Les Archives du blog de #fantasy de mai 2014
tome 3 - L'Oracle de Tennesse

La saga d'Aila  fantasy


fantasy officiel

Note : 4.6 / 5 avec 266  critiques français

Les archives du blog de fantasy d'Aila de mai 2014

30 maiGlup… Je vous ai complètement laissé tomber et vous prie de m'en excuser. Parfois, dans le fait de porter deux casquettes différentes (écrivain, professeur, voire plus, car parfois photographe ou autres…), il en existe au minimum une de trop et je me retrouve vaincue par mes obligations premières. J'avais de belles histoires à raconter et, comme le temps les a effacées, ce seront d'autres que je vous exposerai…
Pour commencer, préparation du Salon du livre de Sartrouville pour le 15 juin 2014 ! J'ai — enfin — tenu compte de la remarque avisée d'un lecteur qui me disait que ce serait bien, pour ceux qui lisent les tomes à un an d'intervalle, de disposer dans les livres d'un résumé de l'histoire. Donc, après le délai de rigueur — c'est-à-dire celui qui vous annonce que c'est maintenant ou l'année prochaine —, je m'y suis encore collée et la tâche s'est révélée délicate… Comment se replonger facilement dans son propre univers quand son esprit est accaparé par d'autres labeurs. En conclusion, le résumé du tome I, plus lointain que les suivants, a été plutôt facile à établir, contrairement à celui du tome II dans lequel je sombrais sans discernement dans les détails… Après de nombreuses tentatives, j'ai fini par transformer mes deux essais pour chacun des tomes : liste des personnages principaux et résumé sommaire (et je l'espère suffisant) pour les tomes II et III.
Mercredi, je suis partie récupérer les flyers et les affiches à la mairie et ai découvert avec une certaine fierté que je me trouvais en tout premier sur la liste des dédicaces du Salon du livre. Je ne sais comment est réalisé cet ordre, mais qu'importe, je vais prendre cette position inattendue comme un petit plus ! Un autre bonheur accompagnait cette découverte puisqu'en quatrième position, j'ai eu le plaisir de voir apparaître le nom d'un de mes anciens élèves, Karim Frika, auteur de bandes dessinées. Depuis que j'ai découvert son édition, je suis son parcours de loin et suis heureuse pour lui de cette réussite bien méritée. À l'époque, il était déjà un dessinateur talentueux et j'ai conservé de lui la touchante caricature qu'il avait réalisée de moi, autour de laquelle avaient signé les élèves de la classe.

Flyer du Salon du livre de Sartrouville - 15 juin 2014
Flyer du Salon du livre de Sartrouville - 15 juin 2014

Je vous souhaite un bon week-end. Pour une fois, le soleil semble de la partie.

20 maiOh la la les amis, mais quel week-end prolongé ! Ce sont les premiers samedi et dimanche de l'année au cours desquels je ne travaillais pas pour le lycée, donc, vous le comprendrez bien, deux jours d'exception ! Enfin, j'ai quand même profité de mes trajets en TGV pour corriger presque toutes mes copies, soit pas loin de six heures le stylo à la main entre deux tressautements du wagon… Déjà que je n'écris pas très lisiblement, vous imaginez bien les conséquences négatives de ces vibrations sur mes arabesques tarabiscotées ! En conclusion, le lycée n'est jamais très loin. Je vous raconterai tout bientôt, mais, là, pour l'instant, je rattrape mon retard dans le boulot, c'est la catastrophe ! Nouvelle étape franchie avec 117 % financés ! L'aventure se poursuit et d'autres contributions suivront. Merci à tous !

J -31 de la campagne de financement
J -31 de la campagne de financement

Encore un peu de patience et je partagerai avec vous les belles découvertes de ce séjour. Belle semaine.

16 maiPremière étape franchie avec 111 % de réussite !!! Quelle belle aventure… Que d'émotions, que de beaux moments et tous ces gens qui me font confiance…

Dix-septième jour de la campagne de financement
Dix-septième jour de la campagne de financement

Voici le petit mot que j'ai finalement rédigé sur Ulule pour remercier mes 62 contributeurs, après bien des tergiversations, car, quand une écrivaine ne trouve plus ses mots, c'est que l'heure est grave.
« Merci…
La magie fut au rendez-vous… Pas la mienne, la vôtre, celle qui naît d'une communauté de cœur et d'esprit, unie par un même rêve. Si j'écris les histoires, vous serez à tout jamais les auteurs de cette belle réussite.
À ceux que je connais, merci infiniment à tous d'avoir été présents, engagés. Votre amitié et votre confiance me touchent plus que quelques mots ne sauraient l'exprimer. Il existe des moments d'émotion où le silence devient plus éloquent qu'un long discours alors…
*Pause*
À ceux que je ne connais pas encore, je vous souhaite la bienvenue dans cette grande famille et vous remercie de vous être lancés dans cette grande aventure. J'espère que vous trouverez votre bonheur dans ce que je cherche à offrir : un peu de lumière et d'évasion dans un monde trop souvent teinté d'ombre.
Grâce à vous tous, j'ai vécu des instants d'une intensité troublante dont le souvenir restera gravé en moi comme une de mes plus belles expériences.
Notre voyage n'est pas terminé ! J'ai encore tant de projets, de monde à décrire, d'histoires à vous raconter que je vous promets de nouvelles expéditions en terres inconnues, de celles qui nous rendent plus forts et plus vivants, parce que c'est bien ce que vous voulez, non ?
Je vous souhaite à tous un merveilleux week-end ! »
Ne quittez pas, je reviens mardi. Bon week-end.

14 maiJoli bond en avant avec 77 % ! Je sais, je me répète, persiste et signe, je suis profondément touchée par la générosité de tous, naturellement celles de ceux qui me connaissent, mais aussi celles de ceux qui apportent une petite pierre à cet édifice et qui contribuent à le rendre encore plus solide.
Un moment d'émotion en lisant le petit commentaire d'une personne que je n'ai jamais rencontrée, adepte de la littérature fantasy sous toutes formes, et la première lectrice que je ne connaissais pas à lire le tome I avant même sa parution. Pour elle, l'essayer équivalait à l'adopter ! Je me souviens encore du message magnifique qu'elle m'avait envoyé une fois sa lecture terminée (j'en ai encore les yeux qui brillent, mais ça doit être d'émotion). Aujourd'hui, elle est une des premières à acheter le dernier tome paru, à le lire et à mettre un commentaire plein de saveur sur une de ses lectures préférées (c'est ainsi qu'elle nomme la saga !), sans oublier qu'elle se présente comme une de mes plus grandes fans !
« Et l'aventure continue. Merci de m'avoir donné la chance de participer à ce grand projet !! L'avenir nous le confirmera : on a tous raison d'y croire, car Aila est et restera un Univers unique à ce jour. »
La magie de mon aventure littéraire : ces liens riches et profonds qui me nourrissent et me portent. Merci.
Belle journée.

13 maiNouveau commentaire sur Amazon : « Très bon livre
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre et je compte bien acheter la suite ! On s'attache facilement à l'héroïne Aila, et ses aventures pleines de rebondissements font qu'on a du mal à s'arrêter de lire ! Personnellement j'ai dévoré l'ouvrage en quelques jours alors que celui-ci possède un nombre de pages conséquent.
Autre bon point : pas de fautes d'orthographe et une mise en page tout à fait correcte. Ce livre mériterait d'être édité.
Si vous aimez la littérature fantasy et les héroïnes à fort caractère, ce livre est fait pour vous ! Bonne lecture :) »
72 % du montant espéré ce matin au réveil pour la campagne de financement, ça monte doucement maintenant, mais ça monte !
Bon mardi.

12 maiUne petite pause ce week-end pour parler d'autres choses et, cependant, rester dans le thème puisque je devais monter un dossier de presse à la demande d'une amie. En conclusion, quand on ne sait pas, on apprend ! Mon fils m'a envoyé quelques liens à ce sujet et j'ai commencé à suivre les indications, pas vraiment satisfaite de la tournure un peu morne de l'ensemble. Qu'à cela ne tienne, une bonne nuit de sommeil, des idées au réveil pour ajouter ma petite touche personnelle et des rubriques supplémentaires. Finalement, pas encore une pro, mais, au moins, une amatrice éclairée !
Voici un petit site bien sympa pour se constituer des avatars. Je n'ai pas résisté au plaisir de m'inventer un, tout à mon image n'est-ce pas (non, non, je rigole !) que je partage avec vous.

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Bientôt 8 jours de campagne de financement avec 53 contributeurs et 1403 euros. Bien !
Bonne semaine à tous.

10 maiLa pluie est revenue après une journée ensoleillée passée à travailler… Bouh !!! C'est pas juste !
Bientôt le début de la 7e journée de la campagne de financement avec un joli bond en avant : 44 contributeurs et 1268 euros ! Pour la petite histoire, une amie me disait qu'elle trouvait super le franchissement en si peu de temps des 50 % du financement. Elle ouvre la page d'Ulule et m'annonce : 63 % ! C'est tout juste si j'y croyais…

Début du septième jour de la campagne de financement
Début du septième jour de la campagne de financement

J'en suis parvenue à un point de mon existence où je dois réinventer les façons de dire merci sans avoir l'impression de me répéter en permanence. Si jamais je m'en sors, j'écrirais peut-être un livre ! J'imagine le titre : «  Remercier, tout un art ! »
Belle journée.

9 maiHier, mon amie a rayé une ligne sur sa liste de rêves : « Courir avec Catherine ». Nous sommes donc parties sur les bords de Seine pour 6,3 km et, trop bien, ma douleur n'a pas empiré, malgré deux petites pointes de vitesse pour le plaisir. Quel magnifique moment passé en sa compagnie, de ceux dont on aimerait qu'ils ne se terminassent jamais… au point d'en oublier qu'aujourd'hui, ce n'est pas dimanche et qu'il faut repartir travailler ! Bouh…
Le sixième jour de la campagne de financement commencera à midi. Avec le franchissement des mille euros, le chapitre 2 a été dévoilé sur ma page ululienne et j'ai offert ma première lettre de news à mes contributeurs. D'abord, ce n'est pas un exercice dans lequel je me sens particulièrement à l'aise. Ensuite, je venais de recevoir la première contribution d'une personne inconnue et je me sentais déjà un peu plus timide… Je n'ai pas fait de grande littérature, mais au mieux ! Je me le promets, je serai meilleure pour la suivante !
40 contributeurs et 1013 euros, c'est juste extraordinaire ! Surtout que je connais encore certaines personnes qui n'ont pas participé et qui le feront, sans parler des belles surprises que je vois passer. Gens, je vous adore !

Début du sixième jour de la campagne de financement
Début du sixième jour de la campagne de financement

Il fait gris… Que ce temps incertain ne vous empêche de passer une belle journée.

8 mai Une belle journée qui s'annonce ! Remplie de tout : de dix mille trucs à faire, de la venue d'une amie très chère et, cerise sur le gâteau, comme elle rêve de courir avec moi, elle va apporter ses chaussures et, moi, je vais faire une entorse à ma bonne résolution d'éviter ce sport en ce moment en raison d'une douleur persistante… Ce n'est pas grave, quelle folie ne ferais-je pas pour elle ?
Le cinquième jour de la campagne de financement débutera à midi. La barre des 50 % a été atteinte ce matin avec 35 contributeurs ! Trop trop bien !

Début du cinquième jour de la campagne de financement
Début du cinquième jour de la campagne de financement

Je renonce au barbecue ! Belle journée à tous.

7 maiRappelez-moi combien d'heures compte une journée ? Ah… seulement vingt-quatre… Oh la la, c'est clair, ça ne va pas suffire quand je pense à tout ce qui m'attend dans les prochains jours, non, semaines, Mois ? Glup…
Le quatrième jour de la campagne de financement débutera à midi. Pour l'instant, 42 % affichés du montant escompté avec 26 contributeurs et toujours plusieurs promesses de don (j'ai cessé de les compter !)

Début du quatrième jour de la campagne de financement
Début du quatrième jour de la campagne de financement

Le soleil est absent… Un peu de magie pour changer la donne ?

6 maiLa campagne de financement se poursuit !
38 % affiché du montant escompté avec 23 contributions et toujours trois promesses de don, plus un quatrième qui a fini dans ma poche !

Début du troisième jour de la campagne de financement
Début du troisième jour de la campagne de financement

Le soleil est parti ! Tant pis… Belle journée quand même.

4 maiLa campagne de financement a été lancée ce midi. Maintenant, advienne que pourra !
À cette heure de la journée, déjà 26 % affiché du montant escompté avec 14 donateurs et deux promesses de don (en moins de 12 h). Ces gens qui m'entourent sont vraiment merveilleux et je les adore ! Merci à eu d'être vraiment ce qu'ils paraissent être : des personnes extraordinaires !
Demain, c'est lundi. En attendant, profitez bien du soleil.

3 maiBon, voilà, hier, je me suis fâchée… J'étais à deux doigts d'envoyer cette campagne de financement au diable ! Au final, je me suis dit que je préférais rester une obscure écrivaine que de me vendre au sacro-saint marketing du crowdfunding qui, à ce stade, ressemblait plus à de la prévente ! Leur idée en filigrane : plus vous en donnerez, plus votre projet aura des chances de réussir, ma commission n'en sera que plus grande et, vous, vous en recevrez toujours moins ! Finalement, à quoi ça sert de passer par là, si j'excepte le fait de faire un peu parler de soi (et encore, cette relative notoriété reste à prouver, je pourrai vous la confirmer ou, au contraire, la démentir en fonction de mon expérience personnelle), si ce n'est pour recueillir d'une fraction mineure des sommes versées ! Autant passer par une cagnotte en ligne qui vous prend seulement 4 % au lieu de 8 % et, de plus, sans contreparties. Au final, je préfère recevoir 96 % de 50 euros que (92 % de 50 euros - les contreparties) ! Ainsi, si je les avais écoutés avec leur taux dégressif à la noix, sur le montant de 60 euros qu'ils proposaient, j'en aurais touché à peine plus de… 20 : donc plus la somme versée est importante, moins j'en touche ! Hallucinant ! Franchement, je vais tester et, si ça ne marche pas, je ferai une cagnotte avec ma communauté proche !
Pour confirmer mon impression, je me suis renseignée auprès d'un pro des campagnes de financement, Nicolas, qui m'a affirmé que nos premières propositions étaient parfaitement généreuses. Alors, quand Ulule est revenu avec sa contre-proposition encore plus exigeante, la colère a fusé et n'est toujours pas vraiment retombée.
En conclusion, pour ne pas changer de sujet, je stresse… Je sais, je suis comme ça. Tous les gentils qui travaillent dans l'ombre vont le rester et, moi, je vais me retrouver en première page d'une campagne de financement et je n'en ai pas envie. Je sais que je n'ai juste pas le choix. Mais cette mise en avant me ressemble si peu que je crains de ne pas savoir la gérer…
Sur ma lancée, j'ai fini les nouvelles pages qui manquaient sur le site. Découvrez déjà celle sur la création de la communauté d'Aila, les autres suivront bientôt…
Bon week-end.

2 maiHier fut une journée sous le signe de la pluie, j'ai cru comprendre qu'aujourd'hui le serait encore… Pourtant, normalement, les giboulées de mars sont terminées !
La campagne de financement est finalisée et sera lancée dès que nous aurons l'accord d'Ulule. Plus moyen de revenir en arrière… Vous êtes sûrs ?
J'ai passé plus de cinq heures à constituer la page sur la communauté d'Aila. Résultat : vingt photos à choisir, ordonner et redimensionner, autant de textes à orchestrer avec la vidéo en prime. C'est la première fois que je me rends vraiment compte du temps qu'une telle activité me prend. Mais bon, je suis contente, la page est réalisée. Maintenant, je préfère ne pas trop penser à celles qui sont encore en attente pour le tome III. Hum, je n'ai vraiment pas été assez sérieuse sur ce coup-là, mais, parfois, je ne parviens plus à tout faire…
Vendredi, le jour qui précède le samedi et, surtout, le week-end ! Amusez-vous bien.

1er maiÀ tous, je souhaite beaucoup de bonheur en cette belle journée. Profitez de cette fête du Travail pour faire ce que vous aimez ! Malheureusement, peu d'entre nous profiteront du soleil, pas de chance. Après avoir connu l'été au mois d'avril, le joli mois de mai débute sous des auspices plutôt humides. Cependant, comme ce n'est que le premier jour, demain ne pourra être que meilleur ! Euh… je viens de regarder la météo, ce n'est pas gagné. Alors, je vous invite à laisser s'extérioriser le soleil que vous conservez dans votre cœur. La source de lumière n'est pas importante, seul compte le rayonnement qu'elle partage avec tous !

Beaucoup de bonheur à tous !
Beaucoup de bonheur à tous !

Dans le jardin, les clochettes du muguet ont mal résisté à la pluie des derniers jours et certaines d'entre elles ont flétri. Jaunies et transparentes, elles feraient bien pâle figure aux côtés de leurs congénères d'une blancheur encore immaculée. Qu'importe leur défaillance selon les puristes, elles continuent d'être le symbole de ce que la force vive de l'être humain peut apporter autour de lui. Si seulement la conscience de ce potentiel créatif et positif s'imposait dans les esprits, peut-être que le monde s'apaiserait enfin…
Dernières finalisations de la campagne de financement sur Ulule qui débutera sous peu. Je devrais être soulagée, mais même pas. Je reste une petite souris qui préfère l'ombre à la lumière. Cependant, comme on n'a rien sans rien, il faut bien que je me secoue un peu. Pourtant, cette escapade vers un autre monde me fait toujours aussi peur. Tant pis !
Un jeudi férié, c'est bien. Deux jeudis fériés, ce sera encore mieux ! Belle journée.


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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Quelques secondes suffirent à Aila, la tête sur l’oreiller, pour s’endormir. Quand Élina la réveilla une demi-cloche plus tard, quelques secondes lui furent nécessaires pour reconstituer le début de sa journée. Son sentiment d’urgence ravivé, elle prit sa ceinture à onguents, son kenda et se précipita dans les escaliers vers la cour où les deux plus jeunes princes l’attendaient déjà, Lumière à leur côté.
— Deux hommes pour moi toute seule ! Quel incroyable privilège !
— Et faudra pas t’y habituer ! plaisanta Avelin.
Elle talonna Lumière et partit au trot, suivie des deux frères. La ville dépassée, ils allongèrent l’allure pour gagner Pontet le plus rapidement possible. Ils profitèrent de la traversée des villages pour partager entre eux les informations rapportées par le capitaine Aténor. Dès le début de la mission, l’étang avait été interdit à la population, par précaution. Arrivés à Pontet, les cavaliers avaient cherché à prouver le lien entre la nature de son eau et les décès quand, tout d’un coup, tout s’était emballé. Les gens tombaient malades les uns après les autres. Les soldats avaient assisté de leur mieux les villageois paniqués, sans parvenir à endiguer la fulgurante propagation du mal. L’apparition de la mort dans la nuit avait décidé le capitaine, dépassé par les événements, à retourner au château avec tous ses hommes, promettant de revenir avec de l’aide le soir même. La troupe était partie ce matin de très bonne heure, après avoir mis le village en quarantaine et donné l’ordre d’exécuter toute personne qui se risquerait à le quitter.
Alors que leur arrivée à Pontet était imminente, les princes et Aila s’arrêtèrent un instant.
— Par quoi commençons-nous, Aila ? demanda Adrien.
— Par l’étang, je suis convaincue que les problèmes viennent de là. Si nous voulons stopper cette hécatombe, je dois découvrir qui disperse ce poison et l’éliminer.
Suivant les indications transmises par le capitaine Aténor, ils tombèrent rapidement sur le lac. Elle descendit de cheval.
— Y a-t-il un risque pour que le virus s’en prenne à nos montures ? s’enquit Avelin, tout de même inquiet.
— Non, je ne le crois pas, sinon je l’aurais su, répondit la jeune fille.
Elle se plaça devant l’étendue d’eau, la sondant de son esprit, tentant de localiser la source du mal.
— Je vais plonger.
— Où ? s’exclama Avelin.
— Dans l’étang. Je dois neutraliser l’origine de la maladie.
Adrien la retint par le bras, l’air grave.
— Je ne peux pas vous laisser exposer votre vie de façon inutile et si je dois vous en empêcher par la force, je le ferai, même si je doute de prendre le dessus. Je ne me rendrai pas sans me battre !
Elle lui sourit avec gentillesse et posa sa main sur la sienne.
— Ne vous inquiétez pas pour moi, je serai protégée par une bulle que les fées m’ont appris à créer. Par contre, je solliciterais votre courtoisie en vous priant de vous tourner de l’autre côté, ajouta-t-elle en rougissant, je n’ai pas de quoi me changer et je vais me déshabiller pour ne pas risquer de mouiller mes affaires. Vous voulez bien ?
— Est-ce certain que vous ne craignez rien ? insista Adrien.
Elle hocha la tête, sans hésitation.
— Viens, Avelin, allons allumer un feu là-bas, proposa-t-il.
Il ajouta à l’attention d’Aila, saisissant un objet derrière sa selle :
— Tenez, c’est pour vous. Ma couverture vous réchauffera quand vous sortirez de l’eau…
Elle le remercia, puis se glissa derrière un arbre à l’abri des regards. Elle ôta ses affaires et contempla l’étang dont la surface lisse ne reflétait pas le trouble dont il était la cause. Qu’allait-elle découvrir sous ce miroir ?
— J’espère, mes petites fées, que j’ai correctement assimilé ce que vous m’avez appris, parce que, là, je joue ma vie et bien plus encore !
Et elle se lança. La bulle se forma autour d’elle dès que son corps atteignit l’eau, telle une seconde peau à travers laquelle elle pouvait même respirer. Aila tendit tous ses sens pour trouver les racines du mal, se dirigeant en aveugle vers le signal de danger qu’elle percevait.
— Par les fées, si seulement je pouvais disposer d’un peu de lumière…
Il suffisait de le demander et la bulle se mit à rayonner doucement, perçant l’obscurité des profondeurs, à la plus grande stupéfaction de la jeune fille qui ne se souvenait pas de détenir ce pouvoir-là… En tout cas, c’était parfaitement adapté à la situation ! Elle continua à descendre et découvrit, nichée tout au fond de l’étang, une espèce d’affreuse plante, affreuse et meurtrière… Cette dernière libérait, à chaque ondulation de ses feuilles, des milliers de petites vésicules vertes, brassées par le vent et les poissons, qui allaient répandre leur poison dans toute la pièce d’eau. Enfin, était-ce vraiment une plante ? Aila ne savait plus rien avec certitude. Envahie par le doute, elle ne percevait que des sensations contradictoires dont elle n’analysait pas la nature. Intérieurement, elle espérait que la magie des fées ne reconnaîtrait pas en cette abomination un être vivant, sinon, par ses seuls moyens, elle n’aurait aucune chance de la détruire, et que ferait-elle donc alors ? Contenant ses craintes, elle projeta de toutes ses forces son esprit vers la plante, la cristallisant dans ses moindres recoins. Progressivement, cette dernière se figea, comme prise dans un cocon de glace, cessant dans le même temps de disséminer le mal qui était en elle. Aila patienta un instant, elle voulait être certaine que son action suffirait, puis, rassurée par l’atténuation du signal de danger, elle remonta à la surface, prenant conscience du froid qui la fit frissonner. Elle s’occuperait plus tard de la menace potentielle des vésicules qui flottaient encore, entre deux eaux. Pour l’instant, elle avait des hommes à sauver. Elle sortit du lac, sèche mais frigorifiée. Grelottant de tous ses membres, elle enfila rapidement ses affaires et passa la couverture autour d’elle avant de rejoindre les deux princes qui attendaient devant le feu. Ils avaient fait chauffer un peu d’eau.
— Une boisson chaude ? Ne me dites pas non. Vous avez beau ne pas être mouillée, vous êtes bleue ! s’exclama Adrien.
Elle s’assit à côté d’eux et prit le temps d’avaler à petites gorgées la tisane brûlante qui la réchauffa de l’intérieur. Ensuite, ils ramassèrent rapidement leurs affaires et se dirigèrent vers le village. Le signal de danger d’Aila se réveilla, brutal, presque insupportable… De Pontet, une souffrance émanait avec une si forte puissance que chacun de ses muscles, se crispant, en devenait douloureux. Elle arrêta les princes.
— Je vous invite à demeurer ici, en sécurité. Je ne voudrais pas endosser la responsabilité de la mort de deux des fils du roi…
— Pas question, je suis un vrai partenaire et je t’accompagne ! répliqua Avelin.
— Et je ne resterai pas derrière ! ajouta Adrien, tout aussi déterminé.
— Alors, descendez de cheval, je vais m’efforcer de créer une protection autour de vous. Cependant, je ne suis en rien certaine de sa totale efficacité…
Ses mains tendues vers eux, son esprit balaya leurs corps, nourrissant le bouclier qu’elle construisait à proximité d’eux de toute sa tendresse, sa générosité et son abnégation… Sa pensée rebondit de Barou à dame Mélinda en passant par Hamelin, ces personnes qu’elle aimait plus que tout et qui lui avaient donné plus qu’elle ne pourrait jamais leur rendre. Elle s’était convaincue que si une chose devait protéger les princes d’une éventuelle contamination, ce serait la force de l’amour dont elle les avait enveloppés…
— Allons-y maintenant.

Ils arrivèrent au village, découvrant les ravages de la maladie. Tous les râles, les plaintes, les gémissements résonnaient dans la tête d’Aila et des larmes se mirent à couler sur ses joues sans qu’elle les contrôlât. Mais par où devait-elle commencer pour soulager ces villageois torturés de douleur ? Touchés par l’atmosphère lugubre qui les entourait, Avelin et Adrien gardaient le silence, la mine sombre et le cœur lourd. Alors qu’ils descendaient de leurs chevaux, un homme accourut, le souffle court et l’inquiétude perceptible.
— Messires, ma dame, il vous faut partir très vite. Vous n’auriez jamais dû rentrer, des gardes auraient dû vous en empêcher. Je me nomme Dopier, chef du conseil de Pontet. Notre village a été mis en quarantaine, car nous mourons tous les uns après les autres.
— C’est pour cette raison que nous arrivons, dépêchés par le roi. Voici les princes Avelin et Adrien d’Avotour et je suis Aila Grand. Nous devons agir vite.
Une lueur d’espoir s’alluma immédiatement dans le regard de l’homme.
— Quelle est cette salle ? questionna-t-elle, en désignant un bâtiment muni de grandes fenêtres.
— Celle du conseil, répondit Dopier.
— Bien. Localisez les malades les plus atteints et amenez-les ici. Ce sont eux que je dois les guérir en premier ainsi que les enfants et les personnes âgées qui sont plus fragiles devant la maladie. Faites enterrer les cadavres au plus vite pour éviter une transmission encore plus rapide.
Le chef du conseil acquiesça et tout s’enchaîna alors très vite. Elle plongea dans les corps les uns après les autres, détruisant le mal, s’épuisant peu à peu. Quand Avelin et Adrien voulurent qu’elle mangeât un peu, elle refusa, ne souhaitant pas s’interrompre sous peine de ne plus repartir. Trop de souffrance hantait son esprit et son corps flanchait, perclus de douleurs. Le jour déclina, la nuit envahit le village moribond et s’écoula, à la fois trop vite et pas assez. Les traits tirés, le visage fermé, la jeune fille passa le dos de sa main sur son front, puis regarda autour d’elle pour appeler le suivant. Adrien s’approcha.
— Aila, il faut vous arrêter. Vous avez guéri tous ceux dont la vie ne tenait qu’à un fil. Reposez-vous quelques cloches et c’est un ordre cette fois.
Le prince la fixait de ses yeux dorés. Malgré sa simplicité, il affichait cette forme de majesté innée qui impressionnait Aila. Comme le courage lui manquait pour se rebeller, elle le suivit jusqu’à une petite maison attenante à la salle du conseil. Elle voulut s’asseoir un instant auprès d’Avelin, mais, à peine avait-elle touché le lit qu’elle glissa sur le côté, sa tête tombant sur l’épaule du jeune homme, elle dormait déjà.
— Adrien, j’ai besoin de toi…, murmura-t-il.
Adrien tourna les yeux pour découvrir son frère, coincé entre le mur et Aila, n’osant plus bouger de peur de la réveiller. Un sourire aux lèvres, il attrapa la jeune fille, puis l’allongea, tandis qu’Avelin gagnait un autre lit. Un coup fut frappé à la porte.
— Avelin, va voir.
Comme personne ne remuait, Adrien se retourna une nouvelle fois, constatant que son frère sommeillait lui aussi… Résigné, il alla ouvrir. Dopier, contrit, s’excusa de sa présence avant d’enchaîner :
— Mon bon sire, où est la dame qui guérit ?
— Elle dort. Elle doit absolument se reposer avant de recommencer à vous secourir…
— Je le comprends. Cependant, nous venons de retrouver une gamine qui pleure de chagrin et de douleur, seule survivante de sa famille qui habitait dans une maison très à l’écart du village. Des hommes sont en train d’enterrer ses parents et son frère. La dame désirait soigner tous les enfants et, comme la fillette me paraît au plus mal, nous avons pensé…
Dopier laissa sa phrase en suspens, attendant la décision du prince. Adrien tenait pour certain que si la petite fille mourait avant le réveil d’Aila, cette dernière ne se le pardonnerait jamais. À moins que cela fût à Adrien qu’elle en voudrait éternellement et il ignorait s’il saurait le supporter.
— Allez chercher l’enfant, je réveille Aila.
Adrien s’approcha de la jeune fille et la regarda dormir. Elle dégageait une telle sérénité dans son sommeil qu’il se laissa absorber un court moment avant de se décider à l’éveiller. Il lui parla doucement sans obtenir de réaction, puis tapota son épaule sans plus de succès. Il hésitait encore à la secouer plus fort quand il vit une larme couler le long de la joue d’Aila. Les yeux embués, elle les ouvrit et son regard douloureux coupa la respiration du prince l’espace d’un instant.
— Ils ont trouvé une autre petite fille, lui dit Adrien.
— Je sais, je l’ai sentie, elle va si mal…
Il perçut le doute dans sa voix, celui de pouvoir la sauver. Alors qu’il lui prêtait la main pour se redresser, elle posa sa paume sur son épaule un moment.
— Votre bouclier résiste, vous êtes encore protégé. Aidez-moi à rejoindre Avelin, je veux examiner le sien.
Soutenue par le prince, elle vérifia celui du corps endormi d’Avelin et hocha la tête, satisfaite avant de retourner s’asseoir sur son lit.
— Les voilà. Pouvez-vous me ramener l’enfant, je vous prie ? Demandez-leur son prénom.

Sur le pas de la porte, Adrien saisit dans ses bras la petite Niamie qui pleurnichait, si frêle et si pâle. Il la déposa en face d’Aila qui commença son combat presque perdu d’avance. Alors que la jeune fille n’avait échangé que quelques propos rassurants avec chaque personne soignée, ce fut un flot de paroles dont elle enveloppa l’enfant qui gémissait sans répit. Elle lui racontait sa vie lorsque les beaux jours reviendraient, lui parlait du goût des pommes et du jus de ces dernières qu’elles boiraient ensemble.
— Tu sais, un jour, si j’ai une petite fille, je voudrais qu’elle te ressemble. Deux yeux verts, aussi clairs que les tiens, éclaireraient son visage, ouvert sur le monde, et sa jolie peau, dorée par le soleil, serait à croquer. Elle posséderait le même rire que celui qui résonne dans l’air quand tu es heureuse et une volonté de vivre aussi forte que la tienne. Je l’emmènerais se promener longuement à cheval et je lui apprendrais à se battre. Je lui expliquerais les fleurs et les plantes et je lui enseignerais le bonheur d’être, celui de se contenter de ce que la vie vous donne et de savoir se relever quoi qu’il arrive. Allez, vis, ma douce, vis ! Tu as encore un monde à ta portée ! Reviens avec moi, je t’en prie. Tu ne me laisserais sûrement pas tomber si tu te doutais à quel point j’ai besoin que tu survives…
Malgré sa fatigue, le cœur étreint, Adrien, qui ne les avait pas quittées des yeux, écoutait chaque mot prononcé, sous le charme de la voix chaude et convaincante d’Aila. Puis, quand cette dernière ne fut plus qu’un murmure, il réalisa à quel point la jeune fille s’écroulait, épuisée. Soudain, il la vit déposer un baiser sur le front de l’enfant et lui chuchoter :
— Merci.
Sans se tourner vers Adrien, elle murmura tout en retombant sur le lit.
— Elle est sauvée.
Il récupéra la fillette dont les joues avaient retrouvé les couleurs de la vie et qui dormait à présent d’un sommeil paisible.
— Eh bien ! On peut dire que tu l’as échappé belle ! Bienvenue dans le monde des vivants, petite fille, lui souffla le prince.
Un bref instant après, il la remit au chef du village qui patientait.
— Maintenant, nous devons absolument nous reposer. Ne nous réveillez qu’en cas d’urgence.
— Je vais laisser des hommes protéger votre sommeil, lui assura Dopier. Dormez en paix.
Enfin libéré, Adrien s’allongea sur son lit, la voix d’Aila résonnait toujours à ses oreilles. Il réalisait qu’en une journée, il avait vécu presque plus d’événements intenses que dans toute son existence et comprit le malaise que son frère aîné pouvait éprouver en face de la jeune fille. Elle apportait dans son sillage une tornade qui bouleversait votre vie d’un mot ou d’un geste. Adrien ne connaissait pas les sentiments exacts d’Hubert pour elle, son frère avait depuis si longtemps refoulé tout partage amoureux ou même amical, mais il en était sûr, cette fille l’avait touché, à son cœur défendant. La façon dont il se protégeait d’elle le démontrait clairement… Si seulement il acceptait de se livrer, il pourrait prétendre au bonheur qu’il méritait et, pourquoi pas, avec elle… Au moins, il ne s’ennuierait plus jamais ! Adrien sourit. Il adorait Hubert et aurait donné n’importe quoi pour le voir simplement heureux. Seulement, il est impossible de rendre heureux les gens malgré eux. La fatigue eut bientôt raison de ses dernières pensées et il sombra dans un lourd sommeil réparateur.

Le soleil illuminait le village quand Adrien se réveilla. Son frère et Aila dormaient encore. Il passa la porte et réclama aux hommes qui la surveillaient de quoi manger. Deux d’entre eux partirent en courant s’acquitter de la commission, tandis qu’il rentrait. Il s’approcha d’Avelin et le secoua doucement jusqu’à ce que ce dernier déniât émerger.
— Aila ? demanda Avelin d’une voix un peu caverneuse.
— Elle dort encore. Tu la réveilleras une fois le petit déjeuner servi. Je vais me dégourdir les jambes.
Adrien, heureux de se promener au grand air, passa voir les chevaux et marcha un petit quart de cloche vers la forêt, respirant à pleins poumons. Comme une réponse à toute cette souffrance, il sentait en lui un amour immodéré pour la vie et la joie d’être en bonne santé. Il songea à la journée qui les attendait, confiant. Aila saurait faire face à tout. Il ne se doutait pas qu’un jour, il en viendrait à admirer une personne plus que son père et cela l’étonnait. Dans le même temps, il s’avouait ravi d’avoir croisé sa route, rien ne serait plus tout à fait comme avant maintenant et, contrairement à Hubert, cela lui prodiguait un bien fou. Quand il revint à la maison, elle était assise, la mine bien pâlotte. Cependant, ses yeux brillaient de vitalité et elle mangeait d’un solide appétit, écoutant en riant les plaisanteries d’un Avelin en pleine forme. La vue de toutes les victuailles réveillait la faim d’Adrien qui ne tarda pas à venir partager le petit déjeuner et leurs rires. Dès que son estomac cessa de la tirailler, elle partit chez Dopier pour établir un bilan sur le nombre de personnes toujours malades. Elle recommença ses soins, s’efforçant, pour ces cas plus bénins, de préserver son énergie. En une demi-journée, elle avait fini, tandis que, peu à peu, son signal d’urgence s’amenuisait. Malgré tout, elle percevait encore un bruit de fond lié au risque potentiel que l’étang représentait, mais elle avait décidé de terminer par là.

Après une nouvelle nuit réparatrice, elle acheva les guérisons avant d’assister à la réunion du conseil, réduit d’un quart. Beaucoup d’hommes manquaient à l’appel… Ce village allait devoir renaître malgré les absents. Dopier prit la parole :
— Le constat est terrible : nous avons perdu la moitié des nôtres. Le seul point positif est que nous n’ayons eu aucun d’entre nous à tuer de nos propres mains. Chacun a respecté les règles, car, apparemment, personne n’a cherché à s’enfuir d’ici après la mise en quarantaine. À présent, nous allons pleurer nos disparus et nous reconstruire une nouvelle vie après votre départ. Au nom de tous, je tenais à rendre grâce au roi pour l’aide qu’il nous a accordée, alors que nous désespérions.
Très ému, le chef du conseil se mit à bafouiller en poursuivant :
 — Qu’en plus, il ait envoyé ses enfants parmi nous, c’est… Enfin, quand nous pourrons…, plutôt quand nous saurons comment vous remercier, nous…
Adrien le coupa :
— Nous n’avons accompli que notre devoir. C’est la préoccupation perpétuelle du souverain et de ses héritiers que de veiller sur ses concitoyens. Répétez-le autour de vous, ce sera la seule récompense que nous accepterons.
— Vous êtes trop bons, messires. Sachez que notre reconnaissance et notre fidélité vous sont acquises à tout jamais. Je vous en donne ma parole.
— Nous n’en doutons pas, chef Dopier.
Aila intervint, elle paraissait inquiète :
— Êtes-vous sûr que personne n’a quitté le village ?
Dopier se concerta avec les autres membres du conseil et l’un d’entre eux se leva pour commencer la tournée des habitations. Une demi-cloche s’était écoulée quand il revint, très énervé.
— Messires, il manque Frappier, le fils du boulanger ! s’exclama-t-il. Comme il n’était toujours pas levé, je suis parti voir avec son père s’il n’était pas malade, mais l’oiseau s’était envolé ! Personne ne l’a aperçu depuis hier soir.
Elle jeta un coup d’œil rapide aux princes, se releva et attrapa ses affaires.
— Il faut le retrouver et vite !
Se tournant vers Dopier, elle ajouta :
— Interdisez l’étang ! La source initiale est anéantie, mais, pour l’instant, il reste encore une possibilité de contamination à son contact. Annoncez-le à votre population en leur expliquant les raisons de cette décision. Pour les récalcitrants, indiquez-leur que je ne m’occuperai pas d’eux une nouvelle fois !
Sur le point de quitter la salle, Adrien et Avelin sur ses talons, elle se retourna vers le chef du conseil encore une fois.
— Frappier est-il à cheval ?
— Non, aucun cheval ne manque à l’appel. Il a dû partir à pied à travers la forêt.
— Quelle est la ville la plus proche ?
Dopier réfléchit un instant.
— Il en existe plusieurs. Cependant, dans son cas, je me dirigerais plutôt vers Barreuse, à l’ouest du village.


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