Les Archives du blog de #fantasy de janvier 2013
tome 2 - La Tribu Libre

La saga d'Aila  fantasy


fantasy high

Note : 4.5 / 5 avec 210  critiques roman

Les archives du blog de fantasy d'Aila de janvier 2013

29 janvier au 2 février ! Non, non, non, je ne vais pas parvenir à poster ce fichu blog ! Chaque jour, depuis mardi, j'ajoute une ligne et n'arrive jamais à le finaliser. J'ai donc décidé ce matin que toutes les bonnes choses ont une fin ! Donc il y aura un blog et c'est tout !
« Mardi 29 » : Je sens mon coeur qui bat, qui bat… Vous pourriez vous dire après une telle déclaration que je suis amoureuse, palpitante comme cet organe vital de vie et de désir. Manque de bol (c'est mon mari qui va être un peu désappointé), à l'instant même, ce sont plutôt les effets de la cortisone ! Même la dose enfant me met dans un état terrifiant : je suis épuisée, mais je continue comme si de rien n'était ! Le problème qui va se poser, c'est que, demain, le traitement sera arrêté et que ma façade apparente de vitalité va s'effondrer comme un château de cartes… Pfff !Je suis plus curieuse que pressée de voir ce que cela va donner…
« Mercredi 30 » : Les gens que je connais depuis longtemps ou juste depuis le début de mon aventure littéraire me fascinent par leur gentillesse. Les efforts qu'ils font pour moi sont un bonheur qui se renouvelle à chacun de leur geste. Je suis une femme chanceuse et mes plus belles aventures sont des rencontres qui me transportent… Merci, Élodie, pour tes différents commentaires sur toutes les plates-formes sur lesquelles je suis éditée.

28 janvierVous avez lu hier, j'ai dit « je veux du soleil » ! Et l'après-midi, le soleil est apparu pendant quelques heures… Je n'ai pas résisté au plaisir de partir me promener sur les bords de Seine (malgré les travaux qui les rendent inaccessibles et tout moches !), appareil photo en bandoulière, pour capturer quelques clichés sous les lumières intenses d'un soleil encore haut dans le ciel qui offraient au paysage des couleurs éclatantes. J'ai même eu droit à une péniche quasiment au même endroit que lundi dernier sous la neige et à un magnifique arc-en-ciel sur un fond de ciel gris. Magnifique ! Ma balade ne s'est pas éternisée, je me sens encore très fatiguée, mais, au moins, j'aurai pris l'air !
Dans les commentaires sur UPblisher pour La Tribu Libre, je ne vous avais pas donné celui de Yolande, une fan des premiers jours, avant même l'édition, que je ne connais que par mail :

Yoli
Palpitant, envoûtant !
Superbe Topéca. Aila devient de plus en plus attachante avec ses différentes personnalités. J'en redemande encore et encore… À relire, comme le premier tome, juste pour le plaisir de retrouver cet univers si particulier : magie des fées et maintenant magie de la Terre. C'est du grand BOULLERY. Vite la suite… et MERCI de nous faire partager cette superbe histoire.

Et puis, apparaît maintenant celui du frère de mon mari… Vous, vous ne savez pas, mais pour moi qui possède notre historique en tête, c'est un cadeau du ciel, aussi inattendu que providentiel. Une autre façon d'être touchée par la grâce…

Gérard
On en redemande
Aila se transforme dans le tome 2 en guerrière indomptable que rien n'arrête. À chaque nouvelle aventure, on attend la suivante. On est dans un roman digne du seigneur des anneaux ou Harry Potter. On se demande ou l'imagination fertile de Catherine Boullery va chercher tout cela pour notre plus grand bonheur. On attend la suite avec impatience. Bravo.

Le blog est écrit avant même mon départ vers le lycée. C'est préférable, car je serai à ramasser à la petite cuillère à mon retour ! Bon lundi et bon courage !

27 janvierSi j'espérais le miracle de la médecine sur moi, c'est raté ! Je ne me pose même pas la question de savoir comment je vais reprendre demain, il n'y a qu'une réponse, j'irai.
Je veux du soleil ! C'est le cri de mon cœur qui regarde la pluie tomber derrière les carreaux et le ciel livide dont les larmes ne cessent de couler, intarissables…
Bonne nouvelle, avec de nouveaux commentaires sur UPblisher pour La Tribu Libre :

Élodie
Un livre impossible à lâcher une fois commencé !
Un superbe roman ! Une fois commencé, il est difficile de le lâcher.
Ce deuxième tome est la digne suite du 1er, on continue de suivre les aventures d'Aila en cherchant avec elle qui elle est vraiment. On tremble et on vibre avec elle tout au long de ses aventures. Une belle réussite !

Anne-Claire
Quel bonheur de retrouver Aila !
Quel bonheur de retrouver Aila dans ce second tome et de se laisser de nouveau complètement happer par sa quête, portée par un souffle qui anime le livre du début à la fin et nous laisse au bout un peu haletant… et dans l'attente de repartir dans le tourbillon des aventures du tome 3, dès qu'il sortira! Un grand merci pour ce plaisir de lecture renouvelé !

Il pleut, il mouille, voici un dimanche qui saura faire pousser les belles plantes ! Ne vous faites pas trop arroser quand même !

26 janvierSi, si, je suis malade, mais je me soigne !! Tout cela pour être en forme lundi et repartir comme si cette semaine microbienne n'avait jamais existé. D'abord, retrouver ma douce voix (hum…) et cesser de tousser, ensuite renouer avec un minimum d'énergie ! J'ai tout prévu, reste à croiser les doigts pour que cela fonctionne !
Ce matin, pas de neige, mais un léger grésil qui blanchit le sol et donne à chaque pas une sonorité craquante. Je ne regrette pas les flocons du début de semaine sauf sur un point, la grisaille hivernale était tellement plus belle parée de son manteau blanc…
Aujourd'hui, c'est samedi… Il ne faut pas que j'oublie, car, comme je ne suis pas allée travailler hier, je suis complètement décalée et j'ai l'impression d'être dimanche ! Inutile d'aller au lycée demain, ce sera fermé !
Malgré le froid, malgré le ciel plombé, passez une bonne journée !

25 janvierPanne de blog !!!!!!!!!! En fait, ce n'est pas le blog qui est en cause, mais son auteur, terrassé par une sinusite, doublée d'une toux, mais sans fièvre ! Il faut bien un point positif à toute cette histoire sans intérêt !
Que vous raconter ? D'abord que j'ai pris froid à ma super soirée Country ! Ce n'était pas prévu, mais, quand l'inconscience vous pousse à sortir dans le froid ambiant pour vérifier l'état des routes (j'étais bien arrivée, mais il fallait que je reparte aussi !), quand vous avez bien chaud et que vous êtes bien fatigués, le résultat ne se fait pas attendre, la voix a commencé à dérailler dès le lendemain et, ensuite, sont venus se greffer tous les symptômes habituels d'un rhume qui cache encore la sinusite !
Cela ne m'a pas arrêtée, non ! Je suis partie travailler lundi et, en rentrant, j'espère que la folie n'est pas contagieuse, je suis ressortie faire des photos de la Seine et de la ville noyées sous un voile de neige tombant à gros flocons. Je me serais crue à la montagne ! C'était trop beau ! Je suis partie travailler mardi et, en rentrant, sans passer par la case départ, je me suis directement glissée sous la couette, totalement épuisée et, depuis, je n'ai pas réussi à m'en extirper ! Non, je blague. Sous l'impulsion d'un médicament contre les effets du rhume qui me tenait bien éveillée, je suis malgré tout partie danser mercredi soir, persuadée du bénéfice de cette petite activité ludique avant un repos bien mérité. Que nenni ! J'ai passé ma nuit à chercher le sommeil entre deux quintes de toux ! Je ne vous parle même pas de l'état de la malade le lendemain au lever (je ne peux même pas dire au réveil, parce que pour parler de réveil, faut avoir dormi un minimum !) Sinon, tout va bien !
Allez, la neige ne m'ayant pas arrêtée, je ne vais quand même pas me laisser faire par une sinusite de rien du tout. Mon instinct de guerrière va se réveiller pour ferrailler contre ces microbes ennemis et les repousser hors de mes frontières personnelles ! Non, mais !
Bonne journée !

16 janvierJe veux hiberner ! Il fait froid (d'accord, pas trop…), il neige (là aussi, d'accord, pas beaucoup), je veux retourner au chaud sous ma couette ! Et là, complètement d'accord ! Pas de bol, la journée va être bien remplie en tâches diverses et variées et ma tendance « cocooning » va devoir attendre…
J'avance doucement dans la révision et l'apprentissage des chorégraphies pour la soirée de vendredi. En tout cas, pas assez vite pour parvenir à mon objectif initial, surtout que j'ai encore plusieurs chansons à réviser sérieusement comme ma bête noire avec Amazing grace. Il va vraiment falloir que je m'y mette sérieusement !
Bonne journée !

12 janvierDébut de journée studieux avec un peu de travail pour mes élèves… Fin de journée plus sportive avec 30 minutes de course (effacées par 50 g de chips, déprime…) et révision de chorégraphies pour le 18 avec l'impression, au bout de quelques danses, d'être une mauvaise débutante… Pas de chance, ça ira sûrement mieux demain…
En conclusion, aucune petite nouvelle danse et je continuerai demain à réviser et peut-être à apprendre.
Bonne soirée !

10 janvierHier, c'était l'anniversaire de ma maman… Deux ans et demi dejà et l'apprentissage de vivre sans elle qui se poursuit… Ma famille est tellement réduite qu'elle était à elle seule ce qui me restait de mon enfance, et cette dernière a disparu avec elle, comme s'effacent des souvenirs trop lointains ou une époque révolue…
Country hier ! Nous avons revu une nouvelle fois Long hot summer et, là, tag et restarts me paraissent acquis ! Elle va vite, mais elle est super chouette à danser !
Maintenant, il faut que je reprenne ma liste de chorégraphies pour la soirée du 18. Dans laquelle est-ce que je me lance maintenant ?
Bon jeudi pluvieux !

9 janvierHeureuse des premiers commentaires à propos du roman « La Tribu Libre », l'un sur UPblisher, l'autre sur l'iBookstore :
Palpitant, envoûtant !
Superbe Topeca. Aila devient de plus en plus attachante avec ses différentes personnalités. J'en redemande encore et encore… A relire, comme le premier tome, juste pour le plaisir de retrouver cet univers si particulier : magie des fées et maintenant magie de la Terre. C'est du grand BOULLERY. Vite la suite… et MERCI de nous faire partager cette superbe histoire.


Superbe
Encore une fois, Catherine Boullery nous emmène dans son univers. Si on vous êtes fan de Robin Hobbs ou dans une moindre mesure du seigneur des anneaux, cet univers pourra vous sembler familier mais néanmoins original tant par les idées que par l'écriture fluide et efficace.
Ne prévoyez pas trop de choses à faire après avoir ouvert ce livre, on le dévore, comme le premier tome ! Je m'étonne cependant de ne pas trouver ce livre en papier… merci donc au format numérique de nous permettre de profiter de cette saga dont j'attends la suite, avec impatience !


Heureuse… Partager cette histoire avec les autres et leur procurer du bonheur sont vraiment importants pour moi, alors, quand j'y parviens, c'est merveilleux.
Bonne journée ! Quelques soldes peut-être ?

7 janvierBeau temps gris pour ce jour de reprise avec amélioration vers la fin de journée ! Pas grand-chose à raconter sinon le train-train qui a repris en même temps que moi, des élèves inchangés par ces vacances, les charmants le restant et, pour les autres, il faudra attendre encore qu'ils grandissent. La maturité ne vous tombe pas dessus par hasard, il faut un terrain favorable !
Ce soir, je manque un peu de courage pour me lancer dans une nouvelle chorégraphie, mais je crois que je vais faire malgré tout un effort pour en apprendre un peu plus sur Whole again. Une autre question reste posée : est-ce que je me lance dans une de niveau intermédiaire qui me plaît beaucoup : Dancing violons. Comme m'a sorti ma fille aujourd'hui : "La country, ça te prend trop de temps, maman." Non, mais puis quoi encore ! :)
Bonne semaine !

6 janvierAprès avoir laborieusement terminé mon deuxième paquet de copies hier, je suis allée courir et, mue par une énergie fort rare ces derniers temps, j'ai enchaîné sur l'apprentissage et la révision de chorégraphies pour la soirée country du 18 janvier. Vous voulez savoir le fond de ma pensée, j'ai progressé ! L'année dernière, pour le spectacle, nous avions appris avec maintes difficultés des pas sur un air que j'adore, moi la fan des comédies musicales, Hello Dolly. Je me suis dit que j'allais galérer comme une malade pour la réapprendre, même pas… Fière de ma prestation rapide et efficace, j'ai enchaîné sur une nouvelle que je voulais apprendre depuis longtemps : Chicken Walk Jive. Elle est quasiment acquise et je n'ai plus qu'à en trouver encore une autre pour m'amuser. C'est que le 18, ça va venir vite ! Ça y est, c'est fait, ce sera Whole again
Je vais sinon profiter de ma dernière journée de vacances pour entamer ou finir mon ultime paquet de copies et finaliser certains travaux pour mes élèves. De plus, retourner encore courir fait partie de mes priorités ! Quand vous pensez que trente minutes de course sont effacées par l'absorption de cinquante grammes de chips, ça fait mal… C'est quand même pas le même effort physique pour ces deux activités donc ce n'est pas juste !
Passez un joyeux dimanche !

5 janvierHé ! Le croiriez-vous ? J'ai déjà vendu 6 bouquins sur iTunes ! 2 Aila et la Magie des Fées et 4 La Tribu Libre ! Waouh, je n'en reviens pas… C'est cela, moquez-vous, mais les petits ruisseaux font les grandes rivières !
Bonne nouvelle : j'ai reçu le programme du bal de Country du 18 janvier. Oh la la, va y avoir du boulot de révision ! Sans parler de la fameuse Amazing grace sur laquelle je fais un terrible blocage ! Mais bon, à force de m'entraîner, il devrait bien parvenir à rentrer quelque chose ! Je préfère nettement Red Camaro. Au final, après décompte, je devrais savoir en danser moins d'une vingtaine sur… une soixantaine ! Une misère… Je pourrais tenter d'en réapprendre quelques-unes avant le 18, mais, question temps, ça va faire court !
Un week-end qui commence, mon deuxième paquet de copies à finir de corriger (eh oui, je n'en suis que là, ça fait pitié !) et encore plein de boulot à terminer pour lundi, car, faut être clair, je suis d'une inefficacité redoutable ! Bon samedi !

4 janvierEh non, il n'y aura pas eu Country… J'ai préféré un pas de deux puisque je suis partie courir avec mon petit mari sur les quais de Seine, me demandant une fois de plus l'intérêt de cette portion de piste cyclable de la voie Paris-Londres qui donne la part belle au vélo au détriment des coureurs. Ces derniers sont encore éjectés des bords de Seine toujours en travaux, alors que la piste cyclable à double voie est terminée et utilisée par plus de coureurs que de cyclistes ! De plus, la fin des travaux ne résoudra aucun problème puisque certaines liaisons entre les bords de Seine ne se font que par la voie cyclable ! Faudra-t-il traverser sur l'autre trottoir pour poursuivre notre course sur des chemins permis, mais entrecoupés de croisements et de voitures ? Quel pied ! Merci la mairie pour avoir privilégié une forme d'activité sportive à une autre ! En conclusion : je rage, car je ne vois pas de solutions susceptibles de me convenir !
Encore une fois, je vais retourner à mes copies. Et si seulement je n'avais qu'elles, mais ce n'est pas le cas et je commence aussi à être en retard dans le reste !
Bon vendredi à tous !

3 janvierCe soir, country ou pas country ? Voilà une interrogation qui me laisse perplexe, car, adepte de la danse, je devrais déjà avoir chaussé mes bottes, prête au départ, mais, dans le même temps, envahie par une forme d'inactivité conjoncturelle, je ne cesse de repousser cette idée, noyée par une paresse omniprésente et nécessaire à mon organisme, bien que toute relative au regard du boulot qui m'attend ! D'ailleurs, à ce sujet, soutenue par mes bonnes résolutions du 1 janvier, j'ai commencé à plonger dans mes copies en apnée, ce qui explique que je ne tienne pas longtemps sous leurs flots !
En conclusion, pour les copies, la question ne se pose pas, ce seront elles, simplement elles pour nourrir ma journée de bonheurs et de saveurs… C'est parti !
Bon jeudi à tous !

2 janvierDéja évaporé le temps des bonnes résolutions ? Moi aussi ! Encore aurait-il fallu que je rentre dans ce modèle-là ! Les bonnes résolutions chez moi n'attendent jamais une date particulière, elles sont prises au moment où le besoin se fait sentir de changer quelque chose dans ma vie, ma façon d'être. Et le seul souhait un peu égoïste qui me vient à l'esprit est d'être capable cette année de me réserver un peu de temps rien que pour moi, le temps d'aller me promener avec mon appareil photo, le temps de faire autre chose que de bosser en permanence, le temps de me reposer quand le besoin s'en faire sentir sans culpabiliser face au travail qui me reste, le temps d'exister autrement que dans l'urgence d'un lendemain qui n'attend pas…
Étrangement, je ne crois pas que je saurai réaliser ce vœu… Les contraintes de ma vie sont telles que je me sens trop souvent emprisonnée par elles, donc je me dois de rester réaliste. Je suis dans une période de ma vie où les chemins à emprunter se multiplient et où, mue par une frénésie indispensable, je cherche à les prendre tous en même temps, comme si j'étais capable de me diviser ! Quelle prétention ! Mais où se situe ma capacité de choisir ? Quand le désir de se réaliser dans plusieurs domaines existe, il faut apprendre à jongler avec dextérité et ma marge d'apprentissage est encore bien trop grande pour y parvenir avec brio. L'important reste de progresser !
Pour terminer, le seul fait qui me pousse à poursuivre cette agitation en tous sens est que je n'ai pas de regret… Donc je vais continuer et nous en reparlerons en 2014 !
Bonne journée à tous !

1 janvierChers tous,
Il n'existe pas de jours particuliers pour penser aux autres ni pour réaliser quelque chose de bien. Malgré tout, certains parmi eux possèdent une valeur symbolique à côté de laquelle il est difficile de passer sans s'attarder, puis sans céder à la tradition qui n'est pas mauvaise en elle-même, mais qui laisse penser aux gens qu'une fois cette journée terminée, ils pourront retomber dans leurs travers quotidiens comme si elle n'avait jamais existé…
Donc je cède à la tradition et vous présente mes meilleurs vœux pour 2013. Ça, c'est pour le côté ultra classique, tellement dénué d'intérêt qu'il est légitime de se demander quelle est la sincérité des vœux ! Je vais tâcher de faire mieux…
Il est des moments spéciaux qui nous arrêtent un instant dans la course infinie qui est la nôtre. Cette pause inattendue, voire bienvenue, est le moment de se retourner et de considérer le chemin parcouru sans se voiler la face. Si le chemin que vous avez emprunté est exactement celui qui vous convient, je ne peux que vous inciter à le poursuivre s'il vous permet de vivre en harmonie avec vous-même et les autres et vous souhaite bonne route en 2013 ! Si, au contraire, trop d'écueils ont parsemé votre parcours, je vous souhaite d'imaginer la nouvelle vie que vous souhaiteriez et de la construire pas après pas pour retrouver la voix du bonheur et de la réalisation. Osez ! Vivez ! Résistez ! Mais n'oubliez jamais que nous n'avons qu'une vie, à nous de savoir par notre esprit déterminé et positif la parer de nuances douces à nos cœurs… Alors, sachez vous réaliser pour devenir la personne que vous avez toujours rêvé d'être !


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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Bonneau vint réveiller Aila le lendemain matin.
— Prête ?
Elle hocha la tête, tandis qu’il tirait de son pourpoint quatre lettres qu’il lui tendit.
— Tu as raison et je te soutiendrai jusqu’au bout.
— Merci, dit-elle simplement.
Habillée, elle sortit dans la cour où son oncle l’attendait. Ils partirent ensemble, sans échanger le moindre mot. Juste sur le point de parvenir au champ d’entraînement, il rompit le silence :
— Tu ne disposeras que d’une seule arme personnelle. J’ai préparé ton kenda et je te le donnerai le moment venu.
Elle hocha la tête, puis ils se mêlèrent à la foule impatiente, avant de rejoindre les autres concurrents. Arrivée parmi les élèves de Barou, Aila sentit leurs yeux sur elle, mais elle perçut moins d’hostilité que ce qu’elle escomptait. Elle soutint tous les regards qu’elle croisa, se gardant d’afficher la moindre lueur de défi. Elle attendait juste la suite des événements.
Le son d’un cor retentit et le silence s’installa dans l’assemblée. Elieu prit la parole :
— Les joutes se poursuivent aujourd’hui entre les onze meilleurs combattants sélectionnés par Barou. Je vous rappelle les noms des gagnants de la course d’hier : Émelin Gingon, Arist…
Aila intervint :
— Monseigneur !
Elieu s’arrêta, tandis que tous les regards se focalisaient sur elle.
— Je sollicite la faveur d’être réintégrée à la première place qui était la mienne.
Le châtelain, gêné, se tourna vers le maître d’armes qui ne bougea pas.
— J’entends votre demande, Aila, mais je ne puis y répondre favorablement, n’ayant pas obtenu l’assentiment de votre père.
Aila affronta Barou, lui adressant directement la parole :
— Barou, que vous le vouliez ou non, je participerai à cette joute. Je vous offre la liberté de me laisser concourir en me donnant votre permission ou celle de souffrir parce que vous ne me l’accorderez pas. Que choisissez-vous ?
L’intransigeant maître d’armes conserva la même fixité.
— Très bien, vous empruntez la route la plus douloureuse. Que tous ici soient témoins du fait que j’ai cherché à vous épargner ! Par les fées, je fais appel à une loi ancienne et encore en vigueur, le « Patrico Determago », je désire changer de père !
Autour d’elle, l’assistance s’anima. Rares étaient les gens qui avaient entendu parler de cette loi, mais Barou, oui. Pour la première fois de sa vie, il tourna son visage incrédule vers la jeune fille et croisa brièvement son regard avant de s’en détourner. Le mage du roi, l’homme à la barbe blanche, intervint, tandis que les murmures de la foule se calmaient.
— Je suis le mage Orian. Je connais cette loi et je détiens le pouvoir de la faire appliquer. Sais-tu les documents que tu dois me fournir ?
Serrant les dents pour ne pas trembler, Aila répondit :
— Oui, mage royal. J’ai besoin de quatre témoignages de proches qui allèguent que celui qui m’a donné la vie ne m’a pas aimée, ne m’a pas protégée et qu’il n’a jamais participé en aucune façon, pas même financière, à mon éducation.
— Je vois que tu connais la loi, Aila Grand. Ta mère est décédée aujourd’hui, et tu n’ignores pas que, parmi les quatre déclarations, il me faut la sienne qui dénonce le comportement de ton père actuel ?
Aila se maîtrisa davantage tant elle sentait la tension lui étouffer la poitrine, mais elle tint bon.
— Je le sais, mage royal. Elle était au courant et avait écrit ses dernières volontés, avant sa mort, en présence de témoins qui pourront tous confirmer sa validité.
— Elle ment ! hurla Barou.
Subitement, il perdit le contrôle de la situation et explosa :
— Elle ment ! Jamais ma femme ne m’aurait trahi de la sorte ! Jamais !
Le regard sévère d’Orian l’invita à se reprendre, ce qu’il réussit au prix d’un effort considérable.
— Apporte-moi les documents, jeune Aila.
Portée difficilement par ses jambes, elle s’avança vers lui, saisit les lettres dans son gilet, puis les tendit au mage.
— Sais-tu également qu’en changeant de père, tu renonces définitivement toute prétention sur l’héritage auquel tu aurais pu légitimement prétendre ?
— Non, je l’ignorais, mais ma détermination n’est en rien modifiée.
— Et que ton frère deviendra ton cousin ? poursuivit Orian.
Elle ne l’avait pas réalisé non plus.
— Qu’importe, frère ou cousin, ce qui compte est ce que nous partagerons.
Étrangement, perdre son unique frère constitua ce qui lui coûtait le plus…
— Que les autres témoins avancent vers moi !
Hamelin et Mélinda se regardèrent avant de se rapprocher du mage royal, tandis que Bonneau fendait la foule vers Aila. Tous jetèrent un coup d’œil plus ou moins rapide vers Barou dont la colère s’amplifiait visiblement.
— Présentez-vous, je vous écoute.
Bonneau prit la parole :
— Je m’appelle Bonneau Grand, le frère de son père. J’assistais sa mère lors de la rédaction de sa lettre. Je soutiens la requête d’Aila. Je certifie que son père n’a jamais aimé, protégé sa fille ou subvenu à ses besoins. Je suis le premier témoin.
Mélinda lui succéda :
— Et je suis le second. J’appuie la demande d’Aila. En tant que châtelaine du comté d’Antan, je me tenais aux côtés de mon amie quand elle a rédigé cette lettre. Je confirme que son père n’a jamais aimé, protégé sa fille ou subvenu à ses besoins.
Barou se décomposait au fur et à mesure que sa colère tombait, muée en incompréhension totale. Hamelin termina :
— Je suis le troisième témoin. Comme mage de ce château, je fus présent lors de la rédaction de la lettre par sa mère. Je supporte Aila dans sa requête. J’atteste que son père n’a jamais aimé, protégé sa fille ou subvenu à ses besoins.
Le mage royal hocha la tête gravement.
— J’ai entendu vos témoignages. Je n’ai plus qu’à vous donner lecture de la lettre de la défunte :
Moi, Efée Grand, mère d’Aila Grand et épouse de Barou Grand, soutient la requête de ma fille Aila contre son père. J’affirme que son père n’a jamais aimé, protégé sa fille ou subvenu à ses besoins.
Barou secouait la tête, les épaules affaissées. Le mage royal se tourna vers lui.
— Barou Grand.
Le frère de Bonneau leva vers lui des yeux dévorés de chagrin.
— Vous êtes un grand homme dont le courage et la valeur sont reconnus de tous et vous avez su gagner l’estime de chacun par votre bonté. Même le meilleur d’entre nous peut commettre une erreur et il apparaît indubitablement que vous en avez accompli une envers votre enfant. Sa demande soutenue par celles de quatre témoins, dont sa mère, votre femme, me paraît légitime et j’accède à sa requête.
Il se tourna vers la jeune fille.
— Damoiselle Aila, je vous libère de la tutelle de Barou Grand. N’étant pas majeure, je me dois de vous trouver un autre père. Avez-vous choisi une personne ou dois-je me substituer à vous ?
Elle pivota vers Bonneau et reprit, la voix tremblante :
— Mage royal, ma mère m’a confiée à mon oncle qui, depuis, m’a apporté tout ce qu’un père doit donner à ses enfants : l’amour, l’attention, le partage. Il a subvenu seul à mon éducation et tout ce que je possède aujourd’hui, ce sont ses mains et son cœur qui me l’ont offert. S’il y consent, je le voudrais comme père, car c’est la meilleure personne que je connaisse.
Elle se rapprocha de Bonneau qui lui sourit, avant de se tourner vers Orian.
— Mage royal, je me suis occupé de cette jeune enfant depuis sa naissance et je l’ai élevée depuis la mort de sa mère. La vie ne m’a jamais offert de plus beau cadeau, j’accepte avec joie de devenir ce que j’ai toujours été pour elle : son père.
Orian les regarda.
— Alors, qu’il en soit ainsi ! De par les fées, je déclare solennellement qu’Aila Grand, fille de Barou Grand n’est plus. Aujourd’hui, elle devient Aila Grand, fille de Bonneau Grand. Cette décision sera consignée dans les registres du château et validée par les signatures et cachets d’Hubert et d’Avelin d’Avotour, fils du roi Sérain d’Avotour, ici présents.
Bonneau prit sa fille dans ses bras, tandis qu’un tonnerre d’applaudissements retentissait tout autour d’eux. Les combattants de Barou se sentaient mal à l’aise. Fidèles à leur maître d’armes, ils avaient compris, pour la plupart, le message du mage : même le meilleur des hommes pouvait se tromper… C’était l’erreur de Barou, sûrement la seule et l’unique, mais de taille et il devait l’assumer.
— Reprenez, sire Elieu. Nous ne devons plus accumuler de retard, intervint Hubert.
— Bonneau, acceptez-vous que votre fille participe aux joutes ?
Le nouveau père d’Aila éclata de rire :
— Il ne manquerait plus que je dise non ! Je la forme à cela depuis son plus jeune âge ! Alors oui ! Mille fois oui !
Une salve d’encouragements ponctua ses propos. D’une façon bizarre, la journée la plus difficile de la vie d’Aila devenait celle de sa consécration. La tension était retombée, elle se sentait toute à la fois vidée et apaisée. Elle appréciait l’engouement de la foule à son égard, toute à sa joie que Bonneau fût enfin son père et surtout que tout fût terminé. Une ombre passa sur son cœur quand elle pensa à Aubin. Pourvu qu’elle ne le perdît pas… Elle leva la tête, le cherchant des yeux sans l’apercevoir. Barou avait également disparu. Mélinda et Hamelin se rapprochèrent d’elle et de Bonneau pour les féliciter, leurs expressions mélangeant résignation, tristesse et gaîté…

Elieu se racla la gorge pour reprendre contenance :
— Voici donc, dans l’ordre, les cinq cavaliers vainqueurs de la course d’hier : Aila Grand, Émelin Gingon, Aristide Héran, Aubin Grand, Aimé Faller. Ils vont rejoindre leur équipe, celle des meilleurs combattants qu’Avotour n’ait jamais formés et prouver leurs valeurs. Les joutes seront réparties sur les épreuves suivantes : tir à l’arc sur cibles fixe et mouvante, duels à l’épée, puis au corps à corps et, enfin, avec un instrument de combat de votre choix. Nous avons imparti un temps limité à certaines d’entre elles. Vous devrez démontrer votre résistance, votre maîtrise des armes, votre aptitude à vous défendre et à attaquer. Commençons par la première avec le tir sur cible fixe. Que les meilleurs gagnent !
Le groupe d’adversaires partit vers le pas de tir. Ils se placèrent par ordre d’arrivée, tandis qu’Aila, traînant en arrière, cherchait Aubin des yeux sans le trouver. Son cœur frémit. Par sa faute, il allait rater le début de la joute…
— Qui manque à l’appel ? questionna Hubert après un rapide décompte des présents.
— Aubin Grand, le fils de Barou, répondit Elieu.
— Alors, nous débuterons sans lui, reprit le prince.
— Non ! S’il vous plaît ! Sa situation mérite attention… Donnez-lui une chance d’arriver ! Peut-être pourrions-nous envoyer une personne le chercher, supplia Aila.
Le regard froid du prince se posa sur elle quand une voix leur parvint, détournant Hubert des mots qu’il allait prononcer.
— Inutile, me voici. Me permettez-vous de participer malgré mon retard, Prince Hubert ?
— Installez-vous. Que le tournoi commence !
Aila ressentit un immense soulagement en entendant Aubin, mais un coup d’œil lui suffit pour comprendre que plus rien ne serait comme avant : il lui tournait ostensiblement le dos. Sa vie avait vraiment basculé en ce jour. À quelles autres conséquences, ignorées aujourd’hui, allait-elle devoir encore faire face demain ? Elle chassa ses préoccupations pour se concentrer. Elle excellait au tir à l’arc et rien ne devait la distraire. Parmi les concurrents, qui donc jugeait-elle susceptible de lui poser des problèmes ? Aubin, naturellement, l’un des meilleurs dans cette discipline, elle n’oubliait pas qu’il lui avait appris à tirer et offert son premier arc. Figuraient aussi Aristide Héran et Aimé Faller dans les gagnants de la course, mais la proportion d’archers de valeur baissait chez les nouveaux exceptés Adam Meille, Tristan Karest et Pardon Juste peut-être. Les autres n’accompliraient pas de miracles, elle le tenait désormais pour acquis. Son tour approchant, Aila fixa son attention sur la cible, occultant toute distraction. Les résultats des concurrents précédents étaient tout à fait ceux escomptés, excepté la découverte d’un adversaire de taille inattendu : Pardon Juste avait plus que brillé… Il serait un rival intéressant sur des cibles mobiles.

Enfin, son tour arriva pour le premier test : cinq cibles de plus en plus éloignées et une flèche pour chacune d’entre elles. Dans cette épreuve non minutée, Aila prit son temps. Elle encocha sa première flèche, inspira et expira longuement, banda son arc et lâcha la corde. Elle suivit du regard la trajectoire de son trait et sourit quand il se planta au milieu du cercle. Les quatre suivantes réussirent leur parcours vers le cœur des cibles, sans l’ombre d’un écart. Deuxième test : cinq carrés de la largeur d’une main, placés à des hauteurs différentes et toujours cinq essais. Là encore, l’épreuve ne lui posa aucun problème. Cependant, son ultime flèche légèrement décentrée la mécontenta. Elle se promit d’accroître sa vigilance, ce genre de détail pouvait coûter une victoire… Aubin, le dernier à passer, réussit avec une facilité déconcertante, prouvant une fois de plus son excellence au tir à l’arc.

Pour la joute suivante, les concurrents se partagèrent en deux groupes, tirant une pièce de bois coloré dans un chaudron. Deux personnes de jetons de même couleur se retrouvaient à combattre ensemble. Pour son plus grand désespoir, Aila tomba sur Hector Plantu, un jeune homme gigantesque : pas loin de deux mètres de haut, des muscles en acier et une tête d’idiot du village qui ne lui rendait pas justice. Elle l’avait souvent observé et connaissait son unique défaut : il n’en présentait aucun. Néanmoins, le fait qu’elle évitait le combat contre Aubin la soulagea sincèrement, c’était déjà ça. Elle profita du temps qui lui restait avant la rencontre avec Plantu pour analyser tous ceux qui combattaient et ainsi parfaire ses connaissances sur chacun d’eux. Elle repérera la fragilité d’Aimé Faller dans la protection de son flanc droit, les enchaînements bien rodés d’Adam Meille qui alternait attaques et parades, rehaussées par une inventivité débridée, lui permettant de s’en sortir facilement. Elle engrangea tous ces petits détails avec minutie, prête à les utiliser, le cas échéant…

Quand vint son tour contre Hector Plantu, Aila pensa que limiter les dégâts représentait la meilleure solution, à moins que… Ils se placèrent face à face et, dès le signal du départ, elle entreprit de faire tournoyer son épée au-dessus d’elle, guettant la réaction de Plantu. Elle observait le mouvement de ses yeux, tandis que le sifflement de son arme rythmait le combat à peine commencé. Dès que la lame passa derrière la tête d’Aila, il se fendit pour attaquer, mais elle avait déjà anticipé sa manœuvre et, pivotant sur elle-même, tout en se déplaçant, elle le frappa sur le flanc gauche. Poursuivant sur sa lancée, elle se dressa dans son dos, l’obligeant à se retourner pour se retrouver face à elle. Les yeux d’Hector Plantu jetaient des éclairs. Pas le moindre instant il n’avait pensé que cette fichue gamine pourrait le toucher et il en fulminait de rage et de dépit. Comme Aila l’espérait, il avait péché par excès de confiance, lui dévoilant la brèche dans laquelle elle s’était aussitôt engouffrée. Comme quoi sous-estimer un adversaire que l’on n’avait jamais vu combattre affaiblissait la capacité de défense. En dépit de son assaut réussi, en face de l’excellent épéiste qu’elle affrontait, Aila se contenta de résister vaillamment jusqu’aux dernières minutes du combat. Ce fut alors qu’une idée folle surgit dans son esprit… Elle évalua la hauteur du grand gaillard, la dureté du terrain, l’élasticité de sa lame et réfléchit à la façon de la planter dans le sol pour s’en servir comme de son kenda. Elle allait tenter le coup, jouant à quitte ou double. Cinq pas d’élan pour se rapprocher de Plantu, enfoncer l’arme, mais pas trop et s’appuyer dessus pour s’élever dans les airs dans un saut pendant lequel elle pivota modérément. « Surtout ne lâche pas l’épée ! », songea-t-elle, comme une prière. Elle sentit quand la lame résista pour ressortir du sol dans lequel elle s’était plantée, puis le moment où, enfin, elle céda à l’action exercée sur elle. Aila resserra sa prise sur le pommeau tout en maîtrisant son mouvement pour parvenir sur les épaules de Plantu, alors que l’acier se dégageait de la terre sans trop déséquilibrer son envol. Son adversaire se retrouva soudainement chevauché par la jeune fille, le tranchant sur la gorge, tandis que le gong de fin retentissait. Aila lâcha son arme et descendit avec souplesse des épaules du perdant. Il lui jeta, cette fois-ci, un regard haineux et s’en fut, dédaignant la main qu’elle lui tendait pour le salut rituel.
— Concurrent Plantu, recommanda sèchement Avelin, je vous invite à aller saluer votre partenaire comme vous le devez.
Plantu oscilla l’espace d’un instant avant d’obéir à son prince, retournant donner une poignée de main, la plus brève possible, à Aila qui demeura impassible.
— Concurrent Plantu, intervint à nouveau Avelin, inutile de vous représenter aux joutes suivantes, je vous raye dès maintenant de la liste des participants. Pour moi, il est hors de question de prendre un combattant qui ne respecte pas son adversaire, ne serait-ce que pour son adresse…
Hector Plantu, rouge de honte, hocha la tête, puis s’inclina en s’éloignant, penaud.
— Ultime épreuve de la matinée au pas de tir ! informa Elieu.
Aila soupira. Encore une ce matin…, et la dernière avant de manger, fantastique !

Le tir sur cible mobile ne fut qu’un jeu d’enfant pour Aila. Elle adorait cette traque subtile qui mettait tous ses sens en alerte, qui sollicitait au maximum la finesse de son oreille et son acuité visuelle. Elle jubilait de bonheur et cette joute renforçait son impression de se dédoubler, comme si elle captait le moindre son et détectait le mouvement le plus infime… Là encore, elle observa les concurrents : Aubin et Pardon ressortaient parmi les meilleurs. Ensuite, le déjeuner apporta une coupure bienvenue pour tous. Elle rejoignit la tente dans laquelle les repas étaient servis. Ne se sentant pas à sa place avec les élèves de Barou, son assiette remplie, elle s’écarta d’eux pour manger son contenu. Elle entrevit la silhouette d’Aubin, mais ne leva pas la tête vers lui. Elle voulait encore conserver l’espoir de demeurer son amie à défaut d’être sa sœur ou sa cousine… Elle avait suivi les résultats des joutes et, ravie, elle constata qu’Aubin restait bien placé dans la course. Parmi les gagnants potentiels, les noms d’Adam Meille, de Tristan Karest et de Pardon Juste revenaient souvent dans les conversations. Aila entendait peu le sien, car aucun élève de Barou n’oserait la considérer comme un possible vainqueur sans faire offense à son maître d’armes. Au final, probablement à cause de sa présence trop proche, les discussions paraissaient gênées ou devenaient des murmures alors elle préféra s’éloigner un peu plus.

Un instant, peut-être à cause de la tension vécue et de la fatigue, Aila eut envie de fuir toute cette animation, mais, maintenant qu’elle avait tapé du pied dans la fourmilière, elle se devait d’aller jusqu’au bout. Toutefois, elle ne savait plus si tout ce qu’elle avait désiré en valait vraiment la peine. Elle regarda autour d’elle. Tous les villageois participaient à la fête : enjoués et rieurs, ils pariaient vraisemblablement sur les vainqueurs possibles, jouaient et perdaient tout aussi sûrement. Elle parcourut les visages de ceux qu’elle croisait, un mélange de têtes connues au milieu d’étrangères. La joute avait dû déplacer des gens de très loin. Se fondre parmi eux, disparaître sans laisser de trace, devenir une personne comme les autres, anonyme, quelle tentation… Levant les yeux, elle regarda son château, ceint de murailles imposantes, qui dressait son donjon avec fierté vers le ciel, et réalisa à quel point elle l’aimait. La perspective de sa sélection signifierait qu’elle quitterait tout ce qui avait constitué sa vie jusqu’à présent, et son cœur se gonfla de tristesse à cette éventualité. D’un autre côté, peut-être cela lui permettrait-il de tout reprendre à zéro, de devenir une autre que la fille ignorée du plus grand héros d’Avotour. Sauf si, malheureusement, sa réputation s’étendait au-delà des frontières d’Antan… Égarée dans ses idées, une voix la ramena dans le présent.
— Pardon, Hamelin, je ne vous ai pas écouté…
— J’ai dit que tu paraissais perdue dans tes pensées.
— Mage Hamelin, quel fin observateur vous faites !
— Moque-toi du vieil homme que je suis…
— Jamais, Hamelin ! Je faisais juste semblant et vous avez raison, j’étais perdue… dans mes pensées.
— Tu as vécu de grands bouleversements en très peu de temps et tu es si jeune. Trouver la bonne route représente déjà bien des difficultés à l’âge adulte…
— Avez-vous avez déjà hésité ? Avez-vous déjà eu en face de vous tellement de routes que vous n’avez aucune idée de laquelle choisir ?
— Oui, Aila. Malheureusement, mon expérience ne te servira à rien. Tu maîtriseras ta vie aussi longtemps que tu agiras selon ton cœur. Toutes nos décisions ne sont pas faciles à prendre, comme celle de changer de père, mais une fois engagée sur cette nouvelle route, tu découvres d’autres portes dont tu ne soupçonnais même pas l’existence.
— Même celle de quitter tous les siens ?
— Rien ne t’empêchera de réapparaître lorsque tu le souhaiteras. Ce ne sera pas un adieu, juste un au revoir…
— Serai-je capable de revenir, de me confronter à nouveau à celui qui n’est plus mon père et à cette indifférence que j’ai peut-être convertie en haine !
— Barou a vécu une expérience terriblement douloureuse… Lui non plus ne ressort pas indemne de ce qu’il a engendré. Sans doute, apprendra-t-il de ses erreurs ? Et toi, Aila, crois-tu que tu reviendras telle que tu seras partie ? Bien sûr que non ! La vie se chargera de te transformer en une femme mûre, pleine de sagesse. Peut-être même arriveras-tu à ne plus espérer son amour, car là réside le fond du problème. Théoriquement, tu peux changer de père, il n’en reste pas moins le père dont tu désires être aimée…
C’était si vrai… La subtilité d’Hamelin la touchait au plus profond de son être. Quel enfant ne voudrait pas être chéri par ses parents, d’autant plus quand il n’en a plus qu’un ? Elle avait passé sa vie à rêver de cet amour et, à présent, elle avait perdu son dernier espoir. Cela ne se produirait jamais plus, maintenant. Elle était certaine que seule la haine que Barou éprouverait à son égard permettrait à l’homme de survivre à ce revers…
— Il te reste encore beaucoup de temps pour modifier l’avenir, Aila, ce serait un tort de se fermer à tout espoir. Les fées sont nos alliées. Un jour peut-être décideront-elles de t’aider à y voir clair…
Elle sourit. Elle n’avait jamais compris comment Hamelin, si logique, si rationnel, pouvait croire en elles. Un jour, se souvenait-elle, elle lui avait demandé pourquoi il parlait d’elles comme si elles existaient réellement.
— Allons donc, Aila ! Comment oses-tu douter de leur existence ? Elles vivent là, partout autour de nous, à chaque instant, veillant sur nous comme les êtres invisibles qu’elles sont ! Nous n’avons pas besoin de voir pour croire ! Tu as bien lu tout ce que je t’ai donné sur les fées ! En conséquence, tu sais qu’elles existent !
Elle se souvenait à quel point elle était restée bouche bée devant Hamelin, inflexible ! Lui, si calme, était sorti de ses gonds, donc il était inutile de relancer le débat aujourd’hui.
— Peut-être…, hasarda-t-elle.
La voix d’Elieu qui rappelait les concurrents pour la prochaine épreuve se fit entendre et Aila se leva.
— Que les fées t’escortent où que tu ailles, souffla Hamelin, la voix tremblante.
Elle posa son regard sur lui, surprise par toute l’émotion que le vieil homme dégageait. Elle l’entoura de ses bras avec une immense tendresse.
— Votre souvenir m’accompagnera partout où j’irai et réchauffera ma vie, même en plein cœur du froid, lui murmura-t-elle.
Ils se sourirent et Aila déposa un bisou sur sa joue avant de rejoindre les concurrents.


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