oncle, elle participe à des joutes orchestrées dans le but de sélectionner les membres de la garde rapprochée du roi Sérain d'Avotour. Finalement choisie, elle commence par être envoyée en mission en compagnie du fils aîné du roi, Hubert. Peu à peu, ses talents de combattante empruntent des voies inhabituelles qui semblent décupler ses sens et sa perception du monde qui l'entoure. Troublée, elle ne découvre que plus tard l'origine de tous ces bouleversements, liée aux pouvoirs que les fées partagent avec elle à son insu. Dorénavant, la vie en a décidé pour elle, elle n'aura plus qu'autre choix que celui d'accepter ses nouvelles aptitudes et toutes les conséquences, bonnes ou moins bonnes, qu'elles induiront.

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L'heure est grave. Venu du nord, un empereur, Césarus, avance vers eux pour conquérir Avotour et tous les pays environnants. Il apparaît si puissant que tous doutent de leur capacité à le contrer. Convaincu de la nécessité de créer des alliances même avec leurs ennemis de toujours, Sérain d'Avotour envoie son fils cadet, Adrien, en compagnie d'Aila, vers le pays hagan. La route des deux compagnons emprunte des chemins de traverse et amène la jeune fille à semer dans les esprits des villageois le souffle d'un espoir insensé : pour lutter contre Césarus et pourquoi pas le vaincre, la seule solution réside dans le fait de s'allier et de se battre tous ensemble pour la liberté.

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Parvenue aux frontières du pays hagan, Aila récupère les affaires d'une chamane, Marça, qui vient de rejoindre les esprits de la Terre. À peine la tenue revêtue et la bague passée à son doigt, elle se retrouve dans une grotte, accueillie par une femme cachée dans l'ombre. Cette dernière lui révèle qu'elle est à présent, Topéca, la première chamane guerrière. Aila, sans avoir la moindre idée de ce que signifie être chamane, endosse ce nouveau rôle sans joie… Accompagnée par Adrien devenu Kazar, elle quitte Avotour pour le pays hagan.

Plus rien ne va… Depuis qu'Aila est devenue Topéca, Adrien et elle se parlent à peine. Rapidement, le prince réalise que la jeune femme, une fois de plus, porte sur ses épaules un fardeau beaucoup trop lourd et tente de la réconforter : Aila ne peut pas disparaître aussi facilement derrière Topéca. Rassérénée par les propos de son compagnon, la nouvelle chamane reprend la route sur les sentiers montagneux, le coeur apaisé.

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Leur chemin les mène à la rencontre de la tribu Appa dont le chef se nomme Quéra. Dès cet instant, Aila affirme sa nouvelle personnalité : elle est Topéca, la première chamane guerrière et le sol comme le ciel vibrent sous sa puissance au son des clochettes de son kenda. Elle va d'ailleurs prouver rapidement à tous que les esprits de la Terre l'habitent en sauvant les uns après les autres les enfants de la tribu tombés malades. Cependant, chez Topéca comme chez Aila, rien n'est offert aux autres sans qu'elle en paye le prix. C'est sous les regards inquiets des mères de la tribu que la chamane épuise son énergie dans le seul but de préserver des vies.

Mais la lutte ne fait que commencer. Derrière cette maladie insidieuse se cachent l'ombre de sorciers et leur perversité. Face à cette certitude, les détruire peu à peu devient une évidence, mais comment ? À présent, le moment est venu d'en affronter un parmi eux. Mais est-il possible de vaincre ces représentants du mal ? Quelle puissance nouvelle et inédite Aila - Topéca déploiera-t-elle pour y parvenir ?

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Dévastée par le tour que prend sa vie, obligée d'abandonner au petit matin le plus beau de ses rêves, Aila reprend la route pour retourner en pays hagan. Tout en elle se rebelle contre cette destinée qui la brise jour après jour, insensible à sa souffrance ou ses désirs. Alors qu'un bruit de sabot retentit sur le chemin, elle découvre avec stupeur la venue de Niamie, la petite fille qu'elle avait sauvée de la sorcellerie au village de Pontet. Mais quelle idée saugrenue a traversé l'esprit de cet Oracle qui a choisi d'entraîner une enfant si jeune dans ses aventures périlleuses ?

Comme pour concrétiser les pensées d'Aila, un premier danger guette le duo et force les deux filles à fuir dans la nuit. Au cours de la journée suivante, alors qu'Aila a dissimulé sa compagne de route, le combat s'engage contre des mercenaires venus pour la tuer et dépêchés par un ennemi qu'elle a, elle-même, tué de ses mains. Les menaces de son ultime ennemi flottent encore dans l'air quand ce dernier fait demi-tour et s'enfuit.

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Le retour chez Nestor est douloureux pour Aila. Dans sa mémoire affluent tant de souvenirs émouvants voire éprouvants dont celui, si vibrant, de Topéca qu'elle ne pourra jamais redevenir… L'appréhension de la combattante ne cesse de s’accentuer jusqu’au pied des montagnes et, quand elle s'arrête, pétrifiée par la peur, Lumière continue d'avancer. Quand le premier sabot de son cheval foule le sol du pays hagan, Aila acquiert la certitude que, si elle revient en terre connue, la Terre, elle, ne la reconnaîtra pas…

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➀ Début d'Aila et la Magie des Fées français ➁ Début de La Tribu Libre high ➂ Début de L'Oracle de Tennesse auteure ➃ Début de La Dame Blanche recommandation ➄ Début de La Porte des Temps top ➅ Début d'Une Vie, voire Deux livre Tous les débuts des romans de fantasy français


Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

La petite troupe s’imposa une halte bienvenue au réfectoire pour se rassasier avant de rejoindre le manège. Sur le point d’arriver, Aila aperçut Bonneau qui partait de l’autre côté du champ de courses et, sautant la barrière, elle se mit à courir, commençant à l’appeler quand elle pensa enfin qu’il l’entendrait. Bonneau arrêta son cheval et elle parvint près de lui, à bout de souffle.
— Je crois que tu as besoin de t’entraîner un peu plus à la course à pied, tu me parais bien essoufflée pour un petit effort…
Aila, qui tentait de reprendre sa respiration, lui jeta un regard de travers.
— Aurais-tu besoin de moi ? Allez, monte ! Je vais avoir pitié de toi, je te ramène à cheval jusqu’au manège.
Elle se hissa derrière Bonneau et ils rebroussèrent chemin pour retrouver le reste de la compagnie.
— Bonn… papa, as-tu des kendas en réserve ?
— Naturellement.
« Aubin avait raison », pensa Aila.
— Il en faudrait six !
— Pas de problème.
Elle venait à peine de reprendre son souffle quand ils rejoignirent les autres.
Rapidement, Bonneau en rapporta dix qu’il planta en ligne dans le sol. Sauf à Orian qui se voulait juste spectateur, il donna un bandeau à chacun à nouer devant les yeux. Ensuite, il les plaça en file indienne sur une ligne perpendiculaire aux bâtons. Il poussa le premier venu, Avelin qui, d’une démarche hésitante, se dirigea vers le kenda le plus à gauche.
Bonneau lui cria :
— Maintenant, vous le touchez et vous ne bougez plus !
Aubin passa en deuxième, puis Tristan, Adam, Hubert et enfin Pardon. Tous se déplacèrent en aveugle vers un kenda différent. À la fin, seuls quatre bâtons solitaires subsistèrent, que Bonneau ramassa et rangea.
— Ôtez votre bandeau et faites connaissance avec votre kenda. Vous vous êtes mutuellement choisis, il est totalement vôtre désormais et seule votre autorisation permettra à un autre combattant de s’en servir. C’est une arme extraordinaire que personne ne pourra retourner contre vous, précisa Bonneau.
Aila fut touchée par cette espèce de tendresse qu’elle perçut dans leurs yeux, alors qu’ils découvraient leur kenda. Chaque caresse de leur main sur lui ressemblait à une marque d’affection et un sentiment de jalousie lui piqua le cœur. Elle n’avait jamais partagé d’émotions avec le sien. Pourquoi ?
Elle lut également dans tous les regards les questions qu’aucun ne posa. Si Bonneau avait voulu être plus précis, il l’aurait fait. Mais elle se promit que, la séance terminée, il lui donnerait les éclaircissements qu’elle attendait.

L’apprentissage commença sous les explications de Bonneau et d’Aila, guidant les premiers pas des nouveaux venus. Ils comprirent comment se déplacer et quelques enchaînements parmi les plus simples. Pardon, un peu plus débrouillé que les autres, travaillait à corriger tous ses petits défauts, sous l’œil intransigeant de ses instructeurs. La leçon se termina par une démonstration, entre Bonneau et Aila, qui laissa le reste du groupe ébahi. Aila développait une virtuosité extraordinaire et mettait en évidence sa vivacité, son agilité à tel point qu’elle paraissait lutter à deux endroits à la fois quand elle ne donnait pas l’impression de voler dans les airs…

Ils demeurèrent silencieux quand les deux combattants vinrent les rejoindre, leur joute achevée.
— C’était magnifique, Aila, exprima Aubin pour tout le monde, et toi aussi Bonneau, s’empressa-t-il d’ajouter.
— Oui, mais moi, je ne ressemble pas à un oiseau, précisa Bonneau avec un sourire.
Orian, le mage royal intervint :
— À présent, écoutez-moi. J’ai une nouvelle information à vous fournir. Afin de renforcer la cohésion de l’équipe, vous quitterez vos lits respectifs pour gagner la salle du conseil où vous cohabiterez à partir de maintenant. Préparez vos affaires en vue de votre prochaine installation. N’oubliez pas que le départ est prévu pour après-demain.
Aubin, Adam, Aila, Pardon et Tristan se regardèrent, franchissant un pas supplémentaire dans la solidarité du groupe. Aila, la seule fille, allait devoir apprendre à vivre au milieu de tous ces hommes et réfléchir sérieusement à la gestion de leurs différences. Elle rendrait visite à dame Mélinda ; cette dernière pourrait sûrement lui prodiguer des conseils avisés.
Ils se séparèrent, mais elle suivit Bonneau.
— Bonn…, papa ! Pourquoi mon kenda n’a-t-il pas réagi de la même façon avec moi ?
— Aila, souviens-toi, C’est toi qui as proposé d’en prendre un pour moi chez mon ami avant de repartir. Comme tu n’as manifesté aucune réaction particulière en le touchant, je n’étais pas tout à fait certain que vous vous étiez appelés. Et puis, dans l’urgence, ce fut lui ou rien.
— Alors, nous ne nous sommes pas choisis ?
— Si, bien sûr ! Sinon tu n’aurais pas pu te battre et vaincre comme tu l’as fait. En fait, tu t’es peu ouverte à lui, juste ce qu’il a fallu.
Elle secoua la tête ; elle avait du mal à tout comprendre.
— Cela t’inquiète ? demanda son père.
— Non, pas vraiment, enfin, je ne sais pas…
— Tu les as enviés parce qu’ils t’ont semblé partager quelque chose de très fort avec leur kenda, c’est cela ?
Elle dut bien l’avouer. Le souvenir de cette tendresse entrevue la tenaillait.
— Tu as tellement peur de te livrer, Aila, tellement peur de souffrir que, même quand tu aimes, tu gardes tes distances. Eux n’ont pas réfléchi. Ils ont abattu leurs barrières naturellement. C’est par sagesse et précaution que je leur bande les yeux, pour qu’ils voient avec leur cœur et non avec leur raison. Tiens, voici un bandeau…
Elle l’interrogea du regard avant que la bande de tissu ne lui ôtât la vue. Il saisit le kenda d’Aila et le plaça au milieu de ceux qui lui restaient. Puis, il l’attrapa par la main et la rapprocha de la réserve avant de lui ordonner :
— Va !
Elle éprouva l’impression que des milliers de fourmis parcouraient tout son corps. Soudain, l’appel de son kenda explosa en Aila. Elle fut tentée de courir vers lui, mais elle se força à marcher sans toutefois hésiter. Elle sentait qu’il la guidait et lui aurait fait éviter tous les obstacles, il voyait pour elle. Sa main monta doucement vers lui et le toucha. L’émotion qu’elle ressentit la coupa de tout son entourage. Elle rayonnait de bonheur, seule avec son kenda qu’elle agrippa avec amour dans ses bras. Ils restèrent ainsi un long moment avant qu’elle ne reprît pied dans le monde réel. D’une dernière caresse, elle lui dit au revoir, ôta son bandeau et rejoignit Bonneau.
— Alors, vous êtes-vous bien choisis ? questionna-t-il.
— Oui et c’était si merveilleux…
Il la prit par les épaules et ils regagnèrent la maison où Aila devait préparer ses affaires.

Elle était en train de finir son sac, reprenant ses esprits doucement quand les questions qu’elle n’avait pas encore posées refirent surface dans sa conscience.
— Bonneau, comment le kenda fait-il pour nous choisir ?
— Aila, c’est une arme très particulière à propos de laquelle nous devons remonter très loin dans notre histoire pour la découvrir. Je ne connais pas tout, tu devrais interroger Hamelin. Je crois me souvenir que différentes sortes de magie coexistèrent à une époque très ancienne ; elles semblent avoir presque toutes disparu, hormis celle des fées qui, grâce à l’alliance qu’elles avaient scellée avec les hommes, résista plus longtemps que ses consœurs. Quelle alchimie unique se développa pour la protéger ? Aucune idée, mais elle prouva son efficacité. Puis vint le jour où elles se séparèrent des êtres humains et, malheureusement, cette alchimie s’évanouit, provoquant leur lente disparition. Ce ne fut probablement pas immédiat et je ne sais pas si elles l’avaient anticipée ou non. Peut-être avaient-elles prévu qu’en restant avec les hommes, même invisibles, elles se préserveraient à jamais. Elles nous ont toujours accompagnés et le kenda représente le dernier cadeau qu’elles nous ont offert en nous quittant.
Aila n’en croyait pas ses oreilles. Bonneau s’y mettait aussi et lui parlait des fées, persuadé de leur existence. Tout ceci bousculait sa vision du monde et ses propres croyances ! Elle le réalisa avec agacement, avant de rire d’elle-même. Il fallait qu’elle retournât voir Hamelin. Petit à petit, s’insinuait en elle la certitude que, qu’elle voulût s’y rallier ou non, les fées devenaient partie intégrante à sa vie…

Aila rejoignit le réfectoire où elle mangerait désormais et retrouva toute la troupe ainsi que le mage et les princes royaux. Hubert prit la parole :
— Aila, nous n’attendions plus que vous. Demain, deuxième cloche, entraînement au kenda. Déjeuner à midi, puis réunion dans la salle du conseil pour finir les préparatifs de notre départ le jour suivant. L’après-midi, vous aurez quartier libre et tous les soirs, extinction des feux à la huitième cloche. Mais à présent, mangeons.
Ils partagèrent ce repas, convivial et animé. Comme souvent, Aila se plaça en observatrice et, malgré l’apparence bon enfant, elle décela rapidement un malaise chez son frère. Elle le rejoignit à la dérobée quand il quitta la table, le repas englouti.
— Aubin, tu veux me parler ?
— Oui, viens !
S’éloignant du château, ils marchèrent longtemps en silence vers des lieux moins fréquentés.
— C’est papa, il va mal. Je ne sais plus si je dois le quitter ou non…
— Sa propre colère l’étouffe, je le suppose. À moins que ce ne soit plutôt la lettre d’Efée qui le mine…
— C’est tout cela, mon départ et avec toi en plus. Il oscille entre le désespoir et l’envie de tout fracasser. Que dois-je faire ?
— Aubin, tu ne peux rien contre ses démons intérieurs. Il lui faudra les surmonter tout seul. Ta présence n’y changera rien. Tu ne feras, en restant, que porter un fardeau qui n’est pas le tien et dont il te prendra à témoin.
— Mais c’est mon père, ai-je le droit de l’abandonner ?
— Ton père a-t-il eu le droit de m’abandonner ? Avait-il le droit de nous séparer ?
Elle s’enflammait :
— Après ce qu’il s’est permis de faire aux autres, quels droits pourrait-il bien revendiquer pour lui-même ?
— Je l’aime, bafouilla Aubin, désemparé.
Elle se calma subitement :
— Je sais, Aubin, mais il a lui-même créé les problèmes qui lui retombent dessus. Les droits priment-ils les devoirs ?
— Je vais réfléchir. Merci, Aila, à bientôt.
Plongé dans ses réflexions, son frère s’éloigna d’elle à pas lents.

Aila retourna chez elle. Bonneau se tenait debout devant l’âtre, réchauffant ses mains. Elle jeta un coup d’œil à son sac qui traînait au pied de son lit, se déshabilla derrière son paravent et se coucha.
— Bonsoir, papa.
— Bonsoir, Aila.
Son père prit la chandelle, grimpa dans sa chambre et l’obscurité déroba la pièce autour d’elle.


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