Les Archives du blog de #fantasy d'octobre 2013
tome 2 - La Tribu Libre

La saga d'Aila  fantasy


fantasy high

Note : 4.6 / 5 avec 266  critiques lectrice

Les archives du blog de fantasy d'Aila d'octobre 2013

22 octobreJ'avance, j'avance ! Chapitre 9, première relecture terminée. Non, non, non, n'y comptez pas, je ne vais pas me démoraliser en songeant à toutes celles qui vont suivre ! À chaque fois que j'estime le temps de travail qui me reste, je blêmis et je me dis que je ne parviendrai jamais à finir dans les temps ! Hurlement !!!!!!!!!!!!
Chouette ! Deux évaluations sur iTunes, un sur Aila et la Magie des Fées et sur La Tribu Libre d'une personne que je ne connais pas. Mon fils ne pourra plus me dire que c'est parce que les gens m'aiment bien qu'ils me mettent plein d'étoiles (et puis, d'abord, c'est même pas toujours vrai !) Deux fois quatre étoiles sur cinq et deux commentaires sympathiques :
« Tome I : Magique à tous les sens du terme
Un univers original, des personnages forts, de l'action en continu… Belle idée de donner le 1er rôle à une jeune femme. Ça change !
 » « Tome II : Toujours aussi haletant. A quand le tome III ??
Les aventures d'Aila se suivent mais ne se ressemblent pas. Quelle imagination !
 » Le blog est en vacances pour quelques jours.
Bonne semaine !

20 octobrePlus de six heures de correction hier et le plaisir de finir enfin ce chapitre huit sur lequel je traînais depuis des semaines. Je relirai demain pour vérifier que de nouvelles coquilles ne sont pas apparues et que le style reste fluide.
Ce qui ne m'a pas empêché de passer également du temps sur le forum de Dol Celeb à discuter de « La couverture au service de l'œuvre » et de la quatrième de couverture ! Elnath attend que je le surprenne, nous verrons bien.
Pas trop de temps pour travailler aujourd'hui, donc je profite de ma matinée pour m'y mettre sans perdre une seconde de plus !
Bon dimanche.

19 octobreEn vacances ! Trop, trop contente de me dire que je vais pouvoir avoir le temps de me reposer et de me détendre… et de poursuivre la relecture du tome III et l'écriture du tome V ! Je le sais, une nouvelle fois, ces vacances ne seront pas assez longues pour parvenir à tout faire, mais c'est la dure loi qui règne en permanence sur ma vie.
J'ai recommencé à courir ! Trop de boulot tue les opportunités de m'offrir ce plaisir et, quand la fatigue s'en mêle, plus moyen de surmonter l'envie de se poser dans un fauteuil à regarder dans le vide. Dans un sens, c'est bien de laisser son esprit vagabonder, c'est aussi le moyen de rêver à son monde imaginaire. Malheureusement, quand je suis dans cet état, même le cerveau ne fonctionne plus.
Découvrez le petit reportage sur la fête des vendanges de Sartrouville, vous y reconnaîtrez peut-être quelques têtes connues !
Je vous souhaite un bon week-end.

16 octobreQue de boulot et, naturellement, peu de temps à consacrer à mon tome III. Des copies à corriger que je termine pendant que ma famille mange, mais je triche un peu… Hier, j'en avais vraiment marre des copies alors je me suis replongée dans le tome V. Depuis le temps que je veux l'écrire celui-là ! Donc j'ai fini le chapitre 2, mais, comme je l'ai écrit un peu en décousu au regard de mes faibles disponibilités, il faut que je peaufine la cohérence qui n'est pas encore parfaite. Je suis globalement plutôt contente du tour que cela prend. En somme, ça me plaît, c'est quand même l'essentiel, non ?
Allez, un petit extrait temporaire pour vous mettre l'eau à la bouche, mais pas trop, car ce tome-là, il n'est pas près d'être édité !
« Aila s'était figée. Une sensation glacée venait de descendre le long de sa colonne vertébrale, la tétanisant totalement. Était-ce de son avenir que cette femme parlait ? Était-elle sur le point de commettre une erreur irréparable ? Son destin finirait-il de façon tragique ? Son cœur s'accéléra et la peur s’insinua en elle comme un serpent froid et troublant jusqu'au moment où les mains chaudes de la vieille femme enserrant les siennes la forcèrent à se ressaisir. »
La semaine avance doucement et, au bout, les vacances. Trop bien !

12 octobreJ'ai enfin pris un instant pour charger les photos prises à la fête des vendanges sur mon ordinateur et leur jeter un vague coup d'œil. Il était temps, il s'était presque écoulé une semaine ! Certaines sont vraiment chouettes et je vais pouvoir me lancer dans un petit article sur la fête des vendanges, photos à l'appui ! Enfin, quand j'aurai un peu plus de temps !!!
Je suis une chanceuse ! J'ai demandé à Alain Berry de me réaliser un dessin pour l'offrir à mon beau-frère pour son anniversaire fêté ensemble demain avec quinze jours de retard. Le résultat est vraiment intéressant et je le partage avec vous.

Fête des vendanges de Sartrouville 2013 - coin dédicaces Alain Berry
Fête des vendanges de Sartrouville 2013 - coin dédicaces Alain Berry

Après samedi, dimanche, profitez-en !

10 octobreLe froid est de retour !! Bon, d'accord, cela pourrait être nettement pire. Mais cette fraîcheur est détonante par rapport à celle observée ces dernières semaines, même si non inhabituelle pour la saison. Va falloir penser à remettre petite laine et bonne écharpe !
Article intéressant à découvrir d'Hélène Védrine qui s'exprime sur sa vision du livre au cœur de la culture française. J'ai particulièrement apprécié son analyse au sujet du numérique !: «  Cette évolution est inéluctable au sens où ce n’est pas le livre qui a inventé le numérique, c’est le numérique et les pratiques culturelles liées à Internet et aux technologies mobiles qui obligent le livre à se réinventer. »
Encore demain et c'est le… week-end !!!!!!!!

9 octobreAh glou glou glou… Voici le bruit qu'émet celle qui s'est amusée pendant le week-end à faire autre chose que travailler, comme une journée passée à la fête des vendanges par exemple ! D'ailleurs, j'ai tellement de boulot que je n'ai même pas pris la peine de télécharger les photos de cette journée ! Et cela va continuer. Trois paquets de copies d'ici la fin de semaine et encore un week-end hyper chargé. Moment de flottement : mais comment vais-je m'en sortir ? Au secours !
En conclusion, ne me parlez même pas de la relecture du tome III… Alors que j'étais très contente d'avoir bien avancé dans ce travail de longue haleine, je vais finir par être en retard. Mais ne vous inquiétez pas trop quand même, les vacances approchent et je vais les passer à bosser rien que pour vous ! Enfin, presque…
Bon courage à tous, la semaine n'est pas encore finie !

7 octobreLa fête des vendanges, c'était hier et c'était bien sympa ! Un temps juste un peu frais, mais avec une polaire bien chaude, aucun souci, et quelques éclaircies : en conclusion, bien mieux que le temps pluvieux des deux derniers Salons du livre !
J'ai partagé la place avec un illustrateur talentueux Alain Berry dont j'ai apprécié le coup de crayon. Si, pour le moment, Alain a dessiné dans la littérature jeunesse, le voici qui s'oriente vers des croquis de templiers, tout un programme !
Youpi ! J'ai multiplié par deux la quantité de livres que je comptais vendre, mais j'avoue que je partais avec l'idée d'une quantité minime, donc deux fois rien font à peine un peu plus qui a malgré tout suffi à mon bonheur ! En tout cas, un grand merci à mes voisins de rue qui ont contribué à cette réussite, à ma voisine de barnum (échange de bons procédés : elle a acheté chez moi et ma fille, chez elle !) et à la découverte de nos amis communs, à Theandras de Dol Celeb qui a fait le chemin d'Anthony pour venir me voir et à une ancienne collègue.
Et merci à tous ceux qui ont fait le déplacement juste pour venir me saluer et discuter ! J'ai énormément apprécié ces moments passés en leur compagnie. Sans compter mon groupe de Country qui est venu faire un super démo et un de mes élèves, un impressionnant spectacle de magie… La vie est belle quand les gens qui vous entourent sont simplement adorables !
Bonne semaine à tous !

4 octobreLa Country, c'est reparti depuis une semaine ! Nous avons échangé nos deux extraordinaires animatrices par deux animateurs que nous découvrons petit à petit, le temps de s'habituer à une autre façon de faire… Voici ma chorégraphie préférée sur les trois apprises, pas très compliquée dans l'ensemble, si j'excepte le pas de vaudeville qui m'a demandé un véritable travail pour être acquis, car je ne parvenais pas à le décomposer. Quand, par hasard, je réussissais, je ne savais pas comment j'avais fait et n'étais absolument pas certaine de savoir le recommencer ! Bon, à force de persévérance, j'ai vaincu, mais le doute persiste, je sais très bien comment je fonctionne et, quand j'ai vraiment buté pour acquérir un enchaînement de pas, j'ai tendance à le perdre plus vite que je ne l'ai assimilé ! Voici ma chanson préférée sur une chorégraphie très simple :
Walk Down Town (mini) Bon week-end !

3 octobreBientôt la fête des Vendanges ! La météo n'annonce pas de pluie, voire même peut-être un peu de soleil, malgré quelques nuages. Avec un peu chance, le temps sera meilleur qu'au mois de juin ! Rendez-vous au parc du dispensaire de Sartrouville, le 6 octobre prochain de 10 h à 18 h. Il va falloir vous précipiter sur le tome II, il n'en reste pas beaucoup !

Fête des vendanges de Sartrouville 2013
Fête des vendanges de Sartrouville 2013

Fête des vendanges de Sartrouville 2013
Fête des vendanges de Sartrouville 2013

J'ai décidé de gérer mes priorités avant mes préférences actuelles et suis repartie dans la relecture du tome III, chapitre huit pour la troisième ou quatrième fois. Je ne suis pas certaine que cette lecture multiple soit meilleure qu'une autre, car elle finit par être un peu décousue et, puis, à force de lire et de relire les mêmes choses, je deviens moins performante. Conclusion : je veux sortir de ce chapitre huit ! Et, en plus, il est long…
Bonne fin de semaine !


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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Aila arriva dans la salle du conseil au moment où retentissait la deuxième cloche, suivie de près par Adam et Pardon. Tristan et Aubin, déjà présents, assis à la table, faisaient face aux princes et au mage royal.
— Veuillez fermer la porte et installez-vous, demanda Hubert.
Elle se plaça au centre des garçons, près d’Aubin.
— Ce matin, vous prêterez serment à la famille royale. Je vous lis l’engagement que chacun d’entre vous va devoir énoncer et signer : « Moi — vous donnerez vos prénom et nom —, fils ou fille de — vous donnerez ceux de votre père ou de votre mère — m’engage à servir fidèlement la famille royale d’Avotour. Je jure de protéger chacun de ses membres, d’obéir à leurs ordres et de respecter leurs choix qui deviendront les miens. »
Ennuyée, Aila se tortilla sur sa chaise. Un coup d’œil rapide lui apprit que ses compagnons semblaient sereins, contrairement à elle. Hubert tendit à Tristan l’engagement qu’il parcourut sagement et qu’il signa d’une main hésitante, simplement parce qu’une épée au bout du bras lui convenait davantage qu’une plume entre les doigts. Ensuite, Aubin prêta allégeance. Aila eut le cœur gonflé de joie d’entendre son frère s’engager avec détermination et passion. Elle le regarda apposer sa signature sur le document, rayonnant de bonheur.
— À vous, mademoiselle Grand.
Aila prit la feuille et commença à la lire, puis s’arrêta et la laissa retomber sur la table. Elle observa tour à tour Avelin, et Hubert, et le mage royal.
— Je vous présente mes excuses, mais je suis incapable de signer ce papier, parce que je sais que je ne resterai pas fidèle à cet engagement. Vous attendez de moi que je devienne un mouton, docile et inexistant, et c’est impossible pour moi…
Sa voix tremblait. Son cœur, serré comme dans un étau, était broyé de détresse. Par fierté ou honnêteté, elle était en train de briser son rêve et sa vie s’écroulait à nouveau.
— J’ai mis trop d’années pour exister pleinement. Aujourd’hui, je crois y être parvenue et puis, comme ça, vous me demandez de renoncer à être moi-même. Je refuse de m’exécuter… Excusez-moi de vous avoir fait perdre votre temps.
Sa voix mourut, tandis qu’elle contenait l’émotion qui montait en elle. Au cœur de l’attention de tous, elle se leva pour partir. Une main frôla la sienne, Aubin se sentait mal, lui aussi.
— Asseyez-vous, Aila.
Elle tourna les yeux vers Avelin qui venait de parler. Pour la première fois, il n’affichait pas ce petit air ironique qu’elle ne supportait pas.
— Asseyez-vous, répéta-t-il doucement.
Elle obéit sans le quitter du regard.
— Désirez-vous être fidèle à ma famille ?
Elle hocha la tête pour dire oui, incapable d’articuler un mot.
— Ceci est donc un engagement que vous pouvez prendre ?
Elle secoua à nouveau la tête.
— Et en protéger les membres ?
Cette fois, elle parvint à murmurer un oui tout juste audible.
— En conclusion, si je vous comprends bien, vous ne souhaitez pas nous obéir aveuglément et penser la même chose que nous, sans être en plein accord avec vous-même.
— Oui, c’est exact, sire.
— Bien. Mage royal, pouvez-vous rédiger pour Aila Grand un exemplaire où ne se trouvera que les deux premiers engagements, je vous prie ? Merci beaucoup.
Au temps qu’Orian mit pour exécuter cette petite tâche, Aila, qui avait tourné son regard vers lui, sut qu’il réfléchissait à la légitimité de ce changement. De légers murmures fusèrent, en provenance des autres membres du groupe et elle perçut un mouvement d’humeur chez Hubert qu’Avelin avait encore devancé. Sentant la dissension monter entre les deux frères une nouvelle fois, elle prit la parole :
— Messires, mage royal. Quand je donne, je le fais sans retenue. Cet engagement partiel que je signe ne signifie en aucun cas que je serai susceptible de vous trahir ou de me désavouer. Ma participation aux joutes obéissait à deux motivations. D’un côté, je l’admets honnêtement, je voulais prouver ma valeur et démontrer mes aptitudes, de l’autre, je désirais aussi réaliser quelque chose de ma vie qui me corresponde. Défendre votre famille lui donne le sens qui lui manquait. Sire Hubert, mage royal, sire Avelin, ce serment que je vais prêter doit refléter votre choix. En cas d’incertitude, je le comprendrai et je partirai.
Elle planta son regard dans celui d’Avelin qui, ayant retrouvé sa moue ironique, acquiesça de façon pompeuse comme il savait si bien le faire… Elle se tourna vers Orian dont les yeux pétillaient :
— Je suis d’accord, jeune demoiselle, dit-il en esquissant un vague sourire.
Les yeux d’Aila rencontrèrent enfin ceux d’Hubert. Visiblement, ce dernier tergiversait encore, mais elle lui avait laissé le choix. Elle imaginait qu’il devait peser le pour et le contre et qu’il la maudissait, car, chaque fois, elle dérangeait le monde sagement ordonné qu’il organisait.
— Je suis d’accord. Mais il serait injuste que vous exerciez seule le droit à cet engagement réduit. Tristan Karest, désirez-vous signer cette nouvelle version ou conservez-vous la précédente ?
Aila lui lança un regard admiratif qu’il croisa sans s’y attarder. Il avait repris l’avantage sur Avelin avec panache, il fallait le reconnaître. Hubert n’était peut-être pas aussi falot qu’il le semblait au premier regard, mais il devait avoir du mal à gérer son jeune chien fou de frère. Elle compatit avec lui l’espace d’un instant.
— J’ai signé la première sans hésitation, je maintiens mon choix.
Aubin s’accorda le temps de la réflexion avant de répondre :
— Je me suis enrôlé sans le moindre doute, et aucune raison ne me forcera à changer d’avis, à présent. J’ai confiance en vous et je considère que vos décisions ne pourront que correspondre à celles que j’aurais moi-même prises.
— Aila, voulez-vous lire et signer l’engagement que vous avez choisi ?
— Moi, Aila Grand, fille d’Efée Grand, m’engage à servir fidèlement la famille royale d’Avotour. Je jure de protéger chacun de ses membres.
Elle perçut le sursaut d’Aubin à ses côtés quand elle cita sa mère comme référence, mais elle l’avait sciemment désignée. Barou, son père biologique n’était plus son père. Bonneau, son oncle, était seulement son père d’adoption. Seule Efée semblait donner toute sa dimension à cet engagement. Pardon et Adam signèrent le même parchemin que les premiers garçons. Hubert reprit la parole :
— Voici une première étape franchie, avec, il est vrai, un lot de surprises inattendues.
Son visage s’éclaira d’un sourire fugitif, le premier qu’elle voyait. Elle était convaincue que, derrière cette façade sobre et sérieuse, se cachait un autre personnage très différent et très secret, avec beaucoup plus d’envergure qu’il n’en laissait paraître de prime abord.
— Tout ce que nous allons partager avec vous aujourd’hui ne doit pas sortir de ces murs. Vous ne conservez que le droit d’en discuter, uniquement entre vous, à l’abri d’oreilles indiscrètes.
Les uns après les autres, il testa du regard les membres de l’équipe et tous acquiescèrent d’un geste de la tête.
— Mage royal, la carte s’il vous plaît.
Hubert l’étala sur la table, la fixant avec quatre pierres.
— Avotour : douze comtés, chacun gouverné par un château principal du même nom que lui. Au centre, celui qui donne son nom à notre royaume et qui jouxte sept d’entre eux. Ici, le vôtre : Antan. Il appartient aux quatre territoires centraux avec Avotour, Melbour et Trérour. Là, Hanau, Escarfe, Barnian et Cordor bordent la mer et bénéficient du commerce maritime. À l’ouest, nous trouvons les quatre comtés longés par le pays hagan : Valmor, Aroure, Partour et Uruduo. Malheureusement, les montagnes inhospitalières qui nous séparent de ce peuple voisin ne sont pas assez hautes pour les empêcher de mener des incursions chez nous. Nous y reviendrons plus tard. Poursuivons notre tour d’horizon avec les royaumes qui nous entourent : Hanau, qui est en haut du plan, présente des frontières avec Faraday à l’ouest et la Wallanie au nord. Uruduo et Cordor permettent des échanges avec Épicral et Estanque, même si nous ne partageons aucune bordure commune avec ce dernier. À noter que la partie nord du comté d’Escarfe était anciennement celle du Guétan.
Tous les membres du groupe se penchèrent sur la carte, attentifs. Ils suivaient scrupuleusement tout ce qu’Hubert leur montrait. Le prince héritier reprit :
— Les Hagans, après nous avoir laissés tranquilles pendant une vingtaine d’années, reviennent en hordes voler, tuer, détruire les régions frontalières, principalement le nord de l’Aroure et le sud de l’Uruduo. Nos soldats ont beaucoup de mal à mettre ces bandes en déroute, car elles n’attaquent jamais au même endroit. Aussi, souvent, arrivons-nous trop tard. En ce moment, Adrien, notre frère, enquête sur place pour tenter de comprendre comment ils se débrouillent pour toujours anticiper notre présence et nous éviter. De plus, les Hagans exploitent la possibilité de passer par le royaume d’Épicral pour tromper notre vigilance. Nous devrons également résoudre ce problème de contournement.
Il se tut un instant, observant la carte avec circonspection.
— Notre deuxième souci nous préoccupe encore plus, à moins qu’il ne soit lié au premier, ce qui le rendrait gravissime… Depuis plusieurs années, peut-être certains d’entre vous sont-ils au courant, nous essayons de répertorier exactement les comtés fidèles et ceux qui nous trahissent. Et comment ? Et pour qui ?
Perturbés par l’information, les membres de l’équipe se concertèrent du regard. Cette description alarmante de la situation attisa leur attention.
— Desquels sommes-nous sûrs ? intervint Aila.
Hubert la dévisagea.
— Bonne question. Antan, Melbour, Trérour, Barnian, Cordor et naturellement Avotour.
— Pas plus ? s’étonna Pardon.
— De sûr, c’est tout.
— Et ceux dont il est certain qu’ils nous trahissent ? ajouta-t-elle.
— Escarfe, Valmor, Hanau.
— Tiens, bizarre, marmonna Aubin.
— Oui, tu as raison, ils sont tous situés au nord et en contact avec le royaume du Faraday, conclut Aila.
— Exactement, reprit Hubert.
— Les Faradins auraient-ils envie d’étendre leur territoire ? questionna-t-elle.
— Il y a de grandes chances que ce soit le fond du problème…
— Il est probable que le Guétan veuille faire sécession avec Escarfe. Ce n’est peut-être pas toute l’Escarfe qui trahit…
— Pour cette raison, Avelin et Aila iront au château d’Escarfe tester la fidélité de sire Airin et, s’il n’est pas responsable, ils devront remonter aux origines de la trahison dans son comté et trouver…
— Son fils !
La réponse fusa et Adam se retrouva au centre de l’attention. Jusqu’à présent, se considérant comme un simple remplaçant, il s’était tu, mais là, il n’avait pu s’empêcher d’intervenir.
— Et pourquoi ? interrogea Hubert.
— Je le connais depuis que je suis môme. Il manifeste sans cesse son perpétuel désaccord avec son père et clame depuis des années qu’il vaut mieux que de diriger un modeste territoire… Les Faradins lui ont probablement promis ce qu’il désire en récompense de sa trahison. Enfin, voilà, j’dis cela, mais j’en sais rien. Je crois seulement que, là-bas, faudra vérifier si c’est pas lui.
— Tout à fait judicieux, commenta Avelin.
Hubert continua :
— Vous conduirez tous une mission du même type dans les prochains jours. Avelin et Aila rejoindront Escarfe. Je partirai avec Aubin vers Valmor, Orian avec Pardon pour Hanau. Adam et Tristan, en Aroure et Partour, vous passerez d’auberge en auberge pour écouter, j’ai bien dit écouter, ce qui s’y raconte. Faites-vous petits, soyez discrets.
Du coin de l’œil, Hubert entrevit un froncement de sourcils sur le visage d’Aila. Sans s’émouvoir, il poursuivit :
— Vous pouvez y aller ensemble ou séparément, mais ne revenez pas avant d’avoir recueilli des informations utiles et utilisables. Nous nous retrouverons tous dans trois mois environ au château d’Avotour et, selon les renseignements rapportés, nous envisagerons d’autres missions. Je vous laisse la parole, mage royal.
Orian s’exprima de sa voix rocailleuse au timbre grave :
— Tout ce que sire Hubert vient de présenter dévoile les difficultés de notre pays et les risques qu’il encourt, mais il n’explique pas tout. Je suppose que vous avez remarqué l’appauvrissement de la population. Les pêcheurs hissent des filets vides, tant les ressources en poissons diminuent, les récoltes sèchent ou pourrissent sur pied, car elles reçoivent trop de soleil ou trop d’eau, ou bien des insectes ou des oiseaux les dévastent. Et, à cela, il existe une raison que la vôtre va devoir admettre : la magie des fées est en train de disparaître. Si elle s’éteint définitivement, ce ne sera pas la trahison de nos comtés que nous aurons le plus à craindre, mais la famine, les épidémies et notre disparition pure et simple…
Le murmure qui s’était élevé lorsqu’Orian avait parlé des fées et de leur magie prit fin en même temps que ses derniers mots.
— Que pouvons-nous faire ? demanda Aubin.
— Nous devons trouver l’être humain, homme ou femme, auquel les fées doivent transmettre leur pouvoir pour rétablir l’équilibre. Ceci accompli, il ne restera plus qu’à résoudre nos petits problèmes de trahison…
Le silence qui s’abattit pesait moins lourd que toutes les interrogations muettes qu’aucun n’osait exprimer.
Enfin, Hubert le rompit avec détermination :
— Je sais ce que vous pensez tous, car, comme vous, les mêmes idées m’ont traversé l’esprit. Je me disais que toutes ces légendes, ces contes à dormir debout servaient juste à endormir les enfants avides de merveilleux. Mais, depuis, j’ai changé d’avis. Orian est notre mage royal et je lui voue une confiance totale. Il me certifie que les fées existent, donc c’est la vérité. Il m’annonce qu’elles sont en train de disparaître, je le crois. Il m’affirme que notre pays se délite, car leur magie meurt, je le tiens pour certain. Il sait, un point c’est tout.
— Mais… Mais comment trouver cette personne ? intervint Aubin.
— Nous n’en avons aucune idée.
Ils restèrent tous pensifs, légèrement indécis sur la conduite à adopter…
— Bon, c’est pas qu’on s’ennuie, mais il faudrait s’entraîner au kenda pour arriver à défaire les Hagans, découvrir les traîtres et dénicher l’oiseau rare qui va sauver le monde !
Tous se tournèrent vers Pardon qui afficha un sourire absolument désarmant. Avec plus de sérieux, il continua :
— Nous concevons la gravité de la situation et la seule arme que ne connaissent pas la plupart de nos ennemis est ce bâton. Nous disposons de peu de temps pour parvenir à une maîtrise incomplète, mais efficace. Le perfectionnement viendra par la suite. Je propose que nous allions au manège parfaire notre apprentissage. Qui me suit ?
Tous les membres du groupe levèrent la main.
— Très bien, commenta Hubert. La séance est terminée et je vous accompagne. Te joins-tu à nous, Avelin ?
— Bien sûr, je ne manquerais les leçons données par une demoiselle pour rien au monde…
— Et je vous suis, histoire d’évaluer vos débuts, ajouta Orian, un éclair malicieux traversant ses prunelles
Ils s’observèrent tous. Aubin tendit sa paume que toutes celles des participants à cette première réunion recouvrirent. Ils formaient désormais une communauté ; la solidarité et ce sentiment d’appartenance les transportèrent de bonheur. Une immense complicité venait de s’établir et, ils en étaient certains, avec elle et grâce à elle, ils vaincraient.
— Désolée, j’ai juste un petit souci, objecta Aila. Je n’ai que deux kendas : j’espère que Bonneau voudra bien nous prêter le sien.
— Comme je connais Bonneau, prévoyant comme un écureuil, il en a sûrement caché quelques-uns dans un recoin ! prédit Aubin. Ne se rend-il pas régulièrement du côté de Meillan ?
— Que si ! s’exclama Aila. Tu as raison, alors on y va tous et je vais tout vous apprendre !
Ils sortirent tous ensemble, bavardant et riant, gommant ainsi leurs différences : marchaient seulement des hommes et une femme unis pour sauver leur pays.


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