Pourquoi écrire de la fantasy ? par l'auteure de fantasy Catherine Boullery
La saga d'Aila  fantasy


fantasy auteure

Note : 4.6 / 5 avec 232  critiques officiel

Pourquoi écrire de la fantasy ?

Pour se faire plaisir !

Qu'importe si vous êtes le meilleur d'entre tous ou une plume plus modeste, si le fait d'inscrire des mots sur une page vous donne l'impression d'exister pleinement, écrivez ! J'aime comme ces petits caractères me transportent dans un monde meilleur, presque plus réel que celui dans lequel je vis. Je m'épanouis dans un sentiment de liberté infinie qui accompagne chaque page qui se tourne, chaque avancée dans une histoire dont je suis le seul maître, chaque fil qui se sépare des autres pour mieux se réunir avec eux plus tard…

Vous hésitez encore, vous tremblez, ce n'est pas grave, c'est légitime, mais osez ! La page blanche deviendra votre alliée providentielle. Vous pourriez lui livrer votre âme et ses noirceurs qu'elle vous resterait fidèle. Elle sera le reflet de vos engagements, de vos peurs, de vos colères ou encore de vos passions, elle sera l'expression de ce qu'il vous arrive trop souvent de taire ou de cacher, elle vous laissera être celui ou celle que vous êtes sans jugement, sans a priori. Une telle indépendance ne peut se refuser, elle vous grise et vous enchante. Et qui, au cœur d'une Terre trop souvent en camaïeux de gris, peut refuser une telle sensation de plénitude. Pas moi…

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Je n'ai pas toujours écrit. Pour cela, il faut du temps et un esprit libre. Je me souviens encore de mes années lycée et de ces cahiers que je noircissais comme je pensais, racontant mes journées, leurs humeurs, coups de gueule ou de cœur. Cela ne s'adressait à personne d'autre que moi et c'était bien ainsi que je le souhaitais. Je me souviens aussi de mes cahiers de poèmes que je décorais avec la touche de l'artiste, comme le plus précieux des recueils… J'y mettais des dessins, des photos et cela me rendait heureuse.
Ensuite, ce furent d'autres années, celles où la disponibilité vient à manquer ; les études, l'amour, les enfants, le travail accaparent tant de temps que l'esprit s'égare dans d'autres univers que celui de l'écriture. Seulement, ne croyez pas que ces moments apparemment vides sont inutiles. Bien au contraire, ils sont ceux où notre être intérieur s'enrichit. Chaque jour, il se confronte à la vie et, chaque jour, elle lui apprend tout ce qu'elle sait. Parfois la joie est au rendez-vous, d'autres fois, la douleur, mais, à chaque fois, c'est une expérience supplémentaire qui construit un esprit encore plus unique et éclairé. Ce qu'il a découvert, ce dont il s'est imprégné, ce qu'il a aimé ou détesté, un jour viendra, il saura le restituer avec précision, à tel point que ce qu'il vous décrira posera des mots sur des subtilités dont la teneur vous échappait jusqu'au moment où vos yeux les auront découverts. Quel défi extraordinaire que de savoir dépeindre avec justesse et émotion les situations et les sentiments du quotidien, même parfois transposés dans un monde à part !

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Est-ce que le fait d'écrire fait de vous un écrivain ? Si je prends la définition de Wikipédia, cela donne : « Un écrivain ou une écrivaine est une personne qui rédige des ouvrages littéraires ou scientifiques, ou encore qui est habile dans l'art d'écrire. » La première partie signifierait que le fait d'écrire fait de vous un écrivain (ou presque), la seconde que cela nécessite un talent certain. Alors, comment définir le talent ? D'ailleurs existe-t-il une forme unique de talent ? une forme unique d'écriture ? Aujourd'hui, quel écrivain reconnu comme talentueux écrirait comme Rabelais ou Flaubert ? Quel poète comme Ronsard ? Si la langue a évolué, notre monde aussi, et que seront les grands écrivains d'aujourd'hui disséqués par le regard sans concession de nos descendants ? Une pensée pour Van Gogh qui échangeait ses créations contre un loyer. De son vivant, il n'a vendu que trois tableaux… Est-il plus talentueux aujourd'hui qu'hier ? Non, mais notre regard a évolué et notre façon d'appréhender son art également. Aujourd'hui, il est reconnu de tous, et bien peu d'entre nous auraient les moyens d'accrocher une de ses œuvres originales au mur de son salon ! Comme quoi le regard d'un critique, qu'il soit positif ou non, n'est que l'expression d'un moment fugace. De quoi inciter à la modestie…

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Alors qu'est-ce qui a changé entre hier et aujourd'hui ? Je crois profondément que ce qui lie une œuvre à son lecteur (ou à son observateur) est un sentiment de partage entre celui qui offre et celui qui reçoit. Aujourd'hui, je suis celle qui offre. J'ai bâti un monde différent pour que vous vous y sentiez chez vous, j'ai créé des personnages dont je voulais plus que tout qu'ils résonnent en vous, qu'ils vous enrichissent, j'ai inventé des rebondissements pour entendre votre cœur s'emballer, des situations critiques et d'autres tendres pour alterner le rythme de son battement…
En fait, non, ce n'est même pas vrai. Pour être honnête, tout cela, je l'ai d'abord écrit pour moi. Puis, lorsque j'ai vu que mon plaisir pouvait être transmis, j'ai cessé d'hésiter. Partager avec ceux qui m'entourent est ce qui donne un sens à ma vie chaque jour, ce qui fait de moi ce que je suis, tout autant dans ma personnalité que dans le métier qui est le mien.

Je ne suis pas une fée, je ne monterai pas de cage dorée autour de nous pour procéder à un échange de pouvoirs. Cependant, malgré cela, je peux vous l'assurer, le partage vient de commencer…

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À tous ceux qui me liront, mais également à ceux qui ne le feront pas.


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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Aila s’observait dans le miroir. Elle avait fini par accepter ces images d’elle qui ne lui ressemblaient pas, tout en trouvant particulièrement déconcertant ce nouveau reflet qui s’offrait à ses yeux. Elle avait revêtu la robe de bal beige, recouverte de dentelles fines et brodée de perles. Serrée sous la poitrine, cette dernière s’évasait ensuite, prêtant à chacun de ses mouvements une fluidité éthérée. Élina avait dégagé l’ovale de son visage en rabattant les cheveux vers l’arrière d’où ils pouvaient flotter en toute liberté. Une perle, comme celle offerte par sa mère, pendait sur son front, accrochée par une chaîne. La promise jouait son rôle à la perfection. Un coup frappé lui indiqua que le prince venait la chercher pour le repas. Comme chaque fois que son regard se posait sur elle, il s’abstint de tout commentaire et, encore une fois, la déçut un peu plus…
— Les heures passent et je n’ai toujours rien découvert. Et de votre côté ? demanda Hubert.
— J’ai relevé de petits faits singuliers, mais qui méritent un approfondissement. Barnais parle de me montrer le clair de lune sur sa fontaine depuis notre arrivée, je vais l’accompagner ce soir et tenterai de le mettre en confiance.
— Bonne idée. Pour ma part, j’ai reçu plusieurs invitations pour des soirées entre hommes et j’hésite encore sur laquelle choisir… Venez, rejoignons nos hôtes.

Dans la cour, un interminable défilé de carrosses déversait quantité d’invités ! Sire Airin avait sorti le grand jeu et convié tous ses voisins. La réception débuta par la présentation officielle du couple, puis Aila et Hubert échangèrent des salutations courtoises avec une multitude d’inconnus.
Le repas fut animé et l’idée du bal qui devait lui succéder créait une ambiance chaleureuse et légère. Toutes les personnes présentes avaient revêtu leurs plus beaux atours et l’agitation atteignit son comble quand elles rejoignirent le salon. Sous la pression d’Aila qui refusait de danser, Hubert ouvrit le bal avec la sœur d’Airin avant de retourner s’installer aux côtés de sa promise, littéralement clouée à sa chaise.
— Barnais a les yeux rivés sur vous en permanence, lui chuchota-t-il.
— Je sais.
— Vous devez trouver un moyen de parler avec lui !
— Je le sais également, mais si je me lève, il va m’inviter à danser, gémit-elle.
— À présent, la musique accompagne les danseurs que vous surveillez depuis un bon moment, que diriez-vous d’essayer une nouvelle fois… ?
Elle lui jeta un regard suppliant :
— Non, c’est encore trop tôt…
— Comme vous le voudrez, soupira-t-il.
Mais la vie en avait décidé autrement, car Barnais se dirigeait vers eux. « Non ! non, pas maintenant… », pensa Aila, complètement tétanisée. Le fils d’Airin s’inclina :
— Dame Aila, vous observez les danseurs des yeux, sans participer à la fête et cela me brise le cœur. Accepteriez-vous de danser avec moi ? Naturellement, avec votre permission, sire Hubert…
Elle jeta un coup d’œil désespéré à Hubert qui la poussa d’un regard à y aller. Soupirant confusément, elle se résolut à tendre sa main à Barnais, la mort dans l’âme :
— Je ne sais pas danser…, lui précisa-t-elle, avec timidité non feinte.
— N’aimez-vous pas la musique que vous entendez ?
— Si beaucoup, mais je maîtrise mal les pas de danse.
— Ce n’est que cela ! Laissez-vous emporter dans mes bras et bercer par la mélodie… Plus rien d’autre au monde n’existera.
Et ce fut ce qu’elle fit, sa robe voltigeant autour d’elle. Elle ne pouvait plus s’arrêter… Barnais la guidait avec conviction et souplesse. Il n’y avait plus de pas, juste une harmonie qui résonnait en elle comme le plus grand des bonheurs. Elle rayonnait, la pièce tournait jusqu’à en disparaître. Entraînée et enivrée par son cavalier enchanteur, elle ne faisait plus qu’un avec lui, à tel point qu’elle perdit de vue qui ils étaient et où ils se trouvaient. Jamais elle ne s’était sentie aussi bien, entourée par les bras d’un homme qui la dévorait des yeux, en lui souriant. Elle se découvrait belle, attirante, une femme tout simplement, prête à tout pour vivre son rêve jusqu’à l’aube, et ne pensait plus à rien d’autre qu’au plaisir de danser avec lui, indifférente aux coups d’œil assombris d’Hubert ou à ceux de Rebecca qui, délaissée pour le compte, les fusillait du regard.
— Accepterez-vous ce soir de venir à la fontaine voir le clair de lune avec moi ? lui murmura-t-il.
— Pourquoi pas ?
— Allez m’attendre dans le jardin, je vous rejoins bientôt.
Aila flottait sur un petit nuage. Elle avait un peu chaud et se retrouver dans l’air frais de la soirée la fit légèrement frissonner. Elle avança doucement sur le chemin, s’éloignant de la fête et de la musique, heureuse d’écouter le silence après toute cette agitation. Elle entendit le pas de Barnais qui la rattrapait. Tandis qu’ils remontaient tranquillement l’allée, une main fébrile frôlait la sienne comme une caresse.

Il ne lui avait pas menti, le spectacle lui coupa littéralement le souffle. Sous le clair de lune, éclairée par une magnifique lumière, la fontaine immaculée se détachait sur les ombres du jardin comme une flamme blanche, presque aveuglante. Se plaçant à côté d’elle, il l’enlaça doucement, avec un naturel désarmant :
— Je vous avais bien dit que c’était merveilleux…
Posément, il approcha ses lèvres des siennes. Aila n’hésita pas, elle voulait désespérément ce baiser et en apprécia chaque seconde. Si tous les hommes embrassaient ainsi, peut-être avait-elle commis une erreur en commençant si tard… Le baiser fut langoureux et prolongé. Quand leurs lèvres se séparèrent, ce fut elle qui en rechercha un second. Seulement, au moment où elle sentit les mains expertes de Barnais qui remontaient de sa taille vers sa poitrine, elle les repoussa avec douceur et fermeté. Elle s’écarta gracieusement de lui, en riant :
— Cher Barnais, croyez-vous qu’un simple petit baiser peut m’asservir ? lança-t-elle d’un ton un tantinet moqueur.
— Non, un petit baiser dévoile juste la promesse de tout ce que je peux vous offrir d’autre…
Aila se fendit d’un sourire appréciateur :
— Mais vous connaissez déjà mon statut de promise, je ne suis plus une femme libre.
— Avez-vous accordé votre cœur à sire Hubert ?
— Non, pas encore, c’est un personnage si peu…
— … intéressant ? trancha Barnais.
— Votre futur roi ne serait-il pas un homme intéressant ?
— Si peu, affirma-t-il
— Si peu intéressant ou si peu votre roi ?
— Touché, se contenta-t-il de répondre, évasif. Une femme telle que vous mérite mieux qu’un pays qui s’écroule. Vous avez l’étoffe d’une reine aux pieds de laquelle je serais prêt à déposer un royaume !
Il s’agenouilla. Tant d’émotion brisait sa voix qu’Aila se sentait vibrer. Elle lui tendit sa main pour l’amener à se relever. Mais alors qu’il escomptait un nouveau baiser, elle se déroba.
— Vous avez raison, mon cher Barnais, j’ai l’étoffe d’une reine, même d’une grande reine et c’est pour cela que je vais épouser sire Hubert, pour être reine, mais…
Elle garda ses mots en suspens pour mieux accrocher le fils d’Airin.
— … mais si jamais vous avez mieux à me proposer avant mon mariage, vous savez où me trouver…
Elle se serra contre lui, laissant glisser ses mains le long de son buste, et murmura, la bouche près de son oreille :
— Mon petit baiser représentait juste un avant-goût de ce que j’ai à offrir…
Les lèvres d’Aila effleurèrent le cou de Barnais jusqu’à son oreille, puis elle se détourna et s’éloigna, un regret fugace au fond du cœur.
— Excellente fin de soirée, mon cher Barnais.

Remontant vers sa chambre en traversant le jardin, elle passa devant une fenêtre entrebâillée dont elle se rapprocha par curiosité, avant de reculer dans l’ombre et d’écouter, tentant d’identifier ceux qui parlaient. Elle grava leurs voix dans sa mémoire. Une porte s’ouvrit et elle reconnut sans surprise celle de Rebecca dont le premier geste fut de fermer les vantaux, coupant court à son espionnage. Elle attendit un instant, puis fila dans la chambre d’Hubert lui raconter tout ce qu’elle avait vu et entendu. Elle le trouva la mine renfrognée, s’énervant sur la boucle d’une sacoche.
— J’ai des nouvelles intéressantes, lui dit-elle. En premier, ce midi, j’ai observé qu’un groupe d’hommes, situés sur votre gauche, en bout de table, avaient une attitude très différente du reste des invités. Ils ont passé une partie du repas à vous jeter des coups d’œil malveillants, mais, étrangement, aussi vers Barnais. J’ignore qui ils sont, mais je peux vous les décrire.
— Pas la peine, je vois. L’un d’entre eux est Ardenais dont le château borde la frontière du royaume de Faraday. Il peut vraisemblablement alléguer des raisons de s’allier avec ce pays voisin s’il en retire un gain pécuniaire ou territorial. Il y a aussi Duclau, Bourdin et je ne connais pas le nom des autres. Il faudra essayer d’en découvrir plus.
— Je pense que je pourrai soutirer quelques informations à Barnais, il est tellement sûr de lui qu’il peut se faire manipuler, avec un peu de doigté…
— Et un peu de baisers, peut-être ?
Elle fronça les yeux, la moutarde lui montait au nez :
— Vous m’espionnez ! Félicitations ! Je ne savais pas les princes réduits à ces extrémités tout juste au service des médiocres ! Et puis qu’est-ce que cela peut vous faire ?
— Vous êtes ma promise et si les gens apprennent que vous vous laissez embrasser par Barnais, je vais être la risée d’Avotour !
— Ce n’est que cela qui vous gêne ! Pas de soucis ! Avant notre départ, tout le monde saura que vous m’avez répudiée et votre honneur demeurera sauf !
— Vous n’avez pas, non plus, à vous donner en spectacle !
— Ravivez donc vos souvenirs un peu brouillés. Vous vous apprêtiez à me vendre à lui pour soutirer quelques précieuses informations et voilà que, maintenant, vous devenez vert pour un simple baiser. Arrêtez, vous êtes ridicule !
— Je ne suis pas ridicule ! hurla-t-il, sans retenue.
— Alors, c’est que vous êtes stupide ! J’avais d’autres nouvelles à partager, mais, compte tenu de votre incapacité à les recevoir, je reviendrai quand vous aurez repris le contrôle de vos émotions !
— Et c’est à moi que vous dites cela ! Vous ne vous êtes pas vue, mollement alanguie entre ses bras !
— Voyeur ! Jaloux ! Ah ! c’est ça qui vous dérange ! Le fait que j’ai apprécié qu’il m’embrasse, mais cela ne vous regarde en rien ! Et s’il m’en fournit encore l’occasion, peut-être que je recommencerai !
— Je vous l’interdis ! explosa-t-il.
— Je n’ai signé aucun engagement d’obéissance avec vous au cas où vous l’auriez oublié ! Je vous protège et vous sers fidèlement, mais pour le reste, même pas en rêve !
Elle lui jeta un dernier regard provocateur et sortit de la pièce, refermant soigneusement le verrou de séparation. Elle ne décolérait pas et fit les cent pas jusqu’à ce qu’enfin, la tension qui l’habitait s’apaisât… Calmée, elle se coucha, revoyant comme chaque soir la petite fée dorée au moment de sombrer.


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