Les Archives du blog de #fantasy d'avril 2014
tome 3 - L'Oracle de Tennesse

La saga d'Aila  fantasy


fantasy lectrice

Note : 4.6 / 5 avec 266  critiques favorites

Les archives du blog de fantasy d'Aila d'avril 2014

27 avrilUne surprise de taille : copies finies ! Il faut dire que, par le plus grand des hasards, je suis tombée sur une classe de 24 élèves au lieu de 35, voilà qui diminue indubitablement le temps de correction. Autant en profiter !
En conclusion, je peux me remettre à :
- réfléchir sur le projet de financement ;
- poursuivre l'écriture de mes nouvelles (plus l'une que l'autre…) ;
- travailler sur les photos du théâtre (plus de 2400, aïe aïe aïe…) et du carnaval.
Tout ça, c'est pour le plus urgent ! Mais, comme je suis incapable de rester longtemps sur une seule activité (fatigue, quand tu nous tiens…), je suis repartie dans l'exploration du tome V « La Porte des Temps » avec des fourmis dans les doigts. Je ne vous parle même pas des autres activités qui me narguent, se moquant doucement de moi… Comme d'habitude, je vais finir par me disperser et avancer un peu sur tous les fronts sans rien finaliser, grrr… Certains jours, je peux le dire, je m'agace toute seule !
Chouette, c'est dimanche. Belle journée.

25 avrilLes jours continuent de s'enfuir et, moi, comme d'habitude, je tente de les retenir. Sans succès…
Après les tergiversations rencontrées sur les projets en cours et leur changement de cap, m'y remettre m'avait vraiment semblé difficile. Je m'étais beaucoup investie, malgré les courants contraires que je pressentais et, au bout du compte, tout était à refaire donc à réinventer ! Je sais bien, comme le racontait une des belles histoires que je lisais à mes enfants : « à faire et à défaire, on n'est pas à rien faire. » N'empêche, j'apprécierais d'occuper mon temps autrement ! Pour couronner le tout, voici la tuile qui manquait à ma journée : une manipulation malheureuse et la moitié de mon travail vient d'être effacée. Malgré la petite voix mauvaise qui me souffle de renoncer, je reprends mon courage à deux mains et je replonge, mais le cœur n'y est plus…
Je sens que la fin de cette journée va arriver trop vite, comme la fin des vacances.
Belle journée pluvieuse à tous.

24 avrilNouveau commentaire sur Amazon : « une fois de plus piégée par la magie d'Aila !
Le troisième tome a été englouti à la même vitesse que les deux précédents. On se replonge à chaque lecture avec bonheur dans cet univers de force et de fragilité. Aila est passée d'enfant à femme, mais on ne veut surtout pas la quitter! Vite, la suite !
 »
Mais comment les gens savent-ils que j'aime les papillons ? Héhé… Une adorable copine a passé beaucoup de temps à en créer un, rien que pour moi, dans un entrelacs de fils métalliques rehaussé par des perles de cristal de Swarovski et de Bohême jusqu'à ses deux magnifiques antennes, et me l'offert comme le plus précieux des présents. Elle avait raison, il l'était et le restera… Merci, Cintia !

Papillon en perles
Papillon en perles

Je vous souhaite une bonne journée.

23 avrilJ'ai le droit d'être impolie ? Voilà, je suis juste énervée parce que mon cerveau fonctionne à plein rendement, que les idées jaillissent les unes après les autres m'offrant peu à peu toutes les solutions qui manquaient à la trame d'un nouveau roman que j'aimerais écrire (et qui ne débouchera que sur une courte nouvelle…), rendant l'histoire encore plus exaltante, les relations entre les personnages plus complexes et que je sais que, dans moins d'une semaine, je serai rattrapée par le quotidien et qu'une nouvelle fois tout cet univers que je suis en train de peaufiner, développer, chérir, va s'endormir d'un long sommeil parce que je ne dispose pas de la vie qu'il faudrait pour écrire… Je sais bien que le quotidien est compliqué pour beaucoup d'entre nous, mais comment les autres écrivains font-ils pour jongler entre deux métiers ? Moi, je n'y parviens pas et ce constat me désespère, car, un jour ou l'autre, il me faudra choisir définitivement entre l'un et l'autre (la charge cumulée des deux pèse de plus en plus lourd sur mes épaules) et que je suis consciente que je ne pourrai pas choisir celui qui ne me nourrira pas. Un choix reste un choix, même s'il est par défaut, même s'il vous brise le cœur…
Je vous souhaite une bonne journée.

21 avrilJoyeux lundi de Pâques ! La grisaille matinale devrait céder rapidement la place à de belles éclaircies dès le début d'après-midi. Maintenant que je vous ai rassurés sur la météo, vous pouvez passer une belle journée en famille peut-être, un peu de chocolat à portée de main pour satisfaire votre gourmandise.
J'ai terminé le premier jet de ma nouvelle à une exception près : la description de mon esprit Drag'On… Ce n'est pas tant la conception de la bestiole qui pèche, mais plutôt le vocabulaire adapté qui me manque. Quand j'y songe, les dragons ne m'ont jamais vraiment fasciné jusqu'à ce que je m'éclate en regardant le dessin animé de Dreamworks du même nom. Cette relation nouvelle entre cet animal légendaire et les hommes qui les craignaient depuis le début des temps m'a totalement envoûtée et cette phrase d'Harold en est le plus caractéristique témoignage : « Tout ce qu'on croyait savoir sur vous, c'est faux. » En recherchant de lien sur le premier, je suis tombée sur la bande-annonce d'un deuxième volet qui sort le deux juillet prochain, je suis trop contente ! Bon, d'accord, ils ne se sont pas vraiment foulés pour le titre : « Dragons 2 », mais s'il est aussi bien que le premier, ça va être génial ! Vous voulez en savoir plus, deuxième trailer qui me donne encore plus envie !
Pour en revenir à mon sujet initial… Quelle idée, me direz-vous, de me lancer dans une nouvelle qui parle de ces créatures légendaires ? Pour la bonne raison que j'en ignore presque tout et que cette absence de connaissances m'offre une liberté totale pour les imaginer tels que j'en ai envie, sans me conformer à un modèle préétabli. Il n'y a que les termes correspondants à leur anatomie que je souhaite conserver et que, pour l'instant, je n'ai pas dégotés en totalité. Je dois donc poursuivre mes recherches à ce sujet, mais les sites sur lesquels je surfe parlent plus de leur caractère. D'ailleurs, si vous savez comment s'appellent les espèces de trucs hérissés qui s'écartent vers l'arrière de la mâchoire, c'est le moment de partager votre culture sur les dragons avec moi !
Belle journée à tous.

19 avril Comme promis, quelques photos de papillons

Grand Paon de nuit
Grand Paon de nuit

Le Tircis
Le Tircis

L'Aurore
L'Aurore

Le Moro-sphinx
Le Moro-sphinx

Le Citron de Provence
Le Citron de Provence

Le Grand Porte-queue
Le Grand Porte-queue

Belle journée.

18 avril Glup… Le blog est parti en vacances sans vous prévenir ! Il faut dire qu'il a été bien occupé jusqu'au départ et encore plus après à profiter d'un temps estival au cœur du printemps. Chaleur, soleil et ciel bleu, un vrai bonheur quand je me souviens de la grisaille du printemps de l'an passé ! Je vous ai rapporté de beaux souvenirs sous la forme de quelques photos :

Lac du Causse
Lac du Causse

Carennac sur un bras de la Dordogne
Carennac sur un bras de la Dordogne

Arbre à chatons blancs
Arbre à chatons blancs

Jeu de lumière sur une tour de la Défense
Jeu de lumière sur une tour de la Défense

Et vous savez quoi ? Pour changer, j'ai photographié des papillons, dont un magnifique Grand Paon de nuit que mon beau-frère a trouvé à l'entrée d'un centre commercial et que nous avons remis dans la nature après une séance photo, en espérant qu'il parviendrait à repartir. Surprise le lendemain, il n'était plus là ! Tant mieux ! Pour les découvrir, ce sera demain.
Je suis heureuse d'avoir avancé une des nouvelles sur lesquelles je travaille. Je me rapproche de la fin, mais la plus importante, elle, reste encore inachevée. Allez, j'ai encore une semaine devant. Entre quelques paquets de copies, ça devrait le faire, non ?
Agréable week-end à tous !

13 avril Réflexion d'hier que j'ai oublié de partager avec vous : « Quand votre vie ressemble de plus en plus à un roman, c'est que, peut-être, vous perdez un peu plus chaque jour le sens des réalités… » Puis une autre que j'ai répondue à une amie que je n'ai pas vue depuis longtemps et qui me disait en riant que nous allions comparer nos rides : « Quelles rides ? Celles de nos expériences passées ou présentes ? Celles qui prouvent toutes les épreuves que nous sommes parvenues à surmonter ? Celles qu'efface le regard de ceux qui nous aiment, car, qu'importe les années, seuls comptent cette énergie qui vibre en nous et son inaltérable rayonnement, caractéristique d'une lumière immortelle… »
Vous partez faire des photos du théâtre pour des amis et vous revenez avec un cadeau inattendu. Accueillie à mon arrivée par une collègue, cette dernière s'est approchée de moi en disant : « Dans la salle, tu vas avoir une de tes fans. Ma mère vient voir le spectacle et je lui ai dit que tu venais aussi et que je te présenterai à elle. » Effectivement, à la fin de la représentation, j'ai parlé quelques instants avec une dame fort gentille, presque émue et totalement enthousiaste. Comment dire… je crois que j'étais autant touchée par sa ferveur qu'elle de me rencontrer. Quand je suis revenue le lendemain, mon adorable collègue est revenue vers moi pour me dire à quel point sa mère avait été émue de me parler au point de dire à sa fille que c'était la première fois qu'elle discutait avec l'auteur d'un livre qu'elle connaissait. Cette histoire renforce ma conviction que la vie devient encore plus belle quand se multiplient dans son sillage des moments hors du temps tels que celui-ci, une rencontre, une émotion, des regards qui partagent dans le silence plus que des mots, des sensations inoubliables…
Autre constat qui me rassure : ma saga est vraiment intergénérationnelle, appréciée par la mère et par la fille !
Soleil ne me quitte pas ! J'ai besoin de ta chaleur sur ma peau pour renaître après l'hiver, de ta lumière pour me remettre à rayonner, de ton énergie pour être capable de faire face à toutes mes obligations !
Bon dimanche.

12 avril Pour commencer, le gentil cinéaste du tournage de la vidéo sur la communauté d'Aila a lancé un projet dont j'ai oublié de vous parler, engagée comme je l'étais cette semaine dans d'autres obligations ! Je vous invite à regarder sa réalisation, un fan-film de Harry Potter que je trouve vraiment chouette : Warren Flamel : La Malédiction de l'Immortalité - Épisode 1 [HD]. Leur projet de financement sur Ulule pour le tournage de l'épisode II vient de se terminer avec une belle réussite (119 % du montant escompté), venez en découvrir plus sur la plateforme de financement. J'ai raté le bon moment, mais, pour l'épisode III, je m'y prendrai plus tôt !
Une drôle de semaine qui se termine entre tristesse, voire détresse et enchantement ! De quoi me laisser un peu perplexe, légèrement perdue, mais aussi emplie par un sentiment étrange de bien-être dont je ne sais comment il a pu éclore sur des cendres encore chaudes…
Bien sûr, en moi, existe le prof. C'est mon premier métier, celui que j'ai choisi avec conviction pour répondre au désir qui était le mien de partager des connaissances, de donner envie d'en savoir plus. Parfois, il me passe dans la tête des idées bizarres, comme celles de réapprendre ce que j'ai oublié ou de découvrir ce que je n'ai jamais su. Mais bon, le constat est simple, les journées n'ont que 24 heures et elles sont bien trop courtes pour que je parvienne à y caser tout ce que je souhaiterais ! Surtout que j'en passe une partie à dormir.
Bien sûr, en moi s'est développée l'écrivaine. Elle a vécu cachée dans l'ombre de mon esprit, attendant son heure pour s'exprimer pleinement… Mes idées bouillonnent. Au cœur de cette semaine nuancée, j'ai l'impression d'avoir ravivé une flamme, celle que mon activité principale éteint bien trop souvent, mais qui n'attend qu'une étincelle pour reprendre. L'écriture est mienne à travers les rêves éveillés de mon âme, je lui dois l'intensité et la chaleur de ma vie.
Et je suis aussi photographe ! Ainsi, j'ai occupé trois de mes soirées à photographier le spectacle de la troupe théâtrale de mon lycée, à me laisser envahir par une pièce magnifique dans lequel le théâtre parle de lui-même, fondant sous le charme d'un personnage fantasque, incontrôlable pour lequel la réalité s'était totalement effacée derrière le jeu de l'acteur permanent. J'ai adoré « Le théâtre ambulant de Chopalovitch » de Lioubomir Simovitch, tant par le regard de la photographe sur le jeu des acteurs que par l'écoute attentive de ce texte riche dans lequel les mots rebondissent d'un personnage à l'autre. Voici une de mes tirades préférées, celle de Monsieur Philippe Ternavatz :

« Je me dresserai,
opprimé, brisé, terrassé,
avec mon épée en bois
contre les armées d’acier.

Sur mon épée en bois,
aux enfants désolés,
aux mères éplorées,
j'apporterai la liberté.

Sur mon cheval de bois
j’envahirai la Bourgogne,
l’Angleterre et la Pologne,
avec mon épée en bois.

Je montrerai à toute la terre
le tronc noir en fer,
l’enclume tranchée
avec mon épée.

À travers les obscures nations
qui dans leurs chaînes aboient
je combattrai le dragon
avec mon épée en bois.

Je partirai vers le nuage
qui comme l’acier rougeoie,
pour transpercer le dragon
avec mon épée en bois.

J’emmènerai des nuées
dans l’écume et la brise
par mon épée en bois
la jeune fille conquise.

Porté par les larmes
les sanglots et les voix,
je volerai dans les flammes avec mon épée en bois. »

C'est ainsi, elle me fait rêver… Vous pouvez consulter le manuscrit, en cliquant sur le .doc titré : « PREMIÈRE PARTIE TABLEAU I L'ARREST… »
Bon week-end à tous.

9 avrilBeaucoup d'occupations ces derniers jours que je vous raconterai bientôt, mais je souhaitais avant tout partager avec vous un sujet de réflexion : quelle est le véritable rôle des médias ?
Mes élèves de première S m'ont accueillie mardi en me disant : « Madame, vous avez vu le reportage de France 3 sur notre lycée ? Franchement, c'était nul… » Comment ne pas détecter dans leur propos la tristesse, la désillusion voire un soupçon de colère et comment ne pas maudire ceux qui avaient réalisé ce reportage pour avoir blessé autant de gens de façon aussi inutile et inconsciente ?
Oui, mon lycée n'est pas un lieu élitiste. Oui, dans mon lycée, on trouve de tout : des élèves adorables et d'autres qui le sont nettement moins. Oui, dans mon lycée, le monde n'est pas rose tous les jours et, régulièrement, même avec l'expérience qui est la mienne, je dois me battre pour rester ce que je suis censée symboliser : un adulte cohérent représentant l'autorité. Oui, parfois, rarement il est vrai, à mon corps et à mon cœur défendant, je dois prendre sur moi et jongler avec l'inacceptable… Je n'en tire aucune fierté, juste la conscience de ma propre limite et l'inquiétude de la voir toujours repoussée jusqu'au moment où elle sera atteinte. Mais ce que je constate chaque jour me porte également : des professeurs investis dans la réussite de leurs élèves, à leur écoute quand il le faut, capables d'adapter leur attitude à la situation de chacun, se démenant pour les amener à progresser, pour créer une dynamique de réussite. Les élèves en sont bien conscients quand ils viennent vous remercier pour ce que vous leur offrez avec votre cœur et votre savoir.
Alors, comment accepter l'inacceptable quand tout ce travail est balayé sans vergogne pour un obscur reportage, manipulé, dépouillé de sa substance profonde, pour offrir non pas un regard honnête et argumenté, mais juste ce dont les journalistes avaient besoin : il leur fallait un côté sombre, ils ne l'avaient pas, alors ils l'ont créé sur nos fragilités, nos failles et nos incertitudes. Tant pis si, pour y parvenir, ils devaient mentir, déformer, tricher et se compromettre ! Tant pis si cet objectif incontournable signifiait écraser sans sourciller les autres, parents, élèves, enseignants, au passage ! Qu'importe si ces quelques minutes dénigrent la tâche de ceux qui se confrontent chaque jour à la difficulté ! Où êtes-vous donc, petits reporters sans scrupules, quand nous éduquons vos enfants, leur apportons leur meilleur de nous-mêmes ? Terrés, bien à l'abri de classes de trente-cinq élèves qui sont notre lot quotidien, votre utilité au final se résumerait-elle à faire basculer la vie d'autrui sans le moindre état d'âme ? Je vous maudis de détruire mon lieu de travail, sa crédibilité, sa valeur et la mienne avec ! Quelles excuses vous donnez-vous pour agir de façons aussi irresponsable et égoïste ? Quelle insensibilité est la vôtre ?
Alors, oui, je suis en colère ! Alors, oui, j'aurais envie de demander des comptes à ces êtres méprisables qui se vendent chaque jour à l'audimat quand mon combat journalier est d'accompagner mes élèves vers la réalisation de leur projet, pour qu'ils sortent grandis de leur passage dans ma classe, de gérer l'hétérogénéité d'un public pas obligatoirement acquis ni à ma matière, ni à ma cause, d'apprendre à surmonter les échecs ou les remises en question et de croire encore et toujours, même quand les médias s'en mêlent ! Mais non, je ne le ferai pas, car, pour se comprendre, il faut partager de belles valeurs communes et mes illusions à cet égard se sont déjà éteintes…
Le coup de gueule est terminé. Je vous souhaite une belle journée.

6 avrilCette semaine, ce sera carnaval tous les jours ! Dans la folie ambiante, à défaut de trouver un modèle pour représenter Aila, me voilà promue jeune fille de 17 ans, armée d'un kenda ! Je ne suis pas certaine que, même de loin, je fasse illusion. Mais bon, tant pis, c'était rigolo et j'ai joué le jeu ! Allez, je partage avec vous un cliché, juste pour rire !

Aila… ou pas !
Aila… ou pas !

Le soleil s'en est déjà allé… Quel dommage ! Mais je suis parvenue à capturer quelques images avant de le voir s'éclipser. Les premiers papillons ont fait leur apparition dans les jardins ou sur les berges de la Seine (Tircis, Piéride, Azuré) tandis que les arbres en fleurs égayent le paysage.

Bord de Seine
Bord de Seine

Bord de Seine
Bord de Seine

Demain la reprise pour beaucoup d'entre nous, alors, bon courage.

2 avrilRien à faire, le temps m'échappe et je le sens s'écouler entre mes doigts sans pouvoir le retenir… et dire que mon dernier blog date déjà de mercredi dernier ! Mille excuses pour vous avoir abandonnés, je reviens !
Hier, c'était carnaval au lycée, un 1er avril, il faut le faire ! Non, non, je vous jure, ce n'est pas une blague ! Le pire de l'histoire est que, l'an passé, je m'étais acheté en solde un déguisement que j'avais soigneusement rangé en attendant le prochain carnaval, tellement soigneusement que je l'ai perdu corps et biens, la tuile. En conclusion, persuadée que je finirai bien par le retrouver avant le carnaval de l'année prochaine, j'ai décidé de réinvestir dans un nouveau déguisement (en promotion cette fois !) J'ai passé ma commande trois semaines avant le carnaval, avec un petit coup de fil pour m'assurer que la livraison serait en temps et en heure. Coup de sonnette du facteur, youpi ! Ouverture du carton avec précipitation pour découvrir la totale pour Astérix (gourde, gobelet, glaive et casque) taille minimoy, plus le nécessaire pour combattant de l'extrême (fusil à effets sonore et lumineux, bandeau et maquillage US army) ! Glup… Petit moment de flottement avant de se précipiter sur le téléphone et d'espérer une correction immédiate de cette erreur de livraison. Mais non. Décidément, je suis maudite cette année… Alors, je suis passée au plan B. Lors des soldes de l'an passé (encore !), j'étais tombée sur une belle robe de bal de couleur automnale, pas tout à fait de celle dont on rêve quand on est petite fille, mais pas loin, une robe pour une princesse qui a quitté l'âge tendre depuis longtemps… Mon petit cœur et mon âme de midinette n'avaient pas résisté à la tentation et, pour quarante euros, s'étaient offert la robe rêvée… Ne vous moquez pas comme ça, une fois de temps en temps, ça fait plaisir de se laisser emporter par des plaisirs oubliés ! Petite discussion avec mon adorable voisin qui me propose une perruque pour accentuer le côté déguisement (faut dire, une robe de bal n'est pas vraiment un déguisement…) Et hop ! Je serai une actrice, cheveux courts et roux, sur le point de recevoir un oscar (j'aurais pu tenter l'oscar de la meilleure prof, mais je n'ai pas osé !) Voici quelques images :

Lâcher de ballons au lycée
Lâcher de ballons au lycée

Envol des ballons dans la cour d'Évariste Galois
Envol des ballons dans la cour d'Évariste Galois

De nouveau, la semaine arrive à son apogée, alors direction : le week-end ! Bonne journée.


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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Si quiconque lui avait affirmé deux ans plus tôt qu’il pourrait devenir heureux, jamais il ne l’aurait cru. Jusqu’à sa venue, sa seule et unique histoire de couple avait ressemblé à un drame quotidien pendant quatorze terribles années. Certains événements l’avaient tant marqué de leur rare violence que jamais il n’aurait pensé les surmonter avec une telle facilité. Après être apparue dans son existence, sans prévenir, elle s’y était glissée par un trou de souris pour y rester et, depuis, il avait chassé tous ses doutes pour l’aimer sans pudeur ni retenue, du plus profond de son âme autant que de sa peau. Savourant l’indicible bonheur de sa présence, il se rapprocha de la silhouette allongée de son épouse, puis, l’enveloppant de la sienne, dénuda d’un geste léger son épaule qu’il frôla de ses lèvres.
— Ma petite femme a-t-elle bien dormi ?
— Jusqu’à ce que tu arrives, oui…, grogna-t-elle.
— Comment peux-tu traiter ainsi l’unique homme de ta vie ?
Avec vivacité, elle tourna la tête vers lui.
— Unique ? Attends, laisse-moi compter…
Alors qu’elle commençait à replier ses doigts les uns après les autres, il s’exclama en lui attrapant les mains :
— Je te l’interdis !
— Quoi ? Penses-tu me retenir prisonnière de ton corps ? Un valeureux chevalier pourfendra mon geôlier pour me délivrer. Au secours, sauvez-moi !
— Personne ne t’entendra, femelle ! Tu resteras enfermée dans ce château jusqu’à ta mort, puis je balancerai ta dépouille aux corbeaux !
Cessant de se défendre, elle le regarda fixement.
— C’est incroyable comme tu peux te montrer romantique… Je m’interroge sur le fait de t’échanger contre un plus jeune qui me contera fleurette, voire deux peut-être…
— Mais te fera-t-il aussi bien l’amour que moi ? demanda-t-il entre deux baisers pressants.
— Laisse-moi tester et je jugerai…
Un faible vagissement résonna à proximité. Désabusé, il se rejeta en arrière.
— Non ! Elle n’aurait pas pu attendre un peu plus !
— Je crains que les estomacs des bébés ne raisonnent pas comme le désir d’un roi, conclut-elle dans un rire, tandis qu’elle se levait.
À présent au-dessus du berceau, elle contempla un nourrisson qui lui sourit en la reconnaissant.
— Te voici réveillée, ma beauté ! dit-elle en la saisissant tendrement.
— Approchez-vous, femmes de ma vie, que je vous serre contre moi avant que je parte dans la froidure extérieure, annonça-t-il en s’asseyant sur le lit.
Elles s’installèrent près de lui et l’homme les entoura toutes deux de ses bras, caressant avec douceur la chevelure de sa petite fille qui lui destinait tous ses sourires. Croisant le regard de son époux, elle y déchiffra une gravité inhabituelle.
— Kerryen, tout va bien ?
— Oui… Je suis bêtement heureux de vous avoir.
Il ne s’exprima pas plus, mais elle le connaissait par cœur, ses forces comme ses fragilités, ses certitudes comme ses doutes, sa crainte la plus profonde qu’elle aurait pu partager, mais qu’elle repoussait de toute son âme ; rien ne les séparerait plus désormais. Dorénavant, sa vie était ici, avec lui, leur enfant et leurs amis. Elle cala sa tête contre son épaule, tentant de le rassurer par son contact.
— Tu ne me perdras pas. Tu t’en souviens, je te l’ai promis, murmura-t-elle.
— Sauf que, j’en suis persuadé, tu n’en croyais pas un mot à ce moment-là…
— Tu es trop fort pour moi ! Je rends les armes !
— Dommage que tu tiennes notre descendance, sinon…
— Des menaces, toujours des menaces !
Elle éclata de rire de nouveau, puis, installée sur le lit, ouvrit le cordon de sa chemise. Son bébé au sein, elle l’observa téter et, au lieu de ressentir la douceur habituelle de ce lien maternel, elle frissonna, jetant un vague coup d’œil de reproche vers son mari qui achevait de se préparer. L’humeur mélancolique de celui-ci était parvenue à déteindre sur elle.
— Que comptes-tu faire de ta journée ? demanda-t-elle.
— Avec Amaury et Jiffeu, je dois finaliser la planification de la défense de la forteresse. Ensuite, je filerai à la salle d’entraînement et verrai si mon adversaire de prédilection trouvera le temps de m’y rejoindre…
— Tu penses vraiment qu’Eddar passerait à l’attaque ? Cet homme n’est qu’une brute finie, incapable de la moindre stratégie sophistiquée. Si, comme tes espions te l’ont signalé, il convoitait le Guerek, ses troupes seraient déjà en marche et parfaitement visibles. Voilà qui devrait nous laisser un délai convenable avant de craindre une action de sa part, tu ne crois pas ?
Kerryen soupira.
— Je sais que tu as raison. Mais, étonnamment, un sombre pressentiment persiste en moi. J’échafaude des hypothèses plus farfelues les unes que les autres, dont certaines m’effraient malgré moi… Imagine qu’il se soit associé à d’autres dans ce funeste projet. En dépit de l’absence de preuves pour étayer cette sensation, je n’arrive pas à m’en détacher totalement. En conclusion, pour ne rien oublier, je recommence le tour du château pour en cibler définitivement les points faibles et organiser de quoi résister longtemps à un éventuel siège.
Leurs regards se croisèrent à l’évocation du dernier mot, leurs pensées s’égarant dans un passé commun, celui qu’ils avaient parcouru ensemble et qui avait, contre toute attente, fini par les rapprocher. Tant de souvenirs les unissaient, les premiers teintés de tristesse et de regrets, les seconds, d’espoir et de reconnaissance. Cependant, l’un d’entre eux résonnait d’un écho particulier dans leur mémoire, une bataille dont les relents nauséabonds flottaient encore dans leurs narines. Même si chaque jour qui s’achevait les éloignait un peu plus de ces dramatiques événements, jamais ceux-ci ne disparaîtraient et, tapis dans l’ombre de leur cœur, continueraient à les hanter comme le fantôme d’une erreur de leur histoire. Décidément, cette journée débutait sous des auspices troublés.

— Et toi, que projettes-tu ? reprit-il.
— Laisse-moi réfléchir… L’emploi du temps d’une reine s’avère tellement chargé ! Qu’avais-je prévu déjà ? Oh… je ne suis plus trop sûre, mais, de mémoire, je crois qu’il contenait le mot bébé…
Kerryen se rapprocha d’elle et se pencha pour l’embrasser.
— Tu es merveilleuse…
— C’est pour cette raison que tu m’aimes ?
— Tu n’as pas vraiment envie de la remettre dans son berceau…
— Moi, je ne dirais pas non, mais notre petite demoiselle préfère de toute évidence finir son petit-déjeuner.
Il jeta un coup d’œil vers sa fille et, d’une voix grondeuse, s’adressa à elle :
— Toi, c’est bien parce que tu comptes pour moi que j’accepte que tu t’interposes entre ta mère et moi ! Tu m’entends !
L’enfant cessa de téter pour lui réserver un magnifique sourire avant de reprendre son indispensable activité, tandis que le visage de Kerryen s’illuminait.
— Mon amour, méfie-toi. Je vois déjà au regard que tu poses sur elle que, comme moi, elle te mènera par le bout du nez…
— C’est ce que je te laisse croire, conclut-il avec un soupçon d’ironie, alors qu’il s’éloignait.
— Comment ça ? Kerryen ! Reviens ici tout de suite ! Kerryen !
Le battant se referma derrière lui.
— Ma princesse, je pense que ton papa se fait d’étranges idées sur son pouvoir personnel. Tu t’imagines ! Comme s’il pouvait nous tromper sur ses intentions…
Elle resserra son étreinte autour de son bébé, goûtant de nouveau le bonheur de son existence, à présent que les ombres de son cœur s’étaient dissipées.

Quand Kerryen parvint à son bureau, deux hommes attendaient devant sa porte. Il réprima une envie de rire. Depuis la naissance de leur fille, il oubliait régulièrement les contraintes liées aux charges d’un roi. Il savait qu’il n’aurait pas dû en abuser, mais, également, que personne ne lui en tiendrait rigueur ; un souverain, amoureux et père, le changement de sa vie se montrait pour le moins radical. Soudain, il réalisa que ceux-ci devaient patienter depuis une bonne demi-heure au moins. Peut-être exagérait-il un peu, mais, en digne monarque, il ne le reconnaîtrait absolument pas.
— Ah, parfait ! Vous êtes déjà là ! Cessez donc de lambiner devant cette porte, nous serons bien plus efficaces sur le terrain pour développer une réflexion pertinente.
Les regards déconcertés des deux soldats se posèrent sur lui. Puis, comme ceux-ci tardaient à réagir, Kerryen leur lança en s’éloignant :
— Alors ! Vous allez rester longtemps plantés comme ça ?
Son injonction suffit à presser les mouvements d’Amaury et de Jiffeu, tandis qu’un sourire malicieux s’affichait sur le visage du roi, naturellement invisible aux yeux de ceux qui ne l’avaient pas encore rattrapé. Décidément, l’esprit vif et espiègle de sa femme avait déteint sur lui. À présent, il prenait un malin plaisir à se moquer gentiment de ses hommes. Une pointe d’humour ou d’ironie s’immisçait dans ses propos, impensable avant elle !

À peine sortis dans la cour que le froid qui régnait sur le Guerek fondit sur eux. Particulièrement précoce cette année, l’hiver ne dérogeait pas à sa rudesse habituelle, mais cette rigueur ne les empêcherait pas de fêter dignement le premier anniversaire de la mort de l’empereur noir ou, tout du moins, sa disparition. Cet événement crucial avait libéré tous les pays du nord d’un épouvantable asservissement et redonné à la vie un espoir de renaissance. Ainsi, depuis la fin de leur occupation, le Pergun et l’Entik se reconstruisaient progressivement. Pour cette raison, Kerryen suspectait qu’une des informations rapportées par ses espions se révélait erronée. Pourtant fiables, ces agents pouvaient avoir été sciemment trompés dans le but de propager ce leurre jusqu’à lui. Comment son château aurait-il pu être inquiété ? Décidément, cette éventualité lui déplaisait au plus haut point. Eddar restait un homme sans détour, pas vraiment le genre à concocter des pièges aussi subtils, excepté si quelqu’un le conseillait ou si un autre souverain, beaucoup plus habile, comme Péredur, y collaborait. Mais dans quelle mesure le roi de l’Entik écouterait-il celui du Kerdal ? Naturellement, à présent que la paix était revenue, leur convoitise au sujet de la porte s’était réveillée peu à peu, mais aucun des deux n’accepterait de la partager avec quiconque, sauf si un compromis les avait amenés à repousser leur mésentente. Quelle inavouable tractation temporaire aurait pu les intéresser ? En dehors de cette porte inutile, la modeste richesse du Guerek ne pouvait déclencher autant d’engouement à elle seule. En conclusion, Kerryen n’imaginait aucunement une alliance durable entre eux. Alors, si celle-ci ne représentait pas une possible explication de cette menace, quelle pouvait en être la raison ? Finalement, à propos de son aptitude à prédire l’avenir autant qu’à deviner les stratégies des souverains voisins, rien n’avait changé, il demeurait toujours aussi peu compétent.

Leurs pieds crissant sur la neige gelée, les trois hommes atteignirent l’escalier qui menait au chemin de ronde. Une fois dessus, Kerryen se tourna vers sa forteresse. Devant lui se dressait le bâtiment principal, un large parallélépipède de trois étages visibles et autant sous terre directement creusés dans la roche qui transformaient son sous-sol en dédale souterrain. Protégé au nord-ouest par la mer Eimée, l’amoureuse platonique d’Orkys qui, selon les légendes, pourfendrait toute personne assez téméraire pour tenter une attaque maritime, le château surplombait une paroi quasi verticale d’un millier de mètres de hauteur dont le pied se divisait en d’innombrables écueils sur lesquels éclatait le flot tumultueux. Deux tours élevées cernaient cette imposante construction, l’une d’elles étrangement plus haute que la seconde, parfaites pour surveiller les environs à un détail près, elles restaient inoccupées. En raison de sa situation géographique difficilement accessible et de son peu d’intérêt économique, le Guerek avait vécu en paix pendant très longtemps, une excellente raison pour relâcher une nécessaire vigilance, mais, à présent, Kerryen avait décidé de remédier à ce laisser-aller, susceptible de devenir préjudiciable dans l’incertitude du contexte actuel. Une partie de ce problème apparaissait simple à résoudre en organisant un roulement entre quelques sentinelles soigneusement désignées. Au premier plan, de chaque côté de la cour, deux dépendances se faisaient face, l’écurie à gauche, avec un second niveau pour entreposer le foin, et, à droite, le corps de garde. Flanquée d’une unique tour, cette seconde bâtisse, massive et sévère, abritait une garnison qui avait plus que doublé en moins de deux ans. Le succès contre l’empereur avait généré d’inattendues vocations, provoquant un afflux de postulants, tandis que ceux qui s’étaient enrôlés pour se battre manifestaient le désir d’intégrer de manière officielle les troupes du Guerek. Naturellement, en raison de l’explosion de la demande, tous les volontaires n’avaient pu être incorporés. Ainsi, Jiffeu et lui avaient dû procéder à une impitoyable sélection. Cependant, pour ménager les susceptibilités tout en entretenant les bonnes volontés, le roi avait créé un nouveau statut, celui d’homme de réserve, assorti du devoir de s’entraîner durant un mois par an, de façon consécutive ou morcelée, et assortie d’une faible solde, plus symbolique que lucrative. Pour avoir vécu les horreurs de ce conflit et la disparition de trop nombreux de ses gardes au col de Brume, Kerryen ne comprenait pas cet engouement soudain pour la guerre et ses batailles. Une folie contagieuse s’était emparée de ces hommes pour les pousser à devenir des combattants, mais, après tout, chacun choisissait son destin ou, tout du moins, le croyait-il. À moins que l’étrange victoire du Guerek eût suscité l’idée que la liberté de leur pays méritait d’être protégée. Défendre sa terre, quel qu’en fût le prix… La détection de réels talents chez beaucoup de leurs engagés temporaires avait constitué un des points positifs de leur mémorable affrontement avec l’armée de l’empereur noir. Dorénavant, le souverain avait acquis la certitude de compter dans sa garnison des soldats fiables, courageux et expérimentés dont, cette fois, beaucoup d’entre eux doublaient leurs compétences : parfaits bretteurs et excellents archers. Finalement, Ellah n’avait pas été totalement inutile… Il ébaucha un sourire indéchiffrable. À présent, il se sentait fier de son rôle de roi à la tête du Guerek. Là encore, songeant à son parcours semé de doutes, si quelqu’un lui avait affirmé un peu plus tôt qu’il aimerait régner, jamais il ne l’aurait cru… Ses yeux explorèrent le mur d’enceinte qui, ceignant la cour, partait de chacune des tours qui encadraient le bâtiment principal pour atteindre le châtelet sur lequel il se tenait, intégrant dans chacun de ses cheminements deux échauguettes, elles aussi irrégulièrement occupées.

— Sire, intervint Jiffeu.
— Oui, nous devons assurer une meilleure surveillance de la forteresse avec des sentinelles présentes en permanence…
— Tout à fait. Amaury et moi avons mis en place une planification qui inclura tous les lieux d’observation désormais.
— Finalement, vous êtes parfaits ! Je me demande si vous avez encore besoin d’un roi…
Sans leur permettre de réagir, il rejoignit la courtine sur sa droite et son regard plongea vers la ville, s’arrêtant à la deuxième rangée de fortifications, dernière ligne de défense avant l’entrée dans Orkys, qui ne s’additionnait à la première que sur la partie la plus accessible des remparts. Ses aïeux n’avaient vraiment rien laissé au hasard, ni l’endroit naturellement préservé qu’ils avaient choisi, un large promontoire rocheux, cerné, sauf du côté de la cité, par des à-pics vertigineux, ni la qualité des protections. Obligatoirement, au cours de son histoire, le Guerek avait connu des périodes tourmentées, mais si peu nombreuses qu’elles avaient à peine imprégné les mémoires jusqu’à l’assaut de l’empereur noir et maintenant surgissait cette inquiétante information… Kerryen resserra son manteau autour de lui. Pourquoi cette pensée lui inspirait-elle autant de crainte ? Dans ce froid glacial et sur ces chemins enneigés, qui, sinon un insensé, pourrait songer à une offensive ? Personne… Il devait absolument se raisonner ; cette envie effrénée de conquête attendrait bien le retour du printemps. Pourtant, il n’y parvenait pas, comme si une petite voix pressante lui conseillait de ne rien négliger. Son regard s’attarda sur la défense des entrées, de lourds battants fermés par de larges et solides madriers combinés à deux herses, une pour chacun des châtelets, mais, le lendemain, exceptionnellement, tout resterait ouvert en raison de la fête à laquelle il avait convié le peuple. À sa grande surprise, l’événement avait attiré beaucoup de Guerekéens ainsi que de nombreux visiteurs. La cité comptait à présent une bonne centaine d’habitants supplémentaires, peut-être un peu plus, pas de quoi non plus craindre une attaque. Décidément, il se préoccupait pour rien. Revenant à la muraille et à sa protection, il réfléchit de nouveau à l’absence de pont-levis au niveau du châtelet principal, pesant le pour et le contre du projet visant à en bâtir un. De toute évidence, son édification nécessiterait de creuser la roche, un travail titanesque pour finalement un gain a priori minime. Sauf que maintenant, ils disposaient d’un peu de poudre pour leur faciliter la tâche… Partiellement convaincu par l’intérêt de sa mise en place, il attendait d’en discuter avec ses hommes, Mukin et Tournel, pour mûrir son opinion. Naturellement, il ne pourrait empêcher Inou et Béa de se joindre à eux, sans compter sa petite femme chérie dont, à présent, il écoutait les conseils avisés. Songeant à cette dernière, son cœur se remplit d’une joie intérieure si intense qu’il se crispa comme sous l’effet d’une brève douleur… Était-ce la peur de perdre son ineffable bonheur qui, ce matin, le rendait si inquiet ? Parfois, de troubles pensées obscurcissaient sa sérénité, comme celle qu’un jour, obligatoirement, il paierait le prix de sa félicité actuelle. Parce que la douceur de vivre n’appartenait pas à son destin, tôt ou tard, la vie reviendrait lui arracher l’amour qu’elle lui avait donné. Dès lors, face à la plus grande souffrance de son existence, il s’étiolerait jusqu’à sa mort…
— Que diriez-vous de construire un pont-levis à l’entrée de la forteresse ? demanda-t-il soudainement, après un long silence.
Amaury jeta un coup d’œil vers Jiffeu. Dépourvu de connaissances sur ce système, il attendait l’avis du chef des gardes.
— Intéressant. En revanche, peut-être devrions-nous nous pencher un peu plus sur l’usage de cet explosif avant de faire sauter les roches aux portes du château…
— En incontestable spécialiste de notre poudre noire, Mukin viendrait sûrement seconder Cerkin sur ce projet. J’en discuterai avec lui à son arrivée, c’est-à-dire s’il parvient à braver les intempéries, dès ce soir. Ce qu’il réalisera sans conteste, car je le suspecte fortement de nous avoir préparé une petite surprise pour nos réjouissances, n’est-ce pas ?
Kerryen lança un regard appuyé aux deux soldats qui, obligatoirement, devaient être dans la confidence, mais l’un comme l’autre affichèrent un air innocent qui, cependant, ne berna pas le roi. Il attendrait bien quelques heures de plus pour découvrir jusqu’où ils étaient mouillés.

Les trois hommes poursuivirent leur contrôle des différents points de la muraille, vérifiant l’efficacité des systèmes défensifs classiques.
— Nous pourrions, avança Amaury, également développer des dispositifs pour repousser d’éventuels assaillants. Les flèches, face à de grosses machines, ne pèseront pas lourd…
À l’écoute des paroles de son second bras droit, Kerryen devint pensif. Alléché par la proposition, son cerveau imaginatif s’était immédiatement emparé de ce projet exaltant et, déjà, bâtissait des engins d’exception pour lesquels il envisageait projectiles et structures mécaniques.
— Passionnant… Avez-vous une opinion à ce sujet ? Nous devons tenir compte de la configuration d’Orkys, demanda-t-il.
— Vous croyez vraiment que de tels engins pourraient monter dans la ville ? La seule artère se révèle si étroite que les chariots peinent pour accéder à la forteresse, opposa Jiffeu.
— Je ne songeais pas tout à fait à cette situation bien qu’elle puisse survenir, mais plutôt au danger que les trouvailles pour nous défendre provoquent plus de dégâts dans la cité ou sur nos remparts que les attaques de nos ennemis. De plus, la largeur raisonnable de certains de ces appareils permettrait leur circulation à travers Orkys. Ainsi, un bélier y parviendrait sans difficulté.
— Cependant, certaines d’entre elles possèdent une portée non négligeable. Même en se positionnant à l’extérieur des habitations, leurs projectiles pourraient frapper nos murailles.
En écoutant parler Jiffeu et le roi, Amaury réalisa qu’il en connaissait vraiment très peu à ce sujet… Tournel ou Mukin pourrait lui en expliquer le fonctionnement ou lui dessiner un croquis pour se familiariser avec leur diversité pour, de cette façon, y réfléchir de façon plus adaptée et personnelle, et participer à la concertation. Kerryen poursuivit :
— Dans le pire des cas, oui. Toutefois, la configuration de la forteresse ne leur facilitera pas la tâche : nos ennemis en bas, et nous en haut. Elles atteignent rarement des cibles à plus de quelques centaines de mètres et, surtout, à une telle hauteur. De quoi nous laisser à l’abri de leurs effets destructeurs pour quelque temps encore… À moins que ne soient fabriqués pour l’occasion des appareils plus puissants et spécialement conçus pour des projections en altitude. En tout cas, la suggestion me paraît excellente et nous réunirons le conseil pour en discuter. J’en toucherai un mot à Tournel et au sage demain, enfin, quand ce dernier aura fini de régler ses petites cachotteries, précisa-t-il en tournant son regard vers Amaury qui le soutint avec héroïsme. Et pour ce qui est de mettre la population en sécurité ?
— Nous nous sommes inspirés des feux d’alerte lors de l’attaque des soldats de l’empereur. Cette fois, nous pensions en positionner quatre de plus entre le haut et le bas Guerek, un près du château, un avant la descente vers la Brucie et un à chaque limite entre les plateaux, soit deux en tout. Et, j’oubliais, pour terminer, un cinquième après le col de Brume, expliqua Jiffeu. Dame Allora se charge d’une partie de l’installation.
— En revanche, nous avons négligé la route qui longe les crêtes par le versant sud. Très étroite, elle ne permet que des déplacements isolés, compléta Amaury. Si ce choix ne vous convient pas, nous pourrons à nouveau y réfléchir.
— Non, votre estimation me paraît justifiée. Qui emprunterait un chemin si dangereux en cette saison ? Au fait, nos réserves de poudre sont-elles suffisantes ?
— Avec Mukin, Cerkin s’était occupé l’été dernier de se réapprovisionner en soufre, donc celles-ci me semblent raisonnables tant pour résister à une attaque que pour des utilisations annexes…
Contrôlant parfaitement son attitude, le chef des gardes rajouta précipitamment :
—… comme creuser la roche pour un pont-levis.
Kerryen tendit l’oreille. Voici qui confirmait que Jiffeu devait aussi être au courant de la surprise du sage et, à présent, il devinait que celle-ci consommerait leur fameuse substance noire. Qu’avait bien pu inventer son ami cette fois ?
— Il nous reste un ultime problème à régler, plus pour la ville que pour nous. De quels moyens disposons-nous actuellement pour circonscrire un incendie ? reprit-il.
Amaury et Jiffeu se regardèrent. Visiblement, aucun des deux n’avait envisagé cette éventualité.
— Pendant l’hiver, nous bénéficions d’une grande quantité de neige ; celle-ci devrait limiter sa propagation. En revanche, dès qu’elle sera fondue…, commença Amaury.
— En plus de l’utilisation de l’eau des puits de la cité, nous pourrions opportunément détourner quelques cascades, si besoin, proposa Jiffeu.
— De bonnes idées pour contrôler un feu accidentel. Cependant, si nos ennemis s’en servaient contre nous, comment éviter son développement ?
Les trois hommes s’observèrent, conscients qu’aucun d’entre eux ne possédait de réponses à cette question. Face à la malveillance, Orkys ne pourrait que brûler…
— Espérons simplement que nous n’en arriverons pas là, conclut le roi d’un ton morne.


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