Création de la communauté d'Aila avec Catherine Boullery
La saga d'Aila  fantasy


fantasy

Note : 4.6 / 5 avec 283  critiques

Création de la communauté d'Aila…

À la recherche de l'endroit idéal…

Endroit choisi pour le tournage 2014

Créer une communauté nécessite un lieu très spécial, dans un cadre agréable, et suffisamment éloigné des bruits de la ville. Après quelques tours et détours, le choix se porte vers un endroit un peu plus isolé que les autres qui nous permettra un tournage sans déranger quiconque et sans être dérangés ! Merci à la mairie de Sartrouville pour son autorisation.

L'équipe de tournage !

Nicolas D. Coiffard et Nico

Elle est composée, à gauche, de Nicolas D. Coiffard, écrivain, scénariste et acteur, et de son comparse Nicolas, ou plutôt Nico pour les intimes, histoire de ne pas appeler l'un et que les deux se retournent. Le matériel est mis en place et c'est là que les ennuis débutent : la caméra refuse de reconnaître le micro ! Pas grave, tout va bien. Nicolas a déjà une idée pour contourner le problème.

Le temps est plutôt frais…

Tous ensemble

À mon arrivée sur place, quasiment tout le monde est déjà là ! Décidément, ma communauté est parfaitement à l'image de ce qu'elle doit être, constituée par des gens extraordinaires ! Chaudement vêtus, ils patientaient dans une atmosphère conviviale, le sourire aux lèvres et le cœur joyeux.

… mais l'ambiance terriblement chaleureuse !

Petite pose avant le tournage

À présent, tout le monde est là, le tournage peut commencer. Glup… Vous avez dit tournage ? Je peux encore m'éclipser discrètement ?

La communauté côté Country !

Le groupe de Country

Merci à Taya, Florence, Catherine, Jocelyne et Émilie d'avoir été présentes avec une petite pensée pour Laurence, Claire, Maguy, Gérard, Christelle et Christiane. Merci à Dominique pour son petit mot…

La communauté côté élèves !

La communauté côté élèves 2014

Des élèves, oui, mais quelles élèves ! Bon, d'accord, l'une d'entre elles appartient à deux groupes, mais, que voulez-vous, quand on aime, on ne compte pas ! En tout cas, j'étais super heureuse de leur présence auprès de moi pour ce merveilleux événement. Merci à Emilie (eh oui, encore !), Ségolène, Léa, Laurie et Florence ! Une pensée pour Laurianne repartie au Canada, Geoffrey et Victoria, et mes charmants élèves de ES de l'an passé.

L'équipe d'UPblisher au grand complet !

L'équipe d'UPblisher : Catherine Vaillant et Stefan Aimar

Côté éditeur, tout le monde était présent. Vous allez me dire, le compte était vite fait, mais cela vous arrive de lire ce que j'écris de temps en temps, quand on aime, on ne compte pas ! Na ! Merci à eux deux d'avoir fait le déplacement jusqu'ici, Catherine Vaillant écourtant même ses vacances pour être parmi nous.

La Team SVT !

La Team SVT 2014

Des super amies pour m'accompagner, moi, la désavouée, celle qui a trahi leur camp et à qui elles ont pardonné d'avoir sombré du côté obscur des sciences ! Merci à Emmelime, Florence et Sandra !

Qui se ressemble s'assemble !

L'équipe d'Évariste Galois

Ou comment déplacer une partie du lycée Evariste Galois dans le parc du dispensaire le dernier dimanche des vacances : professeur, documentaliste, retraité, AVS, déplacé, etc… Ils n'étaient pas tous là, loin de là, mais la présence de ceux qui étaient parvenus à se libérer était vraiment touchante… Une pensée pour les absents qui me soutiennent depuis le début : Line, Alice, Mohamed, Jaqueline, Isabelle, Olivier, Cintia, Florence, Bénédicte, Henriette, Adrien, Virginie, Michel, Annabelle, Fabienne, Guillaume, Monique et… Glup, ça y est, c'est sûr, j'en ai oublié…

Quand les voisins s'invitent à la fête !

La communauté coté voisin 2014

Bon, je triche. Il y en a encore un qui joue sur deux tableaux en même temps ! Mais, vous le savez déjà, quand on aime… Je vous passe la suite ! Merci à Mathieu, Nicole sans Gérard (à qui nous avons tous pensé très fort), Pascale et Jean-Charles. Franchement, question voisin, je suis chanceuse !

Les mathématiques à l'attaque !

La communauté d'Aila côté mathématiques

Venus en force pour m'accompagner dans cette belle aventure, les voici dignement installés sur le banc. Il faut dire que nous devions prendre soin de celle qui comptait pour deux ! Merci à Dominique, Isaura, Caroline et Mathieu pour leur enthousiasme communicatif !

Sage-femme de son métier…

Une sage-femme sage… 2014

Elle m'a accueillie à la clinique pour la naissance de ma troisième et nous sommes devenues amies. Merci Valérie pour toutes ces années merveilleuses ! Naturellement, ta présence ne pouvait que me faire penser à ceux, si précieux à mon cœur, qui n'avaient pu assister à cet instant exceptionnel : Angélique et Dominique, Anne-Claire, Dominique et Claude, Yolande, Nicole, Véronique, Élisabeth et Jean-Charles, Sylvie, Cassandre, Agnès, Marc et Micheline, Emmanuelle, Virginie (qui courait le marathon de Paris !), Florence, Anne-Marie, Véronique, Émilie, Laurie, Laurence et Françoise. Glup

On tourne !

Tournage de la vidéo 2014

Faut que je parle, là, tout de suite, maintenant ? Euh… Et si on recommençait demain ? Non. Bon, alors, je me lance : « Je m’appelle Catherine, Catherine Boullery et je suis écrivaine.
Toutes les histoires ne commencent pas de la même façon. La mienne a débuté quand une amie avec laquelle je partageais la dernière idée qui m’avait traversé la tête m’a répliqué : «
 Écris-la ! » C’est grâce à elle que je me suis lancée… Aujourd’hui, trois tomes sont déjà parus et le quatrième suivra en décembre prochain. »

Le tournage débute !

On tourne 2014

Nicolas D. Coiffard, tout aussi à l'aise derrière la caméra que devant me propose une répétition générale avant le tournage. Ah bon, la caméra ne tourne pas encore, trop bien ! Et me voilà partie, pas tout à fait à l'aise, mais je me suis bien débrouillée… Comment ça, il n'a pas filmé, mais je n'ai quasiment pas bafouillé ! Flûte alors…

Texte (suite 2)

Un beau texte pour de belles personnes

« Mon univers, c’est la fantasy, les mondes imaginaires, les aventures et les rebondissements. Mon héroïne, Aila, est une jeune fille, puis une jeune femme dont le seul rêve est de devenir combattante. Mais, aucune histoire ne serait à raconter si la vie ne choisissait pas pour elle une voie inattendue, un chemin sinueux au cœur d’une magie de plus en plus rebelle et puissante. »

Texte (suite 3)

Un beau texte pour de belles personnes

« Mais, entre elle et moi, la plus aventurière des deux, finalement c’est moi ! Pourquoi ? Parce que j’avance petit à petit sur un chemin dont j’ignore tout, parce que mon petit parcours littéraire m’a déjà offert de nombreuses joies et que je me dis que chaque nouvelle possibilité est un cadeau de la vie que je me dois de saisir. »

Texte (suite 4)

Un beau texte pour de belles personnes

« La plus comblée, c’est moi aussi, car j’ai la chance infinie d’être de plus en plus entourée, de sentir la présence de ceux que je suis parvenue à séduire par mon écriture. J’existe dans leurs yeux, dans leurs mots et dans les commentaires enthousiastes. Ils sont les pierres, solides et fidèles, sur lesquelles je m’appuie, car, tout simplement, ils croient en moi… »

Texte (suite 5)

Un beau texte pour de belles personnes

« Alors, n’hésitez plus, je vous invite à rejoindre la communauté d’Aila. Pour que, demain, lorsque je tournerai une nouvelle vidéo, vous soyez avec moi pour y participer. Le bonheur est fait pour être partagé. Venez, nous vous attendons ! »
Regardez la vidéo.

Retour tous ensemble !

La communauté d'Aila ne se sépare plus !

Comment se quitter après de tels moments vécus ensemble ? Impossible ! Alors, tous à la maison, je vous ai préparé de quoi réchauffer vos corps et vos papilles ! Merci aux derniers que je n'avais pas encore cités, mais non des moindres : Annie, Betty et Raphaël, Stéphanie, Françoise, Alicia et Didier (merci pour les photos !)

Le gâteau Aila

Gâteau Aila

Voici un beau et bon gâteau au chocolat sous le signe d'Aila, délicate attention de Pascale, qui a vite disparu dans les estomacs. Une dernière fois, merci à chacun d'entre vous d'être venus, d'avoir participé dans la bonne humeur et la fraîcheur, d'être repartis heureux comme si vous aviez vécu un des plus beaux moments de votre vie et de m'avoir offert un après-midi inoubliable…
C'est certain, nous recommencerons !

Petit diplôme regroupant tous les participants

Le diplôme pour les membres de la communauté d'Aila

Pour tous les éminents membres de ma communauté ! Pour eux, hip hip hip hourra ! Hip hip hip hourra !
Chacun est reparti avec le sien, accompagné d'un petit mot et d'une petite attention.

Vidéo de la création de la communauté d'Aila



Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

La petite troupe s’imposa une halte bienvenue au réfectoire pour se rassasier avant de rejoindre le manège. Sur le point d’arriver, Aila aperçut Bonneau qui partait de l’autre côté du champ de courses et, sautant la barrière, elle se mit à courir, commençant à l’appeler quand elle pensa enfin qu’il l’entendrait. Bonneau arrêta son cheval et elle parvint près de lui, à bout de souffle.
— Je crois que tu as besoin de t’entraîner un peu plus à la course à pied, tu me parais bien essoufflée pour un petit effort…
Aila, qui tentait de reprendre sa respiration, lui jeta un regard de travers.
— Aurais-tu besoin de moi ? Allez, monte ! Je vais avoir pitié de toi, je te ramène à cheval jusqu’au manège.
Elle se hissa derrière Bonneau et ils rebroussèrent chemin pour retrouver le reste de la compagnie.
— Bonn… papa, as-tu des kendas en réserve ?
— Naturellement.
« Aubin avait raison », pensa Aila.
— Il en faudrait six !
— Pas de problème.
Elle venait à peine de reprendre son souffle quand ils rejoignirent les autres.
Rapidement, Bonneau en rapporta dix qu’il planta en ligne dans le sol. Sauf à Orian qui se voulait juste spectateur, il donna un bandeau à chacun à nouer devant les yeux. Ensuite, il les plaça en file indienne sur une ligne perpendiculaire aux bâtons. Il poussa le premier venu, Avelin qui, d’une démarche hésitante, se dirigea vers le kenda le plus à gauche.
Bonneau lui cria :
— Maintenant, vous le touchez et vous ne bougez plus !
Aubin passa en deuxième, puis Tristan, Adam, Hubert et enfin Pardon. Tous se déplacèrent en aveugle vers un kenda différent. À la fin, seuls quatre bâtons solitaires subsistèrent, que Bonneau ramassa et rangea.
— Ôtez votre bandeau et faites connaissance avec votre kenda. Vous vous êtes mutuellement choisis, il est totalement vôtre désormais et seule votre autorisation permettra à un autre combattant de s’en servir. C’est une arme extraordinaire que personne ne pourra retourner contre vous, précisa Bonneau.
Aila fut touchée par cette espèce de tendresse qu’elle perçut dans leurs yeux, alors qu’ils découvraient leur kenda. Chaque caresse de leur main sur lui ressemblait à une marque d’affection et un sentiment de jalousie lui piqua le cœur. Elle n’avait jamais partagé d’émotions avec le sien. Pourquoi ?
Elle lut également dans tous les regards les questions qu’aucun ne posa. Si Bonneau avait voulu être plus précis, il l’aurait fait. Mais elle se promit que, la séance terminée, il lui donnerait les éclaircissements qu’elle attendait.

L’apprentissage commença sous les explications de Bonneau et d’Aila, guidant les premiers pas des nouveaux venus. Ils comprirent comment se déplacer et quelques enchaînements parmi les plus simples. Pardon, un peu plus débrouillé que les autres, travaillait à corriger tous ses petits défauts, sous l’œil intransigeant de ses instructeurs. La leçon se termina par une démonstration, entre Bonneau et Aila, qui laissa le reste du groupe ébahi. Aila développait une virtuosité extraordinaire et mettait en évidence sa vivacité, son agilité à tel point qu’elle paraissait lutter à deux endroits à la fois quand elle ne donnait pas l’impression de voler dans les airs…

Ils demeurèrent silencieux quand les deux combattants vinrent les rejoindre, leur joute achevée.
— C’était magnifique, Aila, exprima Aubin pour tout le monde, et toi aussi Bonneau, s’empressa-t-il d’ajouter.
— Oui, mais moi, je ne ressemble pas à un oiseau, précisa Bonneau avec un sourire.
Orian, le mage royal intervint :
— À présent, écoutez-moi. J’ai une nouvelle information à vous fournir. Afin de renforcer la cohésion de l’équipe, vous quitterez vos lits respectifs pour gagner la salle du conseil où vous cohabiterez à partir de maintenant. Préparez vos affaires en vue de votre prochaine installation. N’oubliez pas que le départ est prévu pour après-demain.
Aubin, Adam, Aila, Pardon et Tristan se regardèrent, franchissant un pas supplémentaire dans la solidarité du groupe. Aila, la seule fille, allait devoir apprendre à vivre au milieu de tous ces hommes et réfléchir sérieusement à la gestion de leurs différences. Elle rendrait visite à dame Mélinda ; cette dernière pourrait sûrement lui prodiguer des conseils avisés.
Ils se séparèrent, mais elle suivit Bonneau.
— Bonn…, papa ! Pourquoi mon kenda n’a-t-il pas réagi de la même façon avec moi ?
— Aila, souviens-toi, C’est toi qui as proposé d’en prendre un pour moi chez mon ami avant de repartir. Comme tu n’as manifesté aucune réaction particulière en le touchant, je n’étais pas tout à fait certain que vous vous étiez appelés. Et puis, dans l’urgence, ce fut lui ou rien.
— Alors, nous ne nous sommes pas choisis ?
— Si, bien sûr ! Sinon tu n’aurais pas pu te battre et vaincre comme tu l’as fait. En fait, tu t’es peu ouverte à lui, juste ce qu’il a fallu.
Elle secoua la tête ; elle avait du mal à tout comprendre.
— Cela t’inquiète ? demanda son père.
— Non, pas vraiment, enfin, je ne sais pas…
— Tu les as enviés parce qu’ils t’ont semblé partager quelque chose de très fort avec leur kenda, c’est cela ?
Elle dut bien l’avouer. Le souvenir de cette tendresse entrevue la tenaillait.
— Tu as tellement peur de te livrer, Aila, tellement peur de souffrir que, même quand tu aimes, tu gardes tes distances. Eux n’ont pas réfléchi. Ils ont abattu leurs barrières naturellement. C’est par sagesse et précaution que je leur bande les yeux, pour qu’ils voient avec leur cœur et non avec leur raison. Tiens, voici un bandeau…
Elle l’interrogea du regard avant que la bande de tissu ne lui ôtât la vue. Il saisit le kenda d’Aila et le plaça au milieu de ceux qui lui restaient. Puis, il l’attrapa par la main et la rapprocha de la réserve avant de lui ordonner :
— Va !
Elle éprouva l’impression que des milliers de fourmis parcouraient tout son corps. Soudain, l’appel de son kenda explosa en Aila. Elle fut tentée de courir vers lui, mais elle se força à marcher sans toutefois hésiter. Elle sentait qu’il la guidait et lui aurait fait éviter tous les obstacles, il voyait pour elle. Sa main monta doucement vers lui et le toucha. L’émotion qu’elle ressentit la coupa de tout son entourage. Elle rayonnait de bonheur, seule avec son kenda qu’elle agrippa avec amour dans ses bras. Ils restèrent ainsi un long moment avant qu’elle ne reprît pied dans le monde réel. D’une dernière caresse, elle lui dit au revoir, ôta son bandeau et rejoignit Bonneau.
— Alors, vous êtes-vous bien choisis ? questionna-t-il.
— Oui et c’était si merveilleux…
Il la prit par les épaules et ils regagnèrent la maison où Aila devait préparer ses affaires.

Elle était en train de finir son sac, reprenant ses esprits doucement quand les questions qu’elle n’avait pas encore posées refirent surface dans sa conscience.
— Bonneau, comment le kenda fait-il pour nous choisir ?
— Aila, c’est une arme très particulière à propos de laquelle nous devons remonter très loin dans notre histoire pour la découvrir. Je ne connais pas tout, tu devrais interroger Hamelin. Je crois me souvenir que différentes sortes de magie coexistèrent à une époque très ancienne ; elles semblent avoir presque toutes disparu, hormis celle des fées qui, grâce à l’alliance qu’elles avaient scellée avec les hommes, résista plus longtemps que ses consœurs. Quelle alchimie unique se développa pour la protéger ? Aucune idée, mais elle prouva son efficacité. Puis vint le jour où elles se séparèrent des êtres humains et, malheureusement, cette alchimie s’évanouit, provoquant leur lente disparition. Ce ne fut probablement pas immédiat et je ne sais pas si elles l’avaient anticipée ou non. Peut-être avaient-elles prévu qu’en restant avec les hommes, même invisibles, elles se préserveraient à jamais. Elles nous ont toujours accompagnés et le kenda représente le dernier cadeau qu’elles nous ont offert en nous quittant.
Aila n’en croyait pas ses oreilles. Bonneau s’y mettait aussi et lui parlait des fées, persuadé de leur existence. Tout ceci bousculait sa vision du monde et ses propres croyances ! Elle le réalisa avec agacement, avant de rire d’elle-même. Il fallait qu’elle retournât voir Hamelin. Petit à petit, s’insinuait en elle la certitude que, qu’elle voulût s’y rallier ou non, les fées devenaient partie intégrante à sa vie…

Aila rejoignit le réfectoire où elle mangerait désormais et retrouva toute la troupe ainsi que le mage et les princes royaux. Hubert prit la parole :
— Aila, nous n’attendions plus que vous. Demain, deuxième cloche, entraînement au kenda. Déjeuner à midi, puis réunion dans la salle du conseil pour finir les préparatifs de notre départ le jour suivant. L’après-midi, vous aurez quartier libre et tous les soirs, extinction des feux à la huitième cloche. Mais à présent, mangeons.
Ils partagèrent ce repas, convivial et animé. Comme souvent, Aila se plaça en observatrice et, malgré l’apparence bon enfant, elle décela rapidement un malaise chez son frère. Elle le rejoignit à la dérobée quand il quitta la table, le repas englouti.
— Aubin, tu veux me parler ?
— Oui, viens !
S’éloignant du château, ils marchèrent longtemps en silence vers des lieux moins fréquentés.
— C’est papa, il va mal. Je ne sais plus si je dois le quitter ou non…
— Sa propre colère l’étouffe, je le suppose. À moins que ce ne soit plutôt la lettre d’Efée qui le mine…
— C’est tout cela, mon départ et avec toi en plus. Il oscille entre le désespoir et l’envie de tout fracasser. Que dois-je faire ?
— Aubin, tu ne peux rien contre ses démons intérieurs. Il lui faudra les surmonter tout seul. Ta présence n’y changera rien. Tu ne feras, en restant, que porter un fardeau qui n’est pas le tien et dont il te prendra à témoin.
— Mais c’est mon père, ai-je le droit de l’abandonner ?
— Ton père a-t-il eu le droit de m’abandonner ? Avait-il le droit de nous séparer ?
Elle s’enflammait :
— Après ce qu’il s’est permis de faire aux autres, quels droits pourrait-il bien revendiquer pour lui-même ?
— Je l’aime, bafouilla Aubin, désemparé.
Elle se calma subitement :
— Je sais, Aubin, mais il a lui-même créé les problèmes qui lui retombent dessus. Les droits priment-ils les devoirs ?
— Je vais réfléchir. Merci, Aila, à bientôt.
Plongé dans ses réflexions, son frère s’éloigna d’elle à pas lents.

Aila retourna chez elle. Bonneau se tenait debout devant l’âtre, réchauffant ses mains. Elle jeta un coup d’œil à son sac qui traînait au pied de son lit, se déshabilla derrière son paravent et se coucha.
— Bonsoir, papa.
— Bonsoir, Aila.
Son père prit la chandelle, grimpa dans sa chambre et l’obscurité déroba la pièce autour d’elle.


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