La photos de papillons de l'auteure française de fantasy Catherine Boullery Ƹ̴Ӂ̴Ʒ
La saga d'Aila  fantasy


fantasy

Note : 4.6 / 5 avec 283  critiques

Comment trouver de superbes photos de papillons français ou exotiques ?

Voici quelques pages qui allient ma première passion (la photographie) à une autre plus récente qui a mûri petit à petit dans mon esprit, m’offrant ainsi une double satisfaction : celle de la découverte associée au plaisir de l’esthétisme. Certaines photos relèvent d’un véritable défi, comme celle du Moro Sphinx que j’ai vu voler pour la première fois sept à huit ans auparavant et que je ne suis parvenue à capturer en image que l’année dernière ou encore celle du Grand Porte-queue qui m’échappe régulièrement, même si cette année, j’ai enfin réussi un cliché de la totalité de ses ailes, mais encore de trop loin à mon goût !
Toutes les photos sont les miennes (même les floues !) sauf trois de papillons exotiques qui viennent du cercle familial (merci à Didier et Alicia). Celles des papillons français ont été prises dans la nature (Eure, Île-de-France, Alpes du Sud, Lot) et sont le fruit de longues marches ou, plus simplement, d’un hasard heureux. Celles des papillons exotiques proviennent de la visite d’une serre à papillons. J'ai fait de mon mieux pour identifier les différentes papillons, mais je ne suis pas une spécialiste et il est compliqué de différencier certaines espèces très proches chez les Hespéries et les Argus par exemple.

Présentation générale des papillons

Les lépidoptères (Lepidoptera) sont un cas particulier d’insectes (identifiables par leurs trois paires de pattes) dont la forme adulte est communément appelée papillon et dont la durée de vie varie énormément d’une espèce à l’autre, de quelques jours à plusieurs mois. Ils sont caractérisés par deux paires d’ailes membraneuses recouvertes d’écailles colorées d’où provient leur appellation, car, en grec, lepidos veut dire écailles.
Ce sont des insectes à métamorphose complète selon le cycle « œuf – chenille – chrysalide (abritée ou non par un cocon) – imago (forme adulte de la métamorphose) ».
Vous pouvez à présent :
- soit cliquer sur les liens pour découvrir (seulement…) 107 papillons sur environ 250 espèces françaises diurnes (rhopalocères = antennes à massue) et pas loin de 2000 dites « nocturnes » (hétérocères = autres antennes), tout en sachant que cette appelation n'est pas justifiée dans de nombreux cas, 57 papillons exotiques ainsi que quelques photos supplémentaires des uns et des autres, juste pour le plaisir de les observer ;
- soit en apprendre plus sur les papillons en poursuivant votre lecture après les trois icônes ci-dessous.

Les papillons français

Les papillons exotiques

Les papillons pour le plaisir

Comment observer les papillons ?

Quand ? Entre mai et août, car c’est la période où ils sont les plus nombreux, par une journée ensoleillée et chaude, sans vent, sauf dans les serres dans lesquelles les observations peuvent avoir lieu sur plus de la moitié de l'année.
Où ? Dans un endroit où il y a profusion de fleurs, car ils se nourrissent, entre autres, de nectar. Ils ont également du goût pour les fruits mûrs voire pourris, les excréments et la sueur humaine… Il faut s'écarter des zones de pollution et préférer la campagne, même s'il est possible d'en observer en ville (le Tircis, le Vulcain).
Comment ? En étant patient, car les papillons virevoltent et disparaissent aussi vite qu’ils sont arrivés, mais reviennent souvent au même endroit. Il faut persévérer !
Que faire pour les attirer ? Certains font des mélanges (1 verre de vin + 2 cuillères de miel + 2 cuillères de compote de pommes) dont ils badigeonnent les branches. J'ignore l'efficacité de cette mixture, mais je me doute qu'elle doit attirer d'autres insectes que des papillons, comme les guêpes par exemple ! Jusqu'à présent, je me suis contentée de mes balades et ces excursions ont suffi à mon bonheur !

Les prendre en photo demande un appareil rapide pour faire la netteté et disposant d’une vitesse de prise de vue élevée si on veut les avoir en plein vol (ou pas…), doublée d'un peu de chance ! Il est possible de diminuer la profondeur de champ pour avoir, par exemple, seul le papillon net ou même son corps net et une partie des ailes floues (mais ce réglage se fait de façon automatique quand le papillon photographié est très proche). Il ne faut pas avoir peur de se baisser pour être à leur niveau, de se rapprocher s'ils ne paraissent pas perturbés par votre présence, mais éviter de leur faire de l’ombre, car ils s’envolent par peur d’un éventuel prédateur au-dessus d'eux. Naturellement, le mieux est de posséder un téléobjectif, sinon de faire des photos en se rapprochant le plus possible.

Différencier Rhopalocères et Hétérocères

♥ Un Rhopalocère est un insecte diurne, souvent de couleurs vives, qui, au repos, positionne ses ailes à la verticale, l’une contre l’autre, et n’est jamais actif la nuit. Leurs principales caractéristiques résident dans leurs antennes renflées aux extrémités (en massue) et que leurs ailes antérieures et postérieures ne sont pas solidaires en vol (mais c'est difficile à observer), contrairement aux Hétérocères.
♥ Un Hétérocère est un insecte aux couleurs souvent plus ternes (mais pas toujours) qui possède une activité essentiellement nocturne, mais certaines espèces sont également actives pendant la journée. Il positionne ses ailes à plat ou en toit lorsqu’il est posé. Cette famille regroupe, de fait, tous les autres types d'antennes.
À noter : Parmi les Hétérocères, la famille des Zygaenidae (Zygènes) et des certains Sphingidae (le Moro-phinx par exemple) possèdent à la fois une activité diurne, des couleurs vives et des antennes élargies à leur extrémité.

Quelques mots de vocabulaire utile

Aile antérieure : membre le plus haut de locomotion aérienne du papillon.
Aile postérieure : membre le plus bas de locomotion aérienne du papillon.
Apex : point d’une aile le plus éloigné du corps et situé à l’extrémité supérieure.
Ocelles : tache arrondie qui sert de leurre ou de moyen d'intimidation sur la peau ou les ailes d'animaux.
Lunules : portion de surface en forme de croissant de lune délimitée par deux cercles non concentriques de rayons différents.
Marge externe : partie extérieure de l'aile.
Thorax : partie centrale du corps du papillon portant les pattes et les ailes.
Abdomen : partie postérieure du corps du papillon où se situent des organes essentiels (digestif, nerveux et circulatoire).
Nervure : ligne saillante de l'aile du papillon.
Dimorphisme : est utilisé lorsque le mâle et la femelle d'une même espèce existent sous des aspects très différentes (couleur de leur ailes et forme).

Observation des papillons

Comment découvrir la morphologie d'un lepidoptère ?

Morphologie d'un papillon selon https://enthomologie.webnode.fr/anatomie-de-linsecte/

Morphologie d'un papillon

Site des papillons de Poitou-Charentes

Glossaire papillon selon https://www.papillon-poitou-charentes.org/-Glossaire-.html

Glossaire papillon

Comment télécharger mes photos de papillons ?

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Tome ➀ - Aila et la Magie des Fées Tome ➁ - La Tribu Libre Tome ➂ - L'Oracle de Tennesse Tome ➃ - La Dame Blanche Tome ➄ - La Porte des Temps Tome ➅ - Une Vie, voire Deux Tome ➆ - Un Éternel Recommencement Tome ➇ - L'Ultime Renoncement ➀ à ➃ - La Première Époque ➄ à ➇ - La Deuxième Époque Tous les tomes de la saga de fantasy La romancière Catherine Boullery #fantasy


Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Quelques secondes suffirent à Aila, la tête sur l’oreiller, pour s’endormir. Quand Élina la réveilla une demi-cloche plus tard, quelques secondes lui furent nécessaires pour reconstituer le début de sa journée. Son sentiment d’urgence ravivé, elle prit sa ceinture à onguents, son kenda et se précipita dans les escaliers vers la cour où les deux plus jeunes princes l’attendaient déjà, Lumière à leur côté.
— Deux hommes pour moi toute seule ! Quel incroyable privilège !
— Et faudra pas t’y habituer ! plaisanta Avelin.
Elle talonna Lumière et partit au trot, suivie des deux frères. La ville dépassée, ils allongèrent l’allure pour gagner Pontet le plus rapidement possible. Ils profitèrent de la traversée des villages pour partager entre eux les informations rapportées par le capitaine Aténor. Dès le début de la mission, l’étang avait été interdit à la population, par précaution. Arrivés à Pontet, les cavaliers avaient cherché à prouver le lien entre la nature de son eau et les décès quand, tout d’un coup, tout s’était emballé. Les gens tombaient malades les uns après les autres. Les soldats avaient assisté de leur mieux les villageois paniqués, sans parvenir à endiguer la fulgurante propagation du mal. L’apparition de la mort dans la nuit avait décidé le capitaine, dépassé par les événements, à retourner au château avec tous ses hommes, promettant de revenir avec de l’aide le soir même. La troupe était partie ce matin de très bonne heure, après avoir mis le village en quarantaine et donné l’ordre d’exécuter toute personne qui se risquerait à le quitter.
Alors que leur arrivée à Pontet était imminente, les princes et Aila s’arrêtèrent un instant.
— Par quoi commençons-nous, Aila ? demanda Adrien.
— Par l’étang, je suis convaincue que les problèmes viennent de là. Si nous voulons stopper cette hécatombe, je dois découvrir qui disperse ce poison et l’éliminer.
Suivant les indications transmises par le capitaine Aténor, ils tombèrent rapidement sur le lac. Elle descendit de cheval.
— Y a-t-il un risque pour que le virus s’en prenne à nos montures ? s’enquit Avelin, tout de même inquiet.
— Non, je ne le crois pas, sinon je l’aurais su, répondit la jeune fille.
Elle se plaça devant l’étendue d’eau, la sondant de son esprit, tentant de localiser la source du mal.
— Je vais plonger.
— Où ? s’exclama Avelin.
— Dans l’étang. Je dois neutraliser l’origine de la maladie.
Adrien la retint par le bras, l’air grave.
— Je ne peux pas vous laisser exposer votre vie de façon inutile et si je dois vous en empêcher par la force, je le ferai, même si je doute de prendre le dessus. Je ne me rendrai pas sans me battre !
Elle lui sourit avec gentillesse et posa sa main sur la sienne.
— Ne vous inquiétez pas pour moi, je serai protégée par une bulle que les fées m’ont appris à créer. Par contre, je solliciterais votre courtoisie en vous priant de vous tourner de l’autre côté, ajouta-t-elle en rougissant, je n’ai pas de quoi me changer et je vais me déshabiller pour ne pas risquer de mouiller mes affaires. Vous voulez bien ?
— Est-ce certain que vous ne craignez rien ? insista Adrien.
Elle hocha la tête, sans hésitation.
— Viens, Avelin, allons allumer un feu là-bas, proposa-t-il.
Il ajouta à l’attention d’Aila, saisissant un objet derrière sa selle :
— Tenez, c’est pour vous. Ma couverture vous réchauffera quand vous sortirez de l’eau…
Elle le remercia, puis se glissa derrière un arbre à l’abri des regards. Elle ôta ses affaires et contempla l’étang dont la surface lisse ne reflétait pas le trouble dont il était la cause. Qu’allait-elle découvrir sous ce miroir ?
— J’espère, mes petites fées, que j’ai correctement assimilé ce que vous m’avez appris, parce que, là, je joue ma vie et bien plus encore !
Et elle se lança. La bulle se forma autour d’elle dès que son corps atteignit l’eau, telle une seconde peau à travers laquelle elle pouvait même respirer. Aila tendit tous ses sens pour trouver les racines du mal, se dirigeant en aveugle vers le signal de danger qu’elle percevait.
— Par les fées, si seulement je pouvais disposer d’un peu de lumière…
Il suffisait de le demander et la bulle se mit à rayonner doucement, perçant l’obscurité des profondeurs, à la plus grande stupéfaction de la jeune fille qui ne se souvenait pas de détenir ce pouvoir-là… En tout cas, c’était parfaitement adapté à la situation ! Elle continua à descendre et découvrit, nichée tout au fond de l’étang, une espèce d’affreuse plante, affreuse et meurtrière… Cette dernière libérait, à chaque ondulation de ses feuilles, des milliers de petites vésicules vertes, brassées par le vent et les poissons, qui allaient répandre leur poison dans toute la pièce d’eau. Enfin, était-ce vraiment une plante ? Aila ne savait plus rien avec certitude. Envahie par le doute, elle ne percevait que des sensations contradictoires dont elle n’analysait pas la nature. Intérieurement, elle espérait que la magie des fées ne reconnaîtrait pas en cette abomination un être vivant, sinon, par ses seuls moyens, elle n’aurait aucune chance de la détruire, et que ferait-elle donc alors ? Contenant ses craintes, elle projeta de toutes ses forces son esprit vers la plante, la cristallisant dans ses moindres recoins. Progressivement, cette dernière se figea, comme prise dans un cocon de glace, cessant dans le même temps de disséminer le mal qui était en elle. Aila patienta un instant, elle voulait être certaine que son action suffirait, puis, rassurée par l’atténuation du signal de danger, elle remonta à la surface, prenant conscience du froid qui la fit frissonner. Elle s’occuperait plus tard de la menace potentielle des vésicules qui flottaient encore, entre deux eaux. Pour l’instant, elle avait des hommes à sauver. Elle sortit du lac, sèche mais frigorifiée. Grelottant de tous ses membres, elle enfila rapidement ses affaires et passa la couverture autour d’elle avant de rejoindre les deux princes qui attendaient devant le feu. Ils avaient fait chauffer un peu d’eau.
— Une boisson chaude ? Ne me dites pas non. Vous avez beau ne pas être mouillée, vous êtes bleue ! s’exclama Adrien.
Elle s’assit à côté d’eux et prit le temps d’avaler à petites gorgées la tisane brûlante qui la réchauffa de l’intérieur. Ensuite, ils ramassèrent rapidement leurs affaires et se dirigèrent vers le village. Le signal de danger d’Aila se réveilla, brutal, presque insupportable… De Pontet, une souffrance émanait avec une si forte puissance que chacun de ses muscles, se crispant, en devenait douloureux. Elle arrêta les princes.
— Je vous invite à demeurer ici, en sécurité. Je ne voudrais pas endosser la responsabilité de la mort de deux des fils du roi…
— Pas question, je suis un vrai partenaire et je t’accompagne ! répliqua Avelin.
— Et je ne resterai pas derrière ! ajouta Adrien, tout aussi déterminé.
— Alors, descendez de cheval, je vais m’efforcer de créer une protection autour de vous. Cependant, je ne suis en rien certaine de sa totale efficacité…
Ses mains tendues vers eux, son esprit balaya leurs corps, nourrissant le bouclier qu’elle construisait à proximité d’eux de toute sa tendresse, sa générosité et son abnégation… Sa pensée rebondit de Barou à dame Mélinda en passant par Hamelin, ces personnes qu’elle aimait plus que tout et qui lui avaient donné plus qu’elle ne pourrait jamais leur rendre. Elle s’était convaincue que si une chose devait protéger les princes d’une éventuelle contamination, ce serait la force de l’amour dont elle les avait enveloppés…
— Allons-y maintenant.

Ils arrivèrent au village, découvrant les ravages de la maladie. Tous les râles, les plaintes, les gémissements résonnaient dans la tête d’Aila et des larmes se mirent à couler sur ses joues sans qu’elle les contrôlât. Mais par où devait-elle commencer pour soulager ces villageois torturés de douleur ? Touchés par l’atmosphère lugubre qui les entourait, Avelin et Adrien gardaient le silence, la mine sombre et le cœur lourd. Alors qu’ils descendaient de leurs chevaux, un homme accourut, le souffle court et l’inquiétude perceptible.
— Messires, ma dame, il vous faut partir très vite. Vous n’auriez jamais dû rentrer, des gardes auraient dû vous en empêcher. Je me nomme Dopier, chef du conseil de Pontet. Notre village a été mis en quarantaine, car nous mourons tous les uns après les autres.
— C’est pour cette raison que nous arrivons, dépêchés par le roi. Voici les princes Avelin et Adrien d’Avotour et je suis Aila Grand. Nous devons agir vite.
Une lueur d’espoir s’alluma immédiatement dans le regard de l’homme.
— Quelle est cette salle ? questionna-t-elle, en désignant un bâtiment muni de grandes fenêtres.
— Celle du conseil, répondit Dopier.
— Bien. Localisez les malades les plus atteints et amenez-les ici. Ce sont eux que je dois les guérir en premier ainsi que les enfants et les personnes âgées qui sont plus fragiles devant la maladie. Faites enterrer les cadavres au plus vite pour éviter une transmission encore plus rapide.
Le chef du conseil acquiesça et tout s’enchaîna alors très vite. Elle plongea dans les corps les uns après les autres, détruisant le mal, s’épuisant peu à peu. Quand Avelin et Adrien voulurent qu’elle mangeât un peu, elle refusa, ne souhaitant pas s’interrompre sous peine de ne plus repartir. Trop de souffrance hantait son esprit et son corps flanchait, perclus de douleurs. Le jour déclina, la nuit envahit le village moribond et s’écoula, à la fois trop vite et pas assez. Les traits tirés, le visage fermé, la jeune fille passa le dos de sa main sur son front, puis regarda autour d’elle pour appeler le suivant. Adrien s’approcha.
— Aila, il faut vous arrêter. Vous avez guéri tous ceux dont la vie ne tenait qu’à un fil. Reposez-vous quelques cloches et c’est un ordre cette fois.
Le prince la fixait de ses yeux dorés. Malgré sa simplicité, il affichait cette forme de majesté innée qui impressionnait Aila. Comme le courage lui manquait pour se rebeller, elle le suivit jusqu’à une petite maison attenante à la salle du conseil. Elle voulut s’asseoir un instant auprès d’Avelin, mais, à peine avait-elle touché le lit qu’elle glissa sur le côté, sa tête tombant sur l’épaule du jeune homme, elle dormait déjà.
— Adrien, j’ai besoin de toi…, murmura-t-il.
Adrien tourna les yeux pour découvrir son frère, coincé entre le mur et Aila, n’osant plus bouger de peur de la réveiller. Un sourire aux lèvres, il attrapa la jeune fille, puis l’allongea, tandis qu’Avelin gagnait un autre lit. Un coup fut frappé à la porte.
— Avelin, va voir.
Comme personne ne remuait, Adrien se retourna une nouvelle fois, constatant que son frère sommeillait lui aussi… Résigné, il alla ouvrir. Dopier, contrit, s’excusa de sa présence avant d’enchaîner :
— Mon bon sire, où est la dame qui guérit ?
— Elle dort. Elle doit absolument se reposer avant de recommencer à vous secourir…
— Je le comprends. Cependant, nous venons de retrouver une gamine qui pleure de chagrin et de douleur, seule survivante de sa famille qui habitait dans une maison très à l’écart du village. Des hommes sont en train d’enterrer ses parents et son frère. La dame désirait soigner tous les enfants et, comme la fillette me paraît au plus mal, nous avons pensé…
Dopier laissa sa phrase en suspens, attendant la décision du prince. Adrien tenait pour certain que si la petite fille mourait avant le réveil d’Aila, cette dernière ne se le pardonnerait jamais. À moins que cela fût à Adrien qu’elle en voudrait éternellement et il ignorait s’il saurait le supporter.
— Allez chercher l’enfant, je réveille Aila.
Adrien s’approcha de la jeune fille et la regarda dormir. Elle dégageait une telle sérénité dans son sommeil qu’il se laissa absorber un court moment avant de se décider à l’éveiller. Il lui parla doucement sans obtenir de réaction, puis tapota son épaule sans plus de succès. Il hésitait encore à la secouer plus fort quand il vit une larme couler le long de la joue d’Aila. Les yeux embués, elle les ouvrit et son regard douloureux coupa la respiration du prince l’espace d’un instant.
— Ils ont trouvé une autre petite fille, lui dit Adrien.
— Je sais, je l’ai sentie, elle va si mal…
Il perçut le doute dans sa voix, celui de pouvoir la sauver. Alors qu’il lui prêtait la main pour se redresser, elle posa sa paume sur son épaule un moment.
— Votre bouclier résiste, vous êtes encore protégé. Aidez-moi à rejoindre Avelin, je veux examiner le sien.
Soutenue par le prince, elle vérifia celui du corps endormi d’Avelin et hocha la tête, satisfaite avant de retourner s’asseoir sur son lit.
— Les voilà. Pouvez-vous me ramener l’enfant, je vous prie ? Demandez-leur son prénom.

Sur le pas de la porte, Adrien saisit dans ses bras la petite Niamie qui pleurnichait, si frêle et si pâle. Il la déposa en face d’Aila qui commença son combat presque perdu d’avance. Alors que la jeune fille n’avait échangé que quelques propos rassurants avec chaque personne soignée, ce fut un flot de paroles dont elle enveloppa l’enfant qui gémissait sans répit. Elle lui racontait sa vie lorsque les beaux jours reviendraient, lui parlait du goût des pommes et du jus de ces dernières qu’elles boiraient ensemble.
— Tu sais, un jour, si j’ai une petite fille, je voudrais qu’elle te ressemble. Deux yeux verts, aussi clairs que les tiens, éclaireraient son visage, ouvert sur le monde, et sa jolie peau, dorée par le soleil, serait à croquer. Elle posséderait le même rire que celui qui résonne dans l’air quand tu es heureuse et une volonté de vivre aussi forte que la tienne. Je l’emmènerais se promener longuement à cheval et je lui apprendrais à se battre. Je lui expliquerais les fleurs et les plantes et je lui enseignerais le bonheur d’être, celui de se contenter de ce que la vie vous donne et de savoir se relever quoi qu’il arrive. Allez, vis, ma douce, vis ! Tu as encore un monde à ta portée ! Reviens avec moi, je t’en prie. Tu ne me laisserais sûrement pas tomber si tu te doutais à quel point j’ai besoin que tu survives…
Malgré sa fatigue, le cœur étreint, Adrien, qui ne les avait pas quittées des yeux, écoutait chaque mot prononcé, sous le charme de la voix chaude et convaincante d’Aila. Puis, quand cette dernière ne fut plus qu’un murmure, il réalisa à quel point la jeune fille s’écroulait, épuisée. Soudain, il la vit déposer un baiser sur le front de l’enfant et lui chuchoter :
— Merci.
Sans se tourner vers Adrien, elle murmura tout en retombant sur le lit.
— Elle est sauvée.
Il récupéra la fillette dont les joues avaient retrouvé les couleurs de la vie et qui dormait à présent d’un sommeil paisible.
— Eh bien ! On peut dire que tu l’as échappé belle ! Bienvenue dans le monde des vivants, petite fille, lui souffla le prince.
Un bref instant après, il la remit au chef du village qui patientait.
— Maintenant, nous devons absolument nous reposer. Ne nous réveillez qu’en cas d’urgence.
— Je vais laisser des hommes protéger votre sommeil, lui assura Dopier. Dormez en paix.
Enfin libéré, Adrien s’allongea sur son lit, la voix d’Aila résonnait toujours à ses oreilles. Il réalisait qu’en une journée, il avait vécu presque plus d’événements intenses que dans toute son existence et comprit le malaise que son frère aîné pouvait éprouver en face de la jeune fille. Elle apportait dans son sillage une tornade qui bouleversait votre vie d’un mot ou d’un geste. Adrien ne connaissait pas les sentiments exacts d’Hubert pour elle, son frère avait depuis si longtemps refoulé tout partage amoureux ou même amical, mais il en était sûr, cette fille l’avait touché, à son cœur défendant. La façon dont il se protégeait d’elle le démontrait clairement… Si seulement il acceptait de se livrer, il pourrait prétendre au bonheur qu’il méritait et, pourquoi pas, avec elle… Au moins, il ne s’ennuierait plus jamais ! Adrien sourit. Il adorait Hubert et aurait donné n’importe quoi pour le voir simplement heureux. Seulement, il est impossible de rendre heureux les gens malgré eux. La fatigue eut bientôt raison de ses dernières pensées et il sombra dans un lourd sommeil réparateur.

Le soleil illuminait le village quand Adrien se réveilla. Son frère et Aila dormaient encore. Il passa la porte et réclama aux hommes qui la surveillaient de quoi manger. Deux d’entre eux partirent en courant s’acquitter de la commission, tandis qu’il rentrait. Il s’approcha d’Avelin et le secoua doucement jusqu’à ce que ce dernier déniât émerger.
— Aila ? demanda Avelin d’une voix un peu caverneuse.
— Elle dort encore. Tu la réveilleras une fois le petit déjeuner servi. Je vais me dégourdir les jambes.
Adrien, heureux de se promener au grand air, passa voir les chevaux et marcha un petit quart de cloche vers la forêt, respirant à pleins poumons. Comme une réponse à toute cette souffrance, il sentait en lui un amour immodéré pour la vie et la joie d’être en bonne santé. Il songea à la journée qui les attendait, confiant. Aila saurait faire face à tout. Il ne se doutait pas qu’un jour, il en viendrait à admirer une personne plus que son père et cela l’étonnait. Dans le même temps, il s’avouait ravi d’avoir croisé sa route, rien ne serait plus tout à fait comme avant maintenant et, contrairement à Hubert, cela lui prodiguait un bien fou. Quand il revint à la maison, elle était assise, la mine bien pâlotte. Cependant, ses yeux brillaient de vitalité et elle mangeait d’un solide appétit, écoutant en riant les plaisanteries d’un Avelin en pleine forme. La vue de toutes les victuailles réveillait la faim d’Adrien qui ne tarda pas à venir partager le petit déjeuner et leurs rires. Dès que son estomac cessa de la tirailler, elle partit chez Dopier pour établir un bilan sur le nombre de personnes toujours malades. Elle recommença ses soins, s’efforçant, pour ces cas plus bénins, de préserver son énergie. En une demi-journée, elle avait fini, tandis que, peu à peu, son signal d’urgence s’amenuisait. Malgré tout, elle percevait encore un bruit de fond lié au risque potentiel que l’étang représentait, mais elle avait décidé de terminer par là.

Après une nouvelle nuit réparatrice, elle acheva les guérisons avant d’assister à la réunion du conseil, réduit d’un quart. Beaucoup d’hommes manquaient à l’appel… Ce village allait devoir renaître malgré les absents. Dopier prit la parole :
— Le constat est terrible : nous avons perdu la moitié des nôtres. Le seul point positif est que nous n’ayons eu aucun d’entre nous à tuer de nos propres mains. Chacun a respecté les règles, car, apparemment, personne n’a cherché à s’enfuir d’ici après la mise en quarantaine. À présent, nous allons pleurer nos disparus et nous reconstruire une nouvelle vie après votre départ. Au nom de tous, je tenais à rendre grâce au roi pour l’aide qu’il nous a accordée, alors que nous désespérions.
Très ému, le chef du conseil se mit à bafouiller en poursuivant :
 — Qu’en plus, il ait envoyé ses enfants parmi nous, c’est… Enfin, quand nous pourrons…, plutôt quand nous saurons comment vous remercier, nous…
Adrien le coupa :
— Nous n’avons accompli que notre devoir. C’est la préoccupation perpétuelle du souverain et de ses héritiers que de veiller sur ses concitoyens. Répétez-le autour de vous, ce sera la seule récompense que nous accepterons.
— Vous êtes trop bons, messires. Sachez que notre reconnaissance et notre fidélité vous sont acquises à tout jamais. Je vous en donne ma parole.
— Nous n’en doutons pas, chef Dopier.
Aila intervint, elle paraissait inquiète :
— Êtes-vous sûr que personne n’a quitté le village ?
Dopier se concerta avec les autres membres du conseil et l’un d’entre eux se leva pour commencer la tournée des habitations. Une demi-cloche s’était écoulée quand il revint, très énervé.
— Messires, il manque Frappier, le fils du boulanger ! s’exclama-t-il. Comme il n’était toujours pas levé, je suis parti voir avec son père s’il n’était pas malade, mais l’oiseau s’était envolé ! Personne ne l’a aperçu depuis hier soir.
Elle jeta un coup d’œil rapide aux princes, se releva et attrapa ses affaires.
— Il faut le retrouver et vite !
Se tournant vers Dopier, elle ajouta :
— Interdisez l’étang ! La source initiale est anéantie, mais, pour l’instant, il reste encore une possibilité de contamination à son contact. Annoncez-le à votre population en leur expliquant les raisons de cette décision. Pour les récalcitrants, indiquez-leur que je ne m’occuperai pas d’eux une nouvelle fois !
Sur le point de quitter la salle, Adrien et Avelin sur ses talons, elle se retourna vers le chef du conseil encore une fois.
— Frappier est-il à cheval ?
— Non, aucun cheval ne manque à l’appel. Il a dû partir à pied à travers la forêt.
— Quelle est la ville la plus proche ?
Dopier réfléchit un instant.
— Il en existe plusieurs. Cependant, dans son cas, je me dirigerais plutôt vers Barreuse, à l’ouest du village.


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