Les Archives du blog de #fantasy de décembre 2013
tome 2 - La Tribu Libre

La saga d'Aila  fantasy


fantasy saga

Note : 4.5 / 5 avec 210  critiques high

Les archives du blog de fantasy d'Aila de décembre 2013

29 décembreDe retour dans un monde connecté, mais animée par une flemme plus grosse que moi ! Mon regard et mes pensées s'égarent sur le nombre de choses à rattraper et, étrangement, il ne se produit aucune réaction dans ce sens ! Si je ne reprends pas du poil de la bête, comme on dit, mon retard va continuer à s'accumuler et cette idée m'apparaît totalement horripilante. Je me refuse à lister tout ce que je laisse de côté depuis trois ans en me disant à chaque fois « Plus tard… » Mais je m'aperçois que ma disponibilité actuelle va m'amener à repousser des projets envisagés parce qu'il me manque quelques mains et des journées de 48 heures… Allez, restons zen ! À l'impossible, nul n'est tenu et, si je m'épuise sans prendre le temps de me reposer, c'est moi que je perdrai définitivement.
Bon, récapitulons quand même les actions essentielles : reprendre la relecture avec le tome IV, poursuivre l'écriture des tomes V et VI pour commencer. D'ailleurs, l'éventuel probable certain tome VII m'énerve passablement parce que, si j'en connais parfaitement le début et la fin, j'ai quand même au milieu cent cinquante pages à écrire qui persistent à rester dans un flou profondément artistique. Encore trop de fatigue pour libérer pleinement mon imagination, pas glop…
Ah oui… je me suis égarée. Reprenons : écrire une nouvelle à distribuer gratuitement. Pour tout vous dire, j'en avais bien commencé une qu'avec la reprise je n'avais pas eu le temps de terminer, mais son point faible était que son sujet n'avait rien à voir avec la fantasy. Or, si je veux drainer quelques lecteurs vers la saga d'Aila, je dois plutôt me diriger vers cette forme de littérature. Donc j'ai commencé à repenser et j'ai trouvé l'idée : « Et la Magie fut… » J'ai commencé à l'écrire, même le problème reste le même, trop de fatigue qui paralyse mes petits neurones créateurs. J'ai bien quelques étincelles, mais le passage à l'acte reste compliqué. La bonne volonté ne suffit pas quand le corps et l'esprit, trop sollicités depuis trop longtemps, se dérobent…
Pour éliminer les quelques excès de Noël, reprise de la course : 4 km hier et 6 aujourd'hui sous un beau soleil ! Je me croirais au printemps.
Bon dimanche.

25 décembreJoyeux Noël à tous ! Que cet instant plein de lumière soit le vôtre, au milieu de votre famille ou entre amis.
Mon plus beau cadeau de Noël, un premier retour sur « L'Oracle de Tennesse » :
« J'ai fini l'Oracle de Tennesse à 23h50 la nuit dernière avec un sentiment de grande joie pour la suite à venir : l'histoire au fil des tomes devient de plus en plus passionnante (mais où vas-tu chercher tous ces rebondissements !!!). Dur, dur de fermer ce tome, j'en voulais encore plus : la fin de l'Oracle est géniale. Chapeau, je me régale autant que si je lisais les Goodkind ou Hobb.
C'est un pur bonheur de retrouver Aila chaque Noël : j'ai ainsi mon cadeau !!! Merci.
Je m'impatiente déjà de connaître la suite, tu t'en doutes surtout qu'il y a un …(eh non ! Je ne vous le dirai pas ! Je ne vais quand même pas vous livrer tous mes secrets !), alors… après les fêtes, il faudra se mettre au prochain tome. Non ? J'ai une patience infinie et j'attendrai, j'attendrai, j'attendrai… mais pas trop quand même !!
 »
Dans le tome III, nous découvrons Wartan, le roi de Wallanie et son épouse fidèle, discrète en apparence, Moutie. Cet homme plutôt emporté, mais vailla aliant, regarde le coeur meurtri son pays être envahi par Césarus et ses plus beaux symboles être détruits peu à peu… De plus, de quelle ombre est entaché son passé ? Celle-ci le rattrapera au moment le moins opportun et sera sur le point de faire basculer l'avenir du monde…
Bon week-end.

20 décembreUn nouveau commentaire « 5 étoiles » chez UPblisher :
« Que dire !!!
Absolument génial ce 2e Tome, je ne l'ai pas lu en une semaine celui-là, mais en un week-end.
Pour vous dire à quel point je l'ai aimé. Il est palpitant, plein de rebondissements, il nous emmène vers d'autres contrées avec des personnages qui suscitent de plus en plus d'intérêt.
Maintenant il me tarde d'avoir le 3e Tome.
Une Saga que j'affectionne particulièrement, vous l'aurez compris.
À Catherine : ne change rien, continue d'avoir autant d'imagination pour nous enchanter, c'est un « DON ». Merci !!
 »

Dans le tome III, très peu de personnages vraiment nouveaux, mais, il en est une déjà citée par les fées qui l'ont égarée dans l'immense jardin des fées : Lyo… Elle est notre dernière fée à découvrir. Où se terre-t-elle ? Quelle tâche la retient éloignée de ses sœurs ? Sur quels sables mouvants s'était-elle engagée ? Une dernière fée, comme les autres, pétillantes et lumineuses, mais dont les prunelles noires renferment autant de secrets que la Terre entière en contient…
Bon week-end.

19 décembreDeux nouveaux commentaires « 5 étoiles » chez UPblisher :
« Un premier tome envoûtant.
Un grand bravo pour ce voyage envoûtant, magique et plein de suspens. Nous sommes tellement emportés qu'il n'est plus possible de s'arrêter en chemin.
Vivement la suite, je suis en manque !!!
Merci, de nous faire rêver. »

« Un grand bravo !!!!
J'adore la fantaisie, j'adore ta fantaisie !!!!
Ce premier Tome je l'ai lu en une petite semaine. L'histoire est posée et c'est parti !!!
Elle captivante, palpitante, pleine de rebondissements, elle t'emmène ailleurs loin du quotidien.
Quant à l'héroïne à qui on peut s'identifier parfois et que l'on voudrait bien être, elle est fascinante.
Un grand merci.
 »

Découvrez le début du tome III !
Aujourd'hui, je vous présente Alsone, reine d'Estanque et de braise, une femme jamais seule, mais sans aucun monarque officiel. Quel terrible secret se cache derrière son intransigeance, son dédain profond pour les hommes et ses extraordinaires talents de manipulatrice ?
Comment Aila parviendra-t-elle à la convaincre de rejoindre le combat en Wallanie ? Quel prix, terriblement douloureux, sera le sien pour obtenir son ralliement ?
Bonne fin de semaine.

17 décembreNouveau commentaire « 5 étoiles » chez UPblisher:
« Merveilleux !
Un monde à découvrir, des personnages attachants, lointains et pourtant si proches de nous par leurs réactions… Je me suis laissée envahir par Aila et son univers. Tome 1 dévoré, tome 2 presque fini, et vivement la suite ! Bravo !
 »
Voilà qui devrait déboucher sur un deuxième commentaire rapidement si tout se passe bien !
Découvrez les nouveaux personnages du tome III !
Allez, je vous présente Hatta, reine d'Épicral et de glace, qui veille sur son royaume en l'absence de son époux, le roi Guert. Cette femme, au service de son peuple, cache un passé trouble et sa situation actuelle difficile ne lui laisse aucun choix, sinon celui de s'effacer…
Quelle relation spéciale va s'instaurer entre ces deux femmes qu'initialement tout sépare ? Dans quelles nouvelles aventures inédites Aila entraînera-t-elle cette femme sur le point de perdre son titre ?
Bonne semaine.

16 décembreRéflexion du jour : les grands hommes, aussi merveilleux soient-ils, ne doivent pas faire oublier de plus modestes qui, chaque jour, à leur niveau, à leur façon, apportent au monde un peu plus de bonheur… Ni les uns ni les autres ne doivent être négligés, car, si la palette de couleurs semble moins riche dans le deuxième cas, elle n'en est pas moins tout autant indispensable. Il est de grands idéaux et de petits gestes au quotidien et ces derniers seront toujours plus nombreux que les premiers et, surtout, plus accessibles par le plus commun d'entre nous…
Vous préférez iTunes, voici le lien qui vous propulse vers l'ebook store d'Apple : L'Oracle de Tennesse. J'ai eu de la chance, car un autre livre d'UPblisher a mis plus d'une semaine pour apparaître alors que, pour le mien, deux jours ont suffi ! C'est la magie de Noël !
Bonne semaine.

14 décembreAlors, si vous voulez un aperçu de ce que raconte L'Oracle de Tennesse, le voici :
Au seuil d’un renoncement absolu, Aila reprend la route, déchirée par la cruauté de sa destinée. Appelée par l’Oracle, elle craint d’abandonner sa personnalité et sa place parmi les siens. Si seulement elle pouvait choisir…
Soutenue par une compagne inattendue et habitée par le flux incessant de la connaissance, Aila se surpasse pour nouer les alliances indispensables à la confrontation finale avec les armées de Césarus. Alors que, dans ses yeux, naissent des étoiles lointaines, qui devient-elle ?
Envahie par une magie encore plus redoutable et particulièrement rebelle, Aila affronte un dilemme insupportable : tout perdre ou se perdre…
Notre héroïne persiste et signe : à tout jamais, elle reste ce petit grain qui bouscule le monde et son avenir. Tenez-vous-le pour dit !
L'Oracle de Tennesse à découvrir dans sa totalité chez UPblisher ou sur Amazon. Bientôt sur iTunes ! Bon week-end.

13 décembreDécouvrez la couverture de l'Oracle de Tennesse qui ajoute, à mon aventure personnelle, une œuvre familiale, car mon mari la réalise selon mes désirs (n'est-ce pas que c'est beau ?), ma grande fille apporte ses mains (même si elle a protesté contre les séances de pose, les bras en l'air, trop longues et répétées à son goût ! Mais le résultat est là !) et les avis, parfois corrosifs, de mes deux autres oisillons, mais emplis de sagesse !

Couverture Oracle de Tennesse
Couverture Oracle de Tennesse


Bonne nuit.

11 décembreComment ne pas se sentir orpheline après toutes ces heures, ces jours et ces semaines passés presque exclusivement avec mes personnages ? Alors que la dernière page du tome III vient de se tourner, leur absence résonne en moi comme une forme de vide dans lequel, étrangement, fourmille encore la trace de leur essence.
Peut-être est-ce là que réside la véritable magie de ma vie, dans leur énergie si vibrante et intense qu'elle explose en moi et au bout de mes doigts comme une pluie d'étincelles et de mots. Quand, à la croisée du chemin, elle s'efface, que devient le pauvre être qui l'abritait sinon une ombre solitaire et dépouillée ?
Je n'ai jamais été aussi proche de comprendre Aila et ses choix difficiles… Une fois que sa toute-puissance vous a envoûté, de quelle façon est-il possible réapprendre à vivre sans elle ?
Belle journée.

10 décembreQuel week-end ! Je viens de faire une semaine de boulot en trois jours et mon travail au lycée ne commence qu'aujourd'hui ! Je ne vous dis pas encore la semaine que je vais avoir ! Mais… la relecture s'est terminée aux toutes premières heures de la nuit. Qu'est-ce que je vais avoir comme temps libre maintenant !
En attendant, les projets suivants ne manquent pas à commencer par finaliser le site pour la parution du tome III, commencer la correction du tome IV pour ne pas être prise à la gorge comme cette année et, naturellement, écrire la suite avec les tomes V et VI (voire VII), déjà commencés, mais inachevés. Ah, manque à l'appel l'écriture d'une ou deux nouvelles !
Je vous souhaite une bonne fin de semaine.

6 décembreLes échéances se rapprochent ! Oh la la… Tout doit être terminé pour lundi dernier délai et j'augure plus de 30 heures de boulot en trois jours (et pas simplement pour le livre) ! Mes yeux commencent à souffrir de ces heures ininterrompues passées devant un écran, mais je sais pourquoi tous ses efforts sont importants, parce que, au bout du compte, ils vont offrir à ceux qui apprécient cette saga de fantasy une histoire toujours aussi merveilleuse, prenante et des personnages magnifiques. Alors que je relis pour la sixième ou septième fois certains chapitres, je suis encore happée par certains moments et surtout, de fait, par certains personnages… Comment parviendrai-je, une fois le tome IV édité à accepter de ne plus partager une partie de ma vie avec eux ? Je suis censée écrire la suite et, effectivement, ma tête est emplie d'idées et, d'ailleurs, j'en ai trouvé une extraordinaire que je garde pour moi, mais je suis tellement dévorée par mon métier que j'ignore si je parviendrai au bout de mes objectifs. Encore, à mon avis, trois tomes à écrire et je sais comment je fonctionne, je ne me lancerai pas dans l'édition avant d'être parvenue au bout des trois… Ce sera compliqué à gérer, peut-être trop. Il faut croire qu'aujourd'hui, je fais concurrence à Aila, je ne vois pas bien la sortie du tunnel…
Couverture terminée ! Bientôt les nouvelles pages du site. Mon petit mari s'est chargé de les créer ainsi que la carte et je dois me charger du contenu. Au secours !
Bon week-end.

1er décembreUne fin de semaine hyper chargée, mais pleine de bonheur : une soirée improvisée entre copines dans la bonne humeur, une fête des voisins pour accueillir les nouveaux venus, chaleureuse et animée. En conclusion, quelques heures bienvenues pour oublier le travail en attente !
Enfin, ce n'est pas le tout, mais, une fois les festivités terminées, reste le travail à avancer et le retard à rattraper ! Aïe… Certains bons moments possèdent un coût, mais ils vous ont offert tellement d'énergie que cette dernière contribuera à vous donner des ailes ! Chapitre 13 terminé. Plus que deux et un impressionnant tas de copies qui va m'obliger à mettre la relecture en stand-by. La préparation de la couverture avance et, peu à peu, se rapproche de l'idéal rêvé…
Bon dimanche.


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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Placée en plein milieu de la route, Aila attendait. Son esprit détecta ses adversaires qui empruntaient le chemin ouvert par Lumière. Elle entendit, avant qu'elle l'aperçût, son cheval sur le point de la rejoindre et, quand il déboucha, un instant lui suffit, courant à ses côtés, pour l'enfourcher d'un saut puissant. De quelques gestes sûrs et rapides, elle régla bride et étriers, puis s'unit à son kenda, atteignant cette fusion de plus en plus complète qui la rassurait tandis que sa signification profonde lui échappait encore. Tel un aigle, elle survola la route, tout en continuant son chemin sur la jument pour s'éloigner toujours plus de Niamie. Un moment plus tard, elle avait repris sa place au milieu de la voie, immobile, à l'écoute des sonorités d'une cavalcade qui s'amplifiaient. Dès qu'ils la virent, juchée sur son cheval noir, qui les attendait, ces poursuivants ralentirent avant de s'arrêter. Le face à face n'était pas encore engagé que la tension entre les belligérants devenait palpable et décuplait la volonté de ses ennemis de se débarrasser d'elle. La combattante, confiante, se contenta de les jauger du regard. Une immense colère envahit chaque parcelle de sa peau et palpita dans son esprit comme de multiples étincelles ardentes, mais, comme le temps de libérer cette énergie intérieure n'était pas venu, Aila la contrôla de son mieux. Soudain, l'un des cavaliers sortit de la route pour s'enfoncer en pleine forêt, copié immédiatement par un second, qui se dirigea du côté opposé. Malins, ils cherchaient à la prendre à revers. Le combat risquait d'être plus serré que prévu… Son mince avantage consistait dans le fait que, devant elle, ne restaient plus que quatre adversaires, et elle devait en tirer parti. Embrasé par une étincelle plus vive que les autres, son esprit s'enflamma. Elle lança Lumière au galop et se dressa sur la selle. D'un geste rapide et précis, elle fit tournoyer son kenda et le précipita violemment pour frapper un des hommes à la tête avant de le rappeler à elle. Son arme revint dans sa main tandis que le cavalier, estourbi, finissait de glisser à terre, laissant son cheval effrayé s'enfuir dans la forêt. Elle perçut un sursaut d'incompréhension, puis une vague inquiétude s'insinuer dans l'esprit de ses trois compères, encore incertains de l'interprétation à donner à cette attaque éclair. Leur hésitation vite refrénée, ils s'élancèrent à sa rencontre. La personne qui les avait embauchés pour l'assassiner n'avait sûrement pas daigné les informer des aptitudes inhabituelles de leur adversaire. Elle se rassit sur sa selle juste avant d'arriver devant eux et le combat s'engagea. L'affrontement terriblement violent lors des premiers échanges ne laissait place à aucun doute : ces hommes n'obéissaient qu'à un seul impératif, la supprimer. Ils étaient forts, entraînés et encore trois pour l'instant. De plus, leurs deux compères partis sur les côtés revenaient derrière elle afin de finaliser l'encerclement. Par les fées, comment allait-elle parvenir à se sortir de ce guêpier ?
Redoublant d'énergie, elle focalisa ses attaques rapides sur celui qu'elle pressentait le plus faible, finissant par l'abattre d'un coup implacable tout en se contentant de repousser ses deux compagnons. Subitement, Lumière se dressa sur ses pattes arrière dans un hennissement presque sauvage, battant des sabots dans l'air, forçant ainsi leurs ennemis à reculer brièvement. Dès que la jument retomba sur le sol, Aila profita du trouble créé pour se glisser entre les hommes restants, empêchant ceux qui arrivaient derrière elle de boucler le cercle qu'elle redoutait. Il était temps ! Quelques pas suffirent à Lumière pour se retourner et faire face aux nouveaux adversaires qui se lançaient à la rescousse des deux premiers. Elle toisa le groupe qui lui barrait le chemin et cria aux combattants qui le constituaient :
— Que me voulez-vous ?
— Nous sommes payés par le roi de Faraday, ma jolie, cracha vertement l'un des cavaliers. Il désire se débarrasser de celle qui encombre sa route vers un pouvoir encore plus grand !
Aila fronça les sourcils. Mantin ? Non ! Constantin ! Quelle ironie ! Ces mercenaires venaient l'exécuter sur l'ordre d'un souverain qu'elle avait elle-même éliminé quelques semaines plus tôt !
— Constantin est mort et Mantin gouverne à sa place, vous ne le saviez pas ! se moqua-t-elle. Votre commanditaire ne vous paiera pas ce qu'il vous doit.
Un moment de flottement s'empara de la troupe à l'exception d'un tout jeune homme, un peu en retrait jusqu'alors, un de ceux qui avaient cherché à l'encercler, mais pas encore à l'affronter. Ce dernier jaillit sur le devant de la scène, perçant une brèche dans la ligne de ses adversaires.
— Vous mentez ! explosa-t-il.
— Non, je dis toujours la vérité. C'est moi qui ai tué cet ignoble porc ainsi que cette brute épaisse de Boupun.
À ces mots, le visage de l'individu se décomposa un instant, puis ses traits se durcirent, marqués par l'expression d'une haine farouche.
— Alors je vous détruirai pour ce que vous lui avez fait ! hurla-t-il.
Le cavalier chargea et Aila l'imita. D'un mouvement leste, elle s'accroupit sur sa selle, fonça droit sur lui, mais, brusquement, dévia la trajectoire de sa monture vers un adversaire situé à droite, à présent isolé par l'assaut du jeune homme. Cet effet de surprise fonctionna parfaitement. D'un bond, elle sauta sur le cheval de l'ennemi qu'elle venait de choisir, et, d'un geste sûr, lui broya la trachée avec son kenda, juste le temps nécessaire à Lumière pour revenir la chercher. Un bon coup de son bâton dans le visage du combattant voisin ralentit ce dernier dans son désir de la retenir. De nouveau sur sa monture, Aila fonça vers cet homme qui, ayant fait demi-tour, se retrouvait en face d'elle. Deux derrière, un devant, la situation n'était toujours pas brillante. Nouvel affrontement, autre ruse : faisant tournoyer son kenda, elle donna l'impression de galoper vers son plus jeune adversaire. Alors qu'elle semblait préparer une attaque frontale, elle lâcha son arme dans son dos et son bâton percuta violemment l'un de ses poursuivants. Trop stupéfait pour réagir, ce dernier s'écroula sur le côté, provoquant une hésitation perceptible chez son voisin. Le kenda revint prestement dans la main de la combattante, juste à temps pour contrer l'assaut du jeune homme, dont l'hostilité viscérale couvait dans ses yeux comme des lames rougeoyantes. Leurs chevaux tournèrent sur eux-mêmes sous le choc de l'affrontement ; Aila en profita pour s'esquiver et galoper plus loin sur le chemin. Plus que deux… Elle se retourna une nouvelle fois pour braver ses derniers adversaires. Indubitablement, elle commençait à fatiguer. Désireuse de renouveler ses forces, elle plongea à nouveau dans son arme, sans malheureusement y puiser l'énergie qu'elle espérait. Elle allait donc devoir se débrouiller seule… L'envie d'appeler les Esprits de la Terre s'empara d'elle, mais elle n'était plus ni chamane ni même en territoire hagan, et son cœur se serra de chagrin. Alors que le plus jeune de la bande chargeait, suivi avec retard par son dernier compagnon, un cri retentit derrière eux, brisant temporairement leur élan. La surprise totale n'octroya pas un délai suffisant à l'homme à la traîne pour réagir. S'il l'avait eu, en se retournant, il aurait vu fondre sur lui une ennemie inattendue, principalement par sa taille. Un coup efficace l'amena à plonger vers le sol, assommé. Un instant ébahie par la hardiesse de la petite fille et la précision de ses gestes, Aila se ressaisit et se concentra sur son ultime adversaire qui galopait de nouveau vers elle. D'un mouvement aérien, elle descendit de Lumière juste au moment où l'épée de son assaillant cherchait à faucher son bassin, puis elle remonta quelques pas plus tard d'un bond plein de légèreté. Se rapprochant de Niamie, elle vérifia d'un regard que l'homme jeté à terre ne présentait plus aucun danger. Décidément, ce petit bout de bonne femme cachait plein de surprises. Elle cria à sa protégée de se mettre à l'abri avant de se retourner, face à son dernier adversaire, arrêté un peu plus loin sur la route.
— Souvenez-vous de moi, Aila Grand ! Je m'appelle Morain de Faraday et, quel que soit l'endroit où vous irez, je vous retrouverai ! Vous m'avez privé de mon père et de mon héritage ! Je vous le ferai payer au centuple ! Et si, aujourd'hui, je repars, je reviendrai, soyez-en sûre ! Ne m'oubliez pas, parce que, quand vous serez enfin à ma merci, je vous tuerai !
Un charme insolent planait sur son visage, mais Aila ne perçut que l'infinie malveillance qui flambait dans les yeux de ce jeune homme et qui la troubla, car elle n'en comprenait pas l'origine. Pourtant, Constantin n'avait pas eu de descendance. À moins que ce fût un enfant illégitime monté plus haut que les autres et qui avait cru, plus que de raison, que le roi le choisirait comme héritier comme il l'aurait fait pour son fils légitime. Son ultime adversaire talonna son cheval et s'éloigna au grand galop. Elle laissa sa colère s'éteindre en elle et souffla un moment pour se détendre. Puis elle se tourna vers Niamie, lui jetant un regard noir.
— À nous deux, gronda Aila. Que fais-tu ici ?
— J'ai pensé que tu serais contente d'en avoir un de moins à affronter, hasarda l'enfant, peu rassurée par l'attitude sévère de la combattante…
Aila explosa :
— Penser ! Tu n'as pas à penser, tu dois juste obéir ! Quand je te donne un ordre, tu l'exécutes, un point c'est tout ! Ce n'est quand même pas une petite fille de dix ans qui va décider de ce qu'elle doit faire ou ne pas faire !
— Je ne suis plus une petite fille ! D'abord, j'ai bien plus de douze ans ! J'ai grandi depuis que nous nous sommes rencontrées, tu ne le vois donc pas ! répliqua Niamie, frondeuse. Son regard darda celui d'Aila, avant, finalement, avant qu'elle baissât les yeux, subitement contrite de sa soudaine rébellion.
Décontenancée, Aila ne sut plus comment elle devait réagir. Que feraient des parents dans un tel cas ? Elle l'ignorait. Niamie n'était pas son enfant, même si elle l'avait prise sous son aile, bon gré mal gré. Quelle voie aurait choisie Bonneau ? Il aurait pu lui expliquer comment orienter des élèves récalcitrants vers le bon chemin, car il avait sûrement eu fort à faire avec la nièce qu'elle était. Elle aurait dû savoir ce qu'il lui aurait dit. Il lui suffisait de fermer les yeux pour entendre sa voix… Se raclant la gorge, elle ajouta :
— Tu te bats très bien, beau geste, net et précis, mais j'ai repéré quelques petits défauts que nous allons corriger ensemble. À partir de maintenant, je prends ton entraînement en main.
— Merci, Aila, tu es merveilleuse ! s'écria Niamie en se jetant à son cou. Je t'aime aussi fort que ma maman !
Aila se sentit bouleversée par cette explosion d'affection dont elle était le centre. Cherchant à dominer son trouble intérieur, elle se ressaisit et ajouta :
— Mais plus jamais de désobéissance, Niamie, as-tu bien compris ? Je vais tester ce que tu vaux et, la prochaine fois, si je considère que tu es prête, je t'appellerai. Sinon, tu ne bouges pas !
Niamie hocha la tête, mais Aila décela, derrière son détachement apparent, un immense bonheur pétiller dans ses yeux clairs.

Dès le premier village croisé, Aila acheta une couverture supplémentaire et un couteau et, quand la nuit tomba, les deux filles s'installèrent dans la forêt pour dormir. Niamie, très impressionnée, vint rapidement se réfugier contre la jeune femme, un peu effrayée par les bruits nocturnes avant, finalement, de s'assoupir, bercée par le hululement plaintif des chouettes. Au petit matin, Niamie se réveilla en pleine forme et Aila estima qu'un entraînement au kenda après le petit déjeuner les maintiendrait en forme toutes les deux. Les réactions purement instinctives que la fillette mettait en œuvre la stupéfiaient. Son corps se mouvait avec une souplesse féline et une puissance inhabituelle pour son âge. Elle se demanda si les capacités indéniables de son élève étaient les mêmes que celles que Bonneau avait détectées chez elle, enfant. Était-ce pour cette raison qu'il avait décidé de la former ? Techniquement, Niamie possédait une nette marge de progression, mais ce qui sidérait la jeune femme était l'aptitude de sa protégée à saisir la façon de combattre de son adversaire. Aila enchaîna des attaques variées et Niamie les contrecarra sans hésitation. Drôle de petite fille…
— Allez, à présent, à cheval ! Il ne faudrait pas trop rallonger le trajet pour Niankor.
— Alors, est-ce que tu crois que je deviendrai aussi bonne que toi ? demanda Niamie.
— Même meilleure ! Bonneau a raison, tu es excellente !
— Oh, c'est un monsieur tellement gentil ! Je voudrais bien le revoir ! dit Niamie, un soupçon de tristesse dans la voix.
« Moi aussi », pensa Aila qui se contenta de hocher la tête.
Les jours suivants s'écoulèrent tranquillement. Décidée à mettre de côté son chagrin pour s'occuper de sa compagne, Aila s'était adaptée du mieux qu'elle pouvait au rythme de Niamie, heureuse de constater que cette dernière résistait plutôt bien à leur vie déréglée. Elle profita du temps de trajet qui leur restait pour partager ses connaissances avec Niamie. Bientôt, la petite fille fut capable de monter le campement toute seule, d'identifier quelques plantes utiles pour soigner les plaies les plus courantes, de fabriquer des pièges simples, d'effacer des traces grossières ou d'en créer de nouvelles de toutes pièces.
— J'aimerais bien apprendre à tirer à l'arc, lui annonça Niamie, un soir.
Aila blêmit. Son arc, celui offert par Aubin et dame Mélinda ! Mais où était-il donc ? Pas en Avotour, c'était certain et elle ne l'avait pas emporté en pays hagan, donc son ultime chance consistait à espérer qu'il fût resté chez Nestor… Par les fées, il devait y être rangé ! Elle serait bien trop triste de l'avoir égaré lors de ses multiples péripéties.
— Très bonne idée, Niamie. Je verrai ce que je peux faire. Mais, d'abord, nous devrons trouver un arc à ta taille.
Les yeux de Niamie s'agrandirent :
— Tu sais également tirer à l'arc ? Oh ! Aila, tu sais tout faire !
Aila lut dans son regard tant d'admiration qu'elle en ressentit une forme de gêne.
— Non, petite fille, je ne sais pas tout faire, mais, ce que je connais, je le fais bien…
— Aila, interpella doucement Niamie, j'ai plus de douze ans maintenant et je ne suis plus aussi petite que tu sembles le penser…
Pendant un instant, Aila resta interdite. Malgré la maturité de Niamie, son esprit ne conservait que l'image de la gamine fluette qu'elle avait sauvée au Pontet. Indubitablement, la combattante n'avait pas pris conscience des changements qui s'opéraient peu à peu chez sa protégée, réalisant soudain qu'à peine six ans les séparaient… Était-ce le principal défaut de tous les aînés, de ne pas voir grandir les plus petits ?
— Bien, j'ai compris. Dorénavant, je t'appellerai jeune fille !

Une bonne semaine de voyage supplémentaire fut nécessaire pour parvenir à Niankor. Plus elles s'approchaient de leur destination, plus Aila se sentait nerveuse. Tant de souvenirs demeuraient accrochés à ce lieu. C'était là qu'elle était devenue Topéca et là aussi qu'elle avait renoncé de continuer à l'être. Il symbolisait tous les liens d'amour et d'amitié qui s'étaient créés autour d'elle. Elle ne pouvait oublier l'aventure qu'elle y avait vécue avec Adrien et son cœur se serra en pensant que, maintenant, il s'acheminait vers la frontière wallane avec tous leurs compagnons. Comme le pays hagan devait lui manquer alors qu'elle-même tremblait d'y retourner sans être Topéca… Non, elle n'était pas simplement anxieuse, elle se sentait littéralement terrifiée à l'idée de fouler à nouveau cette terre qu'elle avait adorée de toute son âme, sans la présence de Hang ou de Hara à ses côtés, ni même celle de Quéra ou d'Astria, ni personne pour les remplacer… Plus que tout, elle appréhendait de marcher dans ces montagnes sans ressentir les Esprits de la Terre qui l'avaient imprégnée d'un profond sentiment de plénitude. En le perdant, n'avait survécu que l'écho d'un grand vide insondable qui résonnait encore dans son âme meurtrie par son absence. Même si une nouvelle perception de la magie s'était développée en elle, elle s'apercevait que rien ne l'emplissait autant que le pouvoir de ces Esprits, et que se confronter au sol hagan sans eux était comme s'élancer au cœur d'un désert sans gourde, elle finirait par mourir de désespoir ou de soif… Elle soupira et repoussa toutes les idées qui s'entrechoquaient et concouraient à entretenir sa souffrance. Et s'il n'y avait eu qu'elles… D'autres que la combattante cherchait désespérément à ignorer revenaient régulièrement briser son cœur. De quel autre choix disposait-elle que celui de se tourner résolument vers le futur ? Cependant, certaines décisions du passé lui collaient si fort à sa peau que les amener à disparaître mettrait obligatoirement cette dernière à vif… En outre, comment perdre sa propre identité en devenant Oracle pouvait-il être considéré comme un avenir ? L'unique avantage serait d'oublier ce qu'elle avait abandonné en venant ici. Un Oracle ne devait rien ressentir… Apprendre à renoncer devant son incapacité à changer les choses… Cette phrase résonna comme un écho douloureux. Encore une nouvelle pensée déchirante à chasser avec l'image de la personne qui l'avait prononcée.
Enfin… Devant elles, le campement s'étendait presque à perte de vue. Le cœur étreint par l'émotion, Aila s'engagea dans ce qui demeurait de la tribu libre, désertée par ceux qui avaient gagné la Wallanie. Rapidement reconnue, des Hagans l'entourèrent, heureux de la retrouver et avides de nouvelles à propos des combattants. Elle aimait tant ce peuple… Décelant leurs sentiments ambigus, mélange d'inquiétude et d'optimisme, la jeune femme leur expliqua les projets qu'elle connaissait. Elle marcha parmi eux pour les saluer, les écouter et bientôt soigner les uns et les autres. Si elle avait cessé d'être Topéca, elle demeurait en leur cœur comme « celle qui voit et celle qui sait », et ressentait avec émotion le respect qui accompagnait chacun de leurs gestes à son égard. Elle fut invitée partout et par tous, sous le regard admiratif de Niamie qui la suivait sans se faire remarquer. Le soir venu, enfin, elle parvint à rejoindre la maison de Nestor. Son propriétaire les guettait sur le pas de la porte.
— Dame Aila ! Quel plaisir de vous accueillir de nouveau !
Elle faillit protester contre le mot « dame », mais y renonça. Elle ne le changerait pas, alors, autant lui laisser cette satisfaction.
— Ce plaisir est totalement partagé, mon cher Nestor. Je vois que vous nous attendiez.
— C'est que les nouvelles circulent vite par chez nous. Avant, c'était un petit coin tranquille. Maintenant, il l'est beaucoup moins, mais je m'y suis habitué.
— Vous avez bien fait. C'est un grand honneur de vivre parmi ce peuple.
— Absolument ! Rentrons, nous continuerons devant le plat que j'ai mijoté pour vous et la demoiselle. Mademoiselle ?
— Niamie, répondit cette dernière, avec une gracieuse révérence.
— Et une vraie dame avec ça ! Ce sera donc dame Niamie. Venez.


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