Les Archives du blog de #fantasy d'octobre 2012
tome 1 - Aila et la Magie des Fées

La saga d'Aila  fantasy


fantasy livre

Note : 4.5 / 5 avec 210  critiques roman

Les archives du blog de fantasy d'Aila d'octobre 2012

27 octobrePlus de connexion pendant quelques jours et donc des vacances forcées pour le blog ! Je sais parfaitement qu'en ce moment mes petites interventions sont loin d'être quotidiennes, mais ma vie professionnelle, autre que celle d'écrivaine, occupe bien mes journées et mon énergie !
Souvent quand je marche - comme quand je cours - mes idées vagabondent, ce n'est pas un roman que je crée en l'espace d'un instant, mais plus des réflexions sur la vie, sur l'attitude des gens dans la société et l'évolution de cette dernière… Je pense souvent à mes élèves et à ce que l'école leur apprend et, aussi, trop souvent à ce qu'elle ne leur apprend pas. Il est commun d'entendre que le « niveau baisse ». Le constat peut être nuancé, mais il existe des faits indéniables : une efficacité dans le travail en diminution, une capacité de concentration de plus en plus faible, une inadéquation entre les exigences et les efforts fournis, un désintérêt profond pour les résultats, des codes de comportement plus ou moins assimilés. Cela fait beaucoup de dégradations sur une dizaine voire une quinzaine d'années.
Quel est le rôle de l'école aujourd'hui ? C'est vraiment la question que je me pose quand mes pensées errent entre deux pas sur le bitume. Est-il normal de donner aux élèves l'illusion que, même sans travail, ils réussiront malgré tout ? Et c'est vrai, majoritairement, les élèves auront leur bac, même avec un niveau largement insuffisant toute l'année. Malheureusement, je doute de la cohérence de cet état de fait avec leur vie future.
Il y aura toujours de bons professionnels et puis il y aura les autres dont une partie viendra grossir les chiffres du chômage et, comme rien n'est jamais simple, dans les deux catégories, il existera toujours les chanceux et les non chanceux. Fondamentalement, je remets en question le rôle de notre éducation nationale et de ces politiciens qui sous-tendent des décisions au centre desquelles l'élève n'existe pas et les enseignants encore moins si c'est possible, excepté dans le cas où quelques pompes seraient à cirer…
Depuis la réforme des lycées, je doute de plus en plus et je ne me retrouve pas dans cette façon d'enseigner : une première S aux horaires appauvris, une seconde à la fois intéressante pour les futurs scientifiques, mais souvent trop compliquée pour les autres et ce temps qui nous manque en permanence pour faire notre boulot correctement, des notions saupoudrées sans approfondissement et sans possibilité de travailler sur la durée… L'école, encore un ascenseur social ? Mais pour qui ?

25 octobreC'est bientôt les vacances, encore deux jours… Et je vais pouvoir me reposer et bosser sur le tome II de mon bouquin ! C'est super ! En attendant, il me reste encore un paquet et demi de copies et quelques heures de cours à affronter !
Souvenez-vous, toute heureuse des chemins inattendus qu'emprunte la vie, je vous avais raconté mes péripéties de cet été dans une pharmacie et la gentillesse des personnes présentes qui avaient pris soin de moi, étalée sur la moquette, vaincue par une baisse de tension importante. Une personne de l'officine avait repris contact avec moi par le biais du forum de Dol Celeb et nous voici à échanger des mails pour nous rencontrer ! C'est trop super !
C'est tout à fait ce que je racontais à quelques invités de Catherine Vailla aliant d'UPblisher, ce livre est une passerelle magique. Il ouvre sur des chemins que je n'aurai jamais empruntés et sur des portes vers de nouvelles relations qui n'auraient jamais existé sans lui… Il donne également l'occasion d'approfondir une relation déjà entamée. Merci Aila. Je le savais déjà, en toi, il existe une magie bien plus grande que celle d'avoir pris vie dans un roman. Je lève mon verre matinal de jus de fruit au bonheur que tu m'apportes ! Cheers!

23 octobreMalgré la fatigue de la journée qui se termine et l'envie de m'affaler dans le canapé, je résiste, rien que pour écrire un petit blog du jour ! Parce que, il faut le dire, aujourd'hui, c'est mon anniversaire ! Si vous voulez savoir mon âge, je vous en prie, vous retrouvez mon année de naissance dans le site et vous faites la différence avec 2012. Vous comprenez, je suis nulle en calcul mental, donc c'est trop difficile comme calcul pour moi ! Non, non, je plaisante, je n'ai juste pas envie de vous donner tout sur un plateau. Faites donc marcher vos neurones !
Allez, musique ! Voici deux airs d'anniversaire que je partage parce que trop bien ! Ma préférée : Best happy Birthday song, ensuite Stevie Wonder - Happy Birthday et une petite dernière qui n'a rien à voir, sinon de partager un petit dessin animé sur le bonheur de l'amitié Partly Cloudy.
Belle journée !

18 octobreC'est moi ! Allez, c'est décidé, aujourd'hui, je prends un peu de temps sur la tonne de boulot qui me reste à faire. Surtout que j'ai eu droit à une escapade au lycée - même quand je n'y suis pas, irrémédiablement attirée, il faut que j'y retourne ! - ; en fait, ce serait plutôt, quand on n'a pas de tête, on prend sa voiture pour mettre en place tout ce qui a été oublié quelques jours plus tôt ! Et hop ! De retour, promenade rapide sur les bords de Seine aux couleurs de l'automne, sous la lumière chaleureuse d'un soleil perçant entre les nuages…
Hier soir, country et toujours ce même plaisir à partager ces instants avec les copines et à danser. Petite nouvelle (comme dirait Christelle) : Don't Let Me Down.
Regardez ! Ce que vous voyez là, c'est le petit bout de ma main qui dépasse sous la pile de copies que je dois corriger. Encore un instant et ce sera l'immersion totale et définitive ! Glou, glou, glou… C'est pour cela que je vous laisse, ce qui me reste de ma journée ne me suffira pas à tout faire ! Catastrophe !
Bon jeudi !

15 octobreOh la la… C'est terrible ! Je n'ai quasiment fait que bosser ce week-end et je ne trouve même plus le temps d'écrire mon blog… Donc je vous mets un petit mot pour vous dire que je pense à vous et que, bientôt, j'espère récupérer un peu plus de temps pour partager avec vous quelques moments plus intéressants !
Un peu de patience encore et cela ira mieux !
Bonne semaine !

13 octobreHé ! Il existe quand même de bonnes nouvelles dans ma petite vie de prof débordée ! Enfin, plutôt dans ma vie d'écrivain puisque j'ai éprouvé un grand plaisir à distribuer les exemplaires de mon livre à quatre compagnes de Country et leur gentillesse ainsi que leur enthousiasme étaient vraiment charmants ! maintenant, j'espère que l'histoire leur plaira et qu'elles plongeront avec joies dans les péripéties extrêmes de mon héroïne. Émilie qui l'a déjà lu les a mises en garde contre le piège mortel que représente ce roman, une fois que vous avez mis le pied dedans, c'en est fini de vous ! La bonne nouvelle pour le lecteur, c'est qu'une fois sorti de sa phase d'apnée prolongée, il en redemande !
Dernière journée avant le week-end… Je me déteste quand j'en suis à décompter les jours en attendant les vacances, trop de fatigue, trop de stress et les petits bonheurs au quotidien, vous savez ceux que j'aime tant, qui m'échappent… Bon, décidément, tout a un petit goût de blues ce matin, une petite vitamine C et ça va repartir !
Bonne journée !

12 octobreAllez, hop ! Une journée sans blog… Je vous présente mes excuses, mais mes journées sont trop courtes pour pouvoir avancer suffisamment mon boulot et réaliser tout ce qui doit l'être à côté ! Je n'ai toujours pas développé l'art de me diviser en plusieurs moi : l'un qui corrigerait les copies pendant qu'un autre avancerait les nouveaux programmes tandis qu'un troisième prendrait le temps d'aller dormir pour récupérer et un dernier d'aller courir pour se maintenir en forme !
Dernière journée avant le week-end… Je me déteste quand j'en suis à décompter les jours en attendant les vacances, trop de fatigue, trop de stress et les petits bonheurs au quotidien, vous savez ceux que j'aime tant, qui m'échappent… Bon, décidément, tout a un petit goût de blues ce matin, une petite vitamine C et ça va repartir !
Bonne journée !

10 octobreJ'ai gagné, j'ai gagné ! Et je suis contente ! J'ai gagné ex aequo avec Ervael sur le forum de Dol Celeb ! 3 points partout ! Bon, bon, d'accord, nous n'étions que deux participants, mais je suis partie de très loin ! 2 pour lui et zéro pour moi. Puis, ma note a commencé à remonter : + 3 pour moi et + 1 pour Ervael et donc je suis première avec Ervael, nananananère ! Bon, ça va, je sais que je me répète, mais ce n'est pas grave, je suis contente ! Ervael a proposé une école orc hyper drôle et, pour ma part, je me suis cantonnée à mon sujet de prédilection actuelle avec une banale école chamane (versions pdf ou ppsx). Enfin, peut-être pas si banale que cela ! Cerise sur le gâteau, j'ai reçu un commentaire adorable : « Je félicite le travail de l’école chamane… Celui (celle) qui a fait ça sait se servir d'une plume ». Merci Juju !
Vous savez quoi ! Mise à part cette belle victoire, il existe des jours où je trouve le moyen d'accumuler les erreurs. Enfin, « des », non, une… Suffisamment grosse pour m'agacer prodigieusement. Je me suis trompée dans l'horaire d'un cours… Grrr !!! C'est la première fois que cela m'arrive depuis que je travaille et je suis énervée ! Mais bon, cela ira mieux demain.
Bonne journée !

9 octobreAprès de la musique plein la tête, me voici avec un papillon au plafond ! Non, non, ne rigolez pas, je me sens totalement frustrée… Moi, la petite amoureuse des papillons, je rêve depuis un moment de visiter une serre à papillons. C'est vrai qu'au début, ce genre de désir ressemblait à une envie lointaine pour laquelle, sagement, je me disais plus tard… Et puis, tout d'un coup, il se transforme en lubie envahissante qui n'admet plus de délai : je veux aller visiter une serre remplie de ces lépidoptères que j'adore !
Mue par une frénésie nouvelle et totalement incontrôlable, me voici à parcourir internet à la recherche de mon péché mignon et, finalement, il en existe plein : des serres, des îles, des jardins… Et me voici à rêver de lieux parfaitement inaccessibles en ce moment et à ressentir comme une pointe de regret en pensant à tous les papillons que je ne parviendrais pas à voir, sniff… Mon malheur n'est pas total, car j'ai fini par dégoter une serre aux papillons pas trop loin d'ici ! Chouette ! Pour terminer, un autre petit site pour découvrir une nomenclature intéressante sur mes petites bestioles ailées préférées.
Bonne semaine moins un jour, nous avançons dans le bon sens !

8 octobreAprès une légère panne de blog en la journée d'hier, me voici à nouveau sur les chemins de l'écriture quotidienne qui est loin d'être la plus facile, surtout quand je manque de temps pour laisser mon esprit vagabonder…
Didier a commencé à travailler sur la couverture et me presse de me remettre à la relecture du tome II… Je sais qu'il a totalement raison. Dans le même temps persiste l'impression d'être un peu dépassée entre fatigue, petits soucis de santé et excès de choses à faire. Mon esprit est soumis à dure épreuve à devoir se scinder en plusieurs parts compartimentées et avancer dans chacune d'elles comme si elle était unique ! De plus, l'écriture est une maîtresse exigeante qui n'admet pas de partage et se fait désirer quand je ne lui suis pas entièrement dévouée. Je m'aperçois bien qu'en ce moment ma tête remplie d'histoire se vide peu à peu de son imagination, sous l'impact d'exigences journalières. Comment peut-on rêver dans ce cas ?
Car l'écriture est un rêve éveillé ! Et c'est ce rêve intime et ininterrompu que nos mains avides transcrivent sur une feuille blanche, comme si le fait de noircir des pages était une façon de remplir sa vie chaque jour un peu plus… Et vous, qu'en pensez-vous ?
Bonne semaine qui démarre !

6 octobreChouette, le week-end ! Cela fait plaisir cette petite pause en fin de semaine avant de repartir bientôt pour de nouvelles aventures !
Je poursuis mes échappées musicales dans le monde de la country, recherchant dans chaque air que j'apprécie l'union du corps et du rythme. Je m'aperçois que je ne suis vraiment pas adaptée aux sonorités « latino », ce sont vraiment les seuls types de chansons dans lesquelles je ne parviens pas à rentrer ! Un autre exemple de chorégraphie sur un air typiquement américain : Slap and stomp. Pas facile celle-là aux premiers essais, je n'arrivais pas à frapper correctement des pieds et les enchaînements sont très rapides.
En plus, pour joindre fantasy et country, mercredi prochain, j'arrive avec les livres demandés par quatre partenaires de danse. Bientôt, mon dernier carton sera totalement vidé. Il doit m'en rester une dizaine sur le stock initial ! Cela va vous faire rire, mais cela me fait tout drôle… Je n'en suis qu'au stade des premières ventes, mais c'est déjà ça ! Donc je suis contente !
Belle journée !

5 octobreDans ma tête s'égrènent des mélodies qui l'emplissent de sonorités entraînantes et me voici prête, à chaque instant, à faire quelques pas appartenant aux chorégraphies apprises ou révisées du dernier cours de country. C'est incroyable de ressentir la musique comme une partie de soi-même et quel art possèdent les créateurs de chorégraphie pour offrir au mouvement du corps une totale fusion avec le rythme… Je ne danse plus, je glisse et, peut-être bientôt, sans kenda, je volerai dans les airs comme Aila. Petit aperçu des musiques qui me hantent : Come dance with me. Je continue à réviser les autres chorégraphies, mais j'ai l'impression de les oublier au fur et à mesure que je les étudie, j'ai tellement de choses dans la tête… Est-ce qu'un prof possède le droit de dire cela sans se faire huer, mais « vivement les vacances » !

4 octobreIl n'y aura pas d'idées farfelues aujourd'hui… La journée sera plus consacrée à la réflexion et au travail, mais cela ne va quand même pas m'empêcher de vous emmener sur un chemin de traverse quelconque ! Quoique…
En cette période difficile pour beaucoup d'entre nous, je me demandais ce qui nous permettait de garder le cap, quelles que soient les intempéries traversées… J'ai bien trop souvent l'impression que notre monde s'affole sans parvenir à s'y retrouver dans la complexité de la vie… Alors quelles sont les solutions pour reprendre la main sur une existence qui vous échappe ?
Je n'ai pas de réponse toute faite, juste des idées auxquelles se raccrocher quand le dérapage n'est pas très bien contrôlé. Par exemple, celles que je me fais de la vie et de ce que je veux être ou ne pas être. Il existe des valeurs auxquelles je crois et mon père me citait souvent une phrase qu'il avait empruntée au cheval d'orgueil, il me semble, mais dont je ne suis parvenue à retrouver les termes exacts. En substance, elle disait que personne ne devait courber la tête plus bas qu'elle ne l'aurait dû. Et c'est ce que je vais m'astreindre à être aujourd'hui : moi pour le meilleur ou pour le pire !
Bonne journée !

3 octobreQuand une idée farfelue vous traverse l'esprit…
En rentrant des courses cet après-midi, la télévision diffusait un épisode de Miss Marple, héroïne de la fameuse romancière Agatha Christie. Dans les romans, notre détective malgré elle possède l'allure d'une maîtresse d'école à la retraite à laquelle est associé un esprit analytique, plein de finesse, enrichi par une observation sans concession des habitants de son village. Elle part du principe que la nature humaine est la même partout et, deux aiguilles à tricoter entre les mains, elle réfléchit à la fois au nombre de mailles dont elle doit diminuer son pull et à l'affaire à élucider. Elle questionne, enregistre, suit un petit bonhomme de chemin mental qui lui est propre, optant pour un parallèle avec telle ou telle histoire de son village qui lui ouvre des perspectives de compréhension et de résolution.
Pour en revenir à mon idée farfelue, je me suis demandé si quelqu'un comme elle pouvait vraiment exister. Et si c'est le cas, où vit-elle, car je n'ai jamais rencontré aucune personne de ce genre ? Sûrement dans la campagne anglaise, je n'ai pas dû assez voyager ! Et, si elle était susceptible d'exister, son esprit vif et observateur aurait-il su résoudre les grandes énigmes criminelles actuelles ou passées ? En ce moment, la presse reparle de l'affaire Grégory et de l'analyse de nouvelles preuves. Aujourd'hui, ce crime n'a toujours pas été résolu, elle serait bien utile et peut-être plus efficace que la police scientifique, malgré ses grandes qualités, car elle aurait étudié la personnalité de chaque protagoniste et aurait dénoué les fils de la vérité grâce aux petites histoires gravées dans sa mémoire comme autant de petits éléments s'imbriquant les uns dans les autres pour paver le chemin de la vérité… Mais, grande question, la vérité apporte-t-elle la paix ?
Bonne journée !

2 octobreBon, c'est décidé, je vais me construire une page avec des papillons dans le site ! Cela n'aura rien à voir avec Aila et ses aventures, mais tout à voir avec le personnage que je suis ! En attendant de profiter de l'aubaine pour découvrir quelques représentants de l'espèce dans ma modeste collection de photos, voici un site pour régaler vos yeux avec des photos absolument magnifiques. Voici un autre site très instructif pour découvrir les noms des inconnus. J'ai ainsi pu identifier quelques Hespéries que, pour rien au monde, je n'aurai mises dans la même famille !
Pfff… C'est heureux que je ne sois pas de nature jalouse, car, lorsque je parcours le site avec les belles photos de papillon, je m'aperçois qu'il existe plus d'espèces que je n'ai jamais rencontrées que celles qui ont croisé mon chemin. Cela me donne envie de partir parcourir la France de long en large pour en découvrir de nouveaux et me régaler à les capturer en image. Malheureusement, les papillons sont des créatures de l'été et, même si quelques belles journées perdurent, bientôt les frimas de l'automne vont envahir notre quotidien et je devrais attendre les premières chaleurs de l'année prochaine pour pouvoir de nouveau les admirer…
Bonne journée !

1 octobreAprès cette petite pause du week-end, on peut le dire, les nouvelles ne seront pas très fraîches…
Quel beau temps ! Cela fait plaisir de profiter en cette fin du mois de septembre et ce début du mois d'octobre de températures clémentes et d'un ciel bien bleu. Les couleurs des paysages tandis que nous rentrions d'un périple en Normandie étaient magnifiques. Quelques bouchons que nous aurions préféré éviter nous ont amenés à traverser Mantes-la-Jolie et de découvrir sa collégiale sous une belle lumière chaude. Elle est absolument magnifique et présente un toit resplendissant en tuiles vernissées, surplombé de deux tours aériennes. Malheureusement, nous n'avons pas eu le temps de faire une halte pour en faire le tour.
Demain, je partagerai avec vous quelques nouveaux trophées à mettre dans ma boîte à images, celle marquée « Papillons », mais ce sera demain !
Bon courage pour cette semaine.


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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Au cœur de la nuit, sous la lumière diffuse de la lune, Hang longeait au grand galop la côte aux alentours de Bâmes. Depuis plusieurs jours, il guettait la venue du bateau tout à la fois redouté et espéré : celui des hommes de Césarus. À présent que ce dernier se rapprochait enfin de la rive, le Hagan affichait un sourire satisfait. Pauvres petits soldats de cet empereur, si seulement ils avaient soupçonné le comité d'accueil qu'il leur avait concocté avec art, ils auraient fait demi-tour avant même de songer à mettre un pied à terre. Malheureusement pour eux, ils ignoraient tout des pièges qui les attendaient sur la plage et se dirigeaient, non pas vers une victoire supplémentaire, mais une cuisante défaite. Ils paieraient le prix fort, foi de Hagan ! Tout était prêt pour les recevoir et les tailler en pièces, les uns après les autres. Césarus se souviendrait de cette invasion ratée avec une cruelle amertume. Le sourire sur son visage balayé par la brise s'agrandit à cette idée réjouissante.

Le navire de Tancral venait d'atteindre une crique au nord de la cité, discrète et déserte, exactement là où Hang avait estimé que Césarus déposerait ses premiers guerriers. Sans le moindre bruit, plusieurs chaloupes déversèrent leur contenu sur le sable et une centaine d'hommes s'y installèrent, attendant le signal qui les enverrait combattre. Rapidement, le bateau récupéra ses embarcations, puis reprit son voyage, le tout dans un silence presque inquiétant. À présent, il allait contourner le port en passant par le large et décharger sa seconde cargaison d'ennemis dans un endroit situé au sud de la ville cette fois, histoire d'enserrer cette dernière pour mieux l'étrangler. Hang imaginait même qu'une partie des guerriers de chaque groupe pénétrerait dans Bâmes par l'ouest, à seule fin d'accélérer le massacre des habitants ou d'obtenir leur reddition sans condition. Une surprise guettait les soldats de Césarus ; effectivement, il restait bien des villageois, mais pas un seul qui ne fut armé jusqu'aux dents et prêt à en découdre. En conclusion, aucunement ceux que leurs adversaires s'attendaient à trouver…

Revenu au camp, il descendit de cheval et rejoignit Alsone au poste de commandement.
— Ils arrivent. Comme prévu, ils ont accosté dans la première crique. Maintenant, leur navire fait route vers la suivante qu'ils atteindront dans une petite heure.
Dans la lumière d'une torche, le profil de la reine se détachait. Les sourcils froncés, un léger pli saillait entre eux à l'image de sa détermination, Alsone hocha lentement la tête. Son expression ne laissait planer aucun doute sur les sentiments qu'elle éprouvait : littéralement, elle rayonnait, ses yeux étrécis dans lesquels flottait une nuance de férocité. Ce combat allait pimenter de façon exceptionnelle sa vie devenue presque trop tranquille, bien plus que toutes ses nuits d'amour qui ne comblaient jamais totalement son vide intérieur. Elle y retrouverait exactement les sensations que son existence ne rencontrait que trop rarement : une excitation inhabituelle, une montée d'adrénaline, une forme de dépassement de soi et, plus que jamais, de l'action. Sur ce point, son partenaire actuel ne s'était pas trompé. Un court instant, son regard se perdit en direction du Hagan. L'homme avait su se glisser avec souplesse dans le moule qu'elle lui imposait, un brin d'ironie manié avec tact et une indéniable capacité à la satisfaire à tout point de vue. Alors qu'un autre l'aurait déjà lassée, il conservait sa place la nuit à ses côtés et très souvent le jour au point que d'étranges idées lui traversaient l'esprit, des idées auxquelles jamais elle n'aurait pensé avant lui, mais qu'elle rejetait impitoyablement. Elle suspectait que de nombreux paris couraient sur le temps qu'elle lui octroierait encore et s'en amusait. Après tout, surprendre restait une façon différente de séduire qu'elle adorait exploiter. La présence du Hagan ne l'empêchait pas de papillonner et de se distraire avec divers partenaires : trop d'appétit, la nécessité absolue de conquérir, mais elle revenait vers lui, parce qu'il lui offrait bien davantage que de simples moments de plaisir.
Son regard tourné vers le futur lieu de l'affrontement, Hang réfléchissait à toute vitesse, tout en vérifiant mentalement, une ultime fois, la cohérence parfaite de ses plans dans les moindres détails. Un bref instant, un vague sourire éclaira son visage ; finalement, il se révélait un excellent stratège…
Puis ses pensées s'attardèrent sur Alsone ; elle jubilait, excitée par le massacre sur le point d'être perpétré. Pourtant, au départ, la convaincre avait relevé du défi. Quand Hang lui avait proposé d'aller défendre le port de Bâmes, elle s'y était opposée avec fermeté. Il était hors de question qu'elle envoyât un seul soldat supplémentaire pour soutenir l'alliance entre les pays au nord du sien, persuadée qu'elle ne craignait rien de Césarus ; elle saurait le faire plier comme tous les autres. Opiniâtre, Hang avait testé toutes les ficelles imaginables pour l'amener à fléchir, voire à réfléchir, mais, butée, elle refusait tout en bloc, démontant chacun de ses arguments avec une mauvaise foi évidente, impossible à contrecarrer. Pourtant, le Hagan ne s'était pas découragé et avait fini par l'atteindre.
— En fait, je comprends enfin la raison de ta résistance : tu ne veux pas te battre. J'en suis sûr, car, si tu désirais manier l'épée ou la hache comme une véritable femme de guerre, tu serais la première à te jeter sur quelques ennemis avec moi. Aucun combattant digne de ce nom ne manquerait une telle occasion de vivre ces instants exceptionnels.
Alsone s'était figée. Du coin de l'œil, il avait observé avec plaisir la légère crispation de sa mâchoire, très explicite sur la façon dont elle venait de ressentir son attaque. Tardant à répondre, elle avait fini par lâcher :
— C'est faux.
— Alors, prouve-le ! Bats-toi avec moi ! Si tu te sens un peu rouillée, pas de souci. Dorénavant, ce sera entraînement tous les matins et tous les soirs pendant le trajet jusqu'à Bâmes. Et même la nuit si tu le souhaites…
Hang avait relevé le menton, la défiant du regard tout en se rapprochant sensiblement d'elle. Elle s'éloigna avec un geste d'humeur, les maxillaires toujours serrés et les yeux allongés en deux fentes emplies de colère qu'elle tourna vers lui.
— C'est ça ! Je lis sur ton visage que tu ne me crois pas capable de me battre aussi bien que toi ! Mais tu te trompes ! D'ailleurs, à ce sujet, tu te ramollis également ! Je ne t'ai pas vu t'exercer une seule fois depuis que tu es ici. Peut-être te donnerai-je des leçons de modestie ! Je suis une reine, ne l'oublie jamais si tu veux rester en vie…
Nullement effrayé par sa menace, Hang s'avança vers elle et l'enlaça avec force, son magnifique sourire aux lèvres, mi-moqueur mi-enjôleur, destiné à achever de la faire fléchir.
— Je dois reconnaître que j'ai davantage utilisé mes heures à de voluptueuses et charnelles occupations depuis mon arrivée, mais je suis prêt à en changer pour toi et avec toi, tout de suite, et à te montrer que ma puissance physique se prête à tous les combats…
Sans le moindre égard, Alsone repoussa ses bras. Cependant, le regard fixé sur un horizon imaginaire, l'expression sur son visage s'était modifiée, tandis que, dans ses prunelles, brillait une lueur dangereuse, celle de la femme déterminée qui lui prouverait sa valeur au cœur des batailles. Après un long silence qui aurait pu signifier à Hang qu'il était temps pour lui de prendre congé, mutine, elle se tourna vers lui :
— Est-ce qu'une poudre sombre qui explose quand on l'enflamme pourrait t'intéresser ?
Étonné, il l'observa un instant avant de se rapprocher de nouveau.
— Belle et surprenante souveraine, raconte-moi tout à son sujet…
Du pas de l'homme de guerre sur le point d'en découdre, Eustache pénétra dans le poste de commandement, rejoignant la reine d'Estanque et le Hagan. Ces derniers et leur armée n'avaient pas eu besoin de leur laissez-passer à la frontière parce que l'intendant d'Avotour les y avait attendus de pied ferme, accompagné par une centaine de soldats. Lui aussi participerait à la bataille. Il n'allait quand même pas abandonner la défense de son pays à une poignée d'inconnus sans même lever le petit doigt ! Discret bras droit du roi, peut-être, il n'en demeurait pas moins un chef efficace et volontaire qui, en l'absence de Sérain, saurait se montrer à la hauteur de sa tâche.
— Quelles sont les nouvelles ? demanda-t-il sans préambule.
— Le premier débarquement des hommes de Césarus vient d'avoir lieu. Ils patientent sur la plage. Nous devons regagner nos positions respectives avant la seconde fournée, expliqua Hang, son regard dirigé d'abord vers Alsone, puis Eustache. La stratégie de l'empereur se déroule conformément à nos estimations. Il ne se méfie absolument pas… Comme prévu, je m'occupe des soldats de la première crique, Alsone, tu retournes rapidement à la deuxième et vous, sire Eustache, préservez la ville et l'arrière-pays.
Sous la tente, un silence d'une gravité particulière s'installa. Alsone venait enfin de cesser de prendre cette attaque pour une simple distraction exaltante. Bientôt, ils se confronteraient tous au sang, à la mort, à la souffrance et en ressortiraient soit grandis soit anéantis. Pour elle qui résolvait la majorité de ses problèmes par des jeux de manipulation et de séduction, le pari apparaissait de taille. Sans un mot, après un léger hochement de tête, ils se séparèrent, affichant une assurance qui cachait forcément une légitime appréhension.

Hang rejoignit les soldats sur la falaise et s'adressa au gradé qui se présentait devant lui.
— Les hommes sont-ils tous à leur poste ?
— Oui, monsieur, nous n'attendons plus que votre signal pour les arrêter.
— Non, pas les arrêter, capitaine, les tuer tous, sans exception. Nous ne ferons pas de quartier. Si le moindre doute persiste dans votre esprit, refaites passer la consigne immédiatement et, souvenez-vous, ces guerriers n'en sont plus tout à fait. L'empereur leur a enlevé la capacité de réfléchir par eux-mêmes. Ils sont venus nous exterminer et se moquent éperdument de mourir. Ceux que vous ne parviendrez pas à éliminer se débarrasseront de vous sans hésiter, suis-je bien clair ?
— À vos ordres, monsieur. Je transmets vos précisions sur-le-champ pour être certain que tous nos soldats ont saisi l'importance de les achever.
Le capitaine s'esquiva tandis que Hang s'installait en observateur discret, attendant les premiers mouvements de la troupe de Césarus pour intervenir. Sous la lumière blafarde de la lune, les guerriers de Tancral se tenaient immobiles, serrés les uns contre les autres, dans un silence absolu. Aila avait expliqué au Hagan que l'empereur leur avait enlevé toute humanité. En son for intérieur, il espéra qu'il leur restait suffisamment de vie pour la leur ôter, sinon le combat risquait de devenir fort compliqué. Aila… Son image ne cessait de flotter dans son esprit. Quelle n'avait pas été sa surprise de la découvrir près de son lit le fameux soir où elle avait débarqué pour lui demander son aide et combien il avait dû lui en coûter de venir le solliciter ! Aila… Toujours aussi… Aussi quoi ? Quelle femme… Il revoyait son regard sombre et pétillant d'énergie, celui qu'elle posait sans concession sur le monde et, parfois, sur lui… Que n'aurait-il pas donné dans ces instants pour y lire de l'amour à son égard ? Il adorait sa souplesse féline, à la fois physique et mentale, qui lui permettait de se glisser à travers toutes les épreuves et d'en ressortir encore plus aguerrie et fascinante. Quoi qu'il lui arrivât, elle rebondissait avec une espèce de candeur désarmante, mue par cette fragilité intérieure qui, en permanence, se métamorphosait en force après quelques larmes et un moment de découragement. Elle possédait un pouvoir bien plus grand que la plupart des êtres qu'il côtoyait, pas un de ceux offerts par la magie des fées ou les Esprits de la Terre, non, un pouvoir qui n'était que le sien et qu'elle utilisait sans même s'en apercevoir. Elle savait aimer, pas un, mais tous, et sa profonde bienveillance protégeait les gens comme une onde de chaleur, avant de les entraîner dans son sillage comme un torrent de vie tout à la fois impétueux et impérieux… Elle en devenait terrifiante, car, presque inaccessible, et pourtant il l'avait trouvée terriblement irrésistible, à tel point qu'il avait préféré la quitter plutôt que de demeurer avec elle sans jamais en être aimé. Une nouvelle fois, l'image de sa silhouette blanche se forma devant ses yeux et il se revit la suivre vers le balcon, comme un papillon de nuit attiré par sa lumière… Quoi qu'il advînt, il en était cruellement conscient, elle pourrait lui demander n'importe quoi et il s'y plierait. Parce qu'Aila resterait la première femme à avoir touché son cœur, certains sentiments ne s'effaçant jamais vraiment complètement, parce qu'elle n'agissait jamais au hasard, même quand elle le croyait, parce qu'il sentait en elle une grandeur d'âme qui dépassait celle d'une simple personne. Elle aurait pu être reine… Non, de fait, elle apparaissait plus qu'un titre dans une quelconque hiérarchie. Un peu comme les Esprits de la Terre, elle se révélait omniprésente et insaisissable, un être vivant comme lui, même si, avec sa pierre bleue et ses prunelles argentées, elle brillait d'une façon de moins en moins humaine. Un soupir enfla dans sa poitrine, vaguement douloureux.
Attirante, fière et exigeante, Alsone avait constitué un dérivatif efficace à son amour sans retour. Si Hang n'était pas totalement insensible à ses charmes et à sa force de caractère, il appréciait surtout le défi qu'elle avait représenté pour lui et qu'il avait sciemment choisi de relever. Elle avait occupé son corps et ses pensées, tandis qu’il rivalisait d'imagination pour la surprendre et se rendre indispensable. Jusqu'à présent, son stratagème avait plutôt bien fonctionné, à un détail près, Aila était revenue le chercher, réveillant dans le même temps les émotions qu'il avait refoulées. Loin d'elle, tout semblait tellement plus facile… Il s'en était bien sorti dans leur face à face, avec l'impression d'avoir su contrôler sans trop de difficultés les sentiments que sa présence avait ravivés. Enfin, jusqu'au moment où elle avait saisi ses mains pour l'emmener vers Bâmes, son corps, bien que distant du sien, entre ses bras. À cet instant précis, leur relation avait irrémédiablement basculé. Leurs esprits s'étaient unis et la seule évocation de ce contact le troublait toujours aussi profondément. Étrangement, sa façon de le ressentir semblait, elle aussi, avoir évolué, à présent différente de celle qui l'animait depuis le premier jour où Aila était apparue dans sa vie. Ils avaient partagé un instant unique qui l'avait lié à elle plus que ne l'aurait fait n'importe quelle nuit d'amour. Depuis, il la sentait en permanence en lui, comme l'aboutissement d'une communion intérieure, comme si, en fusionnant leurs âmes, elle avait disséminé un peu d'elle-même dans les cellules de Hang. Elle était en lui, même si elle ne serait jamais à lui. La sensation éprouvée lui paraissait toujours plus intense et plus profonde, car la plénitude qu'elle avait abandonnée en lui par ce geste était infinie… Avait-il dispersé autant de traces chez Aila ? Ressentait-elle également cette intimité qui les liait étroitement ?
Tout d'un coup, sans la moindre raison visible ou audible, les hommes de Tancral se mirent en mouvement. Plongé dans ses pensées, ce fut à peine si le cliquetis de leurs armes alerta le Hagan. Réagissant aussitôt, il enflamma la première ligne de poudre. Avant son départ pour Avotour, il s'était bien amusé à tester le principe de cette découverte fortuite et la façon de l'employer, les explications d'Alsone se révélant plus que succinctes à ce sujet, sans parler des origines des quatre tonneaux disposés dans un endroit sec et oubliés jusqu'à cette occasion. Si, au début, il avait essuyé de cuisants échecs et de multiples déboires, il était parvenu à maîtriser les facéties de cette matière sombre, entraînant finalement la souveraine dans ses ultimes expérimentations et, du même coup, dans des discussions animées sur l'optimisation de son utilisation. Une salve de détonations lointaines retentit un instant avant les siennes. Alsone avait été plus réactive que lui et elle allait lui en rebattre les oreilles pendant un bon moment. Hang regarda les guerriers de la plage projetés en l'air par les explosions et, incrédule, observa la grande majorité d'entre eux, pourtant en piteux état, se relever malgré tout. Vivants tant qu'ils n'étaient pas morts… Ce constat résonna d'une façon toute particulière dans les pensées du Hagan pour qui leur incroyable résistance prenait à présent une signification concrète, une sourde angoisse naissant dans son cœur. En tout cas, un fait était avéré, ces hommes n'étaient vraiment plus comme les autres. D'un geste sûr, il alluma sa deuxième ligne de poudre et de nouvelles déflagrations retentirent, mais Hang s'aperçut rapidement que le compte n'y était pas, trop rares étaient ceux parmi les soldats de l'empereur qui restaient à terre, moins d'un pour vingt… À son signal, une nuée de flèches s'abattit sur leurs adversaires qui s'obstinèrent malgré tout à progresser, même transpercés de part et d'autre. La douleur ne les ralentissait pas et, tant que leurs fonctions vitales demeuraient intactes, ils avançaient. Dans ces conditions, cent hommes de Césarus en valaient facilement deux cents et eux n'étaient qu'une cinquantaine pour tenir la crique. Le Hagan hurla aux archers :
— Ne touchez plus que le cœur ! Vous devez les tuer, pas les blesser !
Sans hésitation, il attrapa l'arme d'un Avotourin maladroit et ajusta sa visée.
— Moins un ! cria-t-il.
Il plaça une deuxième flèche, puis la décocha.
— Moins deux ! Faites comme moi, réjouissez-vous de ceux qui tombent à terre !
Les projectiles ne pleuvaient plus, remplacés par les traits des meilleurs tireurs qui transperçaient l'organe central de leurs adversaires, tandis que l'énumération de la quantité de morts maintenait de façon artificielle une ambiance dynamique et positive au sein de la troupe, ébranlée un instant auparavant par l'anormale vitalité des guerriers de l'empereur. Cependant, malgré tous leurs efforts conjugués, Hang songeait que ces derniers restaient encore trop nombreux à se tenir debout, peut-être une cinquantaine qui, malheureusement, comptait double… Rapidement, le stock de flèches se tarit et il se redressa. Pour lui, le temps était venu de se lancer physiquement dans la bataille. Saisissant sa magnifique hache à deux têtes, il demeura un moment immobile, son regard fixé sur ses ennemis. Il avait toujours adoré quand Aila faisait tournoyer son kenda au-dessus d'elle. Rien que par ce mouvement, elle impulsait une telle énergie qu'elle décuplait la force de tous. Aujourd'hui, cette heure était la sienne et il ne manquerait ni de panache ni de courage dans cette lutte au corps à corps. Elle n'était pas là, mais il se battrait pour elle et il vaincrait, quel que fût le prix à payer. Alors, ses muscles bandés, les mâchoires serrées, il brandit son arme, puis l'amena à pivoter, lentement d'abord, puis de plus en plus vite. Tandis que naissait le léger sifflement de l'acier qui fendait l'air, il hurla :
— À l'attaque ! Tuez-les tous !
Un véritable mugissement monta dans les rangs des soldats et tous s'élancèrent vers leur destin, Hang en tête, sa hache prête à faucher tous ceux qui se mettraient sur sa route.

Alors que les contractions d'Aila se rapprochaient, la souffrance lui paraissait à peine supportable par moment. Le temps était peut-être venu de rejoindre Nestor et de le réveiller. Elle pénétra dans la maison et frappa à la porte de sa chambre. Très rapidement, il apparut en chemise de nuit, les cheveux en bataille.
— Dame Aila ? Que se passe-t-il ?
Il remarqua le souffle un peu court d'Aila et son teint blême.
— Êtes-vous blessée ? demanda-t-il, visiblement inquiet.
— Non, j'ai juste besoin que vous me trouviez une Hagane, une accoucheuse, plus précisément.
Nestor écarquilla les yeux. Il regarda derrière Aila, cherchant la femme concernée. Ses sourcils se froncèrent.
— Pour quelle raison ? Qui va accoucher ? ajouta-t-il, un peu dérouté.
— Moi…, répondit-elle.
Son visage perdit sa sérénité quand une nouvelle contraction lui coupât la respiration, sa main s'accrochant au chambranle de la porte.
Nestor ouvrit des yeux encore plus ronds.
— Mais… mais vous n'étiez pas enceinte hier ? balbutia-t-il, incertain.
Visiblement, le brave homme ne comprenait plus rien.
— Si, mais je le cachais habilement. Nestor, personne ne doit le savoir, absolument personne. Choisissez avec grand soin la Hagane que vous ramènerez et prétendez que je suis fiévreuse.
Puis elle insista :
— Je vous le répète, pas un mot à quiconque, c'est une question de vie ou de mort.
De multiples expressions fugitives s'affichèrent sur les traits de Nestor, puis un immense sourire s'épanouit sur ses lèvres.
— Je vais être grand-père ! s'exclama-t-il, radieux.
Aila ne put s'empêcher d'émettre un rire tandis qu'il continuait :
— C'est vrai. Vous êtes comme ma fille. Venez, installez-vous dans ma chambre.
— Nestor, c'est inutile, je peux…
— Je n'admettrai aucune protestation. Il ne sera pas dit que je laisserai mon enfant accoucher ailleurs que dans un endroit confortable.
La soutenant par le bras, il la conduisit avec prévenance vers le lit.
— Auriez-vous une grande chemise à me prêter ? demanda-t-elle.
— Je vous en donne une tout de suite.
La jeune femme s'assit tandis que Nestor fouillait dans son armoire. Il se tourna vers elle et, quand leurs regards se croisèrent, elle s'aperçut de l'émotion extrême de son ami que trahissaient ses yeux humides. Les mains légèrement tremblantes, il lui tendit le vêtement escompté. Un instant, il sembla hésiter, puis, se penchant vers elle, il déposa un baiser très doux sur ses cheveux avant de préciser :
— Ne vous inquiétez pas, je me dépêche !
— Pas de souci, Nestor. Je vous promets que je serai encore là à votre retour.
— J'y compte bien ! Je veux être un des premiers à faire la connaissance de ce petit bout de chou !
Aila grimaça une nouvelle fois.
— Finalement, si vous pouviez courir, je crois que j'ai un peu trop tardé à vous prévenir…
Nestor ne fit ni une ni deux. Il enfila juste son pantalon et ses chaussures en quatrième vitesse avant de se précipiter vers le camp.
Hang traçait son chemin au milieu des guerriers de Césarus. Pas de quartier, ne cessait-il de se répéter, tandis que, sans répit, sa hache tranchait tout ce qui passait à sa portée. Il devait tous les tuer et, petit à petit, l'un après l'autre, ils périssaient. Sa bravoure et sa détermination stimulaient ses compagnons, alors même que certains tombaient sous les coups des hommes de Tancral. Malheureusement, leurs soldats ne résisteraient plus très longtemps dans cette lutte inégale. Dorénavant moins nombreux qu'eux, leurs ennemis se révélaient plus forts parce qu'insensibles à toutes formes de douleur. Tant qu'ils n'étaient pas morts, ils combattaient comme s'ils n'avaient rien. Un moment envahi par le découragement, le Hagan se ressaisit et, sans faillir, la hache levée, repartit à l'attaque.


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