Les Archives du blog de #fantasy de janvier 2012
tome 1 - Aila et la Magie des Fées

La saga d'Aila  fantasy


fantasy français

Note : 4.5 / 5 avec 210  critiques saga

Les archives du blog de fantasy d'Aila de janvier 2012

31 janvierSuper ! On parle de moi ! Allez voir le blog actu et le forum ! Question efficacité, Dol Celeb, c'est ce qui se fait de mieux !
Maintenant, en tant de partenaire, il va falloir que je me lance dans cet univers totalement inconnu pour moi. J'ai profité des conseils avisés d'Ervael pour réfléchir à la façon dont j'allais bien pouvoir me présenter. Comment ça, une écrivaine ne devrait pas avoir de souci pour écrire ! Si vous pensez cela, c'est que vous ignorez la différence qui existe entre les deux.
Écrire se fait dans un moment d'intimité profonde, parfois dans un silence religieux ou, au contraire, emporté par une mélodie tout à la fois extérieure et intérieure qui vous envahit tellement que c'en est à se demander qui écrit, elle ou vous ? Se présenter, c'est comme éditer son livre, c'est « passer de l'ombre à la lumière » - une expression tellement pleine de sens pour moi… - et se dévoiler. Cependant, si l'écriture dissimule encore la personne que je suis, me présenter ne permet plus de l'ignorer, c'est bien là toute la différence…

30 janvierLa réflexion sur la couverture a bien avancé et nous avons abandonné tous nos rêves pour choisir la voie de la raison ! Maintenant, restent à construire quelques modèles présentant de légères différences pour affiner nos choix. Voici un site que je vous invite à découvrir : Dol Celeb. C'est super sympa ! Sa communauté s'intéresse à tout ce qui touche la Fantasy sous une forme ou une autre, des livres aux jeux de rôle (comme Donjons et Dragons ou Dofus quand ils sont en ligne et multijoueurs) en passant par les mangas et les bandes dessinées. Vous y trouverez une mine de renseignements sur le monde de la fantasy : peuples ou races, créatures, divinités, héros, et… Vous pouvez vous exprimer sur un forum ou découvrir les news. J'ai reçu un accueil très chaleureux que j'ai beaucoup apprécié, ainsi qu'une proposition de partenariat pleine de richesses ! Merci Ervael !

29 janvierWaouh ! J'ai fait des grands progrès ! En 4 ou 5 jours, j'ai réussi à écrire à trois sites de fantasy différents ! J'ignore dans quelle mesure ce que je leur écris les intéressera, mais je m'étais promis de franchir cette épreuve toute seule et j'y suis parvenue. Cependant, avant tout envoi de message, je passe un temps infini à me promener dans leur monde personnel, tant à la fois pour m'en imprégner que pour en dégager les qualités fondatrices. Je ne veux pas m'adresser à une structure, mais aux personnes qui travaillent derrière. Ceci dit, quand je voyage dans leurs sites, je suis profondément impressionnée par la jeunesse de certains webmasters, par les compétences incroyables que tous mettent au service de leur passion. Personnellement, je ne peux que comprendre cet enthousiasme qui les anime et leur donne envie de communiquer. Bravo à tous !
Dire qu'au milieu de toutes ces animations, réflexions et constructions, je continue à gérer mes deux sites professionnels - j'ai laissé tomber le 3e temporairement, je manque de temps -, mon boulot tellement prenant et la vie au quotidien…
Il me revient en tête une ancienne publicité avec un petit garçon tellement fan de biscuits au chocolat qu'il disait d'une petite voix : « Dites, monsieur Cadbury, vous pourriez pas les faire un petit peu plus longs… un petit peu plus longs… » C'est ce que, chaque jour, je me dis de mes journées et, dans le même temps, elles sont bien assez longues et remplies comme cela ! Je le dis ? Allez, je le dis : vivement les vacances !

28 janvierBon, je ne mangerai pas mon chapeau… Une certaine accélération dans la construction de la couverture, mais quel sera le bon choix ? J'ai passé du temps à regarder des couvertures de livres de fantasy. Toutes ne sont pas à mon goût et ne m'entraînent pas obligatoirement dans l'univers qu'elles devraient me donner envie de découvrir. Pourtant, j'ai acheté le livre, pourquoi ? Je réalise, qu'une fois la couverture remarquée, je vais avoir tendance à me jeter sur la quatrième de couverture pour découvrir le début de l'histoire, c'est à ce moment que je prends la décision d'acheter le livre ou pas, la couverture n'est déjà plus qu'un élément accessoire.
Finalement, après avoir fait le tour de ma bibliothèque, je constate qu'il n'existe pas tant de couvertures qui me séduisent alors que, photographe, l'image a une importance capitale pour moi. Étrange contradiction ? Parfois, j'achète par confiance, sans même la regarder, parce que j'apprécie l'écrivain et que poursuivre la lecture de son œuvre est inscrit dans ma logique personnelle. Mais, pour une romancière inconnue, comme celle que je suis aujourd'hui, est-elle essentielle pour tous les futurs lecteurs ou juste un pas sur un chemin de découverte plus long ?

27 janvierLa page de remerciements est enfin prête ! Ouf… Didier a travaillé sur la rubrique « Les personnages préférés des lecteurs » et, quand nous avons ouvert la page html, j'ai éclaté de rire ! Au lieu de faire apparaître le nom des personnages dans la case principale, en vert, il avait inversé l'ordre de positionnement et c'étaient les noms des lecteurs qui apparaissaient ! Après tout, mes personnages préférés, ce sont peut-être eux !
Je suis repartie dans une nouvelle quête photographique. Qui sait ? Peut-être, dans les photos oubliées, découvrirais-je celle qui n'aurait pas dû m'échapper. J'avance dans ma réflexion sur la couverture et demain sera le grand jour. Alors, dégustation de chapeau ou pas ?

26 janvierÉlisabeth est passée me voir aujourd'hui pour discuter de cette fameuse « communication promotionnelle » qui me donne des sueurs froides. Sa tête fourmillait de propositions. Elle envisageait de rédiger des articles sur moi qu'elle aurait envoyés au « Courrier des Yvelines », à la mairie de ma ville, etc. Elle s'était renseignée sur des diffusions locales (télé ou radio). Elle m'a embarquée dans un tel tourbillon d'idées, associé à une analyse fine et précise de chaque situation, que j'ai fini par lui demander si elle ne voulait pas tout faire à ma place ! C'est vrai, elle aurait été parfaite !
Ma seule idée constructive de la journée a été de créer de petites « cartes de visite » avec le même fond bleu que celui du site, le titre du livre et l'adresse pour découvrir l'univers d'Aila. Superbes sur mon ordi ! Mais le tirage sur papier classique a été légèrement décevant, car trop fade, il faudrait que je fasse un test sur papier photo pour voir si cela rend mieux. Malgré ce défaut, je les ai déjà distribuées !
Nouvel entretien avec Catherine à propos de quelques coquilles qui avaient, malgré de nombreuses relectures avec Antidote, échappé encore à notre vigilance (comme quoi, notre cerveau ne fait pas toujours le travail attendu…). En tout cas, c'est une extraordinaire relectrice ! Nous avons aussi évoqué notre talon d'Achille actuel, la couverture. C'est promis, ce week-end sera celui de sa création ou je mange mon chapeau ! Non, non, je blague, parce qu'un chapeau, j'en ai au moins un…

25 janvierAujourd'hui, j'ai une pensée émue en pensant à tous les amis extraordinaires qui m'entourent. Emmanuelle en fait partie, elle a traduit avec l'aide d'une amie anglaise les premiers chapitres et sa version anglaise est venue enrichir mon site. J'ai une pensée pour Claude et Dominique qui proposent de réaliser une vitrine dans leur magasin de chocolats et autres gourmandises raffinées dès la parution de mon livre soit sur le thème de l'évolution du livre, soit sur le thème de la fantasy. J'apprécie tellement autour de moi toutes ces réactions de sympathie, d'encouragements qui se multiplent et font briller des étoiles dans ma vie.
Ce que je vis en ce moment est vraiment une aventure géniale. D'abord, parce que plus que tout, grâce à mon histoire, je souhaite apporter un coin de ciel bleu dans la grisaille quotidienne à tous ceux qui ouvriront la porte de l'univers d'Aila et puis parce que ce livre est l'occasion rêvée de rassembler toutes ces merveilleuses personnes et de constater chaque jour la chance qui est la mienne de les avoir comme amies.

24 janvierLa page des liens vers des sites de fantasy est enfin disponible et la paternité en revient à Didier. Maintenant que le site est quasiment finalisé, que la date de parution approche, il faut absolument passer à la « communication promotionnelle… » Y aurait-il quelqu'un dans la salle pour le faire à ma place ? Cette aptitude très particulière manque complètement à ma panoplie personnelle.
Face à mon évident désarroi, ma voisine, Élisabeth, toujours mue par une énergie positive et un dynamisme à toute épreuve, m'a même proposé de le faire à ma place. J'avoue que c'est vraiment tentant, mais, quelquefois, il faut être capable de dépasser ses propres insuffisances, même temporairement. Aussi difficile que cela me paraisse, le premier pas sera le mien. Et après ? Eh bien, après, je pourrais toujours retourner la voir !

22 janvierEt la réflexion sur la couverture se poursuit… Je comprends bien à quel point elle est essentielle : elle doit être le chemin qui entraîne vers l'histoire et avoir l'extraordinaire dualité de créer un ressenti tant en couleur qu'en noir et blanc. Vous voyez bien que le problème n'est pas si simple pour des profanes tels que nous ! De plus, c'est vraiment terrible d'avoir en tête une idée tellement précise de ce qui devrait être réalisé que ne pas maîtriser le savoir-faire nécessaire pour y parvenir ressemble à un échec, même s'il faut relativiser. Conclusion : je n'en sais pas encore assez pour tout faire !
Ma grande fille nous a fait découvrir le site des créations d'une artiste russe, Julia Popova, et c'est vrai que l'univers qu'elle développe exprime des atmosphères intéressantes. Cependant, j'hésite encore.

20 janvier48 heures… Voilà ce que devraient faire mes journées pour que je puisse tout faire ! Cela me laisserait le temps de faire mon travail pour le lycée autrement qu'avec un sentiment d'urgence, le temps de réfléchir et de construire le site, celui de dormir ou de prendre du temps simplement pour moi. Pas le peine de rêver ! C'est donc le sentiment d'urgence qui prévaudra tout le week-end, chouette !
Hier, c'était galette au lycée, moment très convivial et chaleureux dont j'ai apprécié chaque instant. Je vous rapporte le commentaire d'un collègue : « cela fait un moment que je songe à m'acheter une tablette et la sortie de ton livre va m'en donner l'occasion.  » J'écoute beaucoup ce que disent les gens sur ce nouvel outil de lecture qu'est la liseuse.
Clairement, elle possède ses adeptes comme ses détracteurs. Je fais plutôt partie de la vieille garde, celle qui adore le papier, les pages qui se tournent manuellement et le bruit qu'elles font, le plaisir d'ouvrir ou de refermer un bouquin, l'odeur qui s'en échappe quelquefois… Six mois plus tôt, vous m'auriez proposé une liseuse que je vous aurais remercié sans être le moins du monde convaincue. Aujourd'hui, cette publication sous forme d'e-book m'oblige à réviser mon jugement, d'abord parce que j'ai eu l'occasion de tester et, honnêtement, ça change tout. Sauf que, d'une façon ou d'une autre, je ressens le besoin de ne pas perdre complètement les sensations que m'offre un livre papier. En conclusion, il faut choisir son outil de lecture numérique avec soin. Et puis, à tous les réfractaires (que je comprends complètement), dites non, mais seulement après avoir essayé ! Bon week-end à tous !

19 janvierNouvelle constatation : le nombre de visiteurs augmente (15) ! Cela me fait sourire, car je ne sais pas comment ils ont pu arriver jusqu'ici, ni qui ils sont. Bon, je vous l'accorde, ce nombre est encore bien ridicule, mais j'espère bien que cela n'est qu'un début ! Je travaille sur les personnages préférés pour donner plus d'importance aux avis des lecteurs.

18 janvierBizarrement, alors que l'adresse du site n'est connue que d'une ou deux personnes, nous avons des visiteurs uniques,7. D'ici à y voir un peu de magie, il n'y a qu'un pas que je ne franchirai pas ! Ma petite dernière s'impatiente de ne pouvoir partager le nom du site avec ses copines de classe.

17 janvierJ'ai commencé ma liste de distribution pour informer mon entourage de la sortie de mon ouvrage tandis Didier peste contre Internet Explorer, car il n'arrive pas tout à fait à rendre le site aussi agréable que sous Firefox. En cherchant avec les mots clés suivants : Aila Magie Fée dans Google, notre site apparaît en seconde position, et avec télécharger roman de fantasy en vingt-deuxième position, sans avoir travaillé les mots et les liens en provenance d'autres sites ! Enfin, l'éditrice m'a écrit, je cite (j'espère qu'elle ne m'en voudra pas) : « […] dans le train vendredi, j'étais en larmes dès le chapitre 2. J'ai cru que je n'allais pas pouvoir continuer. Je ne connaissais pas du tout ce genre et je suis étonnée et séduite ! Bravo Catherine ! c'est magique. Il nous faut lancer avec succès maintenant.  »

16 janvierEnfin une photo pour la couverture du livre et quelques images de montagne pour le fond, c'est un premier pas et il faut la prendre pour ce qu'il est. Reste (facile à dire) à tout assembler pour créer une atmosphère fantastique… Glup ! Mais où mettre le château et Lumière ? Je commence à me dire que nous sommes peut-être trop exigeants sur ce que nous voulons mettre en place. La réflexion doit se poursuivre. Mon mari a commencé les indexations sur les moteurs de recherche et se débat dans des problèmes pour rendre le site agréable sous Internet Explorer (qui ne respecte pas malheureusement pas les standards, c'est pas bien…). Sinon, les "coups de coeur de mes lecteurs" rentrent progressivement et c'est toujours un moment très émouvant que de découvrir ou redécouvrir ce qu'ils ont aimé dans mon livre. Quand je doute, il me suffit de me voir à travers leurs yeux pour repartir. Merci du fond du coeur.

15 janvierIl est temps de travailler sérieusement la couverture. Si l'idée que j'en ai devient bien claire dans notre tête, sa réalisation s'avère être un véritable casse-tête. Les quelques petits montages de photos et dessins restent une ébauche intéressante, mais qui demandent encore réflexion. C'est tellement important une couverture et j'aimerais tant rendre la dimension de cette histoire par une atmosphère adaptée, alliant lumière et noirceur. Les discussions familliales vont bon train, mais reste le problème de la réalisation et nos compétences à ce sujet, malgré tout le savoir-faire mis en comment à la maison, n'y suffisent pas totalement. Aila et la Magie des Fées, un titre mais pas encore de couverture définitive ! Promis, je ne vais pas m'arrêter avant d'y être parvenue !

14 janvierJe me suis lancée dans l'écriture et, très original (!), j'ai ressenti le besoin d'expliquer pourquoi, cela a débouché sur le non moins original (!) «  « Pourquoi j'aime écrire ? »  », tandis que mon mari vient d'acheter le nom de domaine telecharger-ebook-roman-fantasy-aila-pdf-fr.fr et l'alimente avec quelques pages de test.

13 janvierNouvelle discussion avec UPblisher pour se mettre d'accord sur l'approche marketing. C'est intéressant de confronter des idées ou des approches différentes et de les faire évoluer dans un sens que nous finissons tous par considérer comme le meilleur.

12 janvierLe site avance bien avec plusieurs pages créées pour mes coups de cœur en fantasy. J'ai pensé demander aux lecteurs de me décrire leur personnage préféré afin de publier leur description. D'autres idées prennent forme et corrigent ou affinent celles qui ont précédé. Didier va, par exemple, réorganiser la page « l'univers d'Aila  ». À présent, nous trouvons : à gauche, présentation de l'univers d'Aila, au centre, le blog qui n'a pas bougé, à droite, création du coin de l'auteur.

11 janvierJe réfléchis à la meilleure manière de créer le ramdam (déjà, ce mot, je déteste !), mais tout me semble tellement difficile ! Petit à petit, une nouvelle approche se fait jour, un cheminement qui me correspondrait mieux… On verra.

10 janvierDéplacement à Paris. C'est l'occasion de faire connaissance de Catherine Vailla aliant, le deuxième personnage clé d'Upblisher. Agréable rencontre très productive avec de nombreuses idées qui ont fusé en ce qui concerne le ramdam (buzz), les détails techniques, la couverture (à moi de la faire, mais comment ?), la promotion par chapitre et les dates (non finalisées).

9 janvierLa page sur les fées a été finie tard, la nuit précédente. J'ai passé beaucoup de temps à sélectionner les photos de papillons - qui devaient représenter chaque fée - parmi toutes celles que j'ai faites lorsque je randonne en montagne ou ailleurs. 2008 est bien loin et j'ai voulu rafraîchir ma mémoire en relisant des passages de mon livre. C'est trop bête, mais j'ai réussi à me faire embarquer encore une fois par le roman. J'avais envie de rencontrer de nouveau mes personnages et de vivre à leurs côtés, histoire de me rendre compte une nouvelle fois la place qu'ils avaient occupée dans ma vie et qu'ils occupent encore… Dans le même temps, c'est un peu dur de tout faire en parallèle en se donnant à fond sur chaque activité de ma vie.

8 janvierÇa avance bien dans l'univers d'Aila avec la carte d'Avotour, trois généalogies et la présentation des principaux personnages. Je vais m'attaquer aux fées. Pour l'instant, je ne sais pas quelle idée originale va me permettre de rendre cette page aussi attrayante que je le souhaiterais. À moins que… Je tiens mon idée !

7 janvierPas encore de réponse pour la récupération du site aila.fr. Didier relance l'association. Les noms aila.info et aila.eu sont aussi pris ; mon mari écrit à la société hollandaise qui possède et n'utilise pas aila.eu. Je passe ma journée à imaginer les pages de l'univers d'Aila et « La garde rapprochée du roi Sérain d'Avotour » est enfin créée.

6 janvierEnfin, je trouve un test comparatif des tablettes. Il en faut une pour lire Aila et la Magie des Fées, vous n'avez que l'embarras du choix.

5 janvierPremière conférence téléphonique avec l'éditeur pour discuter de tout plein de choses : stratégie marketing, communication promotionnelle et détails techniques concernant la fabrication (!) du livre numérique. Il est intéressant de constater que ce dernier sera présenté sous différents formats (pdf, ePub, Kindle). Je ressens un peu d'appréhension face à tout ce qui doit se mettre en place et suis particulièrement mal à l'aise avec la communication promotionnelle qui est tout sauf ce que je sais faire ! Aïe, aië, aïe, comment vais-je m'en sortir ? Rendez-vous est pris pour une nouvelle rencontre, mardi prochain.

4 janvierJe m'intéresse désormais au monde des livres électroniques et j'ai découvert ce logiciel (Calibre) qui a l'air sympa pour gérer sa bibliothèque d'e-books (il y en a aussi une dans UPblisher)…

3 janvier 2012Nous essayons de récupérer le nom de domaine aila.fr afin que les lecteurs trouvent le site plus facilement sur internet. Nous verrons bien…

31 décembre 2011Je suis débordée de travail pour le lycée et c'est lui que je fais passer en premier. Cependant, cela ne m'empêche pas de réfléchir, et ce que je veux réaliser commence à se construire dans ma tête. Je partage mes premières idées avec Didier (mon mari) qui débute la création de ce site en organisant sa structure. Pour l'instant, je n'ai encore rien mis en place pour l'enrichir, mais je compte bien m'y mettre dès que j'aurais un tout petit peu de temps. Il faudra absolument présenter plus qu'une maquette vide à Stefan et Catherine que nous rencontrons dans une bonne semaine.

28 décembrePremière rencontre avec Stefan Aimar, une personnalité accueillante et pleine d'intérêts, qui se termine par la signature d'un contrat. C'est un moment à la fois émouvant et un peu effrayant, mais, c'est décidé, j'avance ! Après tout, ce petit monde des livres électroniques est une révolution en marche, il suffit de regarder le nombre de Kindle et tablettes numériques vendus à noël, c'est un nouveau support de la littérature qui ne peut que se développer et j'espère bien profiter de ce créneau !

27 décembreJe découvre le site d'UPblisher et je suis séduite. J'apprécie énormément toutes les signaux bienveillants et respectueux de la personne (et de l'auteur en particulier) qui s'expriment à travers la présentation de ce site, fort agréable au demeurant, c'est tout à fait ce qu'il me faut : une relation de confiance.

25 décembreC'est Noël ! Mon petit mari qui adore m'offrir des cadeaux originaux n'a pas trouvé mieux cette année que de me présenter sur un plateau (enfin, en réalité, dans une enveloppe) la lettre d'un e-éditeur enthousiasmé par mon livre… Allons donc, et moi qui pensais avoir une année 2012 tranquille !

Avant…Parfois, il n'existe pas d'avant, il n'y a qu'un après et c'est celui-là sur lequel je veux me concentrer aujourd'hui…


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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Ils passèrent une première porte. Au fur et à mesure qu’ils s’approchaient du château, les conditions d’habitation s’amélioraient et le nombre d’enfants qui mendiaient dans les rues diminua. Enfin, quand ils franchirent la poterne, elle reprit son rôle de garde rapprochée et s’effaça derrière le prince d’Avotour, qui fut accueilli avec beaucoup de respect, tandis qu’un messager filait prévenir le roi de son arrivée. Elle balaya du regard la forteresse. De près, les remparts crénelés qui l’entouraient en imposaient davantage. Sous le ciel plombé, elle se sentait écrasée par l’immense muraille, noire et austère. Deux garçons d’écurie se précipitèrent pour prendre leurs chevaux. Elle récupéra son kenda et son sac avant de suivre Avelin qui pénétrait dans l’entrée. Élina les y attendait avec Blaise pour les accueillir et les décharger :
— Venez, dame Aila, je vais vous montrer votre chambre. Vous pourrez vous réchauffer et vous changer. J’ai demandé à ce que l’on vous monte rapidement une boisson chaude, annonça-t-elle avec un sourire discret.
Aila ne protesta même pas et se laissa entraîner par sa suivante. Le froid avait tellement engourdi ses doigts qu’Élina dut défaire le nœud, resserré par la pluie, de sa pèlerine. Ce fut encore elle qui l’aida à se débarrasser de ses vêtements, collés à sa peau, avant de l’envelopper dans une grande couverture bien moelleuse et de l’asseoir devant le feu. Aila entendit frapper à la porte, sans réagir. Sa suivante revenait, apportant une infusion bouillante sur un plateau :
— Tenez, buvez cela à petites gorgées pendant que je vous fais apprêter un bain.
Avec difficulté, elle s’empara du bol qu’elle commença à avaler. Petit à petit, la boisson répandit une agréable chaleur dans son corps. Ensuite, quand elle plongea dans l’eau chaude, elle se décontracta complètement.
Puis vint le moment où Élina décida qu’elle devait se préparer pour rencontrer le roi. Aila se sécha, natta ses cheveux et saisit les vêtements qu’Élina lui tendait. S’habillant, elle découvrit leur nature et sortit enfin de sa douce torpeur.
— Mais qu’est-ce que c’est que ces habits ?
Elle avait passé une chemise blanche avec un grand col et un pantalon noir très souple, auquel était assorti le gilet qu’elle observa, avant de l’enfiler sur ses épaules. Incertaine, elle noua ses deux cordons, puis fixa son regard interrogatif sur Élina, qui se hâta d’expliquer :
— Les combattants du souverain disposeront de tenues spécifiques qui les distingueront dans l’enceinte du château et à l’extérieur. Voici la vôtre…
Aila soupira. Elle détestait se conformer au style uniforme comme les soldats. Au moins, l’ensemble paraissait confortable… Élina poursuivit :
— Et voilà la cape qui la complète, spécialement étudiée pour vous. Regardez, elle glisse sous votre bras d’attaque pour vous laisser le plus de liberté possible dans vos mouvements et, si besoin, elle se détache d’un simple geste. J’ai remarqué que vous étiez gauchère, donc je le libère en faisant passer le cordon par ici.
Élina noua la cape, puis s’appliqua à en fluidifier les plis. Aila leva les sourcils et la dévisagea avec insistance :
— Vous avez bien appris votre leçon, on dirait.
La servante se figea et rougit avant de poursuivre soigneusement son travail comme si Aila n’avait rien dit. Désolée de son manque de tact, Aila ajouta gentiment :
— Merci, Élina, de vous être occupée de moi ce soir, j’avais vraiment besoin d’une présence amicale.
Sans rancune, Élina lui sourit avec grâce :
— Au cas où, j’ai rangé dans l’armoire les bagages que Blaise et moi avons rapportés d’Escarfe. À présent, je vais m’occuper de votre ensemble en cuir pour qu’il conserve sa souplesse. Puis-je prendre également ceux dans votre sac qui doivent être mouillés ? Désirez-vous autre chose avant que je vous quitte ?
Aila secoua la tête. Elle ouvrit le sac pour en extraire les affaires en question, dégoulinantes. Élina s’en empara avant de sortir de la chambre. Aila retourna s’asseoir devant le feu, refusant de se laisser envahir par un sentiment, quel qu’il fût. « Par les fées, mon livre ! », songea-t-elle tout à coup. Elle se précipita vers son sac détrempé, en extirpa le petit livre des fées incroyablement sec et toujours aussi magnifique. Elle s’abîma un instant dans sa contemplation. Cet ouvrage l’attirait tant… Elle savait qu’elle ne s’était pas conformée à la promesse faite à Hamelin et elle s’en voulait. Demain, c’était promis, elle repartirait voir la fée et elle respecterait son engagement envers le mage. Avec délicatesse, elle déposa un baiser sur le petit livre et l’enfouit sous son oreiller, tandis qu’un léger appel cristallin résonna à ses oreilles. Elle pensa qu’il venait des couloirs du château. Elle retourna près du feu. Absorbée par son crépitement, elle laissa ses yeux errer sur les flammes vagabondes.
Un coup frappé à la porte la tira de sa rêverie. Elle prit le temps de redescendre sur terre avant de se lever et de découvrir Avelin sur le point de toquer une deuxième fois.
— Père nous attend. Suivez-moi.
Il eut un sourire appréciateur et ajouta :
— Au fait, très jolie cape !
Elle resta derrière lui à parcourir les froids couloirs étroits, à peine éclairés par des torches murales. Elle frissonna.
— Voici son bureau, dit-il, en s’effaçant galamment pour la laisser entrer.
Un homme tourné vers le feu, les mains croisées dans le dos, semblait, comme elle le faisait si souvent, abîmé dans la contemplation des flammes ondoyantes.
— Père !
Le roi se retourna et s’approcha d’eux. Exactement comme Avelin l’avait décrit. De stature moyenne, il dégageait cependant une indéniable aura de puissance. Même ses traits creusés et ses yeux cernés ne la démentaient pas. Il paraissait si fort, quasi indestructible… Lorsque ses yeux scrutateurs se posèrent sur elle, elle se sentit aussitôt transpercée par leur acuité, malgré les manières accueillantes du roi. Elle aussi le jaugea immédiatement : ce serait un juge juste, mais intransigeant. Elle s’inclina, espérant qu’il n’attendait qu’une révérence de sa part…
— Roi Sérain, dit-elle respectueusement.
— Vous êtes Aila Grand. Bienvenue à Avotour. Allons nous asseoir auprès du feu, la soirée est humide…
Ils s’installèrent autour de la cheminée. Pour la première fois de sa vie, Aila se trouvait intimidée. En fait, c’était plus que cela, elle se sentait déplacée. Mais que faisait une simple combattante assise en face du souverain et d’un de ses fils ? Elle avait vécu toute cette semaine avec Avelin comme elle l’aurait fait avec Aubin et, tout à coup, elle comprenait qu’elle s’était voilé la face. Elle n’était que la fille d’un palefrenier. Elle ne pouvait même plus s’enorgueillir d’être celle du super héros d’Avotour, puisqu’elle avait dénoncé sa paternité. En face du souverain, elle se découvrait toute petite, un être insignifiant dans un monde trop grand pour elle…
Avelin commença à raconter à son père la mission dont il revenait avec Aila. Attentive en début de conversation, elle cessa d’écouter, la tête lui tournait.
— Ainsi, vous avez sauvé mon fils Hubert, sire Airin et Barnais, commenta le roi en lui adressant la parole. Vous êtes une redoutable combattante. Alors…
Fixant Aila, dont le visage blême devait parler pour elle, il s’interrompit :
— Aila, vous allez bien ?
Elle tendit ses doigts vers le prince sans parvenir à l’atteindre et s’affaissa sur ses genoux.
— Avelin…
Elle arrivait à peine à articuler. Sa tête tournait de plus en plus et elle sentait l’évanouissement se rapprocher, tout en y résistant de toutes ses forces. Les mains d’Avelin, posées sur ses épaules, l’agrippèrent.
— Aila, qu’y a-t-il ?
— Elle est morte et j’ai entendu leurs cris, murmura-t-elle.
Elle refusait de pleurer alors qu’une immense souffrance la submergeait. Sa tête menaça d’éclater sous son intensité.
— Qui est morte, Aila, et qui crie ?
— La femme de l’auberge…
Elle serra ses tempes entre ses paumes, la douleur devenait intolérable. Malgré son envie de hurler, elle ne fit que gémir.
— Aila, revenez avec moi, Aila !
Elle entendit la voix d’Avelin et ouvrit les yeux. Il se tenait là, devant elle, son visage crispé par l’inquiétude.
— Quels cris, Aila ? Quels cris ?
— Des autres ! De ceux qui meurent aussi ! Une grande souffrance arrive, je l’ai sentie, elle arrive, Avelin…
À bout de résistance, elle éclata en sanglots sur son épaule. Elle avait si mal… Avelin l’enserra dans ses bras, la rassurant par des mots qu’elle ne comprenait pas. Sa main caressait ses cheveux et elle se laissa bercer par la douce musique de sa voix. Peu à peu, la douleur reflua et elle reprit conscience de ce qui l’entourait. Enfin, capable de se redresser, puis, légèrement gênée, elle s’éloigna des bras du prince qui l’avaient soutenue. Un instant, elle eut peur de ce qu’elle allait lire dans les yeux du roi et fut surprise de n’y découvrir que de la sollicitude :
— Comment allez-vous, Aila ? s’enquit-il avec compassion.
— Mieux. Sire, je suis profondément désolée de ce qui vient de se passer.
— Moi aussi, mais je doute que ce soit pour la même raison que vous. Ce que vous nous annoncez me paraît très grave. Depuis combien de temps avez-vous des visions ?
Elle le regarda sans saisir ses propos. Des visions, mais de quoi parlait-il ? Elle n’en avait pas, il se trompait sûrement.
— Je ne comprends pas, sire. Je n’ai rien vu, enfin, peut-être, je ne sais plus…
— Mais vous avez ressenti quelque chose de très fort ?
Elle hocha la tête.
— Décrivez-moi ce qui s’est passé, lui demanda-t-il avec beaucoup de douceur, comme pour ne pas l’effrayer.
Elle hésita, cherchant ses mots. Comment expliquer ce qu’elle ne comprenait pas elle-même ou plutôt ce qu’elle refusait de considérer comme ayant fait partie d’elle ?
— C’est difficile. Je crois que j’étais devenue la femme de l’auberge. Je regardais mon mari dormir à mes côtés. J’étais si attristée pour lui, car je savais que j’allais mourir. J’ai senti mon cœur s’arrêter, tout était fini. Puis, d’un seul coup, je me trouvais ailleurs, dans des montagnes, il me semble, et je l’ai vue arriver comme une tornade noire, balayant la vie sur son passage, tandis que les hommes qu’elle fauchait hurlaient. J’entendais leurs cris résonner dans ma tête, j’étais habitée par leur souffrance et je n’avais plus qu’une envie : me sauver ! Alors, j’ai laissé ces hommes dépérir sous ses coups et j’ai couru le plus vite possible pour lui échapper. Vous vous rendez compte, j’ai fui…
Elle se remit à pleurer doucement. Cette vision effroyable et son comportement lâche lui renvoyaient une insupportable image d’elle-même.
— Ne soyez pas trop dure avec vous. À part la mort de cette femme que vous avez rencontrée, je crois que ce que vous avez affronté représente une forme symbolique de notre avenir. Nous nous dirigeons vers un grand malheur et nous le savions déjà. Mais votre fuite n’en est pas une, elle possède une autre signification que nous ignorons aujourd’hui, commenta le roi.
— Si mère pouvait encore être en vie, ajouta Avelin, une immense tristesse au fond des yeux.
Elle regarda le prince prendre la main de son père et la serrer brièvement.
— La reine ? s’étonna Aila.
— Mère subissait des visions comme celle que vous venez de ressentir, mais nettement moins traumatisantes. Elle connaissait leurs interprétations et nous les expliquait. Notre guide a disparu avec sa mort et, aujourd’hui, nous avançons tels des aveugles, à tâtons, sans aucune certitude de la bonne direction. Avec elle, tout nous paraissait plus facile…
Avelin semblait si désemparé. Aila posa doucement la main sur la sienne.
— Je sais ce que l’on ressent quand on perd sa maman. Je suis sincèrement désolée pour vous.
Il lui sourit.
— C’est pour cela que nous devons rester unis et nous défendre contre la tristesse comme contre nos ennemis.
Sérain rappela sa présence par un toussotement discret.
— Changeons de sujet pour l’instant. Aila, j’ai besoin de tout savoir sur ce qui s’est produit à Escarfe. Je vous écoute…
Elle relata le complot qui associait des personnes aussi différentes que Bascetti, émissaire Faradin, et Rebecca, l’ex-maîtresse de Barnais d’Escarfe. Elle expliqua que, pour protéger le châtelain et son fils, Hubert et elle avaient choisi de les accompagner dans leur voyage vers Antan. À présent, Bascetti était mort et sire Barnais était revenu à la raison.
— Alors là, je peine à vous croire… Qui a donc réussi à changer cet infatigable coureur, futile et pédant, en un allié providentiel ? Quelles explications m’avez-vous cachées ? la coupa Sérain.
— La vie, tout simplement… Il a découvert qu’il possédait des valeurs, les mêmes que son père, et du courage. Un homme se transforme au contact de la peur…
— Sûrement, commenta Sérain, songeur. Malgré tout, j’ai dans l’idée qu’un autre phénomène a dû déclencher cette modification. Je n’imagine aucunement cet enfant gâté se métamorphoser ainsi, du jour au lendemain. Je demanderai à Hubert ce qu’il en pense quand il reviendra. Peut-être a-t-il vu des choses qui vous ont échappé. Continuez.
Aila sentit ses joues s’enflammer, mais elle se comporta comme si de rien n’était et enchaîna avec l’arrivée décisive d’Aubin et d’Avelin qui leur avait permis de se débarrasser définitivement de leurs assaillants.
— Rien de particulier pendant votre voyage de retour ?
Elle jeta un coup d’œil au prince avant de poursuivre :
— Non, pas grand-chose jusqu’à ce que nous entrions dans une auberge située à une demi-journée de cheval d’ici. Nous avons découvert son propriétaire au chevet de sa femme et ce dernier nous a expliqué qu’elle avait perdu connaissance le matin même. Je l’ai auscultée : elle ne présentait aucune lésion, son cœur battant par à-coups provoquant une irrigation irrégulière de son organisme. Sa peau était froide, mais souple et, malheureusement, son esprit arrivait déjà à la limite de son corps. De plus, elle ne réagissait ni à la douleur, ni à la lumière et…
— Vous avez étudié la médecine ? l’interrompit Sérain, intéressé.
Aila rougit légèrement :
— Non, pas vraiment… En fait, je me suis souvent occupée de chevaux. J’ai lu un grand nombre de livres sur le sujet et j’ai fréquemment aidé à soigner les malades de notre village.
— Voici qui est fort intéressant. Donc vous savez reconnaître les maladies par leurs symptômes et les guérir.
— Je connais les affections les plus courantes. Je sais fabriquer des remèdes pour les maux simples, abaisser une fièvre ou favoriser la cicatrisation, des petites choses en somme…
— Oui, pas grand-chose, vous avez raison. Personnellement, j’ignore tout cela et je le regrette.
L’espace d’un instant, il laissa échapper le même sourire moqueur qu’Avelin. Le fils et le père ne se ressemblaient pas vraiment, mais, au hasard de la conversation, elle retrouvait une intonation ou une attitude qui faisait vivre le roi chez Avelin et réciproquement. Ce qui n’était aucunement le cas d’Hubert, rien chez le souverain ne rappelait qu’il fût son fils… Ce n’était même pas une différence physique, c’était bien plus profond, presque comme s’ils n’avaient pas été père et fils.
— Et la maladie de cette femme ? s’inquiéta Sérain.
— Je ne la connais pas. Apparemment, le plus grave est que son décès avait été précédé par d’autres morts dans le village. Votre fils va pouvoir vous en dire plus, il a questionné l’aubergiste.
— Je t’écoute, Avelin.
Ce dernier ordonna ses pensées.
— Je ne suis pas certain du mode de contamination. En effet, parmi les décès constatés, même si un membre de la famille était touché, les autres ne l’étaient pas sauf dans un cas sur quatre ou alors elle est faible, ce qui aurait tendance à éloigner le risque épidémique. J’ai voulu vérifier s’ils avaient mangé ou bu quelque chose de similaire. En parlant avec l’homme, je n’ai trouvé aucun facteur commun, si l’on excepte le lieu où ils vivaient, puisqu’ils habitaient tous le même village. À la fin, par recoupement avec ce que me racontait l’aubergiste, j’ai peut-être déniché un détail intéressant : un étang, tout près de la bourgade, que bon nombre d’habitants fréquentent régulièrement, les uns pour s’amuser, les autres, comme la femme de l’aubergiste, pour se soigner. Elle souffrait des articulations et l’eau posséderait des vertus apaisantes. Enfin, d’après les dires de l’aubergiste. Il serait intéressant de vérifier si ces vertus apaisantes ne sont pas devenues mortelles.
— Bien. Dès demain, j’en informerai quelques hommes et les enverrai en mission pour éclaircir ce point, décida le souverain. Il ne manquerait plus qu’une grave épidémie ravage notre pays et, de surcroît, avec une maladie inconnue…
On frappa à la porte.
— Entrez ! dit Sérain. Maintenant, mettons un peu de légèreté dans notre soirée en nous restaurant.
Des serviteurs déposèrent des plateaux. Comme le prince, la jeune fille n’avait pas mangé depuis le matin, mais, après le choc de sa vision, elle se sentait incapable d’avaler quoi que ce fût. Sous le regard pénétrant de son suzerain, elle se força pourtant à grignoter le contenu de son assiette sans qu’il fût dupe de son manque d’appétit. Sérain s’abstint de tout commentaire et continua à parler de choses et d’autres avec son fils.
— Tenez, goûtez-moi cela, proposa Sérain, en tendant à Aila une coupelle remplie de quartiers d’un fruit orange, ils proviennent d’Outre-mer et sont succulents. Un de mes amis, marin et aventurier, nous rapporte souvent des fruits ou des épices que nous ne connaissons pas.
— Ne me dis pas qu’Arthur a débarqué ici et que je l’ai loupé ! se plaignit Avelin.
— Et si ! Juste après ton départ avec Aubin. Malheureusement, il n’est resté qu’une semaine. La vie à terre n’offrant aucun charme pour lui, il a déjà rejoint son bateau et sillonne à nouveau les mers…
— Qu’a-t-il raconté de là-bas ?
— Toujours les mêmes choses ! Que l’existence y est douce et les filles agréables !
Ils éclatèrent de rire tous les deux.
— Sacré Arthur, il ne changera donc jamais ! Je regrette beaucoup de l’avoir manqué… Sais-tu s’il compte repasser bientôt ?
— Tu le connais… Comme il n’a pas communiqué de date précise, tu peux évaluer son retour dans un délai de six mois à deux ans ! Alors, Aila, ce petit fruit ?
— Délicieux, juteux et très différent de ceux de chez nous. Merci de me l’avoir fait découvrir.
— À présent que le repas se termine, je vais devenir un hôte fort impoli. Aila, il faut que vous me reparliez de votre vision de tantôt. Est-ce la première fois que cela se produit ? Vous paraissiez tellement bouleversée…
— Oui, sire.
— Existe-t-il d’autres phénomènes particuliers qui vous auraient troublée ?
Elle baissa les yeux. Elle ne souhaitait pas en discuter, elle voulait juste oublier, croire que tout ce qui lui arrivait n’était pas réel… Dans le même temps, elle ne devait pas mentir à son roi. Alors que son supplice augmentait, Sérain perçut son désarroi et changea de sujet.
— Rien de bien clair à ce que je vois… Aila, je suis sérieux. Je suis convaincu que vous avez eu une vision d’un possible avenir pour nous. Vous avez parlé d’une montagne, d’hommes… Éthel disait que chaque détail comptait. Elle aurait retrouvé le pays auquel appartenait le paysage, identifié l’origine des gens que vous y avez aperçus grâce à un habillage, un drapeau, un style de maison, tout aurait constitué une source d’information. Vous croyez-vous capable d’y parvenir ?
— Je n’en sais rien, mais je peux essayer.
Elle ferma les yeux. Dans sa tête défila à nouveau la scène. Elle expliqua :
— Je vois de très hautes montagnes recouvertes de neige aux pics acérés. Malgré leurs lourdes vestes en peau, les hommes semblent avoir froid et ils avancent péniblement sur le manteau neigeux. Ils paraissent si exténués…
Elle s’étonnait d’avoir conservé en mémoire toutes ces images avec cette étonnante netteté. Elle se savait observatrice, mais là, elle dépassait tout ce dont elle se croyait capable. Sur la neige, elle vit même une femme déposer un enfant, probablement mort, puisqu’elle l’abandonnait, et essuyer une larme sur sa joue. Aila s’attarda sur son visage aux traits singuliers qui la rendaient à la fois laide et attirante. Le vent enfla et cingla cette mère. La peur naquit dans son regard, avant qu’elle se retournât vers les autres en s’égosillant. Aila poursuivit sa description :
— Il y a cette femme, qui vient de perdre son enfant. Ses yeux sont noirs, étirés et sa peau mate. Alors quand, tout à coup, elle sent une bourrasque se lever, elle reconnaît le tourbillon et hurle à ses compagnons un avertissement. Seulement, c’est déjà trop tard, la grande souffrance est trop rapide et aspire tout sur son passage. Je ne vois plus rien après, car je fuis, mais je discerne encore leurs cris. Oh !…
Aila s’arrêta, surprise.
— Qu’avez-vous découvert ?
— Ils crient en hagan ! Je n’avais entendu que les hurlements de terreur la première fois, mais là, j’ai également reconnu des mots : ils parlent en hagan ! Ils disent à la femme : « Cours, Amata, sauve-toi, c’est toi qu’elle veut ! Protège notre héritage ! »
La jeune femme se tut, médusée. Tout ce qu’elle venait de se remémorer lui paraissait si réel, tandis que le visage de cette femme se gravait dans sa mémoire. Elle avait presque envie de lever la main pour toucher son visage…
— Vous comprenez le hagan ? s’étonna Sérain.
— Oui, je le comprends et je le parle.
Sérain jeta un rapide coup d’œil vers Avelin.
— Cela risque de tout changer à votre prochaine mission, précisa Sérain, son regard revenant vers Aila. Maintenant, nous disposons peut-être de la solution qui nous manquait…
— Mon roi, le coupa-t-elle, je dois partir en Hagan pour trouver cette femme et la sauver. Elle détient une chose essentielle pour notre survie, même si j’ignore encore laquelle. Je suis obligée de vous le dire…
Elle suspendit sa phrase, redressa la tête et plongea son regard dans celui de son roi, sans faiblir, et conclut d’une voix ferme :
— J’irai, seule s’il le faut, avec votre accord, ou sans…
Impassible, Sérain croisa ses mains devant son visage, ses yeux rivés sur la jeune fille qui lui faisait face.
— Qui êtes-vous Aila ? Quelle est donc cette force vertigineuse qui vous anime et ferait plier même un roi ?
— Sincèrement, je l’ignore. J’ai beaucoup de mal à croire que je suis différente de ce que j’ai toujours été…
Aila, réalisant enfin la façon dont elle venait de parler à son roi, déglutit difficilement. Cependant, ce dernier restait serein, nullement blessé par ses propos.
— Existe-t-il une urgence à votre départ ?
Elle réfléchit, cherchant la réponse en elle :
— Non, c’est trop tôt, elle n’est pas encore en danger. Je crois qu’elle se manifestera quand je devrai partir…
Par les fées ! Mais comment savait-elle tout cela ?
— Et comment reconnaîtrez-vous ce moment ?
— Je l’ignore, sire. Je… je ne contrôle rien de ce qui m’arrive…
— Et il vous arrive tellement de choses, n’est-ce pas ?
Silencieuse, la gorge nouée, elle hocha la tête. Sérain poursuivit :
— Quand vous le souhaiterez, vous n’aurez qu’à venir me voir pour en parler. Prenez votre temps, je saurai patienter. Allez mes enfants, cette rude journée se termine et demain, après une bonne nuit de sommeil, nous débuterons tous avec les idées plus claires.
— Bonne nuit, sire.
— Bonne nuit, père.
Avelin sortit du bureau aux côtés d’Aila, la raccompagnant jusqu’à sa chambre. Au moment de la quitter, il attrapa son visage dans ses mains, avec une grande douceur, amenant son regard à croiser le sien.
— Qui êtes-vous donc, Aila ?
Indécise, elle serra les lèvres avant de réagir.
— Je ne sais plus, Avelin…
Puis elle leva ses yeux vers le ciel comme pour y trouver une réponse.
— Je ne sais plus…, répéta-t-elle.
— Alors, sachez-le, vous aurez toujours un ami sur qui compter. N’hésitez jamais à venir frapper à ma porte. Me faites-vous confiance ?
Elle pesa ses mots avant de répondre :
— Oui, Avelin. Avec vous, je me sens comme si Aubin était auprès de moi et je ne peux guère vous adresser un compliment plus flatteur…
— Il vous manque ?
— Oh oui ! Tous me manquent, mais je dois apprendre à vivre sans eux…
— Mais pas sans moi. Vous ne serez plus tout à fait seule, car je me tiendrai à vos côtés.
L’émotion devint perceptible sa voix, tandis que le cœur d’Aila se gonflait de joie.
— Quels souvenirs douloureux essayez-vous de cacher aux yeux de tous, sire Avelin ?
— D’accord, je retire ce que j’ai dit. Ce soir, vous êtes trop perspicace pour le pauvre prince que je suis… Plus tard, je vous raconterai ce que je tais, je vous le promets, mais, pour l’instant, c’est encore trop tôt. Amis ?
— Pour la vie !
Ils tombèrent dans les bras l’un de l’autre et s’étreignirent un long moment. Lors de la séparation, Avelin déposa un baiser sur la joue de sa partenaire et s’éloigna. Ce fut presque légère qu’Aila franchit sa porte. Elle avait eu tort de croire que, seule, elle pourrait tout surmonter. Elle s’était sentie si proche d’Avelin et avait pensé qu’entre son statut princier et son rôle de simple combattante aucun lien ne pourrait s’établir. Au lieu de cela, elle avait découvert un roi magnifique et un ami dans son fils. Elle apprécia ce simple moment de bonheur au milieu de tous ses doutes. Elle n’était plus seule et ne le serait plus jamais ! Elle passa sa chemise, se coucha et toucha le livre des fées, caché sous l’oreiller, sans même y songer, avant de s’endormir, pleine de joie, sa main posée sur la couverture…

Et Aila parvint au pays des fées et appela :
— Amylis ? Es-tu là ?
Un léger frémissement l’avertit de l’arrivée de son amie. Fascinée comme chaque fois, elle regarda la fée minuscule grandir et devenir à sa taille. Qu’elle était belle ! Aila admirait son visage serein à la peau claire, ses yeux en amande d’un bleu presque transparent, soulignés par deux sourcils arqués, ses fins cheveux châtains et bouclés qui descendaient jusqu’à ses pieds. Ce soir, elle portait une longue robe aux reflets aquatiques qui lui donnait l’apparence d’une eau vive.
— Aila, te voici ! Je suis heureuse de te retrouver ! Nous étions toutes si inquiètes pour toi et tes amis !
— Le plan que nous avions mis au point a parfaitement fonctionné ! annonça la jeune fille.
— J’en suis profondément ravie. Viens, suis-moi, il faut continuer notre partage.
Amylis la saisit par la main et l’entraîna jusqu’au lac à côté duquel se déroulaient tous les apprentissages. Elles rejoignirent sept fées, toutes plus belles les unes que les autres, qui les attendaient et les accueillirent avec enthousiasme. Les unes après les autres, Aila les étreignit avant de reprendre sa place au milieu du cercle qu’elles avaient formé en s’asseyant.
Amylis prit la parole :
 — Aila, nous allons continuer à partager nos pouvoirs avec toi. Ce soir, comme tu as eu une première vision et qu’elles sont difficiles à analyser pour les profanes, nous allons t’offrir les clés qui te permettront de l’étudier…
— Amylis, l’interrompit Aila, je l’ai déjà comprise. Enfin, je crois…
— Mais c’est impossible ! Nous ne t’avons pas encore donné la clairvoyance ! Ou alors…
Les sourcils légèrement froncés, Amylis se tut.
— Voulez-vous que je vous la décrive ?
— Non, merci, Aila. Nous l’avons vue en même temps que toi.
— Vient-elle de vous ?
— Non, à de rares exceptions près, les visions proviennent d’Oracles… Or, il n’en existe pratiquement plus sur Terre. Ils ont été détruits ou cachés aux yeux des hommes, car ils les amenaient trop souvent à commettre plus de mal que de bien… Je suis sidérée que tu aies réussi seule à l’interpréter. Explique-nous ce que tu as compris d’elle.
— Je vais bientôt partir en Hagan pour sauver une femme, Amata, qui possède un héritage que je dois protéger…
Les petites fées se mirent toutes à parler en même temps. Amylis fit taire les bruits d’une pensée.
— L’une d’entre vous, volontairement ou par erreur, aurait-elle déjà transmis les clés de la clairvoyance à Aila ?
Amylis regarda les fées une par une, tandis que chacune secoua la tête.
— Aila, je ne sais pas quoi te dire. Nous avons besoin de nous concerter pour comprendre pourquoi tu sais alors que tu ne le devrais pas. Ce que nous avons échangé avec toi est très lourd et tu ne devrais pas être capable d’assimiler seule ce que nous n’avons pas pris la peine de t’apprendre… Tout cela demande réflexion. Je propose donc à mes sœurs de partager avec toi un autre pouvoir qui deviendra indispensable dans tes prochaines missions. Nous t’avons déjà offert la projection mentale afin que tu puisses survoler avec ton esprit, capter les pensées d’ennemis proches et sentir leur présence. Nous avons estimé que t’apprendre à diriger les objets par la pensée pourrait t’être utile, mais pour l’instant, nous nous sommes limités à des choses légères, en petit nombre et sur de très courtes distances. Ce don partiel, nous l’avons combiné avec celui qui permet d’accroître la perception de ton esprit sur le monde qui t’entoure. Tu es particulièrement performante, Aila. Jamais aucune fée en formation n’a obtenu de vision aussi nette avant sa dixième séance, alors les traduire avec autant d’exactitude que tu l’as fait ressemble à un prodige. Mais c’est dans notre nature ; nous, les fées, croyons toujours que tout est possible. Il nous reste juste à comprendre comment et pourquoi ! Mes chères sœurs, que lui proposeriez-vous pour cette nuit ?
Par communion d’esprit, elles se concertèrent un instant avant de laisser à nouveau la parole à Amylis :
— Nous hésitons entre deux dons : celui de guérir ou celui d’augmenter ta capacité à déplacer les objets par la pensée. As-tu une préférence ?
Aila n’hésita pas :
— Guérir !
— Parfait ! Allons-y, mes sœurs.
Elles tendirent toutes leurs mains vers Aila et, aussitôt, fusèrent des rayons argentés qui entourèrent la jeune fille d’un halo scintillant.
Comme à l’accoutumée, cette dernière perdit la notion du temps. Elle sut que la transmission du don était achevée quand l’éclat de la lumière se mit à pâlir avant de s’estomper.
— En forme ? interrogea Amylis.
— Je me sens bien.
— Parfait ! Je te raccompagne pendant que mes sœurs vont goûter un repos mérité. Je les rejoindrai dès que tu seras partie.
Aila les remercia et embrassa chacune d’elles, puis retourna à son point d’arrivée avec Amylis.
— À présent, comme pour chaque visite, je vais t’effacer tous ces souvenirs.
— Amylis, c’est très douloureux pour moi de ne plus me souvenir…
— J’en suis consciente, mais tu sais que la prudence dicte ma décision… Il faut que tu comprennes que nous te transmettons en une nuit la magie d’une année pour une fée. Dissimulée dans l’ombre de ton esprit, elle ne perturbe pas ta raison. Imagine ce qui se produirait si jamais cette dernière prenait conscience de sa présence… Je ne peux pas prendre le risque que tu perdes pied ou que la folie te frappe.
— Je sais tout cela, Amylis, tu me le dis à chaque fois, mais au lieu de devenir folle à cause de la magie, mon esprit s’égare davantage parce que je ne me reconnais plus…
Amylis sembla désespérée.
— Nous cherchons juste à te préserver, Aila. Tu es notre seule et unique alliée jusqu’à la naissance de l’héritière et nous voulons te protéger à la fois dans notre monde et dans le tien. Pour le moment, nous n’avons pas trouvé mieux. Je te promets que j’en parlerai à mes sœurs pour élaborer une solution et t’aider à surmonter cette difficulté.
Elles s’embrassèrent avec tendresse.
— Au revoir, Amylis.
— Au revoir, Aila. Nous attendrons ta nouvelle visite avec impatience.
D’un geste de la main, Amylis effaça les souvenirs d’Aila…


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