Les Archives du blog de #fantasy d'avril 2014
tome 3 - L'Oracle de Tennesse

La saga d'Aila  fantasy


fantasy fantasy

Note : 4.5 / 5 avec 210  critiques heroic

Les archives du blog de fantasy d'Aila d'avril 2014

27 avrilUne surprise de taille : copies finies ! Il faut dire que, par le plus grand des hasards, je suis tombée sur une classe de 24 élèves au lieu de 35, voilà qui diminue indubitablement le temps de correction. Autant en profiter !
En conclusion, je peux me remettre à :
- réfléchir sur le projet de financement ;
- poursuivre l'écriture de mes nouvelles (plus l'une que l'autre…) ;
- travailler sur les photos du théâtre (plus de 2400, aïe aïe aïe…) et du carnaval.
Tout ça, c'est pour le plus urgent ! Mais, comme je suis incapable de rester longtemps sur une seule activité (fatigue, quand tu nous tiens…), je suis repartie dans l'exploration du tome V « La Porte des Temps » avec des fourmis dans les doigts. Je ne vous parle même pas des autres activités qui me narguent, se moquant doucement de moi… Comme d'habitude, je vais finir par me disperser et avancer un peu sur tous les fronts sans rien finaliser, grrr… Certains jours, je peux le dire, je m'agace toute seule !
Chouette, c'est dimanche. Belle journée.

25 avrilLes jours continuent de s'enfuir et, moi, comme d'habitude, je tente de les retenir. Sans succès…
Après les tergiversations rencontrées sur les projets en cours et leur changement de cap, m'y remettre m'avait vraiment semblé difficile. Je m'étais beaucoup investie, malgré les courants contraires que je pressentais et, au bout du compte, tout était à refaire donc à réinventer ! Je sais bien, comme le racontait une des belles histoires que je lisais à mes enfants : « à faire et à défaire, on n'est pas à rien faire. » N'empêche, j'apprécierais d'occuper mon temps autrement ! Pour couronner le tout, voici la tuile qui manquait à ma journée : une manipulation malheureuse et la moitié de mon travail vient d'être effacée. Malgré la petite voix mauvaise qui me souffle de renoncer, je reprends mon courage à deux mains et je replonge, mais le cœur n'y est plus…
Je sens que la fin de cette journée va arriver trop vite, comme la fin des vacances.
Belle journée pluvieuse à tous.

24 avrilNouveau commentaire sur Amazon : « une fois de plus piégée par la magie d'Aila !
Le troisième tome a été englouti à la même vitesse que les deux précédents. On se replonge à chaque lecture avec bonheur dans cet univers de force et de fragilité. Aila est passée d'enfant à femme, mais on ne veut surtout pas la quitter! Vite, la suite !
 »
Mais comment les gens savent-ils que j'aime les papillons ? Héhé… Une adorable copine a passé beaucoup de temps à en créer un, rien que pour moi, dans un entrelacs de fils métalliques rehaussé par des perles de cristal de Swarovski et de Bohême jusqu'à ses deux magnifiques antennes, et me l'offert comme le plus précieux des présents. Elle avait raison, il l'était et le restera… Merci, Cintia !

Papillon en perles
Papillon en perles

Je vous souhaite une bonne journée.

23 avrilJ'ai le droit d'être impolie ? Voilà, je suis juste énervée parce que mon cerveau fonctionne à plein rendement, que les idées jaillissent les unes après les autres m'offrant peu à peu toutes les solutions qui manquaient à la trame d'un nouveau roman que j'aimerais écrire (et qui ne débouchera que sur une courte nouvelle…), rendant l'histoire encore plus exaltante, les relations entre les personnages plus complexes et que je sais que, dans moins d'une semaine, je serai rattrapée par le quotidien et qu'une nouvelle fois tout cet univers que je suis en train de peaufiner, développer, chérir, va s'endormir d'un long sommeil parce que je ne dispose pas de la vie qu'il faudrait pour écrire… Je sais bien que le quotidien est compliqué pour beaucoup d'entre nous, mais comment les autres écrivains font-ils pour jongler entre deux métiers ? Moi, je n'y parviens pas et ce constat me désespère, car, un jour ou l'autre, il me faudra choisir définitivement entre l'un et l'autre (la charge cumulée des deux pèse de plus en plus lourd sur mes épaules) et que je suis consciente que je ne pourrai pas choisir celui qui ne me nourrira pas. Un choix reste un choix, même s'il est par défaut, même s'il vous brise le cœur…
Je vous souhaite une bonne journée.

21 avrilJoyeux lundi de Pâques ! La grisaille matinale devrait céder rapidement la place à de belles éclaircies dès le début d'après-midi. Maintenant que je vous ai rassurés sur la météo, vous pouvez passer une belle journée en famille peut-être, un peu de chocolat à portée de main pour satisfaire votre gourmandise.
J'ai terminé le premier jet de ma nouvelle à une exception près : la description de mon esprit Drag'On… Ce n'est pas tant la conception de la bestiole qui pèche, mais plutôt le vocabulaire adapté qui me manque. Quand j'y songe, les dragons ne m'ont jamais vraiment fasciné jusqu'à ce que je m'éclate en regardant le dessin animé de Dreamworks du même nom. Cette relation nouvelle entre cet animal légendaire et les hommes qui les craignaient depuis le début des temps m'a totalement envoûtée et cette phrase d'Harold en est le plus caractéristique témoignage : « Tout ce qu'on croyait savoir sur vous, c'est faux. » En recherchant de lien sur le premier, je suis tombée sur la bande-annonce d'un deuxième volet qui sort le deux juillet prochain, je suis trop contente ! Bon, d'accord, ils ne se sont pas vraiment foulés pour le titre : « Dragons 2 », mais s'il est aussi bien que le premier, ça va être génial ! Vous voulez en savoir plus, deuxième trailer qui me donne encore plus envie !
Pour en revenir à mon sujet initial… Quelle idée, me direz-vous, de me lancer dans une nouvelle qui parle de ces créatures légendaires ? Pour la bonne raison que j'en ignore presque tout et que cette absence de connaissances m'offre une liberté totale pour les imaginer tels que j'en ai envie, sans me conformer à un modèle préétabli. Il n'y a que les termes correspondants à leur anatomie que je souhaite conserver et que, pour l'instant, je n'ai pas dégotés en totalité. Je dois donc poursuivre mes recherches à ce sujet, mais les sites sur lesquels je surfe parlent plus de leur caractère. D'ailleurs, si vous savez comment s'appellent les espèces de trucs hérissés qui s'écartent vers l'arrière de la mâchoire, c'est le moment de partager votre culture sur les dragons avec moi !
Belle journée à tous.

19 avril Comme promis, quelques photos de papillons

Grand Paon de nuit
Grand Paon de nuit

Le Tircis
Le Tircis

L'Aurore
L'Aurore

Le Moro-sphinx
Le Moro-sphinx

Le Citron de Provence
Le Citron de Provence

Le Grand Porte-queue
Le Grand Porte-queue

Belle journée.

18 avril Glup… Le blog est parti en vacances sans vous prévenir ! Il faut dire qu'il a été bien occupé jusqu'au départ et encore plus après à profiter d'un temps estival au cœur du printemps. Chaleur, soleil et ciel bleu, un vrai bonheur quand je me souviens de la grisaille du printemps de l'an passé ! Je vous ai rapporté de beaux souvenirs sous la forme de quelques photos :

Lac du Causse
Lac du Causse

Carennac sur un bras de la Dordogne
Carennac sur un bras de la Dordogne

Arbre à chatons blancs
Arbre à chatons blancs

Jeu de lumière sur une tour de la Défense
Jeu de lumière sur une tour de la Défense

Et vous savez quoi ? Pour changer, j'ai photographié des papillons, dont un magnifique Grand Paon de nuit que mon beau-frère a trouvé à l'entrée d'un centre commercial et que nous avons remis dans la nature après une séance photo, en espérant qu'il parviendrait à repartir. Surprise le lendemain, il n'était plus là ! Tant mieux ! Pour les découvrir, ce sera demain.
Je suis heureuse d'avoir avancé une des nouvelles sur lesquelles je travaille. Je me rapproche de la fin, mais la plus importante, elle, reste encore inachevée. Allez, j'ai encore une semaine devant. Entre quelques paquets de copies, ça devrait le faire, non ?
Agréable week-end à tous !

13 avril Réflexion d'hier que j'ai oublié de partager avec vous : « Quand votre vie ressemble de plus en plus à un roman, c'est que, peut-être, vous perdez un peu plus chaque jour le sens des réalités… » Puis une autre que j'ai répondue à une amie que je n'ai pas vue depuis longtemps et qui me disait en riant que nous allions comparer nos rides : « Quelles rides ? Celles de nos expériences passées ou présentes ? Celles qui prouvent toutes les épreuves que nous sommes parvenues à surmonter ? Celles qu'efface le regard de ceux qui nous aiment, car, qu'importe les années, seuls comptent cette énergie qui vibre en nous et son inaltérable rayonnement, caractéristique d'une lumière immortelle… »
Vous partez faire des photos du théâtre pour des amis et vous revenez avec un cadeau inattendu. Accueillie à mon arrivée par une collègue, cette dernière s'est approchée de moi en disant : « Dans la salle, tu vas avoir une de tes fans. Ma mère vient voir le spectacle et je lui ai dit que tu venais aussi et que je te présenterai à elle. » Effectivement, à la fin de la représentation, j'ai parlé quelques instants avec une dame fort gentille, presque émue et totalement enthousiaste. Comment dire… je crois que j'étais autant touchée par sa ferveur qu'elle de me rencontrer. Quand je suis revenue le lendemain, mon adorable collègue est revenue vers moi pour me dire à quel point sa mère avait été émue de me parler au point de dire à sa fille que c'était la première fois qu'elle discutait avec l'auteur d'un livre qu'elle connaissait. Cette histoire renforce ma conviction que la vie devient encore plus belle quand se multiplient dans son sillage des moments hors du temps tels que celui-ci, une rencontre, une émotion, des regards qui partagent dans le silence plus que des mots, des sensations inoubliables…
Autre constat qui me rassure : ma saga est vraiment intergénérationnelle, appréciée par la mère et par la fille !
Soleil ne me quitte pas ! J'ai besoin de ta chaleur sur ma peau pour renaître après l'hiver, de ta lumière pour me remettre à rayonner, de ton énergie pour être capable de faire face à toutes mes obligations !
Bon dimanche.

12 avril Pour commencer, le gentil cinéaste du tournage de la vidéo sur la communauté d'Aila a lancé un projet dont j'ai oublié de vous parler, engagée comme je l'étais cette semaine dans d'autres obligations ! Je vous invite à regarder sa réalisation, un fan-film de Harry Potter que je trouve vraiment chouette : Warren Flamel : La Malédiction de l'Immortalité - Épisode 1 [HD]. Leur projet de financement sur Ulule pour le tournage de l'épisode II vient de se terminer avec une belle réussite (119 % du montant escompté), venez en découvrir plus sur la plateforme de financement. J'ai raté le bon moment, mais, pour l'épisode III, je m'y prendrai plus tôt !
Une drôle de semaine qui se termine entre tristesse, voire détresse et enchantement ! De quoi me laisser un peu perplexe, légèrement perdue, mais aussi emplie par un sentiment étrange de bien-être dont je ne sais comment il a pu éclore sur des cendres encore chaudes…
Bien sûr, en moi, existe le prof. C'est mon premier métier, celui que j'ai choisi avec conviction pour répondre au désir qui était le mien de partager des connaissances, de donner envie d'en savoir plus. Parfois, il me passe dans la tête des idées bizarres, comme celles de réapprendre ce que j'ai oublié ou de découvrir ce que je n'ai jamais su. Mais bon, le constat est simple, les journées n'ont que 24 heures et elles sont bien trop courtes pour que je parvienne à y caser tout ce que je souhaiterais ! Surtout que j'en passe une partie à dormir.
Bien sûr, en moi s'est développée l'écrivaine. Elle a vécu cachée dans l'ombre de mon esprit, attendant son heure pour s'exprimer pleinement… Mes idées bouillonnent. Au cœur de cette semaine nuancée, j'ai l'impression d'avoir ravivé une flamme, celle que mon activité principale éteint bien trop souvent, mais qui n'attend qu'une étincelle pour reprendre. L'écriture est mienne à travers les rêves éveillés de mon âme, je lui dois l'intensité et la chaleur de ma vie.
Et je suis aussi photographe ! Ainsi, j'ai occupé trois de mes soirées à photographier le spectacle de la troupe théâtrale de mon lycée, à me laisser envahir par une pièce magnifique dans lequel le théâtre parle de lui-même, fondant sous le charme d'un personnage fantasque, incontrôlable pour lequel la réalité s'était totalement effacée derrière le jeu de l'acteur permanent. J'ai adoré « Le théâtre ambulant de Chopalovitch » de Lioubomir Simovitch, tant par le regard de la photographe sur le jeu des acteurs que par l'écoute attentive de ce texte riche dans lequel les mots rebondissent d'un personnage à l'autre. Voici une de mes tirades préférées, celle de Monsieur Philippe Ternavatz :

« Je me dresserai,
opprimé, brisé, terrassé,
avec mon épée en bois
contre les armées d’acier.

Sur mon épée en bois,
aux enfants désolés,
aux mères éplorées,
j'apporterai la liberté.

Sur mon cheval de bois
j’envahirai la Bourgogne,
l’Angleterre et la Pologne,
avec mon épée en bois.

Je montrerai à toute la terre
le tronc noir en fer,
l’enclume tranchée
avec mon épée.

À travers les obscures nations
qui dans leurs chaînes aboient
je combattrai le dragon
avec mon épée en bois.

Je partirai vers le nuage
qui comme l’acier rougeoie,
pour transpercer le dragon
avec mon épée en bois.

J’emmènerai des nuées
dans l’écume et la brise
par mon épée en bois
la jeune fille conquise.

Porté par les larmes
les sanglots et les voix,
je volerai dans les flammes avec mon épée en bois. »

C'est ainsi, elle me fait rêver… Vous pouvez consulter le manuscrit, en cliquant sur le .doc titré : « PREMIÈRE PARTIE TABLEAU I L'ARREST… »
Bon week-end à tous.

9 avrilBeaucoup d'occupations ces derniers jours que je vous raconterai bientôt, mais je souhaitais avant tout partager avec vous un sujet de réflexion : quelle est le véritable rôle des médias ?
Mes élèves de première S m'ont accueillie mardi en me disant : « Madame, vous avez vu le reportage de France 3 sur notre lycée ? Franchement, c'était nul… » Comment ne pas détecter dans leur propos la tristesse, la désillusion voire un soupçon de colère et comment ne pas maudire ceux qui avaient réalisé ce reportage pour avoir blessé autant de gens de façon aussi inutile et inconsciente ?
Oui, mon lycée n'est pas un lieu élitiste. Oui, dans mon lycée, on trouve de tout : des élèves adorables et d'autres qui le sont nettement moins. Oui, dans mon lycée, le monde n'est pas rose tous les jours et, régulièrement, même avec l'expérience qui est la mienne, je dois me battre pour rester ce que je suis censée symboliser : un adulte cohérent représentant l'autorité. Oui, parfois, rarement il est vrai, à mon corps et à mon cœur défendant, je dois prendre sur moi et jongler avec l'inacceptable… Je n'en tire aucune fierté, juste la conscience de ma propre limite et l'inquiétude de la voir toujours repoussée jusqu'au moment où elle sera atteinte. Mais ce que je constate chaque jour me porte également : des professeurs investis dans la réussite de leurs élèves, à leur écoute quand il le faut, capables d'adapter leur attitude à la situation de chacun, se démenant pour les amener à progresser, pour créer une dynamique de réussite. Les élèves en sont bien conscients quand ils viennent vous remercier pour ce que vous leur offrez avec votre cœur et votre savoir.
Alors, comment accepter l'inacceptable quand tout ce travail est balayé sans vergogne pour un obscur reportage, manipulé, dépouillé de sa substance profonde, pour offrir non pas un regard honnête et argumenté, mais juste ce dont les journalistes avaient besoin : il leur fallait un côté sombre, ils ne l'avaient pas, alors ils l'ont créé sur nos fragilités, nos failles et nos incertitudes. Tant pis si, pour y parvenir, ils devaient mentir, déformer, tricher et se compromettre ! Tant pis si cet objectif incontournable signifiait écraser sans sourciller les autres, parents, élèves, enseignants, au passage ! Qu'importe si ces quelques minutes dénigrent la tâche de ceux qui se confrontent chaque jour à la difficulté ! Où êtes-vous donc, petits reporters sans scrupules, quand nous éduquons vos enfants, leur apportons leur meilleur de nous-mêmes ? Terrés, bien à l'abri de classes de trente-cinq élèves qui sont notre lot quotidien, votre utilité au final se résumerait-elle à faire basculer la vie d'autrui sans le moindre état d'âme ? Je vous maudis de détruire mon lieu de travail, sa crédibilité, sa valeur et la mienne avec ! Quelles excuses vous donnez-vous pour agir de façons aussi irresponsable et égoïste ? Quelle insensibilité est la vôtre ?
Alors, oui, je suis en colère ! Alors, oui, j'aurais envie de demander des comptes à ces êtres méprisables qui se vendent chaque jour à l'audimat quand mon combat journalier est d'accompagner mes élèves vers la réalisation de leur projet, pour qu'ils sortent grandis de leur passage dans ma classe, de gérer l'hétérogénéité d'un public pas obligatoirement acquis ni à ma matière, ni à ma cause, d'apprendre à surmonter les échecs ou les remises en question et de croire encore et toujours, même quand les médias s'en mêlent ! Mais non, je ne le ferai pas, car, pour se comprendre, il faut partager de belles valeurs communes et mes illusions à cet égard se sont déjà éteintes…
Le coup de gueule est terminé. Je vous souhaite une belle journée.

6 avrilCette semaine, ce sera carnaval tous les jours ! Dans la folie ambiante, à défaut de trouver un modèle pour représenter Aila, me voilà promue jeune fille de 17 ans, armée d'un kenda ! Je ne suis pas certaine que, même de loin, je fasse illusion. Mais bon, tant pis, c'était rigolo et j'ai joué le jeu ! Allez, je partage avec vous un cliché, juste pour rire !

Aila… ou pas !
Aila… ou pas !

Le soleil s'en est déjà allé… Quel dommage ! Mais je suis parvenue à capturer quelques images avant de le voir s'éclipser. Les premiers papillons ont fait leur apparition dans les jardins ou sur les berges de la Seine (Tircis, Piéride, Azuré) tandis que les arbres en fleurs égayent le paysage.

Bord de Seine
Bord de Seine

Bord de Seine
Bord de Seine

Demain la reprise pour beaucoup d'entre nous, alors, bon courage.

2 avrilRien à faire, le temps m'échappe et je le sens s'écouler entre mes doigts sans pouvoir le retenir… et dire que mon dernier blog date déjà de mercredi dernier ! Mille excuses pour vous avoir abandonnés, je reviens !
Hier, c'était carnaval au lycée, un 1er avril, il faut le faire ! Non, non, je vous jure, ce n'est pas une blague ! Le pire de l'histoire est que, l'an passé, je m'étais acheté en solde un déguisement que j'avais soigneusement rangé en attendant le prochain carnaval, tellement soigneusement que je l'ai perdu corps et biens, la tuile. En conclusion, persuadée que je finirai bien par le retrouver avant le carnaval de l'année prochaine, j'ai décidé de réinvestir dans un nouveau déguisement (en promotion cette fois !) J'ai passé ma commande trois semaines avant le carnaval, avec un petit coup de fil pour m'assurer que la livraison serait en temps et en heure. Coup de sonnette du facteur, youpi ! Ouverture du carton avec précipitation pour découvrir la totale pour Astérix (gourde, gobelet, glaive et casque) taille minimoy, plus le nécessaire pour combattant de l'extrême (fusil à effets sonore et lumineux, bandeau et maquillage US army) ! Glup… Petit moment de flottement avant de se précipiter sur le téléphone et d'espérer une correction immédiate de cette erreur de livraison. Mais non. Décidément, je suis maudite cette année… Alors, je suis passée au plan B. Lors des soldes de l'an passé (encore !), j'étais tombée sur une belle robe de bal de couleur automnale, pas tout à fait de celle dont on rêve quand on est petite fille, mais pas loin, une robe pour une princesse qui a quitté l'âge tendre depuis longtemps… Mon petit cœur et mon âme de midinette n'avaient pas résisté à la tentation et, pour quarante euros, s'étaient offert la robe rêvée… Ne vous moquez pas comme ça, une fois de temps en temps, ça fait plaisir de se laisser emporter par des plaisirs oubliés ! Petite discussion avec mon adorable voisin qui me propose une perruque pour accentuer le côté déguisement (faut dire, une robe de bal n'est pas vraiment un déguisement…) Et hop ! Je serai une actrice, cheveux courts et roux, sur le point de recevoir un oscar (j'aurais pu tenter l'oscar de la meilleure prof, mais je n'ai pas osé !) Voici quelques images :

Lâcher de ballons au lycée
Lâcher de ballons au lycée

Envol des ballons dans la cour d'Évariste Galois
Envol des ballons dans la cour d'Évariste Galois

De nouveau, la semaine arrive à son apogée, alors direction : le week-end ! Bonne journée.


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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

— Sire Hubert ! Ne racontez pas n’importe quoi !
— Vous voyez, vous recommencez ! Vous ne savez pas vous taire !
— Et vous ne savez pas écouter ! Alors, faites un effort et entendez-moi ! J’admets que je ne dois pas être facile à vivre si vous cherchez un chien bien dressé à vos côtés. Pour être franche, je ne le deviendrai pas, mais de là à gagner plus d’importance auprès de votre père que vous, vous faites fausse route sur toute la ligne ! Il a une immense confiance en vous. À qui a-t-il confié le gouvernement de son pays quand il était mal ? À vous !
— Il n’avait pas le choix, de toute façon !
— À croire que je connais mieux la loi que vous ! Bien sûr que si ! Il aurait pu le donner en régence à sire Hector… Et c’est vous qu’il a choisi ! Qu’est-ce que j’apporte moi, avec mon sale caractère ? Une vision nouvelle qui bouscule la routine dans laquelle vous vous êtes installés. Je pose les questions qui dérangent, je dis les mots qu’il ne faut pas, je vous oblige simplement à sortir de vos ornières ! Votre père l’a accepté, mais pas vous ! Vous vous y refusez parce que je bouleverse votre petit monde ! Mais, que vous le vouliez ou non, tout change… Et vous ne pourrez pas l’en empêcher ! Alors, au lieu de freiner des deux pieds, essayez de comprendre et de vous adapter…
— C’est pour vous que vous dites cela ? rétorqua-t-il.
Aila sourit.
— Consciemment non, mais inconsciemment, peut-être ! Il faut que nous arrivions à surmonter ce qui nous sépare et que vous cessiez aussi de douter de vous en permanence ! Personne ne peut prendre votre place dans le cœur des gens, ils en ont assez pour accueillir d’autres personnes. Vous savez, votre attitude porte un nom : la jalousie.
— Vous êtes dure.
— Je suis honnête. Et vous, sire Hubert, vous vous devez de l’être envers vous-même. Quels efforts êtes-vous prêt à consentir ? Je vous rappelle que votre père, même si je dois le laisser en dehors de nos querelles, a été on ne peut plus clair à ce sujet, dit-elle, en rendant sa voix plus grave pour imiter celle du roi.
Il afficha un timide sourire.
— Vous ne me faites pas vraiment confiance, n’est-ce pas ? questionna-t-il.
— Vous m’avez déjà sauvé la vie. Croyez-vous que je puisse l’oublier ? Vous êtes un homme courageux, fiable, mais je ne sais pas si je peux tenir mon rôle à vos côtés. Vous avez tellement peur que je vous prenne votre place ou l’amour de votre père que vous m’enlevez toute chance de vous prouver que je ne veux rien vous voler et ceci m’insupporte. Vous ne me changerez pas et, même si vous pensez que c’est bien dommage, c’est ainsi. Je reste une potiche qui ne plie pas !
— Vous connaissez beaucoup de potiches pliables ?
— Non, mais ce n’est pas grave ! conclut-elle en éclatant de rire.
— Bon, j’ai compris la leçon. Enfin, je crois. Père sera content quand il va retrouver deux monstres transformés en anges…
— Sire Hubert, vous vous êtes déjà engagé une fois pour vous défiler dès que vous en avez eu l’occasion. Je ne le supporterai plus…
— Je le regrette sincèrement, Aila, coupa Hubert. Je sais que je n’ai pas agi comme j’aurais dû. Le pire de tout est que vous aviez raison sur les Hagans. En dédaignant vos conseils, par fierté ou par bêtise, j’aurais pu commettre une grave erreur et je l’ai réalisé… Je vous fais une proposition pour que nous repartions sur de nouvelles bases, je vous offre un serment comme celui que vous avez pris envers notre famille.
Elle pencha la tête sur le côté, attentive.
— Je vous écoute.
— Moi, Hubert d’Avotour, m’engage à considérer Aila Grand comme une partenaire compétente, digne de respect et d’écoute. Je m’engage aussi à ne plus trahir sa confiance.
— J’apprécie ce début encourageant. Cependant, sire Hubert, j’attends encore davantage, j’ai besoin que vous m’accordiez une confiance absolue. Et pour que vous compreniez pourquoi, je dois partager un secret.
Elle chercha comment présenter ce qu’elle avait à partager.
— Nous partons en mission pour tuer le chef hagan. Seulement, si je vous dis sur place que nous ne devons pas l’exécuter, vous devrez me croire parce que je sais des choses que vous ignorez.
Dans les prunelles d’Hubert, elle reconnut la petite lueur qui signalait qu’elle l’agaçait. Ressentant une pointe de découragement, elle poursuivit malgré tout :
— Sire Hubert, depuis Escarfe, je partage la magie des fées, lui confia-t-elle, guettant sa réaction.
Elle en avait prévu beaucoup, de la plus plausible à la plus excentrique, mais pas celle qui suivit. Il éclata de rire.
— Voyons, les fées n’existent pas ! s’exclama-t-il, quand il reprit enfin son souffle.
— Mais vous avez déclaré le contraire à Antan ! répliqua-t-elle, carrément indignée.
— Je ne pouvais quand même pas contredire Orian !
— Alors, je vais vous prouver que je dis la vérité. Regardez !
D’un geste mental, elle projeta les trois épées, suspendues sur le mur droit, directement dans la porte du bureau. Elles s’y fichèrent fermement dans un bruit mat, tandis qu’Aila bénissait les fées de lui avoir donné le petit coup de pouce dont elle avait besoin. Si elles l’avaient laissée tomber à ce moment-là, elle était fichue. Interdit, le prince, immobile et bouche bée, regardait les lames qui vibraient encore.
Ce fut le moment que choisit le roi pour revenir et sa voix retentit :
— Ne me dites pas que vous en êtes venus à régler vos comptes à l’épée ?
— Non, je suis désolée, sire, c’est de ma faute. Je vais réparer votre porte immédiatement et ranger les armes, précisa Aila, avec empressement.
Elle se précipita pour enlever les lames qui avaient transpercé le panneau et grimaça en constatant à quel point elle avait effectivement abîmé le bois…
— Laissez tomber les épées ! Pourriez-vous m’expliquer quelle démonstration nécessitait de détériorer ma porte ?
— Père, Aila voulait juste me prouver qu’elle partageait le pouvoir des fées et elle a parfaitement réussi.
Le visage de Sérain se détendit tandis qu’il observait la jeune fille avec attention.
— Aila, vous avez enfin trouvé d’où vous viennent tous vos nouveaux talents ?
— Oui, mon roi.
— Bien ! Je veux tout savoir. Je vous écoute.
— Je rencontre les fées depuis la fin du séjour à Escarfe. Elles partagent avec moi leur pouvoir, mais je ne les détiens pas et, sans elles, je ne peux rien. Si je l’ignorais, c’était que, pour me préserver, elles effaçaient ma mémoire après chaque visite.
— Est-ce tout ?
— Non, malheureusement. Sire, elles meurent jour après jour et, aujourd’hui, elles n’ont plus la force d’assister les hommes. Si elles partagent leur magie avec moi, c’est parce que je suis la seule à être en mesure de communiquer avec elles et espèrent ainsi que je les aiderai à trouver et à protéger l’héritière, l’être humain qui recueillera tous leurs pouvoirs.
— Et quel rôle joue cette Amata dans toute cette histoire ?
— Il faut croire que je suis sollicitée de multiples parts, car elles ne sont pas à l’origine des visions, ce sont les Oracles. Je suppose que l’un d’eux a pris contact avec moi à sa façon et qu’il m’impose le sentiment de ce que je dois ou ne dois pas faire. Je ne sais même pas si l’appel que j’ai reçu pour sauver la femme qui accouchait venait de lui…
— Et pour sortir notre pays de sa misère ?
— Peut-être devons-nous attendre la naissance de l’héritière ou, si nous ne voulons pas patienter jusqu’à sa venue comme la solution miracle, réfléchir à ce que nous pourrons trouver pour protéger par nous-mêmes nos récoltes ainsi que la population. Comme, jusqu’à présent, nous étions préservés de tout, nous avons perdu l’habitude de faire face et de réagir de façon adaptée.
— Voilà une idée terriblement intéressante… Réapprendre aux gens comment se comporter devant les catastrophes et survivre dans l’adversité… Mais comment savoir ce qu’il convient de faire ? Exceptées ces dix dernières années, nous avons toujours vécu plutôt protégés de tout. À quelle époque devons-nous remonter pour trouver les réponses ?
— Dans les livres antérieurs à la magie des fées, s’il en existe, ou tout simplement en nous creusant les méninges pour réinventer les solutions. Nous ignorons quand arrivera cette héritière, peut-être allons-nous devoir nous débrouiller tout seuls pendant longtemps…
— Quand Orian sera de retour, peut-être aura-t-il des suggestions à nous apporter ? Pour en revenir à vous, dit le roi, en fixant alternativement Aila et Hubert, j’exige votre projet demain après-midi, dernier délai. Maintenant, entraînement de kenda !
— Vous m’excuserez, je n’en serai pas aujourd’hui, je me suis engagé ailleurs, objecta Hubert.
— Pas de souci, mon fils. Les autres, retrouvons-nous au manège !

Ces heures d’exercices procurèrent un bien fou à Aila qui évacua toute la tension accumulée. Elle avait franchi des étapes importantes en concluant une paix provisoire avec Hubert et en parlant de sa mission auprès des fées. Pourquoi le prince n’était-il pas venu s’entraîner ? Elle ne croyait pas à cette histoire d’engagement. Elle avait deviné la souffrance qu’il ressentait à regarder ses partenaires progresser, alors qu’il végétait. Il ne faisait pas mieux que le roi avec un banal bâton de combat, et encore… Si elle avait pu l’aider… Avant de quitter Avelin, elle lui offrit de commencer les cours de hagan le soir même et il fut enchanté par cette proposition.

Sur le chemin du retour, l’idée de revoir le jardin obscur la traversa. Elle parcourut les couloirs jusqu’à sa porte qu’elle ouvrit. L’endroit paraissait toujours aussi magnifique, même en pleine lumière du jour. Elle ignorait pourquoi il touchait autant son cœur, mais elle s’y sentait bien. Un bruit de respiration derrière un massif attira son attention et, curieuse, elle le contourna pour y découvrir Hubert qui s’entraînait seul au kenda. Il s’escrimait comme un beau diable, sans succès, néanmoins sans renoncer. Comme s’il savait d’avance qu’il n’y arrivait pas…
« Il ne manque pas de courage », pensa-t-elle, tandis qu’elle s’approchait à pas feutrés.
— Sire Hubert ?
Surpris, il se tourna vers elle. Il paraissait gêné.
— Aila ! J’ignorais que vous étiez là.
— Je m’en doute… Sire Hubert, ce que vous faites ne peut pas marcher parce que, comme d’habitude, vous voulez tout maîtriser… Le kenda n’est pas une arme qui fonctionne de cette façon, il se ressent. Vous devez apprendre à vous laisser entraîner par lui. Il vous invite à sauter par-dessus un ravin, n’écoutez que sa voix et bondissez ! Il vous souffle de voler, faites-le ! Tant que vous ne lui ferez pas absolument confiance, tant que vous n’entreprendrez les choses qu’à votre manière sans recevoir la sienne, la fusion entre vous deux ne s’accomplira pas. Vous en souffrirez tous les deux : lui, parce qu’il échouera à vous faire voler et vous, parce que vous ne saurez jamais que vous auriez réussi…
Elle se tut un instant avant de poursuivre :
— En vous regardant, l’idée m’est venue de tenter une technique différente pour débloquer la situation. Voulez-vous l’essayer ?
Mal à l’aise, le prince hocha la tête. Elle se mit debout, les mains tendues vers l’avant, tenant son kenda parallèle au sol.
— Placez-vous comme moi, puis passez vos bras autour de moi de telle façon que nos deux kendas se touchent. J’espère, de cette façon-là, vous entraîner avec moi dans sa danse et, cette fois, c’est moi qui vous guide.
Elle lui sourit. Le prince la contourna et plaqua ses bras contre les siens, leurs armes se rejoignant. Dès leur contact, elle eut l’impression d’être projetée dans les airs par une bourrasque phénoménale sans en comprendre la raison. Pourtant, quand elle rouvrit les yeux, elle n’avait pas bougé de place, les bras d’Hubert l’entouraient toujours. Elle reprit le contrôle de son esprit que le tourbillon avait entraîné et continua :
— Vous allez reproduire chacun de mes gestes comme si vous étiez mon ombre. Accordez-vous à la fois sur votre kenda et sur le mien et laissez-vous emporter.
Elle commença par de légers mouvements, guettant la réaction du prince. Bientôt, elle accentua leur cadence et, tout en restant sur place, amplifia ses actions. Pour l’instant, il arrivait à la suivre, mais elle détectait l’effort considérable que représentait pour lui de n’être que son double…
— Ressens ! lui ordonna-t-elle.
Et elle l’entraîna à sa suite, dans un tourbillon de gestes et de déplacements, sentant sa réticence céder graduellement.
— Perçois ! Agis !
Elle quitta ses bras et se retrouva en face de lui. À chaque attaque qu’elle déclenchait, il parait.
— Encore !
Et elle recommença, augmentant le niveau et l’intensité de chacun de ses enchaînements.
— Attaque !
Et Hubert attaqua tel un lion lâché dans une arène, féroce, sauvage, avec une authentique volonté de vaincre. Loin d’avoir donné toute sa mesure, Aila esquiva sans trop de difficulté, malgré tout très impressionnée par la puissance du prince débarrassé de ses chaînes, un autre combattant qu’elle aurait été balayé…
— Repos ! cria-t-elle.
Ils s’arrêtèrent tous deux, essoufflés.
— C’était magnifique ! Vous êtes prodigieux quand vous libérez votre énergie. À présent, je vous enseigne un enchaînement très complexe et je parie que vous allez le réussir. L’objectif final consiste à immobiliser son adversaire, le kenda sur le cou, ici en particulier, dit-elle en montrant un point sur sa gorge. Si l’intention est de tuer, il suffit, au lieu d’arrêter son geste, de le poursuivre jusqu’à l’étouffement. Sinon, on peut seulement diminuer la capacité à respirer de son ennemi et, ainsi, le garder sous contrôle. Il existe deux variantes possibles : l’une où l’appui se pratique debout et l’autre, allongé. Je vous montre la première. Ressens ! Quand mon kenda me dit « vole ! », je vole !
Et elle s’élança comme toujours avec la légèreté d’un oiseau. Elle fit face à un adversaire invisible, puis, lui tournant le dos, elle lança son arme en l’air, exécuta un prodigieux saut arrière au cours duquel l’oiseau qu’elle était, prenant appui sur ses mains, voltigea par-dessus l’homme imaginaire. Arrivée derrière son dos virtuel, elle rattrapa son kenda et le plaqua sur sa gorge, verrouillé par ses deux avant-bras.
— À présent, avec vous !
Elle se mit en face de lui et répéta le même mouvement. Il se retrouva la gorge doucement comprimée par le bâton d’Aila. Elle lui répéta :
— Mon kenda me dit « vole » et je vole ! À vous, sire Hubert !
Il prit position devant un adversaire imaginaire et échoua, tant sa retenue limitait ses gestes. Il doutait à nouveau, tandis que sa raison reprenait le dessus. Aila arrêta rapidement l’exercice, le sentant encore perdu à cause de son échec.
— Sire Hubert, nous allons réellement combattre, je ne vous ferai aucun cadeau et vous volerez ! Si vous ne luttez pas, je vous jure que je vous écrabouillerai ! En garde ! À l’attaque !
Et elle s’élança : assaut, enchaînement de positions, charge, repli, nouvel engagement, paré et, pas à pas, elle poussait le prince dans ses retranchements. Soudain, pour contenir une attaque encore plus violente que les autres, il lança spontanément son kenda, effectua le saut arrière par-dessus sa partenaire et se retrouva derrière elle, son arme rattrapée et posée sur la gorge d’Aila. Il en relâcha la pression immédiatement et, sans réfléchir, Aila se jeta à son cou en explosant de joie.
— Extraordinaire ! Fantastique ! Maintenant, vous avez dépassé vos deux frères sans aucun problème ! Continuons. La deuxième attaque permet d’achever un homme à terre. Là aussi, il faut voler et s’écraser sur lui en appuyant le bâton sur sa gorge pour l’anéantir, éventuellement. Allongez-vous sur le sol, je vous montre.
Docile, Hubert se retrouva sur l’herbe, attendant sans un mot ce qui allait advenir. Il eut à peine le temps de se poser la question qu’elle atterrissait sur lui, l’accablant de tout son poids, le kenda sur son gosier, lui coupant le souffle.
— Maintenant, à vous ! Volez !
Elle se coucha sur le sol, prenant la place d’Hubert, et se prépara au choc. Elle le vit, largement plus massif qu’elle, décoller. Si les jambes du prince broyèrent les siennes, il n’aplatit pas son buste sur le sien, restant en appui sur ses bras. « A-t-il eu peur de me faire mal ? », pensa-t-elle. Levant ses yeux vers lui, l’intensité du regard qui la fixait surprit Aila. Que dissimulaient ses fenêtres bleues ? Elle y plongea pour découvrir l’homme qui s’y cachait, un être tellement secret qu’il s’enfermait derrière un mur inaccessible aux autres, fuyant la moindre expression de ses sentiments, une personne dont la peur d’exister faisait rimer vie avec souffrance. Puis elle revint vers lui, sentant sa chaleur contre elle, ressentant sa puissance et ce qu’il taisait comme un tourbillon vertigineux, son regard rivé au sien comme un aveu de sa fragilité intérieure. Il se fléchit légèrement sur ses avant-bras, se rapprochant d’elle. De lui, elle ne perçut plus que son souffle sur son visage. Il était si près…
— Désolé, j’ai échoué, lâcha-t-il dans un murmure.
Hubert se releva, ramassa son kenda et disparut sans un mot. Complètement secouée, Aila se redressa, tremblant de tous ses membres, partagée entre l’incompréhension de ce qu’elle venait de vivre et la détresse face à ce qu’elle avait entraperçu. Elle prit sa tête entre ses mains et se mit à pleurer doucement, submergée par un flot d’émotions qu’elle ne contenait plus. Par les fées, que lui arrivait-il ? Qu’y avait-il chez cet homme impossible qui la fragilisait autant ? Pourtant, elle s’était fait des promesses, elle avait affirmé son indifférence et elle mentait, elle se mentait… Elle n’était pas indifférente, mais ce qu’elle ressentait, elle l’ignorait. Peut-être lui rappelait-il trop Barou et que, malgré elle, briser le mur de glace qui la séparait d’Hubert figurait une façon de prouver que même son ancien père pourrait l’aimer…

Peu à peu, Aila se calma, progressivement envahie par la quiétude du jardin. Renoncer, elle devait renoncer. Tous les rêves ne s’exaucent pas et son père ne l’aimerait jamais. Si au moins Hubert pouvait arriver à la supporter sans s’énerver, ce serait un tel progrès ! Elle finit par se lever, saisit son kenda et se résolut à regagner sa chambre pour se changer. Elle entendit un bruit à peine audible comme celui du cliquetis d’un pêne. S’accroupissant, elle prit le temps d’analyser les traces laissées par l’intrus qui venait de s’éclipser. Difficilement perceptibles, ce ne fut qu’un heureux hasard qui lui permit de découvrir son identité. Sentant la colère l’envahir, elle décida d’aller sur-le-champ lui demander des explications. Parvenue devant la porte de sa chambre, elle frappa sans hésiter. Lorsqu’il ouvrit, il comprit au premier coup d’œil qu’elle l’avait démasqué. C’était bien lui qui venait de quitter le jardin obscur… Elle s’écria :
— À croire que c’est de famille ! Vous espionnez toujours les gens ainsi ! Pourtant, vous êtes une des rares personnes que j’aurais imaginée réduite à une telle lâcheté ! s’exclama-t-elle, furieuse.
— Acceptez-vous d’écouter mes explications ou suis-je condamné avant de pouvoir me défendre ? Entrez, avant que tout le couloir ne soit ameuté par vos cris…
Elle obtempéra, se sentant un peu gênée à présent.
— Je passais devant le jardin quand j’ai aperçu Hubert en sortir. Il paraissait tellement ébranlé que j’ai voulu en comprendre la raison. Je suis donc rentré et je vous ai entendue pleurer. Comme je ne souhaitais pas vous abandonner seule dans cette tristesse, je suis resté caché, derrière le buisson, attendant de voir si vous aviez besoin d’un ami ou non. Puis, une fois votre calme revenu, je suis reparti silencieusement. Apparemment, j’ai raté ma sortie discrète. Alors, qu’est-ce qui m’a trahi ?
Elle lui tendit un bouton. Adrien s’en saisit et découvrit l’endroit de sa veste d’où il provenait.
— Pas de chance… Je suis quand même rassuré, je n’avais pas laissé de traces… Aila, je n’ai pas voulu vous espionner, je me sentais juste inquiet pour vous… Vous êtes toujours si forte, si sûre de vous et vous paraissiez si malheureuse…, comprenez-moi…
Adrien se tut. Il semblait sincèrement contrit et elle l’observait, silencieuse. Il reprit :
— Que s’est-il passé entre vous ?
— Rien.
— Ne me dites pas qu’un rien peut vous mettre dans cet état !
— Si, quand ce rien est une absence de tout…
Adrien, pensif, ne sut que répondre, mais se lança tout de même.
— Vous l’aimez ?
— Vous croyez que je pourrais l’aimer ?
— Je l’ignore.
— Moi aussi… J’ignore ce que votre frère m’inspire et il déchaîne des sentiments : la colère, la tristesse, le respect, mais l’amour ? Ma mère a deviné au premier coup d’œil que Barou deviendrait l’homme de sa vie et j’en suis loin.
Tout à coup, elle eut envie de tout lui dire, de se raconter, de lui confier ses doutes, ses peurs, ses désirs. Son regard amical posé sur elle lui donnait la sensation qu’il pourrait tout entendre, tout comprendre… Cependant, n’ayant guère l’habitude de se livrer, elle choisit de se taire.
— M’en voulez-vous toujours ? tenta-t-il.
Elle secoua la tête.
— Alors, dépêchez-vous ! Vous allez être en retard pour le dîner si, comme je le pense, vous ne portez pas la tenue adaptée pour passer à table, conclut-il.

Elle retourna rapidement dans sa chambre où Élina l’attendait. N’ayant plus le temps de se baigner, elle se contenta de changer d’affaires avant de rejoindre la salle à manger. Seuls le roi et Adrien échangèrent des banalités pendant ce repas tristement silencieux. À la fin, Avelin vint demander à Aila l’heure et le lieu pour le cours de hagan. Attiré par leurs propos, Aubin sauta sur l’occasion de participer aux leçons, nullement découragé par les remarques d’Aila sur la difficulté de cette langue. Ils décidèrent de se retrouver dans la chambre d’Aubin immédiatement.

Confortablement installée au pied de la cheminée, elle se partagea entre perfectionnement pour Avelin et apprentissage pour Aubin. Pour amener le jeune prince à progresser en douceur, elle lui suggéra de se substituer à elle et d’enseigner le hagan à Aubin. Cet exercice se révéla très formateur pour lui. Il l’obligea à reprendre ses connaissances depuis le début et à les organiser. Graduellement, Avelin introduisit le vocabulaire de base, les règles de grammaire et de conjugaison à l’aide d’exemples simples, sous l’oreille vigilante d’Aila qui corrigeait la moindre erreur, rectifiant prononciations et tournures de phrase. Au bout d’une demi-cloche de travail intense, les trois amis se quittèrent, promettant de se retrouver le lendemain, même heure, même endroit.

Elle erra un moment dans les couloirs avant de regagner sa chambre, laissant flotter ses pensées. Soudain, la question d’Adrien resurgissait dans son esprit : « Vous l’aimez ? » Non, elle n’aimait pas Hubert, ceci apparaissait subitement comme une évidence. Comment pourrait-elle s’éprendre d’un homme qui la traitait avec autant de désinvolture ? À vrai dire, il la déconcertait, mais être troublée par une personne ne signifiait pas obligatoirement en être amoureuse. Elle sentait en lui un vrai besoin d’être aimé, le même que le sien, avec une fragilité similaire. Elle avait envie de le serrer contre elle pour le protéger des autres et de lui-même. Elle aurait voulu le rassurer et lui apprendre que la vie pouvait être belle. Elle y serait peut-être parvenue, s’ils avaient été différents, s’ils avaient partagé un peu plus, mais ce n’était pas le cas…
Mâchonnant sa graine de Canubre, elle rejoignit son lit, glissa sa main sous l’oreiller, pressentant le sommeil et le moment de retrouver les fées.
— Aila, bienvenue ! s’exclama Amylis qui l’attendait avec un sourire éclatant.
Elles partirent toutes les deux rapidement vers le lac où la jeune fille salua toutes ses amies. Toutes s’enquirent de sa santé et lui proposèrent de partager avec elle le pouvoir de l’eau. Au regard de l’extrême complexité de ce pouvoir, elles ne perdirent pas de temps et commencèrent l’apprentissage immédiatement. La nuit y passa et, à l’heure du premier rayon de soleil, la fée Esprit raccompagna Aila vers la porte entre leurs deux mondes.
— Amylis, j’oubliais ! Pouvez-vous remercier vos sœurs du petit coup de pouce pour les épées ? Si vous ne m’aviez pas secondée, j’aurais eu l’air plus que stupide…
Amylis se mit à rire doucement.
— Pas de souci ! Il y avait urgence, il me semble !
Aila se figea. Jamais encore, elle n’avait vu une fée rire et elle eut l’impression que l’univers entier entrait en vibration et étincelait de mille feux.
— Une dernière question, reprit-elle, est-ce vous qui m’avez appelée pour que j’aille sauver la femme et son bébé ?
— Non, je pensais que tu étais tombée sur eux par hasard. Pourquoi ?
— L’appel de l’homme a résonné dans ma tête, je ne l’ai vraiment entendu que lorsque nous sommes arrivés près de sa maison.
— Une vision, des appels mentaux, tout cela sonne de manière bien étrange et j’en parlerai à mes sœurs. Il serait utile de savoir l’expliquer. En tout cas, nous ferons ce que nous pourrons pour t’aider.
— L’Oracle peut-il en être à l’origine ?
— Pour la vision, c’est certain, mais pour l’appel, ce n’est qu’une possibilité parmi d’autres…
— Bonsoir, Amylis.
— C’est le matin, alors bonne journée, Aila !
Et Amylis rit de nouveau, enchantant la vie autour d’elle et le cœur d’Aila avec…


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