Les Archives du blog de #fantasy d'avril 2013
tome 2 - La Tribu Libre

La saga d'Aila  fantasy


fantasy high

Note : 4.5 / 5 avec 210  critiques meilleur

Les archives du blog de fantasy d'Aila d'avril 2013

29 avril Je me dis que, finalement, le professeur que je suis ne laissera pas grand-chose d'elle dans le métier qui est le sien. Pourquoi une telle réflexion ? Simplement en me retournant sur mon histoire et en faisant le compte de ce qu'il me reste de tous ces enseignants que j'ai croisés, cela se limite à peu : quelques noms, quelques caractéristiques, une mauvaise âme et quelques rares bons souvenirs… Je ne serai pas meilleure qu'eux et ne prendrai pas plus de place dans la mémoire de mes anciens élèves… Je fais partie de ces gens qu'on croise et qu'on oublie.
Voulez-vous connaître le premier souvenir qui m'est revenu en tête lors de cet exercice de voyage dans le passé ? Non, alors, passez votre chemin ! Pour les oui, suivez le guide ! Je me souviens de la maîtresse (eh oui, à l'époque, ce n'était pas encore les professeurs des écoles…) qui, tous les samedis matins (eh oui, j'avais école tous les samedis matins…), avant la fin de cours, nous amenait à apprendre un texte, mot par mot, phrase par phrase avec l'objectif d'arriver le lundi matin pour le réécrire et être noté sur cette aptitude. Je me souviens que la première chose que je faisais en arrivant à la maison était de le remettre noir sur blanc et s'il me manquait un mot, j'étais en stress total ! Et plus vous voulez vous rappeler un mot, plus ce dernier vous échappe ! Pourtant, je ne me suis jamais sentie brimée par cet exercice, au contraire, il me stimulait. Je suppose qu'il n'en était pas de même pour tous les élèves et principalement pour ceux dont la mémoire fonctionnait de façon différente… Tant mieux pour moi et dommage pour eux.
Aujourd'hui, les programmes demandent de moins en moins aux élèves d'apprendre sous prétexte que connaître les notions est inutile, puisqu'il est possible de les retrouver sans difficulté. Je ne suis pas convaincue. Il m'arrive régulièrement de rechercher des éclaircissements sur des questions auxquelles je ne sais pas répondre et je passe un temps fou à recouper des sites ou simplement à tomber sur le bon, sans même parfois dégoter la solution idéale. Et, puis, qu'adviendra-t-il de notre mémoire si nous ne la sollicitons qu'un minimum ? Je crois que l'esprit comme le corps s'entraîne, à efforts mesurés mais permanents et, pour connaître dans le mode de fonctionnement de l'éducation nationale, je constate trop de demandes envers ceux qui s'investissent et pas assez pour ceux qui s'invitent en touriste… Enfin, pour consoler ceux qui souffriraient de cet excès, l'avantage est qu'au moins ils augmentent la plasticité de leur cerveau !
Bon courage pour cette semaine

28 avrilPetit, enfin pas si petit que cela, post sur le forum de Dol Celeb en libre accès dans lequel je parlais du numérique. Je cite : « Faudrait quand même savoir si une fois que le livre numérique est acheté, il est à moi (et donc je peux en faire ce que je veux) ou non ? » Je n'ai pas attendu longtemps la réponse à ma question, il suffit de lire cet article dans lequel l'Allemagne a tranché sur ce point : « La cour fédérale de Bielefeld argumente que contrairement au papier, il n’y a pas d’épuisement des droits d’auteur en numérique. L’auteur ne cède pas ses droits sur le fichier numérique comme il le fait sur le livre. Une autre manière de dire qu’un fichier numérique ne vous appartient pas vraiment. »
La réponse est directe, mais préoccupante. Je ne comprends pas comment il est possible de justifier qu'un fichier que vous avez acheté ne soit pas à vous. Et j'aurais voulu plus de détails dans l'article pour comprendre sur quels points de la législation s'appuie une telle décision, ceux indiqués ne m'ont pas convaincue.
Je vous souhaite un bon dimanche.

27 avrilEn vacances… Vous n'avez pas l'impression qu'il manque quelque chose à la fin de ma phrase, comme un point d'exclamation qui indiquerait la joie qui est la mienne d'être enfin parvenue à cette pause méritée… Bien si, mais non, je n'ai même plus l'énergie de me réjouir, je veux juste me poser et me reposer, regarder mes plaies et mes hématomes disparaître, me remettre à courir, prendre le temps de souffler, sans contrainte. Mais c'est mal parti, mon mari a débarqué dans la salle à manger, insistant : « Dis donc, t'as pensé à relire le fichier (sous-entendu : il faut le faire maintenant). Et puis il faut que tu réfléchisses de nouveau sur la quatrième de couverture. Allez, au boulot, t'es en vacances, maintenant ! » De qui se moque-t-on ?
Soirée théâtre hier avec "L'école des femmes" et un acteur extraordinaire dans le rôle d'Arnophe (Gilles Privat), en tout point charismatique, émouvant au point que, si j'avais été Agnès, je l'aurai choisi, lui, et non Horace que la mise en scène, résolument moderne, présentait comme un jeune évaporé plus que comme un galant transformé par l'amour d'une belle. Mais peut-être est-ce une question d'âge ? Outre le texte magnifique de Molière, j'ai adoré le jeu de cet acteur qui a su exprimer ce mélange de retenue et d'amour naissant derrière un personnage empli de misogynie et d'égoïsme. Voici un autre extrait. Il est dommage que vous ne puissiez voir le début de la scène où, libérée par Arnolphe de la pièce dans laquelle elle est confinée, Agnés s'ébat comme un jeune chiot autour de l'arbre, courant de plus en plus vite jusqu'à l'essoufflement. J'ai trouvé cette scène saisissante… En conclusion : une belle expérience et la découverte d'un acteur extraordinaire, de ceux qui, comme Raimu ou Fernandel, possèdent un tel registre d'expressions que leur personnalité s'attache à votre âme et la force d'aimer (tiens, j'ai piqué cela quelque part…).
Bon week-end.

24 avrilCopies, copies et copies ou le plaisir du travail en solitaire !
Encore une belle journée que je ne verrai que du côté obscur de mes fenêtres…
Actualisation de la couverture du tome I : terminée !

Couverture de fantasy Aila et la Magie des Fées
Couverture de fantasy Aila et la Magie des Fées

Nouvelle photo de l'auteur pour la couverture du tome II : validée !

Catherine Boullery, écrivaine de fantasy
Catherine Boullery, écrivaine de fantasy

Bon après-midi.

23 avrilVoici un texte qui m'a émue… Peut-être un peu trop de fatigue ces derniers temps déclenchant chez moi une sensibilité exacerbée, peut-être aussi la façon dont une jeunesse en plein épanouissement pose son regard impatient et sans concession sur la vieillesse naissante de ses parents… Extrait d'un texte écrit par un auteur inconnu :

Le jour où tu trouveras que j'ai vieilli,
aie de la patience envers moi
et essaie surtout de comprendre ce que je traverse, de me comprendre.

Si lorsque nous parlons, je répète la même chose des dizaines de fois, ne m’interromps pas pour me dire: « Tu as dit la même chose il y a une minute ». Écoute-moi s'il te plaît.
Souviens-toi quand tu étais petite, tu voulais que je te lise la même histoire, soir après soir, jusqu’à ce que tu t’endormes.

Si je ne souhaite pas prendre un bain, ne te mets pas en colère et ne me mets pas mal à l'aise en disant que c’est une honte.
Souviens-toi combien de raisons je devais inventer pour te faire prendre un bain quand tu étais petite.

En voyant mon ignorance vis-à-vis des nouvelles technologies, ne te moque pas de moi, mais laisse-moi plutôt le temps d’assimiler tout ça et de comprendre.
Je t’ai appris tant de choses: comment te tenir à table, t’habiller, te coiffer, comment appréhender les défis de la vie… […]

S’il m’arrive à l’occasion d'oublier ou de ne pouvoir suivre une conversation, laisse-moi le temps nécessaire pour me souvenir et, si je n’y parviens pas, ne te montre pas irritée, impatiente ou condescendante : le plus important pour moi, c’est d’être avec toi, de partager des moments avec toi.

Quand mes jambes ne me permettront plus de me déplacer comme auparavant, tends-moi la main comme je te l'ai tendue pour t’apprendre à faire tes premiers pas.

Quand ces jours approcheront, ne sois pas triste. Sois tout simplement avec moi et comprends-moi alors que je m'approche de la fin de ma vie, avec amour et gratitude.
Je te chéris et te remercie pour les moments passés ensemble et la joie éprouvée.

Avec un sourire et tout l'amour que je ressens pour toi, je souhaite juste te dire […]: je t'aime.

Je dois en arriver à un tournant de mon existence qui m'amène à envisager ce que l'avenir me réserve sans aucun doute. J'ai, derrière moi, largement plus de la moitié de ma vie et, devant moi, un déclin progressif que je ne saurai maîtrisé que jusqu'à un certain point… Cette lettre m'évoque l'impatience qui a pu quelquefois être la mienne avec ma grand-mère ou ma maman. Combien de fois ai-je secoué l'une ou l'autre pour les faire avancer quand l'indécision primait sur le choix d'une route à suivre ? Bien sûr, ma brusquerie n'était jamais dénuée d'amour et de tendresse, mais elle ressemblait plus à un soupçon d'agacement teinté de condescendance, tout ce qui me sera insupportable un jour. Pourtant, ce fut le visage que j'ai offert à ces deux êtres que j'aimais. Cette atttitude était bien loin de rendre hommage à toute la patience qui avait la leur envers moi… J'aurais dû lire ce texte plus tôt. Quoi que je pense qu'il existe un temps pour tout et le mien est arrivé de comprendre enfin sa signification.
À ces deux femmes qui ont partagé ma vie et qui ne sont plus là pour que je leur dise : je vous aime…

Bonne soirée.

20 avril Jeudi, j'écrivais : Lundi : courir, mardi : courir, mercredi : danse. Maintenant, je peux ajouter : Jeudi : courir et se gameller vingt mètres avant la fin ! Quelle chute ! Les genoux, les coudes, les poignets et les mains, tout y est passé, même le nez ! Tout cela à cause de la racine d'un arbre qui avait soulevé le bitume du trottoir… Pas trop le choix : me restait l'option "Passer en mode ralenti", ce que je fais depuis deux jours…
Aujourd'hui, je suis un peu moins groggy qu'hier. J'ai donc emmené mes filles où elles voulaient aller. Pas top le passage des vitesses avec un poignet droit sensible, heureusement que le trajet était court ! Deux autres sorties pour prendre des photos, d'abord aux abords de l'Église Saint-Martin (vieille de 1 000 ans) et des champs de vignes, l'autre des fleurs du jardin du dispensaire, histoire de prendre l'air et de profiter du soleil, malgré un petit vent frais…

♥ Église Saint-Martin

Église Saint-Martin
Église Saint-Martin

Église Saint-Martin
Église Saint-Martin

♥ Parc du dispensaire

Parc du dispensaire
Parc du dispensaire

Parc du dispensaire
Parc du dispensaire

Parc du dispensaire
Parc du dispensaire

Bonne fin de week-end !

18 avril Lundi : courir, mardi : courir, mercredi : danse, aujourd'hui : courir et avec le vent en prime ! De face, je vais le sentir ! Malgré la venue irrégulière du soleil, je me sens toujours bien fatiguée… Enfin, dans une semaine, les vacances, puis le retour de mon grand qui revient définitivement du Canada.
Passons à quelques informations plus ludiques :
La préparation du spectacle de Country continue. Je connais quasiment toutes les chansons avec au premier passage : Red hot salsa, Slap and stomp, Asking question et, pour le deuxième, Heart of an angel, Hooray Henri et Proud Mary Burnin'. Les spectateurs verront défiler une valse, un charleston et une chanson rock, ce sera varié et original ! Surtout que les autres groupes vont proposer également des chansons sympathiques. Hier, j'ai trouvé le moyen d'être encore en avance sur la chorégraphie plusieurs fois, mon principal défaut :( et, comme je serai devant sur la scène, pas question de perturber ceux de derrière avec des erreurs !
Encore une journée avant le week-end, ouf…

17 avrilJ'en suis au stade du compte à rebours… Partagée entre fatigue et excès de boulot, une météo où le soleil passe son temps à jouer à cache-cache avec les nuages (en plus, il est tellement bien caché qu'on n'arrive pas toujours à le trouver !), j'aspire comme une délivrance au moment où débuteront les vacances ! En attendant, il faut continuer à avancer courageusement, ne pas se laisser submerger par les copies (ça va être difficile, elles n'étaient pas prêtes…) et préparer les derniers contrôles pour la rentrée… avant de devoir les corriger ! Surtout que les évaluations ne se limiteront pas à ça : un commentaire argumenté pour les ES, une évaluation en T.P. pour les S et des interrogations de cours, rien de bien original il est vrai, mais il me suffit d'imaginer le temps de préparation du commentaire argumenté et de sa correction pour déprimer…
Passons à quelques informations plus ludiques :
♥ Quatrième de couverture de la version papier de La Tribu Libre presque terminée ! Discussion avec Stefan d'UPblisher pour parfaire le texte. Après un manque d'inspiration sur la bio (il faut dire que la première était bien conçue et donc difficile à concurrencer), j'ai décidé de m'y coller et je suis allée chercher dans les commentaires de mes lecteurs quelques idées percutantes. Le résultat a plu à Stefan qui n'a proposé aucune modification, yes!!! Reste à envisager une nouvelle photo, et, ça, c'est un problème quasi insurmontable 
♥ Après des heures de boulot, mon petit mari (et moi aussi) est finalement satisfait du résultat de la première de couverture en CMJN. Cette dernière a retrouvé les aspects coloré et dynamique de la version RVB. Bravo, mon Didou !
♥ Un nouveau site de photographie à découvrir : celui de Piper Mackay; ses portraits africains sont magnifiques, tout à fait le genre de photos que j'adorerais faire !
♥ Vous cherchez à développer vos relations amicales et votre leadership, voici un petit site rien que pour vous qui vous explique - en anglais - les différentes façons de se faire aimer, d'amener les gens à changer d'attitude ou d'opinion, etc. Quelles sont les parts respectives de respect et de manipulation derrière ces choix ? Cela dépendra sûrement de la personne qui applique ces règles sans objectif personnel ou avec une idée derrière la tête…
Bon courage !

15 avrilVoici les petites photos promises de l'étang de Corra : ♥ Bataille de canards

Étang de Corra
Étang de Corra

♥ Le perdant s'envole !

Étang de Corra
Étang de Corra

♥ Et quelques paysages

Étang de Corra
Étang de Corra

Étang de Corra
Étang de Corra

Étang de Corra
Étang de Corra

Étang de Corra
Étang de Corra

Bon début de semaine.

13 avrilFâchée hier ! C'est vrai quoi ! Trompée par des rayons de soleil matinaux, j'ai cru bêtement qu'il allait faire beau toute la journée de samedi ! J'aurais mieux fait de regarder la météo au lieu de me faire un film gâché par la pluie et la grisaille encore une fois. Ma belle énergie est tombée aussi sec et l'envie d'aller courir s'est évanouie avec elle ! Ce n'est pas vraiment que cela me gêne d'aller courir sous la pluie, je l'ai fait plus d'une fois, c'est juste que mon inertie intérieure a besoin d'un petit coup de pouce pour laisser place au dynamisme. Et, franchement, le temps ne m'aide pas !
J'ai quand même fait l'effort de réviser, voire réapprendre quelques chorégraphies. Qu'est-ce que mon cerveau est ramollo en ce moment ! J'ai envie de le secouer pour lui redonner ses couleurs habituelles, mais, lui aussi, à l'instar de ma forme physique, sombre corps et biens dans la morosité. J'en suis sûre, c'est encore un coup de la météo !
Donc, c'est fait pour Walking away, faut le dire vite pour Just For Tonight et j'en ai révisé une, Heart of Angel que je connaissais donc cela ne m'a demandé beaucoup d'effort ! Le côté plus, c'est que sur la même chorégraphie, cette fois en couple, j'ai trouvé une autre version que je trouve vraiment belle.
Heureusement, après un nouveau réveil sous la grisaille, le beau temps annoncé est enfin arrivé ! Direction l'étang de Corra. Une magnifique balade autour du plan d'eau, ponctuée par un combat de canards, quelques cygnes et de très belles ambiances. Si vous voulez des photos, il faudra attendre demain !
Dans moins d'une heure, départ pour le théâtre de Belleville et la "Cantatrice chauve", pièce dans laquelle jouent deux de mes collègues avec mon appareil photo pour leur offrir un bel album.
Bonne journée.

12 avrilEn week-end ! Et, pour une fois, pas trop de travail, donc repos et détente au programme ! Je vais en profiter pour me remettre à la country, car, en ce moment, je ne disposais guère de temps pour travailler mes chorégraphies. Pas de souci ! J'en ai toute une série en retard ou en cours :
- Just For Tonight
- Walking away
- Lazy song
- If I Could
Après cette première décision pleine d'énergie, poussée par les rayons de soleil qui éclairent le jardin, je vais en prendre une deuxième : aller courir !
Je le sens bien ce week-end. Surtout que je me demande si, au regard de la météo annoncée demain, je ne pourrais enfin envisager de me rendre à Montmartre ! Depuis le temps que je rêve d'y retourner ! Cependant, en regardant la liste qui s'allonge, cela va peut-être faire beaucoup en deux petits jours, surtout que je vais terminer mon dimanche au théâtre comme photographe. En conclusion, je ne dois pas oublier que j'avais écrit « repos » dans mes objectifs !
Toute cette abondance de projets ne s'affiche pas sans raison ! Déjà, le beau temps et, ensuite, le week-end prochain sous le signe des corrections de copies !
Profitez bien de ces deux jours prometteurs !

11 avrilEt c'est reparti pour un temps de m… Froid, grisaille et pluie ou le printemps sous son plus beau jour !
Trop… C'est ce qui caractérise ma vie depuis plus de trois ans. Trop d'événements douloureux qui ont pesé sur mes épaules jusqu'à ce que je parvienne à rebondir, trop de travail pour le lycée avec l'impression d'être dévorée par une situation compliquée et des gens sans complaisance. Ajoutez l'idée de se sentir un brin transparente et le portrait sera complet. À croire que le management des ressources humaines n'a pas dû être suffisamment bien étudié pour que le savoir-faire se réalise sans fausse note…
À tous ces éléments s'ajoute la publication des romans, et la charge de travail qui va avec ! Naturellement, comment pourrais-je regretter une telle aventure, comme les histoires dans les livres, pleine de rebondissements, riche en expériences inédites, en relations humaines et en échanges ? Non, aucun regret… Mais, en plus du reste, mes épaules surchargées commencent doucement à s'affaisser et mon corps comme mon esprit aspire à une pause, un moment de détente pour recharger mes batteries, que ces dernières alimentent mes capacités physiques ou intellectuelles !
D'ailleurs, à propos d'Aila, nous avançons dans la préparation du Salon du livre. D'abord, grâce à la mairie de Sartrouville et à sa rédactrice en chef adjointe qui a été adorable. De quelques lignes annoncées, le petit mot sur ma présence au Salon est devenu un véritable paragraphe, bien tourné et dynamique ! Je ne sais pas si, cerise sur le gâteau, j'aurais droit à la photo de la couverture du tome II, mais c'est déjà vraiment bien !
Ensuite, la quatrième de couverture prend tournure après un démarrage, il faut bien l'avouer, difficile ! Voilà, c'est aussi pour cela que j'ai besoin de vacances, pour redevenir efficace ! Allez, encore deux semaines et demie avant de souffler un peu !
Bonne journée

10 avrilQuand le monde s'affole… Enfin, quand je parle du monde, je devrais parler de celui d'Apple qui, sous l'influence d'un puritanisme que je qualifierais d'excessif par rapport à notre mentalité européenne, impose sa vision épurée du monde, c'est-à-dire sans sexe alors que, si je devais choisir, je la préférerais sans violence… Découvrez les conséquences qu'une telle attitude génère dans cet article et je vous invite à pousser jusqu'aux commentaires.
J'aime bien lire les commentaires qu'écrivent ceux qui s'expriment, car leurs mots sont révélateurs d'un mode de fonctionnement : comment s'écartent-ils du sujet pour mieux introduire leur façon de concevoir le monde ? Quel chemin empruntent-ils pour démontrer la conclusion à laquelle ils veulent arriver (et qui était sûrement le point de départ de leur pensée) ? Enfin, tout cela reste bien triste alors qu'on nous parle de diversité. Je ne crois pas qu'un monde qui s'autocensure de façon irrationnelle (enfin, ce n'est que mon jugement) soit sur une bonne voie de développement.
Finalement, il existe dans la façon de pensée humaine bien des voies pour cacher la réalité de l'être. Certaines se parent d'une moralité irréprochable, d'autres font disparaître les corps. Qu'importe la voie choisie, elle ressemble à la domination d'un système de pensée sur un autre, l'obligation de suivre un modèle unique pour exister. L'excès me trouble et l'avenir de cette société qui semble avoir égaré ses repères moraux (mensonges, malhonnêtetés, pressions…) m'effraie. Comment un monde aussi perdu va-t-il finalement réagir pour tendre vers un équilibre, même précaire ? Des décisions intelligentes me paraissent illusoires, car il y aura toujours des hommes plus convaincants, plus puissants, plus volontaires, plus voraces pour mener les moutons à de verts pâturages. Et, quand bien même, certains d'entre nous se rebelleraient, ne serait-ce pas sous l'emprise d'une autre domination, encore plus insidieuse, car elle semblerait avoir été l'expression d'une décision mûrie et du libre arbitre. La liberté de penser me paraît soudainement impossible, car nous sommes toujours prisonniers de quelque chose, ne serait-ce que de nous-mêmes…
Déjà la moitié de la semaine… Le temps s'écoule à une telle vitesse que j'ai redécouvert ce matin qu'il ne restait plus que deux semaines et demie avant les vacances ! Et mon planning professionnel tombe subitement à l'eau ! Je dois réfléchir à nouveau dessus.
Bonne journée

8 avrilPas de chance… La météo a annoncé le retour des nuages après une bien belle et presque douce journée. Si ce n'était pas complètement le printemps attendu, l'illusion était bien agréable et j'aurais aimé qu'elle se prolongeât plus longtemps…
Quelques images de ma promenade le long d'un bras annexe de la Seine :

Chemin de la Digue à Maisons-Laffitte
Chemin de la Digue à Maisons-Laffitte

Chemin de la Digue à Maisons-Laffitte
Chemin de la Digue à Maisons-Laffitte

Chemin de la Digue à Maisons-Laffitte
Chemin de la Digue à Maisons-Laffitte

Chemin de la Digue à Maisons-Laffitte
Chemin de la Digue à Maisons-Laffitte

Qu'est-ce qui m'amène à choisir une photo plutôt qu'une autre ? C'est bien difficile à cerner. Une atmosphère particulière, un graphisme intéressant, des ombres et des lumières, des oppositions de couleurs, un instant spécial… Mon problème à moi, c'est que j'aime tout !
Bonne journée !

7 avrilSi, hier, le soleil jouait à cache-cache avec les nuages et que je ne suis pas parvenue à sortir le prochain nuage, aujourd'hui est un autre jour ! Direction le Chemin de la Digue, ambiance bucolique garantie !
Nouvelle représentation théâtrale de nos merveilleux acteurs du lycée ! Et nouveaux clichés, sans flash cette fois… Malgré la sensibilité affichée de 6400 ISO, la vitesse de prise de vue était faible et j'ai multiplié les flous artistiques ! Bouh !!! J'ai quand même réalisé quelques belles photos et, ainsi, offert à ma troupe théâtrale préférée un magnifique album souvenir !
Je suis dans la photo, j'y reste, histoire de vous présenter encore quelques photographes animaliers trouvés sur internet :
Denis Palanque,
Gilles Varé,
Julien Séré.
Je me dis, comme cela, en passant, que cela doit être bien sympa de se faire un petit séjour photo avec un groupe de passionnés… Il faudrait peut-être que je renouvelle l'expérience, la dernière datant de 90 avec un séjour photo en Islande. Magnifique pays avec une richesse géologique extraordinaire, un merveilleux souvenir…
Bonne journée !

6 avrilVoici un article à lire : Mon cerveau d'avant Internet me manque de plus en plus
Je l'ai trouvé intéressant et il m'a fait réfléchir me donnant l'occasion de saisir mes pensées qui abondaient dans le même sens que l'article, puis de laisser naître celles qui, vagabondes, me permettaient de prendre du recul face aux interprétations.
Je ne sais pas ce que je vaux dans ce monde bien trop immense pour la petite personne insignifiante que je suis et probablement ne suis-je représentative de rien du tout, cependant, je sais l'apport que représente internet comme je devine les pièges qu'il tend… Il est devenu tellement simple de se connecter partout et en tous lieux, d'autant plus aujourd'hui avec les téléphones qui nous offrent la possibilité d'écrire de petits mots, style complètement compatible avec Twitter ou FB. Mais est-ce parce qu'une personne se met à twitter ou « facebooker » qu'elle abandonne ses capacités intellectuelles, ses aptitudes à écrire des lettres longues et réfléchies voire même des romans. J'en doute. Chaque moyen de communication adopte un style qui lui est propre et s'il me prend l'envie de chatter avec mon mari et de lui envoyer pour reprendre les termes de l'article « Je t’aime mon chéri, bisous », je ne vois pas où le problème. Il est des temps pour tout : des missives étudiées ou des brèves, mais il est toujours temps d'écrire un petit mot d'amour. L'objectif n'est pas le même. Posons-nous la question de savoir si ceux qui laissent ces messages courts auraient, dans d'autres circonstances, écrit longuement sur un sujet donné, pas sûr. La preuve avec les blogueurs qui, pour certains d'entre eux, développent à l'infini ce qui les intéresse et, sans internet, cette chance n'aurait jamais existé.
Il est vrai que j'ai grandi sans internet et que j'ai toujours aimé écrire. Peut-être que nos jeunes qui n'auront connu que ce mode de communication ne songeront pas seuls à d'autres moyens d'expression plus étoffés. Et c'est ce qui est dommage, car cette absence d'ouverture contribuera à la diminution de la richesse des échanges…
Ce que je regrette le plus n'est pas ce « cerveau d'avant », mais cette perte de contact avec la réalité, la vraie vie. Trop souvent, sous le couvert d'un anonymat préjudiciable, certaines personnes perdent le contrôle de leurs émotions pour user d'injures ou d'accusations sans fondement, de la méchanceté gratuite qui ne devrait pas exister. Pour moi, c'est un des côtés les plus négatifs de la toile…
Bonne journée !

5 avrilIl existe des journées comme cela qui semblent ne jamais devoir s'achever ! C'était la journée charnière, celle de tous les dangers où je devais faire entrer dans un temps limité une grande partie du retard accumulé ! Pour l'instant, je peux être contente de son évolution, à un détail près, je n'ai pas encore terminé mes copies pour demain ! Et, cela, je le déteste !
Dans la liste des bonnes choses :
- j'ai acheté le plâtre pour faire des moulages demain avec mes élèves, ou comment faire un relevé d'empreintes dans le cadre d'une enquête ;
- j'ai appelé Mme Lebert, conseillère municipale de la mairie, déléguée à la culture, qui m'a confirmé que je devrais avoir la même place que l'année dernière dans la salle du dispensaire. Elle m'a donné un contact au service de communication ;
- je devrais obtenir finalement un mini article dans le journal de Sartrouville, car il reste peu de place sur la page relative au Salon du livre avec déjà trois coups de cœur, donc ce sera au mieux une photo de la couverture du tome II et quelques lignes (3 ou 4). Toujours positive, je me dis que c'est déjà bien !
- j'ai écrit à M. Dupouy du Courrier des Yvelines comme il me l'avait proposé à notre dernière rencontre pour réaliser un nouvel article à l'occasion du Salon du livre.
Dans les moins bonnes choses, je suis bonne pour une radio et ainsi obligée de vérifier si je n'ai pas une fissure osseuse cachée dans un coin qui expliquerait mes douleurs de vieille ! Pas glop !
Bonne journée !

4 avrilInquiétant… Savez-vous que la Bibliothèque nationale de France (BnF pour les intimes), soudainement convaincue par une idée qu'elle contestait il y a peu quand elle était celle de Google Book, une fois ce dernier débouté de son désir d'appropriation, se retrouve, on ne sait pas quel vent mauvais, à réaliser ce qu'elle condamnait chez autrui ! Quelle est la conséquence d'une telle attitude ? Le projet ReLIRE qui consiste à numériser, sans le consentement des auteurs ni de leurs ayants droit, les livres du XXe siècle (publiés entre le 1er janvier 1901 et le 31 décembre 2000) déclarés « indisponibles ». « Les œuvres sont d’emblée classées dans la liste de la BnF, prêtes à la numérisation, sans que personne ait pris soin au préalable de proposer à l’auteur ce fameux avenant numérique. Nous nous trouvons en violation totale du fondement même du droit d’auteur » (extrait d'un article à découvrir ci-après).
Donc, si ne voulez pas que vos œuvres tombent dans le domaine de la numérisation sans votre autorisation - ce qui, entre nous, s'apparente fortement à une forme organisée de vol -, il faut vous manifester au plus vite auprès de la BnF selon une procédure que vous trouvez dans cette page.
Pour maintenir une certaine équité, découvrez le projet ReLIRE et sa critique. À présent, faites-vous votre propre opinion !
En tout cas, cela a fait frémir mon petit mari, auteur d'un carnet de voyage sur ses aventures africaines : 70 000 km en Afrique. Il s'est opposé à sa numérisation. Sinon, en cherchant bien sur le site, vous dégoterez un poème que j'avais écrit à l'occasion de la sortie de son livre. Alors, ça y est, vous l'avez trouvé ?
Bonne journée !

3 avrilFaut que je m'y mette ! J'ai la quatrième de couverture du tome II à réaliser et une tête pleine… du boulot du lycée ! Tout cela ne fait pas bon ménage et, pourtant, il va falloir que je libère mon esprit pour être capable de rédiger quelques paragraphes pleins de poésie ou d'enthousiasme ou les deux ! Reste une question en suspens : comment fait-on déjà le texte d'une quatrième pour un deuxième tome ? Oh la la, il va falloir que j'aille jeter un coup d'œil appuyé dans ma bibliothèque pour voir à quoi cela ressemble… Si seulement je pouvais parvenir à libérer, même temporairement, mon esprit de ses contraintes professionnelles et matérielles, la vie me paraîtrait nettement différente et l'écriture reprendrait toute la place qui est la sienne et qu'elle n'aurait jamais dû perdre…
Alors, qui dit quatrième de couverture, dit petite photo pour présenter la tête de l'auteur. Hé hé… moi qui passe ma vie avec un appareil photo sur les genoux, je crains les photos des autres ! Dans le genre absolument pas photogénique, je me pose là… Même à moi, cela fait peur ! Enfin, je pourrais toujours m'inspirer de ce petit article sur Les 8 astuces pour réussir une mauvaise photo d'écrivain et donc surtout pour les éviter !
Bonne journée !

2 avrilJournée bleue pour parler de l'autisme !
Si vous le pouvez, habillez-vous en bleu ! N'ayez pas peur de la différence, tendez-lui la main pour mieux l'appréhender et la comprendre…
Austime : un trouble de la petite enfance, persistant à l'âge adulte, qui se manifeste par l'incapacité à avoir des interactions sociales normales, l'altération de la communication, le caractère limité, répétitif et stéréotypé des comportements.
Deux enfants ou adultes autistes ne le seront pas de la même façon. Pour certains, les caractères de ce trouble apparaissent peu tandis que, pour d'autres, ils envahissent le quotidien et font de leurs parents la cible privilégiée de regards sans bienveillance…
Quelques paroles fortes :
♥ La plus grande difficulté n'est pas de vivre avec un enfant autiste, mais celle de devoir faire face à votre jugement.
♥ Différent, ça ne veut pas dire moins bon, ça veut dire pas pareil (Renaud, 6 ans et demi, autiste).
Belle journée bleue, comme la couleur du ciel, sous la lumière du soleil et sous un froid qui ne veut pas s'en aller !

1 avrilJuste un poisson pour aujourd'hui, mais un vrai !

Aquarium de Paris
Aquarium de Paris

Et un coucher de soleil pour cette première journée au nouvel horaire avec des jours qui durent plus longtemps !

Coucher de soleil
Coucher de soleil

Dernier jour de week-end !


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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Yogir ronflait… Pas trop fort, juste de quoi faire comprendre à d’éventuelles oreilles indiscrètes que l’homme censé surveiller la porte des temps s’était une nouvelle fois assoupi à son poste. Mais qui pouvait l’en blâmer ? À quoi servait le gardien d’un accès que personne n’empruntait jamais, ni dans un sens ni dans l’autre ? L’histoire l’expliquait clairement : les Guerekéens en avaient perdu la maîtrise depuis si longtemps qu’ils avaient oublié depuis quand. D’ailleurs, qui pouvait affirmer qu’ils avaient, un jour, possédé celle-ci ? Personne. En résumé, uniquement un peuple ayant perpétué cette tradition aurait encore pu parvenir jusqu’à eux. Or ces ultimes connaissances devaient s’être définitivement effacées, puisque cette entrée originale n’avait plus amené quiconque depuis des siècles, voire peut-être des millénaires. Là encore, tout le monde ignorait ce qu’il en était réellement. En outre, la porte avait-elle déjà fonctionné ? Un simple coup d’œil dans sa direction informait quiconque qu’elle ne ressemblait en rien à celle active décrite par la légende qui, telle une onde miroitante, libérait des vagues concentriques comme celles créées par un poisson à la surface d’un lac. Or, à l’endroit précis où elle s’élevait, seule une paroi rocheuse exposait au regard son aspect peu commun. Elle apparaissait lisse, comme polie à la main par le plus fin des grains, mais rien de plus, ni lueur ni mouvement. Dans la petite salle au piètre éclairage, elle se dressait presque aussi sombre que les deux pierres ténébreuses qui l’encadraient, des pavés parfaits aux angles vifs et à l’éclat furtif, deux silhouettes immobiles, quasi menaçantes, sauf pour Yogir ; elles représentaient les uniques compagnes de ses longues journées de théorique vigilance.

Gagné trop souvent par un ennui sans limites, le vieil homme résistait de plus en plus mal à la dérive de son attention. Ce jour-là, engourdi par une irrépressible torpeur, il sombrait petit à petit au pays des songes ; soldat depuis son plus jeune âge, il avait beaucoup payé de sa personne tout au long de son existence. Ainsi, il avait enduré les hivers rigoureux, sous une neige épaisse, sur d’étroits chemins de ronde battus par des vents glaciaux, et les étés régulièrement caniculaires, où le moindre geste le mettait en sueur, sans parler des pénibles tâches quotidiennes à effectuer. Dans cette forteresse, pourtant monumentale, les habitants, guère nombreux, devaient s’occuper intégralement de l’entretien de celle-ci ; chacun adoptait différents emplois au fur et à mesure des nécessités. Engagé dans la garnison, il s’était retrouvé à bâtir des murs, à faucher le foin ou couper du bois, voire à le transporter et le ranger, des travaux contraignants auxquels il avait vaillamment résisté et pour lesquels il avait reçu une récompense au-delà de toute espérance. Devenir le gardien de la porte représentait le vœu de tant d’hommes et, cependant, n’existait qu’un seul élu : lui… Quelle n’avait pas été la fierté de sa famille et la sienne le jour de sa nomination ! De plus, à sa mort, une petite rente continuerait d’être versée à sa veuve et il appréciait l’idée de laisser sa femme, nettement plus jeune que lui, à l’abri des difficultés financières. Mais, pour l’instant, il ne songeait pas à tous ces avantages. Installé sur son banc, négligeant l’objet de sa surveillance, son esprit avait déserté la pièce… Le dos calé contre le mur et la tête soutenue par ses mains accrochées à sa hallebarde, Yogir sommeillait, alors que ses yeux légèrement entrouverts maintenaient l’illusion d’une attention focalisée sur la paroi. Quiconque l’aurait observé à cet instant, sans naturellement entendre ses ronflements réguliers, aurait pensé qu’il veillait jalousement sur cet emblème guerekéen. Mais il n’en était rien, il dormait bel et bien, les paupières à demi closes. Cette incroyable faculté lui avait souvent servi, tandis qu’il montait la garde sur les remparts, pendant ces nuits bien trop longues pour résister à l’envie de somnoler. Il en aurait plutôt ri, mais, finalement, avait préféré ne pas s’en vanter, bien conscient que dévoiler son aptitude aurait pu compromettre sa tranquillité, et encore plus sa promotion. Par malchance, seule sa femme, ayant rapidement compris son subterfuge, ne se laissait plus berner depuis des années par son apparente vigilance trompeuse. Plus d’une fois pendant ses jours de repos, elle était venue le secouer pour le remettre au travail quand elle le découvrait assoupi, alors qu’il aurait dû être en pleine activité. Cependant, futée, elle avait également tenu sa langue, de sorte que le secret de son mari n’avait jamais été éventé.

Yogir ne sut pas exactement ce qui le dérangea, un changement de luminosité peut-être ou l’impression d’un mouvement furtif, mais son équilibre précaire bascula et, après un bref moment pour se reprendre, les paupières grandes ouvertes à présent, il entraperçut un miroitement qui s’atténuait sur la porte. Aussitôt il se frotta les yeux avant de les rouvrir et de retrouver celle-ci comme à son habitude, sombre et inerte. Ses sens avaient dû être trompés. Par acquit de conscience, son regard balaya lentement la pièce de taille moyenne, de base rectangulaire. À une extrémité, celle-ci contenait le banc sur lequel il était assis et la porte des temps à l’autre. Entre elle et lui, en longeant le mur droit, se succédaient l’accès aux couloirs du château d’Orkys condamné par un solide vantail en bois, une lourde chaîne pendant le long de la paroi, puis, presque dans le coin de la salle, un large bahut vermoulu auquel personne n’osait plus toucher de peur de le voir s’effondrer à la moindre secousse. Du côté gauche, seuls deux fauteuils attendaient d’éventuels visiteurs qui, depuis la mort de Lothan, le père du roi actuel, restaient désespérément vides. Auparavant, l’ancien souverain, passionné par cet énigmatique trésor souterrain, venait souvent méditer en ce lieu, son regard fixé sur la porte, comme s’il lui suffisait de l’observer avec attention pour la réveiller, ou simplement en percer les mystères, ou encore prévoir l’impact sur le présent de changements effectués dans le passé. Cependant, depuis son décès, son héritier, Kerryen, dédaignant ces considérations métaphysiques, ne mettait jamais les pieds ici.
Toujours insatisfait, Yogir finit par se lever, puis, frôlant les sièges, jeta un coup d’œil plein d’envie vers leurs coussins moelleux. Qu’il devait être agréable de piquer un petit somme aussi confortablement installé ! Régulièrement, ce désir revenait le caresser, principalement, lorsque les os de sa vieille carcasse commençaient à le faire trop souffrir. Jusqu’à présent, malgré la faible probabilité d’être surpris, il n’avait jamais osé céder à la tentation, même quand elle lui tenaillait l’esprit, certain que, découvert, la nouvelle se répandrait jusqu’aux oreilles du roi et que les siennes vibreraient sous la colère de ce dernier ; ses tympans n’y résisteraient pas. Tout le monde connaissait Kerryen, un homme juste, mais emporté, qu’il fallait mieux brosser dans le sens du poil plutôt que l’inverse. Le souverain pouvant se montrer sans pitié, la punition envers celui qui aurait failli serait exemplaire et le garde ne pouvait prendre le risque de perdre sa précieuse charge. Son rapide tour d’horizon terminé, Yogir se rassit, rassuré. Finalement, il avait tout rêvé, le changement de luminosité et l’onde miroitante sur le mur. Pourtant, de retour à sa place, son cœur se remit à tambouriner de plus belle dans sa poitrine. Non, par les vents d’Orkys, il n’avait rien imaginé ! Voici que le souvenir d’une lueur diffuse réapparaissait devant ses yeux comme s’il la voyait encore. Peut-être devenait-il trop vieux ou trop émotif… De plus, s’il ne possédait rationnellement aucune raison de s’inquiéter, pourquoi cette oppressante sensation de malaise persistait-elle en lui ? Il passa sa langue sur ses lèvres desséchées et se dit qu’un petit coup à boire ne lui ferait pas de mal… Tandis qu’il cherchait à se lever, ses jambes peu assurées se dérobèrent sous lui et il retomba lourdement sur le banc, plutôt mécontent de se sentir à ce point atteint par une étrange impression. Pour se redonner du courage, il commença à se parler à mi-voix dans la salle silencieuse.
— Allez Yogir ! Y’a personne dans cette pièce, tu vois bien, il ne s’est rien passé ! Si quelqu’un avait voulu t’égorger, y’a longtemps que tu s’rais mort. Je t’accompagne, on va se refaire une inspection tous les deux, et après, on ira s’en jeter un, histoire de se requinquer…
Ses yeux balayèrent lentement le lieu une nouvelle fois. Seul, hors de sa perception, persistait le petit coin d’ombre entre le bahut branlant et le mur, mais, dans un espace aussi étroit, personne ne pourrait évidemment se cacher sans dépasser, et sûrement pas un assaillant de grande taille. En conclusion, si un ennemi avait pénétré, il ne devait pas être bien gros. Décidé à se conduire à la hauteur de son devoir, Yogir focalisa ses pensées sur le précieux godet qui achèverait de le remettre en forme une fois le tour de la salle terminé. Peu rassuré, il se força à se lever et, sa hallebarde en position d’attaque, parcourut la courte distance qui le séparait du meuble. Passant devant ce dernier, l’idée de boire un petit coup l’amena à oublier toute prudence, il posa son arme, puis ouvrit d’une main experte la porte, riant intérieurement de son secret si bien gardé. En dépit de son apparence miteuse, le buffet résistait vaillamment à son ancienneté, en tout cas assez pour abriter une réserve de spiritueux et de vins sur laquelle sa douce femme ne tomberait pas. Non pas qu’il en abusât, mais, comme son épouse lui en refusait la moindre goutte à la maison, ce moyen lui permettait de s’offrir un plaisir de temps à autre en toute discrétion. Et, là, avec toutes les émotions qu’il venait de vivre, ce remontant lui semblait amplement mérité. Il sortit son verre et, après un instant d’hésitation, renonça à sa piquette habituelle pour de l’eau-de-vie de prune. Un breuvage un peu plus fort gommerait définitivement son appréhension. Connaisseur, il avala l’alcool à petites gorgées, claquant la langue de satisfaction entre chacune. Ragaillardi, il se sentit prêt à examiner le petit coin d’ombre sur la gauche du meuble. Son très rapide coup d’œil n’y discernant rien, il retourna lentement vers son banc et reprit la pose. De nouveau assis, son regard erra sur la pièce et, progressivement, son sourire de contentement s’effaça de son visage. Non, il venait d’en prendre conscience, il n’avait toujours pas effectué sa tâche correctement. Encore une fois, le battement de son cœur s’accéléra à la simple idée de devoir se relever et d’y repartir. Ce petit coin dans l’angle apparaissait si sombre dans cette salle tout aussi obscure que, sans un apport supplémentaire de clarté, il n’y distinguerait pas un chat noir roulé en boule. Poussant un soupir de résignation, après avoir réuni toute sa volonté pour agir, il se redressa une nouvelle fois, saisit sa hallebarde d’une main et, de l’autre, décrocha la torche la plus proche. Ce coup-ci, sa vérification devenant complète, il établirait, sans aucun doute possible, que cette zone emplie de ténèbres ne contenait absolument rien. Ensuite, toutes ses sensations aussi farfelues que désagréables pourraient disparaître. D’un pas moins vaillant qu’il l’aurait voulu, il avança vers le fameux recoin d’ombre et, dans un dernier effort, l’éclaira. Sa bouche s’ouvrit toute grande, tandis qu’il manquait de lâcher sa lumière. Par tous les vents d’Orkys, qu’est-ce que ça pouvait bien être ? Pétrifié, il laissa ses yeux fixés sur la chose d’apparence humaine, totalement recroquevillée sur elle-même, au point qu’il n’en voyait que des cheveux mal taillés à l’allure broussailleuse…
— Hélà ! Hélà ! T’es quoi, toi ? murmura-t-il en bousculant légèrement la silhouette de l’extrémité de sa hallebarde.
Dans un gémissement, la masse enchevêtrée se resserra encore plus sur elle-même. Si Yogir ressentit l’urgence de se servir un deuxième verre, son sens du devoir prit le dessus, il recula lentement, sans quitter du regard l’angle de la pièce, son arme prête, à présent, à transpercer cet éventuel assaillant. Arrivé près de l’accès au couloir, il lâcha sa torche sur le sol et, de sa main libérée, actionna la lourde chaîne, tirant sur elle de toutes ses forces à gestes répétés. Au même moment, résonnèrent dans le château deux carillons puissants, un proche et un lointain. Inconscient du temps qui s’écoulait, il s’acharna à sonner l’alerte, son attention rivée sur le bahut, ses oreilles assourdies par le bruit ambiant, au point de ne pas remarquer l’ouverture de la porte en chêne derrière lui. Il sursauta violemment quand une poigne ferme l’arrêta dans son mouvement. Sur le point de repousser l’attaquant, quelques secondes lui furent nécessaires avant d’identifier celui qui maintenait son bras. Devant lui se dressait un homme grand, aux tempes légèrement grisonnantes et aux iris d’un bleu foncé, ses doigts serrant la poignée de son épée. Enfin, le gardien lâcha la chaîne, tandis que l’écho d’un ultime tintement retentissait toujours entre les murs de la forteresse. Les yeux du nouvel arrivant balayèrent la pièce dans laquelle d’autres soldats tenaient leurs lames en position de défense, puis le roi interrogea Yogir.
— Que signifie ton appel ? M’aurais-tu dérangé pour rien ?
Derrière son ton à peine aimable grondait une menace peu rassurante.
— Sire, je vous jure, je l’ai aperçu, là-bas, entre le buffet et la paroi, balbutia le garde encore plus ébranlé depuis l’apparition de la troupe.
— Qu’as-tu vu ? insista Kerryen, de moins en moins amène.
Yogir secoua la tête, incapable de s’expliquer, mais, se baissant, il ramassa la torche pour la tendre au souverain qui la saisit d’un geste brusque. Son regard sévère posé sur lui, Kerryen comprit qu’il n’obtiendrait aucune information cohérente du vieil homme, visiblement bouleversé. Vaguement énervé d’avoir dû suspendre son entraînement quotidien pour venir ici, il serra les dents, se demandant si son soldat n’aurait pas trop abusé de l’alcool, son haleine empestant l’eau-de-vie de prune. Sans crainte, parce que la porte conservait son allure habituelle, l’épée levée par prudence, il se rapprocha du meuble. Une partie de lui espéra simplement que Yogir n’avait pas déniché un animal quelconque, tel un gros chat, qui serait parvenu à entrer en même temps que lui dans la pièce et en ferait la risée du château ; le pauvre ne s’en remettrait pas.
— Kerryen ! Que se passe-t-il ?
Le roi retint un léger soupir en reconnaissant la voix de celle qui l’avait élevé après la mort de sa mère, Ashabet, dont elle était la sœur cadette. De façon regrettable, cette dernière s’était octroyé le droit d’envahir son espace aux moments les moins opportuns de sa vie, comme celui-là.
— Inou, te voilà… Je l’ignore encore, mais, en revanche, reste derrière moi tant que la zone ne sera pas sécurisée. Rejoins Yogir pendant que je découvre de quoi il retourne.
En plus d’être sa tante, cette femme occupait l’indispensable rôle d’intendante de la forteresse et, excepté sa petite taille, tout, dans son allure déterminée et énergique, démontrait sa fonction et les prérogatives associées. Des formes arrondies et des cheveux noirs perlés de nombreux fils blancs coiffés en un chignon sévère contribuaient à renforcer l’indiscutable autorité qu’elle dégageait. Si elle opina pour lui faire plaisir, Kerryen ne fut pas dupe ; à la moindre idée qui traverserait son cerveau, elle agirait exactement selon ses envies, dès qu’il aurait tourné le dos, voire avant… Il était le souverain ici et tous lui obéissaient, sauf elle. Malheureusement pour lui, elle se comportait encore comme s’il venait tout juste de fêter ses sept ans. Régnant sur le Guerek depuis une douzaine d’années et secondant son père depuis bien plus longtemps, il aurait aimé de sa part un peu plus de considération, principalement en public. Cependant, rien ne changeait. Elle persistait à le regarder comme un gros bébé joufflu ou un adolescent récalcitrant, et n’en faisait qu’à sa tête, évidemment sans son accord royal. Sensé, il évitait depuis toujours de lui donner des ordres, car, ainsi, elle ne s’opposait pas ouvertement à lui et son honneur autant que son autorité restaient saufs… Précédant ses hommes, il s’approcha, peu inquiet, sauf pour Yogir, de la raison de tout ce raffut. Éclairant le coin dans l’ombre du buffet, la surprise le figea lorsqu’il discerna une silhouette informe recroquevillée sur elle-même. Son gardien avait vu juste, quelque chose se dissimulait là, difficilement identifiable, toutefois, ressemblant plus à une personne qu’à un rat ou un chien.
— Oh… laissa-t-il échapper.
Fidèle à elle-même, Inou joua immédiatement des coudes pour passer entre les soldats et écarta même son neveu pour découvrir la source de son étonnement. Une seconde lui suffit pour analyser la situation et s’en occuper.
— Enlevez-moi ce buffet tout de suite, claironna-t-elle d’une voix qui n’admettait pas de réplique en direction des gardes armés.
Ces derniers jetèrent un coup d’œil au souverain qui acquiesça, tandis que Yogir, soudainement inquiet pour sa réserve, se rapprochait rapidement du bahut. Incitant ses compagnons à éviter tout mouvement brusque, il se précipita pour les aider et, bientôt, une fois le meuble déplacé, apparut dans le coin de la pièce un être rassemblé sur lui-même, la tête penchée sur ses genoux. Aussitôt, Inou s’accroupit devant lui, non sans avoir, au préalable, repoussé fermement la main de Kerryen qui cherchait à la retenir par prudence. Une nouvelle fois, son neveu réprima un soupir. Pourtant, il connaissait bien le caractère à la fois déterminé et indépendant de sa tante. Comment avait-il pu penser un instant qu’il pourrait l’empêcher d’agir comme elle le désirait ?
— Bonjour, je m’appelle Inou. Et toi ? demanda-t-elle avec beaucoup de douceur.
La silhouette ne bougea pas. L’intendante hésita sur la conduite à tenir, examinant, à la lueur de la torche que soulevait Kerryen, deux jambes qu’enserraient deux bras avec force. Son regard erra sur la morsure du tissu maculé qui laissait apparaître de larges plaies sanglantes. Le cœur étreint, elle frémit en songeant au martyre que cette personne semblait avoir subi. Dénuée de la moindre appréhension, elle posa ses doigts avec délicatesse sur une main souillée, comme sur un animal apeuré qu’elle aurait voulu rassurer. À son contact, la forme, agitée par un frisson, se ramassa encore plus dans une plainte légère.
— Tu ne crains plus rien. Personne ne te fera de mal ici, lui murmura-t-elle avec douceur, caressant de son autre paume ce qui restait des cheveux. Pauvre petit oiseau… Ta vie ne me paraît pas avoir été très drôle. Mais tu vas voir, maintenant, ton calvaire est terminé. Nous prendrons bien soin de toi et, pour débuter, nous devons quitter cet endroit lugubre et t’installer de façon confortable.
Inou leva ses yeux clairs, très expressifs, vers Kerryen.
— Comme je doute qu’elle puisse marcher seule, il faudrait la porter…, commença-t-elle.
— Elle ? coupa le roi, les sourcils froncés.
— Sans le moindre doute si je considère la finesse de ses articulations. Te souviens-tu de l’inscription de la stèle, tu sais, la devise du Guerek qui ne sert jamais ? Elle expose précisément ton rôle :
« Visiteur venu par la Porte du Temps.
Notre invité d’honneur, tu seras
Au bras du roi, le seuil, tu franchiras
Pour y demeurer longtemps.
 »
Les mâchoires de Kerryen se crispèrent. Inou ne croyait quand même pas qu’il allait se pencher pour saisir ce tas d’oripeaux et le transporter dans le château. Hors de question !
— Tu trouveras bien quelqu’un pour t’en occuper. Des tâches plus sérieuses et urgentes m’attendent, répliqua-t-il pour éviter d’entendre la demande qu’il pressentait venir.
— Mais c’est ton devoir ! protesta-t-elle.
Il se tourna vers ses soldats.
— Amenez-la où dame Inou vous l’ordonnera.
Kerryen tendit la torche à l’un de ses hommes, puis quitta la pièce encore plus vite qu’il y était rentré, abandonnant sa tante entre tristesse et courroux. Un roi qui manquait à ses engagements, voici qui contrariait infiniment à Inou, mais elle ne le laisserait pas se soustraire à ses obligations ! Rien que pour la femme, elle ajouta à voix basse :
— Ne t’inquiète pas, c’est un vieux ronchon, mais il n’est pas aussi méchant qu’il en a l’air. Excessivement têtu et emporté, mais, que veux-tu, même lui ne peut posséder toutes les qualités…
Elle leva son regard vers les soldats qui l’entouraient.
— Bon, alors, lequel d’entre vous se dévoue pour l’emmener au premier étage ?


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