Les Archives du blog de #fantasy de décembre 2013
tome 2 - La Tribu Libre

La saga d'Aila  fantasy


fantasy roman

Note : 4.6 / 5 avec 266  critiques officiel

Les archives du blog de fantasy d'Aila de décembre 2013

29 décembreDe retour dans un monde connecté, mais animée par une flemme plus grosse que moi ! Mon regard et mes pensées s'égarent sur le nombre de choses à rattraper et, étrangement, il ne se produit aucune réaction dans ce sens ! Si je ne reprends pas du poil de la bête, comme on dit, mon retard va continuer à s'accumuler et cette idée m'apparaît totalement horripilante. Je me refuse à lister tout ce que je laisse de côté depuis trois ans en me disant à chaque fois « Plus tard… » Mais je m'aperçois que ma disponibilité actuelle va m'amener à repousser des projets envisagés parce qu'il me manque quelques mains et des journées de 48 heures… Allez, restons zen ! À l'impossible, nul n'est tenu et, si je m'épuise sans prendre le temps de me reposer, c'est moi que je perdrai définitivement.
Bon, récapitulons quand même les actions essentielles : reprendre la relecture avec le tome IV, poursuivre l'écriture des tomes V et VI pour commencer. D'ailleurs, l'éventuel probable certain tome VII m'énerve passablement parce que, si j'en connais parfaitement le début et la fin, j'ai quand même au milieu cent cinquante pages à écrire qui persistent à rester dans un flou profondément artistique. Encore trop de fatigue pour libérer pleinement mon imagination, pas glop…
Ah oui… je me suis égarée. Reprenons : écrire une nouvelle à distribuer gratuitement. Pour tout vous dire, j'en avais bien commencé une qu'avec la reprise je n'avais pas eu le temps de terminer, mais son point faible était que son sujet n'avait rien à voir avec la fantasy. Or, si je veux drainer quelques lecteurs vers la saga d'Aila, je dois plutôt me diriger vers cette forme de littérature. Donc j'ai commencé à repenser et j'ai trouvé l'idée : « Et la Magie fut… » J'ai commencé à l'écrire, même le problème reste le même, trop de fatigue qui paralyse mes petits neurones créateurs. J'ai bien quelques étincelles, mais le passage à l'acte reste compliqué. La bonne volonté ne suffit pas quand le corps et l'esprit, trop sollicités depuis trop longtemps, se dérobent…
Pour éliminer les quelques excès de Noël, reprise de la course : 4 km hier et 6 aujourd'hui sous un beau soleil ! Je me croirais au printemps.
Bon dimanche.

25 décembreJoyeux Noël à tous ! Que cet instant plein de lumière soit le vôtre, au milieu de votre famille ou entre amis.
Mon plus beau cadeau de Noël, un premier retour sur « L'Oracle de Tennesse » :
« J'ai fini l'Oracle de Tennesse à 23h50 la nuit dernière avec un sentiment de grande joie pour la suite à venir : l'histoire au fil des tomes devient de plus en plus passionnante (mais où vas-tu chercher tous ces rebondissements !!!). Dur, dur de fermer ce tome, j'en voulais encore plus : la fin de l'Oracle est géniale. Chapeau, je me régale autant que si je lisais les Goodkind ou Hobb.
C'est un pur bonheur de retrouver Aila chaque Noël : j'ai ainsi mon cadeau !!! Merci.
Je m'impatiente déjà de connaître la suite, tu t'en doutes surtout qu'il y a un …(eh non ! Je ne vous le dirai pas ! Je ne vais quand même pas vous livrer tous mes secrets !), alors… après les fêtes, il faudra se mettre au prochain tome. Non ? J'ai une patience infinie et j'attendrai, j'attendrai, j'attendrai… mais pas trop quand même !!
 »
Dans le tome III, nous découvrons Wartan, le roi de Wallanie et son épouse fidèle, discrète en apparence, Moutie. Cet homme plutôt emporté, mais vailla aliant, regarde le coeur meurtri son pays être envahi par Césarus et ses plus beaux symboles être détruits peu à peu… De plus, de quelle ombre est entaché son passé ? Celle-ci le rattrapera au moment le moins opportun et sera sur le point de faire basculer l'avenir du monde…
Bon week-end.

20 décembreUn nouveau commentaire « 5 étoiles » chez UPblisher :
« Que dire !!!
Absolument génial ce 2e Tome, je ne l'ai pas lu en une semaine celui-là, mais en un week-end.
Pour vous dire à quel point je l'ai aimé. Il est palpitant, plein de rebondissements, il nous emmène vers d'autres contrées avec des personnages qui suscitent de plus en plus d'intérêt.
Maintenant il me tarde d'avoir le 3e Tome.
Une Saga que j'affectionne particulièrement, vous l'aurez compris.
À Catherine : ne change rien, continue d'avoir autant d'imagination pour nous enchanter, c'est un « DON ». Merci !!
 »

Dans le tome III, très peu de personnages vraiment nouveaux, mais, il en est une déjà citée par les fées qui l'ont égarée dans l'immense jardin des fées : Lyo… Elle est notre dernière fée à découvrir. Où se terre-t-elle ? Quelle tâche la retient éloignée de ses sœurs ? Sur quels sables mouvants s'était-elle engagée ? Une dernière fée, comme les autres, pétillantes et lumineuses, mais dont les prunelles noires renferment autant de secrets que la Terre entière en contient…
Bon week-end.

19 décembreDeux nouveaux commentaires « 5 étoiles » chez UPblisher :
« Un premier tome envoûtant.
Un grand bravo pour ce voyage envoûtant, magique et plein de suspens. Nous sommes tellement emportés qu'il n'est plus possible de s'arrêter en chemin.
Vivement la suite, je suis en manque !!!
Merci, de nous faire rêver. »

« Un grand bravo !!!!
J'adore la fantaisie, j'adore ta fantaisie !!!!
Ce premier Tome je l'ai lu en une petite semaine. L'histoire est posée et c'est parti !!!
Elle captivante, palpitante, pleine de rebondissements, elle t'emmène ailleurs loin du quotidien.
Quant à l'héroïne à qui on peut s'identifier parfois et que l'on voudrait bien être, elle est fascinante.
Un grand merci.
 »

Découvrez le début du tome III !
Aujourd'hui, je vous présente Alsone, reine d'Estanque et de braise, une femme jamais seule, mais sans aucun monarque officiel. Quel terrible secret se cache derrière son intransigeance, son dédain profond pour les hommes et ses extraordinaires talents de manipulatrice ?
Comment Aila parviendra-t-elle à la convaincre de rejoindre le combat en Wallanie ? Quel prix, terriblement douloureux, sera le sien pour obtenir son ralliement ?
Bonne fin de semaine.

17 décembreNouveau commentaire « 5 étoiles » chez UPblisher:
« Merveilleux !
Un monde à découvrir, des personnages attachants, lointains et pourtant si proches de nous par leurs réactions… Je me suis laissée envahir par Aila et son univers. Tome 1 dévoré, tome 2 presque fini, et vivement la suite ! Bravo !
 »
Voilà qui devrait déboucher sur un deuxième commentaire rapidement si tout se passe bien !
Découvrez les nouveaux personnages du tome III !
Allez, je vous présente Hatta, reine d'Épicral et de glace, qui veille sur son royaume en l'absence de son époux, le roi Guert. Cette femme, au service de son peuple, cache un passé trouble et sa situation actuelle difficile ne lui laisse aucun choix, sinon celui de s'effacer…
Quelle relation spéciale va s'instaurer entre ces deux femmes qu'initialement tout sépare ? Dans quelles nouvelles aventures inédites Aila entraînera-t-elle cette femme sur le point de perdre son titre ?
Bonne semaine.

16 décembreRéflexion du jour : les grands hommes, aussi merveilleux soient-ils, ne doivent pas faire oublier de plus modestes qui, chaque jour, à leur niveau, à leur façon, apportent au monde un peu plus de bonheur… Ni les uns ni les autres ne doivent être négligés, car, si la palette de couleurs semble moins riche dans le deuxième cas, elle n'en est pas moins tout autant indispensable. Il est de grands idéaux et de petits gestes au quotidien et ces derniers seront toujours plus nombreux que les premiers et, surtout, plus accessibles par le plus commun d'entre nous…
Vous préférez iTunes, voici le lien qui vous propulse vers l'ebook store d'Apple : L'Oracle de Tennesse. J'ai eu de la chance, car un autre livre d'UPblisher a mis plus d'une semaine pour apparaître alors que, pour le mien, deux jours ont suffi ! C'est la magie de Noël !
Bonne semaine.

14 décembreAlors, si vous voulez un aperçu de ce que raconte L'Oracle de Tennesse, le voici :
Au seuil d’un renoncement absolu, Aila reprend la route, déchirée par la cruauté de sa destinée. Appelée par l’Oracle, elle craint d’abandonner sa personnalité et sa place parmi les siens. Si seulement elle pouvait choisir…
Soutenue par une compagne inattendue et habitée par le flux incessant de la connaissance, Aila se surpasse pour nouer les alliances indispensables à la confrontation finale avec les armées de Césarus. Alors que, dans ses yeux, naissent des étoiles lointaines, qui devient-elle ?
Envahie par une magie encore plus redoutable et particulièrement rebelle, Aila affronte un dilemme insupportable : tout perdre ou se perdre…
Notre héroïne persiste et signe : à tout jamais, elle reste ce petit grain qui bouscule le monde et son avenir. Tenez-vous-le pour dit !
L'Oracle de Tennesse à découvrir dans sa totalité chez UPblisher ou sur Amazon. Bientôt sur iTunes ! Bon week-end.

13 décembreDécouvrez la couverture de l'Oracle de Tennesse qui ajoute, à mon aventure personnelle, une œuvre familiale, car mon mari la réalise selon mes désirs (n'est-ce pas que c'est beau ?), ma grande fille apporte ses mains (même si elle a protesté contre les séances de pose, les bras en l'air, trop longues et répétées à son goût ! Mais le résultat est là !) et les avis, parfois corrosifs, de mes deux autres oisillons, mais emplis de sagesse !

Couverture Oracle de Tennesse
Couverture Oracle de Tennesse


Bonne nuit.

11 décembreComment ne pas se sentir orpheline après toutes ces heures, ces jours et ces semaines passés presque exclusivement avec mes personnages ? Alors que la dernière page du tome III vient de se tourner, leur absence résonne en moi comme une forme de vide dans lequel, étrangement, fourmille encore la trace de leur essence.
Peut-être est-ce là que réside la véritable magie de ma vie, dans leur énergie si vibrante et intense qu'elle explose en moi et au bout de mes doigts comme une pluie d'étincelles et de mots. Quand, à la croisée du chemin, elle s'efface, que devient le pauvre être qui l'abritait sinon une ombre solitaire et dépouillée ?
Je n'ai jamais été aussi proche de comprendre Aila et ses choix difficiles… Une fois que sa toute-puissance vous a envoûté, de quelle façon est-il possible réapprendre à vivre sans elle ?
Belle journée.

10 décembreQuel week-end ! Je viens de faire une semaine de boulot en trois jours et mon travail au lycée ne commence qu'aujourd'hui ! Je ne vous dis pas encore la semaine que je vais avoir ! Mais… la relecture s'est terminée aux toutes premières heures de la nuit. Qu'est-ce que je vais avoir comme temps libre maintenant !
En attendant, les projets suivants ne manquent pas à commencer par finaliser le site pour la parution du tome III, commencer la correction du tome IV pour ne pas être prise à la gorge comme cette année et, naturellement, écrire la suite avec les tomes V et VI (voire VII), déjà commencés, mais inachevés. Ah, manque à l'appel l'écriture d'une ou deux nouvelles !
Je vous souhaite une bonne fin de semaine.

6 décembreLes échéances se rapprochent ! Oh la la… Tout doit être terminé pour lundi dernier délai et j'augure plus de 30 heures de boulot en trois jours (et pas simplement pour le livre) ! Mes yeux commencent à souffrir de ces heures ininterrompues passées devant un écran, mais je sais pourquoi tous ses efforts sont importants, parce que, au bout du compte, ils vont offrir à ceux qui apprécient cette saga de fantasy une histoire toujours aussi merveilleuse, prenante et des personnages magnifiques. Alors que je relis pour la sixième ou septième fois certains chapitres, je suis encore happée par certains moments et surtout, de fait, par certains personnages… Comment parviendrai-je, une fois le tome IV édité à accepter de ne plus partager une partie de ma vie avec eux ? Je suis censée écrire la suite et, effectivement, ma tête est emplie d'idées et, d'ailleurs, j'en ai trouvé une extraordinaire que je garde pour moi, mais je suis tellement dévorée par mon métier que j'ignore si je parviendrai au bout de mes objectifs. Encore, à mon avis, trois tomes à écrire et je sais comment je fonctionne, je ne me lancerai pas dans l'édition avant d'être parvenue au bout des trois… Ce sera compliqué à gérer, peut-être trop. Il faut croire qu'aujourd'hui, je fais concurrence à Aila, je ne vois pas bien la sortie du tunnel…
Couverture terminée ! Bientôt les nouvelles pages du site. Mon petit mari s'est chargé de les créer ainsi que la carte et je dois me charger du contenu. Au secours !
Bon week-end.

1er décembreUne fin de semaine hyper chargée, mais pleine de bonheur : une soirée improvisée entre copines dans la bonne humeur, une fête des voisins pour accueillir les nouveaux venus, chaleureuse et animée. En conclusion, quelques heures bienvenues pour oublier le travail en attente !
Enfin, ce n'est pas le tout, mais, une fois les festivités terminées, reste le travail à avancer et le retard à rattraper ! Aïe… Certains bons moments possèdent un coût, mais ils vous ont offert tellement d'énergie que cette dernière contribuera à vous donner des ailes ! Chapitre 13 terminé. Plus que deux et un impressionnant tas de copies qui va m'obliger à mettre la relecture en stand-by. La préparation de la couverture avance et, peu à peu, se rapproche de l'idéal rêvé…
Bon dimanche.


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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Aila arriva dans la salle du conseil au moment où retentissait la deuxième cloche, suivie de près par Adam et Pardon. Tristan et Aubin, déjà présents, assis à la table, faisaient face aux princes et au mage royal.
— Veuillez fermer la porte et installez-vous, demanda Hubert.
Elle se plaça au centre des garçons, près d’Aubin.
— Ce matin, vous prêterez serment à la famille royale. Je vous lis l’engagement que chacun d’entre vous va devoir énoncer et signer : « Moi — vous donnerez vos prénom et nom —, fils ou fille de — vous donnerez ceux de votre père ou de votre mère — m’engage à servir fidèlement la famille royale d’Avotour. Je jure de protéger chacun de ses membres, d’obéir à leurs ordres et de respecter leurs choix qui deviendront les miens. »
Ennuyée, Aila se tortilla sur sa chaise. Un coup d’œil rapide lui apprit que ses compagnons semblaient sereins, contrairement à elle. Hubert tendit à Tristan l’engagement qu’il parcourut sagement et qu’il signa d’une main hésitante, simplement parce qu’une épée au bout du bras lui convenait davantage qu’une plume entre les doigts. Ensuite, Aubin prêta allégeance. Aila eut le cœur gonflé de joie d’entendre son frère s’engager avec détermination et passion. Elle le regarda apposer sa signature sur le document, rayonnant de bonheur.
— À vous, mademoiselle Grand.
Aila prit la feuille et commença à la lire, puis s’arrêta et la laissa retomber sur la table. Elle observa tour à tour Avelin, et Hubert, et le mage royal.
— Je vous présente mes excuses, mais je suis incapable de signer ce papier, parce que je sais que je ne resterai pas fidèle à cet engagement. Vous attendez de moi que je devienne un mouton, docile et inexistant, et c’est impossible pour moi…
Sa voix tremblait. Son cœur, serré comme dans un étau, était broyé de détresse. Par fierté ou honnêteté, elle était en train de briser son rêve et sa vie s’écroulait à nouveau.
— J’ai mis trop d’années pour exister pleinement. Aujourd’hui, je crois y être parvenue et puis, comme ça, vous me demandez de renoncer à être moi-même. Je refuse de m’exécuter… Excusez-moi de vous avoir fait perdre votre temps.
Sa voix mourut, tandis qu’elle contenait l’émotion qui montait en elle. Au cœur de l’attention de tous, elle se leva pour partir. Une main frôla la sienne, Aubin se sentait mal, lui aussi.
— Asseyez-vous, Aila.
Elle tourna les yeux vers Avelin qui venait de parler. Pour la première fois, il n’affichait pas ce petit air ironique qu’elle ne supportait pas.
— Asseyez-vous, répéta-t-il doucement.
Elle obéit sans le quitter du regard.
— Désirez-vous être fidèle à ma famille ?
Elle hocha la tête pour dire oui, incapable d’articuler un mot.
— Ceci est donc un engagement que vous pouvez prendre ?
Elle secoua à nouveau la tête.
— Et en protéger les membres ?
Cette fois, elle parvint à murmurer un oui tout juste audible.
— En conclusion, si je vous comprends bien, vous ne souhaitez pas nous obéir aveuglément et penser la même chose que nous, sans être en plein accord avec vous-même.
— Oui, c’est exact, sire.
— Bien. Mage royal, pouvez-vous rédiger pour Aila Grand un exemplaire où ne se trouvera que les deux premiers engagements, je vous prie ? Merci beaucoup.
Au temps qu’Orian mit pour exécuter cette petite tâche, Aila, qui avait tourné son regard vers lui, sut qu’il réfléchissait à la légitimité de ce changement. De légers murmures fusèrent, en provenance des autres membres du groupe et elle perçut un mouvement d’humeur chez Hubert qu’Avelin avait encore devancé. Sentant la dissension monter entre les deux frères une nouvelle fois, elle prit la parole :
— Messires, mage royal. Quand je donne, je le fais sans retenue. Cet engagement partiel que je signe ne signifie en aucun cas que je serai susceptible de vous trahir ou de me désavouer. Ma participation aux joutes obéissait à deux motivations. D’un côté, je l’admets honnêtement, je voulais prouver ma valeur et démontrer mes aptitudes, de l’autre, je désirais aussi réaliser quelque chose de ma vie qui me corresponde. Défendre votre famille lui donne le sens qui lui manquait. Sire Hubert, mage royal, sire Avelin, ce serment que je vais prêter doit refléter votre choix. En cas d’incertitude, je le comprendrai et je partirai.
Elle planta son regard dans celui d’Avelin qui, ayant retrouvé sa moue ironique, acquiesça de façon pompeuse comme il savait si bien le faire… Elle se tourna vers Orian dont les yeux pétillaient :
— Je suis d’accord, jeune demoiselle, dit-il en esquissant un vague sourire.
Les yeux d’Aila rencontrèrent enfin ceux d’Hubert. Visiblement, ce dernier tergiversait encore, mais elle lui avait laissé le choix. Elle imaginait qu’il devait peser le pour et le contre et qu’il la maudissait, car, chaque fois, elle dérangeait le monde sagement ordonné qu’il organisait.
— Je suis d’accord. Mais il serait injuste que vous exerciez seule le droit à cet engagement réduit. Tristan Karest, désirez-vous signer cette nouvelle version ou conservez-vous la précédente ?
Aila lui lança un regard admiratif qu’il croisa sans s’y attarder. Il avait repris l’avantage sur Avelin avec panache, il fallait le reconnaître. Hubert n’était peut-être pas aussi falot qu’il le semblait au premier regard, mais il devait avoir du mal à gérer son jeune chien fou de frère. Elle compatit avec lui l’espace d’un instant.
— J’ai signé la première sans hésitation, je maintiens mon choix.
Aubin s’accorda le temps de la réflexion avant de répondre :
— Je me suis enrôlé sans le moindre doute, et aucune raison ne me forcera à changer d’avis, à présent. J’ai confiance en vous et je considère que vos décisions ne pourront que correspondre à celles que j’aurais moi-même prises.
— Aila, voulez-vous lire et signer l’engagement que vous avez choisi ?
— Moi, Aila Grand, fille d’Efée Grand, m’engage à servir fidèlement la famille royale d’Avotour. Je jure de protéger chacun de ses membres.
Elle perçut le sursaut d’Aubin à ses côtés quand elle cita sa mère comme référence, mais elle l’avait sciemment désignée. Barou, son père biologique n’était plus son père. Bonneau, son oncle, était seulement son père d’adoption. Seule Efée semblait donner toute sa dimension à cet engagement. Pardon et Adam signèrent le même parchemin que les premiers garçons. Hubert reprit la parole :
— Voici une première étape franchie, avec, il est vrai, un lot de surprises inattendues.
Son visage s’éclaira d’un sourire fugitif, le premier qu’elle voyait. Elle était convaincue que, derrière cette façade sobre et sérieuse, se cachait un autre personnage très différent et très secret, avec beaucoup plus d’envergure qu’il n’en laissait paraître de prime abord.
— Tout ce que nous allons partager avec vous aujourd’hui ne doit pas sortir de ces murs. Vous ne conservez que le droit d’en discuter, uniquement entre vous, à l’abri d’oreilles indiscrètes.
Les uns après les autres, il testa du regard les membres de l’équipe et tous acquiescèrent d’un geste de la tête.
— Mage royal, la carte s’il vous plaît.
Hubert l’étala sur la table, la fixant avec quatre pierres.
— Avotour : douze comtés, chacun gouverné par un château principal du même nom que lui. Au centre, celui qui donne son nom à notre royaume et qui jouxte sept d’entre eux. Ici, le vôtre : Antan. Il appartient aux quatre territoires centraux avec Avotour, Melbour et Trérour. Là, Hanau, Escarfe, Barnian et Cordor bordent la mer et bénéficient du commerce maritime. À l’ouest, nous trouvons les quatre comtés longés par le pays hagan : Valmor, Aroure, Partour et Uruduo. Malheureusement, les montagnes inhospitalières qui nous séparent de ce peuple voisin ne sont pas assez hautes pour les empêcher de mener des incursions chez nous. Nous y reviendrons plus tard. Poursuivons notre tour d’horizon avec les royaumes qui nous entourent : Hanau, qui est en haut du plan, présente des frontières avec Faraday à l’ouest et la Wallanie au nord. Uruduo et Cordor permettent des échanges avec Épicral et Estanque, même si nous ne partageons aucune bordure commune avec ce dernier. À noter que la partie nord du comté d’Escarfe était anciennement celle du Guétan.
Tous les membres du groupe se penchèrent sur la carte, attentifs. Ils suivaient scrupuleusement tout ce qu’Hubert leur montrait. Le prince héritier reprit :
— Les Hagans, après nous avoir laissés tranquilles pendant une vingtaine d’années, reviennent en hordes voler, tuer, détruire les régions frontalières, principalement le nord de l’Aroure et le sud de l’Uruduo. Nos soldats ont beaucoup de mal à mettre ces bandes en déroute, car elles n’attaquent jamais au même endroit. Aussi, souvent, arrivons-nous trop tard. En ce moment, Adrien, notre frère, enquête sur place pour tenter de comprendre comment ils se débrouillent pour toujours anticiper notre présence et nous éviter. De plus, les Hagans exploitent la possibilité de passer par le royaume d’Épicral pour tromper notre vigilance. Nous devrons également résoudre ce problème de contournement.
Il se tut un instant, observant la carte avec circonspection.
— Notre deuxième souci nous préoccupe encore plus, à moins qu’il ne soit lié au premier, ce qui le rendrait gravissime… Depuis plusieurs années, peut-être certains d’entre vous sont-ils au courant, nous essayons de répertorier exactement les comtés fidèles et ceux qui nous trahissent. Et comment ? Et pour qui ?
Perturbés par l’information, les membres de l’équipe se concertèrent du regard. Cette description alarmante de la situation attisa leur attention.
— Desquels sommes-nous sûrs ? intervint Aila.
Hubert la dévisagea.
— Bonne question. Antan, Melbour, Trérour, Barnian, Cordor et naturellement Avotour.
— Pas plus ? s’étonna Pardon.
— De sûr, c’est tout.
— Et ceux dont il est certain qu’ils nous trahissent ? ajouta-t-elle.
— Escarfe, Valmor, Hanau.
— Tiens, bizarre, marmonna Aubin.
— Oui, tu as raison, ils sont tous situés au nord et en contact avec le royaume du Faraday, conclut Aila.
— Exactement, reprit Hubert.
— Les Faradins auraient-ils envie d’étendre leur territoire ? questionna-t-elle.
— Il y a de grandes chances que ce soit le fond du problème…
— Il est probable que le Guétan veuille faire sécession avec Escarfe. Ce n’est peut-être pas toute l’Escarfe qui trahit…
— Pour cette raison, Avelin et Aila iront au château d’Escarfe tester la fidélité de sire Airin et, s’il n’est pas responsable, ils devront remonter aux origines de la trahison dans son comté et trouver…
— Son fils !
La réponse fusa et Adam se retrouva au centre de l’attention. Jusqu’à présent, se considérant comme un simple remplaçant, il s’était tu, mais là, il n’avait pu s’empêcher d’intervenir.
— Et pourquoi ? interrogea Hubert.
— Je le connais depuis que je suis môme. Il manifeste sans cesse son perpétuel désaccord avec son père et clame depuis des années qu’il vaut mieux que de diriger un modeste territoire… Les Faradins lui ont probablement promis ce qu’il désire en récompense de sa trahison. Enfin, voilà, j’dis cela, mais j’en sais rien. Je crois seulement que, là-bas, faudra vérifier si c’est pas lui.
— Tout à fait judicieux, commenta Avelin.
Hubert continua :
— Vous conduirez tous une mission du même type dans les prochains jours. Avelin et Aila rejoindront Escarfe. Je partirai avec Aubin vers Valmor, Orian avec Pardon pour Hanau. Adam et Tristan, en Aroure et Partour, vous passerez d’auberge en auberge pour écouter, j’ai bien dit écouter, ce qui s’y raconte. Faites-vous petits, soyez discrets.
Du coin de l’œil, Hubert entrevit un froncement de sourcils sur le visage d’Aila. Sans s’émouvoir, il poursuivit :
— Vous pouvez y aller ensemble ou séparément, mais ne revenez pas avant d’avoir recueilli des informations utiles et utilisables. Nous nous retrouverons tous dans trois mois environ au château d’Avotour et, selon les renseignements rapportés, nous envisagerons d’autres missions. Je vous laisse la parole, mage royal.
Orian s’exprima de sa voix rocailleuse au timbre grave :
— Tout ce que sire Hubert vient de présenter dévoile les difficultés de notre pays et les risques qu’il encourt, mais il n’explique pas tout. Je suppose que vous avez remarqué l’appauvrissement de la population. Les pêcheurs hissent des filets vides, tant les ressources en poissons diminuent, les récoltes sèchent ou pourrissent sur pied, car elles reçoivent trop de soleil ou trop d’eau, ou bien des insectes ou des oiseaux les dévastent. Et, à cela, il existe une raison que la vôtre va devoir admettre : la magie des fées est en train de disparaître. Si elle s’éteint définitivement, ce ne sera pas la trahison de nos comtés que nous aurons le plus à craindre, mais la famine, les épidémies et notre disparition pure et simple…
Le murmure qui s’était élevé lorsqu’Orian avait parlé des fées et de leur magie prit fin en même temps que ses derniers mots.
— Que pouvons-nous faire ? demanda Aubin.
— Nous devons trouver l’être humain, homme ou femme, auquel les fées doivent transmettre leur pouvoir pour rétablir l’équilibre. Ceci accompli, il ne restera plus qu’à résoudre nos petits problèmes de trahison…
Le silence qui s’abattit pesait moins lourd que toutes les interrogations muettes qu’aucun n’osait exprimer.
Enfin, Hubert le rompit avec détermination :
— Je sais ce que vous pensez tous, car, comme vous, les mêmes idées m’ont traversé l’esprit. Je me disais que toutes ces légendes, ces contes à dormir debout servaient juste à endormir les enfants avides de merveilleux. Mais, depuis, j’ai changé d’avis. Orian est notre mage royal et je lui voue une confiance totale. Il me certifie que les fées existent, donc c’est la vérité. Il m’annonce qu’elles sont en train de disparaître, je le crois. Il m’affirme que notre pays se délite, car leur magie meurt, je le tiens pour certain. Il sait, un point c’est tout.
— Mais… Mais comment trouver cette personne ? intervint Aubin.
— Nous n’en avons aucune idée.
Ils restèrent tous pensifs, légèrement indécis sur la conduite à adopter…
— Bon, c’est pas qu’on s’ennuie, mais il faudrait s’entraîner au kenda pour arriver à défaire les Hagans, découvrir les traîtres et dénicher l’oiseau rare qui va sauver le monde !
Tous se tournèrent vers Pardon qui afficha un sourire absolument désarmant. Avec plus de sérieux, il continua :
— Nous concevons la gravité de la situation et la seule arme que ne connaissent pas la plupart de nos ennemis est ce bâton. Nous disposons de peu de temps pour parvenir à une maîtrise incomplète, mais efficace. Le perfectionnement viendra par la suite. Je propose que nous allions au manège parfaire notre apprentissage. Qui me suit ?
Tous les membres du groupe levèrent la main.
— Très bien, commenta Hubert. La séance est terminée et je vous accompagne. Te joins-tu à nous, Avelin ?
— Bien sûr, je ne manquerais les leçons données par une demoiselle pour rien au monde…
— Et je vous suis, histoire d’évaluer vos débuts, ajouta Orian, un éclair malicieux traversant ses prunelles
Ils s’observèrent tous. Aubin tendit sa paume que toutes celles des participants à cette première réunion recouvrirent. Ils formaient désormais une communauté ; la solidarité et ce sentiment d’appartenance les transportèrent de bonheur. Une immense complicité venait de s’établir et, ils en étaient certains, avec elle et grâce à elle, ils vaincraient.
— Désolée, j’ai juste un petit souci, objecta Aila. Je n’ai que deux kendas : j’espère que Bonneau voudra bien nous prêter le sien.
— Comme je connais Bonneau, prévoyant comme un écureuil, il en a sûrement caché quelques-uns dans un recoin ! prédit Aubin. Ne se rend-il pas régulièrement du côté de Meillan ?
— Que si ! s’exclama Aila. Tu as raison, alors on y va tous et je vais tout vous apprendre !
Ils sortirent tous ensemble, bavardant et riant, gommant ainsi leurs différences : marchaient seulement des hommes et une femme unis pour sauver leur pays.


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