Les Archives du blog de #fantasy de mars 2014
tome 3 - L'Oracle de Tennesse

La saga d'Aila  fantasy


fantasy top

Note : 4.5 / 5 avec 210  critiques littérature

Les archives du blog de fantasy d'Aila de mars 2014

25 marsJe dédie ce blog à ces élèves qui me rappellent qu'enseigner est le plus beau métier du monde, à ceux dont les sourires et l'intérêt éclairent mes heures de cours, à ceux que j'ai regretté de quitter, à ceux que je regretterai de voir disparaître de ma vie… À ces moments de partage où les regards se croisent et où les rires fusent dans une ambiance bon enfant ! Les professeurs n'appartiennent pas au développement durable, leur présence s'estompe aussitôt la dernière heure de cours achevée à chaque fin d'année et c'est ainsi tout le temps, seule persiste la chaleur des souvenirs qui nous auront liés… Pour couronner cette belle journée d'école, voici un article envoyé par l'un d'entre eux que j'ai reçu ce soir et que je partage avec vous, ainsi vous en saurez plus en sciences ! Immense découverte en physique : on a observé les premières secousses du Big Bang.
Je pourrais dire : « Rien de nouveau pour l'écrivaine en ce moment », mais ce serait un pieux mensonge. En somme, rien de très folichon, plus de problèmes que de résolutions et encore plus de questions sans réponse… Demain sera un autre jour ! Courage ! La semaine arrive demain à son apogée avant de redescendre vers le week-end ! Bonne journée.

22 marsHier, c'était le printemps ! Et tous les printemps sont le symbole d'une renaissance, celle de la nature entre autres, quoique, cette année, un simple regard vers la végétation nous renseigne sur le fait qu'il a déjà pointé plusieurs fois le bout de son nez, bien en avance sur le calendrier !
Et ce fut l'occasion d'une nouvelle belle rencontre ! J'ai été contactée par une écrivaine sartrouvilloise d'origine équatorienne pour que nous nous rencontrions. Hier, entre la correction d'un ultime paquet de copies et un conseil de classe, nous nous sommes retrouvées devant la gare avant de descendre vers les quais de Seine et de se laisser bercer par le soleil de la journée sous une brise réchauffée par son rayonnement intense. Les couleurs étaient magnifiques, le paysage paisible, malgré la présence à proximité d'une oie que je lorgnais du coin de l'œil (j'ai conservé une méfiance certaine vis-à-vis de ces bêtes-là ! Ma grand-mère avait un jar aussi hargneux qu'il était blanc !) et, cerise sur le gâteau, de beaux échanges avec la découverte d'un autre parcours, d'une expérience personnelle différente, mais qui reste une approche sensible et humaine. C'est certain, nous nous reverrons !
Enfin le week-end ! J'espère que vous aurez un peu de soleil dans votre vie à défaut d'en avoir dans le ciel.

20 marsIl existe des jours comme ça, où le ciel est aussi gris dehors que dedans et où l'amitié des gens vous rappelle que leur seule présence parvient à rendre la vie moins morose. C'est une des facettes de l'amitié et du plaisir de partager des moments simples, mais chaleureux avec des gens extraordinaires…
Alors, comment repousser les ombres ? Par de petites discussions en salle des profs, juste avant de partir faire ses courses :
« Tu sais, si tu as besoin de moi d'un point de vue marketing, tu n'hésites pas, c'était mon boulot. »
Savez-vous que les hypermarchés sont des lieux de rencontre incroyables ? Je suis devenue amie avec la mère d'une ancienne élève (à la suite d'une rencontre dans ce même hyper d'ailleurs !) et, en général, quand elle se dit que vraiment nous devrions nous voir plus souvent, eh bien, je la croise le jour même ! CQFD, rencontre dans le cadre d'une allée remplie de gâteaux !
« Est-ce que tu te rends compte du chemin que tu as parcouru depuis le jour où tu as édité le tome I ? » me demande-t-elle. Non, je ne m'en rends pas compte… Heureusement qu'il existe des gens comme elle pour me le rappeler ! Je vous souhaite une belle fin de semaine de soleil et de chaleur.

17 marsVous allez penser que je vous ai lâchement abandonnés depuis quelques jours, mais non, pas tout à fait, juste un peu ! La vie continue de s'étirer d'occupation en occupation, me laissant de moins en moins de temps pour rêver et, par conséquent, pour écrire.
Pour une fois, j'ai tout abandonné ce week-end pour découvrir quelques aspects de la Bourgogne, dans la lumière tamisée par les nuages le samedi et sous un soleil radieux le dimanche. Je suis tombée amoureuse de cette région que je connaissais peu, de ses églises massives dont le chœur se fissure parfois lorsque Dieu a déserté le lieu, de ses coteaux hérissés de vignes ou d'arbres fruitiers aux ramures noueuses, de ses villages dont trop de maisons, abandonnées de toute âme, gardent leurs volets clos et se meurent peu à peu, de cette terre ocre et caillouteuse qui colore le paysage de nuances flamboyantes… Je partage avec vous quelques photos :

Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay
Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay

Église fortifiée de Chity
Église fortifiée de Chity

Vignes aux alentours de Chity
Vignes aux alentours de Chity

Lavoir de Chablis
Lavoir de Chablis

Mon prochain projet prend forme peu à peu, mais, sincèrement, il génère tellement d'interrogations et, en l'absence de boule de cristal (ou d'une expérience suffisante), des réponses si peu satisfaisantes que je finis par me demander pourquoi j'ai suivi cette idée un peu folle, qui, sur le moment, paraissait tellement attractive… En raison de mon goût pour les expériences nouvelles ? Parce que j'ai cru, comme d'habitude, à la bonne étoile qui éclaire ma vie depuis quelque temps ? Si j'avais imaginé le boulot que cette nouvelle aventure allait faire peser sur mes épaules en plus des responsabilités, je crois que j'aurais appuyé sur « Pause » ! Maintenant que tout est enclenché, il me reste à me laisser entraînée, ballottée par le flot ! Bon, d'accord j'exagère un peu, car, comme d'habitude, elle crée déjà de beaux échanges et c'est ce qui compte le plus pour moi !
Belle semaine à tous.

11 marsEt, allez, hop ! C'est reparti… Je continue à jongler, mais je ne me trouve pas meilleure aujourd'hui qu'hier ! Oh la la… Je travaille pour le lycée, je travaille sur mon projet, je travaille sur mes nouvelles et je passe mon temps à sauter du coq à l'âne ! Cet état d'équilibre incertain finira-t-il par trouver une fin ? Au fait, c'est quand les prochaines vacances (énonce la prof dans toute sa splendeur qui vient de reprendre une semaine plus tôt) ? Bon, mieux vaut en rire qu'en pleurer !
La réflexion sur la fantasy française, en plus écrite par une femme, m'a entraîné vers quelques articles intéressants, dont celui-ci : Les auteurs français de l'imaginaire sont-ils si peu vendables ? Je me suis insurgée contre le fait de choisir un pseudonyme anglo-saxon pour paraître ! Comme si l'habit faisait le moine. J'en comprends parfaitement la raison et les auteurs ont raison de chercher à séduire par ce biais, mais les lecteurs me semblent porter une lourde responsabilité dans ces choix idiots et presque mensongers. Quel dommage de devoir en arriver à de telles extrémités pour avoir une chance de se faire connaître. Ce fait indique à quel point il nous arrive d'être englués dans des stéréotypes sans fondements que, pourtant, nous continuons de véhiculer malgré nous…
Je vous souhaite une belle semaine de soleil et de chaleur.

8 marsQuelle semaine de fou ! J'aurais aimé qu'elle prît fin hier soir, mais ce ne fut pas le cas ! Je surveillais le prépabac de ma première L. Ils sont gentils comme tout, alors, pour les motiver un peu, je leur ai dessiné un palmier au tableau avec une île, la mer, un voilier, quelques oiseaux ainsi le soleil qui régnait dehors et que je devinais derrière la vitre occultée par quelques rideaux (histoire d'éviter la transformation trop rapide de la pièce en four).
Une nouvelle fois, mon esprit joue au grand écart entre toutes les tâches qu'il doit accomplir au point de ne plus savoir s'atteler efficacement à l'une ou à l'autre. Prendre du recul, repousser les idées parasites, se concentrer et laisser les mots venir comme si je n'attendais qu'eux pour exister vraiment… Si seulement c'était aussi simple… Si seulement je parvenais à vider ma tête de ce qui la monopolise au quotidien… Tout oublier pour être capable de rêver les yeux ouverts, l'esprit en éveil et la plume au bout de ses doigts… Si seulement les rêves étaient à portée de doigt…
Je vous souhaite un merveilleux week-end ensoleillé.

4 marsLa bonne nouvelle, cerise sur le gâteau, de la journée de dimanche est que le nombre de livres vendus continue de progresser. Hop, en deux mois (janvier et février), j'ai quasiment doublé mes ventes en numérique ! Et si on rajoute mes ventes papier, le nombre commence à impressionner la modeste auteure que je suis : je frôle le demi-millier… Waouh, quelle aventure !
J'ai beaucoup de mal à trouver un juste équilibre entre le plaisir que je ressens à voir les chiffres augmenter et la crainte qu'ils génèrent en moi sur les effets d'une lumière un peu trop vive sur la personne que je suis (et non sur mon personnage)… Enfin, j'ai encore de la marge avant de rentrer dans la cour des grands ! D'ailleurs, aujourd'hui, je retourne à mon boulot initial, histoire de ne pas prendre la grosse tête trop vite.
Bonne journée.

3 marsJ'avais dit que je vous raconterais… Comment décrire une atmosphère comme celle-là ? Celle du jour où vient d'être créée la communauté d'Aila.
D'abord, je suis parti avec mon voisin, grand fan d'Aila devant l'éternel, puis j'ai croisé une autre voisine, à fond également dans l'histoire, mais, snif, sans son mari, l'initiateur de cet engouement familial, car malade… Pourtant, jusqu'au dernier moment, il avait bien cru pouvoir venir !
Arrivés au parc, nous retrouvons pratiquement tous les figurants, en avance de peur d'être en retard. Cependant, notre réalisateur n'est pas là ! Ce qui me donne le temps de saluer tout le monde (une trentaine de personnes, ça en fait des bisous !) et de faire quelques photos : avec mes voisins, mes anciennes élèves, mes collègues (mathématiques, venues en force, SVT et quelques matières égarées), mes compagnes de Country, quelques amis ainsi que Stefan et Catherine d'UPblisher, tous venus pour Aila et pour moi peut-être aussi.
Nicolas Coiffard mon réalisateur (et acteur en d'autres occasions), arrive et rencontre quelques problèmes avec le micro dont il dispose et que refuse de reconnaître sa caméra. Tant pis, on fera sans !
Allez, après quelques mises en place des figurants et de leur déplacement, je me lance, entame l'énoncé de mon texte et c'est l'horreur ! Comment peut-on tout oublier face à ce petit miroir noir qui vous fixe avec une intensité démoniaque ! Scrogneugneu… Quelques tentatives, certaines meilleures que d'autres, mais, toujours la petite hésitation qui crée l'imperfection. Désolée, je suis comme ça… Personnellement, je serais capable de recommencer cinquante fois pour avoir la prise parfaite. Sauf que, là, le temps n'était pas mauvais, juste un peu frais pour l'auteure qui n'avait qu'un petit gilet sur les épaules (et, heureusement, une écharpe bien chaude autour du cou !) et il était compté pour ceux qui participaient !
Nous avons ensuite rejoint la maison en cortège pour nous réchauffer autour de quelques boissons (chaudes pour certains) et des quelques gâteaux, tartes ou cakes, salés ou sucrés dans une ambiance très agréable. Tout le monde paraissait détendu, heureux d'avoir participé à ce minuscule événement au point de me remercier de les avoir invités alors que c'était moi qui me sentais redevable de leur gentillesse et du temps qu'ils m'avaient consacré. Ils sont tous repartis, ravis, avec une petite attention, dont un certificat de présence à la création de la communauté d'Aila, daté et signé !
En conclusion, une merveilleuse expérience… J'enlèverais juste peut-être le moment où j'étais filmée pour qu'il soit parfait !
Des remerciements infinis à : Alicia B, Annie C, Betty B, Caroline V, Catherine R, Catherine V, Didier B, Dominique A, Emmeline P, Isaura M, Jean-Charles C, Jocelyne T, Émilie A, Mathieu D, Florence D, Florence O, Florence P, Françoise A, Laurie C, Léa C, Nicole A, Pascale C, Raphaël, Sandra P, Ségolène L, Stefan A, Stéphanie C, Taya L, Valérie B et aux deux Nicolas !
Et mille pensées à ceux qui ont participé de loin : Adeline P, Angélique B, Anne-Marie L, Bénédicte M, Cassandre B, Christelle C, Dominique B, Dominique P, Florence L, Gérard A, Line O, Nicole G, Véronique M et je sais que j'en ai oublié !
Belle semaine à tous.

2 marsVoilà, le grand jour est arrivé… Dehors, la lumière du soleil nimbe les dernières brumes matinales et les fleurs déjà écloses, une atmosphère printanière très en avance en ce début mars, un bon présage peut-être…
Beaucoup de boulot en cuisine pour préparer l'accueil de mes figurants après le tournage ! 6 gâteaux sucrés plus tard et bientôt 4 douceurs salées, mon dos proteste légèrement contre ses heures passées debout en cuisine. Je me motive : cette journée va être extraordinaire ! C'est sûr, c'est certain ! Et son souvenir en sera incomparable…
Je vous raconte tout demain. Bon dimanche.

1er marsPetit moment de blues… D'abord, il fait gris dehors. Même si je sais que le soleil est annoncé pour demain, n'empêche, il fait aussi gris dans mon cœur… Pourtant, pas de vraie raison, juste une tristesse sincère parce qu'un couple d'amis, vraiment essentiel pour moi puisque c'est grâce à eux que toute mon histoire a commencé, ne pourra finalement pas venir demain. Ils m'avaient prévenue de cette possibilité et, connaissant leur situation actuelle, je sais que cette absence n'est pas leur choix…
J'ai commencé à bien travailler le texte du script pour que ma diction devienne fluide. Le savoir n'est pas suffisant, il faut également le vivre et ce niveau de performance n'est pas encore complètement atteint. Donc encore du boulot de répétition !
Demain sera un autre jour. Bon week-end.


Archives du blog - décembre 2014 recommandation
Archives du blog - novembre 2014 livre
Archives du blog - octobre 2014 meilleur
Archives du blog - septembre 2014 préféré
Archives du blog - juillet-août 2014 meilleur
Archives du blog - juin 2014 favorites
Archives du blog - mai 2014 lectrice
Archives du blog - avril 2014 roman
Archives du blog - mars 2014 lectrice
Archives du blog - février 2014 high
Archives du blog - janvier 2014 lectrice


Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Aila arriva dans la salle du conseil au moment où retentissait la deuxième cloche, suivie de près par Adam et Pardon. Tristan et Aubin, déjà présents, assis à la table, faisaient face aux princes et au mage royal.
— Veuillez fermer la porte et installez-vous, demanda Hubert.
Elle se plaça au centre des garçons, près d’Aubin.
— Ce matin, vous prêterez serment à la famille royale. Je vous lis l’engagement que chacun d’entre vous va devoir énoncer et signer : « Moi — vous donnerez vos prénom et nom —, fils ou fille de — vous donnerez ceux de votre père ou de votre mère — m’engage à servir fidèlement la famille royale d’Avotour. Je jure de protéger chacun de ses membres, d’obéir à leurs ordres et de respecter leurs choix qui deviendront les miens. »
Ennuyée, Aila se tortilla sur sa chaise. Un coup d’œil rapide lui apprit que ses compagnons semblaient sereins, contrairement à elle. Hubert tendit à Tristan l’engagement qu’il parcourut sagement et qu’il signa d’une main hésitante, simplement parce qu’une épée au bout du bras lui convenait davantage qu’une plume entre les doigts. Ensuite, Aubin prêta allégeance. Aila eut le cœur gonflé de joie d’entendre son frère s’engager avec détermination et passion. Elle le regarda apposer sa signature sur le document, rayonnant de bonheur.
— À vous, mademoiselle Grand.
Aila prit la feuille et commença à la lire, puis s’arrêta et la laissa retomber sur la table. Elle observa tour à tour Avelin, et Hubert, et le mage royal.
— Je vous présente mes excuses, mais je suis incapable de signer ce papier, parce que je sais que je ne resterai pas fidèle à cet engagement. Vous attendez de moi que je devienne un mouton, docile et inexistant, et c’est impossible pour moi…
Sa voix tremblait. Son cœur, serré comme dans un étau, était broyé de détresse. Par fierté ou honnêteté, elle était en train de briser son rêve et sa vie s’écroulait à nouveau.
— J’ai mis trop d’années pour exister pleinement. Aujourd’hui, je crois y être parvenue et puis, comme ça, vous me demandez de renoncer à être moi-même. Je refuse de m’exécuter… Excusez-moi de vous avoir fait perdre votre temps.
Sa voix mourut, tandis qu’elle contenait l’émotion qui montait en elle. Au cœur de l’attention de tous, elle se leva pour partir. Une main frôla la sienne, Aubin se sentait mal, lui aussi.
— Asseyez-vous, Aila.
Elle tourna les yeux vers Avelin qui venait de parler. Pour la première fois, il n’affichait pas ce petit air ironique qu’elle ne supportait pas.
— Asseyez-vous, répéta-t-il doucement.
Elle obéit sans le quitter du regard.
— Désirez-vous être fidèle à ma famille ?
Elle hocha la tête pour dire oui, incapable d’articuler un mot.
— Ceci est donc un engagement que vous pouvez prendre ?
Elle secoua à nouveau la tête.
— Et en protéger les membres ?
Cette fois, elle parvint à murmurer un oui tout juste audible.
— En conclusion, si je vous comprends bien, vous ne souhaitez pas nous obéir aveuglément et penser la même chose que nous, sans être en plein accord avec vous-même.
— Oui, c’est exact, sire.
— Bien. Mage royal, pouvez-vous rédiger pour Aila Grand un exemplaire où ne se trouvera que les deux premiers engagements, je vous prie ? Merci beaucoup.
Au temps qu’Orian mit pour exécuter cette petite tâche, Aila, qui avait tourné son regard vers lui, sut qu’il réfléchissait à la légitimité de ce changement. De légers murmures fusèrent, en provenance des autres membres du groupe et elle perçut un mouvement d’humeur chez Hubert qu’Avelin avait encore devancé. Sentant la dissension monter entre les deux frères une nouvelle fois, elle prit la parole :
— Messires, mage royal. Quand je donne, je le fais sans retenue. Cet engagement partiel que je signe ne signifie en aucun cas que je serai susceptible de vous trahir ou de me désavouer. Ma participation aux joutes obéissait à deux motivations. D’un côté, je l’admets honnêtement, je voulais prouver ma valeur et démontrer mes aptitudes, de l’autre, je désirais aussi réaliser quelque chose de ma vie qui me corresponde. Défendre votre famille lui donne le sens qui lui manquait. Sire Hubert, mage royal, sire Avelin, ce serment que je vais prêter doit refléter votre choix. En cas d’incertitude, je le comprendrai et je partirai.
Elle planta son regard dans celui d’Avelin qui, ayant retrouvé sa moue ironique, acquiesça de façon pompeuse comme il savait si bien le faire… Elle se tourna vers Orian dont les yeux pétillaient :
— Je suis d’accord, jeune demoiselle, dit-il en esquissant un vague sourire.
Les yeux d’Aila rencontrèrent enfin ceux d’Hubert. Visiblement, ce dernier tergiversait encore, mais elle lui avait laissé le choix. Elle imaginait qu’il devait peser le pour et le contre et qu’il la maudissait, car, chaque fois, elle dérangeait le monde sagement ordonné qu’il organisait.
— Je suis d’accord. Mais il serait injuste que vous exerciez seule le droit à cet engagement réduit. Tristan Karest, désirez-vous signer cette nouvelle version ou conservez-vous la précédente ?
Aila lui lança un regard admiratif qu’il croisa sans s’y attarder. Il avait repris l’avantage sur Avelin avec panache, il fallait le reconnaître. Hubert n’était peut-être pas aussi falot qu’il le semblait au premier regard, mais il devait avoir du mal à gérer son jeune chien fou de frère. Elle compatit avec lui l’espace d’un instant.
— J’ai signé la première sans hésitation, je maintiens mon choix.
Aubin s’accorda le temps de la réflexion avant de répondre :
— Je me suis enrôlé sans le moindre doute, et aucune raison ne me forcera à changer d’avis, à présent. J’ai confiance en vous et je considère que vos décisions ne pourront que correspondre à celles que j’aurais moi-même prises.
— Aila, voulez-vous lire et signer l’engagement que vous avez choisi ?
— Moi, Aila Grand, fille d’Efée Grand, m’engage à servir fidèlement la famille royale d’Avotour. Je jure de protéger chacun de ses membres.
Elle perçut le sursaut d’Aubin à ses côtés quand elle cita sa mère comme référence, mais elle l’avait sciemment désignée. Barou, son père biologique n’était plus son père. Bonneau, son oncle, était seulement son père d’adoption. Seule Efée semblait donner toute sa dimension à cet engagement. Pardon et Adam signèrent le même parchemin que les premiers garçons. Hubert reprit la parole :
— Voici une première étape franchie, avec, il est vrai, un lot de surprises inattendues.
Son visage s’éclaira d’un sourire fugitif, le premier qu’elle voyait. Elle était convaincue que, derrière cette façade sobre et sérieuse, se cachait un autre personnage très différent et très secret, avec beaucoup plus d’envergure qu’il n’en laissait paraître de prime abord.
— Tout ce que nous allons partager avec vous aujourd’hui ne doit pas sortir de ces murs. Vous ne conservez que le droit d’en discuter, uniquement entre vous, à l’abri d’oreilles indiscrètes.
Les uns après les autres, il testa du regard les membres de l’équipe et tous acquiescèrent d’un geste de la tête.
— Mage royal, la carte s’il vous plaît.
Hubert l’étala sur la table, la fixant avec quatre pierres.
— Avotour : douze comtés, chacun gouverné par un château principal du même nom que lui. Au centre, celui qui donne son nom à notre royaume et qui jouxte sept d’entre eux. Ici, le vôtre : Antan. Il appartient aux quatre territoires centraux avec Avotour, Melbour et Trérour. Là, Hanau, Escarfe, Barnian et Cordor bordent la mer et bénéficient du commerce maritime. À l’ouest, nous trouvons les quatre comtés longés par le pays hagan : Valmor, Aroure, Partour et Uruduo. Malheureusement, les montagnes inhospitalières qui nous séparent de ce peuple voisin ne sont pas assez hautes pour les empêcher de mener des incursions chez nous. Nous y reviendrons plus tard. Poursuivons notre tour d’horizon avec les royaumes qui nous entourent : Hanau, qui est en haut du plan, présente des frontières avec Faraday à l’ouest et la Wallanie au nord. Uruduo et Cordor permettent des échanges avec Épicral et Estanque, même si nous ne partageons aucune bordure commune avec ce dernier. À noter que la partie nord du comté d’Escarfe était anciennement celle du Guétan.
Tous les membres du groupe se penchèrent sur la carte, attentifs. Ils suivaient scrupuleusement tout ce qu’Hubert leur montrait. Le prince héritier reprit :
— Les Hagans, après nous avoir laissés tranquilles pendant une vingtaine d’années, reviennent en hordes voler, tuer, détruire les régions frontalières, principalement le nord de l’Aroure et le sud de l’Uruduo. Nos soldats ont beaucoup de mal à mettre ces bandes en déroute, car elles n’attaquent jamais au même endroit. Aussi, souvent, arrivons-nous trop tard. En ce moment, Adrien, notre frère, enquête sur place pour tenter de comprendre comment ils se débrouillent pour toujours anticiper notre présence et nous éviter. De plus, les Hagans exploitent la possibilité de passer par le royaume d’Épicral pour tromper notre vigilance. Nous devrons également résoudre ce problème de contournement.
Il se tut un instant, observant la carte avec circonspection.
— Notre deuxième souci nous préoccupe encore plus, à moins qu’il ne soit lié au premier, ce qui le rendrait gravissime… Depuis plusieurs années, peut-être certains d’entre vous sont-ils au courant, nous essayons de répertorier exactement les comtés fidèles et ceux qui nous trahissent. Et comment ? Et pour qui ?
Perturbés par l’information, les membres de l’équipe se concertèrent du regard. Cette description alarmante de la situation attisa leur attention.
— Desquels sommes-nous sûrs ? intervint Aila.
Hubert la dévisagea.
— Bonne question. Antan, Melbour, Trérour, Barnian, Cordor et naturellement Avotour.
— Pas plus ? s’étonna Pardon.
— De sûr, c’est tout.
— Et ceux dont il est certain qu’ils nous trahissent ? ajouta-t-elle.
— Escarfe, Valmor, Hanau.
— Tiens, bizarre, marmonna Aubin.
— Oui, tu as raison, ils sont tous situés au nord et en contact avec le royaume du Faraday, conclut Aila.
— Exactement, reprit Hubert.
— Les Faradins auraient-ils envie d’étendre leur territoire ? questionna-t-elle.
— Il y a de grandes chances que ce soit le fond du problème…
— Il est probable que le Guétan veuille faire sécession avec Escarfe. Ce n’est peut-être pas toute l’Escarfe qui trahit…
— Pour cette raison, Avelin et Aila iront au château d’Escarfe tester la fidélité de sire Airin et, s’il n’est pas responsable, ils devront remonter aux origines de la trahison dans son comté et trouver…
— Son fils !
La réponse fusa et Adam se retrouva au centre de l’attention. Jusqu’à présent, se considérant comme un simple remplaçant, il s’était tu, mais là, il n’avait pu s’empêcher d’intervenir.
— Et pourquoi ? interrogea Hubert.
— Je le connais depuis que je suis môme. Il manifeste sans cesse son perpétuel désaccord avec son père et clame depuis des années qu’il vaut mieux que de diriger un modeste territoire… Les Faradins lui ont probablement promis ce qu’il désire en récompense de sa trahison. Enfin, voilà, j’dis cela, mais j’en sais rien. Je crois seulement que, là-bas, faudra vérifier si c’est pas lui.
— Tout à fait judicieux, commenta Avelin.
Hubert continua :
— Vous conduirez tous une mission du même type dans les prochains jours. Avelin et Aila rejoindront Escarfe. Je partirai avec Aubin vers Valmor, Orian avec Pardon pour Hanau. Adam et Tristan, en Aroure et Partour, vous passerez d’auberge en auberge pour écouter, j’ai bien dit écouter, ce qui s’y raconte. Faites-vous petits, soyez discrets.
Du coin de l’œil, Hubert entrevit un froncement de sourcils sur le visage d’Aila. Sans s’émouvoir, il poursuivit :
— Vous pouvez y aller ensemble ou séparément, mais ne revenez pas avant d’avoir recueilli des informations utiles et utilisables. Nous nous retrouverons tous dans trois mois environ au château d’Avotour et, selon les renseignements rapportés, nous envisagerons d’autres missions. Je vous laisse la parole, mage royal.
Orian s’exprima de sa voix rocailleuse au timbre grave :
— Tout ce que sire Hubert vient de présenter dévoile les difficultés de notre pays et les risques qu’il encourt, mais il n’explique pas tout. Je suppose que vous avez remarqué l’appauvrissement de la population. Les pêcheurs hissent des filets vides, tant les ressources en poissons diminuent, les récoltes sèchent ou pourrissent sur pied, car elles reçoivent trop de soleil ou trop d’eau, ou bien des insectes ou des oiseaux les dévastent. Et, à cela, il existe une raison que la vôtre va devoir admettre : la magie des fées est en train de disparaître. Si elle s’éteint définitivement, ce ne sera pas la trahison de nos comtés que nous aurons le plus à craindre, mais la famine, les épidémies et notre disparition pure et simple…
Le murmure qui s’était élevé lorsqu’Orian avait parlé des fées et de leur magie prit fin en même temps que ses derniers mots.
— Que pouvons-nous faire ? demanda Aubin.
— Nous devons trouver l’être humain, homme ou femme, auquel les fées doivent transmettre leur pouvoir pour rétablir l’équilibre. Ceci accompli, il ne restera plus qu’à résoudre nos petits problèmes de trahison…
Le silence qui s’abattit pesait moins lourd que toutes les interrogations muettes qu’aucun n’osait exprimer.
Enfin, Hubert le rompit avec détermination :
— Je sais ce que vous pensez tous, car, comme vous, les mêmes idées m’ont traversé l’esprit. Je me disais que toutes ces légendes, ces contes à dormir debout servaient juste à endormir les enfants avides de merveilleux. Mais, depuis, j’ai changé d’avis. Orian est notre mage royal et je lui voue une confiance totale. Il me certifie que les fées existent, donc c’est la vérité. Il m’annonce qu’elles sont en train de disparaître, je le crois. Il m’affirme que notre pays se délite, car leur magie meurt, je le tiens pour certain. Il sait, un point c’est tout.
— Mais… Mais comment trouver cette personne ? intervint Aubin.
— Nous n’en avons aucune idée.
Ils restèrent tous pensifs, légèrement indécis sur la conduite à adopter…
— Bon, c’est pas qu’on s’ennuie, mais il faudrait s’entraîner au kenda pour arriver à défaire les Hagans, découvrir les traîtres et dénicher l’oiseau rare qui va sauver le monde !
Tous se tournèrent vers Pardon qui afficha un sourire absolument désarmant. Avec plus de sérieux, il continua :
— Nous concevons la gravité de la situation et la seule arme que ne connaissent pas la plupart de nos ennemis est ce bâton. Nous disposons de peu de temps pour parvenir à une maîtrise incomplète, mais efficace. Le perfectionnement viendra par la suite. Je propose que nous allions au manège parfaire notre apprentissage. Qui me suit ?
Tous les membres du groupe levèrent la main.
— Très bien, commenta Hubert. La séance est terminée et je vous accompagne. Te joins-tu à nous, Avelin ?
— Bien sûr, je ne manquerais les leçons données par une demoiselle pour rien au monde…
— Et je vous suis, histoire d’évaluer vos débuts, ajouta Orian, un éclair malicieux traversant ses prunelles
Ils s’observèrent tous. Aubin tendit sa paume que toutes celles des participants à cette première réunion recouvrirent. Ils formaient désormais une communauté ; la solidarité et ce sentiment d’appartenance les transportèrent de bonheur. Une immense complicité venait de s’établir et, ils en étaient certains, avec elle et grâce à elle, ils vaincraient.
— Désolée, j’ai juste un petit souci, objecta Aila. Je n’ai que deux kendas : j’espère que Bonneau voudra bien nous prêter le sien.
— Comme je connais Bonneau, prévoyant comme un écureuil, il en a sûrement caché quelques-uns dans un recoin ! prédit Aubin. Ne se rend-il pas régulièrement du côté de Meillan ?
— Que si ! s’exclama Aila. Tu as raison, alors on y va tous et je vais tout vous apprendre !
Ils sortirent tous ensemble, bavardant et riant, gommant ainsi leurs différences : marchaient seulement des hommes et une femme unis pour sauver leur pays.


Envie de voir toutes les œuvres de Catherine Boullery, auteure de fantasy ? Retour sur le site de fantasy
'