Les Archives du blog de #fantasy de décembre 2013
tome 2 - La Tribu Libre

La saga d'Aila  fantasy


fantasy

Note : 4.6 / 5 avec 281  critiques

Les archives du blog de fantasy d'Aila de décembre 2013

29 décembreDe retour dans un monde connecté, mais animée par une flemme plus grosse que moi ! Mon regard et mes pensées s'égarent sur le nombre de choses à rattraper et, étrangement, il ne se produit aucune réaction dans ce sens ! Si je ne reprends pas du poil de la bête, comme on dit, mon retard va continuer à s'accumuler et cette idée m'apparaît totalement horripilante. Je me refuse à lister tout ce que je laisse de côté depuis trois ans en me disant à chaque fois « Plus tard… » Mais je m'aperçois que ma disponibilité actuelle va m'amener à repousser des projets envisagés parce qu'il me manque quelques mains et des journées de 48 heures… Allez, restons zen ! À l'impossible, nul n'est tenu et, si je m'épuise sans prendre le temps de me reposer, c'est moi que je perdrai définitivement.
Bon, récapitulons quand même les actions essentielles : reprendre la relecture avec le tome IV, poursuivre l'écriture des tomes V et VI pour commencer. D'ailleurs, l'éventuel probable certain tome VII m'énerve passablement parce que, si j'en connais parfaitement le début et la fin, j'ai quand même au milieu cent cinquante pages à écrire qui persistent à rester dans un flou profondément artistique. Encore trop de fatigue pour libérer pleinement mon imagination, pas glop…
Ah oui… je me suis égarée. Reprenons : écrire une nouvelle à distribuer gratuitement. Pour tout vous dire, j'en avais bien commencé une qu'avec la reprise je n'avais pas eu le temps de terminer, mais son point faible était que son sujet n'avait rien à voir avec la fantasy. Or, si je veux drainer quelques lecteurs vers la saga d'Aila, je dois plutôt me diriger vers cette forme de littérature. Donc j'ai commencé à repenser et j'ai trouvé l'idée : « Et la Magie fut… » J'ai commencé à l'écrire, même le problème reste le même, trop de fatigue qui paralyse mes petits neurones créateurs. J'ai bien quelques étincelles, mais le passage à l'acte reste compliqué. La bonne volonté ne suffit pas quand le corps et l'esprit, trop sollicités depuis trop longtemps, se dérobent…
Pour éliminer les quelques excès de Noël, reprise de la course : 4 km hier et 6 aujourd'hui sous un beau soleil ! Je me croirais au printemps.
Bon dimanche.

25 décembreJoyeux Noël à tous ! Que cet instant plein de lumière soit le vôtre, au milieu de votre famille ou entre amis.
Mon plus beau cadeau de Noël, un premier retour sur « L'Oracle de Tennesse » :
« J'ai fini l'Oracle de Tennesse à 23h50 la nuit dernière avec un sentiment de grande joie pour la suite à venir : l'histoire au fil des tomes devient de plus en plus passionnante (mais où vas-tu chercher tous ces rebondissements !!!). Dur, dur de fermer ce tome, j'en voulais encore plus : la fin de l'Oracle est géniale. Chapeau, je me régale autant que si je lisais les Goodkind ou Hobb.
C'est un pur bonheur de retrouver Aila chaque Noël : j'ai ainsi mon cadeau !!! Merci.
Je m'impatiente déjà de connaître la suite, tu t'en doutes surtout qu'il y a un …(eh non ! Je ne vous le dirai pas ! Je ne vais quand même pas vous livrer tous mes secrets !), alors… après les fêtes, il faudra se mettre au prochain tome. Non ? J'ai une patience infinie et j'attendrai, j'attendrai, j'attendrai… mais pas trop quand même !!
 »
Dans le tome III, nous découvrons Wartan, le roi de Wallanie et son épouse fidèle, discrète en apparence, Moutie. Cet homme plutôt emporté, mais vailla aliant, regarde le coeur meurtri son pays être envahi par Césarus et ses plus beaux symboles être détruits peu à peu… De plus, de quelle ombre est entaché son passé ? Celle-ci le rattrapera au moment le moins opportun et sera sur le point de faire basculer l'avenir du monde…
Bon week-end.

20 décembreUn nouveau commentaire « 5 étoiles » chez UPblisher :
« Que dire !!!
Absolument génial ce 2e Tome, je ne l'ai pas lu en une semaine celui-là, mais en un week-end.
Pour vous dire à quel point je l'ai aimé. Il est palpitant, plein de rebondissements, il nous emmène vers d'autres contrées avec des personnages qui suscitent de plus en plus d'intérêt.
Maintenant il me tarde d'avoir le 3e Tome.
Une Saga que j'affectionne particulièrement, vous l'aurez compris.
À Catherine : ne change rien, continue d'avoir autant d'imagination pour nous enchanter, c'est un « DON ». Merci !!
 »

Dans le tome III, très peu de personnages vraiment nouveaux, mais, il en est une déjà citée par les fées qui l'ont égarée dans l'immense jardin des fées : Lyo… Elle est notre dernière fée à découvrir. Où se terre-t-elle ? Quelle tâche la retient éloignée de ses sœurs ? Sur quels sables mouvants s'était-elle engagée ? Une dernière fée, comme les autres, pétillantes et lumineuses, mais dont les prunelles noires renferment autant de secrets que la Terre entière en contient…
Bon week-end.

19 décembreDeux nouveaux commentaires « 5 étoiles » chez UPblisher :
« Un premier tome envoûtant.
Un grand bravo pour ce voyage envoûtant, magique et plein de suspens. Nous sommes tellement emportés qu'il n'est plus possible de s'arrêter en chemin.
Vivement la suite, je suis en manque !!!
Merci, de nous faire rêver. »

« Un grand bravo !!!!
J'adore la fantaisie, j'adore ta fantaisie !!!!
Ce premier Tome je l'ai lu en une petite semaine. L'histoire est posée et c'est parti !!!
Elle captivante, palpitante, pleine de rebondissements, elle t'emmène ailleurs loin du quotidien.
Quant à l'héroïne à qui on peut s'identifier parfois et que l'on voudrait bien être, elle est fascinante.
Un grand merci.
 »

Découvrez le début du tome III !
Aujourd'hui, je vous présente Alsone, reine d'Estanque et de braise, une femme jamais seule, mais sans aucun monarque officiel. Quel terrible secret se cache derrière son intransigeance, son dédain profond pour les hommes et ses extraordinaires talents de manipulatrice ?
Comment Aila parviendra-t-elle à la convaincre de rejoindre le combat en Wallanie ? Quel prix, terriblement douloureux, sera le sien pour obtenir son ralliement ?
Bonne fin de semaine.

17 décembreNouveau commentaire « 5 étoiles » chez UPblisher:
« Merveilleux !
Un monde à découvrir, des personnages attachants, lointains et pourtant si proches de nous par leurs réactions… Je me suis laissée envahir par Aila et son univers. Tome 1 dévoré, tome 2 presque fini, et vivement la suite ! Bravo !
 »
Voilà qui devrait déboucher sur un deuxième commentaire rapidement si tout se passe bien !
Découvrez les nouveaux personnages du tome III !
Allez, je vous présente Hatta, reine d'Épicral et de glace, qui veille sur son royaume en l'absence de son époux, le roi Guert. Cette femme, au service de son peuple, cache un passé trouble et sa situation actuelle difficile ne lui laisse aucun choix, sinon celui de s'effacer…
Quelle relation spéciale va s'instaurer entre ces deux femmes qu'initialement tout sépare ? Dans quelles nouvelles aventures inédites Aila entraînera-t-elle cette femme sur le point de perdre son titre ?
Bonne semaine.

16 décembreRéflexion du jour : les grands hommes, aussi merveilleux soient-ils, ne doivent pas faire oublier de plus modestes qui, chaque jour, à leur niveau, à leur façon, apportent au monde un peu plus de bonheur… Ni les uns ni les autres ne doivent être négligés, car, si la palette de couleurs semble moins riche dans le deuxième cas, elle n'en est pas moins tout autant indispensable. Il est de grands idéaux et de petits gestes au quotidien et ces derniers seront toujours plus nombreux que les premiers et, surtout, plus accessibles par le plus commun d'entre nous…
Vous préférez iTunes, voici le lien qui vous propulse vers l'ebook store d'Apple : L'Oracle de Tennesse. J'ai eu de la chance, car un autre livre d'UPblisher a mis plus d'une semaine pour apparaître alors que, pour le mien, deux jours ont suffi ! C'est la magie de Noël !
Bonne semaine.

14 décembreAlors, si vous voulez un aperçu de ce que raconte L'Oracle de Tennesse, le voici :
Au seuil d’un renoncement absolu, Aila reprend la route, déchirée par la cruauté de sa destinée. Appelée par l’Oracle, elle craint d’abandonner sa personnalité et sa place parmi les siens. Si seulement elle pouvait choisir…
Soutenue par une compagne inattendue et habitée par le flux incessant de la connaissance, Aila se surpasse pour nouer les alliances indispensables à la confrontation finale avec les armées de Césarus. Alors que, dans ses yeux, naissent des étoiles lointaines, qui devient-elle ?
Envahie par une magie encore plus redoutable et particulièrement rebelle, Aila affronte un dilemme insupportable : tout perdre ou se perdre…
Notre héroïne persiste et signe : à tout jamais, elle reste ce petit grain qui bouscule le monde et son avenir. Tenez-vous-le pour dit !
L'Oracle de Tennesse à découvrir dans sa totalité chez UPblisher ou sur Amazon. Bientôt sur iTunes ! Bon week-end.

13 décembreDécouvrez la couverture de l'Oracle de Tennesse qui ajoute, à mon aventure personnelle, une œuvre familiale, car mon mari la réalise selon mes désirs (n'est-ce pas que c'est beau ?), ma grande fille apporte ses mains (même si elle a protesté contre les séances de pose, les bras en l'air, trop longues et répétées à son goût ! Mais le résultat est là !) et les avis, parfois corrosifs, de mes deux autres oisillons, mais emplis de sagesse !

Couverture Oracle de Tennesse
Couverture Oracle de Tennesse


Bonne nuit.

11 décembreComment ne pas se sentir orpheline après toutes ces heures, ces jours et ces semaines passés presque exclusivement avec mes personnages ? Alors que la dernière page du tome III vient de se tourner, leur absence résonne en moi comme une forme de vide dans lequel, étrangement, fourmille encore la trace de leur essence.
Peut-être est-ce là que réside la véritable magie de ma vie, dans leur énergie si vibrante et intense qu'elle explose en moi et au bout de mes doigts comme une pluie d'étincelles et de mots. Quand, à la croisée du chemin, elle s'efface, que devient le pauvre être qui l'abritait sinon une ombre solitaire et dépouillée ?
Je n'ai jamais été aussi proche de comprendre Aila et ses choix difficiles… Une fois que sa toute-puissance vous a envoûté, de quelle façon est-il possible réapprendre à vivre sans elle ?
Belle journée.

10 décembreQuel week-end ! Je viens de faire une semaine de boulot en trois jours et mon travail au lycée ne commence qu'aujourd'hui ! Je ne vous dis pas encore la semaine que je vais avoir ! Mais… la relecture s'est terminée aux toutes premières heures de la nuit. Qu'est-ce que je vais avoir comme temps libre maintenant !
En attendant, les projets suivants ne manquent pas à commencer par finaliser le site pour la parution du tome III, commencer la correction du tome IV pour ne pas être prise à la gorge comme cette année et, naturellement, écrire la suite avec les tomes V et VI (voire VII), déjà commencés, mais inachevés. Ah, manque à l'appel l'écriture d'une ou deux nouvelles !
Je vous souhaite une bonne fin de semaine.

6 décembreLes échéances se rapprochent ! Oh la la… Tout doit être terminé pour lundi dernier délai et j'augure plus de 30 heures de boulot en trois jours (et pas simplement pour le livre) ! Mes yeux commencent à souffrir de ces heures ininterrompues passées devant un écran, mais je sais pourquoi tous ses efforts sont importants, parce que, au bout du compte, ils vont offrir à ceux qui apprécient cette saga de fantasy une histoire toujours aussi merveilleuse, prenante et des personnages magnifiques. Alors que je relis pour la sixième ou septième fois certains chapitres, je suis encore happée par certains moments et surtout, de fait, par certains personnages… Comment parviendrai-je, une fois le tome IV édité à accepter de ne plus partager une partie de ma vie avec eux ? Je suis censée écrire la suite et, effectivement, ma tête est emplie d'idées et, d'ailleurs, j'en ai trouvé une extraordinaire que je garde pour moi, mais je suis tellement dévorée par mon métier que j'ignore si je parviendrai au bout de mes objectifs. Encore, à mon avis, trois tomes à écrire et je sais comment je fonctionne, je ne me lancerai pas dans l'édition avant d'être parvenue au bout des trois… Ce sera compliqué à gérer, peut-être trop. Il faut croire qu'aujourd'hui, je fais concurrence à Aila, je ne vois pas bien la sortie du tunnel…
Couverture terminée ! Bientôt les nouvelles pages du site. Mon petit mari s'est chargé de les créer ainsi que la carte et je dois me charger du contenu. Au secours !
Bon week-end.

1er décembreUne fin de semaine hyper chargée, mais pleine de bonheur : une soirée improvisée entre copines dans la bonne humeur, une fête des voisins pour accueillir les nouveaux venus, chaleureuse et animée. En conclusion, quelques heures bienvenues pour oublier le travail en attente !
Enfin, ce n'est pas le tout, mais, une fois les festivités terminées, reste le travail à avancer et le retard à rattraper ! Aïe… Certains bons moments possèdent un coût, mais ils vous ont offert tellement d'énergie que cette dernière contribuera à vous donner des ailes ! Chapitre 13 terminé. Plus que deux et un impressionnant tas de copies qui va m'obliger à mettre la relecture en stand-by. La préparation de la couverture avance et, peu à peu, se rapproche de l'idéal rêvé…
Bon dimanche.




Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Toutes les histoires ne commencent pas de la même façon, sauf les contes de fées, alors…

Il était une fois le pays d’Avotour où il faisait bon vivre. Bordée à l’ouest par la montagne et bercée à l’est par la mer, cette contrée bénie reflétait un juste équilibre en toutes choses : le chaud et le froid, les plaines et les vallons, les prés et les forêts. La légende racontait que, pendant des siècles, les fées y avaient vécu en harmonie avec les hommes, et cette entente aurait pu durer pour l’éternité grâce au respect d’une seule et unique règle : l’amour entre une fée et un homme ne pouvait exister. Malheureusement, ce qui était défendu arriva : un regard suffit à deux êtres égarés pour s’aimer et transgresser l’interdit absolu. Fées, familles et amis cherchèrent à les séparer, mais sans aucun succès. Les amants connaissaient pourtant la fin terrible qui les attendait, le corps de l’un distillant un poison à l’autre, mais ils la préférèrent à une vie où ils ne seraient plus unis. Isolés, désavoués, ils finirent par s’enfuir, quittant leur pays pour un lieu lointain et perdu où, de leur amour illicite, naquirent des jumeaux. Conscients de leur condamnation par le mal qui les rongeait de l’intérieur et empirait chaque jour, alors, tant qu’ils le pouvaient encore, ils embrassèrent leurs descendants une dernière fois, les confièrent à la Terre, puis, main dans la main, avancèrent dans l’eau d’un lac noir pour y mourir ensemble. Ainsi s’acheva cet amour interdit. Mais se doutaient-ils qu’ils venaient de bouleverser l’avenir de façon irréversible ?
Les fées et les hommes d’Avotour, qui les recherchaient depuis leur fuite, ne retrouvèrent que leurs corps sans vie, au fond du lac, enlacés à tout jamais. D’une pensée, les fées cristallisèrent les deux amants en hommage à leur passion, en dépit de la folie dont elle était empreinte, pour que jamais un tel drame ne se reproduisît entre les deux peuples. Des bébés, personne ne trouva trace ; ce fut comme s’ils n’étaient jamais nés. Peut-être étaient-ils finalement morts du même mal que leurs parents…

À la suite de ce triste événement, au pays d’Avotour, il fut conté qu’hommes et fées prirent une grave décision : elles continueraient à vivre près d’eux pour les protéger, mais deviendraient invisibles à leurs yeux, évitant ainsi toute nouvelle tentation. Il fut également dit qu’un jour les fées reviendraient parmi les hommes afin de sauver le monde quand elles auraient donné leur pouvoir en héritage à un être humain.

Et la vie poursuivit sa course, insensible à cette douloureuse séparation… En Avotour, les fées avaient disparu depuis trop longtemps et ses habitants avaient fini par oublier tout le bien qu’ils leur devaient. D’elles ne restèrent que des légendes infinies, de celles que les troubadours contaient dans les auberges ou sur les places publiques, dans le silence curieux et recueilli de la population. Ainsi, le temps effaça tout souvenir des mémoires et seuls quelques rares exaltés continuèrent à croire en leur existence. Comme le symbole d’une époque révolue, elles n’apparurent plus que dans la devise du royaume : « Pays des fées, Avotour fut, est et sera » et dans quelques expressions populaires.

Alors qu’un terrible danger étendait son ombre sur la Terre, sous la forme de mille tentacules d’une noirceur effarante, notre histoire commença : celle d’une jeune fille comme les autres, ou presque, mais que quelqu’un, quelque part, avait retenue pour un destin exceptionnel. La journée se terminait et Aila était assise sur une pierre. Elle était assez grande pour son âge et ses cheveux noirs, nattés en une longue tresse, tombaient dans son dos, tandis que des larmes bordaient ses yeux aux pupilles sombres. Du haut de ses seize ans, elle portait sur ses épaules un fardeau bien trop lourd pour une si jeune demoiselle. Comment avait-elle réussi l’exploit de naître en perdant tout ? Et comment pourrait-elle réparer le tort qui lui avait été causé ? Être la fille d’un des combattants les plus valeureux du royaume d’Avotour et ne pas exister à ses yeux constituaient sa triste réalité… Son père, Barou Grand, était un géant à la barbe rousse et au regard bleu, un homme aussi haut que large, animé par une force herculéenne. Vingt ans auparavant, un petit groupe de Hagans, barbares sanguinaires d’un pays frontalier prêts à les envahir, attaqua le carrosse qui transportait Mélinda, la châtelaine d’Antan — un comté d’Avotour — et sa dame de compagnie, Efée. Le hasard décida que, Barou, passant par là entouré par une poignée de compagnons, fut celui qui les avait secourues. À neuf contre vingt, ce colosse trucida à lui seul dix guerriers hagans sous les regards épouvantés, mais émerveillés de ces dames, alors qu’il ne voyait que les yeux noirs et brillants de l’une d’entre elles, une jeune femme brune au sourire enchanteur. Après les avoir mises en sécurité, il remporta les combats déterminants des dernières grandes batailles qui sauvèrent Avotour. Les hommes qui combattaient à ses côtés l’auraient suivi les yeux fermés, même dans la mort, tandis que sa valeur et son courage devenaient les plus beaux symboles du pays. L’histoire retint que l’amour porta le futur grand héros à vaincre les Hagans, qui se tenaient tranquilles depuis cette victoire. Il ne lui resta plus ensuite qu’à gagner le cœur de la demoiselle aux prunelles sombres.
Honoré pour ses exploits par le roi et Avotour, il reçut en récompense un titre et un manoir qu’au lieu d’occuper il mit en fermage pour partir s’installer à Antan et courtiser Efée. Cette dernière ne tarda pas à succomber, avec grâce, à cette cour discrète et attachante, puis à l’épouser six mois plus tard avec la bénédiction des châtelains du comté, Elieu et Mélinda. Ils demeurèrent au château où Barou fut nommé maître d’armes, pour la plus grande fierté de tous ses habitants. Sa célébrité attira de jeunes seigneurs en quête de reconnaissance, amenant le héros à créer une école destinée à les former. Petit à petit, un immense terrain d’entraînement fut érigé à Antan, qui s’enrichit par la suite d’un manège, puis d’un champ de courses, afin de satisfaire tous les besoins. Comme quoi il fallait peu de choses pour que le bonheur devînt réalité… Quelle fille ne serait pas fière d’avoir un père comme celui-ci ?

Aujourd’hui, sa vie semblait sans avenir à Aila. Et pourtant, tout aurait pu devenir tellement merveilleux : enfant désiré, enfin, en apparence, une mère dévouée et adorable, un père impatient de chérir son héritier qui fut, de fait, une héritière… Et là, tout bascula : à l’instant où il découvrit qu’elle n’était qu’une fille, Aila disparut de son existence comme si elle n’était jamais née. Sur le moment, Efée, fatiguée par l’accouchement, n’avait pas compris à quel point la cassure se révélait irrémédiable. Elle avait fait de son mieux, par la suite, pour entourer son enfant d’amour, espérant ainsi compenser l’attitude déconcertante de son mari. Autour d’elle, elle avait sollicité toutes les personnes qu’elle appréciait pour protéger sa fille, déniée par son père. Mélinda, la châtelaine d’Antan, la prit régulièrement avec ses enfants, comme un des siens. Hamelin, le mage du château, devint son précepteur. Lui qui ne s’intéressait à rien d’autre qu’à ses grimoires avait été séduit par ce bébé. Séduit était-il le terme approprié ? Interloqué ? Fasciné ? Toujours était-il que ce fut probablement la seule fois de sa vie où il vint tapoter avec douceur la tête d’un nouveau-né, le regard empreint d’une gravité soudaine. Et, surtout, il y eut Bonneau, son oncle, le frère de son père qui, jour après jour, prit sa petite nièce un peu plus à l’abri de son aile.

Efée, partagée entre deux amours, ne comprenait pas comment Barou pouvait se conduire en mari enflammé, tendre et prévenant, alors que, simultanément, il affichait une indifférence insoutenable dès qu’il s’agissait de sa fille. Tandis qu’elle se remettait péniblement de la naissance, elle percevait le déchirement que représentait pour son époux l’absence d’héritier mâle. Loumie, l’accoucheuse d’âmes, lui avait, avec la plus grande fermeté, déconseillé une autre grossesse, mais Efée y songeait pour rétablir l’équilibre qui avait disparu dans sa vie. Elle voulait une famille, une vraie, avec un père pour ses enfants. Que s’était-il donc passé dans la tête de cet homme, droit et honnête, pour en arriver à rejeter son unique fille ? Essayant une nouvelle fois d’en découvrir la raison, elle avait poussé suffisamment loin la discussion pour que Barou bloquât définitivement toute tentative d’en parler plus avant. Elle ne l’avait jamais vu dans cet état, animé d’une colère glaciale et tranchante, incontournable, insurmontable. Alors, une bonne année après la naissance d’Aila, malgré les réticences de son mari et l’opposition farouche de Loumie, elle tomba de nouveau enceinte, l’espoir vibrant au fond de son cœur de tout réparer en accouchant enfin d’un garçon.

La vie quotidienne d’Efée s’était naturellement divisée en deux. Quand le soir venait, elle confiait sa fille à son oncle, tandis que, dans la journée, elle s’en occupait pendant que son époux assurait son rôle de maître d’armes. Il était son champion et excellait dans tous les types de combats. Aucune arme blanche ne recelait de secrets pour lui et il était un combattant à mains nues hors pair. Vénéré par ses élèves, respecté par ses pairs, ce héros n’attendait qu’un fils pour marcher dans ses traces. Efée le savait, elle lui donnerait ce garçon tant espéré ! Après, tout irait mieux. Au fur et à mesure que sa grossesse avançait, elle se sentait de plus en plus épuisée et Loumie, inquiète, lui rendait visite fréquemment pour évaluer son état. Quand la future mère ne réussit plus à se lever, Mélinda vint prendre de ses nouvelles chaque jour, récupérant Aila pour la ramener parmi ses enfants. Bonneau, lui aussi très présent, soulageait Efée : il emmenait la petite fille s’occuper des chevaux en la fixant sur son dos avec une pièce en cuir qu’il nouait sur sa poitrine. Cette façon de procéder fit sourire tous ceux qui le croisèrent, mais personne ne s’en moqua. Tous respectaient cet oncle qui se comportait mieux qu’un père.

Bonneau, frère de Barou, ne lui ressemblait pas. Certes grand, il n’avait rien d’un colosse. Il avait hérité d’une teinte de cheveux plus sombre que celle de son frère et d’une carrure plus modeste qui ne l’empêchait pas de l’égaler en force. Comme lui, il avait développé une agilité extraordinaire, doublée d’un impressionnant sens de l’équilibre. En sa compagnie, une des premières chutes d’Aila se termina dans un magnifique tas de fumier bien frais, au profond désespoir de l’oncle. Cependant, il se débrouilla tout seul pour la nettoyer des pieds à la tête et la rendit à sa mère propre comme un sequin neuf… Quand l’histoire, qui circula autour du château, revint aux oreilles d’Efée, elle commença par sourire avant d’éclater de rire. Elle eut l’intime conviction que sa solution de rechange était la bonne et que Bonneau deviendrait l’homme de la situation. Sa détermination à protéger Aila s’en trouva alors renforcée.

Quand arriva le moment de la naissance, Aila venait de fêter ses deux ans et demi. En digne futur père, Barou se précipita au chevet de sa femme et ne la quitta plus, malgré Loumie qui ne cessait de le houspiller. Par les fées, un homme n’avait rien à faire là ! Mais, bon gré, mal gré, elle fut bien obligée de tolérer sa présence, car il voulait rester à tout prix. Enfin, le fils tant attendu naquit et le couple savoura un bonheur inoubliable. Barou resplendissait et Efée sentit l’espoir renaître en elle avec l’arrivée de ce petit garçon. Pour sa part, Loumie se montrait plus taciturne que jamais. Cependant, comblés, les nouveaux parents ne prêtèrent aucune attention à son mutisme marqué.

En une seule nuit, Efée perdit toutes ses illusions ; la naissance d’Aubin n’avait rien changé à l’attitude dédaigneuse de Barou envers sa fille qui ne représentait pas plus aujourd’hui qu’hier, et elle en ressentit un désespoir profond. Elle adorait son mari, mais sa réaction créait une blessure insupportable dans son existence qu’il ne paraissait ni entendre, ni comprendre. Elle se sentait si fragile qu’elle décida que, dès maintenant, elle devait agir pour le bien d’Aila. Malgré sa faiblesse, elle écrivit plusieurs lettres, ses enfants à ses côtés, pour profiter de leur présence tant qu’elle le pouvait encore. Toute à son projet, elle reçut Mélinda, puis Bonneau et, enfin, Hamelin. Le déclin de ses forces ne l’empêcha pas de passer avec chacun beaucoup de temps à convaincre et planifier. Son élocution devenait difficile, sa respiration hachée, mais elle se devait d’achever sa démarche : l’avenir de sa fille était en jeu. Au désespoir de voir l’état de la dame de son cœur se dégrader chaque jour davantage, Barou désertait ses heures d’entraînement pour être à ses côtés. Personne n’aurait songé à lui en adresser le moindre reproche, tant leur amour était cité en exemple en Avotour. Pour éviter des croisements critiques, Efée avait chargé Loumie, si présente auprès d’elle, d’escamoter Aila avant chacune des arrivées de son père. Une paix apparente au sein du foyer fut ainsi préservée…

Efée augurait sa mort proche, c’était juste une question d’heures… Elle avait réalisé tout ce qu’elle pouvait pour Aila, mais son cœur n’en battait pas avec plus de légèreté pour autant, car elle abandonnerait son mari, ses enfants, dont sa fille qui avait tant besoin de sa tendresse. Comment Aila, qu’elle chérissait, arriverait-elle à grandir en force et en confiance malgré l’ombre de Barou ? Quand la vie ne tint plus qu’à un souffle dans sa poitrine, Efée jeta un dernier regard vers l’homme qu’elle avait aimé plus qu’elle-même, sa main posée sur la sienne, sourit à Aubin que Barou berçait dans ses bras, et pressa contre elle une poupée de chiffon, cachée sous les couvertures, symbole de l’amour qu’elle éprouvait pour sa fille. Soudain, sa lumière intérieure s’éteignit, plongeant le cœur de ceux qui l’estimaient dans de profondes ténèbres…

Le château porta son deuil, tandis que la douleur terrassait ce géant de Barou, avec cruauté. Cependant, entouré par ses amis et serrant son fils contre lui, il décida de poursuivre sa route pour son enfant, dans la mémoire de sa merveilleuse femme.

Définitivement chassée de l’habitation familiale, Aila s’installa chez Bonneau, dans la maisonnette attenante aux écuries. Elle essayait de comprendre avec son cœur de petite fille de presque trois ans où était passée sa maman, pourquoi elle avait un frère avec lequel elle ne vivait pas et un père qui ne la regardait jamais. Comme elle ne trouva aucune réponse, elle se renferma sur elle-même et cessa de parler. Pourtant, son oncle se dévoua pour sa nièce, mettant tout en œuvre pour qu’elle se sentît chez elle. Dans son unique pièce, il lui aménagea une chambre, séparée de la partie commune grâce au paravent offert par Mélinda. Pour la meubler, il lui donna son lit et son armoire. Ensuite, après avoir percé un trou dans le plafond, il se créa un minuscule endroit dans les combles pour y dormir, accessible par une échelle. Chaque jour, il prenait soin d’elle comme s’il s’agissait de sa propre fille, la nourrissait, l’habillait, la sortait. Elle l’accompagnait lorsqu’il s’occupait des chevaux ou qu’il s’entraînait au kenda, un bâton de combat peu répandu comme arme au royaume d’Avotour. Il passait ainsi des heures le soir à répéter inlassablement des figures qu’il réalisait même en chevauchant, sous le regard attentif d’Aila qui ne se plaignait jamais. De fait, elle n’en perdait pas une miette, enfin, quand elle ne s’endormait pas à même le sol, vaincue par la fatigue. Il lui apprit à monter à cheval, à les dresser et à les soigner. Il lui enseigna les herbes, les mélanges, les massages et, sans un mot, elle retenait et reproduisait.

Hamelin, le mage, éprouva plus de difficultés pour s’habituer à donner des cours à une enfant qui demeurait silencieuse pendant l’apprentissage de la lecture. Cependant, quand elle levait ses grands yeux, aussi noirs que ceux de sa mère, où brillait cette immense lueur d’intelligence, il savait que son mutisme ne l’empêchait pas de comprendre. Alors, il continuait ses leçons comme si de rien n’était. Il vérifiait de temps à autre ce que signifiait son regard avant de poursuivre ou de recommencer. Elle apprit très vite à écrire et à calculer. Il lui donna des livres à lire pour une semaine qu’elle lui rapportait le lendemain ou le surlendemain. S’il fut plus que surpris de sa rapidité à déchiffrer et à acquérir tout concept, il en accepta l’idée et lui offrit son enseignement avec enthousiasme. Lui, que les enfants agaçaient passablement avec leurs intarissables bavardages et leur aptitude prononcée à ouvrir la bouche pour brasser de l’air, se trouvait plus qu’heureux de cette petite fille qui se taisait… Il décida de partager tout son savoir et entreprit de lui inculquer ses connaissances sur les plantes, l’anatomie, les langues des différents pays voisins, l’histoire, les sciences, les lois et tant d’autres notions et expériences qui le passionnaient. Impassible, elle le suivit dans les dédales de son érudition, même, lorsqu’emporté par un sujet, il sautait du coq à l’âne.

En dépit de son silence, Aila était acceptée de tous et aussi appréciée ; elle grandissait, serviable et agréable, malgré de rares sourires… Tout en le regrettant, chacun mettait son mutisme sur le compte de toutes les épreuves qu’elle avait traversées. Seuls les élèves de son père la rejetaient sans sourciller. Ils avaient choisi leur camp, celui de Barou et, si leur maître ne voulait pas d’elle, c’était qu’elle n’en valait pas la peine ! Il ne fallait pas qu’elle approchât la zone d’entraînement de trop près : elle y recevait railleries et quolibets auxquels elle ne pouvait répondre. Mais c’était plus fort qu’elle. Elle cherchait à entrevoir son père, ce héros, et à voir grandir Aubin qui ne quittait pas son géniteur d’une semelle. Il se comportait comme son ombre, mais en plus petit… Si son frère faisait de son mieux pour imiter Barou, Aila, rien qu’en le regardant, était persuadée qu’il n’en révélerait jamais le même talent. D’où tenait-elle cette certitude ? Elle l’ignorait, mais, pour elle, Aubin ne manifestait pas cette énergie rayonnante que dévoilait l’âme des grands…


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