Les Archives du blog de #fantasy de décembre 2012
tome 1 - Aila et la Magie des Fées

La saga d'Aila  fantasy


fantasy livre

Note : 4.5 / 5 avec 210  critiques favorites

Les archives du blog de fantasy d'Aila de décembre 2012

29 décembreDe retour ! Après quelques jours dans le Cotentin, décoiffés par un vent permanent et parfois sous une pluie battante, les promenades ont été rares… Nous avons profité des rayons de soleil du jour de Noël pour une balade vers le phare le matin, puis vers les maisonnettes colorées l'après-midi entre grisaille et magnifique coucher de soleil… Appareil photo en main, j'ai capturé quelques beaux instants sous des lumières dorées ou des camaïeux de gris ou de bleu.
Pour les amateurs d'Apple, retrouvez dorénavant la saga d'Aila sur iBookstore / iTunes : Aila et la Magie des Fées et La Tribu Libre. Soyez les premiers à mettre un commentaire, pour l'instant cela fait un peu vide !
J'espère que vous avez passé un bon Noël et partagé de bons moments avec ceux que vous aimez. Maintenant, direction réveillon du Premier de l'an dans une ambiance très calme pour nous, mais c'est exactement ce qu'il me faut ! Il va me falloir réfléchir au menu de la soirée qui, même calme, se doit de revêtir un petit air de fête !
Bon samedi et à demain !

23 décembreJ'étais sur le point d'écrire que j'étais heureuse de faire une pause dans mon travail pour le lycée jusqu'à ce que je me souvienne qu'en fait, hier, j'ai passé plus d'une heure à mettre mes sites à jour (cahier de texte, chargement des corrections des exercices et des T.P.) ! Mais, aujourd'hui, je vais faire un effort ! Cela n'exclut pas le fait d'emporter un paquet de copies pour les quelques jours au grand air qui s'annoncent. On ne sait jamais, j'aurais peut-être un peu de temps entre le réveillon et le repas de Noël !
Comme je ne serai plus là demain pour souhaiter à ceux qui sont concernés un « Joyeux Noël », c'est tout de suite maintenant que je m'y colle : JOYEUX NÖEL ! Profitez bien de cette période si courte pendant laquelle votre vie ressemble à un sapin de Noël : des guirlandes, des lumières, des odeurs résineuses. Je me souviens que lorsque j'étais petite, jamais nous n'aurions fêté ce moment familial sans les chants traditionnels de Petit papa Noël à La marche des rois en passant par Vive le vent. J'entends encore les craquements de disques vinyles résonner dans ma tête… Pour terminer sur la manne commerciale que représente Noël, d'autres chanteurs ont profité du filon, j'avoue avoir un petit faible pour la chanson de Mariah Carey All I want for Christmas is you, version noire et blanc, naturellement !
Pourquoi tant de nostalgie cette année ? Je croyais avoir dépassé l'absence de ceux qui ont disparu de ma vie et je ne sais pas pourquoi je me sens rattrapée par l'envie de les serrer encore une fois dans mes bras, comme si les souvenirs qui me restent d'eux ne me suffisaient plus, un vague à l'âme qui sera emporté par les vagues de la mer, comme la renaissance d'un nouveau matin…
À vous tous, je souhaite un bon dimanche, un bon réveillon et un Noël rempli de saveurs !

22 décembreJe suis en vacances… Et, vous remarquerez, je n'ai même pas la force de sauter de joie, juste celle de me dire qu'il était temps que cette pause arrive pour me permettre de me reposer et de me détendre. J'aime infiniment ces moments de ma vie où une grande partie de mes contraintes s'évanouissent pour quelques jours : plus d'horaires à respecter, plus de courses permanentes et, enfin, le temps de souffler…
Je désirais reprendre, après la prise en main de mon nouveau PC, l'habitude du blog quotidien sauf que, toujours ballottée entre mon boulot et une grande fatigue, c'est une forme de paresse qui s'est imposée à la fois à mon corps et à mon esprit, un problème de connexion temporaire entre mes quelques neurones qui avaient perdu une bonne partie de leur efficacité ! Donc, ce n'est que maintenant que je me sens en vacances, avec de nouveau du temps à ma disposition que je me relance dans l'aventure, mais seulement le temps des deux jours de connexion qu'il me reste !
Je n'ai même pas eu l'occasion de vous parler du bal de la country ! J'ai passé un super moment, même si je ne connaissais qu'une partie des chorégraphies… Mais, comme rien ne m'arrête, même quand je suis débordée par le boulot (il me reste toujours bien un moment quand je n'en peux plus de travailler !), je me suis appliquée à apprendre toute seule quelques chorégraphies supplémentaires : Summer Fly, Leaving of Liverpool, Big Blond et, pour terminer, Let's chill au détail près que je me suis aperçue tardivement que ce n'était pas celle du bal ! Aucun regret, j'ai pris beaucoup de plaisir à la danser !
Alors que Noël s'approche, les souvenirs d'enfance remontent à ma mémoire, de ceux qui vous rappellent un monde révolu par la disparition de ceux qui vous ont élevés… Voudrais-je revenir en arrière ? La réponse est clairement non, je refuse de revivre une nouvelle fois le chagrin de leur maladie et de leur mort. Il me reste à refouler la part de chagrin qui m'envahit à cette époque de l'année quand je pense à eux et à me concentrer sur l'amour que je leur porte, du moins le temps que je leur survivrai. La vie est ainsi faite qu'elle vous prive toujours trop tôt de ceux que vous aimez. Aucun retour en arrière, il me faudra juste continuer ce que je fais tous les jours : avancer.
Passez un bon week-end !

19 décembreJ'ai un ordi ! J'ai de nouveau un ordi ! C'est super ! Je vais pouvoir consulter mes mails sans attendre trois heures, travailler sur un écran à taille humaine, imprimer sans difficulté, na na nère ! J'ai retrouvé un ordi !!!!
Comme vous pouvez le constater, ma joie est immense et mon soulagement encore plus grand ! Sauf que… maintenant, faut que je retrouve tous mes mots de passe ! C'est l'ennui quand votre PC sauvergarde tout à la place de votre tête, vous vous sentez très diminuée quand revient le moment de vous en souvenir, vous les avez presque tous oubliés ! Trop cool… Et puis, il existe ce plaisir un peu particulier de réinstaller en quelques heures trois ou quatre ans de logiciels qu'il faut retrouver sur le net et exécuter, un vrai bonheur… Je fais tout petit à petit, mais même cela me prend un temps infini… Bon, je ne vais quand même pas trop me plaindre, car… j'ai retrouvé un ordi !
Comme vous avez pu le constater, la vie d'Aila a continué, même sans le blog ! La voici dans de nouvelles aventures aussi trépidantes et magiques que dans le premier tome, voire plus. Dans ce nouveau volet, La Tribu Libre, notre combattante nous entraîne en pays hagan, au cœur des montagnes et des cimes enneigées avant de rejoindre Avotour, puis de repartir dans le royaume de Faraday et tout cela dans un seul livre ! Mes amis, je vous préviens, vous n'allez pas vous ennuyer !
Bientôt Noël ! Pensez à faire des cadeaux ! D'ailleurs, faut que je m'y mette ! Comme c'est le moment de remplir vos liseuses, allez donc voir sur UPblisher si quelques-unes des œuvres proposées ne vous séduiraient pas !
Bonne journée !

12 décembre « Mon ordi m'a lâchée, je vous le dis…
Ça devait arriver, à moi aussi
à force de bosser, sans m'arrêter depuis longtemps…
Il m'a abandonnée à ma détresse
et, moi, désespérée, je pleure sans cesse
en quête d'un miracle ou d'un autre comme lui…
 »
Sur l'air de Mon ami m'a quitté de Céline Dion.
Conclusion : depuis dimanche soir, je suis dans la m… la plus totale…
Quelles sont les bonnes nouvelles : relecture terminée ! Pour le coup, cela a été limite, car c'est au 2/3 du niveau trois, 2e relecture que, sbloug, l'alimentation a de nouveau fait des siennes, à un détail près, une fois rallumé, le disque dur n'a jamais voulu se relancer. En conclusion : le bruit des ventilateurs, la lumière bleue, mais un bel écran noir ! Dans mon malheur, je n'ai pas perdu mes données (enfin pas encore…), puisque mon disque, remonté sur un autre ordi, est accessible. Résultat : sauvegarde immédiate des fichiers prioritaires (école, photos, Aila). J'avais déjà un disque de sauvegarde. Mais, en raison de mon actuelle quantité de travail, je repoussais les sauvegardes régulières, me disant que je m'en occuperai une fois la relecture terminée. Eh bien non ! Franchement, il existe des actions qui ne devraient jamais être remises à plus tard !
Bonne journée !

8 décembreÀ quoi peut-on bien rêver ces jours où les frimas d'hiver sévissent dehors ? Moi, je sais ! À hiberner… Alors, cher père Noël, je te remercie de bien vouloir me trouver une grotte bien chaude et confortable pour y passer l'hiver. Bien installée dans une obscurité apaisante, je fermerais mes petits yeux fatigués et ne me réveillerais qu'au retour du printemps, heureuse de pouvoir enfin ôter les multicouches qui me tiennent chaud, même à l'intérieur. Y fait froid !
Ma performance d'hier : mon premier commentaire argumenté en 1re L/ES ! J'ai parfaitement suivi tous les conseils que j'avais mis au point pour mes élèves après une intense cogitation et ça marche, même si je le savais avant d'essayer ! Donc j'ai :
- fait ressortir les mots clés ;
- recherché tous les arguments dans les documents ;
- recherché les arguments dans mes connaissances et ma culture générale.
Ensuite, petite rupture dans l'avancée de mon travail en raison de nouvelles heures de cours. Retour à la maison, mise en forme de ma correction et hop, c'était parti pour la rédaction en respectant les consignes d'un seul jet. Allez, je vais quand même relire (encore, ça va me changer…) une nouvelle fois, mais si je change un ou deux mots pour utiliser un vocabulaire plus précis, ce sera tout le bout du monde ! Donc contente !
Chapitre 15, le dernier à relire, mais que ce soit sur lui ou sur mes copies, je n'avance pas ! Ce n'est pas faute de m'y escrimer !
Bonne soirée

7 décembreBlog du matin, entrain ! Hihihi (voix off : rire jaune), je rigole…
Encore une dernière journée à tenir avant le week-end… Vivement ce soir !
Malgré la dualité de mes activités, la relecture avance, j'ai fini la double de niveau trois jusqu'au chapitre 14, entamé le 15, dernier du livre et celle allégée de niveau 5 jusqu'au chapitre 9. Enfin, un peu de lumière derrière les nuages ? J'ai également avancé dans mon boulot pour le lycée, mais pas autant que je l'aurais souhaité…
Ce week-end, je m'attaque à la correction du commentaire argumenté. Eh oui, même en sciences, nous avons la chance d'avoir ce type d'épreuves… Comme d'habitude, nos hauts pontes proposent de nouveaux exercices sans vérifier la formation de leurs enseignants, c'est comme donner des maths à enseigner à un prof de français ! En attendant, je me forme toute seule, car ce n'est pas avec les renseignements fournis par les différentes académies que j'ai pu me faire une idée, ça non ! Heureusement quelques collègues disposaient de documents personnels qui m'ont bien fait avancer…
En conclusion, j'aimerais que ceux qui pondent les programmes soient clairement identifiés, je saurais sur qui je pourrais rêver de jeter des tomates à défaut de leur envoyer une lettre vibrante de colère ! Et toc !
Bon courage !

5 décembreL'horreur des jours qui s'enfuient sans pouvoir être retenus… Entre mon dernier blog et aujourd'hui, il s'est écoulé 4 jours ! J'ai même cru que je m'étais trompée dans les dates, même pas…
Il me reste moins d'une semaine pour terminer la relecture. Si seulement je n'avais que cela à faire, mais c'est loin d'être le cas ! Je ne compte plus tout le travail du lycée que je dois réaliser pour la semaine prochaine… Je n'ai plus qu'à croiser les doigts en espérant que je parviendrai à tout faire en temps et en heure. Malheureusement, je ne vois pas comment…
Et s'il n'y avait que cela ! Didier s'escrime sur la couverture, mais rien ne va. Non pas que ses réalisations soient sans intérêt, bien au contraire, mais parce qu'à force d'en faire, il ne parvient plus à reconstituer celles qui nous plaisent le plus. Le pauvre bosse comme un forcené, partageant son temps dans une relecture qui vérifie la mienne, les compositions qu'il multiplie et son propre travail. Il est aussi bien loti que moi ! Nous faisons vraiment la paire…
Question entendue en cours hier : « C'est vrai, madame, que vous avez écrit un livre ? » Exactement le style de question qui me prend totalement au dépourvu ! Et, comme chaque fois, je me retrouve à bafouiller des explications incertaines… Je voudrais tant pourtant partager le plaisir d'écrire et celui d'être lue alors que je n'échange que des platitudes incohérentes. Peut-être aurais-je une nouvelle chance plus tard de faire passer le message…
Bonne journée !


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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Aila arriva dans la salle du conseil au moment où retentissait la deuxième cloche, suivie de près par Adam et Pardon. Tristan et Aubin, déjà présents, assis à la table, faisaient face aux princes et au mage royal.
— Veuillez fermer la porte et installez-vous, demanda Hubert.
Elle se plaça au centre des garçons, près d’Aubin.
— Ce matin, vous prêterez serment à la famille royale. Je vous lis l’engagement que chacun d’entre vous va devoir énoncer et signer : « Moi — vous donnerez vos prénom et nom —, fils ou fille de — vous donnerez ceux de votre père ou de votre mère — m’engage à servir fidèlement la famille royale d’Avotour. Je jure de protéger chacun de ses membres, d’obéir à leurs ordres et de respecter leurs choix qui deviendront les miens. »
Ennuyée, Aila se tortilla sur sa chaise. Un coup d’œil rapide lui apprit que ses compagnons semblaient sereins, contrairement à elle. Hubert tendit à Tristan l’engagement qu’il parcourut sagement et qu’il signa d’une main hésitante, simplement parce qu’une épée au bout du bras lui convenait davantage qu’une plume entre les doigts. Ensuite, Aubin prêta allégeance. Aila eut le cœur gonflé de joie d’entendre son frère s’engager avec détermination et passion. Elle le regarda apposer sa signature sur le document, rayonnant de bonheur.
— À vous, mademoiselle Grand.
Aila prit la feuille et commença à la lire, puis s’arrêta et la laissa retomber sur la table. Elle observa tour à tour Avelin, et Hubert, et le mage royal.
— Je vous présente mes excuses, mais je suis incapable de signer ce papier, parce que je sais que je ne resterai pas fidèle à cet engagement. Vous attendez de moi que je devienne un mouton, docile et inexistant, et c’est impossible pour moi…
Sa voix tremblait. Son cœur, serré comme dans un étau, était broyé de détresse. Par fierté ou honnêteté, elle était en train de briser son rêve et sa vie s’écroulait à nouveau.
— J’ai mis trop d’années pour exister pleinement. Aujourd’hui, je crois y être parvenue et puis, comme ça, vous me demandez de renoncer à être moi-même. Je refuse de m’exécuter… Excusez-moi de vous avoir fait perdre votre temps.
Sa voix mourut, tandis qu’elle contenait l’émotion qui montait en elle. Au cœur de l’attention de tous, elle se leva pour partir. Une main frôla la sienne, Aubin se sentait mal, lui aussi.
— Asseyez-vous, Aila.
Elle tourna les yeux vers Avelin qui venait de parler. Pour la première fois, il n’affichait pas ce petit air ironique qu’elle ne supportait pas.
— Asseyez-vous, répéta-t-il doucement.
Elle obéit sans le quitter du regard.
— Désirez-vous être fidèle à ma famille ?
Elle hocha la tête pour dire oui, incapable d’articuler un mot.
— Ceci est donc un engagement que vous pouvez prendre ?
Elle secoua à nouveau la tête.
— Et en protéger les membres ?
Cette fois, elle parvint à murmurer un oui tout juste audible.
— En conclusion, si je vous comprends bien, vous ne souhaitez pas nous obéir aveuglément et penser la même chose que nous, sans être en plein accord avec vous-même.
— Oui, c’est exact, sire.
— Bien. Mage royal, pouvez-vous rédiger pour Aila Grand un exemplaire où ne se trouvera que les deux premiers engagements, je vous prie ? Merci beaucoup.
Au temps qu’Orian mit pour exécuter cette petite tâche, Aila, qui avait tourné son regard vers lui, sut qu’il réfléchissait à la légitimité de ce changement. De légers murmures fusèrent, en provenance des autres membres du groupe et elle perçut un mouvement d’humeur chez Hubert qu’Avelin avait encore devancé. Sentant la dissension monter entre les deux frères une nouvelle fois, elle prit la parole :
— Messires, mage royal. Quand je donne, je le fais sans retenue. Cet engagement partiel que je signe ne signifie en aucun cas que je serai susceptible de vous trahir ou de me désavouer. Ma participation aux joutes obéissait à deux motivations. D’un côté, je l’admets honnêtement, je voulais prouver ma valeur et démontrer mes aptitudes, de l’autre, je désirais aussi réaliser quelque chose de ma vie qui me corresponde. Défendre votre famille lui donne le sens qui lui manquait. Sire Hubert, mage royal, sire Avelin, ce serment que je vais prêter doit refléter votre choix. En cas d’incertitude, je le comprendrai et je partirai.
Elle planta son regard dans celui d’Avelin qui, ayant retrouvé sa moue ironique, acquiesça de façon pompeuse comme il savait si bien le faire… Elle se tourna vers Orian dont les yeux pétillaient :
— Je suis d’accord, jeune demoiselle, dit-il en esquissant un vague sourire.
Les yeux d’Aila rencontrèrent enfin ceux d’Hubert. Visiblement, ce dernier tergiversait encore, mais elle lui avait laissé le choix. Elle imaginait qu’il devait peser le pour et le contre et qu’il la maudissait, car, chaque fois, elle dérangeait le monde sagement ordonné qu’il organisait.
— Je suis d’accord. Mais il serait injuste que vous exerciez seule le droit à cet engagement réduit. Tristan Karest, désirez-vous signer cette nouvelle version ou conservez-vous la précédente ?
Aila lui lança un regard admiratif qu’il croisa sans s’y attarder. Il avait repris l’avantage sur Avelin avec panache, il fallait le reconnaître. Hubert n’était peut-être pas aussi falot qu’il le semblait au premier regard, mais il devait avoir du mal à gérer son jeune chien fou de frère. Elle compatit avec lui l’espace d’un instant.
— J’ai signé la première sans hésitation, je maintiens mon choix.
Aubin s’accorda le temps de la réflexion avant de répondre :
— Je me suis enrôlé sans le moindre doute, et aucune raison ne me forcera à changer d’avis, à présent. J’ai confiance en vous et je considère que vos décisions ne pourront que correspondre à celles que j’aurais moi-même prises.
— Aila, voulez-vous lire et signer l’engagement que vous avez choisi ?
— Moi, Aila Grand, fille d’Efée Grand, m’engage à servir fidèlement la famille royale d’Avotour. Je jure de protéger chacun de ses membres.
Elle perçut le sursaut d’Aubin à ses côtés quand elle cita sa mère comme référence, mais elle l’avait sciemment désignée. Barou, son père biologique n’était plus son père. Bonneau, son oncle, était seulement son père d’adoption. Seule Efée semblait donner toute sa dimension à cet engagement. Pardon et Adam signèrent le même parchemin que les premiers garçons. Hubert reprit la parole :
— Voici une première étape franchie, avec, il est vrai, un lot de surprises inattendues.
Son visage s’éclaira d’un sourire fugitif, le premier qu’elle voyait. Elle était convaincue que, derrière cette façade sobre et sérieuse, se cachait un autre personnage très différent et très secret, avec beaucoup plus d’envergure qu’il n’en laissait paraître de prime abord.
— Tout ce que nous allons partager avec vous aujourd’hui ne doit pas sortir de ces murs. Vous ne conservez que le droit d’en discuter, uniquement entre vous, à l’abri d’oreilles indiscrètes.
Les uns après les autres, il testa du regard les membres de l’équipe et tous acquiescèrent d’un geste de la tête.
— Mage royal, la carte s’il vous plaît.
Hubert l’étala sur la table, la fixant avec quatre pierres.
— Avotour : douze comtés, chacun gouverné par un château principal du même nom que lui. Au centre, celui qui donne son nom à notre royaume et qui jouxte sept d’entre eux. Ici, le vôtre : Antan. Il appartient aux quatre territoires centraux avec Avotour, Melbour et Trérour. Là, Hanau, Escarfe, Barnian et Cordor bordent la mer et bénéficient du commerce maritime. À l’ouest, nous trouvons les quatre comtés longés par le pays hagan : Valmor, Aroure, Partour et Uruduo. Malheureusement, les montagnes inhospitalières qui nous séparent de ce peuple voisin ne sont pas assez hautes pour les empêcher de mener des incursions chez nous. Nous y reviendrons plus tard. Poursuivons notre tour d’horizon avec les royaumes qui nous entourent : Hanau, qui est en haut du plan, présente des frontières avec Faraday à l’ouest et la Wallanie au nord. Uruduo et Cordor permettent des échanges avec Épicral et Estanque, même si nous ne partageons aucune bordure commune avec ce dernier. À noter que la partie nord du comté d’Escarfe était anciennement celle du Guétan.
Tous les membres du groupe se penchèrent sur la carte, attentifs. Ils suivaient scrupuleusement tout ce qu’Hubert leur montrait. Le prince héritier reprit :
— Les Hagans, après nous avoir laissés tranquilles pendant une vingtaine d’années, reviennent en hordes voler, tuer, détruire les régions frontalières, principalement le nord de l’Aroure et le sud de l’Uruduo. Nos soldats ont beaucoup de mal à mettre ces bandes en déroute, car elles n’attaquent jamais au même endroit. Aussi, souvent, arrivons-nous trop tard. En ce moment, Adrien, notre frère, enquête sur place pour tenter de comprendre comment ils se débrouillent pour toujours anticiper notre présence et nous éviter. De plus, les Hagans exploitent la possibilité de passer par le royaume d’Épicral pour tromper notre vigilance. Nous devrons également résoudre ce problème de contournement.
Il se tut un instant, observant la carte avec circonspection.
— Notre deuxième souci nous préoccupe encore plus, à moins qu’il ne soit lié au premier, ce qui le rendrait gravissime… Depuis plusieurs années, peut-être certains d’entre vous sont-ils au courant, nous essayons de répertorier exactement les comtés fidèles et ceux qui nous trahissent. Et comment ? Et pour qui ?
Perturbés par l’information, les membres de l’équipe se concertèrent du regard. Cette description alarmante de la situation attisa leur attention.
— Desquels sommes-nous sûrs ? intervint Aila.
Hubert la dévisagea.
— Bonne question. Antan, Melbour, Trérour, Barnian, Cordor et naturellement Avotour.
— Pas plus ? s’étonna Pardon.
— De sûr, c’est tout.
— Et ceux dont il est certain qu’ils nous trahissent ? ajouta-t-elle.
— Escarfe, Valmor, Hanau.
— Tiens, bizarre, marmonna Aubin.
— Oui, tu as raison, ils sont tous situés au nord et en contact avec le royaume du Faraday, conclut Aila.
— Exactement, reprit Hubert.
— Les Faradins auraient-ils envie d’étendre leur territoire ? questionna-t-elle.
— Il y a de grandes chances que ce soit le fond du problème…
— Il est probable que le Guétan veuille faire sécession avec Escarfe. Ce n’est peut-être pas toute l’Escarfe qui trahit…
— Pour cette raison, Avelin et Aila iront au château d’Escarfe tester la fidélité de sire Airin et, s’il n’est pas responsable, ils devront remonter aux origines de la trahison dans son comté et trouver…
— Son fils !
La réponse fusa et Adam se retrouva au centre de l’attention. Jusqu’à présent, se considérant comme un simple remplaçant, il s’était tu, mais là, il n’avait pu s’empêcher d’intervenir.
— Et pourquoi ? interrogea Hubert.
— Je le connais depuis que je suis môme. Il manifeste sans cesse son perpétuel désaccord avec son père et clame depuis des années qu’il vaut mieux que de diriger un modeste territoire… Les Faradins lui ont probablement promis ce qu’il désire en récompense de sa trahison. Enfin, voilà, j’dis cela, mais j’en sais rien. Je crois seulement que, là-bas, faudra vérifier si c’est pas lui.
— Tout à fait judicieux, commenta Avelin.
Hubert continua :
— Vous conduirez tous une mission du même type dans les prochains jours. Avelin et Aila rejoindront Escarfe. Je partirai avec Aubin vers Valmor, Orian avec Pardon pour Hanau. Adam et Tristan, en Aroure et Partour, vous passerez d’auberge en auberge pour écouter, j’ai bien dit écouter, ce qui s’y raconte. Faites-vous petits, soyez discrets.
Du coin de l’œil, Hubert entrevit un froncement de sourcils sur le visage d’Aila. Sans s’émouvoir, il poursuivit :
— Vous pouvez y aller ensemble ou séparément, mais ne revenez pas avant d’avoir recueilli des informations utiles et utilisables. Nous nous retrouverons tous dans trois mois environ au château d’Avotour et, selon les renseignements rapportés, nous envisagerons d’autres missions. Je vous laisse la parole, mage royal.
Orian s’exprima de sa voix rocailleuse au timbre grave :
— Tout ce que sire Hubert vient de présenter dévoile les difficultés de notre pays et les risques qu’il encourt, mais il n’explique pas tout. Je suppose que vous avez remarqué l’appauvrissement de la population. Les pêcheurs hissent des filets vides, tant les ressources en poissons diminuent, les récoltes sèchent ou pourrissent sur pied, car elles reçoivent trop de soleil ou trop d’eau, ou bien des insectes ou des oiseaux les dévastent. Et, à cela, il existe une raison que la vôtre va devoir admettre : la magie des fées est en train de disparaître. Si elle s’éteint définitivement, ce ne sera pas la trahison de nos comtés que nous aurons le plus à craindre, mais la famine, les épidémies et notre disparition pure et simple…
Le murmure qui s’était élevé lorsqu’Orian avait parlé des fées et de leur magie prit fin en même temps que ses derniers mots.
— Que pouvons-nous faire ? demanda Aubin.
— Nous devons trouver l’être humain, homme ou femme, auquel les fées doivent transmettre leur pouvoir pour rétablir l’équilibre. Ceci accompli, il ne restera plus qu’à résoudre nos petits problèmes de trahison…
Le silence qui s’abattit pesait moins lourd que toutes les interrogations muettes qu’aucun n’osait exprimer.
Enfin, Hubert le rompit avec détermination :
— Je sais ce que vous pensez tous, car, comme vous, les mêmes idées m’ont traversé l’esprit. Je me disais que toutes ces légendes, ces contes à dormir debout servaient juste à endormir les enfants avides de merveilleux. Mais, depuis, j’ai changé d’avis. Orian est notre mage royal et je lui voue une confiance totale. Il me certifie que les fées existent, donc c’est la vérité. Il m’annonce qu’elles sont en train de disparaître, je le crois. Il m’affirme que notre pays se délite, car leur magie meurt, je le tiens pour certain. Il sait, un point c’est tout.
— Mais… Mais comment trouver cette personne ? intervint Aubin.
— Nous n’en avons aucune idée.
Ils restèrent tous pensifs, légèrement indécis sur la conduite à adopter…
— Bon, c’est pas qu’on s’ennuie, mais il faudrait s’entraîner au kenda pour arriver à défaire les Hagans, découvrir les traîtres et dénicher l’oiseau rare qui va sauver le monde !
Tous se tournèrent vers Pardon qui afficha un sourire absolument désarmant. Avec plus de sérieux, il continua :
— Nous concevons la gravité de la situation et la seule arme que ne connaissent pas la plupart de nos ennemis est ce bâton. Nous disposons de peu de temps pour parvenir à une maîtrise incomplète, mais efficace. Le perfectionnement viendra par la suite. Je propose que nous allions au manège parfaire notre apprentissage. Qui me suit ?
Tous les membres du groupe levèrent la main.
— Très bien, commenta Hubert. La séance est terminée et je vous accompagne. Te joins-tu à nous, Avelin ?
— Bien sûr, je ne manquerais les leçons données par une demoiselle pour rien au monde…
— Et je vous suis, histoire d’évaluer vos débuts, ajouta Orian, un éclair malicieux traversant ses prunelles
Ils s’observèrent tous. Aubin tendit sa paume que toutes celles des participants à cette première réunion recouvrirent. Ils formaient désormais une communauté ; la solidarité et ce sentiment d’appartenance les transportèrent de bonheur. Une immense complicité venait de s’établir et, ils en étaient certains, avec elle et grâce à elle, ils vaincraient.
— Désolée, j’ai juste un petit souci, objecta Aila. Je n’ai que deux kendas : j’espère que Bonneau voudra bien nous prêter le sien.
— Comme je connais Bonneau, prévoyant comme un écureuil, il en a sûrement caché quelques-uns dans un recoin ! prédit Aubin. Ne se rend-il pas régulièrement du côté de Meillan ?
— Que si ! s’exclama Aila. Tu as raison, alors on y va tous et je vais tout vous apprendre !
Ils sortirent tous ensemble, bavardant et riant, gommant ainsi leurs différences : marchaient seulement des hommes et une femme unis pour sauver leur pays.


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