Les Archives du blog de #fantasy de mars 2013
tome 2 - La Tribu Libre

La saga d'Aila  fantasy


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Note : 4.5 / 5 avec 210  critiques officiel

Les archives du blog de fantasy d'Aila de mars 2013

31 marsJournée normande sous un beau ciel bleu le matin qui s'est voilé de nuages dès la fin de la matinée. Il n'empêche, un rayon de soleil et me voilà dehors, l'appareil photo en main à espérer, en plus de la lumière (pas de la chaleur, il faisait plutôt frisquet !), une ambiance particulière ou un objet original. Ma petite marche à proximité des champs ne m'a pas offert de paysages à la hauteur de mon espérance, mais la ville, si, avec un félin, probablement un léopard héraldique présent sur le drapeau normand. Le plus drôle est que ce léopard dominait une fontaine partiellement gelée, ce qui était intéressant à observer.

Fontaine Le Bosc Roger en Roumois
Fontaine Le Bosc Roger en Roumois

Fontaine Le Bosc Roger en Roumois
Fontaine Le Bosc Roger en Roumois

Voici un autre photographe à découvrir : Tony Sweet. Je suis moins fan des photos présentées, mais certaines sont magnifiques et il est instructif de découvrir une photo dans le blog, à la date du 15 mars, avant d'être retravaillée et la même après son « retravail »… Conclusion : être bon photographe ne suffit plus pour réaliser des clichés irremplaçables ! Donc je n'ai aucun avenir dans le métier ! Bon, ça va, je le savais déjà ! Et puis, à mon petit niveau, je me fais plaisir et c'est tout ce que j'espère !
Le week-end n'est pas encore terminé ! Profitez-en bien !

30 marsJoyeux week-end de Pâques à tous ! Profitez bien de cette petite pause prolongée pour…
♥ profiter du soleil. Bon, c'est raté pour la moitié nord…
♥ profiter de la douceur printanière. Bon, c'est encore raté pour la moitié nord, même si c'est moins pire qu'en début de semaine…
♥ profiter des douceurs sucrées : chocolats, nougatines, nougats et tout, et tout ! Et ça, ça marche du nord au sud !
C'est sûr, je suis jalouse. Toujours fourrée sur Picasa en ce moment, je viens de découvrir un autre photographe dont les photos ravissent mon cœur. « Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ? » (Lamartine dans Milly ou la terre natale)
Allez, je ne suis pas rancunière et vous présente ma nouvelle idole : Chip Phillips, même si son talent tient également d'une grande maîtrise de logiciels de traitements d'image. Ces photos sont vraiment magnifiques et je rêverais d'entre être l'auteur ! En attendant, le modeste photographe que je suis vous offre une simple jonquille !

Fleur du printemps
Fleur du printemps

Très bon week-end prolongé et à bientôt !

28 marsQuelle poursuite de semaine, chargée comme le début, mais, enfin, je commence à en entrevoir la fin ! Heureusement, ce sera moins chargé la semaine prochaine ! Après de huit heures de boulot aujourd'hui devant mon ordinateur, il serait temps que je fasse autre chose de ma journée !
Après les photos du carnaval, les photos du spectacle du lycée ! C'est toujours un moment que j'adore, d'être la petite souris qui découvre la réalisation de ceux qu'elle apprécie avec discrétion, une ombre entre deux crépitements de flash avec un regard plein de tendresse envers tous ces gens qui ont tant donné pour parvenir à offrir cette pièce ! Je leur tire mon chapeau et m'incline bien bas… À vous tous, très chers collègues voire ami(e)s de mon cœur, bravo !
Bientôt Pâques et donc le moment précis, après Noël, où il est possible de se gaver de chocolats ! Mais non, il faut rester raisonnable ! C'est pour cela que je les avais capturés en photos (sans les goûter !) pour mes amis chocolatiers l'an passé. Redécouvrez une autre façon de satisfaire son péché de gourmandise en se limitant au désir du regard
Bientôt un week-end prolongé… Il suffit de laisser glisser le vendredi qui s'annonce jusqu'à son terme pour y parvenir! Bonne journée !

26 marsQuel début de semaine ! Et elle n'est pas finie ! La fin risque d'être encore bien chargée ! Cela fait un moment que j'entends parler du poète Lord Byron. Jusqu'à aujourd'hui, j'ai contenu ma curiosité, mais ce soir, la barrière a cédé en écoutant le début d'un film (Into the wild), touchée par les vers qui s'affichaient :
« Il est au sein des bois un charme solitaire, (There is pleasure in the pathless woods,)
un pur ravissement aux confins du désert (There is rapture on the lonely shore,),
Et de douces présences où nul ne s'aventure (There is society where none intrudes,),
Au bord de l'océan qui gronde et qui murmure (By the deep sea and the music in its roar)
Sans cesser d'aimer l'homme, j'adore la nature (I love not man the less, but Nature more.).
»
ou
« je suis comme une algue,
Arrachée du rocher, pour naviguer sur l'écume de l'océan
Partout où déferle la houle, et souffle la tempête…»
Extrait du pélerinage de Childe Harold.
Je me suis laissée totalement embarquée par le charme de ces mots et l'écho qu'ils éveillaient en moi. Je m'y suis reconnue, même je doute qu'un jour je parvienne à m'exprimer avec un tel sens des expressions. Le traducteur est talentueux et lord Byron majestueux… De quoi donner envie de découvrir le personnage et me voilà lancée ! Malheureusement, si les textes anglais sont aisés à trouver, mes recherches de traduction française, même en extraits, se révèlent ardues.

Mes recherches ont finalement abouti sur un poème entier : J'achève en ce jour ma trente-sixième année :
« Il est temps pour ce coeur de cesser d'être ému
S'il lui est désormais refusé d'émouvoir.
Pourtant, si je ne suis plus l'aimé,
Que j'aime encore ! Mes jours ont leur feuillage jauni,
Fleurs et fruits de l'amour ont passé;
Le ver, le chancre et la douleur
Sont pour moi seul ! Il a, ce feu qui ronge ma poitrine,
L' isolement d'une île volcanique;
Nulle torche ne s'allume à sa flamme
Bûcher funéraire ! L'espoir, la peur, le souci jaloux,
La part enivrante des peines
Et du pouvoir de l'amour me fuient,
Je garde les chaînes ! Mais ce n'est pas le lieu ni le moment
Que des pensées de la sorte m'assaillent
Quand la Gloire orne la bière
Ou ceint le front ! L'épée, l'étendard, et le champ de bataille,
La Gloire et la Grèce les voient autour de nous !
Étendu sur son bouclier, le Spartiate
Ne fut pas plus libre ! Un sursaut ( non de la Grèce, elle est debout !)
Un sursaut, oh mon âme ! Songe en qui
Ton flux vivant reconnaît sa source natale
Et n'hésite plus! Étouffe en toi ces passions renaissantes,
Homme indigne. Que te laissent
Indifférent et le sourire et le dédain
De la Beauté ! Si tu as regret de ta jeunesse, à quoi bon vivre ?
Le lieu de la mort valeureuse
Est ici. Au combat ! Viens offrir
Ton dernier souffle ! Recherche, plus souvent rencontrée que voulue,
La tombe d'un guerrier; elle te convient.
Regarde alentour, choisis bien le terrain,
Et gagne ton repos !
»
Je ne sais si ce poème est représentatif du talent de l'homme, mais les deux premiers vers sont absolument magnifiques !
Bonne journée !

25 marsPour aujourd'hui, ce sera juste une info : à la suite d'un codage dans le site, le rafraîchissement de la page « Blog » ne se faisait plus sans une opération particulière (ctrl F5… Le problème que mon webmaster de mari et moi-même pensions ponctuel ne l'était malheureusement pas et, enfin identifié, a donc été corrigé. Je vous présente toutes mes excuses pour la gêne occasionnée et vous invite, dans la bonne humeur naturellement, à remonter le temps ! Ainsi, ensemble, nous referons le chemin en arrière pour une petite cure de jouvence vers les origines du problème !
Bonne soirée !

24 marsLa tête dans les photos ! Après le carnaval, une petite soirée déguisée, me voici prête à capturer des instants de la soirée théâtrale des professeurs du lycée, un autre moment fort que j'apprécie beaucoup…
Traîner sur Picasa pour partager des albums m'a permis de découvrir quelques photographes dont les réalisations m'ont plu. J'en partage quelques-uns avec vous :
- Élisabeth Carmel ;
- Alex Bazeos ;
- Peter Pribylinec ;
- Maxis Gamez.
Le photographe animalier est entouré d'une multitude de confrères aussi doués que lui, n'hésitez pas à naviguer !
Je vous souhaite une bonne journée.

23 marsSentir la flamme de sa passion vaciller sous le souffle de la détresse et se demander si elle ne va pas finir par s'éteindre…
Je fais ce métier d'enseignante depuis près de vingt-cinq ans et je n'ose même pas imaginer les nombreuses années qui me restent de peur de me voir dépouillée instantanément de mes derniers lambeaux d'espoir et de détermination. Comment puis-je dire cela alors que certaines classes sont adorables et que je sais que leurs élèves vont me manquer une fois l'année terminée ?
Ce sont les mots d'un poète (Alphonse de Lamartime) dans L'isolement qui me viennent à l'esprit : « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé » qui, dans mon cas pourrait devenir « Un seul groupe vous rend la vie difficile et vous lâchez prise… » Je devrais me fustiger pour ce manque de courage ! Comment peut-on renoncer à la moindre difficulté ?
Peut-être parce que, à l'instar de la situation actuelle, j'entrevois plus une dégradation dans les prochaines années qu'une amélioration. Peut-être parce que ce métier que j'adore m'apporte de moins en moins de satisfaction intellectuelle, nos élites prennent les élèves pour des benêts et, le constat est clair, moins on éduque, mieux on forge de futurs moutons. Peut-être aussi parce que la signification de l'enseignement est de transmettre et que la signification profonde de cette transmission s'efface peu à peu derrière l'ignorance de la façon de fonctionner d'un élève chez ceux qui pensent détenir une vérité toute faite et pourtant imprécise au point de les amener à pondre des programmes indigestes qui ne forment des scientifiques que de nom… Un tel gâchis de l'intelligence est presque inadmissible.
« Noir, c'est noir, il n'y a plus d'espoir ! » Aujourd'hui, les références sont variées… Bon, au rythme où ça va, il faut mieux que je m'arrête. Demain, le soleil sera peut-être revenu (non, non et non, ne me gâchez pas mon dernier espoir en me disant d'aller déprimer sur Météofrance !) et je ne serai peut-être plus malade ! Bonne journée.

21 marsLe lendemain du printemps, c'est carnaval au lycée !!! Ou comment apporter de la couleur et de la chaleur dans votre vie quand la température ne dépasse pas les cinq degrés ! Conclusion : je suis partie au lycée en fée gothique et je suis revenue déguisée en glaçon ! Ne jamais faire les choses à moitié : après trois polaires plus une couverture, deux boissons chaudes, il m'a fallu un bain bien chaud pour, enfin, avoir l'impression de cesser de grelotter !
Malgré le froid, c'était une journée hyper sympa et 350 (ou 400) photos plus tard, je suis heureuse de certains de mes clichés ! Ils évoquent de bons souvenirs, des moments de bonheur et un sentiment de légèreté peu commun ces derniers temps au lycée…

Carnaval à Évariste Galois
Carnaval à Évariste Galois

Déjà la fin de la semaine ou presque. En voici une qui aura échappé à ma vigilance ! Bonne journée !

20 marsC'est le printemps !!!! Enfin, cela le devrait, car, franchement, malgré les floraisons qui débutent dans la nature, il manque le soleil et un minimum de chaleur… Quand je pense que, demain, je vais troquer ma doudoune pour ma tenue légère de carnaval au lycée, ça promet. Lundi, j'ai déjà survécu au refroidissement, saurai-je résister une nouvelle fois ?
En attendant, le moindre rayon de soleil et me voilà dehors, à longer les quais de Seine et, encore une fois, en compagnie de mon appareil photo, à saisir des instants de lumière et de beauté…

Printemps sur la Seine
Printemps sur la Seine

Printemps sur la Seine
Printemps sur la Seine

Printemps sur la Seine
Printemps sur la Seine

Mais le rayon de soleil n'a eu qu'une durée limitée et j'augure que, demain, ce sera glaglagla pour le petit moi !
Bonne journée

19 marsQuelques heures de cours et me voilà bonne pour repartir en vacances ! Je ne sais pas si c'est la vieillesse ou le froid (il faisait tellement glacial dans les salles du lycée hier que je suis patraque depuis ce matin), mais je me sens atteinte par la limite d'âge, soupir…
Savez-vous quelle envie irrépressible me torture en ce moment ? Celle de me remettre à écrire… J'ai deux tomes en suspens qui n'attendent que moi et, pendant toutes les vacances, je me suis endormie chaque soir avec des idées d'écriture plein la tête et me suis réveillée chaque matin listant tout ce qui allait occuper ma journée, sans place pour elles… Comment est-il possible de se débrouiller aussi mal ?
Malgré ces manques de disponibilité et de temps, ce matin, avant de partir au lycée, je me suis replongée dans ce que j'avais commencé à écrire et ma surprise a été immense de redécouvrir que finalement j'avais déjà écrit plus d'une centaine de pages ! Il était temps que je relise la version initiale, car, si, au final, la trame de mon histoire restait la même, je commençais à diverger sérieusement sur la voie pour y parvenir ! Cela va me permettre de rectifier le tir, ou pas, car j'aime bien certaines de mes nouvelles idées !
Comment vais-je parvenir à concilier tout ce que mon cœur désire ? Il faut que j'entame la relecture du tome III pour sa parution à la fin de cette année sans frôler l'overdose d'heures travaillées comme cette année. Comment assouvir en parallèle cette envie de me remettre à écrire qui me tenaille, surtout, quand mon boulot, même à temps partiel, n'a jamais de cesse… Quels choix judicieux dois-je faire et comment les mettre en place ?
Bon courage, la semaine ne fait que commencer !

16 marsJournée comme toutes celles de retour de vacances : lessives, rangement et, manque de bol, pas les courses ! Je ne sais pas ce que nous allons manger demain ! Ma dernière, si elle entendait la question, répondrait : « Des pâtes ! » C'est mon plat de midi tous les mercredis quand elle rentre du collège, car elle me les prépare !
Une dernière photo de la montagne :

Sur le chemin du retour
Sur le chemin du retour

Et deux de la traversée de Paris :

Retour par Paris
Retour par Paris

Retour par Paris
Retour par Paris

Profitez bien de votre week-end.

15 marsWaouh ! Il ne neige pas ! Par contre, je ne parviens plus à me connecter sur internet et, ainsi, j'ignore la météo prévue pour cette journée. J'aurais dû la regarder hier quand tout fonctionnait ! Comme, en plus, je ne suis vraiment pas douée pour résoudre les problèmes sur mon ordi, mauvais démarrage !
Donc, volets ouverts, je découvre une magnifique matinée, avec un grand soleil, mais, apparemment, une température plus que rafraîchissante !
Voulant profiter à fond de cette dernière journée, me voilà partie en musardant, un petit détour par le village, quelques photos d'eau glacée dans une fontaine, de stalactites accrochées à la falaise et des ruisseaux de glace… De-ci, de-là, cahin-caha (comme le dit la chanson), je me dirige vers le haut du village, prête à attaquer la montée vers le col de Colombière quand, tout à coup…
Je vous tiens en haleine là ! Non, pas du tout… Eh bien, tant pis, vous ne saurez pas pourquoi j'ai dû rentrer en urgence à l'appartement ! Na !
Une heure après, j'ai enfin pu repartir vers le haut du village et profiter pleinement du ciel magnifique et de la neige immaculée. Pour une fois, j'ai même fait l'ouverture sur un petit chemin sur lequel personne n'avait remarché depuis la dernière chute de neige. C'était magique… La neige formait un tapis blanc lisse, plissé quelquefois par les effets du le vent. Ce dernier, comme l'aurait fait un sculpteur aux idées un peu folles, avait dû être soudainement pris par l'envie saugrenue de transformer le paysage ambiant en une mer de vagues figée par le temps. Un brin de surréalisme, une touche de magie et mon imagination s'envole !
Des photos, encore des photos, toujours des photos ! Et quelques-unes pour vous :

Vers le Maroly
Vers le Maroly

Vers le Maroly
Vers le Maroly

Vers le Maroly
Vers le Maroly

Vers le Maroly
Vers le Maroly

Vers le Maroly
Vers le Maroly

C'est contrainte et forcée que je me limite à cinq ! Bientôt le week-end et, pour moi, le retour, sniff…

14 marsEncore une journée qui commence sous une neige fine resplendissant sous une luminosité particulière, un mélange d'ombre et de clarté aux effets contrastés. Allez, ma tribu, tout le monde dehors ! Il faut profiter du soleil pendant qu'il est là ! La météo annonce une couverture de plus en dense pour cet après-midi !
Glagla ! L'eau a cessé de goutter au bord des toits… Là voilà suspendue dans le temps sous forme de stalactites glacées et acérées, balayées par des rafales de vent intermittentes, emportant la poudre de neige sur son passage jusqu'à mon visage. En conclusion, il ne fait pas chaud ! Tant pis !
En quête de clair-obscur, je démarre ma promenade sous un ciel déversant ses fins flocons, bien décidée cette fois à gagner la Côte à travers les bois. J'ai adoré cette promenade la première fois que je l'ai découverte. Encore une fois, la neige est presque immaculée alors que les traces de pas d'un homme seul me guident au milieu des arbres et que le soleil, taquin, joue à cache-cache dans les nuages. Une nouvelle fois, je me suis sentie comme au bout du monde, même si cette impression ne fut que de courte durée. La montée vers la Côte est malheureusement relativement brève, mais absolument magique…
Voilà, à présent, cette belle balade est terminée et j'ai regagné la chaleur des murs pour me replonger dans les images qui me resteront de cette escapade. Voici celles que partagent avec vous :

Vers la Côte
Vers la Côte

Vers la Côte
Vers la Côte

Vers la Côte
Vers la Côte

Vers la Côte
Vers la Côte

Et pour terminer, ma petite famille figée dans la glace :

Vers la Côte
Vers la Côte

Bonne fin de journée !

13 marsTrop cool cette journée… Réveil dans une station complètement enveloppée par des nuages et qui n'a même pas réussi à laisser filtrer le moindre rayon de soleil. Ma tribu a joué le mode paresse extrême avant de finir par aller voir la température sur les pistes. Le mari est revenu vite fait tandis que les filles persistaient un peu longtemps.
Une météo complètement en accord avec celle annoncée par la station et qui m'a donné, une nouvelle fois, l'occasion de bien m'avancer dans mon boulot, mais pas de le terminer… Il me faudrait peut-être une deuxième journée aussi morose ! Non, non, je rigole ! Mon leitmotiv ne change pas : je veux du soleil !
Pas de photos à poster aujourd'hui… La météo devrait s'améliorer demain, mais pas obligatoirement la température qui devrait nettement fraîchir. La dure loi de la vie : on ne peut pas tout avoir !
À demain !

12 marsLes jours se suivent et se ressemblent avec encore plus de neige et de nuages dès le matin ! Difficile de réveiller son énergie dans de telles conditions climatiques… Voilà que je me remets à rêver d'une hibernation salutaire. Ne me réveillez pas avant les beaux jours !
De nouveau, quelques timides éclaircies vers la fin de la matinée qui me donnent envie d'aller prendre l'air. En attendant, faut bien s'occuper et donc un paquet de copies en moins, c'est déjà ça ! J'ai connu plus folichon comme activité, mais, bon, faut bien y passer, surtout qu'il m'en reste encore !
La tribu enfin sur le chemin qui la mène aux pistes, pressée par les rayons de soleil qui m'appelaient, me voilà partie en vadrouille vers les Mouilles. Il fait bien chaud sous le soleil et, en plus, ça monte ! J'ai bien négocié mon timing, toute la promenade aller sous le soleil, puis le retour sous la grisaille, arrosée par quelques gouttes.
Le plus de cet instant, c'est que j'étais toute seule à la montée, avec cette impression incroyable d'être au bout du monde… Sur le chemin recouvert de neige, seules deux traces m'avaient précédée : celle d'un chien et de son maître. Elles m'ouvraient la route sur le manteau immaculé. Le seul moment où je les ai perdues, je me suis retrouvée à m'enfoncer jusqu'aux genoux sur une trentaine de mètres. Pfff… c'était fatigant de regagner le chemin dans ces conditions. Conclusion : je manque encore d'entraînement pour les Jeux olympiques d'été de 2016 !
Je suis plutôt déçue par mes photos. Je ne suis pas parvenue à rendre comme je l'espérais la beauté du paysage sous ce ciel mouvant. Voici les meilleures du lot (à moins que ce ne soit les moins mauvaises):

Vers les Mouilles
Vers les Mouilles

Vers les Mouilles
Vers les Mouilles

Vers les Mouilles
Vers les Mouilles

Vers les Mouilles
Vers les Mouilles

Bonne journée !

11 marsTemps variable annoncé par la météo… Tout à fait cela ! Au petit déjeuner, les montagnes environnantes étaient noyées dans les nuages tandis qu'une neige fine, tombant déjà depuis un bon moment, avait recouvert arbres et voitures de quelques centimètres d'épaisseur. La petite tribu, envahie par une paresse soudaine, a décidé de faire une pause tandis que, malgré le temps bien gris, je me décidais à sortir pour une petite promenade, entraînant finalement mon mari dans mon désir de sortir… Pour changer, nous sommes partis en voiture vers un premier petit chemin dans lequel, rapidement, nous nous sommes enfoncés jusqu'aux genoux ! J'ai donc renoncé à la balade dans la neige sans raquettes, me disant que la prochaine étape serait encore pire ! Alors nous sommes descendus vers la ville dans la vallée avant de poursuivre notre voyage sur des routes peu fréquentées. Le paysage était magnifique sous un soleil qui cherchait à percer entre deux nuages sans jamais y parvenir complètement…
Quand, enfin, le beau temps est revenu, tout le monde est reparti sur les pistes et moi me promener, malgré les quelques nuages menaçants du côté vers lequel je voulais aller. Quand la grisaille a empiré, j'ai décidé de faire demi-tour, surtout qu'un grésil commençait à tomber. Dommage, car, une heure plus tard, le soleil brillait de nouveau !
Autre jour, autre ambiance :

Paysage de neige
Paysage de neige

Paysage de neige
Paysage de neige

Paysage de neige
Paysage de neige

Paysage de neige
Paysage de neige

Bonne journée !

10 marsEn ouvrant les fenêtres, j'ai découvert un temps magnifique avec un beau soleil et, dès que ma tribu a levé le camp, je suis partie crapahuter vers le col de la Colombière avec au-dessus de la tête un magnifique ciel bleu et autour de moi des paysages miroitant sous la lumière de cette journée printanière…
Retour sous des nuages de plus ne plus nombreux et à l'allure vaguement menaçante en raison de leur couleur gris foncé, après 3,5 heures de marche, mais seulement 300 mètres de dénivelé. Pff, un petit moment de flottement quand j'ai voulu poursuivre la balade vers un autre col. La neige très molle en raison de la chaleur ambiante devenait glissante pour monter et je me suis finalement décidée à rentrer, légèrement fatiguée de lutter contre le chemin… Il faut croire que, harnachée pour l'hiver, les mètres à gravir finsssent par compter double ! Dans les rencontres inédites, j'ai vu quatre avalanches (heureusement sur le versant opposé !), un bouquetin, une abeille et un igloo !
Quelques photos pour votre plaisir (et le mien quand je les ai prises !) :

Vers le col de la Colombière
Vers le col de la Colombière

Vers le col de la Colombière
Vers le col de la Colombière

Vers le col de la Colombière
Vers le col de la Colombière

Vers le col de la Colombière
Vers le col de la Colombière

Vers le col de la Colombière
Vers le col de la Colombière

Vers le col de la Colombière
Vers le col de la Colombière

Bonne journée !

10 marsJ'adore la montagne… Je râle parce que je déteste me lever à deux heures du matin pour éviter les bouchons. Je râle parce que, pour juste une semaine de dépaysement, je passe plusieurs heures à préparer les bagages et encore plus à tout ranger au retour. Je râle parce que ma nuit écourtée m'amène à comater une partie de la journée. Puis, il suffit qu'un petit rayon de soleil apparaisse derrière la fenêtre pour que, appareil photo en main, je sois déjà dehors à crapahuter dans la neige et à photographier la montagne sous une lumière diffuse, car, malheureusement, plus ou moins cachée par les nuages, malgré tout heureuse d'être là…
Je veux réécrire une nouvelle fois le tome II dont une grande partie se passe en pays hagan, au cœur de la montagne ! Je veux chevaucher sur les chemins étroits qui rejoignent deux vallées (en fait, ce n'est pas ma meilleure idée, j'ai le vertige… Mais bon, avec un bâton de chaque côté, cela devrait le faire et j'aurais l'air totalement ridicule ! Même pas peur !). Je veux éprouver ce sentiment de liberté totale que m'inspirent les paysages dont les limites se perdent sur ligne d'horizon. Je veux juste m'asseoir et savourer le silence, la sérénité ambiante et cette communion avec la nature si intense et profonde… Je veux être en paix, loin de ce monde bruyant et violent.
La vie sait être belle quand nous savons profiter des instants de bonheur qu'elle nous offre. Merci à elle…
Bon week-end !

8 marsJe sais ce qu'il me faut ! Alors que notre ministre de l'éducation nationale parle de diminuer les vacances, moi, je voudrais bien une semaine de plus pour chaque pause. Ainsi, je disposerais de :
- une semaine pour me reposer à fond (cure de sommeil !) ;
- une semaine pour rattraper le retard accumulé ;
- enfin, une semaine pour enfin être en vacances et disposer d'une énergie suffisante et de la liberté d'esprit pour m'adonner à tout ce que j'aime : balades, sport, danse, écrire, etc.
Et, ensuite, je serai au top de la forme pour reprendre devant mes élèves ! Bon, je sais, aucune chance que cela arrive, mais laissez-moi rêver !!!!!!!!!
Pour couronner le tout, et sûrement de façon injustifiée, car je ne contrôle pas toujours efficacement mon ressenti, j'ai l'impression que c'est mon dernier jour de vacances alors qu'il me reste plus d'une semaine… N'importe quoi !
Sauf que je vais passer une grande partie de la semaine prochaine à travailler parce que je n'ai rien avancé de mon boulot pendant celle qui se termine aujourd'hui. Et la liste des devoirs à faire est longue et l'épée de Damoclès tranchante… Finalement, pas tout à fait n'importe quoi…
Bonne dernière journée avant le week-end !

7 marsFaute avouée est à demi pardonnée… Donc j'avoue : hier, j'ai remplacé trente minutes de course par 2h30 de ménage, suis-je pardonnée ? Surtout que, comme vous pouvez le constater, j'ai entamé les activités rébarbatives, enfin, pour moi !
Cela faisait longtemps que je n'avais pas été me promener à la recherche de vidéos originales. En furetant à droite et à gauche, j'ai fini par dégoter mon bonheur de scientifique qui admire tout, même ce qu'elle comprend. Allez, venez découvrir quelques manipulations intéressantes : Le lait magique, Fabriquer des cristaux, Un liquide fluorescent, Un fluide spécial. J'ai découvert ce dernier il y a peu, deux ans peut-être. Ce fluide, hyper facile à réaliser, s'écoule comme un liquide classique en l'absence de contraintes mécaniques, mais se durcit comme un solide dès qu'une force s'exerce sur lui. Non, non, ce n'est pas la peine de me demander des explications, je ne sais pas tout ! Et, finalement, cela me permet de conserver cette forme d'émerveillement qui me caractérise si bien !
Bon jeudi !

6 marsEngagement tenu ! J'alterne les moments de repos et ceux de relative activité. De plus, je cours tous les jours, même quand je céderais bien à la paresse… Ce serait si facile de se trouver des excuses et de renoncer. Mais non, je tiens le coup et enchaîne régulièrement avec un peu de Hula Hop.
Enfin, se reposer, c'est bien, mais, à un moment ou un autre, il va me falloir démarrer les activités plus rébarbatives (ménage de printemps et tutti quanti !) et, fait ô combien important, me mettre à la relecture du tome III… Décidément, ces vacances seront une nouvelle fois trop courtes !
Bonne journée !

5 marsMe voici devenue le chef du blog ! Mon mari à qui je refile sans état d'âme le menu du jour à relire et à poster par manque de temps s'échappe de la maison pour quelques jours… Maintenant toute la responsabilité des coquilles est la mienne, non, mais !
Je me débrouille vraiment mal, j'ai l'impression d'avoir encore moins de temps que lorsque je bosse ! Ma journée d'hier est passée à la vitesse de la lumière et je me retrouve aujourd'hui en train de tenter de caser tous les rendez-vous pris avec les copines ou les professionnels, pour moi ou pour mes filles. D'ailleurs, reformer une famille de quatre pour le temps des vacances me demande un peu plus de temps à cuisiner : vous voulez une tarte aux pommes ? Oui !!! Vous l'avez déjà finie ! Vous en voulez une deuxième ? Oui !!! Ah, au fait, j'ai bien tenté de trancher mes pommes avec ma machine infernale, mais j'ai renoncé donc je me contente d'elle pour éplucher et ça, au moins, c'est utile et ça fonctionne une fois les réglages préliminaires effectués ! J'ai toujours un petit coup au cœur pour la première Golden qui subit sans sourciller tous mes essais plus ou moins infructueux !
Pour couronner le tout, mon mari me pique mon appareil photo. Me voilà devenue totalement orpheline (c'est terrible comme cet appareil occupe une place importante dans ma vie !) et renonçant à une escapade avec ma grande puisque j'avais prévu d'aller enfin visiter en sa compagnie la serre aux papillons ! Sans appareil photo, cela n'aura pas la même saveur, tant pis. Je remets une nouvelle fois à plus tard…
Bon mardi !

4 marsJe suis allée voir la météo ! Encore du soleil pour aujourd'hui, c'est trop bien !
La quadrature du cercle : parvenir à se reposer tout en cédant à des envies d'activité ! Je pense que la cure de sommeil est un préambule pour réussir tout le reste, mais si j'attends trop longtemps, je ne ferai rien ! Ça ne va pas du tout ! Et, pendant ce temps-là, les idées se multiplient !
Bonne semaine les vacances pour les uns et bon courage pour les autres !

3 marsMais quelle idée j'ai eu d'aller courir hier ? Je sentais bien que la forme n'était pas au rendez-vous après la fatigue accumulée et les petits excès de la veille, mais bon, je me suis poussée, demandant à mon mari de me traîner si besoin. Au final, il n'a pas eu besoin de le faire, je me suis traînée moi toute seule, d'un bout à l'autre du parcours, et quand je dis traîner, je suis presque en dessous de la vérité ! Maintenant, comme je suis un peu folle ou totalement déterminée, allez savoir si j'aurai la bêtise de recommencer la même aventure cet après-midi…
Du soleil, quel bonheur !!!!!!! Je n'avais plus qu'une idée, sortir dehors entre les lessives dominicales et la confection du repas du midi ! Youpi ! Les bords de Seine étaient magnifiques, malgré la fraîcheur avec une touche hivernale. Face au soleil : des flots miroitants entre ombres chinoises et lumières. Dos au soleil : un beau ciel bleu et une nature aux couleurs saturées qui laisse transparaître la renaissance printanière prochaine…
Bon dimanche.

2 marsJe suis en………. VACANCES ! Rien que l'idée me fait sourire, une interruption pleine de bienfaits dans le rythme plus que soutenu des dernières semaines. Je vais profiter de chacun des jours qui me sont offerts, sans projet particulier (même si, insidieusement, une liste déjà longue et encore incomplète prend naissance dans ma tête sur tout ce que je dois réaliser pendant cette période…) sinon celui de me reposer et de me remettre à courir de façon plus régulière (ça me manque…).
Malgré toutes mes heures de cours et la fatigue, malgré le fait d'avoir à peine pris le temps de réviser, j'y suis allée à ce bal Country hier soir et c'était vraiment super ! Abreuvée de jus d'orange, j'ai tenu le coup de 19 h jusqu'à 23 h (!)
Franchement, autant, au dernier bal, j'avais été un peu déçue par la cacophonie ambiante des danseurs dès que trop de monde était sur la piste et totalement frustrée malgré l'ambiance extrêmement sympathique, autant, cette fois, je me suis éclatée. J'ai adoré danser sans être tassée comme une sardine dans sa boîte. Il paraît que, dans les bals, c'est toujours comme cela, être coincé au milieu des autres, et je me dis que ce n'est absolument pas fait pour moi ! J'ai besoin d'espace, car danser est l'expression d'une forme d'énergie intérieure que je libère dans chaque mouvement, mais ceci n'est possible que si mon corps peut se détendre sans contrainte. Je suis tel un oiseau qui vole au ras du sol à défaut de s'envoler réellement et qui tourne et virevolte comme si le ciel et la terre n'étaient faits que pour lui…
En conclusion, ce matin, mon cœur est rempli de bonheur… Un peu de soleil pour le rendre encore plus lumineux ?
Je vous souhaite un bon week-end.

1 marsEncore quelques heures avant les vacances… Dire qu'il faut que j'attende encore 17 h 30… Mais, après, ce sera trop bien !
Ah flûte, c'est vrai qu'il y a le bal Country ce soir, trop bien… Cela m'agace d'être dans cet état de fatigue. Je me demande comment je vais parvenir à assurer ! J'ai quand même pris le temps de réviser une dizaine de chansons, mais rien que cela, c'était dur ! Par contre, l'horreur, hier, je me souvenais plus de la dernière chorégraphie apprise quasi en totalité et, ce matin, après avoir révisé toutes les autres, le trou complet ! Je mélangeais plusieurs chansons sans réussir à remettre le tout en place. Quelle galère d'avoir un cerveau au point mort…
Demain, je serai en vacances et je vais commencer par me reposer ! Une bonne cure de sommeil et de détente, c'est tout ce qu'il me faut !
Allez, courage, ce soir, c'est le week-end ! Bonne journée.


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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Aila brossait son cheval dans l’écurie quand Aubin y déboula, tout excité :
— Aila ! Aila ! où te caches-tu ?
— Ici, dans la stalle de Lumière !
— Devine, c’est extraordinaire ! Deux des fils du roi arrivent pour chercher des combattants aguerris qui protégeront la famille royale ! Tu te rends compte, ils sont venus les prendre chez nous !
— Ah !… oui, génial…
— Mais si ! C’est toi la meilleure ! Personne ne le sait et tu vas pouvoir le prouver à tous !
— Ah !… Et qui voudrait d’une fille comme garde du corps ? Arrête, Aubin, tu délires…
— S’ils ne te choisissent pas, c’est qu’ils n’y connaissent rien !
— Juste un instant, imagine la tête de Barou si les hommes qu’il a entraînés avec passion se trouvaient relégués au second plan… Il en aurait une attaque !
Il la fixa.
— Qu’est-ce que tu crains, Aila ? Te fait-il peur à ce point ? Que peut-il t’enlever de plus ?
— Aubin, tais-toi !
Elle recommença à brosser son cheval. Aubin l’attrapa par le bras, la forçant à le regarder.
— Aila, tu n’as pas répondu à ma question !
— Laisse-moi, tu veux bien ! Laisse-moi !
Elle se dégagea d’un geste brusque et, le visage fermé, s’éloigna d’un pas décidé.

La nuit tombait dans la pièce principale de Bonneau, sobrement meublée d’une table, de deux bancs, d’un buffet et du paravent qui cachait la chambre d’Aila. Dans la cheminée, un feu prenait doucement, tandis qu’elle le contemplait, songeuse. Elle entendit le bruit des pas de son oncle sur les dalles devant la maison, le claquement du loquet et le grincement léger de la porte qui s’ouvrait.
— Aubin est venu me parler. Tu dois y participer, Aila. Ces compétitions ne sont pas interdites aux filles, que je sache !
— Mais qu’est-ce que tu racontes, Bonneau ? Je ne veux pas faire partie de cette espèce de concours de bêtes de race !
— Tu es une combattante ! Et la meilleure ! Ta voie est tracée ! Maintenant, vis ta vie comme tu l’as choisie, malgré Barou !
— Et toi ! Qui es-tu pour me donner des leçons ? Pourquoi un guerrier hors pair comme toi est-il relégué au rang de palefrenier ? Tu aurais dû devenir maître d’armes comme Barou ! Alors pourquoi t’es-tu contenté de ce rôle de sous-fifre, une ombre dans la lumière étincelante de ton frère ? Expliquez-moi, monsieur le donneur de conseils !
— Ce fut mon choix et je peux t’en donner les raisons simplement. Quand tu auras vu des carnages comme j’en ai vu, quand tu auras coupé autant de membres que j’en ai coupé, quand tu auras été éclaboussée d’autant de sang que je l’ai été, peut-être auras-tu envie de changer de vie, de te fondre dans la masse pour que tous ceux que tu rencontres ne te rappellent pas que tu as tué en quelques jours plus de personnes que tu n’en croises en une année. J’ai appelé un nouveau destin de tous mes vœux, devenir une ombre dans la lumière, comme tu le dis, et je ne le regrette pas ! Mais toi, tu es d’une autre trempe ! Que tu le veuilles ou non, tu es la fille de ton père et l’art du combat coule dans tes veines ! Alors, accomplis ce pour quoi tu es née ! Et je t’y aiderai ! Demain, rendez-vous au champ de courses à la première cloche. Ils testent les talents de cavaliers, je t’y attendrai.
Bonneau sortit de la pièce, laissant Aila encore plus songeuse qu’à son arrivée. Elle ne savait plus que penser, ni que décider. Comme elle, est-ce que toutes les filles de seize ans devaient prendre des décisions aussi importantes que celle-ci ? Elle se sentit si jeune, si inexpérimentée tout d’un coup et elle songea à sa mère. Si Efée avait vécu, en quoi sa vie aurait-elle été différente ? Ressemblerait-elle aux demoiselles de la châtelaine dont les seules préoccupations oscillaient entre l’élégance et le souci de dénicher un époux gentil ? Non, elle n’était pas juste avec elles, elles n’étaient simplement pas faites pour combattre avec des armes, mais, chaque jour, avec Mélinda, Amandine, Blandine et Estelle luttaient contre la misère du pays qui se répandait. Aila les avait accompagnées si souvent qu’elle connaissait leur courage devant l’adversité, la maladie. Elle avait compris depuis longtemps où passaient les tentures et tous les objets de valeur des châtelains. Ils étaient vendus pour soulager cette misère qui sautait aux yeux dès les premiers pas à l’extérieur du château. Elle savait que le pantalon large qu’elle avait conçu et que ces dames portaient représentait une autre forme d’économie, dissimulée sous une plaisanterie légère. Aila eut presque honte de la magnifique robe qu’elle conservait précieusement dans sa petite armoire… Non, vraiment, les considérer comme des évaporées serait injuste. Sauf que, devant la souffrance, elles faisaient front ensemble et qu’Aila se sentait bien seule. Elle se coucha tout habillée sur le lit, les mains calées derrière la tête, attendant un sommeil qui vînt difficilement. Elle entendit vaguement Bonneau rentrer et déposer un objet à ses côtés.

Le lendemain matin, quand Aila se réveilla, une odeur de cuir neuf lui chatouilla les narines. Ouvrant les yeux, elle découvrit, sur la chaise près de son lit, une tenue composée d’un pantalon et d’un gilet. Admirative, elle toucha du bout des doigts leur texture souple et douce dont la couleur brun clair la ravit, même si elle devinait que la peau se tannerait rapidement au soleil. Par les fées, c’était si beau… Elle raviva le feu de la cheminée, déjeuna promptement, puis se déshabilla. Une fois tiédie, elle prit l’eau de la bouilloire, la versa dans la cuvette et entreprit de se laver. Rejetant ses cheveux mouillés en arrière, tandis que des gouttes ruisselaient en étroits sillons lumineux sur son corps, elle surprit son image fugitive dans le mouvement du liquide. Séchée, elle enfila le pantalon, un peu trop large, songeant déjà à la ceinture qui remédierait au problème. Dans son armoire, elle dénicha une chemise que Bonneau lui avait offerte quelque temps auparavant. Beige, elle irait parfaitement avec le reste… Quelle idée ! D’où lui venait ce souci d’élégance ? Elle qui avait toujours fait fi de ces coquetteries ! Ajustant son gilet, elle rabattit le col de sa chemise dessus et serra la ceinture qu’elle avait dégottée. Elle natta ses cheveux avec application, puis chaussa ses bottes. Sur le seuil de la porte, elle s’arrêta brusquement. Faisant demi-tour, elle se dirigea vers le feu où elle enflamma une brindille qui lui permit d’allumer la lampe. Hésitant encore, elle se rapprocha de la cuvette où l’eau s’était calmée et regarda son image dans ce miroir de fortune comme si elle se voyait pour la première fois. Elle observa ses yeux noirs, ses sourcils plissés, ses pommettes hautes et légèrement creusées, sa bouche volontaire aux lèvres serrées : elle ressemblait à sa mère… Elle essaya de la visualiser comme un reflet d’elle avec de menues différences. Comme elle aurait aimé s’en souvenir… Elle tendit la main au-dessus de la table et attrapa une lanière de cuir qu’elle noua autour de son cou. Encore un cadeau de son oncle… Elle avait fait erreur sur toute la ligne. Elle avait toujours profité d’un père aimant, présent et généreux : Bonneau. Et maintenant, à cet instant crucial, elle réalisait la place qu’il occupait dans sa vie : il lui avait tout donné et elle, que lui avait-elle offert en retour ? Mais, tout semblait encore possible, elle se sentait sûre de réussir. Aujourd’hui, elle allait lui rendre hommage. Elle deviendrait la meilleure et, pour lui, elle lutterait jusqu’au bout ! Sa décision finale prise, elle souffla la lampe, sortit de la maison et bifurqua vers l’écurie.

À son arrivée, Bonneau étrillait Lumière, le cheval d’Aila, une pouliche noire de trois ans, pleine de vitalité et de promesses, qu’elle avait choisie entre toutes. Il se tourna vers la jeune fille et émit un sifflement approbateur :
— Tu es magnifique…
— Aussi belle que ma mère ?
La moue qu’il esquissa lui laissa penser qu’elle avait fait mouche.
— Je veux dire aussi belle que ma guerrière de mère ?
— Ah ! tu es au courant… C’est Mélinda qui te l’a relaté ?
Aila hocha la tête.
— Elle m’a juste devancé, je désirais t’en parler ce matin.
— Et que m’aurais-tu raconté d’elle, Bonneau ?
— Que tu étais aussi merveilleuse qu’elle et peut-être encore meilleure ! Mais, à sa décharge, tu as commencé plus tôt.
Il soupira avec légèreté. Elle s’approcha de lui et l’embrassa. Surpris, il leva ses yeux vers elle. Elle déglutit :
— Tu es le père que j’aurais aimé avoir, Bonneau.
Insatisfaite, elle recommença :
— Non, ce n’est pas ça. Tu es le meilleur père que j’aurais pu avoir et, malheureusement, c’est seulement maintenant que je m’en aperçois. Pardon !
Elle se jeta dans les bras de son oncle et sentit qu’ils se refermaient dans sur dos. Ils restèrent ainsi un long moment avant de se séparer, gardant juste leurs mains l’une dans l’autre.
— Cours donc expliquer à Lumière ce que tu attends comme prouesses, elle adore tes histoires ! conclut-il dans un rire enjoué.
— Flatteur, va ! répliqua-t-elle.
Elle s’approcha de son cheval, frotta doucement son visage contre ses naseaux et commença à lui murmurer tous ses désirs, ses envies et sa certitude qu’elles gagneraient ensemble.
— L’heure tourne, Aila, nous devons partir, rappela la voix de son oncle.
Leurs regards se croisèrent et ils se sourirent. Bonneau posa sa main large et puissante sur son épaule.
— J’ai confiance en toi, tu réussiras d’une façon ou d’une autre.

Quand ils arrivèrent, de nombreux cavaliers patientaient déjà aux abords du champ d’entraînement. Aubin figurait parmi eux, mais Aila et lui n’osèrent se saluer en présence de Barou. Elle devina plus le regard approbateur de son frère qu’elle ne le vit vraiment et, pourtant, cela lui réchauffa le cœur ; le plus dur restait à venir… Elieu et Mélinda, ainsi qu’Hamelin et un homme d’une trentaine d’années, voire moins, qu’elle identifia comme l’un des fils du roi, sûrement le prince héritier, attendaient dans la tribune. À ses côtés, un personnage grand et fin, aux yeux scrutateurs, portait une longue barbe blanche, probablement le mage royal. D’autres personnes les entouraient, mais elle se concentra sur Barou dont elle essaya de capter le regard, sans succès. Bonneau intervint :
— Je suis l’ancien maître d’armes d’Avotour et je sollicite la participation de mon élève à la sélection des combattants.
Barou semblait s’être statufié sous l’effet de la surprise, mais il se reprit vite, contredisant son frère :
— Il n’en est pas question, martela-t-il avec hargne.
— Et pourquoi donc ? intervint un nouvel arrivant, suivi de son cheval.
Barou vira au rouge, mais se retint devant les couleurs royales arborées par le nouveau venu.
— Messieurs, ma dame, mademoiselle, je suis Avelin d’Avotour, le fils cadet du roi et, modestement, un des meilleurs cavaliers du royaume. Comme vous le voyez, je suis paré pour courir parmi les vôtres. J’admets volontiers que j’ai sollicité cette épreuve supplémentaire pour me confronter à vos champions !
Il s’inclina, un sourire ironique au coin des lèvres. Aila eut envie d’éclater de rire en observant la tête de tous les gens présents. Les expressions de leurs visages allaient de la surprise la plus inattendue à une désapprobation encore plus profonde. Excepté la mine réjouie d’Aubin, celles des autres concurrents faisaient peine à voir.
Barou intervint :
— Installez-vous aux emplacements qui vous ont été attribués en vous décalant d’un rang, le premier étant naturellement réservé à sire Avelin.
Bien sûr, aucune place ne fut proposée à Aila qui se trouva négligemment reléguée à la position la plus extérieure du champ de courses, pas très loin d’Aubin. Elle observa attentivement les montures qui piétinaient sur la ligne de départ, localisant celles qui lui donneraient le plus de fil à retordre. Il lui faudrait jouer serré. Barou reprit la parole :
— Je vous rappelle les règles : vous avez cinq tours à effectuer. Seuls les cinq premiers seront distingués grâce à cette épreuve. Vous serez évalués à la fois sur votre aptitude à gérer la distance, votre tactique de course, la maîtrise de votre cheval et, naturellement, votre ordre d’arrivée prévaudra. Le premier signal vous indique que le départ suivra au deuxième.
Tous les cavaliers se concentrèrent, puis démarrèrent le moment venu. Sur l’extérieur, Aila devait parcourir une distance supérieure pour se maintenir au niveau des autres. Consciente de l’émulation que provoquait la présence du prince, elle conserva sa silhouette, identifiable à ses couleurs, à la limite de son champ de vision. Elle sentait Lumière prête à s’envoler tout de suite, mais choisit de rester à proximité du groupe central, juste en léger retrait pour ne pas sembler trop menaçante à son égard. Si ceux qui le constituaient l’oubliaient, peut-être la laisseraient-ils passer d’autant plus facilement… Au tour suivant, les écarts se creusant au fur et à mesure, elle donna un peu de liberté à son cheval pour se rapprocher de l’arrière du peloton de tête. Par paliers successifs, elle avait convergé vers le cœur du champ de courses, réduisant la longueur de chaque tour. Avelin caracolait devant, sans forcer l’allure. Quand vint le troisième, retenant toujours Lumière, elle se positionna derrière son frère, qui se débrouillait très bien. Enfin, dès que le dernier tour fut entamé, elle lâcha progressivement son coursier qui allongea sa foulée pour dépasser Aubin, puis rattrapa ceux qui suivaient à une foulée du prince sans oser le doubler. À sa vue, ils éperonnèrent leur cheval pour l’en empêcher, mais, inexorablement, Aila se détachait de leur groupe, de plus en plus proche d’Avelin. Celui-ci s’en aperçut et donna du mou à sa monture qui bondit en avant, forçant l’allure. Lumière ne fut pas en reste et s’accrocha à lui, réduisant à chaque instant la distance qui les séparait. Les autres cavaliers, à quelques encolures derrière, luttaient pour revenir sur eux. Elle imaginait leur colère, l’affront qu’ils ressentaient et elle s’en moquait éperdument, elle volait avec Lumière. La course se terminait et elle lâcha complètement sa pouliche qui, dans une dernière envolée, vint se placer au même niveau que le cheval du prince sur la ligne d’arrivée. Graduellement, les concurrents s’arrêtèrent et elle se coucha sur l’encolure de Lumière, lui murmurant tout en la flattant :
— Ma belle, tu es la meilleure ! Tu es un oiseau, une flèche ! Tu es mon ange…
— Félicitations, la cavalière émérite que vous êtes nous a gratifiés d’une superbe prestation ! Existe-t-il d’autres domaines dans lesquels vous excellez… ?
Elle se redressa et toisa Avelin qui la regardait avec son sourire toujours ironique.
— Tous ! affirma-t-elle, le menton en avant.
Le sourire d’Avelin s’agrandit :
— Alors, j’espère goûter au plaisir d’en découvrir quelques-uns. À demain…
Il se détourna. Sans trop savoir pourquoi, Aila se sentit rougir comme une pivoine. Heureusement, l’arrivée de Bonneau, jubilant, la sortit de l’embarras. Il flottait visiblement sur un nuage de bonheur, ne cessant de lui répéter qu’elle était la meilleure ! Tous les participants se réunirent devant le châtelain pour l’annonce des gagnants :
— Première, Aila Grand, deuxième : Émelin Gingon, troisième : Aristide Héran, quatrième : Aubin Grand, cinquième : Aimé Faller. Cette compétition facultative a permis de dévoiler la fine fleur de nos cavaliers et représentera un argument de poids lors de la sélection finale. Les joutes reprendront demain.
Barou prit la parole à sa suite, alors que tout le monde commençait à s’éloigner :
— Je vous informe que seuls quatre des gagnants nommés poursuivront les épreuves, car, pour continuer, l’autorisation du père est formellement requise. J’annonce donc à Émile Gerdain, arrivé sixième, qu’il pourra se présenter comme le dernier vainqueur.
Le cœur d’Aila sauta dans sa poitrine. Après la joie ressentie pour sa victoire, le plaisir infini de la quatrième position d’Aubin, ce fut la goutte de trop. Elle explosa et sa voix retentit sans limites :
— Quel père indigne refuserait à son enfant de devenir un combattant ? Où est-il ? Qu’il sorte du rang ! Que tout le monde puisse le voir et juger sa lâcheté !
La main de Bonneau se posa sur son épaule, tandis qu’un grand silence s’abattait sur la foule présente. Aila étouffait de colère :
— Où se terre donc cet homme courageux ? Qu’il ose croiser le regard de celle à qui il a interdit d’exister depuis qu’elle est née ! Comment peut-il se prétendre mon père quand il n’a jamais vécu que comme une ombre malfaisante planant sur ma vie ? Regarde-moi Barou ! Regarde-moi au lieu de ne m’offrir que le triste visage de ta couardise !
Sans le moindre coup d’œil vers elle, Barou tourna les talons, tandis qu’Aila continuait de hurler et de gesticuler, difficilement retenue par Bonneau.
— Lâche ! Tu n’es qu’un lâche ! Ose me regarder ! Ose ! Je te hais ! Tu entends ! JE TE HAIS !!!
Son père était parti… Anéantie, Aila se tut, toute tremblante. Elle discerna que Bonneau lui parlait sans comprendre les mots qu’il prononçait et sentit qu’il la tirait par le bras. Elle ne voyait plus rien, elle demeurait seule avec la terre qui s’écroulait tout autour d’elle. Elle entrevit Aubin sans le regarder, elle ne souhaitait pas de pitié, ni la sienne, ni celle des autres, elle voulait juste disparaître…

Émergeant lentement de son vide intérieur, Aila constata qu’elle était revenue chez Bonneau. Son oncle lui avait fait boire une tisane de son cru et elle reprenait ses esprits après avoir sombré dans l’égarement.
— C’est fini. Tout est fini ! Tu ne pourras jamais ressentir cette fierté pour moi…
Elle éclata en sanglots, se maudissant pour sa faiblesse, certainement cette fichue tisane !
— Ça suffit, Aila, ressaisis-toi ! Rien n’est terminé et demain tu concourras en finale dans les épreuves.
— Pourquoi ? s’enquit-elle avec une lueur d’espoir, a-t-il changé d’avis ?
Bonneau fit non de la tête.
— Mais tu l’as entendu comme moi ! Il refusera de donner son autorisation pour que j’y participe et j’en ai besoin !
— Je t’ai demandé de te calmer !
La voix de son oncle claqua dans le silence de la chaumière et elle entreprit un immense effort sur elle-même afin d’obéir à ce qu’il exigeait d’elle.
— D’abord, je n’ai pas attendu aujourd’hui pour être fier de toi et, deuxièmement, je te propose une solution à cette complication, mais j’aurais sacrifié ma main droite pour ne pas en arriver là…
Son regard, humide, se perdit dans le vague. C’était la première fois de sa vie qu’elle le voyait aussi affecté, lui, si tranquille, si constant… Que se passait-il donc ? Il s’était éloigné un instant et revenait avec une petite malle qu’il avait extraite du buffet et qu’elle ne connaissait pas. Elle aurait parié qu’hier encore la cassette ne s’y trouvait pas.
— Voici l’héritage d’Efée, le témoignage de sa tendresse par-delà sa mort, la preuve de son amour et de sa confiance en toi.
Il bascula le couvercle, plongea sa main dans les trésors que le coffre contenait avant de lui tendre une miniature qu’il caressa doucement au passage.
— C’est elle, Efée…, son portrait. Elle posait pour ses dix-sept ans et était aussi merveilleuse que toi…
Avec émotion, Aila découvrit le visage de sa mère. Elles se ressemblaient tant que c’en était incroyable. Efée paraissait juste plus élancée, mais peut-être n’était-ce qu’une illusion.
— Maman, murmura-t-elle.
— Et ceci pourrait bien te servir lors d’une occasion particulière…
Bonneau tira de la malle une magnifique robe en soie grège, toute légère et si douce, presque sublime. Aila admira l’encolure parsemée de perles, l’effleurant du bout des doigts, se figurant sa mère le jour de son mariage. Elle devait être si belle… Comme devinant ses pensées, il ajouta :
— Elle irradiait de bonheur. Barou et elle formaient un vrai couple de rêve. Ils étaient destinés l’un à l’autre.
— Comment maman a-t-elle pu s’offrir une robe si merveilleuse ? s’étonna-t-elle, l’instant d’après.
— La reine Éthel, qui l’estimait profondément, la lui a donnée en récompense de ses services.
— Bonneau, stop ! tu marques une pause, tu veux bien. Tu viens de me dire qu’elle a travaillé pour la souveraine avant d’accompagner dame Mélinda. Je ne comprends plus. Ce matin, tu t’es présenté comme l’ancien maître d’armes d’Avotour. Comment se fait-il que vous ne vous soyez jamais rencontrés avant l’attaque du carrosse ?
Pensif, il resta silencieux.
— Bonneau ! insista-t-elle.
Son oncle frotta son visage avec ses mains qu’il croisa ensuite à la hauteur de son menton :
— C’est, comment dire…, compliqué. En fait, je crois que nous avons joué de malchance. Efée est née en Melbour. Éprise de liberté, elle était le garçon manqué de la famille. Un matin, elle décida de passer sa journée à cheval avec un homme de son père censé la surveiller, elle devait avoir une dizaine d’années. Ce fut la fumée qui les alerta de loin qu’un événement anormal se produisait. Ils revinrent sur place à bride abattue ; trop tard, d’immenses flammes avaient englouti le château familial et toute sa famille avait brûlé vive. Ce fut un des premiers méfaits hagans qui déboucha sur les grandes batailles. Ce jour-là, Efée décida que jamais plus personne ne causerait du mal à ceux qu’elle aimait sans qu’elle puisse les défendre. La reine, qui la recueillit, comprit bien vite sa détermination. Tandis que sa fille aînée, Éthel, devenue depuis l’épouse du roi Sérain avant d’être tuée avec son enfant, apprenait ses futures obligations avec sa mère au château royal, la cadette, Mélinda étudiait à l’école des femmes de Havens. Efée fut envoyée là-bas également ; ce fut ainsi qu’elles firent connaissance et qu’une amitié nouvelle naquit. Efée devint la garde du corps de Mélinda qui voyageait beaucoup et passait ainsi peu de temps à Avotour. Je la connaissais de nom sans jamais y avoir vraiment prêté attention. Personne ne savait qu’au lieu de s’instruire simplement comme la princesse, elle avait aussi appris à se battre. Je la croyais dame de compagnie, servant la reine et ses filles. Je ne me souviens même pas de l’avoir croisée. Je travaillais comme maître d’armes dans deux endroits à la fois, le domaine royal et mon comté de naissance où vivait encore Barou. Souvent, elle partait quand j’arrivais et inversement. Par les fées, nous ne devions pas nous rencontrer… Avant les grandes batailles, j’avais ratissé toutes les campagnes pour trouver des hommes prêts à se battre et agrandir notre armée. Au passage, j’avais même débauché Barou ! Et puis, juste avant de rejoindre les troupes, je fis un détour au château pour rendre compte de mes actions au roi. La reine et une femme, dont je ne voyais que le dos, s’apprêtaient à partir. Par curiosité, je jetais un coup d’œil pour savoir qui discutait avec Éthel. À ce moment précis, Efée s’était tournée de mon côté et je découvrais son visage pour la première fois. Je m’en souviens encore, mon cœur, saisi, a oublié un battement. Hélas ! le temps de me secouer, elles étaient déjà montées dans le carrosse qui s’ébranlait. Je ne l’ai plus revue jusqu’à l’attaque des Hagans…
— Je suis désolée, Bonneau.
— De quoi, Aila ? Qu’elle ne soit pas devenue ma femme ? Je l’ai regretté pendant quelque temps, puis je me suis habitué à cette idée. Elle me disait que j’étais le grand frère dont elle avait toujours rêvé. Je me suis souvent demandé si elle savait à quel point je l’aimais, mais je crois qu’elle était trop fine pour ne pas s’en douter… Elle m’a donné une place de choix à ses côtés, celle de l’ami fidèle et indispensable, souhaitant préserver, à la fois, la fierté de Barou et la mienne… C’était tout ce qu’elle pouvait m’offrir et je me suis contenté de ce rôle qui m’a apporté beaucoup de bonheurs. Aujourd’hui, lorsque je pense à elle, je me souviens de notre complicité doublée de confiance et de respect. En plus, comme je te l’ai déjà dit, j’ai eu la chance infinie d’élever sa fille…
Bonneau lui sourit, puis fouilla dans la malle à nouveau.
— Voici le dernier souvenir qu’avait Efée de ses parents. En fait, ce n’était pas à elle. Sa famille l’avait offert à la reine lors d’un séjour qu’elle effectuait à Avotour. Éthel l’avait conservé précieusement et lorsque ta mère s’est mariée, ce fut un autre de ses cadeaux, par amitié et en mémoire des siens.
Il extirpa un écrin qu’il ouvrit posément, révélant une parure composée d’un collier de perles, d’une paire de boucles d’oreille assorties et d’un diadème à fixer sur la chevelure. Très simple, ce dernier, constitué d’une délicate chaîne ciselée en or, laissait pendre en son milieu une larme ovale d’un blanc nacré, à ceindre sur le front. Aila demeurait sans voix, elle n’osa même pas toucher les bijoux, se contentant d’observer sur les perles les reflets irisés de la lampe qui les paraient d’éclats chatoyants. Son oncle mit fin à son ravissement en refermant la boîte :
— Et voici le principal, annonça Bonneau.
Aila se demanda ce qu’il pouvait sortir de plus beau que le portrait d’Efée, qu’une robe de mariage féerique ou qu’une extraordinaire parure. La main hésitante, il lui tendit un papier plié en quatre.
— C’est une lettre de ta mère, je ne l’ai jamais ouverte, précisa-t-il d’une voix qui tremblait, je te laisse avec elle.
Il se leva, puis s’éclipsa de la pièce. Aila restait figée devant ce billet, posé sur la table. Elle était médusée : elle ne ressentait plus rien et le regardait, incapable de bouger pour le prendre. La peur l’étreignit. Et si sa mère décidait de la renier comme son père. Non, ce n’était pas possible, pas après lui avoir légué tant de souvenirs d’elle. Aila ferma les yeux, cherchant à calmer son cœur pris de panique. Enfin, surmontant son appréhension, elle déplaça ses doigts vers la lettre dont elle s’empara et l’ouvrit.

Ma chère Aila,

Le temps a dû passer depuis que j’ai disparu de ta vie, te laissant sûrement très seule pour grandir sans moi. J’espère que tu voudras me pardonner un jour d’avoir été obligée de t’abandonner ainsi…

Si aujourd’hui, tu as cette lettre entre les mains, c’est que ton existence est arrivée à un tournant crucial. Ce que je redoutais de toute mon âme est survenu, tu vas devoir t’opposer à ton père. Si je n’ai pas réussi à changer son attitude quand nous étions ensemble, je ne le laisserai pas détruire ton avenir après ma disparition, et je serai dans la mort la mère courageuse que je ne suis pas parvenue à être de mon vivant…

J’ai pris une décision avant de mourir, celle que tu puisses choisir ta vie, malgré Barou. Dans ce but, je t’ai confiée à ton oncle. Il fera un père attentif et aimant pour toi, le meilleur que l’on puisse trouver. Je sais que l’amour qu’il me portait s’est transformé en tendresse infinie, la même que celle que je partage avec lui. Il m’est arrivé parfois de me demander quelle existence j’aurais menée si c’était lui que j’avais aperçu en premier et non Barou… Sûrement rien, j’ai aimé ton père à la folie et, pour lui, sans la moindre pression de sa part, je serais allée au bout du monde. Les sentiments que j’ai éprouvés pour Bonneau étaient très différents, mais tout aussi profonds. Il représentait le frère que je n’ai jamais eu la chance de voir grandir, puisque le mien est mort brûlé vif… Je sais son courage, il respectera l’engagement qui est le sien et lui, comme Mélinda et Hamelin, l’exécutera pour moi et pour te protéger. Ce qu’ils m’ont promis constitue un acte dont ils vont souffrir, car ils aiment Barou autant que moi et ils prennent le risque de briser la vie de leur frère ou ami. Ma confiance est absolue, aucun d’entre eux ne faiblira le moment venu.


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